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  • il y a 9 heures
Sting, auteur, compositeur, interprète, à l'affiche de sa comédie musicale “The Last Ship”, qu'il joue à Paris, à la Seine Musicale, jusqu'au 8 mars. Un spectacle inspiré de son enfance dans le nord ouvrier de l'Angleterre.

Retrouvez "L'invité de 7h50" de Benjamin Duhamel sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-jeudi-19-fevrier-2026-7341409

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Transcription
00:00C'est une star mondiale, que dis-je, une légende vivante du rock que nous recevons ce matin,
00:04près de 50 ans de carrière, plus de 100 millions de disques vendus, un chanteur qui,
00:08et c'est suffisamment rare pour le mentionner, ne craint pas de dire ce qu'il pense du monde qui
00:13l'entoure.
00:13Bonjour Sting !
00:17Bonjour !
00:17On est très heureux de vous recevoir ce matin sur France Inter, vous et votre guitare qui n'attend qu
00:22'une seule chose,
00:22se mettre à jouer dans ce studio de la maison de la radio,
00:25alors que le public français a le plaisir de vous retrouver à la scène musicale du 18 février au 8
00:30mars
00:30pour votre comédie musical The Last Ship, un spectacle qui s'inspire de votre enfance à Newcastle.
00:35Vous avez grandi dans un milieu d'ouvriers des chantiers navals, votre père, votre grand-père y travaillait.
00:41Ça aurait pu être votre vie, Sting, si vous n'aviez pas échappé à votre destin ?
00:48C'est vrai, je suis né près du chantier naval.
00:55Et en tant qu'enfant, je pensais que ce que j'étais censé faire de ma vie,
01:00mais j'avais peur, c'était dangereux, c'était sombre, ça faisait peur.
01:07Donc j'ai appris très très fort, très fort à l'école, je suis devenu un musicien pour que je
01:13puisse échapper à ces vies.
01:15Un an plus tard dans ma vie, j'ai compris que j'avais une dette envers ma communauté.
01:22Je devais les remercier pour ce qu'ils m'avaient donné.
01:25Et ce qu'ils m'ont donné, c'était une identité, une éthique de travail,
01:32toutes choses que j'ai transportées tout au long de ma vie.
01:35Je voulais leur dire merci, merci à ma communauté.
01:38Vous avez rencontré un immense succès, vous êtes une star mondiale,
01:42vous avez gagné des centaines de millions d'euros,
01:44mais vous dites « je me sens encore comme un ouvrier ».
01:47Est-ce que c'est vraiment possible ?
01:50Ça veut dire quoi se sentir encore comme un ouvrier quand on est Sting ?
01:54Je suis un ouvrier, je travaille tous les jours, et je pratique tous les jours,
02:00je voyage, je vais à mon travail tous les jours, je suis fier de mon travail.
02:04Mon travail c'est moi, c'est mon identité, je suis un chanteur,
02:08mais je travaille aussi avec mes mains, et j'ai de la chance.
02:11Ça veut dire que le travail de chanteur c'est un métier d'artisan,
02:14il n'y a pas que le travail compte plus que le talent ?
02:21C'est le travail beaucoup plus que le talent.
02:26Sting, la fermeture des chantiers navals, elle coïncide avec la mort de vos parents.
02:31Est-ce que vous pensez à eux quand vous jouez ce rôle,
02:34quand vous montez sur scène, est-ce que c'est aussi pour eux que vous le faites ?
02:38Mes parents sont sur scène avec moi tous les soirs,
02:46et c'est vraiment très très émotionnel pour moi.
02:49Et mon frère est venu voir le show, et il est en pleurs.
02:57Donc c'est une expérience extrêmement émotionnelle.
03:00Cette comédie musicale, elle raconte une communauté ouvrière au bord de la rupture,
03:04une région qui est frappée par la désindustrialisation,
03:07et je vous ai lu dans la presse française faire le rapprochement
03:09avec ce que vit le monde du travail aujourd'hui,
03:12la révolution de l'intelligence artificielle.
03:14Et expliquez-nous ce parallèle que vous faites entre, d'une part,
03:17les chantiers navals qui ferment,
03:19et ce moment de bascule que l'on est en train de vivre en ce moment.
03:27Eh bien, le show, c'est dans les années 80,
03:30lorsque le gouvernement a fermé les chantiers navals
03:33et a laissé la ville absolument sans travail.
03:36C'est quelque chose que l'on voit dans notre vie d'aujourd'hui,
03:39partout dans le monde, en France, en Grande-Bretagne, en Amérique.
03:43Les gens perdent leur emploi face à ce phénomène appelé l'intelligence artificielle.
03:49C'est très important qu'on ne perde pas nos identités à cause de notre travail.
03:55Je ne peux pas prédire l'avenir,
03:58mais il faut maintenir nos identités, nos travails, notre travail.
04:03Mais ça veut dire que vous, comme artiste,
04:04vous êtes inquiet des conséquences concrètes de l'intelligence artificielle ?
04:08L'intelligence artificielle, c'est aussi des choses formidables.
04:11C'est le savoir, pouvoir aller beaucoup plus vite.
04:15Non, vous ne voyez pas ça comme ça ?
04:19L'IA peut faire de la musique pop très intéressante.
04:27Quand vous êtes dans un aéroport, dans le hall d'un hôtel,
04:32est-ce que vous préféreriez écouter quoi ?
04:38Parce que vous savez, l'IA n'a pas d'histoire,
04:42elle n'a pas de légende derrière elle.
04:44L'IA ne sent pas la douleur, elle n'a pas de cœur.
04:48Et donc je sens, je sais que l'art va survivre.
04:54Ce qui est frappant, Sting, c'est que tout au long de votre carrière,
04:57vous avez régulièrement pris la parole en faveur de causes que vous estimiez justes.
05:00On peut citer Raoni sur la déforestation, contre le Brexit.
05:05Et vous savez, très souvent dans ce studio, ici sur France Inter,
05:07on reçoit des stars internationales qui nous disent,
05:10avant l'entretien et souvent pendant l'entretien,
05:12moi je ne veux pas parler d'actualité, je ne veux pas parler de sujets politiques,
05:15je n'ai pas d'avis là-dessus.
05:16Pourquoi est-ce que ça leur fait peur ?
05:17Et pourquoi est-ce que vous, vous n'avez pas peur de parler de ces sujets ?
05:21L'art est politique.
05:25Moi je suis citoyen de l'Europe, citoyen du Royaume-Uni,
05:30je passe beaucoup de temps en Amérique,
05:32je suis inquiet par la situation politique du monde.
05:36J'ai une voix, et bien il faut que je l'utilise.
05:39Vous parlez d'inquiétude.
05:41Qu'est-ce qui vous inquiète aujourd'hui dans le monde que l'on voit ?
05:44Vous parliez des Etats-Unis, là où vous avez vécu,
05:48là où je crois que vous continuez de vivre régulièrement à New York.
05:51On a entendu là pour le coup des artistes,
05:53et c'est sans doute peut-être une exception,
05:55Billie Eilish, Bad Bunny,
05:56prendre la parole notamment sur la politique migratoire de Donald Trump.
05:59Est-ce que vous reconnaissez les Etats-Unis ?
06:07Je suis très conscient de ce qui se passe dans le monde.
06:12Je crois à l'état de droit.
06:15Personne n'est au-dessus de la loi.
06:16Nous devons obéir à la loi,
06:18et la loi nous défend tous.
06:20Donc c'est quelque chose de très important, partout.
06:23Mais précisément sur l'Amérique de Donald Trump,
06:27comment est-ce que vous qualifiez ce qui est en train de devenir ce pays ?
06:34Je suis très inquiet au sujet de l'Amérique.
06:37C'est un pays que j'aime, en dépit de toutes ses contradictions.
06:40C'est un pays auquel je dois beaucoup.
06:43Et je suis inquiet de son avenir sous cette administration actuelle.
06:49Je ne sais pas comment le changer.
06:52Je ne suis pas un citoyen américain.
06:54Mais vraiment, ça m'inquiète.
06:56En tout casting, vous avez un lien particulier avec la France.
06:59Vous êtes un fan de Charles Aznavour, d'Edith Piaf.
07:02Johnny Hallyday disait même que vous étiez son chanteur préféré.
07:05Ça, c'est quand même pas mal.
07:07Pourquoi est-ce que vous vous sentez, j'ai lu cette phrase,
07:09chez vous en France ?
07:10Est-ce que c'est le public français que vous aimez particulièrement ?
07:13Est-ce que c'est parce que vous vous dites socialiste,
07:15et que peut-être ça passe davantage en France que dans d'autres pays ?
07:19J'ai une relation très proche avec la France.
07:25J'ai joué ici pendant des décennies.
07:28J'ai joué partout à Paris,
07:31du Jibus au Bataclan jusqu'au Stade de France.
07:35Donc j'ai toute la gamme d'expériences en tant qu'artiste.
07:39J'aime bien vivre ici.
07:41J'aime bien faire venir ma femme ici,
07:44lui montrer la ville que j'aime.
07:46J'aime la culture française,
07:48la musique,
07:49la nourriture,
07:50le vin français.
07:52Que peut-on dire de plus ?
07:53Alors, si vous aimez tout,
07:54je vous ai entendu dire dans plein d'interviews Sting
07:56que vous parliez français comme une vache espagnole.
07:58Bon, à force de le dire,
08:00vous avez dû progresser un peu quand même, non ?
08:05J'ai suffisamment de français pour me mettre en danger,
08:07mais pas assez de français
08:10pour me sortir de mon problème.
08:13Donc j'ai vraiment très honte de mon français.
08:16Qu'est-ce que vous pouvez nous dire en français, par exemple ?
08:17Qu'est-ce que vous pouvez nous dire en français, par exemple ?
08:18Qu'est-ce que vous pouvez nous dire en français, par exemple ?
08:18Qu'est-ce que vous pouvez nous dire en français, par exemple ?
08:19Je ne sais pas de tout cela.
08:22C'est que j'ai tellement encore.
08:24C'est Jacques Brel.
08:25Pas mal, pas mal.
08:27Un exemple, Sting, de votre lien avec la France,
08:30c'est l'un de vos tubes, Roxane.
08:33Peut-être que nos auditeurs ne le savent pas,
08:34c'est lié à l'une des plus grandes pièces
08:37du répertoire théâtral français.
08:39Est-ce que vous pouvez nous raconter cette histoire folle
08:43qui fait qu'un de vos tubes s'appelle Roxane ?
08:44Et en quoi c'est lié à la France ?
08:50Je suis vraiment un fan de la pièce d'Edmond Rostand.
08:54Cyrano de Béjarac.
08:55Et l'amour de Cyrano s'appelle Roxane.
09:01Je trouvais que c'était un nom superbe.
09:03Et j'ai donné ce nom à Belle de Nuit,
09:07que j'ai inventé.
09:10Et je pensais que c'était un beau mélange.
09:13C'est un nom très élégant.
09:18Donc, Roxane.
09:19Perfect French.
09:20Je ne vais pas revenir sur l'aspect vertigineux de votre carrière
09:24avec The Police en solo, une carrière au cinéma,
09:27dans des séries, maintenant une comédie musicale.
09:29Le tout, et je ne sais pas si nos auditeurs peuvent le croire,
09:32à 74 ans, vous ne les faites pas.
09:36Est-ce qu'il y a un moment où vous vous dites
09:37« Sting, je vais prendre ma retraite.
09:39Je vais aller profiter de ma maison en Toscane
09:41et je vais arrêter de monter sur scène ? »
09:46Je n'arrêterai pas de travailler.
09:48Je vais travailler.
09:51C'est ce qui me définit.
09:53Je suis en pleine forme.
09:56Je vais continuer.
09:58Donc, comme Charles Aznavour,
09:59qui a fait son dernier concert à 94 ans,
10:02dans 20 ans, vous reviendrez dans ce studio
10:04pour nous parler de votre nouvelle tournée ?
10:08J'espère.
10:11J'ai travaillé avec Charles, plus tard dans sa carrière,
10:16et c'était vraiment une source d'inspiration pour moi.
10:18Ça l'est toujours, d'ailleurs.
10:20En tout cas, vous l'avez, Sting,
10:21vous ne lèguerez pas votre fortune à vos enfants.
10:24Il n'y aura pas d'héritage pour eux.
10:25Parce que vous l'avez expliqué,
10:27ça ne leur rendrait pas service.
10:28Alors, qu'est-ce que vous allez faire de tout votre argent ?
10:31Est-ce que vous allez le donner à des associations ?
10:32Est-ce que vous allez tout dépenser ?
10:37Je crois que je dépense tout.
10:39Il y a beaucoup à dépenser, alors ?
10:41L'argent, c'est fait pour être dépensé.
10:44On ne peut pas l'emporter avec soi.
10:46Pourquoi cette décision de ne pas le léguer à vos enfants ?
10:51Je ne pense pas que ce soit un cadeau à leur faire.
10:55C'est trop.
10:59Mes enfants sont très, très durs.
11:01Ils veulent travailler.
11:03Ils veulent tracer leur propre voie dans la vie.
11:06Je ne vais pas leur voler ça.
11:07Je ne veux pas leur voler leur ambition.
11:10Ils ont une éthique de travail, et ils l'ont.
11:13Et puisque vous avez votre guitare, Sting, dans ce studio,
11:17vous allez faire un immense cadeau aux auditeurs de France Inter.
11:21Qu'est-ce que vous allez nous jouer aujourd'hui, Sting ?
11:25J'ai joué deux morceaux de The Last Ship,
11:31qui étaient vraiment des succès.
11:34Le premier, c'est All This Time,
11:37au sujet de ma ville natale.
11:41Et puis, j'aurai un petit peu de When We Dance,
11:44quand nous dansons.
11:45C'est aussi un morceau très romantique.
11:48On vous écoute.
11:53I looked out across
11:57The river today
12:01Saw a city in the fog
12:03And an old church tower
12:05Where the seagulls fade
12:09Saw the sad, shy horses
12:11Walking home
12:12And the sodium light
12:16Two priests on the ferry
12:18October geese
12:19On a cold winter's night
12:22All this time
12:27The river flowed
12:31Endlessly
12:34To the sea
12:37If I had my way
12:41I'd take a boat
12:43From the river
12:45And I'd bury the old man
12:48I'd bury him at sea
12:50Yeah, yeah, yeah
12:55Yeah, yeah
12:59Yeah, yeah
13:01Yeah, yeah
13:03Tisha told us
13:05The Romans built this place
13:10They built a wall
13:11On the temple
13:12On the edge
13:13Of the empire
13:14Garrison town
13:16They lived and they died
13:19They prayed to their gods
13:21But the stone god
13:23Did not make a sound
13:24And their empire crumbled
13:26Till all that was left
13:28Were the stones
13:29The workmen found
13:31All this time
13:35The river flowed
13:39Endlessly
13:42To the sea
13:45If I had my way
13:49I'd take a boat
13:51From the river
13:53Men go crazy
13:54And congregations
13:55They only get better
13:57One by one
13:58Yeah, yeah
14:02Yeah, yeah
14:06Yeah, yeah
14:15If he loved you
14:20Like I loved you
14:24I would walk away in shame
14:30I'd move on
14:31I'd change my name
14:33When we just angels
14:38Will run and hide their wings
14:43When we just angels
14:47Will run and hide their wings
14:57Magnifique Sting
14:58Moment suspendu
14:59Dans ce studio
15:00De la Maison de la Radio
15:02Merci infiniment
15:03Pour ce cadeau
15:05Pour nos auditeurs
15:06Merci
15:07Je rappelle
15:08Cette comédie musicale
15:09The Last Ship
15:10Pour tous les français
15:11Qui veulent venir vous voir
15:12C'est du 18 février
15:14Au 8 mars
15:15À la scène musicale
15:16Merci infiniment Sting
15:17Merci monsieur
15:18Et merci à Michel Zotowski
15:20Pour la traduction
15:21Merci d'avoir regardé cette vidéo
15:21Merci à vous
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