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Linda Kebbab, policière et secrétaire nationale du syndicat UN1TÉ Police, répond aux questions de Dimitri Pavlenko.
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00:00La grande interview sur Europe 1 et sur CNews, notre invitée ce matin, bonjour Linda Kebab.
00:08Bonjour.
00:09Bienvenue sur CNews et sur Europe 1, vous êtes policière, secrétaire nationale du syndicat Unité Police.
00:14Hier, Linda Kebab s'est tenue à Lyon une marche citoyenne à l'appel de la maman du jeune Théo,
00:18ce jeune homme de 19 ans qui s'est fait violemment agresser par un groupe de mineurs alors qu'il rentrait du travail il y a de ça une dizaine de jours.
00:25Ces agresseurs étaient bien connus des services de police, des mineurs, 5, âgés de 14 à 17 ans, interpellés, placés sous contrôle judiciaire.
00:33Comment vous expliquez, vous, si on dézoome un peu au-delà de cette stricte affaire, cette violence juvénile,
00:38et comment agir pour rattraper ces jeunes perdus pour la République selon vous ?
00:43Ce fait est très représentatif de la philosophie, du paradigme que l'on a en France en termes de délinquance et de violence des mineurs
00:50puisque la politique veut depuis plusieurs dizaines d'années, on pourrait même remonter à 45 et cette fameuse ordonnance
00:57qui veut évidemment que les mineurs ne soient pas traités comme des majeurs, ce qui est tout à fait entendable,
01:02mais que les mesures éducatives doivent absolument prendre le pas sur le répressif.
01:07Sauf que nous savons aujourd'hui que tous les services publics en France sont en grande souffrance,
01:12que les discours politiques ne sont jamais suivis des faits, et que les mesures éducatives qui sont supposées, voulues,
01:18souffrent d'un manque de moyens, pas d'éducateurs, des aides sociales à l'enfance, nous le savons, qui sont en souffrance,
01:25des centres éducatifs fermés qui sont inefficaces avec des taux de récidive extrêmement forts, 60-70% parfois,
01:31de taux de récidive de ceux qui viennent de CEF, parce que justement la vétusté, voire l'insalubrité des CEF,
01:37des activités quotidiennes qui sont plus occupationnelles que pédagogiques, l'absence de professeurs dans ces structures,
01:43nous savons tous, puisque M. Darmanin avait eu le courage de le dire il y a quelques mois,
01:46que par exemple les jeunes qui sont placés dans des centres éducatifs fermés ne bénéficiaient que de 8 heures de cours par semaine,
01:52bien en dessous de ce qu'on attend.
01:55Évidemment l'approche psychologique pédopsy est complètement à l'abandon avec l'absence même de psychologues.
02:01Déjà dans le milieu scolaire par exemple, vous avez aujourd'hui un psychologue pour 2000 élèves,
02:07alors qu'il en faudrait un pour 500, alors je vous laisse imaginer du côté de la justice.
02:11C'est tout l'écosystème de prise en charge de l'enfance délinquante ou pré-délinquante.
02:15C'est catastrophique aujourd'hui, et donc du coup vous avez aujourd'hui des délinquants qui sont multi-récidivistes,
02:19c'est le cas pour ce jeune garçon à Lyon, mais c'est le cas aussi pour d'autres situations et d'autres faits divers.
02:24On découvre des adolescents qui sont dans un parcours délinquant ancré,
02:28avec de la multi-réitération, avec de la récidive permanente,
02:32et malheureusement au bout on découvre des contre-judiciaires avec des remises en liberté,
02:36d'ados qui n'ont pas pris conscience de la gravité de leurs actes.
02:39Et puis il y a un autre aspect aussi, la responsabilité parentale.
02:43Aujourd'hui l'État est en incapacité de détecter les signaux faibles
02:46et de mettre en place des mesures sociales d'accompagnement des familles
02:49ou de coercition sur les parents.
02:51Et donc de fait ce sont des adolescents qui ne sont pas pris en charge par les parents
02:55ou qui sont des parents dépassés ou démissionnaires,
02:58mais de l'autre côté un État qui ne palie pas ces manquements.
03:01De fait on se retrouve avec ce type de situation, c'est un échec collectif.
03:04Alors autre affaire spectaculaire, le procès d'un tueur à gage de 15 ans
03:08qui s'est ouvert hier, recruté par la DZ Mafia.
03:11Il est accusé d'avoir abattu un chauffeur VTC à Marseille
03:13alors qu'il était en route pour aller accomplir justement un contrat
03:16pour le compte d'un réseau de narcotrafic.
03:19Face à de tels déchaînements de violences,
03:21est-ce que la justice des mineurs vous semble encore adaptée ?
03:24Est-ce que ça vous paraît pertinent d'invoquer dans certains cas
03:27une excuse de minorité ?
03:29Vous avez entendu Laurent Nunez, j'imagine, et Gérald Darmanin.
03:31Deux ministres, la justice et l'intérieur, réclamaient la suppression
03:34de cette excuse de minorité qui est ultra protégée constitutionnellement parlant.
03:38Elle est ultra protégée constitutionnellement,
03:41mais je pense sincèrement qu'elle est ultra protégée aussi
03:43pour les raisons que je viens d'évoquer.
03:45C'est-à-dire que nous n'avons pas les moyens de traiter les mineurs
03:47comme nous devrions les traiter d'un point de vue éducatif.
03:51Et donc de fait, pour éviter potentiellement
03:53qu'ils ne pâtissent des peines qui soient à la base attendues pour les adultes,
03:59eh bien on a mis en place cette particularité
04:02qui parfois saute malgré tout en fonction de certains faits
04:04et l'âge des auteurs, notamment quand ils approchent la majorité.
04:08Le souci avec cela, c'est que j'entends les ministres
04:10qui disent qu'il faut revenir sur cette excuse de minorité,
04:14mais on le voit déjà, monsieur Pavlenko,
04:16c'est que déjà dans la justice des majeurs,
04:19les décisions de justice ne sont pas à la hauteur.
04:22On a des peines qui sont prévues,
04:24vous savez, les peines maximales qui sont prévues dans le code pénal,
04:27et souvent les peines sont bien en dessous de ce qui est prévu.
04:30Donc en réalité, on peut faire sauter cette excuse de minorité,
04:33ok, mais est-ce que pour autant on réglera le problème ?
04:37Non, on enverra peut-être des mineurs plus longtemps en prison,
04:40mais à la fin on aura toujours cette contamination criminelle.
04:43Moi je pense très sincèrement que le sujet est d'arrêter,
04:46notamment par un choc d'autorité,
04:48le parcours délinquant dès le plus jeune âge,
04:51et mettre en place, moi j'ai travaillé dessus,
04:54on a fait une étude au sein de Think Tank, au sein duquel je travaille,
04:57que j'ai cofondé l'initiative Sécurité Intérieure,
04:59sur les très courtes peines, les ultra courtes peines,
05:01non désocialisantes,
05:02qui consistent en quelques jours, voire quelques semaines,
05:04à enlever les adolescents de l'environnement toxique,
05:07dans lequel ils baignent, le quartier, les parents,
05:10et mettre en place des mesures d'accompagnement
05:12dès la première seconde d'incarcération.
05:15Alors certains disent qu'il ne faut pas les mettre en prison,
05:17moi je dis juste que ce sont les fameux foyers renforcés,
05:20dont parlait M. Darmanin il y a quelques mois,
05:22lorsqu'il a évoqué l'échec des centres éducatifs fermés,
05:25et bien...
05:25Ils ne sont ni éducatifs ni fermés, selon son nom.
05:27Ils ne sont ni éducatifs ni fermés,
05:28puisqu'il y a un taux de fugue extrêmement élevé.
05:30Mais pour rebondir sur ce que vous venez de dire,
05:31on constate maintenant, il y a une espèce de consensus
05:34qui se dessine.
05:35Le pédopsychiatre Maurice Berger,
05:36qui vient fréquemment s'exprimer sur CNews et sur Europe,
05:39Béatrice Brugère, au nom de la justice,
05:41vous-même, défendez cette idée,
05:43la nécessité de peines certaines,
05:47immédiates et courtes,
05:48en tout cas pour les premières infractions,
05:51ou les premiers délits,
05:52quand ils ne sont pas excessivement graves.
05:53Parce qu'il y a aussi ce problème
05:54de jeunes qui arrivent devant la justice
05:56dès 13, 14, 15 ans,
05:58avec des faits d'une extrême gravité.
06:00Comment vous expliquez
06:01que cette idée qui avance maintenant
06:03depuis plusieurs années,
06:05elle ne perce pas politiquement ?
06:06Est-ce que vous ne trouvez pas de relais politique ?
06:08Mais en fait, tout simplement,
06:09c'est exactement...
06:10Ma toute première phrase,
06:11c'est la philosophie judiciaire.
06:13C'est-à-dire privilégier l'éducatif sur le répressif.
06:17Or, moi, personnellement,
06:19j'ai l'intime conviction,
06:20et tout parent vous le dira,
06:22c'est que parfois,
06:22le répressif a aussi une vertu éducative
06:24et que la sanction a une vertu pédagogique.
06:27Quand vous dites à des adolescents de 15-16 ans
06:29qu'ils vont être frappés
06:30par des travaux d'intérêt général
06:31et que ceux-ci,
06:33faute de moyens et de personnel
06:34pour les mettre en œuvre,
06:35sont mis en œuvre 18 mois,
06:37deux ans après le prononcé de la sanction,
06:40ça n'a plus aucune vertu.
06:42Or, si on va sur les ultra-courtes peines,
06:44évidemment, moi, je milite
06:45pour que ce soit dans des structures d'accompagnement,
06:48comme je vous l'ai décrit,
06:50où, en fait, on va prendre en charge
06:51ces jeunes adultes ou ces adolescents,
06:54de manière à ce qu'ils ne s'inscrivent pas plus longtemps
06:56dans le parcours délinquant.
06:58Parce que, monsieur,
07:00on parle là de violence des mineurs,
07:02et je vais me permettre de faire une petite digression.
07:04Vous savez, la violence des mineurs dans notre société,
07:06on observe qu'elle augmente.
07:08Beaucoup vous diront que
07:09la délinquance des mineurs est en baisse.
07:12Mais la violence augmente.
07:13Il y a la violence des mineurs,
07:13et souvent, les mineurs violents
07:15sont des mineurs maltraitants,
07:17et qui sont souvent aussi des mineurs maltraités.
07:19Et on a ce sujet aussi,
07:20des violences faites aux mineurs,
07:22de manière générale.
07:23Et je vais me permettre aujourd'hui
07:24de parler notamment des violences dites sexuelles,
07:26qui sont un véritable tabou dans notre pays.
07:29J'ai, le 17 janvier, appris
07:31la condamnation de monsieur Morandini,
07:33sa condamnation définitive,
07:34et j'avais à cette occasion émis publiquement
07:37la décision d'affirmer
07:39que définitivement, je n'irai plus sur son plateau télé.
07:42Je ne le faisais pas déjà depuis plusieurs années,
07:45dès la première condamnation,
07:47puisqu'il avait été condamné en première instance,
07:48en appel, et puis après,
07:49il s'est pourvu en cassation.
07:51Et j'ai donc dit à ce moment-là,
07:52le 17 janvier,
07:53que définitivement, je n'irai plus.
07:55Et l'on a vu dans les jours qui ont suivi,
07:57et notamment certaines positions qui ont été prises,
07:59notamment au sein même de votre groupe,
08:00des positions qui ont généré du débat.
08:03Je pense que la question, elle est là.
08:04Mais vous avez vu, la décision a été prise.
08:05Jean-Marc Morandini n'est plus sur l'antenne de Seigneur.
08:08Oui, alors il a fini hier ou avant-hier
08:09par, en grand Seigneur,
08:12décider de se retirer,
08:13mais malgré tout,
08:14ça a généré cette polémique et ce débat.
08:16Et ce débat aujourd'hui, monsieur,
08:17nous l'avons pourquoi ?
08:18Nous l'avons parce que nous considérons
08:20que les violences faites aux mineurs,
08:22et notamment sexuelles,
08:24sont encore quelque chose de trop tabou
08:26pour pouvoir avoir des décisions
08:27qui soient consensuelles ou unanimes.
08:29Qu'est-ce qu'il faudrait faire alors ?
08:30Disons les choses concrètement.
08:32Si demain, un animateur devait être condamné
08:35ou un présentateur condamné
08:36pour terrorisme islamiste,
08:38nous serions tous d'accord
08:39pour dire qu'il doit être écarté
08:41de la visibilité médiatique
08:43et de cette aura qu'offre la visibilité médiatique.
08:46Or, aujourd'hui,
08:47la question de la pédodélinquance
08:49et d'une personne qui est condamnée
08:50pour pédodélinquance,
08:52eh bien, fait l'objet de polémiques.
08:53C'est bien un problème structurel
08:55de notre pays,
08:56de notre société française.
08:57On l'observe également, par exemple,
08:58dans les centres de loisirs
08:59ou dans les claées dans la mairie de Paris.
09:01Bien sûr, avec des scandales qui éclatent.
09:02On l'a vu notamment à la mairie de Paris,
09:04dans certaines structures d'aide sociale à l'enfance.
09:06Avec une inertie, c'est vrai, judiciaire
09:08et administrative.
09:09Alors qu'elle devrait jouir
09:11de la même force
09:12et la même décision d'autorité
09:14que nous le faisons depuis un peu plus de dix ans
09:16en termes de terrorisme islamiste.
09:18Et vous ne sentez pas les choses bouger, là ?
09:19Non, je pense...
09:19Notamment à l'occasion de l'affaire Epstein
09:21qui fait beaucoup parler.
09:22Beaucoup parler,
09:22mais finalement,
09:23pour qu'elle soit judiciaire.
09:24Et je pense très sincèrement
09:25que cela passera par tous ceux
09:27qui ont une visibilité médiatique.
09:29J'ai l'intime conviction
09:29et c'est pour ça que j'avais pris cette décision.
09:31Je suis policière, monsieur.
09:32Et je suis syndicaliste.
09:34J'ai embrassé deux missions
09:35dont la raison d'être
09:36est de protéger les autres.
09:38Et il ne me paraissait pas convenable
09:40en tant que policière
09:41de donner de la crédibilité sur un plateau,
09:43de commenter la délinquance
09:44avec une personne qui a utilisé...
09:46Les faits sont là.
09:46Je ne fais pas de trahison
09:48du secret de l'instruction.
09:49Les débats publics ont été donnés.
09:50qui a fait usage
09:52de cette aura médiatique
09:53pour tenter de corrompre des mineurs.
09:55Donc, de fait,
09:56il ne m'était pas possible
09:57de me rendre coupable
09:58de ce type d'aura médiatique
10:00et de ensuite regarder,
10:02parce que je suis aussi une mère,
10:04de regarder ma fille dans les yeux
10:05et lui dire
10:06que je te croirais
10:07si un jour tu étais victime.
10:09Je pense qu'il y a
10:09une forme d'hypocrisie
10:11qui est franco-française,
10:12qui est ancrée
10:13dans notre société
10:14et qui mérite
10:15un véritable débat
10:16et une unanimité
10:17et un consensus.
10:19Et donc, à ce titre-là,
10:20je réponds à votre question,
10:21je pense que les choses changent
10:22pas assez vite.
10:24Elle changera par l'audace,
10:26pas le courage,
10:27mais la détermination
10:27de ceux
10:28qui ont la parole publique
10:29à leur portée.
10:31Je dis ceux,
10:31mais en ce moment,
10:32ce sont surtout celles
10:33qui l'ont
10:34et je remercie d'ailleurs
10:35toutes les personnes
10:35qui ont eu ce courage.
10:37En tout cas,
10:37on a plaisir à vous recevoir ce matin,
10:38Linda Kebab,
10:39secrétaire nationale
10:39du syndicat Unité Police.
10:41Autre sujet,
10:41le narcotrafic
10:42qui était une préoccupation
10:43de sécurité absolument majeure.
10:45Vous voyez que depuis plusieurs mois,
10:47le sujet préoccupe beaucoup
10:48les Français
10:49et des idées se prolifèrent.
10:51Sébastien Lecornu
10:52lui souhaite s'inspirer
10:53de la lutte
10:54contre le terrorisme.
10:56Gérald Darmanin
10:56lui plaide pour la création
10:57d'un statut de repenti
10:59à l'italienne.
11:01Franck Alizio
11:01pour le Rassemblement National
11:02réclame même
11:03l'état d'urgence,
11:03notamment dans la ville
11:04de Marseille.
11:05Vous qui êtes en première ligne,
11:06qui êtes sur le terrain,
11:07que pensez-vous
11:08de ces suggestions,
11:09de ces idées ?
11:10Est-ce que vous y voyez
11:11le début d'une espèce
11:12de boîte à outils
11:13anti-narcotrafic ?
11:14Alors, il y a la boîte
11:15mais il n'y a pas les outils.
11:16Moi, je suis un effectif
11:18qui vient du terrain.
11:19Je suis quelqu'un
11:19qui est très pragmatique
11:20et qui a non pas
11:22une approche intellectuelle
11:23mais une approche manuelle
11:25de la question
11:25du narcotrafic.
11:27Et toutes les propositions politiques
11:29et tous les discours politiques
11:29que vous citez
11:30sont tout à fait entendables.
11:31de l'état d'urgence
11:32à Marseille
11:33à la proposition
11:35du système des repentis.
11:37Tout est acceptable.
11:38Le souci, c'est que
11:39derrière les paroles politiques
11:40et ça rejoint ce que je disais
11:43tout à l'heure
11:43sur la dévinquance des mineurs
11:44et bien en fait
11:45ne sont pas suivis des faits.
11:47La police aujourd'hui
11:48en France
11:49souffre de quelque chose
11:50de profond
11:51qui impacte directement
11:52et fondamentalement
11:54structurellement
11:56la lutte contre le narcotrafic.
11:57C'est sa police judiciaire
11:59c'est-à-dire la filière judiciaire
12:00la filière des enquêteurs
12:01que nous nous appelons
12:02dans notre jargon
12:02l'investigation.
12:04Aujourd'hui l'investigation
12:05est en souffrance.
12:06On a voulu ces dernières années
12:07notamment sous l'impulsion
12:08du président de la République
12:08de mettre des effectifs
12:10de voix publiques
12:10donc du bleu
12:11ce qui a forcément généré
12:13plus de constatations
12:14de flagrants délits
12:15donc d'interpellations
12:16et donc forcément
12:17quand vous remplissez
12:18les geôles de la police
12:19vous créez un système
12:21qui va engluer
12:23les services d'investigation.
12:24On a tendu le gazon
12:25sans arracher
12:25les mauvaises airs.
12:27Absolument.
12:27Et on l'a laissé repousser.
12:29Et aujourd'hui
12:30on a des services d'investigation
12:31qui sont un tonneau de danaïdes
12:32et aujourd'hui
12:33dans ce que vous citez
12:34nul, aucun homme politique
12:36n'aborde la question
12:37de la souffrance
12:38de la filière judiciaire.
12:39Alors depuis l'année dernière
12:40déjà sous le...
12:41Il y a eu cette réforme
12:42de départementalisation.
12:43Alors, ça n'a absolument pas
12:45réglé les problèmes
12:46bien au contraire
12:47je ne vais pas rentrer
12:48dans les données techniques
12:49mais je pense qu'il y a
12:49des réformes
12:50et d'ailleurs même en interne
12:51les auteurs même
12:52de la réforme
12:53disent que finalement
12:54ils n'auraient pas dû
12:55aller jusqu'au bout
12:55mais malheureusement
12:56ça s'est fait sous l'impulsion
12:57d'autorités
12:57qui ont voulu nomenclaturer
12:59des nouveaux postes
13:00pour les hauts fonctionnaires
13:01qui au final
13:01n'ont pas servi à grand chose
13:03mais ce que je veux vous dire
13:04c'est recréer de l'attractivité.
13:05Aujourd'hui
13:06les policiers ne veulent plus
13:07être des enquêteurs.
13:08Vous voyez tous ces grands films
13:09c'est ces films que les Français regardent
13:11où on voit des enquêteurs
13:12qui mènent de grandes enquêtes
13:13aujourd'hui cela ne fait plus
13:14réveiller les policiers
13:15et on a aujourd'hui
13:16un plan d'investigation
13:17qu'on attend depuis l'année dernière
13:18M. Retailleau nous avait dit
13:19l'année dernière
13:21qu'il nous donnerait en mai
13:22alors moi je pensais
13:23que c'était en 2025
13:23visiblement c'est en 2033
13:25de ce que j'en crois
13:25puisqu'il n'arrive toujours pas
13:27Vous dites cette année
13:272033 au hasard
13:28mais pour les dire
13:29que ça s'est repoussé au calendrier
13:30Ça n'arrive pas
13:31alors le budget est passé
13:32je ne vais pas revenir dessus
13:34il y a du coup
13:35un plan d'investigation
13:36qui est écrit
13:37notamment sous l'impulsion
13:38du syndicat Unité
13:38notamment pour ramener
13:40de l'attractivité
13:41et donner envie aux policiers
13:42avec des mesures pécuniaires
13:44avec des réformes
13:45qui viendraient structurellement
13:46redonner un peu de souffle
13:47à l'investigation
13:48mais aujourd'hui
13:49bien en fait
13:50les textes
13:51qui permettraient
13:52la mise en application
13:52sont bloqués
13:53et aujourd'hui
13:54je fais un appel
13:56à savoir
13:56pourquoi est-ce que le budget
13:57est passé
13:58et pourquoi est-ce que
13:58la mise en oeuvre
13:59du plan d'investigation
14:00n'arrive pas
14:00et à ce titre
14:01je vous le dis en exclusivité
14:03et bien le syndicat Unité
14:04saisit dès ce matin
14:05le président de la République
14:06pour lui demander
14:07de mettre en oeuvre
14:08le plan d'investigation
14:09qui a été tant promis
14:10aux policiers
14:11Alors il y a aussi
14:12il y a tant de choses
14:13à dire sur le métier
14:14de policier aujourd'hui
14:15ces cas notamment
14:16de refus d'obtempérer
14:1727 500 l'an dernier
14:19alors évidemment
14:20on s'est intéressé
14:21à quelques cas
14:21très spectaculaires
14:22ces derniers jours
14:23c'était loin d'être
14:23les seuls
14:24que vous avez pu
14:25statistiquement recenser
14:26comment on lutte
14:27contre ce fléau
14:28selon vous
14:29Linda Kebab ?
14:30Au-delà des refus
14:32d'obtempérer
14:32qui augmentent
14:33On revient sur le terrain
14:33de l'éducatif j'imagine
14:34Il y a surtout la question
14:36du répressif
14:36c'est-à-dire qu'il y a
14:37les refus d'obtempérer
14:38qui augmentent
14:39il y a un refus d'obtempérer
14:39toutes les 20 minutes
14:40donc le temps de cette interview
14:42il y en aura au moins un
14:43mais il y a surtout
14:45l'explosion
14:45le triplement
14:46des refus d'obtempérer
14:47par lequel
14:48les auteurs passent
14:50par une tentative d'homicide
14:51c'est-à-dire
14:51en utilisant la voiture
14:52comme une arme
14:52on est passé de 3000
14:53à 8000
14:54en moins de 10 ans
14:55et donc
14:56qu'est-ce qu'on constate
14:58sur les faits
14:58et que nous disent
14:59également les avocats
15:00c'est que les auteurs
15:01de ce type de refus
15:02d'obtempérer
15:02annoncent clairement
15:03que pour échapper
15:04au contrôle de police
15:05parce qu'ils n'ont pas le permis
15:06pas d'assurance
15:07parce qu'ils ont bu
15:07parce qu'ils se sont drogués
15:08et bien ils préfèrent
15:09prendre tous les risques
15:10quitte à tuer
15:11plutôt que d'être attrapés
15:12pour des faits
15:14qui sont en réalité mineurs
15:15par rapport à ce qu'ils commettent
15:17et qu'est-ce qu'ils disent
15:18tous
15:19presque unanimement
15:20ces auteurs
15:20c'est qu'ils savent
15:21qu'ils ne risquent rien
15:22une fois que j'ai dit ça
15:23j'ai tout dit
15:24c'est qu'ils savent
15:25qu'ils ne risquent pas grand-chose
15:26et on le voit
15:27notamment avec
15:28des admonestations
15:30dans les cours de justice
15:31à l'égard des auteurs
15:32de ce type de refus
15:33d'obtempérer
15:34parce que quand il n'y a pas
15:35mort d'homme
15:35vous dites qu'ils savent
15:36ce qu'ils font
15:37mais bien sûr
15:37vous savez
15:38il y a un an et demi
15:40j'avais rendu public
15:42une affaire à Nantes
15:43d'un policier
15:43qui avait été victime
15:44lors d'un refus d'obtempérer
15:45d'un adolescent
15:47qui lui avait foncé dedans
15:49qui l'avait traîné
15:50avec un collègue aujourd'hui
15:51qui souffre d'une infirmité lourde
15:52avec des pertes de mémoire
15:53et ce très jeune adulte
15:56voire adolescent
15:57je crois qu'il avait 16 ans
15:58a été condamné
15:59à tenez-vous bien
16:00voiture volée
16:01refus d'obtempérer
16:02tentative d'homicide
16:04et blessure grave
16:05sur le policier
16:0635 heures de travaux
16:07d'intérêt général
16:08quand vous avez dit ça
16:09vous n'avez plus rien à perdre
16:10à commettre un refus d'obtempérer
16:12et en plus à l'associer
16:13à un crime potentiel
16:15Linda Cabab
16:15la cour de cassation
16:16va dire aujourd'hui
16:17si l'enquête
16:18sur la mort d'Adama Traoré
16:19peut être relancée
16:21alors je rappelle
16:21Adama Traoré
16:22mort il y a 10 ans
16:23dans une gendarmerie
16:24du Val d'Oise
16:24sa famille a donc
16:26saisi la cour de cassation
16:27pour obtenir
16:28l'annulation du non-lieu
16:30qui a été prononcé
16:31en faveur des gendarmes
16:32une première fois
16:32en août 2023
16:34puis confirmé
16:35un an plus tard
16:35en appel en mai 2024
16:36que vous inspire ce retour
16:38de cette affaire Traoré ?
16:40Moi je pense qu'elle m'inspire
16:41surtout la frilosité
16:42du système judiciaire
16:43de manière générale
16:44mais je pense même
16:45du monde politique
16:46face à un événement
16:48aussi dramatique soit-il
16:49qui aurait dû être clair
16:51en termes de communication
16:52à l'égard de la population
16:53dès le début
16:54dès le début des faits
16:56plutôt que de laisser
16:57gangréner une situation
16:58qui a permis
16:59une forme de convergence
17:00des luttes hybrides
17:01au point de mettre en péril
17:02le système aussi important
17:05qu'est le système de justice
17:06de notre pays
17:06au point même
17:07d'avoir fait trembler
17:09parfois je pense
17:09la main de certains magistrats
17:11lorsque des médecins
17:13en arrivent
17:14à ne pas être d'accord
17:15sur les raisons
17:16de la mort d'un individu
17:18et que malgré cela
17:19certains n'acceptent pas
17:21les décisions
17:21de dire que les gendarmes
17:22ne peuvent bénéficier
17:23que d'un non-lieu
17:24parce que contrairement
17:25et je tiens juste
17:26à clarifier les choses
17:27parce que beaucoup de personnes
17:27ont subi de la fake news
17:29contrairement à ce qui est dit
17:31ça n'a rien à voir
17:31avec l'affaire George Floyd
17:32on a une personne
17:33qui est interpellée
17:35pour la simple raison
17:36c'est que voyant des gendarmes
17:37il lâche son vélo
17:38elle lâche son vélo
17:39enfin la personne
17:40il lâche son vélo
17:40Adama Traoré
17:41se met à courir
17:42donc de fait
17:43va engager les gendarmes
17:45à le poursuivre
17:45pour comprendre
17:46pourquoi est-ce qu'il tente
17:46de fuir
17:47ils vont retrouver
17:48dans sa poche de la drogue
17:48ce qui peut y laisser supposer
17:50les raisons pour lesquelles
17:51il a fui
17:51et les médecins vont dire
17:53que dans un épisode
17:54de fortes canicules
17:55de stress
17:55de course
17:57d'un témoin
17:57qui disait
17:57qu'il voyait
17:58déjà Adama Traoré
17:59à l'issue de cette course
18:00être complètement essoufflé
18:02potentiellement
18:02il pourrait être mort
18:03de complications médicales
18:05qui n'ont rien à voir
18:05avec l'action des gendarmes
18:06et malgré cela
18:08aujourd'hui
18:08on en parle toujours
18:09dix ans après
18:10c'est donc bien
18:11qu'il y a une frilosité
18:12de justice
18:12qui a peur à tout moment
18:13de quelque chose
18:14qui s'appelle
18:14le trouble en ordre public
18:15c'est le même trouble
18:16qui fait que parfois
18:17des policiers se retrouvent
18:18en détention provisoire
18:19alors qu'ils apportent
18:20toutes les garanties
18:20de représentation
18:21mais que les magistrats
18:22décident malgré tout
18:23de les placer
18:24en détention provisoire
18:24parce qu'ils ont peur
18:28Merci à vous
18:28et j'en profite juste
18:29un petit mot
18:30je souhaite un bon établissement
18:31à madame Mabrouk
18:32qui va nous revenir très vite
18:33sur CNews et sur Europe 1
18:34Merci en tout cas
18:34l'internité capable
18:35d'être venue sur CNews Europe 1
18:36policière secrétaire nationale
18:37du syndicat Unité Police
18:39Bonne journée à vous
18:39Merci à vous
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