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00:00En place à l'analyse de David Delos maintenant. Merci d'être là David.
00:03Le discours de Marco Rubio tranche avec les attaques lancées l'an dernier par J.D. Evans, le vice-président
00:09américain. On s'en souvient encore ?
00:10Effectivement, oui. Mais en tout cas, il faut quand même le dire.
00:12Il aurait été indélicat de la part du secrétaire d'État américain de se lancer dans un nouveau réquisitoire contre
00:17les valeurs européennes.
00:19Il était urgent d'apaiser les tensions, de soulager les partenaires de l'Amérique, d'essayer de penser les plaies
00:24et de réparer une relation transatlantique très abîmée.
00:27A première vue, mission accomplie pour Marco Rubio. Son intervention a même été applaudie.
00:34Le secrétaire d'État a tendu la main au pays du vieux continent en assurant que les États-Unis et
00:40l'Europe sont faits pour être ensemble.
00:42Il a rappelé que le destin de l'Europe ne sera jamais sans rapport avec celui des États-Unis.
00:49Ce que veut Washington, selon lui, c'est revitaliser le lien avec une Europe forte.
00:54Il a même rappelé, il s'est souvenu d'ailleurs, que son pays sera toujours un enfant de l'Europe.
01:00Retour de mémoire, plutôt bienvenu.
01:02Et c'est bien beau, mais on reste quand même dans un très très bel exercice de diplomatie.
01:07Sur le fond, le discours n'est pas beaucoup plus rassurant que celui de J.D. Vince il y a
01:11tout juste un an.
01:12Quels sont les éléments négatifs que vous relevez ?
01:14Déjà, le fait que Marco Rubio demande aux dirigeants européens de se ranger derrière la bannière de Donald Trump.
01:20On va quand même rappeler qu'on parle d'un président américain qui condamne l'Europe à un effacement civilisationnel.
01:27Pas de quoi vraiment donner envie de se ranger derrière la vision d'un homme qui serait, si on en
01:31croit, le rapport annuel de cette conférence de Munich,
01:35le principal acteur du désordre mondial.
01:38On va rappeler que lorsque Marco Rubio dit que les Etats-Unis de Donald Trump sont prêts à mener la
01:43restauration de l'ordre mondial,
01:46ce sont des mots qui sont prononcés lors d'un événement qui a constaté que c'est son propre patron
01:50qui, ces derniers mois, a été le principal vecteur de chaos.
01:53On va rappeler les mots du rapport annuel de cette conférence de Munich.
01:57Un document intitulé « Under Destruction », un cours de destruction en bon français.
02:03Le monde est entré dans une ère de politique destructrice.
02:05L'ordre international est ravagé à coups de boulettes de démolition.
02:10La faute à qui ? La faute à Donald Trump, dont la politique de démolition promet de briser l'inertie
02:15institutionnelle.
02:16Alors si vous ajoutez à ça le fait que Marco Rubio a repris la rhétorique trumpienne sur la menace que
02:22représente l'immigration,
02:23venant de la part d'un fils d'immigré cubain, ça pose quand même un tout petit peu question.
02:28Et puis deux éléments qui peuvent être choquants.
02:29Marco Rubio a estimé que l'Europe peut survivre.
02:33C'est le mot qu'il a utilisé.
02:35Alors les pays européens certes traversent quelques difficultés, mais est-ce qu'ils en sont au point de subsister, de
02:41se maintenir en vie ?
02:42Je pose la question.
02:43Deuxième chose, quand le secrétaire d'État américain dit que les États-Unis veulent renouveler la plus grande civilisation de
02:50l'histoire,
02:51pas sûr qu'en Asie ou qu'en Afrique, on soit totalement d'accord avec ce que cette réflexion suggère.
02:57Et Marco Rubio qui a aussi évoqué le dossier de la guerre en Ukraine, David, qui a d'ailleurs laissé
03:03entendre,
03:03dit clairement que le président russe ne manifestait pas de volonté de mettre un terme à cette guerre qu'il
03:07a lui-même déclenchée.
03:08Effectivement, oui. Et qu'est-ce que ça induit ça ?
03:11A minima, un aveu d'impuissance.
03:14Washington a beau faire pression pour un accord de paix rapide, rien n'y fait.
03:18Alors moi je me souviens d'un certain Donald Trump qui avait juré qu'il mettrait fin à ce conflit
03:22en 24 heures.
03:24Il parlait d'une négociation facile, mais ça c'était avant, quand il était candidat à sa réélection.
03:30Aujourd'hui, le patron de la Maison-Blanche met la pression sur l'Ikraine.
03:34Il a exhorté le président Zelensky, je le cite, à se bouger pour parvenir à un accord.
03:39Je note au passage que ce sont des mots qu'il évite d'utiliser avec un certain Vladimir Poutine.
03:43Marco Rubio, lui, ne sera plus à Munich quand le président Zelensky recevra le prix Ewald von Kleist.
03:50C'est un prix qui récompense les contributions exceptionnelles à la paix.
03:54En revanche, en début de semaine prochaine, le secrétaire d'Etat américain sera bien en Hongrie,
03:59pays dirigé par l'allié de droite Viktor Orban, un président qui s'oppose à toute aide à Kiev
04:05et qui préfère garder un canal ouvert avec le Kremlin.
04:08Il y a des déplacements et des actes qui sont plus éloquents que certains discours.
04:13Merci beaucoup David, merci pour cette analyse.
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