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  • il y a 4 mois
Au micro de Benjamin Duhamel, Dany Boon évoque son nouveau spectacle "Clown n'est pas un métier !!" et son retour sur les planches. L'humoriste partage ses réflexions sur l'humour à l'ère d'Internet et des réseaux sociaux.

Retrouvez « L'invité de 7h50 » de Benjamin Duhamel sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50

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Transcription
00:00Benjamin Duhamel, votre invité est acteur et humoriste.
00:03Bonjour Danny Boone.
00:04Bonjour Benjamin.
00:06Merci beaucoup d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:08On est très heureux de vous accueillir.
00:09Merci, je voulais féliciter Monsieur Lecornu qui est à 42% en ne faisant rien.
00:14Il va passer à 84 si il fait moins que rien.
00:16C'est effectivement une belle performance.
00:20Merci d'être avec nous dans ce Studio 104 en public.
00:23Vous qui êtes l'un des humoristes les plus populaires.
00:26Bon, être en public ça ne vous dépayse pas franchement
00:27puisque vous êtes en tournée pour votre nouveau spectacle.
00:30Clown n'est pas un métier.
00:32On expliquera le titre de ce spectacle dans un instant.
00:35Mais juste avant Danny Boone, on a appris hier soir la mort de Claudia Cardinal,
00:38icône du cinéma italien, actrice populaire.
00:42Qu'est-ce que vous retenez d'elle s'il y a un film dont vous vous souvenez ?
00:46Ça va être deux films.
00:48Quand j'étais adolescent, c'était Celle Guépard.
00:51Où Delon tombe amoureux d'elle.
00:53Elle était absolument magnifique.
00:55Je pense que c'est son premier film.
00:56C'est celui qui l'a fait connaître.
00:58Et puis la panthère rose de Black Edwards avec Peter Sellers.
01:04Peter Sellers a dit d'elle d'ailleurs que l'Italie avait fait deux merveilleuses inventions,
01:10les spaghettis et elle.
01:11C'est une formule géniale.
01:15Revenons donc sur le titre de votre spectacle.
01:17Clown n'est pas un métier.
01:19C'est une sentence qu'on vous a adressée quand vous étiez enfant.
01:22Au-delà du fait que visiblement cette personne s'est trompée,
01:25qui vous disait ça ?
01:26Clown n'est pas un métier.
01:28Il ne s'est pas trompé.
01:29Le prof qui m'a mis ça dans mon bulletin.
01:31En fait, c'était un encouragement.
01:33Il voyait déjà l'humoriste percé.
01:36Pour lui, c'était un reproche.
01:37Mais pour moi, c'était un encouragement.
01:38Ça voulait dire que j'étais clown.
01:39Donc effectivement, ce n'est pas un métier.
01:41C'est une passion.
01:42Et j'en ai fait mon métier.
01:43Il y avait d'autres commentaires comme ça dans les bulletins ?
01:45J'ai eu le peu mieux faire.
01:49J'ai eu à baisser les bras sans jamais les avoir levés.
01:53Peu s'il veut, mais veut s'il peut.
01:54Élève sans histoire et sans géographie.
02:00J'ai eu plein.
02:01On en a tous eu.
02:03Et aujourd'hui, pour nos enfants, c'est beaucoup plus détendu.
02:06Oui, on ose moins dire les choses.
02:07Avant, on ne dit plus du tout.
02:08C'est-à-dire gros nul avant à chier lamentable, élève lamentable.
02:13Ça, c'est devenu trouble de l'attention.
02:16C'est beaucoup plus délicat.
02:17Mais c'est vrai que le peu mieux faire, il est terrible.
02:20Parce qu'on se demande toujours si vraiment on peut ou pas mieux faire.
02:23Surtout, on fait signer le bulletin aux parents, ce qui est terrible.
02:28Parce qu'on nous envoie chez les parents.
02:30Nous, on sait ce qu'il y a dans le bulletin.
02:31Et c'est d'une cruauté, ce procédé.
02:33C'est comme de demander à un condamné à mort de venir à la chaise électrique avec une rallonge.
02:38C'est un peu la même idée.
02:41Votre objectif, vous le dites, Danny Boone, c'est que le public arrive content et reparte heureux.
02:45Vous dites vouloir créer un espace de légèreté partagée.
02:49Et en même temps, dans votre spectacle, vous parlez de la difficulté de faire rire
02:52sans blesser aucune communauté.
02:54Est-ce qu'on peut encore faire de l'humour léger et inoffensif en 2025 ?
02:58Est-ce que c'est encore possible ?
03:00Inoffensif, non.
03:01Léger, oui.
03:02On peut faire rire.
03:04On peut rire à partir du moment où on rit avec et non pas contre, déjà.
03:08Et puis, la scène...
03:10Voilà, moi, je suis retourné sur scène parce qu'il y a une sorte de liberté totale, en fait.
03:17On peut tout se permettre sur scène devant le public.
03:19On fait rire en direct.
03:21Le résultat, la réponse est immédiate.
03:23Il y a cet échange, il y a cette communion qui est géniale dans un monde
03:26où on est de plus en plus solitaire, isolé, avec Internet, les réseaux sociaux.
03:30J'en parle d'ailleurs dans mon spectacle.
03:32Je dis Internet, avant, c'était un puits de savoir.
03:34C'est devenu un océan de croyances.
03:36Avec Internet, on croit qu'on sait, alors qu'en vérité, on sait juste qu'on croit.
03:40Je vous laisse dix minutes.
03:42Et je laisserai le public méditer là-dessus.
03:44C'est vrai, parmi les éléments qui vous ont motivé à revenir sur scène,
03:48il y a effectivement ce dialogue direct avec le public.
03:49Parce que, quand même, Danny Boone, il y a sept ans, vous aviez dit,
03:52moi, la scène, c'est totalement...
03:53Il y a un petit côté Michel Sardou qui dit qu'il ne remontera plus jamais sur scène
03:56et qu'en fait, il revient.
03:58Non, je ne l'ai fait qu'une fois, pour l'instant.
04:01Donc, ça ira.
04:02Non, mais c'est merveilleux.
04:03Ça m'a manqué, en fait.
04:04En fait, il fallait arrêter pour se réaliser à quel point ça me manquait.
04:08Et je suis très heureux de faire rire en vrai, on va dire.
04:12Voilà, en direct, c'est absolument merveilleux.
04:14Sur cette difficulté d'aborder parfois des sujets qui fâchent,
04:17quand on voit, Danny Boone, qu'une actrice comme Charlotte Gainsbourg,
04:19parce qu'elle s'est exprimée pour demander que la reconnaissance de la Palestine
04:22soit conditionnée à la libération des otages,
04:24se fait harceler sur les réseaux sociaux.
04:26On lui demande même de renoncer à jouer le rôle de Gisèle Halimi.
04:29Quand vous voyez ça, est-ce que c'est ce qui explique une forme parfois de réticence
04:32des acteurs, des humoristes à intervenir dans le débat public ?
04:36Je pense que le problème d'Internet, c'est que toute opinion est devenue une vérité.
04:41Et donc, à partir du moment où l'opinion est une vérité,
04:45et qu'un groupe de personnes adhère à cette opinion qui devient une vérité,
04:50il n'y a plus d'altérité.
04:51On ne peut plus donner son avis, on devient agressif avec son opinion.
04:59Donc, c'est le côté viral d'Internet, c'est le côté très négatif des réseaux
05:03et de ce qu'on voit aujourd'hui avec l'IA, avec les deepfakes.
05:08Moi, je suis très choqué de voir qu'on va déformer une image de quelqu'un de connu
05:15pour faire un...
05:17Enfin, même la vérité visuelle n'existe plus.
05:19C'est pour moi assez dramatique.
05:20Ce n'est pas régulé.
05:21Et vous-même, Danny Boone, je crois qu'il y a quelques semaines, quelques mois,
05:24on a annoncé que vous étiez mort sur les réseaux sociaux.
05:26Oui, oui, j'y ai cru pendant deux jours.
05:29J'avais préparé mes obsèques.
05:31Puis à un moment, je me suis dit, merde, je suis mort et je le sais, ça me paraît bizarre quand même.
05:35Et ça vous a fait revoir votre opinion sur le don d'organes, c'est ça ?
05:37C'est le don d'organes, oui.
05:39Du coup, j'ai annulé tout le don d'organes, tant que je respire, s'il vous plaît.
05:46Danny Boone, si on est en public aujourd'hui dans ce Studio 104,
05:48c'est parce que France Inter organise une journée consacrée à la santé mentale.
05:52C'est une thématique que vous connaissez bien,
05:53puisque le spectacle qui vous a fait exploser auprès du grand public,
05:56c'est celui où vous jouez un personnage déprimé qui répète en boucle,
06:00je vais bien, je suis gay, tout me plaît.
06:02C'était il y a 30 ans.
06:04Qu'est-ce qui vous avait donné envie de jouer ce personnage du déprimé ?
06:08Une grande dépression.
06:10Je pense que je n'étais pas très en forme et j'ai écrit ce sketch, effectivement.
06:17Ce qui est formidable, c'est que tout le monde me disait,
06:21les gens que je rencontrais ou quand je faisais des auditions,
06:23on m'arrêtait, on me disait stop, non, un sujet sur la déprime,
06:26un sketch sur la déprime, ça ne marchera jamais.
06:28Au revoir, monsieur.
06:29Et donc, ça ne fonctionnait pas.
06:32Et je me suis retrouvé au Café de la Gare,
06:34en une scène ouverte, à jouer ce sketch.
06:36Et j'ai eu des rires immédiats et très forts,
06:38surtout sur le côté sincère de ce que je racontais sur la déprime.
06:43Et ça a été le début de ma carrière, en fait.
06:45C'est ce qui a fait ma différence et ce qui a fait que je suis devenu connu
06:48grâce à quelque chose de sincère et de profond.
06:53Et moi, quand j'étais gamin, ma mère,
06:56j'ai eu une enfance compliquée, pas malheureuse,
06:58mais pauvre et assez difficile et rejetée, disons,
07:01par une grande partie de la famille maternelle.
07:04Et ma mère en souffrait énormément.
07:05Elle m'a eu très jeune.
07:06Et je l'ai vue, gamin, moi.
07:08Quand j'étais gosse, je la voyais souffrir.
07:11Et je me suis dit, il faut que je la fasse rire.
07:13C'est le seul moyen de...
07:16Et c'est devenu ma mission quand j'étais gosse.
07:18Et j'ai fait rire ma mère.
07:19Et ensuite, c'est devenu ma vocation.
07:21C'est-à-dire qu'à l'époque, avec votre mère, on disait,
07:24elle est fatiguée.
07:25Parce qu'on ne faisait pas mettre les mots sur les choses à l'époque.
07:28Oui, c'est terrible.
07:30Alors qu'on ne mettait pas les mots sur le mal dont elle souffrait.
07:35Qui était une dépression.
07:38Une dépression, oui, bien sûr.
07:39Ça veut dire qu'on peut faire rire avec la santé mentale ?
07:42Ça aide.
07:42Le rire, oui, parce qu'on fait de la dopamine, de la sérotonine.
07:48Et même, on élimine le cortisol.
07:51Je vois l'hypochondriac, là.
07:53Qui connaît parfaitement les termes médicaux.
07:55Oui, oui, c'est vrai.
07:56C'est très important.
07:57J'essaie d'avoir un minimum de cortisol.
07:58Je prends mon cortisol tous les matins.
08:01Mon dosage.
08:02Je prends un dosage cortisol tous les matins.
08:04Patrick est dévasté.
08:07Il connaît lui aussi le cortisol.
08:10Juste, Danny Boone, je termine justement sur votre côté hypochondriac que le grand public connaît.
08:14Vous l'abordez dans votre spectacle.
08:15Vous avez d'ailleurs, à l'index, pour ceux qui nous écoutent, une bague connectée qui mesure vos constantes.
08:21Une question, est-ce que ça va mieux en vieillissant ou est-ce que c'est de pire en pire l'hypochondrie ?
08:25Non, ça va.
08:30Non, franchement, ça va.
08:33Ça se maintient.
08:34Non, non, bien sûr, monsieur.
08:36C'est inquiétant, effectivement.
08:40Merci beaucoup, Danny Boone, d'être venu sur France Inter en public.
08:44Clown n'est pas un métier.
08:45C'est votre spectacle en tournée au Casino Paris.
08:47Début au Cobb et vous êtes à l'affiche d'un film formidable qui s'appelle Regarde avec Audrey Floreau.
08:51Avec Audrey Floreau d'Emmanuel Poulain-Arnaud.
08:53Merci beaucoup, Danny Boone.
08:54Merci.
08:54Merci.
08:55Merci.
08:55Merci.
08:55Merci.
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