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00:10Bonjour et bienvenue dans En Tête à Tête, l'émission consacrée aux grands entretiens de Frost 24.
00:14Notre invité aujourd'hui est le secrétaire général de l'OTAN, M. Mark Rutter.
00:17Merci de répondre à nos questions.
00:19C'est un plaisir d'être là.
00:21Mark Rutter, la conférence de Munich sur la sécurité, nous nous trouvons à publier un rapport.
00:26Elle y décrit les actions de l'administration Trump comme une arme de démolition.
00:31Donald Trump a-t-il été une arme de démolition contre l'OTAN ?
00:35Non, au contraire.
00:38L'année dernière, tous les pays européens de l'OTAN et le Canada ont atteint cet objectif de 2%
00:43de dépenses.
00:44De grandes économies comme l'Espagne, la Belgique, l'Italie, le Canada ont atteint ces 2%.
00:50Et lors du sommet de l'OE l'été dernier, nous sommes contenus d'un nouvel objectif de 5%
00:54que nous atteindrons au cours des prochaines années.
00:57Avec une excellente trajectoire, notamment les 3,5% de défenses en tant que telles.
01:02Le président Trump a été très important, non seulement parce qu'il l'appelait de ses voeux, mais aussi parce
01:06que les Allemands, les Néerlandais, les Français ont compris la grande menace qu'est la Russie.
01:13Direz-vous qu'il a sauvé l'OTAN ?
01:14Je dirais qu'on a eu de la chance d'avoir ce président américain qui pousse pour cela, et à
01:23la fois qu'il y ait cette unité des visions entre Européens.
01:26Hier, lorsque nous avons eu une réunion ministérielle à Bruxelles, j'ai été très frappé de voir non seulement que
01:34nous sommes convenus des dépenses de défense et cette incroyable trajectoire, mais aussi ce changement de mentalité que j'ai
01:40vu hier.
01:41L'Europe assure davantage son rôle de leadership au sein de l'OTAN.
01:45Ce que j'ai vu hier, c'est l'Europe qui prend aux mains sa propre défense avec les États
01:50-Unis au sein de l'OTAN.
01:51Les Américains seront toujours engagés dans l'OTAN, encore plus qu'il y a un an.
01:56Je pense que l'OTAN est plus forte qu'il y a un an.
01:58Et je dirais que pour cette raison, nous sommes plus forts ensemble.
02:02Et nous pouvons faire face à nos adversaires avec plus de confiance.
02:07Les Américains se sont-ils engagés vis-à-vis de vous à ne pas retirer massivement leurs troupes d'Europe
02:13et à maintenir leur parapluie nucléaire tel qu'il est ?
02:19Eh bien, vous n'avez qu'à lire le discours de Bridge Colby, du Pentagone, un discours qu'il a
02:23tenu hier de la réunion des ministres.
02:25Ce discours a été publié.
02:26Il n'a pas donné de chiffres.
02:29Les chiffres, nous les connaissons.
02:32Nous savons que pour que l'Europe reste forte, nous avons besoin d'un engagement américain en Europe.
02:37Mais pour la sécurité des États-Unis, il leur faut une Europe forte, l'Arctique fort, l'Atlantique sûre.
02:43Nous sommes dans le même bateau.
02:45Personne ne veut détruire l'OTAN.
02:46Ce que nous voulons, et ce qu'attendent les Américains, c'est que les Européens assurent davantage de leadership.
02:52Et c'est en train de se faire, c'est tout à fait positif.
02:55Lorsque vous vous levez le matin, vous pensez plus à l'Ukraine ou au Groenland ?
03:00L'Ukraine, évidemment.
03:01J'en étais la semaine dernière et j'ai encore été frappé par la résilience du peuple ukrainien.
03:10Mais j'ai aussi vu de mes propres yeux une centrale thermique être détruite par cinq missiles, complètement détruite.
03:16Une centrale thermique qui a assuré le chauffage pour ces grands blocs d'appartements à Kiev.
03:22Deux mille, cinq cent mille personnes qui vivent dans des conditions extrêmement difficiles, moins 25 degrés.
03:27Et ces gens n'ont pas de chauffage pour les deux prochains mois.
03:30Mais les Ukrainiens sont résilients, ils ne cèderont pas.
03:34Et au moment où nous parlons, les Russes avancent très lentement dans le Donbass.
03:38C'est vraiment à la vitesse d'un escargot que nous voyons et pas d'un grand tour sur Russes.
03:44Et 35 000 soldats russes sont tombés en décembre, 35 000 en janvier.
03:53Combien de pertes selon votre analyse ?
03:55Je n'ai pas le total des chiffres en tête, mais en deux mois, c'était 65 000 morts.
04:00C'est un chiffre extrêmement élevé.
04:02L'Union soviétique, dans les années 1980, a perdu 120 000 soldats en dix ans en Afghanistan.
04:08Et là, c'est 65 000 morts en deux mois.
04:11Mais vous l'avez dit à plusieurs reprises, ce qu'on fait pour l'Ukraine, le soutien, c'est trop
04:15peu, trop lentement.
04:17Qu'est-ce qui manque ?
04:18La bonne nouvelle, c'est que hier, lors de la réunion des ministres à Bruxelles,
04:23les Européens et les Canadiens en font plus pour l'Ukraine.
04:25Mais pas assez.
04:27Non, c'est vrai. Nous avons besoin de plus d'intercepteurs, de plus d'ubinitions, et nous travaillons là-dessus.
04:33Je dois dire que j'étais très impressionné lors de la réunion hier des ministres de la Défense.
04:37Il y a eu beaucoup d'engagement.
04:39Beaucoup de choses sont en préparation et des engagements seront annoncés au cours des prochaines semaines.
04:46Donc, ça veut dire que ce que veulent les Ukrainiens, c'est 15 milliards de dollars d'investissement.
04:52Et vous avez validé, dans le cadre d'un programme qui prévoit que les pays européens achètent des armes américaines,
04:59tout ça sera réalisé ? C'est réaliste ?
05:02Oui, tout à fait. C'est réaliste. C'est du matériel essentiel, à la fois létal et non létal, notamment
05:07ces intercepteurs.
05:08Il faut intercepter les missiles lorsqu'il y a un risque qu'ils s'écrasent sur une ville.
05:12Et seuls les États-Unis sont capables de les fournir dans ces ordres de grandeur.
05:17Nous en avons tous conscience, c'est nécessaire, avec un financement européen et canadien, et nous voyons beaucoup de pays
05:23qui participent.
05:24Venons-en aux négociations.
05:26Il semble que les Américains fassent pression sur les Ukrainiens pour qu'ils acceptent un cessez-le-feu, en juin,
05:32peut-être, avant les élections au demi-mandat aux États-Unis.
05:35Est-il acceptable de mettre une date butoir aux Ukrainiens pour leur demander d'avoir un cessez-le-feu et
05:41de séduire les territoires ?
05:43Ce n'est pas comment je vois la situation des négociations.
05:46Le président Trump assure un leadership afin de surmonter le blocage avec le président Poutine,
05:52et avec son équipe Steve Witkoff, Marco Rubio, Jared Kushner, font avancer le processus de paix.
05:58Mais cela prend du temps.
06:00C'est toujours une impasse. Vous dites que nous l'avons quitté, mais elle est toujours là.
06:06Il y avait une seule personne qui était capable de commencer à négocier directement avec Poutine, et ça a été
06:10le cas.
06:11Je ne me souviens d'aucun conflit dans l'histoire récente qui a pu être résolu en l'espace de
06:16quelques semaines.
06:17Cela prend du temps.
06:18Le problème, c'est que nous ne savons pas si les Russes sont disposés à négocier.
06:23Ce que j'ai vu la semaine dernière en Ukraine montre le contraire.
06:27Ce que font les Américains, c'est de tester les Russes pour voir s'ils sont prêts à négocier.
06:34Les Européens doivent-ils également tester les Russes ?
06:37Le président français dit qu'il faut le faire.
06:39Les Allemands, en revanche, semblent être sur une ligne différente.
06:44Ce n'est pas l'un ou l'autre.
06:48Ce que le président français Emmanuel Macron a dit avec son conseiller à la sécurité nationale,
06:52les discussions avec les Russes,
06:55tout cela a été étroitement coordonné avec les Américains et les Européens.
07:00Nous verrons, mais les Américains gardent la main.
07:03Ils pensent que cela peut apporter quelque chose et que cela se fait d'une manière coordonnée, très bien.
07:08La Russie est-elle déjà en guerre contre l'OTAN ?
07:11Non, nous ne sommes pas en guerre avec la Russie.
07:14Vous voyez les attaques hybrides qui ont lieu.
07:17Ne soyons pas naïfs.
07:18Mais l'OTAN est si forte que les Russes ne nous attaqueront pas aujourd'hui ou demain,
07:22car ils savent que notre réaction serait dévastatrice.
07:24Le risque, c'est que dans 5-6 ans, la Russie soit si forte qu'elle essaie de nous attaquer.
07:30Voilà pourquoi nous devons renforcer nos dépenses de défense.
07:33Et la bonne nouvelle, c'est que nous le faisons.
07:34L'Allemagne dépensera plus de 150 milliards d'euros d'ici à 2029,
07:39deux fois plus qu'en 2021.
07:41Donc vraiment, les Allemands sur un leadership, c'est crucial.
07:44Est-ce que c'est le seul moyen de dissuader la Russie d'attaquer les Pays-Baltes ?
07:49Vous parlez des Pays-Baltes, vous, vous venez de Paris,
07:52mais n'oubliez pas que ces derniers missiles russes, ils volent à Mach 5.
07:57On ne peut pas les intercepter avec vos systèmes antimissiles.
08:02Nous sommes donc tous sur le flanc oriental.
08:05Tallinn n'est plus proche de Moscou que de 5 minutes que Paris.
08:09La différence, c'est 5 minutes.
08:10Nous sommes tous le flanc oriental.
08:12Nous devons tous mieux nous défendre,
08:15renforcer notre système de dissuasion, de défense,
08:18investir davantage dans notre industrie de défense.
08:20En France, vous avez parmi les plus belles entreprises de défense dans le monde,
08:24mais il faut qu'elles produisent plus.
08:26Le président leur a dit de le faire.
08:27Je sais, je suis tout à fait d'accord avec lui.
08:30Le président américain l'a dit aux entreprises de défense américaines
08:33pour que nous puissions mieux nous défendre.
08:36Sur le Greenland, vous avez négocié avec le président Trump,
08:39ce qui semble être une fin de la crise sur l'annexion du Greenland.
08:45La question est-elle maintenant réglée ?
08:47Il semble qu'il y a un accord cadre.
08:49Personne n'en connaît vraiment le contenu.
08:51Je peux vous dire, c'est assez simple.
08:53Voilà ce dont nous avons parlé.
08:54Lors du premier mandat de Trump, il était président,
08:56j'étais Premier ministre, son premier mandat.
08:59Nous avons parlé du Grand Nord et du Greenland.
09:01Il a tout à fait raison.
09:03Les Russes, les Chinois ont de plus à plus accès au Grand Nord.
09:06Vraiment ?
09:07Oui, absolument.
09:09Regardez la lune du Financial Times ce matin.
09:11Il y a un article très clair sur les efforts des Chinois et des Russes.
09:16Et tout cela est vérifiable avec des sources ouvertes.
09:18Donc, c'est réel.
09:19Le président américain a raison.
09:21Voilà ce dont nous avons discuté.
09:23Ce n'est pas seulement le Greenland, mais c'est tout le Grand Nord.
09:25Alors que là, nous avons l'OTAN.
09:27Et l'OTAN est plus à même que quiconque pour réunir les différents efforts
09:31afin de protéger le Grand Nord.
09:33Et pour ce qui est du Grand Nord plus spécifiquement,
09:36les discussions sont en cours avec le Danemark, le Groenland et les États-Unis.
09:41Par exemple, si les États-Unis installent leur système de défense au Groenland
09:46et que le statut du Groenland dans le royaume du Danemark évolue,
09:50que ces investissements sont sûrs et que l'on peut empêcher les Russes
09:55et les Chinois d'avoir accès à l'économie groenlandaise.
09:57Donc, cette crise est terminée.
10:01Nous avons lancé Arctic Century.
10:04C'est cette mission collective de l'OTAN dans le Grand Nord
10:06qui a commencé il y a seulement deux jours.
10:08Ce sera très important pour nous défendre.
10:10Marc Routet, merci d'avoir répondu à nos questions à Munich.
10:14Merci à vous.
10:15Merci d'avoir regardé cette édition de En tête à tête sur France 24.
10:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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