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  • il y a 8 mois
Chaque matin dans son édito, Vincent Trémolet de Villers revient sur l'actualité politique du jour. Ce mercredi, il s'intéresse au rapport annuel du Cevifop sur la confiance des Français.

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00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour Vincent.
00:06Bonjour à tous.
00:07Vincent, ce matin vous voulez nous parler du rapport annuel du Cevipof sur la confiance des Français,
00:12la défiance vis-à-vis de la politique ne cesse d'augmenter pour atteindre des proportions impressionnantes.
00:17Est-ce qu'on approche du point de rupture selon vous ?
00:19La rupture est déjà consommée, Dimitri, elle l'est profondément.
00:22Les chiffres de cette enquête qui chaque année nous donnent l'humeur du pays
00:25devraient saisir d'effroi le personnel politique français.
00:2878% des personnes interrogées n'ont pas confiance dans la politique.
00:32Les Français satisfaits du président de la République sont 12%.
00:368 Français sur 10 ne font pas confiance au gouvernement Lecornu et aux députés qui composent l'Assemblée.
00:42Et le corollaire le plus impressionnant de tout cela,
00:44c'est que 76% des personnes interrogées considèrent que la démocratie fonctionne mal
00:49et 57% pensent que le pouvoir est ailleurs.
00:52Les sentiments exprimés aussi entre la méfiance, la défiance, la lassitude et même le dégoût,
00:58ce n'est plus un malaise que décrit cette étude, mais une grande neurasthénie démocratique.
01:03Selon vous, Vincent, quelles en sont les causes ?
01:05Elles sont innombrables, mais le facteur premier de cette défiance,
01:07c'est justement l'absence de démocratie dans notre vie politique.
01:11Des décisions d'une importance capitale sont prises au mépris de toute délibération
01:15et de toute consultation.
01:16L'étude du Cevipof nous dit par exemple que plus de 60% de nos concitoyens considèrent
01:20qu'il y a trop d'immigrés en France.
01:22En 40 ans, le phénomène migratoire a rendu des parties entières de notre pays méconnaissables.
01:27Mais est-ce que les Français ont été consultés sur cette question, Dimitri ?
01:30Non, jamais.
01:31On nous dira que les campagnes présidentielles servent à cela,
01:33mais celle de 2017 s'est faite sur les costumes de François Fillon
01:36et celle de 2022 sur l'invasion de l'Ukraine.
01:39Et quand l'Assemblée adopte finalement une loi timidement restrictive sur l'immigration,
01:43le Conseil constitutionnel s'empresse comme en 2024 de la vider de sa substance
01:47sous l'impulsion du président de la République.
01:51Autre exemple éloquent, Dimitri, l'énergie.
01:54Demain, le Premier ministre le plus faible de l'histoire de la cinquième,
01:57comme il le dit lui-même, va décider par décret de la politique énergétique de la France
02:01pour les dix ans qui viennent.
02:03C'est une décision à plus de centaines de milliards d'euros
02:06dont les conséquences touchent notre vie quotidienne,
02:08celle des entreprises, notre portefeuille, nos paysages.
02:12Et bien cette décision se fera sans vote du Parlement.
02:15Alors on nous dira qu'on a toujours fait ainsi,
02:17mais avant que François Hollande négocie la politique énergétique du pays
02:20sur un coin de table avec les écologistes,
02:22celle-ci faisait consensus.
02:24Aujourd'hui, elle fracture la société en profondeur.
02:27Mais qu'importe, la minorité de droits divins qui nous gouvernent décide
02:30et les Français sont priés de se taire et de payer.
02:32Mais au-delà de ces deux exemples, immigration et énergie,
02:36Vincent, l'exercice démocratique, notamment celui du vote,
02:39il fonctionne toujours.
02:40Il y a trop d'exemples de vote bafoué, Dimitri,
02:42pour ne pas créer la défiance.
02:44Alors le mal originel et qui n'a toujours pas été digéré,
02:47c'est bien évidemment le référendum de 2005
02:49dont le résultat a été annulé par l'Assemblée deux ans plus tard.
02:52Mais plus récemment, on a pu vérifier à quel point le vote pouvait être méprisé.
02:56Au mois de janvier, les députés du Parlement européen ont voté
02:59la suspension du Mercosur.
03:00Quelques heures plus tard, des chefs d'État affirmaient,
03:03soutenus par Ursula von der Leyen,
03:04que le traité commercial serait tout de même appliqué.
03:08En France, la loi simplification,
03:10qui supprime l'obligation des zones à faible émission dans les centres-villes,
03:14devait être adoptée par les deux chambres
03:15et le vote, le résultat final, ne faisait pas de doute.
03:19Et puis, le vote solennel a été repoussé après les municipales
03:22pour ne pas déranger la gauche.
03:24En résumé, les gens ne sont pas consultés sur ce qui les concerne
03:28et quand ils sont consultés, qu'ils expriment clairement les choses,
03:31on passe outre l'expression majoritaire.
03:34La perception commune, Dimitri,
03:37c'est que la majorité n'a pas le pouvoir
03:39et que le pouvoir gouverne contre la majorité.
03:43Une démocratie minoritaire, c'est un oxymore.
03:46Ce n'est pas tenable, donc c'est dangereux.
03:48L'édito politique sur Europe 1.
03:50Merci beaucoup Vincent Trémolet de Villers.
03:52À la Une du Figaro ce matin,
03:53la France compte toujours plus de fonctionnaires.
03:56Merci Vincent, bonne journée.

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