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  • il y a 15 minutes
Mort de Quentin Deranque : les voix se multiplient pour appeler à un barrage anti-LFI à moins d'un mois des municipales, mais le PS envisage des alliances locales avec le parti de Jean-Luc Mélenchon pour le second tour. Lui est député PS mais se déclare en rupture définitive avec les Insoumis : l'ancien président de la République François Hollande est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 23 février 2026.

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Transcription
00:03Il est 7h41 et c'est donc l'ancien Président de la République, aujourd'hui député de Corrèze, François Hollande
00:07qui est l'invité d'RTL Matin.
00:08Bonjour et bienvenue sur RTL.
00:09Bonjour.
00:10Qu'avez-vous vu samedi lors de la manifestation d'hommage à Quentin Deranc à Lyon ?
00:16Bon, j'ai vu d'abord qu'il n'y avait pas eu d'incidence, ce qui était quand même
00:20l'essentiel,
00:21et que chacun avait compris qu'il fallait apaiser après la tragédie qui s'était produite concernant le jeune Quentin.
00:29Enfin, ensuite, je n'étais pas présent et je n'ai pas d'informations au-delà de ce que vous
00:34pouvez donner.
00:35Enfin, il y a eu dans le cortège des signes, des mots qui laissent penser.
00:43On n'avait pas de doute d'ailleurs que ceux qui ont défilé étaient pour beaucoup des femmes et des
00:48hommes, surtout des hommes, de l'ultra-droite.
00:51C'était un défilé de ligue fasciste, a dit Mathilde Panouillard. Il fallait l'interdire cette marche, vous pensez ?
00:55Non, je pense qu'en démocratie, il est normal qu'il y ait la liberté de manifester.
01:04Ensuite, s'il y a un trouble majeur à l'ordre public, s'il s'était avéré qu'il y
01:10avait des risques pour la sécurité des passagers de cette manifestation,
01:16puisque c'était un espèce de cortège, ou pour la population, il lui fallut à ce moment-là l'interdire.
01:21Mais ce que je crois, c'est qu'il y a eu la volonté d'apaisement et que cette manifestation
01:26d'extrême droite,
01:27avec des mots d'ordre qui n'étaient pas du tout ceux de la démocratie, a pu se tenir et
01:33c'est ce qu'il fallait.
01:34Alors, ça fait beaucoup réagir cette affaire depuis plusieurs jours.
01:36Après les réactions de Giorgia Meloni, la première ministre italienne,
01:39c'est l'ambassadeur américain à Paris qui est allé de son commentaire,
01:41Charles Keuchner, à qui ça vaut d'être convoqué ce soir au ministère des Affaires étrangères.
01:45On a raison de ne pas laisser passer, on est gêné que des gens disent ce qu'ils pensent ?
01:51Donald Trump, chaque fois qu'il peut avoir l'occasion de salir l'Europe, le fait.
01:57Pour prendre un exemple qui concerne mon mandat, lorsqu'il y a eu des attentats terroristes, vous vous en souvenez
02:03?
02:03Donald Trump, qui n'était pas encore président à ce moment-là, a eu des mots très durs à l
02:08'égard de la France et de l'Europe,
02:10puisque nous n'étions pas le seul pays avec une forme de mépris,
02:14comme s'il voulait à chaque fois diminuer la place de l'Europe et nous mettre en difficulté.
02:20C'est ce qui exactement s'est produit, c'est-à-dire que tout incident, grave d'ailleurs, la mort
02:24d'un homme,
02:25les violences, violences politiques, violences physiques,
02:29et bien c'est utilisé par Donald Trump avec un lien, il faut quand même le rappeler,
02:34Mélanie en est aussi une des illustrations, avec les extrêmes droits.
02:38Au même moment où Trump pouvait avoir ses phrases, son ministre d'affaires étrangères Rubio
02:43était en Hongrie pour soutenir un gouvernement d'extrême droite dans le cadre d'une élection.
02:47Si on dit les choses clairement, Donald Trump aujourd'hui c'est un ennemi de l'Europe, c'est un
02:50ennemi de la France ?
02:51L'ennemi, le mot n'est pas bon, nous avons des ennemis.
02:55Chaque avance qui se passe en Ukraine, nous y reviendrons.
02:57C'est un adversaire. Sa cible, c'est l'Europe.
03:01Il parle beaucoup de la Chine, bon là il y a cette question iranienne qui est posée, elle nous concerne
03:06aussi,
03:06mais sa cible économique, tout à l'heure nous entendions M. L'Anglais parler des droits de loi,
03:12c'est ça qui compte pour lui, c'est-à-dire affaiblir l'Europe, la mettre sous tutelle, la vassaliser,
03:18et de ce point de vue, les extrêmes droits en Europe sont une courroie de transmission.
03:23Il faut qu'on résiste, il faut que l'Europe soit forte, qu'elle soit ferme.
03:26Alors d'abord, c'est un coup terrible qui est porté à Donald Trump par la Cour suprême.
03:30Je rappelle qu'il a plusieurs membres de la Cour suprême qu'il a lui-même nommés.
03:34Et là, la Cour suprême l'ont arrêté dans son processus.
03:37Il répond par d'autres moyens.
03:39Oui, il faut, chaque fois qu'il augmentera les droits de douane,
03:42là il le fait de la hauteur de 10%,
03:44eh bien il faudra faire la même mesure.
03:47Donald Trump ne comprend que le rapport de force.
03:50Pour oeil, dent pour dent.
03:51Si nous cédons, si nous donnons le sentiment d'être faible, il avancera.
03:54Bon, François Hollande, revenons au drame qui a vu la mort de Quentin Deranc,
03:58une affaire qui semble finir de faire exposer la gauche.
04:00Vous avez dit de Jean-Luc Mélenchon, qui a soutenu la jeune garde,
04:03qu'il y avait chez lui une forme de suicide politique,
04:05qu'il était en train de perdre le peu de crédit républicain qui lui restait.
04:09Et qu'est-ce que ça veut dire ?
04:10Il est dans une forme de responsabilité, non pas pénale,
04:17une façon de mettre en cause la personne de Mélenchon
04:21et son mouvement par rapport au drame de la mort.
04:25Mais il a une responsabilité morale et politique.
04:28Et plutôt que de convenir qu'il a manqué de clairvoyance
04:33en soutenant la jeune garde,
04:35en considérant que la jeune garde était un élément
04:38de son propre groupe politique,
04:39plutôt que de dire qu'il n'est pas acceptable
04:42qu'un député de son groupe, LFI,
04:46ait des collaborateurs, des assistants,
04:48qui puissent se retrouver dans une rixe
04:50qui aboutit à la mort d'un jeune,
04:53quelles que soient ses idées.
04:55Donc plutôt que de faire un monde honorable
04:58pour essayer de retrouver une forme
05:00de responsabilité politique
05:03qui lui permette de solliciter le suffrage universel
05:07avec quelque chance,
05:08il se met dans une position,
05:10j'ai pu dire, de tortue.
05:12On se carapace pour essayer de tenir bon.
05:14Eh bien, c'est une faute,
05:16c'est une double faute,
05:17et il la paiera forcément,
05:19puisqu'il ne peut plus représenter,
05:21pour la gauche,
05:22quelques candidats qui puissent arriver au second tour.
05:25À propos de la jeune garde,
05:26Jean-Dane Bardella vous a accusé
05:27d'avoir eu le soutien de la jeune garde
05:29pendant les élections législatives en 2024.
05:31C'est vrai ou c'est faux ?
05:32Non, c'est faux.
05:33C'est faux ?
05:33Il n'y avait pas le logo sur vos affiches ?
05:34À aucun moment.
05:35Écoutez, franchement,
05:36j'étais candidat du Nouveau Front Populaire
05:39parce qu'il fallait faire barrage à l'extrême droite.
05:41À aucun moment,
05:42je n'ai mis d'ailleurs
05:42quelques signes de parti que ce soit.
05:45Et quand vous dites Jean-Luc Mélenchon,
05:46le paiera son attitude,
05:47ça veut dire quoi pour vous ?
05:48Oui, ça veut dire qu'il ne peut plus,
05:50car ça a été sa démarche en 2017
05:55deux précédentes élections.
05:57Essayer d'être le candidat
05:59qui peut porter ce qu'il pensait être la gauche
06:02au second tour.
06:03C'est fini.
06:04Ça ne peut plus être lui.
06:05Ça ne peut plus être lui.
06:05C'est terminé.
06:06Il est dans une forme de marginalité politique.
06:09Il s'y est maintenant complet.
06:11Il y restera.
06:12Vous êtes très clair sur les liens
06:14qu'il faut rompre définitivement
06:15entre le Parti Socialiste et LFI.
06:17Ça veut dire quoi ?
06:18Que le Front Républicain s'allie avec LFI
06:20pour faire perdre l'ERN,
06:21c'est terminé ?
06:22Ça ne doit plus exister ?
06:23Non, lorsqu'il y a une menace
06:25d'extrême droite,
06:26j'ai évoqué ce qui s'est produit en 2024,
06:29c'est normal qu'il y ait un parage
06:31qui se fasse avec...
06:32Quitte à voter LFI.
06:34Voter LFI pour une élection préhensée,
06:36ça ne sera pas possible,
06:36puisqu'il ne sera pas...
06:37Oui, mais moi je vous parle
06:38des législatives, des municipales...
06:39Pour les législatives,
06:41pour les municipales,
06:42pour les municipales par exemple,
06:43je ne vois pas de situation
06:45où la menace de l'extrême droite
06:47justifierait de faire
06:48quelque alliance avec LFI.
06:50Et vous mettez un signe égal
06:51aujourd'hui entre le RN et LFI ou pas ?
06:52Je ne me place pas dans cette position.
06:55L'extrême droite, nous la connaissons,
06:57elle est capable de violence,
06:58mais il y a une grande différence
06:59entre l'extrême droite et LFI.
07:01Autant Jean-Luc Mélenchon
07:03n'a aucune perspective d'accès au pouvoir,
07:06aucune.
07:07Autant l'extrême droite
07:08peut arriver au pouvoir,
07:10là, dans un an.
07:12Et pour un pays comme la France,
07:13nous évoquions la situation internationale,
07:15Donald Trump,
07:16la guerre en Ukraine,
07:17l'Iran,
07:18la menace,
07:19c'est d'avoir une présidence de la République
07:21qui serait occupée
07:23par une personne,
07:24que ce soit d'ailleurs
07:25Mme Le Pen
07:26ou M. Bardera,
07:28qui puisse mettre en cause
07:29gravement les intérêts de la France.
07:30Donc toute ma démarche politique,
07:32elle est,
07:33en raison,
07:34pas simplement des fonctions
07:35que j'ai occupées,
07:36en raison de mes propres convictions,
07:37de faire en sorte
07:38qu'on puisse porter
07:39une alternative
07:40au second tour de l'élection
07:41qui permette
07:42de donner à la France
07:43une perspective,
07:44une crédibilité
07:45et une force.
07:45Juste un exemple
07:47de municipal à Marseille.
07:48À Marseille,
07:48le RN est en position
07:49peut-être de l'emporter
07:50au municipal.
07:51Est-ce qu'il faut
07:52que Sébastien Delogu,
07:53elle,
07:53fasse alliance
07:53avec le maire sortant
07:55Benoît Payan de gauche ?
07:57Ça,
07:57c'est un cas concret.
07:58Ça,
07:58c'est un cas précis.
07:59Peut-être pour nos auditeurs,
08:01toute liste peut rester
08:02au second tour
08:03si elle fait plus de 10%.
08:05Si M. Delogu
08:07faisait plus de 10%
08:08et qu'il y avait
08:09cette menace
08:09de l'extrême droite,
08:10c'est sur lui
08:11que devrait se poser la question.
08:12Il devrait se retirer
08:13purement et simplement.
08:14Pas de fusion.
08:15Pas de fusion.
08:15Je suis retiré.
08:17François Hollande,
08:17des observateurs attentifs
08:18du hollandisme
08:19à 15 mois de la présidentielle
08:20note que vous avez minci.
08:21Et ils disent que chez vous,
08:22c'est le signe
08:23qu'une campagne présidentielle
08:24approche,
08:25que vous vous préparez.
08:26Ils ont raison ou pas ?
08:27Ils sont lucides ?
08:28Je ne sais pas
08:29s'il y a des observateurs
08:30aussi attentifs que ceux-là.
08:31Il y en a pas mal.
08:32Je ne sais pas si je mérite,
08:34je ne sais pas si c'est un compliment,
08:35mais en tout cas,
08:37cette observation.
08:38En fait.
08:38Mais,
08:39écoutez,
08:40nous sommes à un an,
08:41il faudrait que je sois presque
08:42familique si je devais arriver
08:44à l'élection
08:45avec cette condition.
08:46Vous serez candidat ou pas ?
08:48Vous savez bien
08:49que je ne viens pas ici
08:49pour exprimer
08:50quelque chose que ce soit.
08:52Il y en a tellement.
08:52Il y en a beaucoup
08:53qui se précipitent
08:54à votre micro
08:55pour en faire la déclaration.
08:56Non.
08:57C'est trop grave
08:58ce qui se passe
08:58dans le monde,
08:59ici en France,
09:00pour que je sois
09:02dans cette obsession.
09:04Ce que je veux,
09:05c'est faire que mon pays,
09:06dans un an,
09:08puisse prendre
09:08la bonne direction.
09:09Il faudra quand
09:10choisir le candidat ?
09:11Le plus tard possible.
09:12Le plus tard,
09:13c'est quand le plus tard ?
09:14Écoutez,
09:14là aussi,
09:15mon expérience me confirme
09:16que c'est plutôt
09:17à la fin de l'année 2016
09:19et au début de 2026.
09:202027, pardon.
09:21Si j'ai dit 2016,
09:22c'est parce que je savais
09:22ce souvenir-là.
09:23C'est des souvenirs.
09:24Fin 2026
09:25et début 2027.
09:27Amélie de Montchalin
09:27vient de quitter le gouvernement
09:28et son ministère du budget
09:29pour devenir première présidente
09:30de la Cour des Comptes.
09:31Elle vous choque,
09:31cette nomination ou pas ?
09:33Elle est inédite.
09:34C'est la première fois
09:35qu'une personne aussi jeune
09:37est nommée à la Cour des Comptes.
09:38Je pense qu'elle a des qualités,
09:40Mme Montchalin.
09:41Ce n'est pas ça
09:42qui est en cause.
09:43Je crois que
09:44pour la Cour des Comptes,
09:46généralement,
09:46je suis moi-même issu
09:47de cette institution,
09:48c'est plutôt des personnalités
09:50qui sont en fin de carrière,
09:52qui prennent cette...
09:53C'est sa jeunesse,
09:54ce n'est pas le copinage
09:54en fait qui vous gêne.
09:55Oui,
09:56mais c'est plutôt mieux
09:57d'être jeune
09:57que d'être âgé.
09:58Ce que je crois,
09:59c'est qu'il faudrait
10:00encadrer davantage
10:01ces nominations.
10:02Deuxièmement,
10:02ce que je sais
10:03de l'institution,
10:04c'est qu'elle sera indépendante
10:06et que Mme de Montchalin
10:07aura tout à fait
10:08la volonté
10:09de préserver
10:11cette indépendance.
10:11Parce que c'est important.
10:12Qu'est-ce qui est choquant ?
10:14C'est que la ministre du Budget
10:15devienne celle
10:16qui va juger
10:17son propre budget.
10:18Eh bien,
10:18elle se mettra,
10:19je pense,
10:19en retrait
10:20et ça sera
10:20la Cour des Comptes
10:22en tant que force collective
10:23qui jugera.
10:24Bon,
10:24dernière question.
10:25Ça va faire 4 ans demain
10:26que la Russie
10:26a attaqué l'Ukraine.
10:28Des frappes russes
10:28ont encore fait plusieurs morts
10:29ce matin.
10:30Le carnage n'en finit pas.
10:31Vous avez été un des premiers
10:32à vous opposer
10:32à Vladimir Poutine
10:33quand vous étiez chef de l'État.
10:34Est-il temps de lui reparler,
10:35de négocier,
10:36voire de céder un peu
10:37pour obtenir la paix ?
10:39Non.
10:39Non.
10:40Je suis tout à fait clair là-dessus.
10:41Ayant parlé moi-même
10:42à Vladimir Poutine
10:43pour empêcher
10:45ou arrêter une guerre.
10:46C'était le cas en 2015.
10:48Je sais qu'il ne comprend
10:50lui aussi
10:50que le rapport de force.
10:51Qu'est-ce qui se passe
10:52en ce moment ?
10:52C'est très dur
10:53pour les Ukrainiens.
10:544 ans.
10:554 ans avec des bombardements
10:57incessants.
10:58C'est très dur
10:58pour les Russes aussi.
11:00Et donc,
11:01le temps que Poutine prend
11:02et que Trump lui laisse,
11:05c'est vrai que c'est un supplice
11:07pour les Ukrainiens.
11:08Mais c'est aussi
11:09pour l'économie russe
11:10un affaiblissement considérable.
11:12Il y a des milliers
11:13et des milliers de Russes
11:14qui sont tués
11:15chaque mois.
11:16Donc, il ne faut rien,
11:17c'est des parieurs.
11:18C'est quand même
11:19un scandale international.
11:20Il y a des Africains,
11:21des Kényans
11:21qui sont mobilisés.
11:23Il y a des Coréens du Nord
11:24là,
11:24à 2 000 km,
11:253 000 km de chez nous
11:26qui sont sur notre sol
11:29et qui font la guerre.
11:30Donc, il faut arrêter Poutine
11:31et de ce point de vue-là,
11:32il faut continuer
11:33à aider l'Ukraine.
11:34Merci beaucoup François Hollande
11:35d'être venu sur RTL ce matin.
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