00:00Dans la série On cherche de l'argent, il y a ces déplacements de fonctionnaires aux frais de l'Etat.
00:04Déplacement professionnel, bien sûr, je le précise.
00:06Et s'il coûtait un peu trop cher, en tout cas le ministre de la fonction publique veut réduire les
00:10frais,
00:11il a demandé une enquête à l'inspection générale des finances sur les voyagistes
00:14qui s'occupent des réservations d'hôtels et de transports pour le compte de l'Etat.
00:18Objectif, Isabelle Saporta, naturellement, faire des économies.
00:22Alors, bien sûr, tout combat contre le gaspillage d'argent public mérite d'être mené avec détermination.
00:27Aussi avais-je quasi la larme à l'œil et le point levé.
00:30En entendant David Amiel, ministre délégué chargé de la fonction publique,
00:34et son collègue Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur,
00:37a annoncé leur volonté d'en finir avec la gabegie de ces voyagistes
00:40qui, indument, se feraient du gras sur le dos des déplacements professionnels de nos fonctionnaires.
00:45J'imaginais déjà les surfacturations à gogo sur les billets de train, d'avion et les nuits d'hôtel.
00:501,4 milliard serait ainsi dilapidé chaque année dans les voyages professionnels de nos fonctionnaires.
00:55J'applaudissais à tout rompre de voir nos ministres saisir l'inspection générale des finances
00:59pour enfin dévoiler les abus de ces voyagistes avides.
01:02Et puis, j'ai divisé ce 1,4 milliard par le nombre de fonctionnaires, 2,6 millions.
01:07Et là, du coup, on tombe à un budget voyage professionnel de 538,50 euros par an et par fonctionnaire.
01:12Autant dire de quoi faire de Paris-Marseille sans nuits d'hôtel.
01:15Et l'immense gabegie des voyagistes m'est apparu un tantinet exagéré.
01:20Vous voulez dire que c'est un écran de fumée ?
01:21Je ne dis pas qu'il ne fallait pas mettre son nez partout et traquer les abus n'importe où
01:24il se trouve,
01:25surtout quand il s'agit d'argent public.
01:27Mais là, franchement, on est effectivement en train de nous enfumer.
01:30Vous savez, j'ai l'impression d'être assise dans le salon de la Maison France
01:33qui n'a plus de toiture, qui prend l'eau de partout,
01:35et de voir des ministres qui, pour la réparer, cette Maison France,
01:38se demandent si le plus urgent, ça n'est pas de s'attaquer à la réfection des plaintes.
01:42Alors, bien sûr, que s'attacher aux détails, aux plaintes, aux papiers peints, c'est important.
01:47Mais on le fait une fois qu'on a terminé le gros œuvre.
01:50Et le gros œuvre, ce sont des réformes structurelles drastiques,
01:53notamment de la dépense sociale.
01:55Autant dire que personne, mais personne n'y touchera avant la présidentielle.
01:58Du coup, on fait semblant de faire quelque chose.
01:59Et nous, le bas peuple, on fait semblant d'y croire.
02:02Merci beaucoup.
02:03Merci beaucoup.
02:03Merci beaucoup.
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