00:00D'abord et avant tout, en tout respect, que le président de la République française à l'étranger ne devrait
00:03pas parler à la manière d'un gouverneur américain.
00:06C'est-à-dire, parler français quand on est président de la République française, ça devrait aller de soi.
00:10Ce commentaire mis à part, la formule d'Emmanuel Macron, il nous dit que c'est de la bullshit ou
00:15du bullshit, la liberté d'expression,
00:16non, foutaise, connerie, choisissez le terme équivalent.
00:19Autrement dit, ce concept de liberté d'expression est un concept dont on doit se délivrer parce qu'il favoriserait,
00:25nous dit-il,
00:26les propos haineux et les propos racistes sur les réseaux sociaux.
00:30Puisque la liberté d'expression, telle que pensée aujourd'hui, serait au service de la haine et du racisme,
00:36on devrait s'en délivrer au nom de ce qu'il appelle un souci d'ordre public.
00:40Et aussi parce qu'il veut nous délivrer, il insiste, des discours racistes.
00:45Alors là, vous avez raison, vous venez de le dire, la liberté d'expression est encadrée par la loi.
00:50Et on nous dit quelquefois, et moi je trouve cette formule plus inquiétante qu'il n'y paraît.
00:54Je fais le contraste entre les États-Unis où il y a une liberté d'expression maximaliste.
00:58Et en Europe, on nous dit encadrée par la loi.
01:00Le problème, c'est que cet encadrement par la loi est de plus en plus restrictif.
01:05L'encadrement de la liberté d'expression par la loi fait en sorte que c'est un maillot de plus
01:09en plus serré.
01:10Les règles sont de plus en plus nombreuses.
01:12Donc dire la liberté d'expression est déjà encadrée par la loi, ça nous évite de réfléchir à la question
01:16fondamentale.
01:16Mais quel est cet encadrement ? Est-il légitime ?
01:19Pourquoi y a-t-il de plus en plus d'opinions qui sont transformées en délits ?
01:23Pourquoi y a-t-il de plus en plus de propos qui, hier, pouvaient être tenus, vous conduisent aujourd'hui
01:28devant les tribunaux ?
01:30Donc, lorsque le président de la République nous dit
01:32« La liberté d'expression qui permet les propos haineux, ce n'est pas la liberté d'expression »,
01:36« Le vrai débat, c'est quels sont ces fameux propos haineux interdits par la loi dont il faudrait accepter
01:43l'interdiction ? »
01:47Prenons l'impression d'un détour historique.
01:49Depuis 50 ans, l'extension de la notion de haine et de racisme est telle que tout ce qui, aujourd
01:55'hui,
01:56ne relève pas d'une célébration du régime diversitaire, de l'immigration massive,
01:59de l'ouverture à tous en toutes circonstances, du multiculturalisme, peut potentiellement être classé comme propos haineux.
02:05Alors, vous me direz, peut-être, c'est ce que vous avez suggéré, que j'exagère,
02:08mais je ne crois pas exagérer, je pense avoir seulement raison.
02:12Mais je m'explique, dites-moi, aujourd'hui, sur LCI, un centriste, pas un type d'extrême-gauche,
02:18nous explique que parmi les propos haineux possibles aujourd'hui,
02:21il y a le fait de dire que l'immigration n'est pas une richesse pour la France.
02:25L'immigration n'est pas une richesse pour la France, c'est un propos qui peut conduire à des comportements
02:29racistes,
02:29et dès lors, c'est un propos qui peut conduire à la haine et qui est peut-être animé par
02:33la haine,
02:34dès lors, dire l'immigration n'est pas une richesse pour la France,
02:37demain, est-ce que ça peut me conduire au tribunal, si je le fais?
02:40Mais allons plus loin.
02:41Si je parle de l'incompatibilité potentielle entre différentes cultures et différentes civilisations sur le territoire national,
02:47et si j'ajoute, parce que j'ai du culot,
02:49que la culture française en France a quand même un peu plus de droits qu'une culture nouvelle
02:52qui vient de s'y établir par l'immigration,
02:56est-ce que je tiens un propos haineux ou discriminatoire?
02:59Quand je rappelle que telle culture prédispose davantage ses membres à la violence
03:02ou prédispose moins ses membres à la réussite sociale,
03:06est-ce que c'est du racisme? Est-ce que c'est un propos haineux?
03:09Quand certains assimilent islam et islamisme,
03:12comme le fait Fergan Azari dans son...
03:13Oui, j'ai pas mal prononcé son nom.
03:15Dans son livre, on l'a reçu récemment pour en parler.
03:17Est-ce que c'est un propos haineux, ce livre?
03:20Donc, dans les faits...
03:21Puis quand on nous dit...
03:22Imaginons que je dise, d'un homme qui se prend pour une femme,
03:25jamais vous ne serez une femme.
03:26Imaginons que je dise ça.
03:27Je dis pas que je l'ai dit, mais si je le disais.
03:29Eh bien, certains diraient que c'est un propos haineux.
03:31D'ailleurs, on peut se faire traîner devant les tribunaux dès aujourd'hui pour ça.
03:34Donc, la liberté encadrée par la loi, dans les faits,
03:36le vrai enjeu, c'est quelles sont ces lois
03:37qui ne cessent d'étouffer davantage la liberté d'expression.
03:40Il existe aujourd'hui, partout en Europe occidentale,
03:43un appareil de répression,
03:46ou un dispositif répressif en matière de liberté d'expression
03:49fondé sur la délation.
03:50Fondé sur la délation, c'est-à-dire,
03:52on invite chacun à signaler les propos qui choquent.
03:54On finance des milices numériques, souvent,
03:57des organisations militantes,
03:58à même l'argent des contribuables,
03:59pour traquer la parole de chacun,
04:01pour amener ça devant les tribunaux,
04:02et les tribunaux condamnent allègrement.
04:05Je me permets d'aller plus loin.
04:06Mme Pannier-Runacher, aujourd'hui, a fait un commentaire.
04:09Elle nous dit...
04:10Bon, la mort d'un jeune homme est triste, vous l'avez compris.
04:12Rien ne justifie qu'un désaccord devienne un affrontement physique.
04:16Depuis trop longtemps, les extrêmes de droite comme de gauche
04:19banalisent des mots qui divisent,
04:20désignent des ennemis, déshumanisent des adversaires.
04:23Or, les mots préparent les esprits,
04:24et parfois, ils préfèrent les coups.
04:26Est-ce que je dois, désormais, interdire certains mots,
04:28Mme Pannier-Runacher?
04:29J'aimerais savoir.
04:30Donc, que faut-il interdire à travers cela?
04:33Est-ce que le fameux encadrement de la liberté d'expression par la loi,
04:36il ne faudrait pas se questionner sur ces lois
04:37qui ne cessent aujourd'hui de nous étouffer
04:39en prétendant nous civiliser?
04:41Nous avons parlé en début de semaine
04:42d'une autre déclaration d'Emmanuel Macron
04:44qui entend condamner à l'inéligibilité
04:47ceux qui, justement, sont condamnés
04:50pour leurs propos haineux, racistes ou antisémites.
04:53Est-ce qu'il faut faire un lien entre ces déclarations?
04:56Mais il est direct, le lien.
04:57Et ce n'est pas qu'Emmanuel Macron,
04:59Mme Aurore Berger a repris cette proposition
05:01cette semaine en parlant d'exemplarité,
05:03l'exemplarité nécessaire des élus.
05:05Et Gérald Darmanin, ce midi, ou je ne sais pas si cet après-midi,
05:09a dit la même chose.
05:10Il a dit, je cite,
05:11« Je proposerai prochainement au Parlement
05:13que les personnes condamnées pour violence et appel à la haine
05:16puissent être condamnées à une peine d'inéligibilité. »
05:19Donc là, on comprend bien.
05:20Concrètement, ça veut dire qu'à peu près,
05:21si vous critiquez l'immigration active Zemmour,
05:24militant Zemmour,
05:24cet univers-là devrait être condamné à l'inéligibilité.
05:28C'est une proposition qui a existé en Macronie depuis 2017,
05:31ne l'oublions pas,
05:32qui a été reprise en 2021-2022 par les communistes
05:34et qui, aujourd'hui, revient par l'extrême-centre.
05:37Et que devons-nous retenir des 40 dernières années?
05:41Je pense que c'est la question qu'on doit se poser.
05:43Depuis les 40 dernières années,
05:44le cœur de doctrine du régime diversitaire,
05:46le cœur de doctrine de l'idéologie dominante en Occident,
05:50c'est l'immigration massive.
05:51Il faut, Yvonnez, puisqu'on parle de ça,
05:53on ne parle pas d'autre chose,
05:54on ne parle pas du goût des fraises,
05:55on ne parle pas de la haine légitime des uns, des autres,
05:57je n'en sais rien.
05:58On parle de l'immigration.
05:59C'est ça le sujet.
06:00Est-il permis, oui ou non, de s'y opposer?
06:03Ce qu'on cherche à faire dans les circonstances,
06:05c'est bannir juridiquement l'opposition.
06:07On veut bannir juridiquement l'opposition.
06:09On veut interdire certains courants de pensée
06:11d'exister dans l'espace public.
06:13On a trouvé un moyen indirect,
06:15on cherche, en fait, un moyen indirect
06:17de bannir les partis dits populistes.
06:19À la fin des années 80, début des années 90,
06:21on se demandait est-ce qu'on doit interdire le Front national.
06:23Ce qu'on cherche à faire en ce moment, c'est autre chose.
06:25On cherche à créer un dispositif juridique
06:27qui fait que le parti peut exister,
06:29mais si vous osez remettre en question le discours dominant,
06:32vous passerez par les tribunaux,
06:34vous serez condamnés.
06:35On sait déjà que la fonction, vous savez,
06:36quand on parle de Zemmour et de Tendos,
06:38en disant le multirécidiviste condamné,
06:41ça crée déjà une réputation de voyou.
06:43Ça transformait le désaccord idéologique en délinquance.
06:46Eh bien, la prochaine étape là-dedans, évidemment,
06:49c'est de faire en sorte que certains courants de pensée
06:51soient bannis juridiquement,
06:53et ça force chacun à se soumettre,
06:55soyons sérieux.
06:57Pour ne pas être condamné,
06:58l'autocensure deviendra la norme.
07:00Donc, de ce point de vue,
07:01cet appel au bannissement de l'opposition,
07:03de mon point de vue,
07:03ça ne fait pas partie de la démocratie libérale.
07:06Transformer le désaccord en délinquance.
07:09Si, comme vous le soutenez à Mathieu,
07:11ce dispositif répressif et parachevé,
07:14à quoi doit-on s'attendre dans l'année présidentielle,
07:17là, qui commence?
07:18Vous avez peut-être vu le discours de Merz en Allemagne,
07:21qui a dit, lui, qu'il veut être en guerre contre l'anonymat.
07:23Il est en guerre contre l'anonymat sur les réseaux sociaux,
07:25il veut en finir avec elle.
07:27Eh bien, la question que je me pose devant cela,
07:29c'est pourquoi certains décident de se cacher dans l'anonymat?
07:31Oui, il y a les trônes imbéciles,
07:33il y a les crétiens agressifs, évidemment,
07:34mais c'est surtout parce que le coût social
07:36pour exprimer certaines idées est tel
07:38qu'il faut quelquefois se cacher dans le régime qui est le nôtre.
07:41C'est ce qu'on appelait en URSS, soit dit en passant,
07:43des samisdates.
07:44Donc, pour la présidentielle, vous me demandez.
07:46Eh bien, je dirais, à la hauteur de l'histoire,
07:48regardons certaines banalités.
07:50Verrouiller les institutions pour empêcher l'opposition
07:52de s'en emparer, à l'échelle de l'histoire,
07:54c'est banal.
07:56Empêcher les adversaires de se présenter,
07:58c'est banal.
07:58Les harceler judiciairement
08:02répétitifs, c'est banal.
08:03Mobiliser la presse pour détruire leur répétition,
08:06c'est banal.
08:07Utiliser la presse pour mettre de l'avant
08:08les thèmes qui servent le pouvoir
08:09et invisibiliser ceux qui servent l'opposition,
08:12c'est banal aussi.
08:13Envoyer des milices indirectement ou des nervis
08:15pour intimider l'opposition physiquement,
08:18c'est banal.
08:19Mettre en prison ceux qui ne comprennent vraiment pas
08:21qu'ils doivent se taire, c'est banal aussi.
08:23À l'échelle de l'histoire,
08:24un pouvoir qui décide de se donner les moyens
08:26pour mater une insurrection,
08:29un mouvement insurgé
08:30qui remet en question ses privilèges,
08:32son idéologie, sa vision des choses,
08:34c'est assez banal.
08:35Et je crains qu'une partie de l'extrême-centre
08:38ne cède à la tentation banale
08:40de la répression de l'opposition.
08:42Je crains surtout qu'à l'échelle de l'histoire,
08:44et je le dis presque avec une vraie tristesse,
08:46je crains que la démocratie,
08:47à l'échelle de l'histoire,
08:47n'ait été qu'une parenthèse
08:48et qu'elle soit en train de se fermer devant nous.
08:52Je pense, petite parenthèse,
08:55Alice Cordier, par exemple,
08:56qui a porté plainte le 18 juin 2024
09:01contre Raphaël Arnaud pour menace de mort,
09:04en disant qu'il lui a dit qu'il lui mettrait une balle dans la tête.
09:07La plainte n'a pas encore donné suite depuis le temps,
09:11mais elle a été, elle, par exemple,
09:13en garde à vue pour une banderole.
09:15Elle a été poursuivie pour incitation à la haine pour une banderole.
09:19En un mot, en fait, absolument.
09:21La banderole contredit le dogme.
09:22Vous dites devant le croyant absolu qui dit
09:24« Dieu existe absolument, si vous en doutez,
09:26vous irez en prison », vous dites « Dieu n'existe pas ».
09:28Et là, c'est de l'hérésie.
09:30C'est de l'hérésie.
09:31Donc, Alice Cordier est une hérétique.
09:32Et les régimes idéocratiques punissent les hérétiques
09:34bien davantage que les vrais voyous.
09:36Parce que les hérétiques ont le culot
09:38de ne pas croire à la croyance obligatoire.
09:40On connaît ça par cœur.
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