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  • il y a 2 heures
Intervenant(s) :
Lisa Barbelin, médaillée de bronze olympique et double championne d’Europe de tir à l’arc
Ysaora Thibus, vice-championne olympique par équipe 2020 et championne du monde 2022 de fleuret
Andreea Koenig, vice-présidente de la Ligue féminine du football professionnel
Sophie Sauvage, Fondatrice de la plateforme SportpowHER et ancienne vice-présidente de l’International Women’s Football Olympique Lyonnais

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Notre thème aujourd'hui c'est le sport féminin incarne-t-il un nouveau souffle ?
00:04On a quand même l'impression que c'est un thème de philo pour une classe de terminale, mais non
00:11!
00:12Alors oui, le monde a changé, est-ce qu'il incarne une brise de considération pour les athlètes féminines,
00:18un noiragan d'acceptation pour les sportives, ou une tornade, une révolution dans le monde du sport ?
00:24Vous avez vu ? Elle est gorille, elle est bien faite.
00:26Donc juste pour commencer, chacune d'entre vous, une image des Jeux olympiques chez les filles,
00:34parce qu'on va partir de là, on va partir des Jeux olympiques quand même,
00:36puisque c'est la base de cette évolution que l'on espère et qui s'est produit aussi.
00:43Alors on y va Isabra ?
00:45Oui, alors une image, c'est difficile de choisir du coup, parce que pour être honnête,
00:50comme je suis dedans, je ne regarde pas vraiment en même temps les compétitions,
00:54mais je dirais que c'est peut-être celle avec qui je me suis entraînée,
01:01celle avec qui on s'est vues en coulisses entraîner jusqu'aux Jeux olympiques,
01:06donc je dirais Manon Brunet et Sarah, la finale 100% féminine française au sabre,
01:13et aussi Marie Patouillet qui m'a aussi beaucoup touchée aux Jeux paralympiques.
01:19Isa ?
01:21Moi je vais dire une image qui a fait du bien à la petite fille que j'étais à ce
01:28moment-là,
01:29c'est que j'ai pu rencontrer Cléopâtre d'Arleux,
01:31et pour moi c'est une sportive extraordinaire,
01:34et j'étais assez époustouflée de ces Jeux olympiques,
01:38de pouvoir rencontrer des sportives qui m'ont inspirée dans ma carrière,
01:43et partager un repas avec Cléopâtre, là ça a été le somme-même pour moi.
01:48Alors Andréa ?
01:49Pour moi ça serait un...
01:50Ah non, pas le foot !
01:52Non, ça serait...
01:53J'ai même pas fait...
01:54Ça serait un kaleidoscope d'images,
01:56ça serait toutes les unes de tous les journaux qui ont mis les filles à la une,
02:01c'est quelque chose que les Jeux olympiques ont vraiment propulsé,
02:05c'est l'image du sport féminin à une, de la presse.
02:09Et Sophie ?
02:11Et moi, j'ai eu la chance d'aller à la finale du Hand,
02:13alors on n'a pas gagné, mais l'ambiance était dingue,
02:16c'était exceptionnel à Lille,
02:20donc ça c'est une première image,
02:22et la deuxième c'est Marie Patouillet,
02:24parce que c'était fantastique et super émouvant.
02:27Alors on va vous donner quelques...
02:29Tiens Guillaume, il veut parler.
02:30Si vous voulez.
02:30Oui, si, si, si, vas-y.
02:32Moi c'est Zakia Koudadadi, je ne sais pas si ce nom vous parle,
02:36qui était en pleine prise de Kaboul,
02:38coincé par les talibans en Afghanistan,
02:42au début des Jeux olympiques de Tokyo.
02:44Son histoire a balayé les réseaux sociaux à ce moment-là,
02:48elle a pu venir, grâce à la France,
02:51elle a fait un petit stop à l'INSEP avant de repartir à Tokyo.
02:54On a pris l'avion ensemble par hasard,
02:56je l'ai vu filer avec Roxana Maracinanu,
02:59la ministre des Sports de l'époque,
03:00j'ai suivi son histoire,
03:02on a travaillé avec une équipe de production
03:05sur un documentaire qui s'appelle
03:06« L'accord perdu »
03:07qui est passé chez vous à France Télévisions,
03:09dont on a raconté son histoire
03:10et sa qualification pour les Jeux
03:12à Sofia, avec son entraîneur qui est dingue,
03:15une femme de parataekwondo.
03:19Et voilà, son histoire,
03:22qui aurait pu être celle d'un homme,
03:24mais en l'occurrence de cette femme forte aussi,
03:26parce que là-bas, quand on est une femme
03:27et quand on veut faire un sport tout court,
03:29je ne vous parle même pas de sport de combat
03:31ou des sports d'iviris, les masculins, tout ça,
03:33c'est très compliqué,
03:34c'est une question de vie ou de mort.
03:37Son parcours m'a particulièrement marquée
03:39et de l'avoir brillé, décroché une médaille de bronze,
03:43elle aurait rêvé de le faire pour la France
03:44aux Jeux de Paris,
03:46son parcours à elle m'a inspiré beaucoup.
03:49Ah ben je vais parler de moi.
03:51Non, non, moi c'était l'équipe de France de gymnastique,
03:54parce que d'abord, parce que je l'ai commenté,
03:56et le sport c'est ça aussi,
03:58c'est-à-dire qu'à un moment, on peut s'entraîner
04:00comme des dingues,
04:00on peut être les meilleurs du monde
04:03et avoir tous les espoirs
04:05qui reposent sur ses épaules,
04:07et le jour J, ça ne passe pas.
04:10Et on a vu le désespoir de toutes ces filles,
04:14mais quand on dit désespoir,
04:15c'est-à-dire que même à l'heure actuelle,
04:17elles ne savent pas ce qui s'est passé,
04:18elles n'arrivent toujours pas à s'en remettre,
04:20et le sport, c'est ça aussi,
04:22ce sont des belles médailles,
04:23comme Isaora et Elisa,
04:25mais ce sont aussi des grosses défaites,
04:27avec des années d'entraînement,
04:29d'abnégation, des jeunesses
04:31qu'on sacrifie,
04:33Elisa et Isaora peuvent en témoigner,
04:36et voilà, le jour J,
04:37parce que ce n'est pas le moment,
04:39parce qu'il y a plein de conjonctions,
04:41d'éléments additionnés
04:43qui font que ça ne passe pas,
04:45et c'est ça, le sport,
04:48que ce soit féminin ou masculin.
04:49Alors, pour revenir sur des trucs plus joyeux,
04:53juste vous donner quelques chiffres.
04:55Il faut savoir que les épreuves féminines
04:58aux Jeux Olympiques, aux Jeux Paralympiques,
04:59chez nous, chez France Télévisions,
05:01ont représenté 37% du volume des épreuves diffusées.
05:0522% de sport féminin a été retransmis
05:09pour les Jeux Paralympiques.
05:11Pourquoi ces différentiels des Jeux Paralympiques ?
05:14Parce que déjà, il y avait moins de filles engagées,
05:16et que nos choix se font,
05:18comme je le disais l'année dernière,
05:19en fonction des chances de médailles,
05:21et que pour les Jeux Paralympiques,
05:23eh bien, forcément, le C6 foot,
05:26tout le monde a brillé,
05:28et surtout a vibré pour cette épreuve,
05:30et ça a pris beaucoup d'heures d'antenne.
05:32Mais ce qu'il en ressort,
05:34selon une analyse et selon un rapport de l'ARCOB,
05:37c'est que 57% des personnes disent
05:40avoir changé leur regard sur le sport féminin,
05:43et que 54 déclarent suivre maintenant
05:46les compétitions de sport chez les femmes.
05:49Qu'est-ce que ça vous inspire,
05:51toutes les quatre,
05:53ces chiffres qui sont quand même
05:54hyper élogieux pour le sport féminin,
05:58et surtout de bonne augure ?
06:01Tout le monde se regarde ?
06:02Allez, un, deux, trois.
06:04En fait, il y a un chiffre
06:06qui est encore plus impressionnant,
06:07c'est que 50% des fans de sport féminin
06:12sont des nouveaux fans,
06:13c'est-à-dire qu'on commençait à s'intéresser
06:15au sport féminin depuis moins de cinq ans.
06:17On a un tournant qui se passe au moment du Covid,
06:20c'est un peu bizarre,
06:21mais j'imagine que tout le monde
06:22s'est posé la question
06:24de savoir ce qui était important dans la vie,
06:26et peut-être qu'à ce moment-là,
06:28les gens se sont dit,
06:29finalement, il y a quand même
06:30la moitié de l'humanité
06:31qui est intéressante aussi dans le sport,
06:34donc on va s'y intéresser.
06:35C'est un chiffre qui est récurrent partout,
06:39en fait, dans tous les pays.
06:40Ce chiffre de 50% des fans
06:43qui sont des nouveaux fans,
06:44ce qui traduit une trajectoire de croissance
06:46assez fantastique.
06:48Moi, j'ai vu ça aux Etats-Unis,
06:50puisque j'ai travaillé les quatre dernières années
06:53sur le projet de l'Olympique lyonnais aux Etats-Unis,
06:57et c'est un raz-de-marée, en fait.
06:59Donc il y a un vrai potentiel important, économique,
07:04et cette nouvelle base de fans,
07:06il faut aller la chercher où elle est.
07:09Isaora, est-ce que vous avez pu sentir
07:12un frémissement, un changement
07:14par rapport au regard de votre sport,
07:16qui quand même est un sport
07:17qui se pratique aussi bien
07:19chez les garçons, chez les filles,
07:20comme le tir à l'arc ?
07:22C'est sûr qu'en tant que sport olympique
07:24et sport amateur,
07:25pour nous, les Jeux olympiques,
07:26c'est toujours très important.
07:28Après, c'est un chiffre qui,
07:30pour la France en tout cas,
07:32je garde encore des réserves,
07:33parce qu'il y a toujours
07:35cette fenêtre médiatique
07:36qui est très très forte
07:37lors des Jeux olympiques.
07:38En plus, ils étaient à Paris,
07:40donc en France,
07:41donc il y a un vrai engouement.
07:42Et puis après,
07:43ce qu'on a constaté,
07:44je pense pas que dans le sport féminin,
07:46mais qu'il y a un peu une chute
07:48après les Jeux.
07:49Donc je crois qu'il y a vraiment
07:51ce problème d'accessibilité
07:54au sport féminin.
07:56Où est-ce qu'on nous voit ?
07:57Nous, en tant qu'athlètes féminines,
07:58nous, on fait de l'escrime.
07:59Déjà, l'escrime n'est pas
07:59beaucoup médiatisé,
08:00mais s'il y en a deux en France,
08:02il y a deux Coupes du Monde
08:03qui se passent en France,
08:04celles sont masculines,
08:06donc c'est eux qui passent à la télé.
08:07Nous, on passe pas à la télé,
08:09donc ça veut dire quatre ans
08:10sans être visibles.
08:12Et en effet,
08:13si ça permet aux gens
08:14de nous découvrir,
08:15parce qu'on n'est pas
08:16le même public nécessairement
08:17que les amateurs
08:18ou les fans de sport masculin,
08:21comment on arrive
08:22à les toucher,
08:25à les atteindre ?
08:26Parce que nous,
08:26en tant qu'athlètes,
08:27on n'a pas le temps nécessairement
08:29de faire notre promotion,
08:30de se rendre visibles
08:31et de pouvoir toucher
08:33les gens qui aimeraient
08:34nous suivre.
08:35Donc je pense que ça,
08:36c'est un vrai enjeu.
08:37Donc c'est super
08:38d'être visible aux Jeux Olympiques
08:40tous les quatre ans.
08:41Il y a toujours un boom
08:42des licences après,
08:43à savoir qu'en effet,
08:44on touche les petites filles
08:46qui se disent,
08:47oui, moi aussi,
08:48j'ai envie de faire ce sport.
08:49Donc il y a un boom
08:50des licences après.
08:51Mais comment on les garde
08:52dans ce sport ?
08:54Comment on se dit,
08:55comment elles se disent,
08:56elles,
08:56qu'elles peuvent avoir
08:57un avenir sportif
08:59ou professionnel
09:00dans cette discipline ?
09:01Parce que ce n'est pas évident
09:01d'en vivre encore aujourd'hui.
09:03Parce que pas de visibilité,
09:04pas de sponsor
09:05et du coup,
09:06pas de professionnalisation
09:08de notre sport.
09:09Et au-delà de ça,
09:10je pense même
09:11qu'en tant que sport loisir,
09:17quand tu as parlé du Covid,
09:18je pense qu'aussi,
09:19les gens se sont dit,
09:20quelle est la place du sport
09:21dans ma vie ?
09:22Et qu'il y a une recherche
09:23aussi identitaire
09:24de, il n'y a pas que
09:25le sport de haut niveau,
09:27il y a aussi le sport bien-être
09:28et comment en tant que femme,
09:30dans la société,
09:31j'intègre le sport
09:32à mon mode de vie.
09:34Voilà.
09:35Lisa,
09:36est-ce que toi,
09:37tu as vu un changement
09:38par rapport au regard féminin
09:41apporté sur ton sport ?
09:43Oui, il y a eu
09:43un énorme changement
09:44après les Jeux.
09:46Ces Jeux olympiques
09:47ont été extraordinaires
09:48pour le tir à l'arc
09:49parce qu'on ramène
09:49deux médailles,
09:50ça n'a été jamais fait
09:51jusqu'à présent,
09:52et deux médailles
09:52dans des catégories
09:53où il n'y en avait
09:54jamais eu avant.
09:55Donc, il y a eu
09:55ce truc-là de nouveauté
09:57et qui a, je pense,
09:59plu aux gens
10:00parce que les gens
10:01ont pu se dire
10:02« Ouais, mais c'est super
10:03le tir à l'arc ».
10:04Et donc, il y a eu
10:04ce que tu as dit,
10:05Isaura,
10:05juste après,
10:06un gros boom des licences,
10:07mais un gros boom des licences
10:08au niveau des petites filles.
10:13Dans les clubs,
10:14non seulement il y a eu
10:14les petites filles,
10:15mais parfois il y a eu
10:16aussi leurs mamans
10:16qui sont venues s'entraîner,
10:18qui sont venues faire
10:19du tir à l'arc,
10:20qui sont venues essayer.
10:21Et ça, ça a changé.
10:22Et aussi,
10:24le tir à l'arc
10:25et les scrims
10:25sont des sports
10:26qui sont prescrits
10:27sur ordonnance
10:28après un cancer du sein.
10:29Et du coup,
10:30ça aussi,
10:31les gens ne le savent pas forcément,
10:32mais ça peut permettre
10:34peut-être des vocations
10:35ou peut-être de se dire
10:35« Pourquoi pas, moi aussi ? »
10:37Et je trouve que oui,
10:38il y a eu un gros boom
10:39et c'est tant mieux
10:40que ça a été à Paris
10:41et tant mieux
10:42si on arrive à surfer
10:43encore sur la vague
10:44jusqu'à 2028.
10:46Alors toi, Andrea,
10:47tu oeuvres pour le foot féminin.
10:50Qu'est-ce qui a changé ?
10:51Alors, on ne va pas dire
10:52que c'est par rapport aux jeux,
10:53évidemment,
10:53mais qu'est-ce qui a changé
10:55depuis, on va dire,
10:56on s'était vu il y a un an,
10:58on va dire depuis un an,
11:00par rapport à l'implication
11:02des jeunes filles
11:03et surtout des clubs féminins
11:05qui attirent de plus en plus
11:06de public
11:08et attirent de plus en plus
11:09de monde ?
11:09Oui, donc déjà,
11:10nous, on a beaucoup de chiffres
11:12on a la chance
11:13d'être plus médiatisés aussi
11:15et d'avoir plus de données.
11:16Donc je peux confirmer
11:18qu'effectivement,
11:18les gens s'intéressent
11:19de plus en plus
11:19au foot féminin.
11:20En affluant stade,
11:21la saison dernière,
11:23on était déjà
11:23à plus de 60%
11:24d'augmentation
11:25par rapport à l'année d'avant.
11:27Cette année,
11:28on fait encore mieux.
11:29Comme un exemple,
11:30on a fait déjà
11:31trois matchs
11:32à plus de 10 000 spectateurs
11:33alors que toute la saison
11:34dernière,
11:35il n'y a eu que deux.
11:37Donc ce qui a changé,
11:38c'est que la Ligue
11:39est devenue professionnelle,
11:40officiellement professionnelle.
11:41Ça fait un an
11:42qu'on a ce statut
11:43et que les clubs
11:45sont tous
11:48collaborent
11:48pour porter
11:50ensemble ce projet.
11:51Donc on s'entraide,
11:52on se donne des conseils,
11:53on fait des partages
11:54d'expériences
11:55parce qu'on a tous compris
11:56pour nous,
11:57l'objectif numéro un
11:58à ce moment,
11:58c'est d'amener les gens
11:59pour que les gens voient
12:00et qu'ils s'inspirent
12:01justement qu'il y a
12:02des petits gamines
12:03qui, je répète
12:04la phrase que tout le monde
12:05sait de Billie Jean King,
12:07you have to see it to be it,
12:08tu dois t'y voir
12:09pour t'y croire.
12:10Et donc de voir
12:11ces filles qui jouent au foot,
12:13après,
12:14le gamin rentre à l'école
12:15et peut-être
12:16il va accepter
12:16qu'une fille
12:17peut jouer avec eux aussi
12:18dans l'équipe
12:18dans la cour de récré
12:19qui est déjà
12:20un énorme progrès.
12:23Donc moi,
12:23je dis en termes
12:24d'affluence
12:25et d'intérêt,
12:26le train est parti,
12:27la tendance est là.
12:29Donc c'est à nous
12:30de l'alimenter,
12:31c'est à vous
12:32le centre de tous
12:33et vous,
12:33c'est les sportifs,
12:34vous êtes les héroïnes
12:36de ça
12:37et c'est à vous aussi
12:38d'alimenter
12:38et d'inspirer ces filles
12:39de vous suivre.
12:41Oui,
12:41c'est ce que je voulais dire
12:43en complément.
12:44Moi,
12:44j'ai noté quelques noms
12:45de femmes,
12:46de sportifs
12:46qui m'avaient marqué
12:47dans l'actualité
12:48cette année.
12:49Pauline Ferrand-Prévost,
12:51banqueur du Tour de France
12:52féminin,
12:52Loïse Boisson,
12:53vous vous souvenez
12:54de ses exploits
12:54au tournoi de Roland-Garros,
12:56violette d'orange
12:56sur le Vendée Globe,
12:58Aurélie Aubert,
12:59vainqueur de la première
13:01médaille en or
13:02en plus d'une équipe
13:03de France
13:03aux Jeux Paralympiques
13:04en Boccia,
13:05un sport que peu de gens
13:06connaissaient avant
13:07les Jeux Paralympiques.
13:08Et puis l'équipe de France
13:09de volleyball
13:10qui a atteint
13:11les quarts de finale
13:12en Thaïlande
13:13cet été
13:14alors qu'elles n'avaient pas
13:14disputé,
13:15elles n'étaient pas qualifiées
13:16pour des mondiaux
13:17depuis 41 ans.
13:19C'est aussi
13:20ces figures,
13:21et vous en faites partie,
13:22qui font que les petites filles,
13:23qui, pas que, vont vouloir
13:26vous suivre,
13:27vont vouloir faire vos sports,
13:28vont vouloir vous imiter.
13:30Roger Federer,
13:31Nadal,
13:31ils donnent envie
13:32de jouer au tennis
13:33pendant Roland-Garros,
13:34pendant Wimbledon.
13:36Vous êtes des moteurs.
13:37Et nous, de l'autre côté,
13:38parce que c'est un peu
13:39un effet boule de neige
13:40pour faire avancer tout ça,
13:41et c'est assez,
13:44c'est un parallèle
13:45qui vaut ce qu'il vaut,
13:46mais sur le paralympisme,
13:47qui est une thématique sportive
13:49qui me tient à cœur,
13:50c'est aussi notre boulot
13:52à nous, journalistes,
13:53en conférence de rédaction,
13:54et ça commence dès 3-4 heures
13:55du matin,
13:56la nuit, ici,
13:57avant qu'on décide
13:57ce qu'on diffuse le matin
13:58quand vous vous réveillez,
13:59vers 6h30, 7h.
14:01C'est aussi à nous
14:02d'être force de proposition,
14:04de dire,
14:04regarde,
14:05il y a cette équipe féminine,
14:07ou il y a cette sportive
14:08qui a fait un résultat,
14:09qui a fait une performance,
14:10il faut la mettre en avant.
14:12Si vous ne faites pas
14:12de performance,
14:13c'est compliqué pour nous
14:14de vous médiatiser.
14:15Si vous en faites,
14:16vous êtes des icônes,
14:17vous êtes des exemples,
14:18et on vous met à la une
14:19toutes ces femmes,
14:20elles ont été à la une
14:21cet été,
14:22cette année,
14:23et elles donnent envie
14:23aux petites filles
14:24de faire du sport derrière.
14:25Si je peux intervenir.
14:29En fait,
14:29c'est facile de faire ça,
14:31de mettre à l'honneur
14:32les femmes
14:33qui font des performances
14:34et des exploits.
14:36Et en fait,
14:37ce n'est pas de ça
14:37dont le sport féminin a besoin.
14:39C'est d'une exposition constante.
14:41On donne les résultats
14:42de la Ligue 1
14:4450 fois dans le week-end.
14:47On donne les résultats
14:48de la 1re Ligue Arkema
14:50une fois tous les 15 jours,
14:52toutes les 3 semaines,
14:52et on va donner un match.
14:54Et on va peut-être donner
14:55le PSG-OL Lyon
14:56ou le OL Lyon-PSG.
15:00Mais dire,
15:01on va exposer
15:01celles qui font
15:02des exploits fantastiques,
15:04moi, je ne suis pas d'accord.
15:05Parce que chez les hommes,
15:06ils n'ont pas besoin
15:07de faire des exploits fantastiques
15:08pour qu'on les expose.
15:09Je suis d'accord.
15:10Mais on se bat tous les jours,
15:11tu sais,
15:11en conférence de réaction
15:12pour dire,
15:12il n'y a pas que Kylian Mbappé au Real,
15:14il n'y a pas que le Paris-Saint-Germain,
15:15il n'y a pas que Monaco,
15:18sauf que nous, souvent,
15:19pour te donner un peu le détail
15:20de ce qui se passe
15:21dans nos rédactions,
15:22chez vous, c'est pareil,
15:24ça dure 1h, 1h15, 1h10.
15:26On passe après la politique
15:27qui prend en ce moment
15:28toute la place.
15:29On passe après la géopolitique
15:31qui a pris toute la place
15:32ces dernières années
15:33depuis la guerre en Ukraine,
15:34le Moyen-Orient,
15:35je ne vous fais pas de dessin.
15:36Et à la fin, on nous dit
15:37quand on ne nous oublie pas,
15:39et vous, au sport,
15:39vous avez quoi ?
15:41Tu vois ?
15:42Et on va nous dire
15:43oui, ça je prends,
15:44ça je prends pas.
15:44Ce n'est pas nous qui avons
15:45le final cut,
15:46comme on dit à la fin.
15:47Donc on est obligé
15:48d'être pertinent
15:49et on est obligé
15:50de faire des choix en amont.
15:51Et si on propose une idée
15:53qui n'a ni queue ni tête,
15:54même si derrière,
15:55il y a volonté
15:56de mettre en avant
15:56une performance
15:58même qui n'est pas énorme
16:00ou une personnalité
16:02ou une passion sportive,
16:04on va nous retoquer directement.
16:07J'aimerais juste rajouter
16:09que je suis d'accord
16:09parce que dans le discours,
16:11malheureusement,
16:12ça remet la responsabilité
16:13sur les athlètes
16:14alors que nous,
16:15on performe déjà
16:16et dans la réalité,
16:17il faut,
16:18on parle d'exploit,
16:19il faut extrêmement performer
16:22pour avoir de l'attention
16:23et très peu d'attention.
16:24C'est-à-dire
16:25qu'on nous demande
16:25beaucoup plus de performance
16:28que des hommes
16:28pour être médiatisés.
16:30On a parlé
16:30de l'Olympique lyonnais,
16:31je crois qu'elles étaient
16:32sept fois championnes
16:33de la Champions League
16:36et elles n'ont pas fait la une
16:37parce qu'il y avait
16:37le Tour de France,
16:38une étape du Tour de France
16:40en même temps
16:40et que c'était à la Philippe
16:42et que du coup,
16:43la raison,
16:44c'était l'audience.
16:46Donc,
16:47il y a aussi quand même
16:48un discours,
16:49un narratif à replacer
16:50quand même
16:51parce que
16:52ce n'est pas juste.
16:53On n'est pas dans un,
16:54on n'est vraiment pas
16:55pour le moment
16:55dans un système égalitaire
16:57et c'est plus aussi
16:59un problème systémique
17:00que de dire
17:00si vous performez,
17:02vous allez être visible
17:03parce que c'est faux.
17:05La réalité,
17:05c'est qu'il faut performer
17:08dix fois plus
17:09et que quand on est performante,
17:11on a quand même droit
17:12à la dixième,
17:14douzième page
17:15et pas nécessairement
17:16la une
17:16et sur ça,
17:17on n'a pas le contrôle
17:18donc la responsabilité
17:19pour moi,
17:20elle n'est pas
17:21sur les athlètes
17:22et on le voit à Pauline,
17:23ça fait des années
17:24qu'elle est performante.
17:26Clarisse,
17:26avant d'être médiatisée,
17:27elle avait déjà été
17:28cinq fois championne du monde
17:29donc ce n'est pas évident
17:31pour l'athlète
17:32de sortir son épingle de jeu
17:34et en plus,
17:35il ne suffit pas nécessairement
17:36d'être que performante
17:37pour être médiatisée.
17:39Non mais par exemple,
17:40quand on parle du tour
17:40de France féminin
17:41quand on se mène
17:41ou chez France Télévisions,
17:43il faut savoir que cette année,
17:44les chiffres ont explosé
17:46au niveau des audiences.
17:48La dernière étape,
17:50donc celle de la victoire
17:51de Pauline Ferrand-Prévost,
17:52elle a eu un pic
17:53à 7,7 millions,
17:54c'est énorme.
17:55Il y a eu plus de 500 000
17:57spectateurs en plus
17:58chaque jour.
17:59Donc moi,
17:59je pense que votre rôle,
18:01effectivement,
18:02alors nous,
18:03on est dans une considération,
18:05dans un contexte différent
18:07par rapport au service
18:08des sports de France Télévisions,
18:09par rapport à vous,
18:09parce que nous,
18:10on ne parle que de sport.
18:11Donc que ce soit
18:12des exploits masculins
18:14ou féminins,
18:15on les traite
18:15de la même façon
18:17en fonction de l'histoire
18:19et de la hiérarchie
18:20de la performance.
18:21Alors après,
18:22évidemment,
18:22on peut discuter
18:22de la hiérarchie
18:23de la performance,
18:24mais il n'y a pas,
18:25je pense que chez nous,
18:27enfin,
18:27je pense que j'en suis certaine,
18:28il n'y a pas de sujet là-dessus.
18:29C'est-à-dire qu'on traite
18:31les filles
18:31de la même façon
18:32que les garçons.
18:34Après,
18:34je pense que vous,
18:36championnes,
18:37vous avez un rôle
18:38qui est incroyable
18:38parce que quand on parle
18:40de Clarisse,
18:41Clarisse,
18:41elle a fait changer
18:42les mentalités.
18:43Clarisse,
18:43grâce à Clarisse
18:44avec Béninou,
18:45eh bien maintenant,
18:45vous promenez vos enfants
18:47dans toutes les compétitions,
18:48elle a fait changer
18:49les règles.
18:50On voit Manon à Pity
18:51maintenant avec son fils,
18:52c'est un sac à main,
18:53son fils,
18:53elle l'emmène partout.
18:54Il est à l'entraînement,
18:56il est au milieu de là,
18:56elle a le mégro,
18:57enfin,
18:57il est partout.
18:58C'est vraiment,
18:59elle a fait changer
18:59quand même
19:00la façon de voir le judo
19:03puisqu'elle amène,
19:04Clarisse,
19:05elle amène sa fille
19:06en salle d'entraînement,
19:08ce qui ne se faisait jamais.
19:09Après,
19:09on parle maintenant
19:10de tout ce qui est
19:13la puberté,
19:14des cycles mensuels,
19:15ce qu'on n'évoquait
19:17jamais avant.
19:18Et ça,
19:18c'est grâce
19:19à des grandes championnes
19:20comme vous
19:20qui avez fait évoluer
19:22aussi la place
19:22de la femme
19:23dans le sport
19:24et qui oblige
19:26les clubs
19:27à prendre des dispositions
19:28par rapport à ça.
19:29Ce que j'aimerais dire
19:30par rapport à ça,
19:31c'est que
19:32moi,
19:33quand j'ai créé
19:33Essential Stories
19:34pendant le Covid,
19:36c'était justement
19:37pour parler
19:38de tous ces sujets
19:38qui étaient invisibilisés
19:39parce que,
19:40comme on disait,
19:40on avait peu de fenêtres médiatiques
19:41et quand on avait la parole,
19:43c'était très superficiel
19:44et on ne pouvait pas
19:45nécessairement parler
19:45de sujets
19:46qui nous concernaient,
19:47nous,
19:47en tant que femmes.
19:48Donc,
19:48quand j'ai créé
19:49cette plateforme,
19:50c'était pour interviewer
19:50d'autres athlètes féminines
19:52et mettre en avant
19:53ces problématiques,
19:54que ce soit
19:55les différences salariales
19:57ou les cycles menstruels,
19:58la maternité,
19:59tous les autres sujets,
20:00la santé mentale
20:01qui me tenaient à cœur.
20:04Néanmoins,
20:06parce qu'à l'époque,
20:07il y avait du coup
20:074% de la couverture médiatique
20:09qui était dédiée aux femmes
20:11et dont 12%
20:12de cette médiatisation
20:14qui était faite
20:15par des journalistes femmes.
20:16Donc,
20:17c'était dans ce sens
20:18où,
20:18comme il y a très peu de femmes
20:19qui interviewent des femmes,
20:20peut-être qu'il y a très peu
20:21de questions
20:21qui sont dirigées
20:23vers le fait
20:24d'être une femme
20:24dans le sport.
20:25Donc,
20:26j'avais vraiment envie
20:26d'aborder ces sujets.
20:28Malheureusement,
20:29des fois,
20:29je me dis
20:30est-ce qu'on doit aussi
20:32parler d'autres sujets
20:34pour être médiatisés ?
20:35Parce que,
20:36est-ce que les athlètes masculins
20:37ont cet impératif
20:41de devoir dire quelque chose
20:43en dehors de leur performance
20:45pour être médiatisés ?
20:46Donc,
20:47d'un côté,
20:47je suis quand même
20:48très contente
20:49d'avoir participé
20:50au développement
20:51de ces sujets-là,
20:52d'avoir mis en lumière
20:55des sujets
20:56qui étaient invisibilisés.
20:57Et on parle de Clarisse,
20:58il faut savoir que,
20:59oui,
20:59ça fait changer les mentalités,
21:00mais elle,
21:01quand elle est
21:01dans sa pratique sportive,
21:03c'est difficile
21:05de faire ce qu'elle fait.
21:06C'est énorme, oui.
21:07C'est-à-dire qu'elle est
21:09en face de fédérations
21:10qui ne comprennent pas,
21:11de coachs
21:12qui ne comprennent pas,
21:13d'un système
21:13qui ne comprend pas.
21:14Donc,
21:14en fait,
21:15c'est une bataille
21:18deux fois plus difficile
21:19en tant que femme
21:21pour réussir
21:22alors qu'un athlète masculin
21:24ne va pas se confronter
21:25à ces problématiques.
21:27Voilà.
21:27Je ne sais pas
21:27si j'ai été claire
21:28dans ce que j'ai voulu dire.
21:31Il y a trois ou quatre ans
21:33que tu pratiquais
21:35les screens
21:35de la même façon
21:36et maintenant,
21:37l'évolution du sport féminin
21:39a changé
21:40au niveau professionnel
21:42par Clarisse,
21:43par des gens comme ça.
21:44On peut plus affirmer
21:45sa maternité,
21:46on peut plus...
21:47Enfin,
21:47voilà,
21:48il y a...
21:48Ce n'est pas parce qu'il y a
21:49un parcours
21:50qui a mis en lumière
21:51cette problématique
21:53que les choses ont changé.
21:53Est-ce que le classement
21:55des athlètes féminines
21:57est...
21:57et Frozen
22:00pendant que tu es enceinte ?
22:02Il y a des choses...
22:03Il y a plein de choses
22:03structurelles derrière.
22:06Oui,
22:06elle a réussi,
22:07mais ça ne veut pas dire
22:08que le système
22:09a mis en place des choses
22:10pour que toutes les femmes
22:11qui ont envie
22:12de tomber enceintes
22:14puissent tomber enceintes.
22:15Voilà,
22:15Clarisse a révélé
22:16que oui,
22:17c'est possible.
22:18Elle a créé pendant les Jeux
22:19le fait qu'elle puisse être
22:20en dehors du village
22:21avec son enfant,
22:22mais Alison Félix,
22:24ça fait des années
22:24qu'elle se bat
22:25pour...
22:26pour...
22:26pour protéger
22:28les athlètes féminines
22:30enceintes
22:30dans les contrats.
22:32Est-ce que tous les contrats
22:33sont comme ça ?
22:33Non.
22:34Est-ce qu'elle a créé
22:35une crèche
22:35à l'intérieur du village,
22:37mais personne ne l'a vraiment utilisée ?
22:39Est-ce qu'il était fonctionnel ?
22:40Non.
22:40Donc, en fait,
22:41il y a plein de choses derrière
22:42qui ne sont pas encore
22:44mises en place.
22:45Ce sont des...
22:45Ça a été mis en lumière,
22:47on a commencé
22:47à aborder ces sujets,
22:49mais ce n'est pas encore
22:51implémenté dans le système.
22:53Et tu peux dire
22:53que c'est une charge mentale
22:54qui pèse sur les championnes,
22:56qui devrait être...
22:58Oui,
22:59qui devrait être vraiment soutenue,
23:00et ça pèse sur la performance aussi
23:03quand on doit faire ça,
23:04alors qu'on doit aussi être
23:06une championne de haut niveau
23:07dédiée à sa perf.
23:09Voilà.
23:10Mais c'est un peu
23:11le combat du sport féminin
23:13depuis l'origine,
23:13et c'est aussi la force
23:15des championnes,
23:17pour moi,
23:17qui se préoccupe
23:18préoccupe des suivantes,
23:21en fait.
23:21Et ça,
23:22il y a une conscience...
23:23C'est une espèce
23:24de conscience collective
23:26transgénérationnelle
23:26qui suit les championnes,
23:28qui essaye de se battre
23:30pour faire le mieux possible,
23:31tout en ayant conscience
23:33qu'elles viennent
23:33de là où elles viennent
23:35et de là où elles veulent aller
23:36pour les suivantes.
23:37Et ça,
23:38c'est un point
23:39très, très, très spécifique
23:41au sport féminin.
23:43Alors,
23:43il y a le sport de haut niveau,
23:44mais il y a aussi
23:44le sport amateur.
23:46Vous, forcément,
23:47que vous êtes
23:48encore une fois
23:49des modèles
23:50et vous donnez envie
23:52à des petites filles
23:52de se mettre
23:54au tir à l'arc
23:55ou à l'escrime
23:56ou au foot,
23:57enfin, bon, bref.
23:59Là aussi,
23:59quand même,
24:00il y a une petite évolution.
24:02C'est-à-dire que,
24:03on en parlait avec Guillaume
24:04dans la cour de récréation,
24:05maintenant,
24:06déjà dans les écoles,
24:07on essaie que les cours
24:08soient plus monopolisés
24:09que par les garçons
24:10qui jouent au foot,
24:10ce qui est déjà
24:11une première.
24:12Et on essaie
24:13d'intégrer
24:14les petites filles
24:15aussi au foot
24:17avec les garçons.
24:19Tu me racontais
24:19l'histoire de...
24:20De ma fille
24:21qui était à l'école maternelle
24:23et sans qu'on lui ait dit
24:25quoi que ce soit,
24:26elle a organisé
24:27une petite manifestation
24:28avec ses copines.
24:28C'était en CE1
24:30ou CE2,
24:31je crois,
24:32avec les pancartes
24:33pour manifester
24:35à l'heure de la récré
24:36entre midi et deux
24:37pour demander
24:38qu'il y ait
24:38un temps pour les filles
24:40ou un temps
24:40pour faire du foot
24:42avec les filles
24:43ou peut-être
24:44qu'entre filles
24:45pour le foot.
24:46Elle s'est faite
24:47convoquer, évidemment.
24:49C'était la meneuse.
24:50Elle s'est faite engueuler,
24:51ce qui est normal.
24:52Mais nous,
24:53on était plutôt très fiers
24:54de l'avoir déjà
24:55aussitôt
24:57manifesté
24:58sa personnalité
24:59et le rejet
25:01de choses
25:02qui se passent
25:03depuis très longtemps
25:03dans les écoles.
25:04Moi,
25:05j'ai le souvenir
25:05qu'on monopolisait
25:07la cour
25:07pendant deux heures
25:09entre midi et deux
25:10à chaque récré
25:11sans trop se préoccuper
25:12du reste
25:12et sans trop
25:13se préoccuper
25:14des filles.
25:14Ce n'est pas
25:15joli-joli, Guillaume.
25:16C'est vieux.
25:17Ça a changé depuis.
25:18Oui, ça a changé.
25:20Alors, le sport,
25:20il y a aussi
25:21un vrai problème
25:22qui essaie d'évoluer,
25:23c'est le décrochage
25:24du sport
25:25au niveau
25:26des adolescentes.
25:27Je pense que
25:29Lisa,
25:30c'est son cheval
25:31de bataille
25:33et c'est vraiment
25:34quelque chose
25:35qui tient à cœur, ça.
25:36Je ne dirais pas
25:37que c'est mon cheval
25:37de bataille,
25:38mais je le vois
25:38vraiment beaucoup
25:40dans un sport.
25:41En tout cas,
25:42dans mon sport,
25:43il y a beaucoup
25:44de jeunes ingénieurs,
25:46de futures jeunes filles
25:48qui veulent faire
25:49des grandes études
25:50ou des études
25:50de médecine,
25:51peu importe.
25:52Et finalement,
25:53il y en a beaucoup
25:54qui arrêtent
25:54le sport du haut niveau
25:55parce qu'ils veulent
25:56ou elles veulent
25:57faire de grandes études.
25:59Et ça,
26:00aujourd'hui,
26:01il n'y a pas encore
26:02ce truc-là
26:03qui va dans ce sens
26:05d'aider
26:05et d'empêcher
26:07de décrocher
26:07le sport de haut niveau
26:08pour avancer.
26:10Mais je trouve
26:10que ça avance
26:11dans le bon sens.
26:12Moi,
26:13j'en ai fait
26:14les frais
26:15puisque j'ai fini
26:16ma licence de chimie.
26:17Mais en tout cas,
26:19ça avance
26:19dans le bon sens
26:19et ça,
26:20je trouve que
26:20c'est hyper intéressant.
26:22Andréa,
26:23toi,
26:23tu peux peut-être
26:23nous parler
26:23du modèle anglais
26:24que tu connais bien
26:25par rapport au foot
26:26et par rapport
26:27à l'inclusion
26:28des jeunes filles
26:30dans le foot.
26:31Oui,
26:31déjà,
26:31je voulais,
26:32pour répondre à...
26:33Donc déjà,
26:34le foot,
26:34on a la chance
26:36parce que
26:36beaucoup de clubs
26:37permettent
26:38le double projet.
26:39La meilleure joueuse
26:40de la Arkema
26:41Première Ligue
26:41l'année dernière,
26:42Claire Mathieu
26:43est ingénieure chimiste.
26:45Dans mon équipe
26:45à Lens,
26:46j'ai une doctorante
26:47et surtout,
26:48je vais vous
26:50faire la parole
26:51à la pub
26:51de cette formation
26:52dont j'ai
26:53six Jeux inscrits.
26:54À l'Université de Lille,
26:56ils ont créé
26:56un bac plus 3,
26:57une licence
26:58pour les sportifs
26:59de haut niveau
26:59en partant du principe
27:01qu'il faut plutôt
27:01valider ce que vous savez
27:03plutôt que de vous demander
27:04d'apprendre des choses
27:05complètement inouïes.
27:06Et donc,
27:07on offre à nos Jeux
27:08ce bac plus 3
27:10qui valide
27:11les modules
27:11nutrition,
27:14kiné,
27:15tout ça
27:15et elles sortent
27:16avec un diplôme
27:18tout en faisant
27:19leurs études.
27:20Donc,
27:20c'est possible
27:21et comme tu dis,
27:22ça avance,
27:23ça avance doucement
27:23mais il faut aussi
27:25que les clubs
27:25mettent de l'heure
27:26parce qu'il faut
27:27aménager des entraînements
27:29pour que ce soit
27:29si la fille a un examen,
27:31tu ne peux pas lui mettre
27:31un entraînement
27:32au même moment.
27:34Donc,
27:35voilà.
27:36Et côté
27:37modèle anglais,
27:39j'ai vécu 20 ans
27:40en Angleterre.
27:41Évidemment,
27:42je crie sur tous les toits
27:43pourquoi je crois
27:44en foot féminin
27:45parce que je l'ai vu là-bas.
27:47J'ai mon club de cœur.
27:49Vous êtes les dernières
27:50personnes sur la planète
27:51à l'apprendre,
27:51c'est Arsenal
27:52parce que j'en parle partout.
27:54Arsenal sont partis
27:55d'un club
27:56qui jouait,
27:57leur fille jouait
27:57devant 2000 personnes
27:58il y a quelques années.
28:00Maintenant,
28:00en moyenne,
28:00ils font 38 000
28:01et ils jouent leur match
28:02à Emirates,
28:03le grand stade.
28:04Et donc,
28:05puisque je l'ai vu
28:06grandir là-bas,
28:07j'y crois.
28:08Et je me dis,
28:09nous,
28:09on a la mission,
28:10je pense que les gens
28:11comprennent le mieux,
28:12par exemple.
28:13Et donc,
28:13on a tous la mission
28:15de montrer,
28:16par exemple,
28:16que c'est possible.
28:17Vous,
28:17en tant que...
28:18Et je me rends compte
28:19de la difficulté
28:19de faire un sport individuel
28:21parce qu'un sport collectif,
28:24j'ai tellement peu
28:25de problèmes
28:25par rapport à vous,
28:26rien qu'en médiatisation
28:27parce que nous,
28:28on fait partie
28:29d'un club masculin
28:30qui ont des entrées
28:30dans tous les journaux
28:33du pays.
28:33Donc,
28:34pour moi,
28:35c'est juste
28:36parler avec le mec
28:37de la com
28:37que je fasse un article
28:38dans l'équipe.
28:39Alors que pour vous,
28:40en tant que sportive individuelle,
28:41je comprends
28:42la difficulté
28:43de la tâche
28:43de la médiatisation.
28:45Mais donc,
28:47pour revenir à l'Angleterre
28:48et généralement
28:49à d'autres pays,
28:50la chance qu'on a
28:51un peu,
28:52dans notre départ
28:54un peu plus tard
28:54de la professionnalisation
28:56du foot,
28:56c'est qu'on apprend
28:57des avancées des autres
28:58et qu'on peut
29:00prendre des leçons.
29:01Et donc,
29:02on essaie de faire
29:03ce qu'on peut.
29:04Par exemple,
29:04le décrochage,
29:05c'est une histoire d'études,
29:06mais dans le foot,
29:07c'est tout bête.
29:07C'est un décrochage
29:08à cause de manque
29:09de vestiaires.
29:10Les filles à la puberté
29:11ne veulent plus se changer
29:12devant les garçons.
29:12C'est normal.
29:13Et du coup,
29:14il y a un énorme décrochage
29:15à l'âge de 14 ans,
29:1613, 14,
29:17des filles,
29:18des pratiquants du foot.
29:18Donc,
29:19en Angleterre,
29:20Barclays donne
29:2120 millions de livres par an
29:23à la Ligue anglaise
29:25et ils ont créé,
29:26je crois,
29:2620 000 nouveaux vestiaires.
29:27Et du coup,
29:29elles ont 2 millions
29:29de licenciés.
29:30Donc,
29:30c'est un truc aussi bête
29:31que les vestiaires.
29:32Donc,
29:33voilà.
29:35Toi,
29:35tu connais beaucoup
29:37les Etats-Unis
29:37comme Isaora
29:38et le sport féminin,
29:41le développement
29:41du sport féminin
29:42et tous les progrès
29:43viennent aussi
29:43des investisseurs.
29:44Comment les investisseurs
29:46peuvent-ils s'intéresser
29:47et comment on les amène
29:49à s'intéresser
29:49au sport féminin ?
29:50Aux Etats-Unis,
29:51tu as été confrontée
29:54à ce genre
29:54de problématiques.
29:57Aux Etats-Unis,
29:58la grande inspiration
29:59pour le foot féminin,
30:01c'est la Coupe du Monde
30:012019 en France
30:04avec les Etats-Unis
30:05qui gagnent
30:06et un stade entier
30:07qui crie
30:07« Equal Pay »
30:08puisque c'était le combat
30:10de l'équipe féminine
30:11à ce moment-là
30:12qu'elles ont gagné.
30:13D'ailleurs,
30:14elles ont fini par obtenir
30:15exactement les mêmes
30:16rémunérations
30:17que les garçons
30:18avec un système
30:20qui est très ingénieux
30:22et à mon avis
30:23super simple
30:23à mettre en place.
30:25En fait,
30:25ils prennent un cycle
30:26de Coupe du Monde
30:27féminine-masculine
30:28et en fonction des résultats,
30:30ils font un pot commun
30:31et il y a des barèmes
30:32d'allocations
30:33en fonction des performances
30:34qui sont les mêmes
30:36pour les équipes
30:37féminines et masculines.
30:38Donc,
30:38c'est hyper simple
30:39à mettre en place.
30:40Si on voulait,
30:41on pourrait.
30:44cette victoire
30:45des Etats-Unis,
30:46le défilé
30:47à New York,
30:48les prises de parole
30:49fortes,
30:50ça a inspiré
30:51des investisseurs
30:52qui se sont dit...
30:53Ils ont vu
30:54le stade entier
30:55suivre les championnistes.
30:57Ils se sont dit
30:57« C'est fantastique.
30:58Il y a un potentiel
30:59économique énorme.
31:00Les Américains,
31:00ils investissent
31:01pour gagner de l'argent.
31:03Et ils ont un modèle
31:04de ligue fermée
31:05qui favorise
31:05l'investissement.
31:07Donc,
31:07ils y sont allés.
31:08C'est plus d'un milliard
31:09d'investissement
31:10qui a été fait
31:11en cinq ans,
31:12ne serait-ce que
31:13sur la ligue féminine
31:14de foot.
31:15Et après,
31:16il y a le basket.
31:17Il y a une nouvelle ligue
31:18qui s'est montée.
31:19Il y a trois nouvelles ligues
31:20qui se sont montées
31:21en volée,
31:22dont deux qui fusionnent.
31:24La ligue de hockey
31:25a été complètement refondée.
31:27Donc,
31:28il y a une tendance
31:30énorme.
31:30Et les Américains
31:32ont compris
31:32que le potentiel
31:34était immense.
31:35Et ce qui ressort
31:37chaque fois,
31:38c'est
31:38le lien
31:39qui lie
31:39les championnes
31:40au public
31:41est tellement fort
31:43que c'est ça
31:44qui crée la valeur.
31:45Et c'est pour ça
31:45que les investisseurs
31:46y vont,
31:46en fait.
31:48Isaura,
31:49tu es tout à fait d'accord
31:50puisque toi,
31:50tu t'entraînais aussi
31:51aux Etats-Unis.
31:51Est-ce que dans ton sport,
31:53qui est un sport individuel,
31:54tu as ressenti ça ?
31:56Oui,
31:57complètement.
31:58Moi,
31:58ce que j'ai aimé,
32:00vivre aux Etats-Unis,
32:01ça m'a un peu
32:01donné le courage
32:02de parler plus
32:04de qui j'étais
32:05parce que je crois
32:06que ce qui a bien
32:07fonctionné,
32:08c'est la place
32:09des athlètes
32:09dans la société
32:10américaine.
32:11Ils sont plus valorisés
32:12quand même
32:13et ils sont plus
32:15vus comme des
32:15rôles modèles.
32:17Et moi,
32:18ça m'a encouragée
32:19du coup à parler
32:19de mes combats
32:20en dehors
32:21de ma pratique sportive,
32:23de mes intérêts
32:23aussi pour la mode
32:25et en fait,
32:26créer des ponts
32:27avec d'autres univers.
32:28Là où je trouvais
32:29qu'en France,
32:30en tant qu'athlète,
32:30on reste souvent,
32:32on nous assigne
32:33souvent à des cases
32:36et du coup,
32:37moi,
32:37je ne m'y retrouvais pas
32:38parce que déjà,
32:38depuis toute jeune,
32:39je n'ai pas fait
32:40que de l'escrime,
32:41j'ai fait des études
32:42de commerce à côté
32:43et puis j'avais
32:44des intérêts,
32:44j'ai voyagé
32:46dans plusieurs pays.
32:47C'était fan
32:48de Céline Dion ?
32:49Enfin bon,
32:49bref.
32:50Seulement au karaoké
32:51et avec un peu
32:52d'alcool,
32:53mais oui.
32:54Mais voilà,
32:55il y a plein de sujets
32:56qui m'intéressaient
32:57et voilà,
32:59ils sont plus
33:00outspoken aussi
33:03et je pense
33:04que ça rejoint
33:05aussi la façon
33:05dont on peut
33:06en tant qu'athlète
33:07féminine
33:08toucher
33:09différents types
33:10de public
33:10parce qu'il y a
33:12des recherches
33:13qui disent
33:13qu'aussi
33:13les personnes
33:14qui s'intéressent
33:15au sport féminin
33:16sont des personnes,
33:16sont des jeunes,
33:18sont des personnes
33:18engagées,
33:19sont des personnes
33:20dynamiques
33:21et intéressées aussi
33:23pas que au sport
33:24mais qui sont
33:25les femmes
33:25derrière les athlètes
33:26et moi,
33:26c'est ce que
33:26j'ai essayé
33:27de mettre en avant
33:27quand j'ai fait
33:28la série documentaire
33:29aussi Focus
33:30sur Elodie Clouvel,
33:32Magda,
33:33Vetténin,
33:34Marie Patouillet,
33:37Madeleine Malonga,
33:37c'était pour aller
33:38au-delà
33:39de leurs performances
33:40qui elles sont
33:40en tant que femmes
33:41derrière les athlètes
33:43et c'est ce que
33:44j'ai voulu faire.
33:46Je pense que
33:46ce que ça m'a appris
33:47en tout cas,
33:48c'est à changer
33:49les narratifs
33:49autour du sport féminin
33:52et à aller raconter
33:53autre chose.
33:54C'est du storytelling
33:55tout simplement
33:56du coup,
33:57c'est ce qu'ils font,
33:58qu'est-ce qui touche
33:59les gens,
33:59qu'est-ce qui fait
34:00qu'on pourra connecter
34:01avec eux.
34:01On veut savoir
34:02qui sont les personnes.
34:04Je pense que c'est pour ça
34:05qu'on voit tellement
34:06certains athlètes masculins
34:07qu'on a l'impression
34:08de les connaître
34:09alors qu'on ne les connaît pas
34:10et c'est ce qu'on n'a pas
34:11pour les athlètes féminines.
34:13On n'a pas
34:13cette possibilité
34:14de se raconter
34:15et c'est ce que j'ai voulu faire
34:18et je pense que
34:20c'est ce qui peut nous permettre
34:21d'aller plus loin.
34:23Voilà.
34:24Tu penses qu'on ne parle pas assez
34:27des femmes
34:28dans les médias ?
34:32C'est vrai ?
34:33Des femmes en général ?
34:34Oui, non,
34:34mais de vos performances.
34:36Non, ce que j'ai dit
34:37c'est que c'est la façon
34:38de raconter aussi.
34:40Je pense que...
34:41Que les garçons
34:42ne s'attachent qu'aux performances
34:43et aux femmes
34:44on s'attachent à leur histoire.
34:45Non, j'ai dit que
34:46ce que ça m'a appris
34:46les Etats-Unis
34:47c'est de raconter
34:48le sport différemment.
34:50C'est-à-dire que
34:51ici il y avait
34:52certains médias
34:53que vous faites très bien
34:54de le relais
34:56des compétitions
34:57du côté sportif
34:58mais que ça n'existe
34:59pas d'autres types
35:01de médias
35:01où on pouvait raconter
35:03la femme
35:03derrière l'athlète.
35:04Ça rejoint ce que tu disais
35:05tout à l'heure
35:06que Clarisse
35:07c'est de la maternité
35:08ce genre de choses
35:09donc en fait
35:09raconter d'autres narratifs
35:11quels sont les centres d'intérêt.
35:12Il y a des athlètes
35:13qui vont juste dire
35:14moi j'aime les jeux vidéo
35:15certaines filles vont
35:17se dire
35:18moi aussi j'aime le sport
35:18et le sport vidéo
35:19un sponsor va se dire
35:20ah ben on peut la mettre
35:21dans un sport vidéo
35:22et ça peut créer
35:23une communauté
35:24un écosystème
35:24et voir comment raconter
35:26des histoires différemment.
35:27Je pense que
35:27pour les investisseurs aussi
35:29c'est intéressant
35:29parce qu'ils peuvent voir
35:31si tu montres
35:32qu'en tant qu'athlète
35:33tu aimes par exemple
35:34la mode
35:35ben on peut raconter
35:37ton histoire
35:37et aussi se rattacher
35:39à je sais pas
35:40Coco Goff
35:41New Balance
35:41on fait une collaboration
35:43New Balance
35:44Miu Miu
35:44et on raconte autre chose
35:45c'est ce que des Serena Williams
35:47ont fait
35:47des Naomi Osaka
35:48ont fait
35:49voilà quand Naomi Osaka
35:51elle vient
35:51et qu'elle fait
35:53l'US Open
35:55quand c'était
35:55le Black Lives Matter
35:56elle a connecté
35:57avec des gens
35:58après cette fois
35:58si elle est venue
35:59avec ses laboubous
36:00en strass
36:01elle a connecté
36:02avec d'autres personnes
36:03à travers la mode
36:04en fait c'est
36:05comment on touche
36:06les gens
36:08au delà
36:09que de la pratique sportive
36:11puisque
36:11c'est très court
36:12quoi
36:12surtout dans les sports
36:13comme les nôtres
36:14et après je pense
36:15que les gens
36:15s'attachent
36:17aux athlètes
36:18et une fois qu'on s'attache
36:19ben on suit
36:20et on s'en fout
36:21qu'ils gagnent
36:21ou qu'ils perdent
36:22on suit en fait
36:23c'est ça
36:23que les fans veulent
36:25alors tu parles
36:26des réseaux sociaux
36:26et c'est très intéressant
36:27parce que dans
36:28l'étude de l'ARCOM
36:29on s'est aperçu
36:30que le seul hic
36:33qu'il y avait
36:33dans la représentation
36:37dans ce qu'on pouvait dire
36:38de la pratique
36:39sportive féminine
36:40ça venait justement
36:41des mauvais commentaires
36:42sur les réseaux sociaux
36:43où ils allaient justement
36:45tout le temps
36:46sur les préjugés
36:47et c'est ce qui a été pointé
36:48du doigt
36:49par l'ARCOM
36:50c'est à dire
36:51que beaucoup
36:53se sont servis
36:55de ces réseaux
36:56pour aller sur
36:57ce qu'on appelle
36:58les gros préjugés
37:00féminins
37:00et comment vous
37:02par exemple
37:03vous les sportifs
37:05de haut niveau
37:05vous vivez
37:06ben parfois
37:10la fronde
37:11qu'il peut y avoir
37:11sur vous
37:13pour telle raison
37:15sur les réseaux sociaux
37:16parce que j'imagine
37:17qu'à titre
37:19personnel
37:19ça va être très compliqué
37:20à vivre
37:23alors
37:24moi je dirais
37:24que j'ai pas du tout
37:26été dans ce cas là
37:27peut-être que c'est
37:28parce que je suis
37:28dans un sport
37:29où les gens sont bienveillants
37:31je sais pas
37:31mais en tout cas
37:32il y a toujours eu
37:33une communauté
37:33autour de moi
37:34qui était
37:35très bienveillante
37:36et qui m'aidait
37:36à performer
37:37et ça
37:37ça m'a poussée
37:39par contre
37:40je l'ai déjà vu
37:41sur d'autres équipes
37:42notamment l'équipe
37:43de gymnastique
37:44il y a quelques années
37:45qui avait eu
37:46des sales commentaires
37:46quand même
37:47et ça
37:48c'est la dérive
37:50des réseaux sociaux
37:51aujourd'hui
37:51et c'est compliqué
37:52de s'en détacher
37:52parce que
37:53comme l'a dit
37:54Isaora tout à l'heure
37:55il y a une
37:57certaine dépendance
37:58on est dépendant
37:59des réseaux sociaux
38:00pour pouvoir avoir
38:00des partenaires derrière
38:01pour pouvoir créer
38:03pour pouvoir avoir
38:04une image
38:04donc on en a besoin
38:05mais
38:06ils sont quand même
38:07plutôt néfastes
38:08à certains moments
38:09il faut savoir
38:09s'en détacher
38:10et je pense que
38:11déjà
38:12d'avoir quelqu'un
38:14qui gère
38:14pour nous
38:15ça peut nous aider
38:15à gérer les bad buzz
38:17si jamais il y en a
38:18pour ma part
38:19je coupe totalement
38:20le téléphone
38:21avant chaque compétition
38:22avant chaque sélection
38:23pour pouvoir vraiment
38:24être au clair
38:25et être au taquet
38:26sur ce que j'ai à faire
38:27et après je pense que
38:28chacun le gère
38:29à sa façon
38:29en tout cas
38:30moi ça a été la mienne
38:31Andrea dans le foot féminin
38:32ça doit y aller
38:33sur les réseaux
38:34oui moi
38:34au début ça m'intéressait
38:36de lire par exemple
38:37dans l'équipe
38:37les commentaires
38:38je ne lis plus
38:39c'est le plus simple
38:41non mais ça ne sert à rien
38:43c'est des mecs
38:43qui se cachent
38:44derrière des pseudos
38:44pour dire des conneries
38:47non merci quoi
38:48et en plus
38:50il faut offrir aux filles
38:51je pense tous les clubs
38:52on leur offre
38:53des cours
38:54de comment gérer
38:55la vie
38:55sur les réseaux sociaux
38:56c'est un mal nécessaire
38:57de nos jours
38:58qui permet aux athlètes féminines
39:00d'exister
39:00et de développer
39:01leur fan base
39:03comme on dit
39:03mais en même temps
39:04il faut savoir le gérer
39:05et ne pas
39:07et dans le foot
39:08évidemment
39:08comme c'est plus médiatisé
39:10il y a plus de
39:10plus de
39:11anorées
39:13qui sont dix
39:14donc mon conseil
39:15c'est vraiment
39:16comme tu fais
39:16ne regarde pas
39:18il y a des solutions
39:21techniques
39:21qui existent
39:22il y a des sociétés
39:24qui ont développé
39:24des solutions
39:25qui protègent
39:26les réseaux sociaux
39:27et il y en a
39:29certaines
39:30qui sont spécialisées
39:31sur le sport féminin
39:31qui entraînent
39:33leur modèle
39:33justement
39:33sur
39:35sur les commentaires
39:36sexistes
39:37etc
39:37alors avant
39:39que Guillaume
39:41pose
39:41enfin
39:41accueille
39:42vos questions
39:43juste
39:44pour conclure
39:46rapidement
39:46alors comment
39:48le sport féminin
39:49est-ce que le sport féminin
39:51selon vous
39:51incarne
39:52le nouveau souffle
39:54Isa Aura
39:55oui
39:56non
39:56oui
39:58bon là c'est rapide
40:01Isa
40:01oui je dirais
40:02complètement
40:02déjà parce que
40:03je vis dans le monde
40:04des bisounours
40:04ça c'est sûr
40:05et certain
40:05mais en tout cas
40:06que oui
40:07il y a quelque chose
40:08qui a été créé
40:08et là c'est à nous
40:09maintenant
40:10athlètes
40:11dirigeantes
40:11dirigeants
40:12de créer encore
40:13encore plus loin
40:14de faire prendre
40:16cette boule de neige
40:16qui est en train
40:17de prendre doucement
40:18Andrea
40:18on est deux
40:19dans le monde
40:19des bisounours
40:20parce que j'y crois
40:21à fond
40:21vraiment à fond
40:22et je vois le moment
40:24qu'on a
40:24et le potentiel
40:26qu'il y a
40:26et donc j'y crois
40:27à fond la caisse
40:28et Sophie
40:29moi j'y crois à fond
40:30j'ai créé une société
40:31qui est 100% focus
40:33sur le développement
40:34économique du sport féminin
40:35je vous invite d'ailleurs
40:36à vous abonner
40:37à la newsletter
40:37sportpower.com
40:39H-E-R à la fin
40:41et voilà
40:42je suis 100% dédiée
40:44à cette cause
40:45et à cet investissement
40:46et juste pour finir
40:48des chiffres
40:48de la coupe du monde
40:49de rugby féminine
40:50parce que celle-là
40:51tout le monde
40:52vient de voir
40:53au moins un match
40:54sur les 6 matchs
40:55de l'équipe de France
40:56diffusée par TF1
40:57et France 2
40:5818,2 millions
41:00de téléspectateurs
41:01c'est juste
41:02un énorme succès
41:033,8 millions
41:04pour un France-Angleterre
41:05la plus forte audience
41:06de tous les matchs
41:08ça c'était
41:08pour les filles
41:09et vraiment
41:10ça montre
41:11l'évolution
41:12et en quelques mois
41:14seulement
41:15après les Jeux Olympiques
41:16vas-y Guillaume
41:16pour dépasser
41:17les deux questions
41:18qu'on a eues ce matin
41:19je vous demande
41:20de faire des questions
41:21courtes
41:21et s'il vous plaît
41:22mesdames
41:22des réponses
41:23les plus courtes
41:24possibles
41:24pour qu'un maximum
41:25de personnes
41:26puissent intervenir
41:27partager
41:28ou vous questionner
41:30madame
41:33bonjour
41:34moi je voulais savoir
41:35si pour vous
41:35la promotion
41:36du sport féminin
41:37ça passe aussi
41:38par plus de coachs
41:39féminines
41:40je pense par exemple
41:41au rugby
41:42et au foot
41:43les entraîneurs
41:44de ligue 1
41:44sont des hommes
41:46et souvent
41:46on associe
41:47les femmes
41:48aux équipes féminines
41:49l'équipe de France
41:50ça va vous marquer
41:51Corinne Diacre
41:52la coach de l'équipe
41:53de rugby
41:53c'est une femme
41:54et c'est pas le cas
41:55forcément
41:56des équipes
41:58ligue 1
41:58ou top 14
41:59mais ça doit être
42:00le cas aussi
42:00dans d'autres sports
42:01en tout cas
42:01je voulais savoir
42:02si c'est quelque chose
42:03que vous constatez
42:03qu'il y a plus
42:04de coachs masculins
42:05je pense
42:05et est-ce que ça passe
42:06aussi par ça
42:08oui
42:09donc il y a
42:10effectivement un désir
42:11au moins de la
42:11fédération de foot
42:12d'encourager
42:15ce type de choix
42:15de carrière
42:17et qui est
42:18moi
42:19mon club
42:19parce que je suis aussi
42:20présidente de la section
42:21féminine d'un club
42:22nous on a un coach
42:22femme
42:23pour notre équipe féminine
42:24et d'ailleurs ce matin
42:25je parlais à quelqu'un
42:26et il m'a dit
42:27combien d'équipes masculines
42:28sont entraînées par des filles
42:29j'ai pensé à Corinne Diacre
42:30qui avait entraîné clairement
42:32Forest Green Rovers
42:33en Angleterre
42:34ou une femme
42:35pendant une période
42:36c'était
42:37voilà
42:37mais
42:38donc
42:39au niveau de fédération
42:40on fait tout
42:40pour encourager
42:41effectivement
42:41mais il faut que
42:42les filles
42:43plus
42:44qu'on donne aussi
42:45plus de médiatisation
42:46aux femmes entraîneurs
42:48qu'on a
42:48pour que les filles
42:49disent moi aussi
42:49je veux faire ça
42:50et d'ailleurs je suis encouragée
42:52parce que parmi mes joueuses
42:53à Lens
42:53il y en a plusieurs
42:54qui passent maintenant
42:55leur diplôme
42:56pour devenir coach
42:56donc la tendance est là
42:58mais c'est à nous aussi
42:59de l'encourager
43:00d'aménager leur horaire
43:01pour qu'ils puissent faire ça
43:03autre question
43:05monsieur
43:08oui bonjour
43:09donc je m'appelle William
43:10je suis professeur d'EPS
43:11bon moi déjà
43:12bon c'est un sujet
43:13qui me tient à coeur
43:14dans tous les établissements
43:15que j'ai fait depuis 15 ans
43:16j'ai jamais plus de 10-15%
43:18de mes élèves
43:19qui sont licenciés
43:20enfin de filles
43:20qui sont licenciés
43:21à l'association sportive
43:22et en fait j'ai l'impression
43:23que la plupart du temps
43:24c'est des sujets
43:25qui arrivent de plus en plus
43:26mais on commence à nous former
43:28rien qu'à la façon
43:29dont on envisage
43:30l'élève-fille
43:32dans nos cours
43:32parce que le sport
43:34j'ai l'impression
43:34que c'est quand même
43:35par des garçons
43:36pour des garçons
43:38c'est pas pour rien
43:38que parfois
43:39il y a des athlètes féminines
43:40qui passent par des photos
43:41en maillot de bain
43:41pour pouvoir avoir
43:42plus de visibilité
43:43mais c'est vrai que
43:44moi mes élèves
43:45j'ai l'impression
43:46qu'elles s'y retrouvent pas
43:47qu'elles ont du mal
43:48après à continuer leur sport
43:50et que la plupart
43:51elles finissent dans des salles de sport
43:52plutôt que dans un club
43:53donc du coup
43:54ce serait plutôt pour vous mesdames
43:56parce que Elisa, merci
43:57vous êtes l'élite
43:58de nos sportives
43:59mais du coup
44:00j'ai quand même peu d'élèves
44:01qui finissent comme vous
44:02et du coup
44:03comment on peut changer
44:04cette vision
44:05cette façon
44:06dont on envisage
44:07le sport féminin
44:08de manière générale
44:08parce que
44:09c'est un peu
44:11compliqué pour mes élèves
44:13filles
44:13de s'y retrouver
44:15et malheureusement
44:16les garçons
44:17ils se retrouvent toujours
44:18dans des personnes
44:20mais les femmes
44:20elles ont du mal
44:21à se voir
44:23juste
44:23il y a un vrai problème
44:24de décrochage de sport
44:25chez les adolescentes
44:27ça c'est certain
44:27pourquoi
44:28dû à la puberté
44:29à la façon
44:30dont on voit son corps
44:32le regard de l'autre
44:33c'est ce que disait
44:34Andréa aussi
44:35les vestiaires
44:36safe
44:37il y a
44:38la façon
44:39dont on
44:40en plus
44:40si c'est des écoles
44:42mixtes
44:42comme la plupart
44:43c'est compliqué
44:44le regard
44:45des garçons
44:46et tout ça
44:46c'est un vrai problème
44:47le décrochage
44:48la plupart de nos athlètes
44:49après elles finissent
44:50comme Isaura
44:50elles ne sont pas que sportives
44:51elles sont aussi militantes
44:53parce qu'il y a aussi
44:53le place de la femme
44:54dans notre société
44:54qui est en jeu
44:57ça c'est pas grave
44:57il n'y a pas de militants
44:59hommes
44:59parce que c'est pas nécessaire
45:01moi c'est une question
45:02que je me pose
45:02parce que je monte
45:03mon association
45:04en Guadeloupe
45:05pour les jeunes filles
45:06et c'est pas justement
45:07du sport de haut niveau
45:08c'est du sport bien-être
45:09parce que par exemple
45:10en Guadeloupe
45:11mais je pense aussi
45:12dans l'hexagone
45:14des hommes qui ne font pas
45:15de haut niveau
45:15vont se retrouver
45:16pour aller faire
45:17du foot sale
45:18ou du sport
45:19enfin aller faire
45:20des sports spécifiques
45:23et je pense que
45:24l'évolution de la place
45:25de la femme
45:25fait qu'on est
45:26de plus en plus
45:28indépendante autonome
45:28donc on peut avoir
45:29une carrière
45:30et avoir une famille
45:32mais il n'y a pas encore
45:34dans l'inconscient collectif
45:36le fait que le sport
45:37peut avoir une place
45:38en tant que sport bien-être
45:39dans notre mode de vie
45:41et après là
45:42ça dépend pas
45:43je pense que
45:44que des athlètes
45:45de haut niveau
45:46mais je pense que
45:47c'est aussi
45:50une déconstruction
45:51et puis une éducation
45:52de toutes les femmes
45:52à se dire
45:53bon ben
45:53je peux m'accorder
45:54du temps pour moi
45:55parce que
45:56c'est difficile encore
45:56pour les femmes
45:57tout simplement
45:58de faire des choses
45:59pour elles-mêmes
45:59et que le sport
46:00ça peut m'apporter
46:01de l'épanouissement
46:03personnel
46:04et du bien-être
46:05au-delà de
46:06la gestion
46:07de ma famille
46:08et de ma carrière
46:09donc je pense que
46:09c'est des choses
46:10qui prennent encore
46:11du temps
46:11je sais pas si c'est
46:13mais j'espère
46:15j'espère qu'on le fera
46:16de plus en plus
46:17et que les femmes
46:18s'autoriseront
46:19à faire des choses
46:20pour elles
46:20mais voilà
46:21une dernière question
46:31bonjour
46:32je voulais savoir
46:33on parle de nouveau
46:34sport féminin
46:35mais est-ce qu'il y a
46:36une amélioration
46:37également sur la prise
46:38en compte
46:38des cycles menstruels
46:40par les coachs
46:41ou par les fédérations
46:44oui alors
46:44moi je vais parler
46:45que de mon sport
46:47parce que pour l'instant
46:47c'est vraiment ce que je connais
46:48mais en tout cas
46:49il y a une vraie
46:50prise de conscience
46:51au niveau du tir à l'arc
46:52au niveau des coachs
46:53qui sont tous masculins
46:54pour essayer de mettre
46:55en place quelque chose
46:56qui colle au cycle féminin
46:58et qui puisse
46:59où tu puisses vraiment
47:00te sentir
47:02pleinement en capacité
47:03de réussir
47:04malgré ton cycle
47:05et même de jouer avec
47:07d'en être plus forte
47:09grâce à ça
47:10et je trouve que ça avance
47:11dans le bon sens
47:12encore une fois
47:12les mentalités évoluent
47:14mais il faut libérer
47:16la parole un petit peu
47:17par rapport à ça
47:17c'est un petit peu
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