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  • il y a 11 heures
Dans son édito du 14/02/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00Alors, vous avez dit il y a quelques instants, on en parle beaucoup depuis hier, mais on en parle beaucoup
00:05sur cette antenne et très peu ailleurs.
00:08C'est-à-dire qu'une partie du pays, s'il ne regarde pas ces news, n'est pas au
00:12courant du fait qu'un jeune homme a été lynché, a été massacré et est finalement mort
00:19parce qu'une milice d'ultra-gauche, de jeunes hommes manifestement avec une psychologie milicienne, se sont permis de le
00:27battre à mort.
00:28Et c'est une scène de rage, c'est une scène de violence extrême et comment ne pas y voir
00:34?
00:34Vous savez, de temps en temps, chez l'être humain, il y a le désir de franchir un cap.
00:37De temps en temps, il y a le désir de donner le dernier coup, de faire l'ultime transgression.
00:42Comment ne pas voir dans ce qui, dans les faits, était une mise à mort ?
00:46On aura tous les détails ensuite, mais manifestement c'était ça.
00:48Comment ne pas y voir un acte de la plus terrible violence politique qui revient ?
00:54Alors, ce qu'on doit chercher à comprendre, c'est ce qui a rendu la chose possible.
00:58Le premier élément, c'est le délire antifa.
01:02Par définition, si vous vous présentez comme un antifasciste
01:04et que vous avez devant vous des gens que vous assimilez au fascisme ou au nazisme qui reviennent,
01:09dès lors que vous collez l'étiquette de fasciste à quelqu'un, ou de nazi plus encore,
01:13vous vous donnez le droit d'amener la lutte jusqu'à mort.
01:16Dès lors que vous êtes devant des nazis, on ne discute pas avec les nazis.
01:19On les combat, on fait tout ce qu'il faut pour les éliminer.
01:22À l'échelle de l'histoire, c'est ça.
01:23Lorsque vous collez à quelqu'un l'étiquette de fasciste ou de nazi,
01:26c'est un permis de tuer mentalement que vous vous donnez.
01:30La mort sociale, la plupart du temps, mais il arrive qu'on se franchisse un seuil,
01:35et là, c'est la mort physique.
01:36Rappelez-vous l'histoire de Charlie Kirk aux États-Unis, il y a quelques mois à peine.
01:41Eh bien, aujourd'hui, il y a un Charlie Kirk français, et c'est Quentin,
01:44qui, dans les circonstances, se présentait, si j'ai bien compris, les détails restent à venir,
01:48mais protégeait les jeunes femmes de Némésis,
01:51qui protestaient contre la venue d'Eurima Hassan pour une conférence à Lyon.
01:56Deuxième élément, les antifas sont des miliciens.
02:00Il faut nommer les choses comme telles, ce sont des miliciens.
02:02Et les antifas, en général, se comportent, en fait,
02:06comme une milice qui a pour vocation de semer la terreur.
02:10Semer la terreur en laissant la possibilité, chaque fois,
02:13d'intervenir sur un événement, de frapper, de passer à la violence physique.
02:18Je note, par exemple, qu'un historien qui est très célébré à gauche aujourd'hui,
02:21Marc Bré, avait écrit un livre sur la mouvance antifa,
02:24et légitimait la violence physique comme instrument d'intimidation
02:28pour être capable de rendre le coût social de certaines idées tellement élevées
02:32que certains s'auto-censueront par peur de la violence physique.
02:35On voit jusqu'où la violence physique est arrivée.
02:39L'époque était la violence.
02:40J'ai souvent dit qu'il y a une forme de réchauffement global des passions politiques.
02:43À l'échelle de l'histoire, la politique se conjugue davantage avec la violence
02:46qu'avec la conversation.
02:48Eh bien, nous y sommes de retour.
02:50Dernier élément sur lequel je voudrais revenir avant de passer la parole
02:52à notre ami Arthur de Vatrigan.
02:53Je voudrais parler du système médiatique, de sa manière de traiter cet acte absolument atroce.
03:01Soit qu'on n'en parle pas.
03:02On l'a dit sur plusieurs chaînes d'info, dans certains journaux.
03:06C'est un non-événement.
03:07La mise à mort de Quentin est un non-événement.
03:09Le fait de le battre à mort, que les milices d'extrême-gauche le battent à mort,
03:13c'est un non-événement.
03:14Ou alors on en parle comme un événement de violence générique.
03:17Des violences auraient eu lieu.
03:19Des violences qui sortent de nulle part.
03:20Des violences qu'on refuse de caractériser.
03:23Mais demandez-vous un instant si les miliciens en question étaient d'ultra-droite.
03:26Pensez-vous un seul instant qu'il y aurait un tel silence.
03:30À certains égards, ça fait penser à l'événement de Crépaule.
03:33Rappelez-vous, Crépaule, on avait refusé de nommer le racisme anti-blanc
03:36parce qu'il n'entrait pas dans le narratif médiatique global.
03:39Soit encore on lui présente ça comme une rixe entre bandes rivales.
03:44Donc là, l'agresseur et l'agressé sont mis dans le même sac,
03:48dans le même événement.
03:49C'est d'ailleurs le traitement qu'a proposé l'AFP, si j'ai bien compris,
03:53pendant un temps tout le moins,
03:54qui nous a une rixe.
03:55Et donc, on présente cette rixe, et là je quitte l'AFP,
03:58on peut même nous dire quelquefois,
03:59entre des militants d'extrême-droite identitaire
04:01et des militants antifascistes.
04:04Finalement, encore une fois, l'agressé devient l'agresseur.
04:08Je note que chez certains, il y a une légitimation de la violence.
04:10J'ai vu un député de LFI dire
04:14pourquoi il y a-t-il de ces bandes antifa,
04:16parce qu'il considère que la police ne va pas assez loin
04:18dans la protection des militants de gauche
04:21contre les bandes apparemment identitaires radicales d'ultra-droite.
04:24Donc, il y a une forme d'appel à l'autodéfense
04:26dans une partie de la gauche radicale
04:27qui légitime dès lors une privatisation de la violence.
04:31Soit, ça va encore plus loin, et ça je l'ai vu,
04:33des gens non seulement disent que Quentin l'a bien cherché,
04:37et par ailleurs, avec les idées qui sont les siennes,
04:39est-ce qu'il faut vraiment pleurer sa mort ?
04:41Avec les idées qu'on lui prête,
04:42est-ce qu'on ne doit pas plutôt simplement dire
04:44« bon débarras, je l'ai lu sur les fameux réseaux sociaux ».
04:47Donc, et la gauche radicale, dans les circonstances actuelles,
04:49vous noterez, ne recule en rien,
04:51d'aucune manière ne s'excuse,
04:53d'aucune manière ne remet en question la violence politique,
04:55et à travers le récit actuel,
04:57c'est encore l'extrême-droite qui est coupable.
04:58L'extrême-droite est coupable en tout,
05:00même quand elle est battue à mort.
05:02Cette violence militienne d'ultra-gauche
05:04relève d'une forme de terreur intérieure
05:05qu'il nous faut nommer aujourd'hui.
05:07Il nous faut d'autant plus la nommer
05:08que le récit médiatique dominant
05:10fait tout pour l'occulter.
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