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  • il y a 17 minutes
L'œil de Maxime Lledo



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##EDITO_MAXIME-2026-02-15##

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News
Transcription
00:00De quoi la mort de Quentin est-elle le nom ?
00:02Hier, Quentin, étudiant de 23 ans, est officiellement décédé,
00:05trois jours plus tôt, jeudi soir, à Lyon, en marge d'une conférence d'une eurodéputée LFI.
00:10Ce qui aurait dû rester une action militante s'est transformée en tragédie.
00:14Depuis plusieurs, plusieurs signaux troubles dessinent le portrait d'un pays plongé dans des affres douloureuses.
00:20D'abord, il y a eu les mots.
00:22Très vite, médiatiquement et politiquement, on a parlé de rixes, de bagarres, de rassemblements qui a mal tourné,
00:27comme si l'idée même qu'un déchaînement de violence puisse conduire à la mort était devenue impossible à nommer,
00:32comme si l'euphémisme servait à adoucir l'insupportable.
00:36Puis, les images ont surgi.
00:37Diffusées par la chaîne TF1, elles montrent une scène d'une brutalité extrême.
00:42Quentin, poursuivi, rattrapé, puis violemment frappé, une balayette, une chute et des coups portés à même le sol.
00:48L'avocat de la famille lui-même évoque dans un communiqué une volonté de tuer difficilement discutable.
00:54Ensuite, il y a eu le deuxième problème, c'est-à-dire le regard porté sur la victime.
00:57Le profil de Quentin a immédiatement suscité des réactions ambiguës chez certains commentateurs,
01:02comme si dans notre époque, l'identité d'une victime devenait un filtre moral.
01:06Parce qu'il était engagé politiquement, à droite, patriote, catholique,
01:10certains ont semblé hésiter à lui accorder la compassion pleine et entière
01:14due à toute victime de violence dans un pays normal.
01:16C'est le symptôme d'une dérive beaucoup plus profonde,
01:19celle d'une société où l'adversaire n'est plus seulement un contradicteur,
01:22n'est plus seulement quelqu'un avec qui on doit combattre les idées,
01:26mais un ennemi qui est moral, où l'on juge donc d'abord la personne avant même de condamner l
01:31'acte.
01:32Et je constate depuis des années une sorte d'asymétrie assez lunaire,
01:36les mots employés, l'intensité de l'indignation, la difficulté à condamner,
01:41la dramaturgie médiatique varie de plus en plus selon l'identité des victimes.
01:46Certaines seraient donc immédiatement sanctifiées, d'autres ont le mérite d'attendre
01:52ou doivent absolument être contextualisées, relativisées, c'est-à-dire d'abord suspectes.
01:56Une démocratie ne peut vivre si elle hiérarchise implicitement la dignité de ces victimes.
02:01Troisième point, la question des groupuscules violents.
02:03Il ne s'agit pas ici d'amalgamer, mais de constater des faits.
02:12Certains mouvements ont été dissous rapidement par décision administrative,
02:15quand d'autres, malgré des accusations répétées ou des procédures judiciaires en cours,
02:19continuent d'exister dans une zone grise juridique et politique.
02:23Le cas par exemple de la jeune garde, dont la procédure de dissolution reste suspendue
02:27dans l'attente d'une décision du Conseil d'État,
02:29alimente depuis longtemps ce sentiment quand même d'un deux poids de mesure
02:32en fonction de l'endroit où vous êtes sur le bord politique,
02:35sur l'échec qui est politique, à savoir si vous êtes à droite ou si vous êtes à gauche.
02:39Je rappelle ici, à juste titre, que le groupuscules génération identitaire
02:42classé à l'extrême droite fut dissous avec davantage de volonté.
02:46Il est également important de rappeler que plusieurs membres de ce collectif,
02:50la jeune garde, ont été mis en examen dans des affaires violentes en 2024
02:54et que des soutiens politiques existent encore pour défendre leur action
02:57au nom de la lutte contre l'extrême droite.
02:59Par exemple, deux jours avant l'agression de Quentin,
03:01le groupe parlementaire de la France Insoumise demandait encore publiquement,
03:05et c'est encore en ligne ce matin,
03:06l'abandon de cette procédure de dissolution de ce groupe, la jeune garde,
03:10jugeant ce collectif, je cite,
03:11« essentiel dans la lutte contre l'extrême droite ».
03:14Un dernier effet encore, Sciences Po Lyon n'a toujours pas réagi publiquement.
03:18Et pendant que le débat national s'enflamme,
03:20il est important de rappeler les paroles et les propos des parents de Quentin,
03:23qui appellent au calme.
03:24Ils demandent simplement que justice soit faite et que la mémoire de leur fils soit respectée.
03:28Alors de quoi la mort de Quentin est-elle le nom ?
03:30Peut-être d'une époque où la violence politique cesse d'être marginale
03:34pour devenir une tentation, une véritable tentation,
03:37pour ne pas dire un idéal et un horizon.
03:39C'est un pays où certains refusent encore de voir que la brutalisation du débat public
03:43n'est pas une métaphore, mais belle et bien une réalité.
03:46Et là aussi un rappel essentiel qui ne sont pas acquis dans notre pays,
03:49quelles que soient les idées, aucune, mais alors aucune,
03:52ne justifie qu'un jeune homme perde la vie.
03:55Et c'est triste de constater que même dans certaines forces politiques aujourd'hui,
03:58cela ne semble pas être totalement acquis et ne semble pas être la norme.
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