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00:00On en revient à notre info du jour à la veille d'un nouveau round de Pourparler sur l'Ukraine
00:04organisé à Genève.
00:05Plein phare donc sur cette mini-tournée de Marco Robio en Europe.
00:08Après avoir tenté d'apaiser à Munich les tensions avec ses homologues européens,
00:12le chef de la diplomatie américaine évolue désormais aux côtés des gouvernements amis.
00:17A Bratislava hier, à Budapest aujourd'hui, il achève cette brève visite en Europe centrale.
00:24Depuis hier chez l'Hongrois, il redit le plein soutien de Washington à Viktor Orban.
00:30Je vous propose d'écouter tout de suite cette dernière séquence qui avait lieu à la mi-journée,
00:33cette conférence de presse entre les deux hommes. Écoutez.
00:39Cette connexion que vous avez établie avec Donald Trump a fait toute la différence
00:42en ce qui concerne les relations de nos pays ainsi que pour ce qui est de la faire grandir.
00:47C'est pour ça que je peux vous dire avec certitude que le président Trump
00:51est profondément attaché à votre réussite, car votre réussite est notre réussite,
00:57parce que la relation que nous avons ici en Europe centrale à travers vous
01:00est tellement essentielle pour nos intérêts nationaux dans les prochaines années.
01:06J'ai assuré au secrétaire d'État Marco Rubio que la Hongrie continue de soutenir
01:12les efforts des États-Unis pour la paix en Ukraine.
01:16Le président américain fait tout pour assurer la paix dans la guerre entre Russes et Ukrainiens.
01:23Et je dois redire que si Donald Trump avait été président des États-Unis avant,
01:29cette guerre n'aurait jamais commencé.
01:33On va la retrouver tout de suite à Budapest, Florence Labrouillère,
01:37qui est la correspondante de France 24 et RFI.
01:39Bonjour Florence, on vient d'entendre des morceaux choisis de cette conférence de presse
01:43qu'on va sûrement en retenir.
01:45C'est ce soutien évidemment réaffirmé de Washington à Victor Orban.
01:52Oui absolument, et la visite de Marco Rubio intervient trois jours avant le voyage de Victor Orban à Washington.
01:59Victor Orban va se rendre à la première session inaugurale du Conseil de la paix de Donald Trump.
02:05Et vraiment les relations entre les deux pays n'ont jamais été aussi bonnes,
02:09c'est ce qu'a déclaré Victor Orban tout à l'heure, et c'est exact.
02:12Autant les relations étaient tendues sous l'administration Biden,
02:15autant tous les nuages se sont dissipés avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir.
02:20Alors la visite de Marco Rubio avait surtout un but économique.
02:24Des accords ont été signés, des accords sur l'énergie,
02:28parce que Donald Trump, vous le savez, essaye de pousser les différents pays du monde
02:33à diminuer leurs importations de gaz et de pétrole russes,
02:36pour essayer de pousser Moscou vers la signature d'un accord de paix.
02:41Alors l'année dernière, Donald Trump a exempté la Hongrie de sanctions
02:45sur les importations de pétrole et de gaz russes, dont a besoin Budapest.
02:50Mais en échange, parce qu'avec Donald Trump, il y a toujours du donnant,
02:55les États-Unis essayent de signer des accords commerciaux avec la Hongrie.
03:00Et on n'a pas le détail des accords qui ont été signés aujourd'hui,
03:03mais il concerne sans doute l'achat de fuel nucléaire américain par la Hongrie.
03:11La Hongrie a une centrale nucléaire qui produit environ 40% d'électricité en Hongrie.
03:18Et cette centrale, jusqu'ici, qui a été construite par les Russes,
03:21fonctionnait uniquement avec de l'uranium venant de Russie.
03:25Là, avec cet accord, il s'agit de diversifier l'approvisionnement de la centrale
03:30et d'essayer de faire en sorte que les sociétés américaines,
03:34notamment la société Westinghouse, deviennent un partenaire commercial important de la Hongrie.
03:39Merci beaucoup, Florence, en direct de Budapest, donc pour France 24.
03:44Claude Blanchemaison, bonjour.
03:46Bonjour.
03:46Je me tourne vers vous, on est dans le show, là, ça vient de se passer à la mi-journée.
03:51Rubio, qui après avoir parlé à la conférence de Munich, à l'ensemble de l'Europe,
03:56affine son discours, la Slovaquie, la Hongrie, aujourd'hui, qu'est-ce qu'il faut comprendre de tout ça ?
04:02Marco Rubio, il fait le job, parce qu'il a tenu des propos, finalement,
04:06beaucoup plus aimables à Munich que ne l'avait fait le vice-président Vance il y a exactement un an.
04:11Ça vous a étonné, d'ailleurs ?
04:13Oui et non, parce que c'est dans la manière de M. Rubio.
04:17Bon, M. Vance parle comme M. Trump, comme son mentor,
04:23et par conséquent, il avait passé pratiquement son discours à insulter les Européens,
04:28en leur disant qu'ils étaient en pleine décadence et qu'ils allaient disparaître,
04:32notamment parce qu'ils étaient dans l'incapacité de contrôler leurs frontières.
04:35Marco Rubio a été beaucoup plus habile, parce qu'il a dit, bien sûr,
04:39nous savons que nous sommes les enfants de l'Europe,
04:41et bien sûr, nous sommes dans le même navire,
04:44et bien sûr, nous devons restaurer les relations entre les États-Unis et l'Europe,
04:49bien sûr, conserver l'OTAN, mais bien sûr, tout ça sous le leadership américain.
04:54Et ça, c'était très important, sous le leadership américain.
04:57Et il a appelé aussi les nations européennes à se ressaisir,
05:01à augmenter, bien sûr, leur budget militaire,
05:05mais à se ressaisir et à contribuer aux actions américaines sous le leadership américain.
05:10Donc, ça revient exactement au même, finalement,
05:12mais d'une façon beaucoup plus aimable, beaucoup plus diplomatique.
05:14C'est un peu le goût de cop, Marco Rubio, en général, comparé à G.D. Vance.
05:18Voilà, absolument.
05:19Donc, il est tout à fait bon dans la diplomatie traditionnelle, dans le fond,
05:23et son discours a été bien reçu, bien entendu, à Munich,
05:27puisque ça a marqué un changement de ton avec celui de l'année dernière.
05:34Et Mme von der Leyen l'a remerciée, etc.
05:36Tout le monde remercie, parce que, évidemment, on ne veut pas vexer M. Trump,
05:41qui, d'après M. Rubio, en effet, est tout à fait d'accord pour restaurer les liens transatlantiques,
05:49mais à la condition, naturellement, que ce soit dans le cadre d'un leadership incontesté des États-Unis d'Amérique.
05:55Alors, il fait le job aussi en allant voir M. Orban,
05:59puisque M. Orban fait partie du club des fans de M. Trump en Europe,
06:03un club assez réduit, d'ailleurs,
06:05et, effectivement, il a signé des accords économiques
06:08pour marquer le soutien de Washington à la Hongrie de M. Orban,
06:16et M. Orban qui continue, finalement, d'acheter du pétrole à la Russie, apparemment,
06:23bien qu'il y ait une pression américaine pour qu'il cesse d'acheter des zéro carbure à la Russie
06:27et qu'il se tourne plutôt, naturellement, vers les États-Unis, là encore.
06:31Il fait le job, vous dites, et certes, il aura réussi dans un premier temps à détendre les Européens
06:37après les mots qu'il aura prononcés,
06:40mais on a quand même le sentiment que depuis le discours de Munich,
06:42l'Europe se divise sur l'interprétation qu'il faut faire des mots du chef de la diplomatie.
06:46Est-ce qu'il s'agissait d'un discours de réconciliation transatlantique
06:50ou plutôt d'une version light enrobée de sucre,
06:53de la même détestation de l'Union Européenne telle qu'elle existe par l'administration Trump aujourd'hui ?
06:58Je pense que c'est plutôt la deuxième partie de votre alternative,
07:02la deuxième branche du choix que vous nous proposez,
07:06parce qu'en effet, Marco Rubio a fait quand même l'apologie
07:09de la restauration de la force des États de l'Union Européenne,
07:14pas de l'Union Européenne en tant que telle.
07:15L'Union Européenne reste quelque chose que Trump déteste par nature, par essence,
07:21et donc il faut que ce soit les États qui reprennent le contrôle de leurs frontières,
07:25qui augmentent leurs dépenses de défense,
07:27et l'Union Européenne en tant que telle, naturellement, n'a pas de dépenses de défense.
07:31Donc il s'agit bien de la compétence des États.
07:34Alors, il a tenu ce discours,
07:37et je crois qu'il est resté dans les clous du trumpisme,
07:41mais en faisant un discours enrobé, comme vous l'avez dit tout à l'heure,
07:47plus facile à écouter pour les Européens,
07:50et aussi plus séducteur pour les Européens,
07:53pour peut-être capter ceux qui sont entre les deux.
07:55Justement, c'est ce que j'allais vous dire.
07:58Dans le contexte que l'on est en train de vivre,
08:00parce qu'il y a un nouveau round de Port-parler qui va débuter demain à Genève,
08:03est-ce que c'est la bonne carte à sortir, Rubio, auprès des Européens,
08:07les Européens qui sont quand même mis à l'écart des négociations, des discussions ?
08:11Pourquoi pas ?
08:12Il y a eu deux bonnes nouvelles ces jours-ci.
08:15La première bonne nouvelle, c'est que la réunion a lieu demain, mais à Genève,
08:19puisqu'il s'agit de l'Ukraine et de la sécurité en Europe.
08:23C'est bien que ce soit à Genève plutôt qu'ailleurs, me semble-t-il.
08:25Ça, c'est une avancée ?
08:27Oui, me semble-t-il. C'est un signe, en tout cas.
08:29Et puis, deuxièmement, celui qui s'est exprimé immédiatement après Marco Rubio,
08:33c'est Wang Yi, c'est-à-dire le ministre des Affaires étrangères de la Chine.
08:38Et Wang Yi, il a été, à mon sens, formidable.
08:41Il a dit dans son discours, pas dans les réponses aux questions qui lui ont été posées après,
08:45mais dans son discours, bien entendu, il s'agit de la sécurité de l'Europe dans ces discussions.
08:50Et il faudra que le moment venu, il a dit « in due course, in due time »,
08:55dans la traduction qui était donnée sur les télévisions,
08:58il faudra que l'Europe soit à la table de négociation.
09:01« Sinon, aucun accord de paix ne sera applicable, puisque ça concerne les Européens. »
09:07Ce qui est quand même assez nouveau, ça, dans les discours,
09:09parce qu'on voit les Européens depuis des mois s'acharner pour essayer de faire entendre leur voix,
09:14ne serait-ce que pour être assis autour de la table.
09:17Vous avez vraiment le sentiment, aujourd'hui, qu'ils vont avoir une plate qui compte ?
09:20Non, ce n'est pas si nouveau ça, parce que c'est ce que tous les Asiatiques nous disent.
09:22Alors, ils ne le disent pas en public, mais ils le disent par les canaux diplomatiques.
09:26Il serait tout à fait normal que les Européens soient à la table de négociation.
09:31Et là, pour la première fois, il l'a dit, en effet, dans une enceinte,
09:34qui est une enceinte publique, relayée par toutes les télévisions du monde.
09:37Et ensuite, il a été interrogé, c'était encore mieux, par l'inventeur du forum de Munich,
09:45et qui lui demandait, mais il lui a dit, il y a quatre ans, vous étiez là, dans le même
09:49fauteuil, devant moi,
09:50et il y a quatre ans, vous avez rappelé l'attachement de la Chine à l'intégrité territoriale des États
09:57tels qu'elle existe dans la Déclaration des frontières à l'ONU, pour tous les États qui font partie de
10:02l'ONU.
10:02Est-ce que vous seriez prêt, aujourd'hui, à répéter cette déclaration ?
10:06Et Wang Li a répondu oui, et il a détaillé, il a dit, mais oui, mais bien sûr,
10:10la Chine considère qu'il faut respecter le droit international,
10:15elle considère que la souveraineté des États est un élément essentiel,
10:19que la garantie de l'intégrité territoriale des États est un autre élément essentiel.
10:23Alors, bien entendu, il n'a pas prononcé le mot Ukraine, il n'a pas prononcé le mot Xi,
10:28il n'a pas prononcé le mot Russie, il n'a pas prononcé le mot Poutine.
10:31Parce qu'en Asie, on considère que c'est inutile de s'attaquer à Poutine, personnellement,
10:37mais sur le fond, on considère que l'intégrité territoriale est un principe qu'il faut respecter,
10:43et maintenant, on sait également, puisqu'il a dit publiquement, que la Chine veut que les Européens soient à la
10:48table.
10:48Ce qui veut dire que la négociation qui va avoir lieu demain, après-demain, n'a pas grand sens.
10:53Et il a raison, M. Wang Li, elle ne peut pas mener très loin,
10:56puisqu'une partie des gens concernés ne sont pas à la table de négociation.
11:01Alors, ça pose un autre problème, c'est comment doit être représentée l'Europe à cette table de négociation ?
11:05Par qui ? Parce que ça, c'est un sujet, quand on voit Orban d'un côté...
11:08M. Wang Li ne se prononce pas là-dessus, c'est l'affaire des Européens.
11:11Alors, c'est compliqué, parce qu'il ne faudra pas forcément que ce soit les institutions européennes,
11:17il faudra qu'il y ait les Européens qui comptent, c'est-à-dire les Allemands, les Français, bien sûr,
11:23mais aussi les Anglais. Il faut donc qu'il y ait les deux membres permanents du Conseil de sécurité,
11:27donc c'est hors institution. Il faudra qu'il y ait une représentation ad hoc.
11:30On en avait inventé une lorsqu'on a fait une négociation nucléaire avec les Iraniens,
11:34où il y avait en effet les Français, les Allemands, les Anglais,
11:37puis il y avait aussi les institutions européennes, mais qui étaient là un petit peu sur un strapontin.
11:42Probablement, il faudra pratiquer de la même manière.
11:45Il faudra qu'il y ait une sorte de directoire européen,
11:50compétent et en mesure de peser dans la discussion,
11:54notamment sur le plan militaire, sur le plan des garanties militaires à donner à l'Ukraine,
11:58après le cessez-le-feu.
12:00Voilà, on n'y est encore pas du tout à cela.
12:03Tout ce qui nous revient aujourd'hui de Russie, de Moscou,
12:06j'ai les dernières dépêches que j'ai imprimées exprès,
12:08les concessions territoriales de l'Ukraine vis-à-vis de la Russie,
12:11un dossier présenté par Moscou comme le principal sujet des négociations qui vont avoir lieu demain,
12:16la position du Kremlin reste inchangée, elle ne bouge pas d'un iota.
12:18Bien sûr, parce que M. Zelensky sait très bien que la population ukrainienne
12:24et l'armée ukrainienne n'accepteraient pas la concession qui est demandée par Moscou,
12:28à savoir l'abandon du Donetsk, que les Russes ont été incapables de conquérir par les armes.
12:34En plus, c'est une partie du territoire qui est fortifiée,
12:36qui commande l'accès à des plaines qui sont plus à l'ouest,
12:39et effectivement, pour Kiev, il n'est pas question d'abandonner ce territoire
12:44que l'armée russe n'a pas été capable de conquérir.
12:47J'ajoute que Moscou redouble le bombardement sur la ville d'Odessa,
12:52et que pour Moscou, qui ne le dit pas, Odessa est un objectif très important,
12:57parce que ça commande l'accès à la mer Noire pour l'Ukraine,
13:00l'accès des drones qui vont contre les bateaux de guerre russes en mer Noire,
13:06mais aussi port de l'écoulement des céréales ukrainiennes.
13:10Par conséquent, ce n'est pas fini, ça va encore durer un certain temps.
13:13Le format qui a été le format d'Abu Dhabi et qui sera le format de Genève,
13:19demain et après-demain, n'est pas le bon format.
13:22Il manque un certain nombre de participants, il manque les Européens, comme j'ai dit,
13:26les Britanniques qui sont Européens, et probablement aussi les Turcs
13:29qui commandent les détroits de la mer Noire.
13:31J'aimerais qu'on regarde un instant, Claude Blanche-Maison, ce qui se passe sur le terrain,
13:35parce que quand on parle diplomatie, c'est toujours bon de se rattacher à ce qui se joue sur le
13:40front.
13:41La guerre qui se poursuit en Ukraine, épuisée bien sûr par les attaques russes incessantes,
13:46malgré les annonces du Kremlin, plusieurs études estiment que la progression russe reste lente
13:51et coûteuse aujourd'hui, tant sur le plan humain qu'économique.
13:54Les précisions tout de suite de Noémie Roche.
13:58Encore sous le choc, les employés de ce centre pour enfants handicapés sont venus déblayer
14:03et constater les dégâts.
14:05Le centre médical de la ville, situé au nord du pays, a été touché par une frappe russe
14:11dans la nuit de samedi à dimanche.
14:13Aucune victime n'est à déplorer, mais le bâtiment récemment rénové a subi de gros dégâts.
14:20Vers 23h40, j'ai entendu une explosion.
14:22J'ai eu peur bien sûr, mais tout allait bien à la maison.
14:28Puis mes voisins ont appelé et ils m'ont dit
14:30« Votre centre d'accueil est en feu ».
14:36Traumatisante pour la population, ce type d'attaque ne cesse de s'intensifier
14:40contre les villes et les infrastructures ukrainiennes.
14:43Selon un rapport de chercheurs britanniques, les frappes de missiles et de drones
14:47ont eu lieu presque chaque nuit en Ukraine en 2025
14:50et se sont poursuivies en 2026, privant des millions de personnes
14:54d'un accès stable à l'électricité, au chauffage et à l'eau.
14:57Le nombre de victimes civiles ukrainiennes a ainsi bondi de 26% en 2025.
15:04Pendant ce temps, Moscou met en avant ses avancées militaires.
15:08En deux semaines en février, malgré des conditions hivernales sévères,
15:13les forces combinées et les unités militaires du groupement interarmé
15:16ont libéré 12 localités.
15:18Plus de 200 km² de territoire sont passés sous notre contrôle.
15:25Des gains territoriaux à relativiser.
15:28Dans une étude publiée fin janvier,
15:30le Center for Strategic and International Studies
15:33explique que l'armée russe avance remarquablement lentement sur le champ de bataille.
15:38Depuis début 2024, celle-ci n'aurait conquis que 1,5% du territoire ukrainien.
15:44Des gains modestes pour un coût élevé.
15:47Même si elle ne s'est pas effondrée,
15:49l'économie russe montre des signes de tension à cause de la guerre.
15:53Selon cette même étude, la croissance économique aurait ralenti à 0,6% en 2025.
15:59Le coût humain de la guerre, enfin, est lui aussi très lourd.
16:02Les pertes de l'armée russe seraient 2 à 3 fois et demi supérieures à celles de l'armée ukrainienne.
16:08Voilà, je voulais qu'on s'arrête sur ce qui se passe sur le terrain
16:11et m'adresser aussi à l'ancien ambassadeur de France que vous avez été en Russie.
16:16Il y a les discours, les narratifs russes,
16:18et puis il y a ce qui se passe réellement, concrètement, factuellement sur le terrain.
16:23Cette armée russe, malgré tout, elle a du mal à avancer.
16:26Elle bombarde de façon incessante les Ukrainiens,
16:31mais sur le terrain, ses positions restent quasi inchangées ces derniers mois.
16:34Oui, alors on a vu le général Gerasibov, le chef d'état-major,
16:37qui naturellement tient le langage habituel russe, voire soviétique.
16:42C'est-à-dire, l'armée fait des progrès suivant le plan, suivant les plans, toujours.
16:47Bien entendu, mais la réalité est assez différente.
16:49Les progrès sont, dans le fond, extrêmement lents, voire insignifiants.
16:54Les pertes sont considérables.
16:56Et puis, effectivement, on vise des objectifs civils pour l'essentiel,
17:01c'est-à-dire des infrastructures énergétiques,
17:03et puis carrément des logements de civils.
17:09Et par conséquent, on cherche délibérément à terroriser la population
17:13pour l'amener, d'une manière ou d'une autre, à demander la fin des combats,
17:18c'est-à-dire la capitulation.
17:19C'est l'objectif poursuivi par ces bombardements sauvages, civils,
17:24qui sont contraires à toutes les lois internationales.
17:28Et l'hiver est encore long, là-bas.
17:31L'hiver, le long et le plus rude depuis le début,
17:34c'est-à-dire qu'il va bientôt entrer dans sa cinquième année.
17:36Il a fait, pendant plusieurs semaines, moins 20 degrés.
17:38Ça, c'est la réalité.
17:39Il fait très froid, et il y a en effet beaucoup de logements
17:41qui ne sont plus du tout chauffés, parce qu'il n'y a plus d'électricité,
17:45que le chauffage par quartier, comme c'est le cas dans toutes les villes
17:50anciennement soviétiques, à chauffage collectif, par tuyau d'eau chaude,
17:54et en effet, ne marche plus.
17:56Et par conséquent, les gens risquent de mourir de froid.
18:00Cette nouvelle façon de faire la guerre, parce qu'on utilise aujourd'hui,
18:02on le répète assez souvent dans ce pari direct,
18:04que la Russie, aujourd'hui, utilise l'hiver comme une arme contre les Ukrainiens
18:08et espère, justement, capitaliser sur ces mois extrêmement éprouvants
18:13pour les civils, mais aussi l'armée.
18:15Est-ce que vous, vous y voyez le signe d'une armée russe, quand même, affaiblie,
18:21qui, elle aussi, compte les mois, compte les années ?
18:24Oui, sans doute, mais comme vous le savez, le Kremlin a monté un système
18:29qui fait que, d'abord, on paie les gens pour aller au front,
18:32et puis ensuite, on paie les familles lorsqu'il y a des morts,
18:36lorsqu'il y a des disparus, et par conséquent, dans le fond,
18:40dans des parties assez reculées de la Russie,
18:42où le niveau de revenu est très faible,
18:45les gens, dans le fond, acceptent cette situation.
18:50Ils font, contre, en mauvaise fortune, bon cœur.
18:54Ce qui risque de changer la donne, c'est, en effet, dans les prochains mois,
18:58la dégradation de l'économie, comme on l'a dit dans votre sujet.
19:01Alors, cette dégradation, elle est encore lente.
19:04Les chiffres sont illusoires, puisque ce qui marche,
19:07c'est simplement l'économie militaire, le complexe militaro-industriel,
19:11qui dope un peu les chiffres de la croissance.
19:14Qui a tourné à plein régime en 2025, il faut le dire.
19:16Jour et nuit, puisqu'il n'y a pas de limite,
19:18puisque c'est un système d'État, et qui peut fonctionner à plein régime.
19:21Il commence à avoir des problèmes de recrutement de personnel qualifié.
19:25Donc, là aussi, il y a des limites.
19:27Et puis, pour le reste, on sait que la gouverneure de la Banque centrale,
19:32qui était autrefois, moi, quand je l'ai connue,
19:34elle négociait l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce,
19:37et elle était plutôt une bonne économiste.
19:39Donc, elle sait bien, elle, que l'économie russe va à sa perte.
19:44Mais elle ne peut pas le dire, parce que sinon,
19:46elle ne serait plus demain matin au poste qu'elle occupe,
19:48et qu'elle reste fidèle, naturellement, à Poutine.
19:52Mais c'est vrai que des taux d'intérêt très élevés
19:55font que, dans le domaine de l'économie civile,
19:59il ne se passe plus rien, puisqu'il n'est plus possible d'avoir des prêts.
20:03Et donc, tout est à l'arrêt, pratiquement.
20:06On le voit dans le domaine automobile,
20:08on le voit dans d'autres domaines,
20:09où plus rien ne se passe.
20:11Némiroche faisait état, dans son sujet, il y a quelques instants,
20:13d'un début de tension au sein de la société civile russe.
20:17Est-ce que ça, la situation économique,
20:19ça pourrait devenir le quai eu dans la chaussure de Vladimir Poutine ?
20:21Ça prend du temps à s'installer, à venir,
20:23mais une fois que ce sera concret et assumé aussi par les russes...
20:26Malheureusement, elle a eu l'habitude de subir,
20:30de subir beaucoup de choses,
20:33et pour le moment, elle subit.
20:34Alors, on comptait un petit peu sur les oligarques,
20:37inventés par Yeltsin, puis par Poutine,
20:39mais les oligarques, ils ont peur.
20:41Ils ont peur parce que s'ils disent quelque chose,
20:43ils sont évidemment contre la poursuite de cette guerre,
20:45pour la plupart d'entre eux.
20:47Mais s'ils le disent publiquement,
20:49eh bien, ils devront s'exiler ou aller en prison.
20:53Quand on voit les accusations qui sont proférées contre le Kremlin
20:56ces dernières heures,
20:57l'empoisonnement d'Alexei Navalny,
20:58réfuté avec force, évidemment...
21:00Très sophistiqué, parce qu'avec un poison
21:01qui vient d'Amérique latine,
21:04avec des grenouilles très spéciales, etc.
21:06Ça veut dire qu'en effet,
21:08le FSB a toujours ses laboratoires
21:11très élaborés, très sophistiqués,
21:14pour fabriquer des poisons.
21:16Le dernier rapport du renseignement estonien
21:18a rendu public mardi 10 février
21:21que Moscou avait produit plus de 7 millions
21:23de munitions l'an passé.
21:25On parlait de ce complexe militaro-industriel
21:27qui a tourné en plein régime l'année passée.
21:30Est-ce que finalement,
21:31donc il a produit en un an 17 fois plus
21:34qu'au début du conflit en Ukraine,
21:35est-ce que la Russie n'est pas en train
21:37de préparer sa prochaine guerre ?
21:39Faire la paix avec l'Ukraine ?
21:41Je crois qu'elle est surtout en train
21:42de devenir une économie strictement militaire
21:44et qui aura beaucoup de mal à se reconvertir.
21:46Alors c'est peut-être ça, en effet,
21:48qui revient à ce que vous dites.
21:49D'ailleurs, c'est que Poutine,
21:50pour se maintenir au pouvoir,
21:52a peut-être besoin maintenant
21:53de sa machine de guerre,
21:54d'une machine de guerre.
21:55Maintenant, la limite à tout ça,
21:57c'est que les prochains sur la liste,
21:59comme l'avait dit M. Lavrov un jour,
22:01où il était interrogé par des journalistes
22:04sur le ton de la plaisanterie de mauvais goût,
22:06quand ils lui demandaient,
22:08les prochains, c'est qui ?
22:09Et il avait répondu, la Moldavie.
22:10Bon, bien sûr,
22:11parce que c'est un pays très faible
22:13et qui n'est pas dans l'OTAN.
22:15Et puis, pour ce qui est de la Géorgie,
22:17c'est déjà fait par les moyens électoraux,
22:19par les trucages électoraux.
22:20Moi, je doute actuellement
22:21que l'armée russe ait les moyens
22:23de s'attaquer directement
22:24à un pays de l'OTAN.
22:25Il peut y avoir des actions
22:26de guerre hybride, bien entendu.
22:28C'est déjà le cas, d'ailleurs.
22:30Mais s'attaquer avec des moyens militaires
22:32directement à l'OTAN,
22:34je ne suis pas sûr
22:35que l'armée russe soit prête
22:36à prendre ce risque.
22:37Ce serait une autre étape, évidemment,
22:39redoutée par les Européens et l'OTAN.
22:41Merci beaucoup, Claude Blanche-Maison.
22:42Merci d'avoir été l'invité
22:44de l'Info du jour.
22:45Restez évidemment avec nous.
22:46On va se retrouver dans quelques instants
22:47pour le journal de Paris Direct.
22:49A tout de suite.
22:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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