00:00Musique
00:25Ce jour-là, aux Jeux Olympiques de Tokyo, sur le videodrome de Izu,
00:28un jour de vitesse par équipe, on va donner le maximum pour aller chercher une médaille.
00:32Ce moment-là, c'est une très grande découverte d'une compétition,
00:36tout simplement parce que c'était ma première compétition chez les élites.
00:39Nos premiers Jeux Olympiques, à nous, trois.
00:41Et voilà, on ne s'était pas fixé de limite, on s'est dit « allez, pourquoi pas nous ? »
00:44On sait que l'équipe de France sur piste avait toujours ramé des médailles,
00:47on avait ce poids de l'histoire de l'équipe de France.
00:50Un lourd héritage à assumer.
00:53Si Sébastien Vigier connaît déjà le plus haut niveau avec 4 médailles au Mondiaux à 24 ans,
00:57c'est que équipiers sont plus jeunes et moins attendus.
01:01À 20 et 22 ans, Florian Grenbo et Ryan Elal saisissent leur chance.
01:06Mes entraîneurs m'avaient dit en visio pendant la pandémie, pendant le confinement,
01:11« Flo, t'as une petite porte qui s'ouvre pour aller justement au jeu, j'ai dit « je vais y aller au pied de biche ».
01:15Et ouais, c'est clair que finalement le Covid, pour moi, a eu un avantage.
01:19Je l'ai vécu quand même en fait une opportunité de me dire
01:21« j'ai un an pour justement faire mes preuves et passer de l'autre côté ».
01:25L'autre côté, c'est le rêve ultime de tout sportif.
01:29Les Jeux Olympiques, où chaque erreur est punie par une concurrence féroce.
01:34Sans expérience collective internationale, chacun connaît sa tâche.
01:38L'objectif, boucler les trois tours, soit 750 mètres, le plus vite possible.
01:43Mon rôle, c'est tout simplement de lancer l'équipe, c'est de faire V0, Vmax le plus rapidement possible.
01:48Donc on est surtout sur ses capacités d'explosivité et de force.
01:51Le chrono, il est pris sur les trois tours du poste 3.
01:54Donc le rôle vraiment du poste 2, ça va être de rendre entre guillemets le départ qui est violent, facile pour le 3,
02:01et de lancer le plus vite possible.
02:04Et moi, je devais maintenir cette allure-là pour essayer de mieux finir.
02:07« On est à plus de 75 à l'heure. Nous, ça se joue aux dixièmes de seconde, on est quasiment en apnée tous les forts. »
02:13La vitesse par équipe débute par des qualifications pour les huit trios.
02:17En 42 secondes, 722, les Bleus se classent quatrième.
02:21« Déjà très très rapide, et je pense qu'on s'était quand même étonné sur le moment.
02:25Cette sensation qu'on pouvait le faire, mais qu'on était loin en même temps. »
02:2830 minutes plus tard, au premier tour, les Français s'envolent.
02:3242 secondes, 294, et une victoire de 6 dixièmes contre la Nouvelle-Zélande.
02:38« On explose le record de France, et non, on savait que c'était une grosse perf.
02:42Et je pense qu'on s'en fout du record. S'ils soient tes médaillés ou tu les pars. »
02:46Les Bleus signent le quatrième temps.
02:49Insuffisant pour se qualifier en grande finale.
02:52Pour ces Jeux de Tokyo, le format a changé.
02:55Exit, les cinq heures de récupération entre les manches, les athlètes n'ont que 30 minutes pour souffler.
03:00Un détail, travailler par les Bleus dans la préparation olympique.
03:04À la conquête du podium, Grenbo, Vigier et Elal affrontent l'Australie pour la médaille de bronze.
03:11« Voilà ce qu'on s'était dit. On n'a rien à perdre, on a tout à gagner.
03:14Quand je finis mon premier tour, je m'écarte, je vois le chrono.
03:16Donc c'est soit rouge, soit vert.
03:18Et là, c'était rouge, mais de 0-0-1.
03:20J'étais très déçu sur ça, parce que, comme je dis, je ne voulais pas décevoir les gâtes.
03:23Je m'écarte au bout de tour.
03:25À ce moment-là, je crois qu'on est...
03:26C'est kiff-kiff, on doit avoir quelques centièmes d'avance.
03:28Je vois le chrono, alors que je vois hier rouge sur le mien, je vois vert sur l'autre.
03:33Je fais, mais putain, en fait, c'est possible.
03:38Les Australiens se sont désunis, je pense, parce qu'il y a eu cette récup.
03:42Que nous, on avait travaillé parce qu'on savait que ça allait être des récup courtes.
03:46On a une heure et demie pour faire trois vitesses par équipe, c'est très dur.
03:49Nous, on était prêts à répéter trois efforts rapidement.
03:51Et au final, je me rends compte que leur troisième tour était, j'allais dire, dans les choux,
03:59parce que depuis le début, il avait explosé et qu'on allait être médaillé.
04:02Et voilà, que je franchis cette ligne d'arrivée, je lève ma tête et je vois sur le tableau, en vert,
04:08dans notre sport, ça veut dire qu'on a fait le temps le plus rapide.
04:11Et là, c'est la joie.
04:13C'est beaucoup de choses qui passent dans la tête.
04:15Beaucoup d'émotions.
04:16Évidemment, de la fierté.
04:17La fierté d'avoir réussi là où personne ne les attendait.
04:22D'être resté uni, et ce, malgré la difficulté du format de la compétition.
04:27Tu n'y crois pas, tu ne te rends pas forcément compte que c'est vraiment une médaille au jeu,
04:30mais ça ne savait en vrai particulier.
04:33Pour moi, c'était un souvenir inoubliable.
04:34Moi, je me sens surtout du Trocadéron, où on a défilé à Troyes, justement,
04:39avec cette médaille sur notre tour en France.
04:41C'est là où j'ai vraiment pris conscience de ce que c'était une médaille olympique.
04:43Je veux dire que c'était très universel.
04:45C'était une valeur qui traversait les générations et les classes sociales.
04:50La médaille, elle est belle, lourde.
04:52Tu la regardes et je l'ai fait.
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