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  • il y a 6 jours
Cette semaine, on s'enflamme pour Ysaora Thibus ! Grande dame de l'escrime féminin, Ysaora a brillé sur les pistes de nombreuses années, avec en point d'orgue, un titre de championne du monde en 2022 au Caïre, et un titre de vice-championne olympique par équipes au fleuret, lors des JO de Tokyo 2020. Mais également en dehors des pistes, avec notamment la création de son magazine, Nineteen Hundred.

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Sport
Transcription
00:00:18Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien, je suis très heureux de vous retrouver.
00:00:21C'est parti pour une nouvelle émission et aujourd'hui on s'enflamme pour la fleurettiste Isaura Thibus.
00:00:27Salut Isaura, ça va tu vas bien ?
00:00:29Super bien, ça va super, installe-toi dans ce beau prénappé, sur ce beau plateau customisé pour l'occasion.
00:00:36J'ai vu ça, j'aime beaucoup.
00:00:38C'est pas mal.
00:00:39Isaura je te présente pour nos téléspectateurs, nos téléspectatrices, tu as 34 ans, tu pratiques donc l'escrime, plus particulièrement
00:00:44le fleuret.
00:00:46Ton palmarès est incroyable, alors j'ai envie de sortir les pop-corns pour le visionner, mais moi j'ai
00:00:50prévu quand même autre chose pour toi.
00:00:52Je sais que ça tu aimes beaucoup.
00:00:55Il est un peu tôt, mais ça se refuse pas.
00:00:56Les petits crocodiles, et je vais pouvoir énoncer tranquillement ton palmarès qui est très conséquent.
00:01:02Il va s'afficher tout de suite à l'image.
00:01:04Championne du monde en 2022, vice-championne du monde en 2018, médaillée de bronze également des mondiaux en 2017.
00:01:09Quatre fois en bronze au championnat d'Europe, quatre victoires en Coupe du Monde, quatre participations aux Jeux Olympiques,
00:01:14avec notamment une médaille d'argent par équipe en 2021 à Tokyo.
00:01:18Isaura, quand tu vois ce palmarès affiché devant tes yeux, tu te dis quoi ?
00:01:23Que je ne me souvenais même pas de tout, mais je suis super fière.
00:01:28J'ai eu la chance de pouvoir m'exprimer à différents niveaux, à différentes compétitions, d'être assez constante aussi.
00:01:36Et puis, ça fait un moment que je suis là, au final.
00:01:40Non, non, super fière de ce palmarès.
00:01:42Alors, c'est une saison de reprise pour toi, après plus d'un an d'absence.
00:01:45Le temps de se remettre de ton opération des ligaments croisés du genou gauche.
00:01:49Tout simplement, comment ça se passe ? Est-ce que tu retrouves un peu tes sensations sur les pistes ?
00:01:52Oui, c'est dur. C'est dur, mais c'est super intéressant.
00:01:58C'est encore plongé dans une nouvelle expérience, dans l'inconnu.
00:02:01C'était quelque chose que je n'avais jamais eu à faire. C'était ma première opération.
00:02:05Et ça faisait longtemps que je n'avais pas remis les pieds sur une piste de compétition.
00:02:11Donc, c'est reprendre ses repères.
00:02:13Mais je disais à ma psychologue que c'est comme être sur le même mur d'escalade,
00:02:18mais où les prises sont à différents endroits.
00:02:20Donc, c'est très familier, mais c'est encore nouveau.
00:02:23Et ça me fait apprendre des nouvelles choses sur moi et de me découvrir à nouveau.
00:02:28Et c'est super intéressant. Donc, j'adore. Mais très dur.
00:02:31Ta psychologue, Myriam Salmi, bien connue, qui accompagne beaucoup d'athlètes de haut niveau.
00:02:37Alors, Isaura, tu es une championne. On l'a vu avec ton palmarès, mais tu es bien plus que ça
00:02:40également.
00:02:41Ce n'est pas moi qui le dit. C'est une championne olympique.
00:02:45C'est vrai.
00:02:46Coucou, Maïsa. Je te fais ce petit message pour te remercier.
00:02:50C'est d'avoir montré qu'on n'était pas que des athlètes, qu'on pouvait avoir des passions dans
00:02:54la vie.
00:02:54Des passions plutôt stylées, même.
00:02:57Donc, merci de nous montrer qu'on n'est pas juste des personnes qui vont transpirer et qui travaillent dur.
00:03:03Et qu'on est des personnes qui aiment la vie.
00:03:06Merci aussi d'avoir montré plein de choses.
00:03:09Merci d'avoir montré qu'on pouvait avoir des projets qui étaient différents que la route,
00:03:13qui était tout simplement tracée autour de nous.
00:03:14qu'on pouvait un peu casser des codes, casser nos histoires.
00:03:19Et évidemment, c'est surtout ça que je voulais te dire.
00:03:23C'est que tu as créé, dans cette période si difficile, quelque chose d'absolument extraordinaire.
00:03:26C'est ton projet Science Story.
00:03:27Un projet qui est magnifique parce que tu mets en avant les femmes.
00:03:33Tu laisses parler des femmes.
00:03:35Et tu montres autre chose que ce que les gens ont l'habitude de voir.
00:03:39Donc, bravo pour tous ces projets. Ce que tu fais, c'est extraordinaire.
00:03:41Tu es une femme si forte et si puissante. Je suis fière de toi.
00:03:44Je suis fière de pouvoir dire que je te connais et que je suis proche de toi.
00:03:49Je te fais des bisous. Je t'aime fort.
00:03:50Et profite bien de ton émission.
00:03:52À très vite sur les pistes.
00:03:55Moi aussi, je t'aime, ma Manon.
00:03:56Un beau message de Manon Apiti Brunet, championne olympique d'escrime.
00:03:59Alors, je suppose qu'elle t'a déjà dit tout ça, mais ça fait toujours plaisir à entendre.
00:04:02Oui, ça m'émeut. Forcément, on était ensemble lundi sur le lancement de mon magazine.
00:04:06Mais au-delà de ça, on s'entraîne ensemble et on se voit aussi dans toutes nos phases.
00:04:13Je l'ai vu enceinte. Je l'ai vu avant les Jeux, s'entraîner et avoir des doutes et devenir
00:04:20championne olympique.
00:04:22Et moi, je n'ai jamais douté d'elle.
00:04:24Donc, ça me fait très plaisir qu'elle pense ça de moi et elle m'inspire aussi beaucoup.
00:04:29Donc, ça me fait chaud au cœur.
00:04:32La question rituelle de l'émission Isaura, la dernière fois que tu t'es enflammée.
00:04:35Pas forcément sur une piste d'escrime.
00:04:39La dernière fois que je me suis enflammée, c'était le solundi au lancement de mon magazine.
00:04:45Je pense que c'était…
00:04:46Tiens, tu peux nous le montrer ce beau magazine quand même.
00:04:49On en parlera un peu plus en détail tout à l'heure, mais il est magnifique.
00:04:511900.
00:04:521900.
00:04:55Ben, oui, oui.
00:04:56C'était le lancement de ce magazine qui était énormément de travail.
00:04:59C'était un an et demi de travail.
00:05:02Et d'arriver jusqu'au bout de ça et de le partager avec les gens qui soutiennent le sport féminin
00:05:08et qui soutiennent la démarche et la vision et de voir mes amis.
00:05:12Et c'était aussi un public… enfin, c'était des gens hyper… qui venaient de différents horizons.
00:05:18Oui.
00:05:18Et il y avait des athlètes.
00:05:20Ben, il y avait Colline que tu as reçue dernièrement, il y avait Manon, les nageuses synchro.
00:05:25Il y avait énormément d'amis sportives, mais il y avait aussi des amis d'autres horizons.
00:05:31Et ça faisait plaisir que sur un seul endroit, on pouvait se retrouver et fêter et célébrer ensemble
00:05:37pour des choses qui sont plutôt cool.
00:05:40Il est magnifique, ce magazine.
00:05:41Je tiens à te le dire vraiment.
00:05:42Un gros travail fourni par toute l'équipe.
00:05:45C'est gentil.
00:05:46Merci de l'avoir amené sur le plateau.
00:05:48Bon, à l'heure où on enregistre cette émission, il est tôt.
00:05:50Donc, je pense qu'on a besoin de s'enflammer un petit peu.
00:05:52Ah, vas-y.
00:05:53On y va.
00:05:54C'est parti.
00:05:54On va allumer le feu.
00:06:00Alors, Isaura, pour poser le décor, rapidement le fleuret pour les nuls.
00:06:04Oui.
00:06:06C'est l'arme d'initiation à l'escrime.
00:06:08Donc, c'est une arme comme les autres armes où on touche en 15 touches, mais en 3 fois
00:06:143 minutes.
00:06:15Et on peut toucher, du coup, le buste et le dos.
00:06:17Et c'est assez compliqué à comprendre.
00:06:19Donc, je ne vais pas me faire…
00:06:21Oui, il y a une histoire de priorité.
00:06:22Exactement.
00:06:23Exactement.
00:06:23On voit bien.
00:06:24Comment tu décrirais ton style de fleurettiste ? La patibus ?
00:06:27Qu'est-ce que c'est ?
00:06:28Je pense que je suis assez offensive, assez attaquante et que j'ai une escrime assez complète
00:06:34techniquement, mais plutôt belle.
00:06:36Voilà, la meuf qui se la pète.
00:06:37Je trouve qu'elle est assez esthétique.
00:06:38Et au final, je pense en tout cas, en tant qu'escrimeuse, qu'avec moi, ce n'est jamais
00:06:45fini et que je me bats vraiment jusqu'à la dernière touche.
00:06:49En effet.
00:06:49Tu l'as fait toute ta carrière.
00:06:51Justement, on va se replonger dans tes débuts.
00:06:52Isaura, toi, tu as débuté l'escrime à 7 ans, en Guadeloupe.
00:06:56Oui.
00:06:56Coup de foudre, tout de suite ?
00:06:58Oui.
00:06:59Vraiment, 7 ans.
00:07:00Je faisais de la danse classique avant et au final, je suis tombée sur l'escrime
00:07:03et ça m'a vraiment happée.
00:07:04Oui.
00:07:05Tout de suite, qu'est-ce qui t'a plu en fait ? Ce jeu d'échecs un peu ?
00:07:09Je pense qu'avec, j'ai un petit frère.
00:07:11Oui.
00:07:12Et du coup, à la base, c'était plutôt pour lui qu'on allait dans une salle d'escrime
00:07:15et en fait, on se battait déjà à la maison.
00:07:20J'avais déjà un peu ce truc de j'aime jouer, j'aime l'opposition, j'aime avoir quelqu'un
00:07:27en face de moi.
00:07:28Je trouve ça hyper ludique.
00:07:30Et vraiment, quand j'ai essayé, ça m'a amusée tout simplement.
00:07:34Je pense que ça ne s'explique pas.
00:07:35C'est assez abstrait.
00:07:39Donc, non, non, j'ai adoré.
00:07:41Et j'avais l'impression de pouvoir être moi-même, de pouvoir être libre.
00:07:46Et à côté de ça, ça reste un sport où on réfléchit beaucoup.
00:07:49Et j'aimais ce côté stratégique et ce côté où on doit piéger l'autre, trouver des solutions
00:07:55pour pouvoir le toucher.
00:07:57Donc, c'était hyper complet.
00:07:58Et je pense que ça va très bien avec toutes les facettes de ma personnalité.
00:08:03Tu compares les scrims à un Rubik's Cube.
00:08:06Oui, je l'ai comparé un peu à ça.
00:08:08Mais alors que je ne finis aucun Rubik's Cube, donc ça n'a aucune raison, cette allégorie.
00:08:14Mais oui, je pense que c'est… En tout cas, ce que j'aime, c'est que c'est jamais
00:08:18la même chose.
00:08:19Et même si on rencontre dix fois la même adversaire, ce ne sera jamais la même histoire.
00:08:24Donc, il y a vraiment cet aspect d'analyse sur l'instant et en même temps d'intuition.
00:08:29Parce que ça va tellement vite qu'on n'a pas le temps de réfléchir à tout.
00:08:33Et c'est un peu cette fine ligne.
00:08:38En tout cas, se trouver cet équilibre ou en tout cas, aller sur ce spectre
00:08:42où des fois, on est entre anticiper, analyser et lâcher prise totalement
00:08:47et laisser court à son intuition.
00:08:50Bien sûr.
00:08:50Donc, sept ans, début de l'escrime.
00:08:51Dix ans plus tard, 17 ans, tu quittes ta Guadeloupe natale
00:08:54direction le Pôle Espoir d'Aix-en-Provence.
00:08:57Comment tu as vécu tout ça, le déracinement un petit peu ?
00:08:59Ça a dû être compliqué à gérer, non ?
00:09:02Je l'ai repoussé le plus possible déjà.
00:09:05Tu aurais pu y aller à quel âge ?
00:09:07Je pense, ouais, 14 ans, 15 ans.
00:09:10Mais je pense que quand je suis partie, j'étais prête à partir.
00:09:16C'était une nouvelle aventure.
00:09:17C'était un challenge personnel aussi.
00:09:19Ma famille m'a beaucoup entourée, m'a beaucoup soutenue.
00:09:23Mais ça reste en effet un déracinement culturel,
00:09:26quelque chose, vraiment un saut dans l'inconnu.
00:09:28J'ai été en Pôle Espoir à Aix-en-Provence.
00:09:31Et du coup, j'avais déjà été en Pôle Antiguiane,
00:09:36mais il était à 10 minutes à pied de chez moi.
00:09:38Donc ça n'a absolument rien à voir.
00:09:4010 minutes à pied de mon lycée, vraiment là où j'ai grandi.
00:09:45Donc c'était un peu découvrir une nouvelle façon de fonctionner,
00:09:50des nouvelles personnes et puis rentrer dans le circuit du haut niveau.
00:09:55Et une des difficultés, c'est que ma famille allait toujours rester en Guadeloupe.
00:09:59Donc on est très loin.
00:10:01Et des fois, le week-end, on restait seul entre ultramarins.
00:10:05Et voilà.
00:10:09Perfectionniste, bonne élève, rebelle, combattante.
00:10:11Tu te décris comme un paradoxe ambulant dans ta série Focus,
00:10:15une petite série que tu as imaginée pour montrer les athlètes féminines bien au-delà de leurs performances.
00:10:19Paradoxe ambulant, c'est vraiment ce qui te correspondait bien quand tu étais plus jeune ?
00:10:23Oui, je pense que j'ai toujours eu plusieurs choses en moi qui peuvent sembler paradoxales.
00:10:29Par exemple, je suis très perfectionniste où la bonne élève, j'aime avoir les bonnes notes quand j'étais jeune
00:10:34et ce genre de choses.
00:10:35Donc je peux être disciplinée.
00:10:36Et en même temps, sur les commentaires des profs et tout, c'était vraiment rebelle.
00:10:42Enfin, on n'est jamais d'accord avec l'autorité ou quoi.
00:10:46Et donc j'ai toujours remis en question, je pense, les choses qui étaient prédéfinies, préconstruites.
00:10:54Et ça a toujours été un truc où j'aime remettre en question, pas l'autorité spécialement, mais en tout
00:11:04cas pourquoi elle existe.
00:11:06Et voilà.
00:11:07Donc j'ai un peu ce paradoxe.
00:11:10Pareil pour mon escrime, par exemple, où je dirais que je suis assez technique comme escrimeuse.
00:11:16Et en même temps, j'ai un côté très intuitif qui fait que les deux ensemble vont bien.
00:11:23J'aime m'habiller de façon très féminine et très masculine.
00:11:27J'ai toutes ces choses qui peuvent sembler…
00:11:30Je suis très forte.
00:11:31Les gens pensent que j'ai un caractère très fort, très affirmé.
00:11:34Et en fait, je suis hypersensible.
00:11:36Donc voilà, je pense que c'est tout ça que j'ai essayé de dire à travers cette phrase.
00:11:41La société aime beaucoup les cases.
00:11:43Tu le sais, mettre les personnes dans des cases.
00:11:45La contradiction, le paradoxe en général, ça dérange.
00:11:48Est-ce que ça, tu l'as ressenti ?
00:11:50Est-ce que ça a pu te faire défaut parfois dans tout ton parcours ?
00:11:53Oui.
00:11:54Par exemple, c'est des choses que j'ai toujours essayé de comprendre.
00:11:59Les athlètes, on leur demande forcément de se concentrer à 100% sur leur pratique sportive.
00:12:05Et moi, je ne me suis pas toujours retrouvée dans cette description
00:12:08de l'athlète qui ne pense qu'au sport et qui ne fait rien d'autre.
00:12:12Et j'ai toujours eu des intérêts à côté.
00:12:14Et par exemple, c'était très important pour moi de faire des études à côté.
00:12:18Ça a toujours été des freins par les coachs autour ou par les fédérations
00:12:22et des combats pour dire, oui, oui, c'est aussi quelque chose qui m'intéresse.
00:12:26Et donc, quand j'ai fait une licence d'économie, après, j'ai été en école de commerce.
00:12:31On m'a dit que je n'étais pas dans une démarche d'athlète de haut niveau, par exemple,
00:12:35parce que j'avais envie de faire des hautes études à côté.
00:12:41Et puis après, plus tard, quand j'ai voulu m'intéresser à la mode,
00:12:45c'est que je n'étais pas assez concentrée sur le sport et ce genre de choses.
00:12:48Et puis aussi, quand j'ai remis en question certaines choses ou le sexisme dans ce milieu très masculin,
00:12:56la façon dont les dynamiques étaient entre les groupes hommes et les groupes femmes,
00:13:02pourquoi il y avait des différences, ce genre de choses.
00:13:04C'est des choses qui étaient importantes pour moi de mettre en avant tous ces dysfonctionnements
00:13:08que je trouve qui n'étaient pas normaux.
00:13:10Et puis oui, quand je suis partie, par exemple, aussi à l'étranger, ça a beaucoup créé des discussions
00:13:16parce que c'est des choses qui n'avaient pas été faites avant.
00:13:19Donc, je pense que c'est difficile de remettre en question l'ordre établi.
00:13:23Tu t'es déjà demandé pourquoi tu voulais devenir une championne ?
00:13:26Parce que c'est des questions que tu n'as plus posées.
00:13:28Oui, bien sûr.
00:13:28Et tu as trouvé la réponse ?
00:13:30C'est une très bonne question parce que je pense qu'il faut être un peu égoïste
00:13:39et égocentrique un peu.
00:13:42Oui, de l'égocentrisme est positif.
00:13:44Oui, pour pouvoir en tout cas se dire qu'on veut devenir le meilleur au monde.
00:13:51Mais il y a aussi pourquoi on le fait.
00:13:53Oui, c'est une question que je me suis posée énormément.
00:13:59Est-ce que c'est pour le succès ? Est-ce que c'est pour la reconnaissance ?
00:14:03Est-ce que c'est pour juste l'amour du sport ?
00:14:06Parce que je pourrais très bien faire du sport loisir et dire que j'aime les scrims.
00:14:11Mais il y a vraiment ce côté de dépassement de soi et de finalement aller sur une piste
00:14:17et de voir qui est la personne la meilleure à ce moment-là, à l'instant T.
00:14:21Et c'est très stimulant.
00:14:24C'est quelque chose en tout cas qui me fait vibrer mais qui est très dur aussi quand on n
00:14:28'y arrive pas.
00:14:29Et pourquoi on traverse aussi tous ces moments difficiles, ces moments de doute, ces moments de défaites
00:14:35qui ne sont pas simples à gérer et on se demande pourquoi on reste aussi dans un environnement
00:14:41ou un mode de vide qui, des fois, est quand même assez difficile à supporter.
00:14:46Et comment on navigue dans ce monde-là.
00:14:50Donc, c'est des questions, oui.
00:14:52En tout cas, moi, c'est des questions que je me pose souvent.
00:14:53Peut-être que je me pose trop de questions.
00:14:55Non, mais tu as raison.
00:14:56Je pense que c'est une question qu'il faut se poser aussi.
00:14:58C'est un sujet assez complexe.
00:15:00En tout cas, on l'a vu et on va en parler.
00:15:02Tu as une carrière semée d'embûches mais une carrière magnifique,
00:15:04notamment avec quatre participations aux Jeux Olympiques.
00:15:07On est dans On s'enflamme.
00:15:09On parle des Jeux.
00:15:10Vous le savez maintenant.
00:15:11Quatre Jeux Olympiques, c'est quand même pas rien.
00:15:12On va voir justement ces quatre participations.
00:15:15Londres, Rio, Tokyo et donc Paris.
00:15:19Premier JO à Londres.
00:15:20Donc, tu étais très jeune, une élimination en huitième de finale.
00:15:23La Isaora de 34 ans qui est dans ce canapé.
00:15:25Quel conseil elle donnerait à la Isaora de 21 ans qui s'apprêtait à découvrir les Jeux ?
00:15:32C'est très intéressant comme question.
00:15:34Je pense que j'étais un peu stressée.
00:15:36Je n'avais aucune idée de ce que c'étaient les Jeux.
00:15:39Je n'y avais pas vraiment rêvé.
00:15:41Ça a été très, très rapide parce qu'on s'est qualifié sur la dernière épreuve qualificative.
00:15:48Donc, jusqu'au dernier moment, je ne savais pas que j'allais participer aux Jeux.
00:15:52Je pense que je lui dirais de croire en elle parce qu'elle n'avait pas conscience qu'elle était
00:15:58capable
00:15:59et elle en était déjà capable, je pense, à cet âge-là.
00:16:02Et je bats la championne d'Europe en titre des Réglazova juste avant.
00:16:10Donc, c'était un très, très gros tirage.
00:16:11J'étais très stressée.
00:16:12Je me suis dit, ma famille va venir pour rien.
00:16:15Et au final, j'ai fait un super match.
00:16:17Et après, je passe sur Ikeata où j'étais un peu dans la retenue et le match est passé très
00:16:24vite.
00:16:25Il y a aussi l'épreuve par équipe qui a été très difficile à gérer.
00:16:28Je pense qu'il y a des choses, même si je lui dirais, elle doit faire l'expérience par elle
00:16:36-même.
00:16:37Parce que c'est des choses au fil des années.
00:16:39Peut-être que si je n'avais pas connu ça, je n'aurais peut-être pas eu les médailles d
00:16:41'après.
00:16:42Donc non, en vrai, je la remercie d'avoir tout donné déjà et de m'avoir permis d'en apprendre
00:16:48de cette expérience.
00:16:51Parce qu'elle m'a servi plus tard.
00:16:52Ce conseil que tu te donnes à la toi de cette époque, on te l'a donné à l'époque
00:16:57ou pas ?
00:16:58D'avoir confiance en moi ?
00:16:59Des personnes, des athlètes peut-être, on peut te le dire.
00:17:03On peut te dire, Isaura, tu as déjà les capacités pour faire quelque chose ?
00:17:06Je pense que certaines personnes, oui.
00:17:10Mais quand même, quand c'est ta première participation et que tu es jeune,
00:17:14il y a un truc où on ne te laisse pas y croire complètement.
00:17:20Il y a quand même un truc où c'est déjà bien que tu y sois.
00:17:27Ou si ce n'est pas pour maintenant, ce sera pour après.
00:17:29Tu as le temps d'y arriver.
00:17:32Et ça peut freiner un peu, je pense.
00:17:34Ou ne pas complètement saisir ce moment où on se dit,
00:17:38où on a les gens autour de nous qui croient comme si c'est vraiment, vraiment possible.
00:17:44Et après, on verra.
00:17:45Au pire, on rate.
00:17:47Il y a ce léger 10 %, je pense, qui peuvent faire la différence.
00:17:50Ça se joue au détail, de toute façon, le haut niveau et la performance.
00:17:54Mais tu as raison, parce que moi, j'ai en souvenir des athlètes de Tokyo, par exemple,
00:17:58à qui on disait, ne t'inquiète pas, de toute façon, tu es programmé pour Paris 2024.
00:18:03Et je pense que ça peut mettre quelques freins.
00:18:04Oui.
00:18:05On peut se dire, d'accord, ce n'est pas grave.
00:18:06Alors, si Tokyo, ça ne le fait pas, je suis programmé pour Paris.
00:18:10Mais bon, en tout cas, voilà, des premiers Jeux, la découverte aussi de ce que c'est, les Jeux Olympiques,
00:18:15cette compétition, la plus belle compétition du monde.
00:18:17Tes deuxièmes Jeux, ça se passe à Rio.
00:18:19Donc, des magnifiques Jeux Olympiques.
00:18:21Là, par contre, tu arrives avec de gros objectifs.
00:18:23Tu es souvent comparée aussi avant ces Jeux à Laura Flessel.
00:18:25Oui.
00:18:25Alors, ce n'est pas la même arme.
00:18:26Laura Flessel, c'est l'épée.
00:18:28Vous êtes toutes les deux guadeloupéennes.
00:18:29Donc, il y a un point commun.
00:18:30Ça, ça a pu te rajouter une pression, toi, d'être comparée constamment à Laura Flessel ?
00:18:35Ça ne m'a pas rajouté de pression en soi, mais je n'ai pas nécessairement compris la comparaison
00:18:42parce que c'est des temps différents, c'est des armes différentes.
00:18:46Et puis, elle avait un tel palmarès qu'à l'époque, déjà, il me paraissait un peu inatteignable.
00:18:51Enfin, ce n'était pas une comparaison nécessaire.
00:18:53C'est vrai que c'est quelqu'un que j'admire, donc j'étais flattée.
00:18:57Mais je ne me suis jamais comparée à elle.
00:19:01Je ne me suis jamais dit que je vais suivre les traces de Laura Flessel.
00:19:05J'ai toujours pensé, en tout cas, à ma propre carrière et à faire mes propres expériences.
00:19:10Donc, ce n'est peut-être pas quelque chose que j'ai compris.
00:19:14Mais avec du recul, j'aurais pu dire non.
00:19:16Et j'ai laissé dire parce que tout le monde le disait.
00:19:21Et puis, voilà.
00:19:22Donc, je ne l'ai pas pris personnellement.
00:19:24Par contre, ce qui est beaucoup plus réel et beaucoup plus sympa, c'est qu'elle était sur place à
00:19:31Rio.
00:19:32Et que c'était ses premiers Jeux où elle ne participait pas, puisqu'elle a été porte-drapeau à Londres.
00:19:37Mais elle était là et que, en tout cas, quand j'ai fini en quart de finale,
00:19:43j'étais quand même très déçue parce que j'y croyais beaucoup à cette médaille déjà à Rio.
00:19:47C'était différent. J'avais pris confiance.
00:19:51Et j'ai eu une grande discussion avec elle.
00:19:54Et c'est une discussion qui m'a beaucoup marquée, qui m'a beaucoup touchée.
00:19:56Elle a pris le temps de me donner énormément de conseils sur, justement, ces périodes où on n'a pas
00:20:01atteint nos objectifs,
00:20:02qui lui est arrivé aussi dans sa carrière et comment on apprend de ça et on rebondit.
00:20:07Et ça m'avait beaucoup touchée.
00:20:09Tu l'as dit, défaite en quart contre la Russe Aïda Chanaeva, avec un scénario un peu frustrant.
00:20:14Tu mènes 13-12 avant la dernière période de 3 minutes et puis elle inscrit les 3 dernières touches, finalement.
00:20:20Éliminée en quart, c'est un peu le pire des scénarios parce qu'éliminée en demi,
00:20:23t'as encore une chance pour accéder à la médaille. En quart, ton parcours se termine.
00:20:27Oui, c'est vrai qu'avec du recul, c'est un match où j'ai sorti un peu sans regret,
00:20:33vraiment,
00:20:33parce que j'avais quand même très bien tiré. Et en effet, sur la fin du match, ça ne s
00:20:37'est pas fait.
00:20:39C'est une petite anecdote, mais c'est très marrant parce qu'elle était coachée par Stefano Cirioni,
00:20:44qui est un Italien, et qui après est devenu mon coach.
00:20:48Et du coup, on a discuté de ce match parce qu'à 13-12, elle tombe sur moi et elle
00:20:55tombe par terre
00:20:56et elle appelle le médical. Et en fait, on avait une pause de 10 minutes.
00:21:00Et elle prend la pause de 10 minutes et ça a cassé le match, en fait.
00:21:04Et là, je me souviens d'avoir regardé mon coach, d'être sorti un peu de cette dynamique.
00:21:11Et en fait, des années plus tard, Stefano m'a dit que c'est lui qui lui criait
00:21:16« Mais je vais te lancer la chaise si tu ne casses pas le match.
00:21:19Tombe maintenant, appelle le médical. »
00:21:20Donc en fait, elle était tombée.
00:21:21C'était tactique.
00:21:22C'était complètement tactique.
00:21:23Et à l'époque, je n'avais pas du tout ces…
00:21:27Enfin, j'étais un peu naïve sur ça.
00:21:29Pour moi, les scrims, c'était que ce qui se passait sur la piste
00:21:32et pas ce qui se passait en dehors.
00:21:33Et au final, avec l'expérience, tous ces petits détails comptent, en fait.
00:21:39Cette petite part de vis aussi, mais une vis positive.
00:21:41Ben oui, et certains vont beaucoup plus loin que d'autres.
00:21:46Mais en tout cas, moi, ça m'a permis après de travailler sur le fait de ne pas en être
00:21:49perturbée, par exemple.
00:21:51D'avoir des outils, des choses que je mets en place pour rester dans mon match
00:21:56et ne pas me laisser affectée par ce genre de choses.
00:21:59Et il y a plein d'autres choses qui peuvent te déstabiliser dans un match.
00:22:02Et c'était une expérience.
00:22:03Malheureusement, c'était sur les Jeux.
00:22:04Mais voilà, ça reste une très grande championne que j'ai vue aussi
00:22:08parce que ça a été sa dernière compète
00:22:10et qui m'a dit que c'était un très beau match pour elle.
00:22:14Et voilà, c'est le jeu.
00:22:15Et il y a une autre très, très grande championne qui est russe également,
00:22:18qui a d'ailleurs remporté ses Jeux de Rio, Irina Deriglazova,
00:22:21t'en as parlé un peu tout à l'heure,
00:22:22que tu vas retrouver deux ans plus tard au championnat du monde 2018,
00:22:26à Wuxi en Chine.
00:22:27C'est un quart de finale.
00:22:28Alors, à cette époque-là, la russe, elle est numéro un mondial,
00:22:31donc championne olympique en titre, double championne du monde, double championne d'Europe.
00:22:34Bref, c'est une légende de la discipline.
00:22:36Tu réalises un match énorme, 14-14.
00:22:39Tout va jouer sur la dernière touche.
00:22:41Et je te laisse, Isaura, nous expliquer la suite, la fin.
00:22:44La fin ?
00:22:45Non, en fait, à l'escrime, il y a la fin du temps.
00:22:49Et si on est à égalité, on passe à la mort subite.
00:22:52Et du coup, il restait cinq secondes, je crois.
00:22:57Et je sentais que j'avais l'ascendant psychologique sur ce moment.
00:23:03En fait, je remonte.
00:23:04Du coup, je reviens à 14 partout.
00:23:06Et elle était très déstabilisée.
00:23:07Je me suis dit, je ne vais pas attendre la fin du temps.
00:23:11Et je vais aller directement sur ces cinq secondes.
00:23:14Et j'ai été auprès d'aller sur une attaque.
00:23:18Et c'était un coup de jackpot.
00:23:20Mais ça a marché.
00:23:21Et c'était vraiment un super moment.
00:23:23Ça a été un tremblement de terre.
00:23:24Enfin, dans le monde de l'escrime,
00:23:25de battre Derrick Glazova qui était dans une forme olympique.
00:23:29On peut le dire.
00:23:30C'était fou.
00:23:30Alors, j'ai de très bonnes stats avec Derrick.
00:23:33Comment tu l'expliques ça, d'ailleurs ?
00:23:34C'est une championne hors normes.
00:23:36Je suis toujours meilleure avec les meilleurs.
00:23:38D'accord.
00:23:38Oui, ok.
00:23:39Ça te transcende.
00:23:40Oui, oui, oui.
00:23:41J'adore les gens qui…
00:23:42C'est une escrimeuse qui est très forte,
00:23:46mais très intelligente sur la piste.
00:23:47Et du coup, sur lesquelles on peut vraiment avoir des conversations.
00:23:51Dans le sens où si je lui propose une action,
00:23:56elle va y répondre de façon logique.
00:23:58Et elle va changer.
00:24:00Et moi, je vais changer.
00:24:01Et on va vraiment avoir ce jeu tactique qui est très intéressant.
00:24:03Là où d'autres escrimeuses,
00:24:05ce n'est pas du tout ce qu'il faut faire.
00:24:08Ils vont peut-être faire la même chose,
00:24:09quelle que soit la chose que tu leur proposes.
00:24:12Et du coup, c'est une adversaire que j'ai adoré tirer
00:24:16parce qu'elle est incroyablement forte
00:24:18et parce que je peux vraiment exprimer tout le potentiel de mon escrime.
00:24:24Donc, j'ai de bonnes stats avec elle.
00:24:26Et ce n'est pas une athlète qui me faisait peur.
00:24:28C'est plutôt…
00:24:29Moi, une fois que je rencontre les meilleurs,
00:24:31c'est là où ça me transcende et que j'ai ma meilleure escrime.
00:24:37Donc, ton parcours continue, ce magnifique parcours.
00:24:40En demi, tu affrontes l'italienne Arianna Errigo,
00:24:42double championne du monde et d'Europe.
00:24:44Tu t'imposes 15-2 en 1 minute 30.
00:24:48Je répète, 15-2 en 1 minute 30.
00:24:51Bon, là, c'est ce qu'on appelle un état de flot.
00:24:53Tu étais dans la zone, Isaura, clairement.
00:24:55Oui, oui, oui.
00:24:56Et puis, Arianna, c'est aussi différent.
00:25:00C'est une très grande escrimeuse également.
00:25:05Et oui, je pense qu'elle s'était aussi embarquée
00:25:08dans vouloir faire quelque chose.
00:25:10Et sur ce match-là, j'avais été au-dessus, mais ça arrive.
00:25:14Je ne sais pas comment l'expliquer.
00:25:15Tu es rentrée dans la tête un peu dans 15-2.
00:25:17C'est au-delà même de juste sportivement
00:25:21ce que tu produis en tant qu'escrimeuse, non ?
00:25:23C'est mental, là.
00:25:24Oui, oui, oui.
00:25:25C'est un peu de tout.
00:25:26Je pense que j'avais trouvé la solution.
00:25:32Et que, du coup, il y a des matchs comme ça
00:25:33qui ne reflètent pas nécessairement le niveau de l'adversaire.
00:25:36Ce n'est pas parce qu'elle a pris 15-2.
00:25:37C'est une athlète contre qui j'ai perdu, par exemple,
00:25:39la pro au championnat d'Europe.
00:25:41Quand j'étais championne du monde, je l'ai battu
00:25:43et le score était beaucoup plus serré.
00:25:44Tu dis que chaque match est différent, de toute façon.
00:25:46Exactement.
00:25:46Et sur ce match-là, j'avais trouvé la solution
00:25:49et elle, elle n'a pas réussi à en sortir.
00:25:51Ça ne reflète pas nécessairement la valeur ou la difficulté du match
00:25:55parce que, pour moi, ça restait un match très difficile.
00:25:57Je ne suis pas sortie de là sans transpirer
00:25:59en me disant que c'était super facile.
00:26:01C'était juste super intéressant.
00:26:06Malheureusement, tu ne vas pas prendre la médaille d'or.
00:26:08Tu t'inclines contre Alicé Volpi,
00:26:10numéro 2 mondial à l'époque.
00:26:1212-12 et puis elle inscrit les 3 dernières touches.
00:26:14Donc, 15-12 au final pour l'italienne qui décroche le titre de championne du monde 2018.
00:26:18Mais par contre, quand on regarde ta compétition,
00:26:20est-ce que tu dirais que c'est peut-être la meilleure escrime que tu as produit dans ta carrière
00:26:24?
00:26:24Sur une grosse compétition ?
00:26:27Ou pas ? Peut-être que tu as été meilleure sur d'autres.
00:26:30Ce qui est très intéressant avec cette compétition, c'est qu'elle arrivait l'année où je suis justement partie
00:26:35de l'INSEP.
00:26:36Et je venais de travailler avec un nouveau coach qui était ukrainien.
00:26:41Donc, c'était une saison où je n'avais pas eu de médaille de toute la saison.
00:26:46Donc, très difficile et où j'ai appris énormément de choses.
00:26:49Et on ne se rend pas compte, mais changer d'entraîneur, ça prend énormément de temps pour s'adapter à
00:26:53tout ce que tu apprends de nouveau.
00:26:58Et c'est cette compétition, en tout cas, où j'ai eu l'impression d'avoir réussi à lâcher prise.
00:27:06Parce que je pense que quand on veut absolument transformer son jeu, ça prend beaucoup de temps et beaucoup d
00:27:10'énergie.
00:27:11Et là, c'est le moment où il y avait mon ancien escrime et ma nouvelle escrime qui fusionnaient
00:27:16et qui rendaient quelque chose de très efficace et très performant.
00:27:19Et c'était vraiment très agréable.
00:27:20Donc, ce n'était pas ma plus belle escrime, mais c'est l'un de mes plus beaux souvenirs.
00:27:24Aussi, parce que personne ne croyait en moi cette année-là, du fait que je n'avais pas eu de
00:27:29résultats
00:27:29et que j'étais partie et qu'ils disaient, ça y est, elle est finie, elle n'y arrivera pas.
00:27:33Et du coup, ça prouvait que j'étais encore là et encore meilleure qu'avant.
00:27:37Donc, c'était chouette.
00:27:39Je me permets de casser un peu le décor.
00:27:41Prendre cette photo, la photo du podium, forcément.
00:27:44C'est vrai.
00:27:45Allons-y, 2018.
00:27:46Quand tu revois cette photo, Isaura, tu penses à quoi ? Qu'est-ce que tu te dis ?
00:27:53Que le survet n'est pas très beau.
00:27:55Non, je ne sais pas.
00:27:57Non, c'était très chouette.
00:27:59C'était un moment super.
00:28:00J'étais très, très fière de moi.
00:28:01Je crois que j'ai eu, sur la même journée, Yannick Borrell qui avait aussi une médaille.
00:28:07Enfin, qui était champion du monde, je crois.
00:28:09Oui, champion du monde.
00:28:09Donc, je ne sais pas.
00:28:10Il y avait ce truc aussi de partager avec un autre Guadeloupéen qui m'avait inspirée aussi dans ma carrière.
00:28:18Et j'étais très fière de moi, tout simplement.
00:28:21C'était une année très difficile.
00:28:23Et de la finir comme ça, ça se voit, je pense, sur mon visage.
00:28:28J'étais heureuse.
00:28:29Oui, c'est vrai que ça se voit.
00:28:31Et tout ça va te mener vers, alors quelques années plus tard quand même,
00:28:33mais vers Tokyo 2020 qui se transforme en Tokyo 2021 avec le Covid, forcément.
00:28:39Alors, en individuel, ça ne se passe pas super bien pour toi.
00:28:41Une élimination au deuxième tour.
00:28:43Par contre, en équipe, là, vous allez briller avec tes coéquipières, Anita Blas, Astrid Guillaire et Pauline Ranvier.
00:28:48Médaille d'argent.
00:28:50Alors déjà, avant de revenir un petit peu sur ce qui s'est passé,
00:28:52une médaille d'argent au jeu, ça vous lie à vie ?
00:28:55Ouais.
00:28:56Oui, oui, oui.
00:28:57Ça renforce les liens automatiquement ?
00:29:01Ou est-ce qu'il y a besoin, forcément ?
00:29:02Peut-être qu'il n'y a même pas besoin d'une médaille pour ça,
00:29:04mais est-ce que le fait de décrocher une médaille olympique ensemble,
00:29:08ça renforce encore plus tout ce que vous vivez entre vous ?
00:29:12Je pense que oui.
00:29:13Mais au-delà de ça, c'est difficile de répondre à cette question
00:29:16parce que c'est une équipe qu'on a eue pendant longtemps.
00:29:21Oui.
00:29:22C'est-à-dire qu'on en rediscutait, Pauline, Anita, Astrid et moi,
00:29:28c'est depuis Moscou en…
00:29:32Je ne sais plus…
00:29:352013, je ne sais plus.
00:29:37Donc, on arrive en 2021.
00:29:40Enfin, on a fait presque dix ans ensemble.
00:29:44On est déjà très, très soudés.
00:29:45Oui, donc je ne sais pas si c'est que la médaille parce qu'on en a eu d'autres.
00:29:48On a eu d'autres médailles, on a eu d'autres défaites, on a eu plein de choses.
00:29:52Mais oui, cette médaille, en tout cas, elle signifie l'aboutissement de beaucoup de travail ensemble,
00:29:58de bien se connaître, de s'apporter les unes les autres et de vouloir atteindre un but en commun et
00:30:05d'y arriver.
00:30:06Je pense que oui, c'était assez beau.
00:30:09Et puis, c'est des beaux souvenirs.
00:30:10Franchement, oui.
00:30:11C'était chouette, cette remontada sur les italiennes.
00:30:13C'était incroyable.
00:30:15Ah oui.
00:30:16C'était incroyable.
00:30:16On en parle encore des fois.
00:30:18Ou même la façon dont on a perdu sur les rues, on se dit on aurait dû faire ça, on
00:30:22aurait dû faire ceci.
00:30:23Enfin, c'est des choses qui sont tellement profondes pour nous et puis qu'on a tellement eu à aller
00:30:28chercher à l'intérieur de nous personnellement et collectivement.
00:30:34Il y a des choses qui sont tellement pas palpables.
00:30:36Cette remontada, je me souviens que ça s'est joué sur un regard entre nous où on était à moins
00:30:4012 et je dis quelque chose.
00:30:43Et il y a cette énergie qui se transfère entre nous trois et on se dit, vas-y, c'est
00:30:49possible.
00:30:49Et bim, Pauline recommence à faire quelque chose.
00:30:52Anita commence à faire quelque chose et de fil en aiguille, on se porte et ça, c'est assez inexplicable.
00:30:58C'est assez inexplicable.
00:31:01Donc, c'est vraiment quelque chose qui a été partagé au-delà de la piste.
00:31:07Et puis, en plus, c'est toi qui as le dernier relais sur ce match pour le bronze face aux
00:31:11Italiennes, face à Ariana Errigo.
00:31:13On a parlé tout à l'heure que tu avais bâti en 2018 15-2.
00:31:17Bah oui, tu l'as dit, remontada incroyable pour finalement prendre cette médaille et s'imposer 45 à 43.
00:31:23Décrocher une médaille olympique pour tes troisième jeu, c'était quelque chose de fantastique ?
00:31:28C'était quelque chose de fantastique à Rio.
00:31:30On n'avait pas le droit...
00:31:32Enfin, il y a une règle assez compliquée, mais avant, il n'y avait pas toutes les équipes à l
00:31:37'escrime.
00:31:38Il y avait toujours deux armes qui n'avaient pas les équipes au jeu et ça s'est tombé sur
00:31:41nous à Rio.
00:31:42Donc, j'avais que l'épreuve individuelle.
00:31:44Et c'était une frustration énorme parce que j'avais vu les autres faire leur épreuve par équipe.
00:31:49Et je m'étais promis qu'à Tokyo, même si je n'avais pas ma médaille individuelle,
00:31:53je retrouverais les ressources pour rebondir parce qu'on n'a pas beaucoup de jours entre
00:31:58pour aller chercher une médaille par équipe et vivre ce moment pleinement.
00:32:03Et ça a été fait et c'était vraiment génial.
00:32:06Donc, j'ai oublié ta question.
00:32:08C'était quoi ?
00:32:09C'était juste que tu me donnes un peu ton ressenti décrocher une médaille au jeu.
00:32:12La compétition la plus prestigieuse en équipe en plus, c'est un sentiment indescriptible.
00:32:17Oui.
00:32:18Donc, j'avais réussi à faire abstraction de ma déception de ne pas avoir eu cette médaille en individuelle
00:32:23parce qu'elle était aussi très importante pour moi pour aller vivre ce moment.
00:32:27Et au final, c'était un moment incroyable.
00:32:30L'après-jeu.
00:32:30Alors, l'après-jeu, on sait que c'est dur à vivre pour beaucoup d'athlètes.
00:32:33J'en ai reçu beaucoup dans ce canapé.
00:32:35Paris 2024, l'après compliqué à gérer.
00:32:37L'après-Tokyo a été très compliqué pour toi.
00:32:39Une dépression, tout simplement, il faut dire les termes.
00:32:41Comment ça se manifeste une dépression quand on est athlète de haut niveau ?
00:32:44Quand on doit continuer à s'entraîner, à performer, à avancer ?
00:32:49Ça se manifeste...
00:32:51Comment ça se manifeste ?
00:32:52Je ne sais pas si pour tout le monde, c'est pareil.
00:32:54En tout cas, pour moi, c'était que j'avais vraiment perdu le goût de tout.
00:32:59Et puis, je n'avais plus envie de m'entraîner.
00:33:02Je n'avais plus envie de continuer à faire quelque chose.
00:33:09J'avais l'impression de ne plus avoir de but.
00:33:11De ne plus réussir à mettre du sens dans pourquoi je me levais le matin, pourquoi me doucher, pourquoi manger.
00:33:19Et puis, c'est des questions qui peuvent rentrer dans la tête, t'empêcher de dormir.
00:33:24Donc, tu rentres dans un cycle de fatigue et tu n'arrives pas à en parler.
00:33:30Et puis, à ce moment-là, j'avais eu une médaille, comme tu dis, par équipe.
00:33:33Donc, il y avait un peu cette incompréhension, mais pourquoi elle ne va pas bien ?
00:33:36Elle devrait aller bien.
00:33:38Moi, tu l'as su directement que ça n'allait pas.
00:33:40Tu as mis des mots sur tes mots.
00:33:42Tu t'es dit tout de suite que tu étais en dépression,
00:33:44ou alors tu étais un peu dans le déni au début ?
00:33:45Non, mais ça m'a pris énormément de temps pour dire que c'était une dépression.
00:33:48Même jusqu'à présent, j'ai encore du mal, mais après, c'était le cas.
00:33:53Après, je pense avoir eu, mine de rien, ce qui a été une des raisons
00:33:59pour lesquelles j'ai pris la parole sur la santé mentale.
00:34:01C'est que, mine de rien, j'ai eu l'impression d'avoir eu plusieurs épisodes dépressifs dans ma carrière
00:34:06du fait de ces montagnes russes et de ne pas avoir été éduquée
00:34:13avant de rencontrer ma psychologue pour gérer ces moments de down
00:34:17parce qu'ils sont très invisibilisés dans la vie d'athlète.
00:34:20On ne voit que les moments de succès.
00:34:22Et en fait, souvent, quand on a des moments difficiles,
00:34:26on est amené à les digérer seul dans son coin ou en dehors du milieu sportif
00:34:30et de devoir revenir à fond pour repartir sur une nouvelle Olympiade ou de nouveaux objectifs.
00:34:36Et donc, c'est quelque chose qu'on a tendance à cacher et à ne pas savoir,
00:34:42à ne pas être accompagné nécessairement pour traverser ces moments-là.
00:34:46Souvent, c'est les familles ou les proches ou des fois, on est seul.
00:34:50– Tu n'avais pas de suivi psychologique avant la Pré-Tokyo ?
00:34:54– Si, j'étais suivie, heureusement.
00:34:56– Par exemple, j'ai vu ton interview avec Colline et ça m'a rappelé ce moment-là
00:35:01parce que c'était la même chose.
00:35:02Ça avait été pris en charge par la structure à l'époque olympique
00:35:08qui prenait en charge les suivis psy et ça s'était arrêté juste après.
00:35:13Donc, ça revient à ta charge et c'est le moment où des fois, tu perds des sponsors,
00:35:17où tu n'as pas nécessairement les moyens financiers de pouvoir continuer.
00:35:20Donc, tous ces moments-là où les moments un peu moins glamour ou moins de succès,
00:35:26c'est les moments où justement, tu en as besoin
00:35:27et où tu n'as pas nécessairement les ressources pour avoir accès au bon accompagnement.
00:35:34Mais j'ai de la chance d'avoir Myriam Salmi qui est incroyable,
00:35:38donc qui m'a aidée aussi à sortir de ça.
00:35:40Mais aussi, on ne se rend pas compte, mais c'est des moments
00:35:41où on a tellement travaillé psychologiquement pour atteindre ses objectifs
00:35:46parce que c'est beaucoup de travail aussi, l'optimisation de la performance,
00:35:49où en fait, on est juste complètement KO et que le suivi psy, on ne se rend pas compte,
00:35:53mais c'est du travail aussi.
00:35:54– C'est énormément d'énergie aussi.
00:35:55– Exactement.
00:35:56Et se relever et sortir de ces phases-là, c'est énormément d'énergie
00:36:01et il y a juste ce moment de décharge émotionnelle, de fatigue extrême,
00:36:06en tout cas, qui est un peu incompréhensible.
00:36:08On doit passer par là parce qu'on doit récupérer,
00:36:11on doit prendre le temps de, des fois, sortir de ce milieu,
00:36:15de faire autre chose, de trouver notre valeur en dehors du sport.
00:36:19Et il y a un peu cette relation de,
00:36:21« Si je vais chercher à la psy, ça veut dire que je suis capable de le faire
00:36:24et on ne se sent pas toujours capable dans ces moments-là. »
00:36:27Donc, il faut laisser le temps au temps aussi.
00:36:29– Et le temps, tu vas le laisser, tu vas en parler, tu vas te remettre d'aplomb et tu
00:36:33vas briller
00:36:33puisque le 20 juillet 2022, au Caire, tu deviens championne du monde cette fois-ci.
00:36:38Il y a la petite photo derrière toi qui est magnifique.
00:36:41En plus de ça, l'année d'après, en 2023, tu deviens numéro 1 mondial.
00:36:45Alors ça, c'est un point commun avec deux athlètes qui t'inspirent énormément.
00:36:49– C'est vrai ?
00:36:49– Clarisse Agbenedou, qui a évidemment été au sommet de sa discipline,
00:36:53et une chose de tennis, Naomi Osaka, qui a été numéro 1 mondial également en 2019.
00:36:59Pourquoi ces deux athlètes t'inspirent autant, Isaura ?
00:37:02– Alors, Clarisse, pour tellement de raisons.
00:37:08Déjà, de son parcours sportif qui est incroyable.
00:37:13Franchement, c'est tellement exceptionnel.
00:37:16Mais au-delà de ça, c'est la manière avec laquelle elle a atteint ses objectifs,
00:37:22toujours alignée avec elle-même, avec ses combats, avec une joie de vivre,
00:37:27avec un optimisme et une positivité, et en aidant les autres,
00:37:30c'est quelqu'un qui prend toujours le temps de parler aux autres.
00:37:33Moi, Clarisse Agbenedou en tant que porte-drapeau à Tokyo, c'était…
00:37:38Pour les athlètes, c'est un cadeau énorme.
00:37:41Elle a été à la rencontre de chaque personne.
00:37:43Elle connaissait le nom de tout le monde, les épreuves de tout le monde.
00:37:45C'est quelqu'un qui est généreux.
00:37:48C'est une championne qui m'inspire au-delà des mots.
00:37:53Et j'ai la chance des fois de pouvoir m'entraîner avec elle à la réathlétisation et de la voir.
00:37:57Elle a une éthique de travail incroyable, incroyable de la voir s'entraîner.
00:38:03Je me dis que c'est d'une évidence que cette personne réussisse et atteigne ses objectifs
00:38:07parce que c'est une vraie discipline.
00:38:09Et la façon aussi dont elle a mené sa carrière, sa vie privée, sa vie personnelle,
00:38:17à la suite d'avoir eu Athéna et les choix qu'elle a faits qui n'ont pas été simples
00:38:21et elle a été jusqu'au bout de ces choix-là,
00:38:24je respecte énormément la personne, encore plus que l'athlète,
00:38:28qui est de toute façon immense.
00:38:30Mais la personne aussi m'inspire énormément.
00:38:33Et Naomi Osaka, rapidement ? Très rapidement ?
00:38:35Très rapidement.
00:38:36C'est une athlète qui a parlé de santé mentale.
00:38:38C'est une personne aussi qui m'inspire parce qu'elle a réussi à montrer toutes les facettes d'elle
00:38:45-même aussi sur le cours,
00:38:46ses engagements, quand elle a parlé du Black Lives Matter, mais aussi de toute son identité.
00:38:51Elle a mis Haïti sur la carte, le Japon.
00:38:54C'est quelqu'un de très humble et qui casse les codes,
00:38:59qui est un peu comme moi, qui s'affranchit des cases dans lesquelles on nous met et ça m'inspire
00:39:03énormément.
00:39:04Deux femmes inspirantes qui ont également mené beaucoup de combats.
00:39:07Encore un point commun avec toi parce qu'il y a un combat que tu as mené,
00:39:10un combat difficile que tu as finalement gagné.
00:39:13On rappelle le contexte Isaura, en février 2024, tu es contrôlé positif à l'Ostarine,
00:39:17un agent anabolisant interdit.
00:39:19Tu seras blanchi, totalement innocenté en juillet 2025.
00:39:23Donc le combat a été long, il y a eu beaucoup de rounds, mais finalement tu l'as gagné.
00:39:26On ne va pas revenir sur tout cet épisode, tu en as déjà parlé, tu t'es déjà exprimé sur
00:39:30le sujet.
00:39:31Et c'est encore quelque chose qui est compliqué à gérer je suppose pour toi,
00:39:35compliqué à remettre sur la table ?
00:39:38Non, je pense que ce n'est pas que c'est compliqué.
00:39:40Je l'ai digéré, mais je vis autre chose en ce moment.
00:39:44Là, je suis passée aussi à autre chose.
00:39:47Et du coup, c'est peut-être plutôt éviter de me replonger à chaque fois
00:39:51et de donner les mêmes explications que je ne trouve pas nécessairement utiles à chaque fois.
00:39:56Je suis d'accord.
00:39:57On va parler du coup de Paris 2024, la compétition.
00:40:00Tu y as participé.
00:40:01Avec cette année complètement tronquée, tu perds en individuel dès ton entrée en lice.
00:40:06Vous êtes sortie en quart du paréquipe.
00:40:08Avec le recul, tu arrives quand même à garder de beaux souvenirs de Paris 2024 ?
00:40:11Le Grand Palais, l'ambiance, la ferveur autour du sport pendant un été ?
00:40:16C'est difficile de dissocier, je dirais complètement positif, non.
00:40:21Mais des moments, en tout cas, de bienveillance, de douceur, de soutien indéniablement.
00:40:27Oui, j'ai eu un soutien incroyable.
00:40:29J'ai le souvenir d'avoir des gens qui ont crié notre nom,
00:40:32qui nous ont soutenus, ma famille juste après.
00:40:35Donc, je ne peux pas dire que c'était des moments de joie en soi,
00:40:38mais en tout cas de profond soutien.
00:40:41Ce qui est déjà super dans des moments difficiles.
00:40:46Et voilà.
00:40:47Tu as l'impression qu'on t'a volé tes jeux ou pas ?
00:40:49On m'a posé cette question de la même façon la dernière fois que j'ai parlé des jeux.
00:40:54Je pense que c'est la question qu'on se pose un peu tous.
00:40:57Oui, et je ne sais plus ce que j'avais répondu, mais je crois que j'avais dit non.
00:41:02Non, c'est des accidents de la vie.
00:41:04C'est des choses qu'on ne peut pas toujours avoir le contrôle sur tout.
00:41:10Moi, en tout cas, j'ai l'impression de m'être battu pour pouvoir aller jusqu'au bout.
00:41:14Ce n'est pas comme ça que j'avais imaginé les faire, c'est sûr.
00:41:19Mais c'est la vie et je ne peux pas revenir en arrière.
00:41:23Donc, en tout cas, je suis juste fière de la façon dont j'ai géré les choses face à ce
00:41:28qui s'est passé.
00:41:29parce que c'était très dur et je pense que je n'aurais pas pu le gérer mieux.
00:41:35Et cette épreuve, dernière question là-dessus, Isaura, après on passe à autre chose,
00:41:39mais cette épreuve, qu'est-ce qu'elle a changé en toi en tant que sportive mais aussi en tant
00:41:42que femme ?
00:41:45C'est une bonne question, mais en tout cas, ça m'a appris à lâcher prise, à revenir à l
00:41:50'essentiel
00:41:51puisque sur une fraction de seconde, on perd un peu tout et tout ce qu'on a construit pendant toutes
00:41:56ces années.
00:41:59Et puis, au final, on devient reconnaissant des choses simples de la vie,
00:42:04de se dire qu'on n'est pas obligé d'être champion olympique pour s'aimer, pour être bien dans
00:42:08la vie.
00:42:10Donc, ça revient à des choses assez terre à terre.
00:42:13Et puis, ça m'a appris en tout cas que j'étais vraiment une combattante,
00:42:16que vraiment, je n'abandonne jamais et que je vais jusqu'au bout des choses.
00:42:22Et je trouve que ça, c'est vraiment une qualité que je suis fière d'avoir.
00:42:27Et ça m'a aussi juste simplement dit, je ne sais pas si ça a transformé beaucoup de choses,
00:42:33mais me dire aussi que j'ai bien fait les choses jusqu'à présent parce que toutes les personnes qui
00:42:37me connaissaient n'ont pas douté de moi.
00:42:40Donc, ça veut dire en tout cas que mes valeurs et mon éthique, tout simplement, mon intégrité,
00:42:47c'est des choses vraies.
00:42:49Donc, de continuer à faire ce que je fais, à rester alignée avec moi-même et à être qui je
00:42:54suis, c'était plutôt ça.
00:42:56Donc, voilà. Et puis là, je prends tout simplement le temps de me reconstruire.
00:43:01Je pense faire les choses avec un peu plus de douceur aussi parce que quand on traverse des moments difficiles
00:43:08et violents,
00:43:10c'est aussi intéressant d'avoir des périodes un peu plus calmes et un peu plus dans la sérénité, dans
00:43:17la douceur.
00:43:18Eh bien, nous, on va avancer doucement également en cette émission.
00:43:21C'est parti, on se projette dans la rubrique « Chaud devant ».
00:43:29Question très simple.
00:43:30Isaura, les Jeux Olympiques 2028 de Los Angeles, oui, non, peut-être.
00:43:38Oui, parce que dans un coin de ma tête.
00:43:40D'accord.
00:43:41Mais peut-être parce qu'il faut faire les choses par étapes.
00:43:43Et à ton avis, alors imaginons, je garde le oui, la Isaura de 2028, en quoi elle sera différente de
00:43:49celle de 2024, de 2021, de 2016 ?
00:43:52Impossible de répondre à cette question.
00:43:54Je ne sais pas.
00:43:54Pour l'instant, c'est au jour le jour. Vraiment, tu ne planifies pas encore vraiment cet événement 2028.
00:43:59C'est juste dans un coin de ta tête.
00:44:01S'il y a bien quelque chose que j'ai appris, c'est de ne pas me projeter trop, fermement
00:44:05en tout cas, mais avec espoir en tout cas,
00:44:08de continuer à apprendre, à grandir dans mon escrime.
00:44:12Ce qui est intéressant, c'est que j'ai 34 ans et que j'ai toujours l'impression d'apprendre
00:44:15et de pouvoir progresser.
00:44:17Et j'avais beaucoup de doutes.
00:44:19Quand on est en dehors des pistes pendant un an et demi, quand on est en rééducation,
00:44:23on est loin de ce qu'on sait faire de mieux et de ce qu'on aime.
00:44:26On ne sait pas si on va être capable de revenir à son niveau, par exemple.
00:44:29C'était vraiment quelque chose qui me trottait dans la tête de physiquement, techniquement et aussi psychologiquement.
00:44:37Est-ce que je suis encore capable de m'entraîner autant, de sortir tout cet engagement dans le sport ?
00:44:45Et maintenant, en tout cas, c'est des réponses qu'on ne peut pas avoir tant qu'on n'a
00:44:50pas fait les choses.
00:44:51C'est ça qui est intéressant.
00:44:52Ce n'est pas des réponses en tournant dans sa tête qu'on va se dire « ouais, c'est
00:44:56possible ».
00:44:57C'est vraiment en faisant.
00:44:58Et en tout cas, en faisant, j'ai réalisé que j'ai la conviction aujourd'hui que je peux être
00:45:02encore meilleure qu'avant.
00:45:03D'accord.
00:45:04Et donc ça, c'est peut-être l'objectif que je me donne.
00:45:07Alors, il y a beaucoup d'athlètes, je leur pose la question de l'après-carrière.
00:45:10Oui.
00:45:10Souvent, c'est une question qui peut faire un peu peur ou on me regarde avec des grands yeux.
00:45:13On me dit « je ne sais pas, je n'en sais rien ».
00:45:15Toi, c'est loin d'être ça.
00:45:16Tu as plein d'idées, je suppose, pour ton après-carrière.
00:45:18Qui est déjà d'ailleurs…
00:45:19Tu es encore en carrière, mais tu développes déjà plein de choses.
00:45:21Ben oui, j'ai la chance de…
00:45:24Je me suis donné les moyens de faire ce que je voulais faire à côté.
00:45:28J'ai monté plein de projets qui m'animent aussi en dehors de l'escrime.
00:45:32Mon magazine, ma plateforme, j'ai créé des documentaires.
00:45:36Mais c'est vrai qu'il y aura quand même toujours cette petite peur de se dire
00:45:39« qu'est-ce qui est après ? »
00:45:41Qui je suis sans le monde du sport ?
00:45:45Enfin, sans ce mode de vie, parce que c'est un mode de vie très spécial.
00:45:48Bien sûr.
00:45:48S'entraîner tous les jours, partir en compète tous les mois,
00:45:52avoir un objectif à telle date, c'est complètement différent.
00:45:56Mais en effet, le fait d'avoir mis le pied dans d'autres univers,
00:45:59dans le milieu de l'entrepreneuriat, d'avoir fait d'autres projets,
00:46:02je comprends déjà les fonctionnements et comment ça se passe ailleurs.
00:46:06Et ça, c'est cool.
00:46:07En tout cas, on a découvert un petit peu la Isaora qui brille sur les pistes d'escrime,
00:46:10la championne.
00:46:11Et puis, il y a la Isaora, la femme engagée sur de nombreux sujets,
00:46:14notamment sur les questions d'égalité entre les femmes et les hommes,
00:46:17dans le sport, sur la place des athlètes féminines,
00:46:19leur représentation dans les médias.
00:46:21C'est un sujet complexe, alors qu'il ne devrait pas être complexe selon moi,
00:46:24mais malheureusement qu'il l'est.
00:46:25Et on va en parler tous les deux au coin du feu.
00:46:32La logique d'un feu et tout.
00:46:32Elle connaît toutes les missions, Isaora.
00:46:34C'est le moment où tu viens.
00:46:35Elle est complètement au fait de tout.
00:46:38On va partir d'un chiffre, Isaora.
00:46:40Notre discussion va partir d'un chiffre que tu as peut-être vu,
00:46:42qui est assez alarmant.
00:46:43C'est une étude de la Mutuelle Générale de l'Éducation Nationale
00:46:46qui a été réalisée avec l'Institut Cantar
00:46:48et menée auprès de 500 jeunes filles âgées de 13 à 20 ans,
00:46:50qui a révélé que près d'une adolescente sur deux
00:46:52renonce à la pratique sportive en raison de contraintes sociales.
00:46:56Quand tu entends ce chiffre, quand tu le vois sur ce visuel,
00:46:59qu'est-ce que ça t'inspire, qu'est-ce que ça provoque chez toi,
00:47:01en tant qu'athlète de haut niveau ?
00:47:03Ben oui, c'est un chiffre que je connais bien.
00:47:05C'est pour ça que j'ai monté mon programme en Guadeloupe
00:47:08pour accompagner les jeunes filles à éviter du coup ce décrochage sportif.
00:47:12Et aussi à mieux le comprendre.
00:47:15Pourquoi il existe ?
00:47:16Ça, c'était vraiment une des premières choses.
00:47:20Parce que les espaces sont encore occupés souvent par les garçons,
00:47:23parce que l'accompagnement des coachs
00:47:25ne permet pas toujours aux jeunes filles de continuer,
00:47:29parce qu'il n'y a pas nécessairement les structures
00:47:30pour qu'elles puissent s'entraîner.
00:47:32Des fois les vestiaires, des fois c'est d'autres choses.
00:47:35Ce ne sont pas des raisons physiologiques comme juste avoir leurs règles,
00:47:39mais c'est aussi les accompagner dans leur puberté.
00:47:42Toutes ces questions-là.
00:47:45Et du coup, comment on réduit ce chiffre ?
00:47:49Parce que moi, en tout cas, il ne me convient pas en 2026.
00:47:53Et comment on leur donne des outils pour pouvoir s'affirmer,
00:47:59que ce soit à travers le sport ou d'autres univers.
00:48:00Parce que je pense que c'est à cet âge-là qu'on se dit
00:48:02qu'on est capable de faire ce qu'on a envie de faire
00:48:05et de ne pas abandonner quand il y a des obstacles.
00:48:09Quel est ton discours, toi, avec les jeunes filles que tu rencontres,
00:48:11justement, sur ce point-là ?
00:48:15En tout cas, j'essaie de leur poser la question pourquoi.
00:48:19Oui.
00:48:20Parce que je pense que chaque cas est différent.
00:48:22Chaque cas est différent.
00:48:25Mais j'essaie de leur dire qu'il ne faut pas se mettre de limites dans la vie
00:48:32et que s'il y a quelque chose qui leur plaît,
00:48:34de continuer à le faire et de trouver les ressources pour le faire, en tout cas.
00:48:39En fait, le truc, c'est que dans ce chiffre, ça ne dépend pas que d'elles, en fait.
00:48:45Bien sûr.
00:48:45C'est ça qui est important parce que souvent on dit
00:48:47mais qu'est-ce qu'elles doivent faire ?
00:48:49Et ça remet souvent la responsabilité sur les jeunes filles
00:48:51alors qu'elles font déjà beaucoup.
00:48:53Et souvent, des fois, c'est peut-être l'entourage
00:48:56ou qu'elles doivent aider leurs parents dans le foyer familial
00:48:59ou parce qu'on les oriente plus vers les études
00:49:03ou c'est dissuasif, des fois, tout simplement.
00:49:05Parce que dans ce chiffre, ce qui est intéressant,
00:49:07c'est qu'il y a une autre statistique qui dit qu'elles ne veulent pas arrêter.
00:49:14Donc, il y a un intérêt pour les jeunes filles à continuer la pratique sportive.
00:49:18Donc, en vrai, on peut leur dire beaucoup de choses
00:49:21mais je pense qu'elles font déjà beaucoup de choses
00:49:23et leur donner surtout les moyens de pouvoir faire ce qu'elles ont envie de faire.
00:49:27Parlons maintenant de la médiatisation du sport féminin.
00:49:30Isa Ora, quand tu as été championne du monde en 2022 au Caire,
00:49:32tu as fait la une de l'équipe.
00:49:34Tu es l'une des rares, des rares sportives à avoir fait la une de l'équipe.
00:49:38Je pense que, franchement, on les compte sur peut-être les doigts d'une main.
00:49:43C'est difficile, ça aussi, ce constat de devoir faire beaucoup, beaucoup, beaucoup
00:49:47pour avoir la visibilité qu'on mérite.
00:49:50C'est devoir faire toujours plus, en fait.
00:49:52Oui, je pense qu'on ne le fait pas pour ça.
00:49:55C'est ce qui est intéressant.
00:49:56Mais le constat, il est un peu triste parce qu'en effet,
00:50:02ça dévalorise des fois la performance parce qu'on ne se sent pas valorisant,
00:50:06on ne se sent pas reconnu quand on le fait et invisibiliser.
00:50:08C'est important de le dire parce que je les vois travailler toutes les autres athlètes féminines
00:50:15et en fait, je le fais aussi.
00:50:19Moi, je sais l'effort qu'il faut pour en arriver là et la valeur que ça a.
00:50:23Et en fait, pour des raisons que je comprends, de vendre du papier
00:50:27ou de l'audience qui est encore éduquée à vouloir tel sport constamment
00:50:34et telle façon de communiquer, on en arrive du coup à minimiser la performance
00:50:40de toutes ces athlètes.
00:50:41Moi, je pense que c'est ça, les conséquences que ça a.
00:50:44Et je pense que les médias ont une responsabilité dans ça,
00:50:47en se disant qu'on a une vraie plateforme.
00:50:50C'est aussi à nous d'éduquer l'audience.
00:50:52C'est aussi à nous de mettre en avant les performances qui existent
00:50:57au péril certaines fois du chiffre d'affaires parce que c'est ce qu'elles méritent.
00:51:04Donc, c'est ça qui est important.
00:51:05En tout cas, c'est pour ça que moi, j'ai créé ma plateforme aussi
00:51:07pour diversifier les canaux d'information pour qu'il y en ait plus.
00:51:12Parce qu'en effet, en tant qu'athlète féminine, on doit énormément performer pour être vu.
00:51:18La statistique, c'était que c'était 12%.
00:51:20Moi, quand j'ai créé Essentiel Stories, c'était que c'est 12% de la couverture médiatique du sport
00:51:24qui est dédiée au sport féminin.
00:51:26Et à l'heure actuelle, il y a énormément de femmes, en tout cas dans le circuit du sport de
00:51:31haut niveau.
00:51:32D'ailleurs, on a réussi à atteindre la parité aux Jeux Olympiques de Paris.
00:51:37C'est qu'elles sont présentes.
00:51:38Et donc ça, ça a été déjà un chemin pour qu'on en arrive à cette parité.
00:51:42Et maintenant aussi à la valorisation de la performance.
00:51:47Je pense que c'est important.
00:51:48Tu parlais justement de la plateforme que tu as créée, Essentiel Stories, en 2020.
00:51:52Il y a plein de choses qui ont découlé de cette plateforme,
00:51:55notamment ce magazine, 1900.
00:51:57Ta série Focus, on en a parlé aussi.
00:51:59C'est vraiment une volonté très, très forte, ça, de mettre en avant les athlètes féminines,
00:52:03leur donner la parole, les voir aussi au-delà juste des athlètes, des sportives,
00:52:09parler des échecs, de la santé mentale, de la maternité, des règles, des sujets qui sont encore tabous.
00:52:14Oui, en tout cas, moi, quand je l'ai créée, c'était mon constat, c'est que non seulement,
00:52:17on avait peu de médiatisation, mais que la fenêtre médiatique était du coup très courte.
00:52:23Et qu'on avait peu de temps, du coup, d'aborder les angles d'autres angles
00:52:28et de les montrer aussi autrement dans leur complexité, dans leur diversité.
00:52:32On les montrait toujours de la même façon, on parlait toujours des mêmes thématiques.
00:52:35Et je trouvais que ce n'était pas assez juste et honnête par rapport à ce que nous,
00:52:41en tant qu'athlètes féminines, on traversait. Donc, j'avais envie de leur donner une plateforme
00:52:47où elles avaient le temps de raconter leurs histoires, de raconter les femmes derrière les médailles,
00:52:54de raconter les athlètes derrière les médailles aussi, parce qu'il y a énormément de phases
00:52:57où du coup, si on ne voit que quand on gagne, le reste du temps, on ne voit pas du
00:53:02tout.
00:53:02Alors que pour en arriver là, pour moi, tout champion a vécu des défaites.
00:53:06– Bien sûr. – Et que du coup, elles sont très intéressantes aussi.
00:53:09Et je pense que c'était aussi apporter un discours plus authentique
00:53:15à ce que c'est le sport aussi en général.
00:53:18Déconstruire un peu toute l'idée qu'il y a autour de ce que c'est un champion ou une
00:53:22championne.
00:53:22Mais je ne pense pas que ce soit un être qui est infaillible,
00:53:27qui traverse tous les obstacles, quoi qu'il en soit, et que c'est la loi du plus fort,
00:53:30et que du coup, c'est un héros. Et je pense que non, c'est en fait, c'est des
00:53:34gens comme tout le monde,
00:53:36qui ont des failles, qui ont des doutes, qui ont des obstacles, qui ont des vies privées,
00:53:39qui ont des choses à dire. Et je pense que c'est aussi en ça que leurs histoires sont inspirantes.
00:53:44Et c'est aussi en ça que les gens peuvent mieux s'identifier à leur parcours
00:53:48et suivre ces athlètes de haut niveau.
00:53:50Moi, j'avais vraiment la conviction que si on les connaissait mieux, on pourrait s'y attacher,
00:53:54et on pourrait les suivre et créer aussi une communauté de personnes qui ont envie de suivre le sport féminin.
00:54:01Parce que je viens d'un sport niche, l'escrime, ça vient aussi de ça, et tout le monde ne
00:54:05fait pas de l'escrime.
00:54:06Mais je pense que quand on sait tout ce que j'ai dû traverser ou ce que je fais pour
00:54:09en arriver là,
00:54:10on a aussi envie de me soutenir pour mes compétitions.
00:54:14Donc voilà, c'est un ensemble de convictions qui a fait que j'avais envie de raconter le sport féminin
00:54:21autrement.
00:54:22C'est très bien, et tu as reçu du beau monde, Elodie Clouvet, Zakia Khoudadadi, Estelle Mosley,
00:54:27Alison Félix aussi quand même, là tu peux te la péter.
00:54:30C'est la classe, mais je trouvais ça bien de parler de ce sujet.
00:54:33On rappelle aussi que c'est bientôt la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars,
00:54:36comme chaque année évidemment.
00:54:38Et moi je pense qu'il faut que ça évolue.
00:54:39Alors dans le sport, dans les médias aussi, moi je fais partie de ce milieu,
00:54:43il y a encore beaucoup de travail, beaucoup beaucoup de travail.
00:54:46Ça évolue petit à petit, c'est lent, mais ça évolue.
00:54:50Mais je vous êtes là, parce que heureusement que vous êtes là,
00:54:53on se bat dans les rédacs pour amener plus de profils,
00:54:56pour amener plus d'histoires et c'est pas simple.
00:54:59Et donc merci à tous ceux aussi qui font ce travail de l'ombre
00:55:02et qui essayent de diversifier un peu ce qu'on voit dans les médias.
00:55:07Mais je pense que c'est important surtout dans notre société.
00:55:11Merci beaucoup Isaura pour ce sujet très sérieux, encore très complexe, mais très intéressant.
00:55:16Maintenant on va finir sur une note un peu plus légère.
00:55:18Cette émission, c'est tout fait tout flamme.
00:55:25Alors, la petite tier liste rapidement, 5 catégories.
00:55:27Flamme olympique, feu de camp, briquet, allumette, cendre.
00:55:29Flamme olympique, c'est le top du top.
00:55:30Et plus on descend, moins c'est bien.
00:55:32Plusieurs éléments à classer.
00:55:33Je te laisse Isaura prendre la tablette.
00:55:37Ah oui, je passe mon argentique, feu de camp, c'est important.
00:55:43Allez.
00:55:44Dombré, flamme olympique, ça c'est sûr.
00:55:47Marie-Jo, flamme olympique, ça c'est sûr.
00:55:501900, allez, flamme olympique.
00:55:52Je remonte rapidement.
00:55:53Mais en bas, il y a que des choses.
00:55:54Tu sais quoi, attends, on fait juste une petite pause
00:55:56parce que j'aimerais que rapidement tu nous dises ce que contient ce magnifique magazine.
00:56:02Bien fourni, mais magnifiquement illustré.
00:56:05Rapidement, est-ce que tu peux nous teaser un peu ce qu'il y a dedans ?
00:56:07Du coup, c'est une revue.
00:56:09Là, on a en couverture Juliane Alfred qui a été championne olympique à Paris.
00:56:14Donc, on a des éditos mode où on met en avant les athlètes féminines.
00:56:17Mais on a aussi des séries documentaires où on va vraiment à la rencontre des athlètes
00:56:21pour voir leur quotidien ou des compétitions.
00:56:22On a suivi Shirin Boukly au Grand Slam de Bercy.
00:56:29On a suivi Manon Brunet durant sa maternité à plusieurs moments.
00:56:35On a aussi des images d'archives parce que c'était important pour moi
00:56:37de mettre en avant les athlètes féminines qui sont passés avant nous.
00:56:40Donc, on a un sujet par exemple sur Souria Blounali, dont on parle beaucoup en ce moment.
00:56:46Et du coup, on met en avant différents sports.
00:56:48Des sports qui sont des fois invisibilisés comme celui de Lisa Barbelin,
00:56:51donc au tir à l'arc de Pritika Pavadeh avec le ping-pong.
00:56:55Et les interviews sont aussi très longues.
00:56:57Donc, lisez-les parce qu'on prend le temps de raconter leurs histoires.
00:57:01On a raconté l'histoire de Zaki Akouda Dazi.
00:57:03Elle a été interviewée par un journaliste iranien en perse dans sa langue.
00:57:07Donc, pour qu'elle soit vraiment à l'aise et qu'elle raconte un peu tous ses combats, toute son
00:57:11histoire.
00:57:12C'est une athlète paralympique afghane qui a vécu beaucoup de choses.
00:57:17Et donc, on prend le temps de les raconter en les mettant en avant avec de belles images également.
00:57:24Donc, voilà.
00:57:25Franchement, bravo.
00:57:26Des belles histoires, des belles images.
00:57:28Il est magnifique ce magazine.
00:57:29Donc, bravo pour tout le travail fourni.
00:57:33Je te laisse continuer cette petite liste.
00:57:35Mais il n'y a que des trucs importants là.
00:57:40Moi, je mets Severance flamme olympique.
00:57:43Ça, on est d'accord.
00:57:43C'est un point commun entre Isaura et moi et Severance.
00:57:45C'est vraiment la série top, top, top.
00:57:48Le karaoké.
00:57:48Je le mets en feu de camp parce que c'est très important.
00:57:50Mais que les gens qui m'ont entendu chanter diront que ce n'est pas flamme olympique.
00:57:53Eh bien, justement.
00:57:54C'est ce que je me suis dit.
00:57:55Regardons quand même.
00:57:56Ah mince.
00:57:57Ça, c'est pas bien.
00:57:58C'est chaud.
00:58:03Ah, c'est la fille ça quand même.
00:58:04C'est pas cool.
00:58:06C'est pas cool.
00:58:06J'en ai déjà fait mais toujours le point levé.
00:58:10Eh oui, évidemment.
00:58:12Un classique.
00:58:13Je ne suis pas beaucoup mieux.
00:58:14T'inquiète pas.
00:58:14Ça me rassure.
00:58:15On ne fera pas un fille, je pense.
00:58:16Mais je pense que les gens qui chantent bien ne devraient pas aller dans des karaokés.
00:58:19C'est pas bien.
00:58:20Je pense qu'ils devraient être interdits.
00:58:22This is my take.
00:58:25Du coup, après, mais juste la course à pied, cendres.
00:58:29Voilà.
00:58:30Et le reste, en vrai, la mode feu de camp parce que j'aime bien, mais c'est pas non
00:58:35plus.
00:58:36Voilà.
00:58:37Vénus Williams, moi j'adore.
00:58:38Elle prend une source d'inspiration aussi pour toi.
00:58:40Une source d'inspiration.
00:58:52Elle me parlait de blessure justement.
00:58:53C'était à l'époque où j'avais eu ma blessure et c'était résiliente.
00:58:58Athlète très résiliente et très inspirante.
00:59:02Le matcha, moi j'adore.
00:59:03Donc c'est difficile.
00:59:04Flamme olympique, feu de camp.
00:59:06Mais bon, feu de camp, allez.
00:59:07Et je sais qu'on regarde les pâtes à l'identité, mais flamme olympique parce que pour moi, il n
00:59:12'y a pas d'autres...
00:59:14Oui, d'autres cuissons, mais on est d'accord.
00:59:16En fait, le reste, c'est cendres.
00:59:19Et du coup, la dent cassée, je la mets en allumette, je ne la mets pas en cendres parce que
00:59:24ça reste un bon souvenir et j'ai bien rigolé.
00:59:26Et qu'elle est encore là et j'ai mon rendez-vous dentiste demain.
00:59:29Voilà, le timing est bon.
00:59:31C'est parfait.
00:59:32Exactement.
00:59:32Eh bien, écoute, je vais te poser la dernière petite question qui tue, Isaora.
00:59:36Flamme olympique, tu dois choisir entre les dombrés.
00:59:39Marie-Jo Pérec, 1900, Severance, Venus, Williams ou les pâtes al dente ?
00:59:43Là, il y en a beaucoup.
00:59:44Le top du top pour Isaora Tibus, c'est quoi ?
00:59:47C'est chaud, là, ce n'est pas possible.
00:59:49C'est facile, non ?
00:59:50Moi, je serai à ta place.
00:59:52J'hésiterai pas.
00:59:54Les dombrés ?
00:59:54Moi, j'aurais mis ton magazine, 1900.
00:59:56Non, mais je ne peux pas choisir.
00:59:58Non, mais oui, oui, non.
01:00:00Marie-Jo, c'est 1900.
01:00:02Et Venus Williams, c'est 1900.
01:00:03Eh oui, donc voilà, tout est lié.
01:00:05Tout est lié.
01:00:05Tu t'en sors bien, c'est bien joué.
01:00:07C'est bien joué.
01:00:08Je te remercie, Isaora.
01:00:09J'ai passé un super moment avec toi.
01:00:11C'était passionnant.
01:00:11Merci.
01:00:12Merci à toi.
01:00:13Et je te souhaite plein de bonnes choses pour la suite.
01:00:15C'est bon.
01:00:16Merci de m'avoir reçu.
01:00:17Merci beaucoup.
01:00:17Je remercie toute l'équipe en régie.
01:00:19Julien Perronnet à l'édition.
01:00:20Nicolas Baillet à la réalisation.
01:00:22Paul Lebrette au son.
01:00:23Virginie Lacaille au maquillage.
01:00:24Salut tout le monde.
01:00:25Et à la semaine prochaine pour un nouveau On s'enflamme.
01:00:34Sous-titrage ST' 501.
01:00:35Sous-titrage ST' 501.
01:00:37Sous-titrage ST' 501.
01:00:50Sous-titrage ST' 501.
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