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  • il y a 18 minutes
Regardez "On refait le monde" avec Marie Mercier, sénatrice LR de Saône-et-Loire, Delphine Jarraud, déléguée générale de l'Amicale du Nid, Tom Michel, avocat au barreau de Paris et avocat de deux victimes, et Hugo Amelin, correspondant de RTL à Marseille.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 10 février 2026.

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Transcription
00:00Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Comment combattre le proxénétisme en ligne ?
00:10Les managers ou agents, comme ils se font appeler, prolifèrent sur les sites de only fans, mimes,
00:17et se chargent de commander, d'imposer à de jeunes femmes des photos, des vidéos sexuelles, pornographiques.
00:22Une proposition de loi soutenue par une centaine d'élus entend lutter contre ce phénomène.
00:27Elle a été adoptée au Sénat aujourd'hui.
00:30Comment s'adapter à cette nouvelle exploitation en ligne ?
00:33Comment protéger ces victimes ?
00:35On en débat dans On refait le monde, avec nos invités.
00:38Marie Mercier, sénatrice LR de Saône-et-Loire, qui présentait justement cette proposition de loi.
00:42Bonsoir.
00:43Bonsoir.
00:43Delphine Jarraud, déléguée générale de l'Amicale du Nid.
00:47Bonsoir.
00:48Bonsoir.
00:48Et Tom Michel, avocat au barreau de Paris.
00:51Bonsoir.
00:53On refait le monde sur RTL.
00:55OnlyFans, sans hésiter, je lance mon agence OnlyFans.
00:58Pourquoi lancer une agence OnlyFans maintenant ?
01:00C'est un très bon moyen de faire beaucoup d'argent.
01:02C'est tout simplement l'opportunité de 2023.
01:04On peut te rapporter plus de 20 000 euros par mois.
01:07Alors, d'abord, est-ce qu'on peut peut-être juste expliquer ce qu'est ce OnlyFans ?
01:13Marie Mercier, comment définir ?
01:15OnlyFans, c'est une plateforme.
01:17Il y a des managers qui ont une logique entrepreneuriale, donc une logique de commerce,
01:22et qui se servent du corps des femmes pour faire de l'argent, tout simplement.
01:26Donc, ils n'ont pas des petites jeunes filles en général sur les réseaux sociaux,
01:29en leur promettant beaucoup d'argent, d'argent facile, dans un endroit qu'elles connaissent,
01:34leur chambre, leur salon.
01:36Il n'y aura pas de contact physique avec les clients.
01:38On les appelle des modèles, ils s'appellent des managers, et puis le piège infernal se referme.
01:44Mais comment ça marche, en fait, cette plateforme, Dom Michel ?
01:49Quel est le fonctionnement ?
01:51Le fonctionnement, c'est sur la base d'un réseau social classique, c'est un réseau social intime,
01:55c'est-à-dire que, généralement, des jeunes femmes publient des photos ou des vidéos d'elles nues
02:01avec d'autres hommes ou d'autres femmes, et font payer, en fait, à la photo ou à l'abonnement,
02:06la possibilité, généralement, pour les hommes, d'avoir accès à des photos intimes,
02:10avec la possibilité aussi, et c'est comme ça que l'argent se fait,
02:13au-delà des photos classiques, d'avoir des interactions privées.
02:16Ça veut dire que plus vous payez, plus la promesse est celle d'avoir un accès privé à la modèle intime.
02:22Et ça coûte combien, concrètement ?
02:24Alors, ça dépend énormément, suivant, on va dire, la connaissance, la célébrité des modèles,
02:30mais ça peut aller de quelques euros par mois à plusieurs centaines,
02:33voire, ce qu'on a vu, des milliers d'euros pour des contenus très privés.
02:37Est-ce que c'est légal ? Est-ce qu'on peut tout à fait poster des photos de soi nues
02:41ou montrant des actes sexuels ?
02:45Ou alors, c'est dans la mesure où c'est privé, en fait ?
02:48Delphine Jarrow, vous voulez me répondre ?
02:51Alors, déjà, argent facile, soyons clairs, c'est pas facile de se présenter en ligne en tant que victime.
03:01Il s'agit, comme vous l'avez bien précisé, d'hommes qui consomment des actes sexuels
03:05pour assouvir des pseudo-besoins sexuels et qui sont prêts à avoir recours à n'importe quel être humain,
03:13comme une marchandise.
03:15Alors, aujourd'hui, pour les adultes, oui, c'est légal.
03:18Les consommateurs adultes, parmi les consommateurs des enfants aussi,
03:23on peut quand même le savoir, puisque ces plateformes sont sur aucun filtre,
03:28donc c'est légal.
03:29Parce que la loi de 2016 n'était pas, parce qu'elle a été quand même discutée pendant deux ans,
03:33n'avait pas couvert tout le champ des possibles,
03:37surtout le champ qui allait devenir possible.
03:38Oui, ça évolue, c'était il y a dix ans, donc forcément...
03:40Et qui sera encore possible demain avec l'intelligence artificielle générative.
03:44Donc, je pense qu'on est loin d'aller jusqu'au bout,
03:46puisque à l'époque, c'était le Minitel,
03:48avant, il y avait sûrement le téléphone rose,
03:50enfin, je ne sais plus chronologiquement,
03:51donc aujourd'hui, c'est ça.
03:53Et effectivement, c'est légal.
03:55Donc, ces messieurs peuvent consommer tranquillement en ligne.
03:59Alors, c'est ce qu'on appelle, je crois, le camming, en fait.
04:01C'est le camming.
04:01Le camming, pardon.
04:03Et il y a combien d'abonnés à ce type de plateforme, à OnlyFans, par exemple ?
04:07377 millions d'utilisateurs.
04:10Ah oui !
04:11Ah oui, non, mais c'est absolument énorme.
04:13C'est vrai que quand on dit...
04:15Elles pensent se faire de l'argent facile,
04:17mais justement, ce n'est pas vrai du tout.
04:19Et ce rêve se transforme très vite en cauchemar,
04:22puisque, au départ, on leur demande une chose,
04:24et bien, après, c'est de plus en plus,
04:2630, 40 par jour, elles sont sous emprise quasiment,
04:28elles sont harcelées.
04:29Et ce ne sont que des contenus à connotation au moins sexuels,
04:33sur OnlyFans et Mime ?
04:35Alors, au départ, non, Mime, ça pouvait...
04:37C'est pour ça que ça appelait des modèles,
04:38parce qu'on dit, vous allez présenter de la lingerie.
04:40En fait, on les apatte vraiment,
04:42en leur faisant croire des choses.
04:44C'est miroiter un monde, un monde virtuel,
04:48parce que c'est ça aussi, c'est virtuel.
04:50Or, le virtuel, c'est une réalité cruelle, au bout du compte.
04:54Tom Michel, vous avez une idée du nombre de jeunes filles
04:57qui sont sur ces plateformes ?
04:59C'est un nombre qui est très important,
05:01parce qu'on n'a pas de chiffres extrêmement précis,
05:04puisqu'effectivement, il y a une partie des jeunes filles
05:06ou des jeunes hommes qui le dissimulent.
05:08Mais ce qui a offert aussi une célébrité énorme
05:10à OnlyFans et ces plateformes-là,
05:12c'est qu'il y a un certain nombre de célébrités
05:13qui vont aller sur ces plateformes-là.
05:15Il y a un certain nombre de personnes qui le font, en fait.
05:17Des célébrités qui vont se faire prendre en photo,
05:19enfin, qui se prennent en photo ?
05:20C'est aussi comme ça que nous, on est rentrés dans ces dossiers-là,
05:23des influenceuses de type classique,
05:26ou même des influenceurs de type classique
05:27qui vont offrir une visibilité accrue à cette plateforme,
05:30puisque des influenceurs classiques vont aller sur OnlyFans
05:34et il va y avoir une banalisation, effectivement, de ces contenus-là.
05:37Mais le nombre est tellement important,
05:38parce que c'est tellement facile, si vous voulez,
05:40de créer une image sur OnlyFans, ça va très vite.
05:43Alors, on est justement en ligne avec Jessica Derzel,
05:47qui habite en Belgique.
05:48Bonsoir.
05:50Bonsoir.
05:50Alors, vous, comment vous êtes allée sur OnlyFans ?
05:53Alors, moi, je ne connaissais pas du tout au départ.
05:57Je suis ergothérapeute et je me suis spécialisée en pédiatrie.
06:00Et quand j'ai changé de boulot, mon ancienneté n'a pas été reprise.
06:03Et au même moment, en fait, je me suis séparée du papa de la dernière.
06:06Et donc, je me suis retrouvée avec des frais d'avocat.
06:10Et ça a pris de l'ampleur, parce que j'ai vidé mon compte d'épargne.
06:14Et donc, j'avais des soucis financiers.
06:17Donc, on m'a parlé de mimes, en fait, de base.
06:20C'était pas OnlyFans, c'était mimes.
06:21Et on m'a dit, ah, mais si tu veux...
06:23Pardon ?
06:24Pardon, c'est la version française, mimes, c'est ça ?
06:26Un petit peu, enfin, c'est un peu plus petit que OnlyFans.
06:28Oui, oui, c'est ça.
06:30C'est ça.
06:30Et une amie m'a dit, ah, mais j'ai entendu dire, tu pouvais vendre des photos de tes pieds.
06:36Ça peut arrondir tes fins de mois.
06:38Et donc, je me suis dit, bah oui, pourquoi pas, des photos de mes pieds, en soi, ça ne me pose pas problème.
06:44Et puis, je m'étais dit, je ferai un petit peu de lingerie.
06:47Et voilà.
06:48Donc, j'ai créé un compte Instagram, avec des photos un peu plus sexy.
06:53Et j'ai été contactée très, très vite, en fait, par des agences, des fameux managers.
07:00Et donc, voilà, j'ai passé un appel avec deux hommes en question.
07:05C'était quoi, cette agence ?
07:07Vous dites, j'ai été contactée par des agences, c'est quoi exactement ?
07:10En fait, ils se présentent sous forme d'agence.
07:13Mais en réalité, c'est toujours faux.
07:15Sauf que moi, à ce moment-là, je ne connaissais rien du tout de tout ça.
07:19Et j'ai réellement cru que c'était des agences avec vraiment deux managers, des gens sérieux.
07:24Et ils se présentent assez bien, en fait.
07:27Et c'est toujours plus ou moins le même discours.
07:30Et qu'est-ce qu'ils vous proposez comme service ?
07:31Ils ont fait un pool avec moi.
07:33Qu'est-ce qu'ils vous proposez comme service, ces agents ?
07:37Ils allaient tout gérer pour moi.
07:39Moi, je devrais juste faire les contenus.
07:41Ils allaient absolument tout gérer, poster dans le feed, répondre aux abonnés, ramener le trafic.
07:47Donc, tout ce qui était acquisition de trafic aussi, ils allaient s'en occuper.
07:50Et donc, ça allait me faire gagner beaucoup de temps et beaucoup d'argent.
07:55Parce qu'à ce moment-là, vous gagnez déjà de l'argent toute seule.
07:58Combien vous arriviez à gagner ?
08:01À ce moment-là, moi, je venais de commencer.
08:03C'était vraiment tout récent.
08:04Donc, je gagnais encore quasiment rien.
08:07C'est-à-dire ?
08:09Pour qu'on ait une idée.
08:10100 euros par semaine ou par mois ?
08:15Non, c'était vraiment tout récent.
08:17C'était lancé de quelques semaines, en fait.
08:19Donc, je devais avoir gagné 100 euros.
08:21Et à mon avis, j'avais 5 abonnés.
08:24Donc, c'était vraiment...
08:25Je ne connaissais rien du tout là-dedans.
08:26Et après, alors ?
08:29Et alors, pendant le call, ça a duré longtemps.
08:31Parce qu'on a parlé pendant plus d'une heure.
08:33Donc, ils se présentent.
08:34Et alors, il faut savoir que ces gens-là,
08:35ils sont formés aussi pour avoir le contrôle sur la conversation
08:39quand ils vont appeler la modèle.
08:41D'accord.
08:42C'est-à-dire ?
08:44Ils guident, en fait.
08:45Donc, c'est eux qui mènent la danse.
08:46C'est eux qui posent les questions.
08:48Et voilà.
08:48Et ils dirigent tout d'emblée.
08:50Et ça reste comme ça, de toute façon.
08:52Les semaines qui suivent, comment est imposé le boulot.
08:54C'est eux qui mènent la danse, en fait, du début à la fin.
08:57Et quel pourcentage donniez-vous de vos revenus ?
09:0050%.
09:0250%.
09:02Et là, ça faisait combien ?
09:04Je voulais 60.
09:06Et là, du coup, ça faisait à peu près quelle somme ?
09:08Toujours pour qu'on ait une idée, pour que ce soit concret.
09:13Quand on a démarré avec eux, donc le premier mois,
09:16je pense qu'on avait fait 3 500, le premier mois.
09:20Et le deuxième mois, 4 000.
09:22Et puis après, ils sont partis.
09:26Ça s'est mal terminé, ou ça s'est bien terminé, finalement.
09:29Parce que ça n'a pas duré longtemps avec eux.
09:30Vu que j'étais considérée comme la modèle chiante,
09:34selon leur façon de parler.
09:36Parce que je contrôlais plein de choses.
09:40Et ils sont partis avec une partie de l'argent
09:42et avec tous les médias que j'avais mis sur un drive.
09:45Et vous aviez le sentiment qu'ils vous poussaient
09:46à aller toujours un peu plus loin ?
09:48Oui, mais déjà, pendant l'appel, en fait.
09:51Donc, ils présentent, ils expliquent d'abord bien tout.
09:54Ils mettent en avant le côté positif.
09:57Et ensuite, ils me disent,
09:58mais il faut savoir que dans les médias qu'il faudra faire,
10:01le minimum, c'est la masturbation.
10:05Là, je vais me dire, on est loin du truc des pieds, de la lingerie.
10:08C'est sûr.
10:11Mais à un moment donné, je me dis, de toute façon,
10:12je n'ai pas le choix, ce sera transitoire.
10:14Moi, j'ai des trucs à payer.
10:15Je ne vais pas me retrouver à la rue.
10:16J'ai deux enfants et mon ancienneté est pas reprise
10:19et mon employeur ne veut rien entendre.
10:21Donc, voilà.
10:23Et je me suis dit, tant pis, je vais le faire.
10:26Et aujourd'hui, vous dites que vous êtes éloignée de ces agents.
10:32Vous êtes toujours sur MIM ?
10:34Je suis, oui, sur MIM et OnlyFans.
10:37Et vous continuez à gagner de l'argent grâce à ce système ?
10:42Oui, je ne suis pas à ce système
10:44parce que je ne suis plus du tout avec une agence.
10:46Je fais ça toute seule.
10:48À cette plateforme.
10:49Je suis passée en société et c'est moi qui gère.
10:53Merci beaucoup, Jessica Derzel, pour ce témoignage.
10:59En fait, c'est ce qui arrive à la plupart des jeunes femmes
11:02qui vont sur ces plateformes.
11:04C'est qu'elles sont contactées.
11:07Alors, comment les appeler ?
11:08On appelle ça des agents.
11:09Oui, ils s'appellent eux-mêmes.
11:11Ils se définissent comme managers.
11:13Ils sont des chatteurs.
11:14En fait, derrière ces mots qui semblent un petit peu du domaine de l'entreprise,
11:18ils achètent une forme de légitimité.
11:23On parle de modèles, pas de prostituées, évidemment.
11:27Et Jessica, elle a quand même un bagage intellectuel.
11:29Alors, on peut penser qu'elle était solide pour se défendre au début,
11:34mais non, parce qu'ils sont formés,
11:36on les appelle les only fans managers.
11:38C'est vraiment comme une grille d'emploi.
11:42C'est assez surprenant de voir jusqu'où ils ont pu aller comme ça
11:47sans qu'il ne se passe rien sur le plan de la loi.
11:49En fait, dès qu'ils repèrent une jeune femme qui poste des photos ou des vidéos,
11:53ils se jettent dessus pour essayer de passer un contrat avec eux.
11:56Oui, complètement.
11:57Généralement, ces femmes ne sont pas toujours déjà sur me, mon only fan.
12:00Ils les repèrent sur les réseaux sociaux traditionnels,
12:03type Instagram, TikTok,
12:04avec des photos et vidéos qu'on pourrait déjà considérer un petit peu comme sexy,
12:08tout simplement, mais qui passent le filtre des réseaux traditionnels.
12:11Ils vont expliquer la chose suivante.
12:13On va vous aider à engranger plus de revenus.
12:16Qu'est-ce qu'on va faire ?
12:16On va publier, parce que ça prend du temps, en fait, me, mon only fan.
12:19On va publier les contenus pour vous.
12:21On va répondre aux gens qui vous sollicitent pour vous.
12:24Et on a une expérience, c'est tout le temps la même chose.
12:26On a une expérience dans la manière dont on va ramener des gens.
12:29Généralement, ils expliquent doubler votre rémunération.
12:32Et c'est toujours la même chose, ils demandent entre 40 à 60% des gains.
12:35Ce qui est complètement surréaliste, à titre de comparaison.
12:38Un agent de foot, un agent de célébrité dans le cinéma prend au maximum 10%.
12:43Oui, d'ailleurs, ça a donné lieu à une série.
12:47Alors, comment réguler ce phénomène ?
12:49Faut-il sanctionner ses agents, les modèles, les clients, les plateformes ?
12:53A quelles conditions ? On va voir ce que prévoit notamment votre loi.
12:56Marie Mercier, on en parle après le rappel des titres de Alban Leprince.
12:59Jusqu'à 20h, Anne-Sophie Lapix refait le monde sur RTL.
13:07RTL, il est 19h31.
13:11Anne-Sophie Lapix, on refait le monde sur RTL.
13:14Le rappel des titres avec Alban Leprince.
13:15Et un appel à témoins lancé par le parquet de Grenoble.
13:18Il tente de retrouver les victimes d'un septuagénaire poursuivi pour viol et agression sexuelle sur 89 mineurs dans plusieurs pays pendant plus de 50 ans.
13:28En détention provisoire, il est aussi accusé d'avoir tué sa mère et sa tante.
13:32Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, promet ce soir une proposition de réparation à la veuve de Caroline Grandjean.
13:39Cette institutrice qui s'est suicidée à la rentrée dernière dans le Cantal, l'enquête administrative avait conclu à une défaillance institutionnelle.
13:47Cité dans un document lié à l'affaire Epstein, l'ancienne internationale française Franck Ribéry dénonce de fausses informations et annonce portée plainte.
13:55Son nom apparaît dans un document anonymisé de 2019 publié par le ministère américain de la Justice.
14:02Et puis prudence, 12 départements sont placés en vigilance orange pour des risques de cru.
14:06Du Morbihan à la Corrèze, la Haute-Garonne et l'Ariège.
14:11Merci Alban, on vous retrouve à 20h.
14:13Merci tout à l'heure.
14:14Anne-Sophie Lapix, on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
14:1910 minutes où on échange, il y a des photos, etc.
14:22On va partir sur 15-20 euros.
14:24Et après, quand c'est plus des cams où je vais les appeler et juste je vais leur montrer mes pieds.
14:28Et en même temps, genre ils me disent des trucs et moi je leur réponds.
14:31Ça va plus être sur du 50 euros.
14:33Par exemple, je vais faire genre je me mets de la crème et du coup je passe ma main sur mon pied.
14:37Justement, il faut leur donner envie d'en racheter plus.
14:41Le témoignage de Sarah recueilli par Hugo Hamelin.
14:44Comment protéger les créatrices de contenus d'OnlyFans ou de mimes ?
14:49Les protéger des prédateurs, des pressions, de ces agents qui ont des points communs avec les proxénètes ?
14:53Comment rayer la dérive de ce type de plateforme ?
14:56On va regarder ce que prévoit exactement la proposition de loi examinée et adoptée aujourd'hui par les sénateurs.
15:01On en débat avec nos invités.
15:03Marie Mercier, sénatrice LR de Saône-et-Loire et à l'origine de cette proposition de loi.
15:07Delphine Jarraud, déléguée générale de l'Amicale du Nid.
15:10Et Tom Michel, avocat au Barreau de Paris.
15:14Alors, que prévoit votre loi Marie Mercier ?
15:21Alors, elle prévoit de créer une nouvelle infraction sur un fait qui se passe en ligne.
15:26Et c'est vraiment toute la nouveauté de ce que nous avons voté cet après-midi.
15:31Alors, au départ, effectivement, il faut bien réfléchir à quelque chose.
15:36Quand on parle de prostitution, on parle de proxénète et on parle de contact physique.
15:41Or là, on avait cet écueil que justement, il n'y a pas de contact physique.
15:47Donc on se dit pas de contact physique, donc pas de prostitution, pas de proxénétisme.
15:50Eh bien non, c'est pas parce que le contact est virtuel que la réalité de la modèle n'est pas vraiment cruelle.
16:00Puisqu'elles le disent, j'ai quand même bien la sensation de me prostituer.
16:05Le manager, il réclame de l'argent, donc c'est bien une marchandisation.
16:09Il y a des contrats, il y a des ventes.
16:12Donc pour moi, ça s'apparentait vraiment à de la prostitution en ligne, mais il fallait l'écrire.
16:16Et l'écrire dans le code pénal, c'est ça qui était très très difficile, sans en passer par une redéfinition, ou une vraie définition plutôt de la prostitution,
16:25puisqu'elle n'est que jurisprudentielle.
16:27On déduit cette définition de la prostitution.
16:29Mais la Cour de cassation n'a pas dit justement que ce n'était pas de la prostitution, cette prostitution en ligne, comme vous la décrivez, cette exploitation sexuelle en ligne.
16:39Mais oui, donc c'est pour ça qu'il fallait vraiment se battre.
16:41Et j'ai envie de dire, pas à pas, on ne pouvait pas, au détour d'une proposition de loi, tout d'un coup révolutionner, et faire en sorte de tout chambouler.
16:50Le grand soir de la prostitution, je me suis dit, pour aujourd'hui, on va se réveiller dans un petit matin blême où on n'aura rien fait du tout.
16:57Donc avançons petit à petit, ciblons ces managers qui exploitent les jeunes filles pour les protéger.
17:04On considère que les jeunes filles sont des victimes en fait.
17:07Mais comment on va caractériser ce proxénétisme en ligne ?
17:12Et comment vous allez pouvoir dire, cet agent, il est nocif et il fait du proxénétisme ?
17:17Alors justement, nous allons donner des moyens aux policiers qui vont pouvoir prendre des pseudos,
17:22qui vont infiltrer des comptes, qui vont pouvoir ensuite recevoir une plainte.
17:28Parce qu'un dépôt de plainte, ça sous-entend qu'il y a une infraction.
17:31Donc là, il est créé.
17:32Donc il pourra y avoir des dépôts de plainte, des systèmes de garde à vue mis en place.
17:36Donc en fait, à partir d'aujourd'hui, si le texte arrive vite à l'Assemblée Nationale
17:41et qu'il soit promulgué avec un décrit d'application,
17:44on aura enfin créé quelque chose de nouveau, une infraction qui pourra pénaliser ces managers très cyniques finalement.
17:52Mais il faudra que ces managers aient exercé des violences, des menaces ?
17:57Alors ça, on le verra justement sur les contenus.
18:00Quand une jeune fille poste 30 à 40 contenus dans un espace assez restreint, en peu de temps,
18:07avec, on voit bien, ça va être le rôle des enquêteurs justement.
18:12Et puis cette jeune fille, elle pourra aller porter plainte si elle se sent vraiment harcelée et si elle se sent en danger.
18:17Alors que jusqu'à présent, elle est livrée à elle-même.
18:20Tom Michel, vous avez des clients qui ont déjà porté plainte ?
18:23Alors quel genre de plainte peut-on déposer ?
18:25Justement, la proposition de madame la sénatrice, elle répond à un besoin qui n'était pas forcément celui de Jessica qu'on a entendu,
18:30mais qui est un besoin réel.
18:32A savoir, des jeunes femmes, généralement, qui sont vraiment dans une situation extrêmement compliquée
18:37où ces agents les privent d'argent,
18:40leur demandent des contenus de plus en plus privés, intimes, sexuels, extrêmement violents,
18:45et surtout vendent leur contenu à d'autres plateformes sans leur consentement.
18:51Donc en fait, la problématique aujourd'hui, c'est que, puisqu'il n'y avait pas prostitution,
18:55il n'y avait pas proxénétisme, et quand vous rentrez dans un commissariat,
18:58vous pouvez déposer plainte, éventuellement pour abus de confiance, abus de faiblesse,
19:02mais qui ne sont pas des infractions qui sont adaptées.
19:05Là, ça vient sanctionner le fait, pour des managers qui ne sont pas des managers, une nouvelle fois,
19:10de bénéficier de cet argent-là,
19:13dans des situations qui vont être précisées par la jurisprudence,
19:15je suis sûre, madame la sénatrice, mais surtout, où il y a des méthodes de pression
19:19qui sont extrêmement, je veux dire, nous, on voit des dossiers, on en voit des dizaines,
19:22c'est extrêmement simple de distinguer, quand une jeune femme, généralement 18,
19:26même parfois moins, la vingtaine, est l'obligée d'un écrasement avec ses managers
19:30qui la forcent, généralement, à faire ses contenus,
19:32sinon, on la vire, c'est-à-dire, sinon, on lui prend tout son argent.
19:35C'est très clair et très simple.
19:37Delphine Jarot, vous disiez tout à l'heure qu'il y a souvent des mineurs qui sont recrutés,
19:43vous avez entendu parler de cas précis.
19:47Oui, mais j'ai envie de dire, ce n'est pas la question mineure-majeure,
19:50ce n'est pas la question de la contrainte.
19:52La question, c'est qu'il y a des hommes, puisqu'il s'agit de 99% d'hommes,
19:59qui achètent des actes sexuels.
20:01Tant qu'il y en aura des acheteurs, il y aura des personnes
20:05qui ont besoin d'argent, le témoignage de Jessica était là,
20:09elle a commencé par, j'avais besoin d'argent.
20:12Tant qu'il y aura des personnes vulnérables, et on n'en manque pas,
20:15il y aura d'autres pour les acheter.
20:17Mais ça veut dire que vous, vous estimez que ce n'est pas forcément les agents,
20:21c'est les clients, en fait, qu'il faudrait...
20:22Oui, c'est d'abord les clients, parce que s'il y a trafic,
20:26c'est parce qu'il y a des acheteurs.
20:27Et donc, il faut taper à la source, c'est-à-dire les acheteurs.
20:30Ou alors la plateforme, il faudrait interdire ce genre de plateforme ?
20:33La plateforme, elle rentre dans le proxénétisme, d'accord ?
20:36Le proxénétisme, ou la traite humaine dans certaines circonstances,
20:41elle ne vaut que parce qu'il y a des acheteurs potentiels.
20:44Et des acheteurs potentiels, il y en a un paquet.
20:46Je ne le citerai pas parce que je n'en ferai pas la publicité,
20:49mais le principal site d'annonce en ligne,
20:53de ce qu'on appelle escorte, pour ne pas dire personne,
20:56exploité par le système professionnel,
20:59c'est 45 à 55 000 annonces par jour.
21:02C'est 431 000 hommes qui se connectent par jour.
21:07Donc, c'est bien le problème, non pas de se vendre,
21:12puisque là-dessus, le problème c'est que d'autres en achètent,
21:16et qu'on touche à la dignité de l'être humain.
21:18Et là, vraiment, je regrette qu'on n'ait pas repris
21:22les textes existants en remplaçant le mot prostitution
21:27par le mot marchandisation.
21:29Et donc, il ne s'agit pas de savoir si le manager,
21:32il fait de la pression, pas de pression, machin truc,
21:34parce que alors ça, la notion de consentement,
21:36on part dans un gouffre qui est toujours indémontré
21:39par la victime et jamais par l'auteur.
21:42Il faut partir de la loi de 2016
21:44qui qualifie le proxénète de celui qui en tire profit.
21:48Donc là, c'est simple et clair.
21:50Et je regrette vraiment qu'on ne tape pas sur les acheteurs,
21:55les proxénètes au sens qu'ils en tirent profit,
21:58qu'il n'y ait pression ou pas,
21:59et éventuellement les réseaux de traite.
22:03Quant aux mineurs, vous vous doutez bien
22:04que vu le volume de pédocriminels sur le marché,
22:08qui ne se contentent pas d'acheter une poupée gonflable,
22:10qui achètent 15 000 enfants,
22:14a priori, c'est le chiffre qui circule
22:17des services de l'intérieur.
22:2015 000 enfants, situation de prostitution en France.
22:22Prostitution mineure, oui.
22:23Donc forcément, sur mime, sur only fan,
22:26et forcément, pourquoi ils y sont ?
22:28Parce que des hommes n'attendent que ça.
22:30Mais est-ce qu'il y a des passerelles
22:32entre ces plateformes et la prostitution ?
22:36Parce que là, on parle de prostitution,
22:38ce que vous dites.
22:39Il y a des passerelles ?
22:40La prostitution de rue, actuellement,
22:42c'est 4 à 5%.
22:44C'est plus trop comme ça que ça se passe.
22:47C'est vraiment la prostitution en ligne.
22:49Alors pour moi...
22:50Oui, mais là, on parle...
22:51Parce qu'il faut bien qu'on distingue les choses.
22:52Il y a la prostitution et les rendez-vous
22:54qu'on obtient en ligne.
22:56Il y a ces plateformes
22:57où là, il n'y a pas de contact,
22:59en tout cas, en principe.
23:00Je vous demande s'il y a des passerelles, justement,
23:02entre ces plateformes où il n'y a pas de contact
23:04et les contacts, la réelle prostitution.
23:07Il y a quand même dans...
23:09Assez souvent, très sincèrement,
23:11c'est aussi la problématique,
23:12et c'est pourquoi on parle des managers.
23:14C'est aussi un problème très important.
23:15C'est-à-dire que les managers vont encourager
23:17pour gagner plus d'argent
23:18à ce que, généralement, les plus jeunes femmes
23:20aillent au devant de rencontres physiques.
23:23Et en fait, l'argent de ces managers
23:25qui sont vraiment avides de profits
23:28vont inciter en disant
23:31mais de toute manière, c'est à peu près la même chose
23:33que tu le fasses virtuellement
23:34ou dans la vraie vie, c'est la même chose.
23:36Ils vont inciter ces jeunes filles à le faire.
23:37On retrouve Jessica qui était en ligne avec nous tout à l'heure.
23:40Est-ce que vous, vous avez été incité justement
23:42à aller plus loin et à rencontrer des clients ?
23:45Pas à rencontrer, mais à faire des contenus
23:48beaucoup plus hautes, oui.
23:50Et ça, j'avais la pression.
23:52Parce qu'il y avait un abonné
23:53qui était prêt à mettre 600 dollars
23:55et les deux managers m'ont même téléphoné,
23:59ont insisté toute la soirée
24:00et je n'ai jamais voulu le faire.
24:02Mais ça a été tendu.
24:04Ils mettent une pression de dingue.
24:07Et moi, je leur avais tenu tête
24:08et j'avais dit non, tout ne s'achète pas.
24:09mais je suis sûre qu'ils arrivent
24:11à obtenir ce qu'ils veulent
24:14les trois quarts du temps.
24:15Je ne sais pas si vous avez entendu
24:16Delphine Jarraud sur notre plateau,
24:18mais quand elle parle de prostitution,
24:22cette activité-là,
24:23elle est pour vous comparable
24:24à la prostitution et les clients
24:26à des gens qui sont justement
24:29avides de cette sexualité tarifée ?
24:34Oui, clairement.
24:36Maintenant, ils viennent chercher
24:39des contenus sexuels.
24:41Il y a un peu de tout sur les plateformes.
24:43Mais il y a aussi des hommes
24:43qui sont manipulés par les managers.
24:48Ça, on n'en parle pas assez.
24:50Mais les managers sont formés
24:53pour manipuler les modèles
24:54et pour manipuler aussi les abonnés
24:56pour avoir un maximum d'argent.
24:58Donc, ils sont renommés les abonnés.
25:00Les plus gros, on les appelle les baleines.
25:02Et ils sont vraiment dépouillés.
25:04Il y a vraiment des techniques
25:06dégoûtantes de manipulation.
25:08Ça va vraiment très, très loin.
25:10Moi, on m'a dit que je ne pouvais pas
25:11aller me connecter
25:11et ne pas regarder ce qui se passait
25:12dans les chats.
25:13J'ai fini par y aller.
25:14Tout ce que j'ai découvert,
25:15franchement, tout était sale.
25:17C'est vraiment très, très sale.
25:19Marie Mercier, vous avez entendu
25:20également les arguments de Delphine Jarraud.
25:22Est-ce qu'en fait,
25:24il ne faut pas s'en prendre
25:25aux clients et aux plateformes
25:26plutôt qu'aux seuls managers ?
25:29Oui, bien évidemment.
25:30C'est plus large.
25:31Le texte va vivre davantage.
25:33J'ai eu un amendement qui a été voté
25:35cet après-midi du gouvernement
25:37justement qui concerne les clients.
25:39Mais c'est une vision peut-être
25:40un peu trop idéale de penser
25:42que s'il n'y a plus de consommateurs,
25:44il n'y aura plus de prostitution.
25:45Ce n'est pas forcément comme ça
25:46que ça fonctionne.
25:47C'est un petit peu le raisonnement
25:49qui avait été pris dans le narcotrafic
25:51et tout ça.
25:52Mais non, en fait,
25:53ce n'est pas exactement comme ça
25:55que ça fonctionne.
25:55Et moi, sur les mineurs,
25:57alors là, vraiment,
25:58c'est une ligne rouge.
25:59quand on fait apparaître des mineurs
26:01sur des contenus comme ça,
26:03quand on...
26:04Je ne sais pas,
26:05mais on trafique un peu les choses
26:07pour faire croire que les modèles
26:09semblent avoir 14 ans, 12 ans,
26:11semblent être des enfants.
26:12Mais on passe les bornes là.
26:14La minorité, pour moi,
26:15c'est un sanctuaire.
26:17C'est un sanctuaire.
26:17Donc, ce n'est pas la même chose quand même
26:19quand ce sont des enfants
26:20ou quand ce sont des majeurs.
26:23C'est grave aussi, bien sûr,
26:24pour les majeurs.
26:25Mais encore plus pour les mineurs.
26:27Alors, est-ce qu'on n'est pas tout simplement
26:29dans une suite logique
26:30du monde de l'influence en ligne ?
26:32On parlait tout à l'heure
26:33du recrutement sur Instagram.
26:34Est-ce que ce n'est pas l'étape supplémentaire ?
26:36On va en parler après la pause.
26:37A tout de suite.
26:39Jusqu'à 20 heures,
26:40Anne-Sophie Lapix refait le monde sur RTL.
26:45Anne-Sophie Lapix,
26:46on refait le monde jusqu'à 20 heures sur RTL.
26:50Est-ce qu'on est armé ?
26:51Est-ce qu'on sait s'adapter
26:52aux pratiques sur le net,
26:53au proxénétisme 2.0,
26:55à la mercantilisation des corps,
26:57y compris des plus jeunes,
26:59sans contrôle,
26:59sans limite,
27:00sans tabou ?
27:01On en débat dans
27:01On refait le monde
27:02avec nos invités.
27:03Marie Mercier,
27:04sénatrice LR de Saône-et-Loire,
27:06Delphine Jarraud,
27:07déléguée générale
27:08de l'Amicale du Nid,
27:10et Tom Michel,
27:11avocat au Barreau de Paris.
27:13Alors, only fan,
27:14mime,
27:15est-ce que ce n'est pas la suite,
27:17le débouché logique
27:18de Instagram et TikTok ?
27:20On se montre,
27:21on essaie d'attirer les regards,
27:23les likes,
27:23et on finit par aller toujours
27:25plus loin.
27:26Tom Michel ?
27:28Je pense qu'il y a quand même
27:28une démarcation à faire
27:30entre les réseaux classiques
27:31et only fan,
27:32même si bien sûr
27:32les réseaux classiques
27:33sont une porte d'entrée
27:34vers only fan,
27:35mais la grande différence
27:36et ce qu'il faut dire aux auditeurs
27:37et nous,
27:38praticiens du droit,
27:39ce qu'on voit,
27:39c'est que only fan,
27:40mime,
27:41quand vous postez une vidéo intime
27:42ou une photo intime,
27:44elle va vous suivre
27:44toute votre vie.
27:46Et nous,
27:46on a des jeunes femmes
27:4718, 19, 20 ans
27:49qui aujourd'hui
27:50ont leur vie paralysée
27:51puisqu'elles ont eu l'idée
27:52il y a quelques années,
27:53quelques mois
27:54de publier une vidéo
27:55ou une photo
27:56et ça va les suivre
27:57toute leur vie.
27:57Ce n'est pas le cas d'Instagram.
27:58Mais là,
27:59il n'y a pas de droit à l'oubli
28:00sur ces...
28:00Enfin,
28:00on ne peut pas exiger
28:02d'effacer ces photos ?
28:03C'est là la difficulté absolue
28:05et c'est en cela
28:06qu'il y ait une première proposition
28:07de loi,
28:08ça en appelle peut-être une autre.
28:09C'est-à-dire que
28:09l'Internet est mondial
28:11et donc,
28:12quand vous avez
28:13un droit à l'oubli
28:13peut-être sur un site,
28:15ça prospère
28:16sur une quinzaine,
28:17une centaine de sites.
28:21intimes qui a porté
28:22ce combat publiquement
28:23mais tous les jours,
28:25on fait des demandes
28:26pour que les pages
28:27soient retirées,
28:27pour que les photos
28:28soient enlevées
28:29mais à la seconde,
28:30vous en avez sincèrement
28:31des milliers d'autres
28:32qui s'ouvrent.
28:33Donc,
28:33c'est un combat
28:33qui est quasiment
28:34en termes de droit à l'oubli
28:36impossible à mener,
28:36sincèrement.
28:37Vous faites bien de le dire
28:38parce que tout à l'heure,
28:39j'avais un peu peur
28:39avec la conversation qu'on a
28:41et même les chiffres
28:42qui étaient annoncés
28:43tout à l'heure par Jessica
28:44que certaines jeunes femmes
28:45se disent
28:46pourquoi pas moi,
28:47finalement,
28:48je poserai des limites
28:49et voilà.
28:50Parce qu'il n'y a plus
28:52de tabou aussi.
28:54Ça disparaît un peu
28:55avec cette exposition
28:56des corps
28:57sur les réseaux sociaux.
28:58Elles ne maîtriseront pas.
28:59Elles vont perdre
29:00la maîtrise
29:01des choses.
29:02Marie Merci.
29:03Oui.
29:04Elles ne vont pas
29:04pouvoir gérer.
29:07Moi,
29:08je me rends compte
29:08d'une chose.
29:09On fait de plus en plus
29:09de certificats médicaux
29:11parce que les jeunes filles
29:12ne veulent pas
29:13se déshabiller
29:13et aller à la piscine.
29:14Elles ne veulent pas
29:15enlever le peignoir
29:15au bord du grand-pain.
29:17Par contre,
29:17elles vont faire
29:18des sextep.
29:19C'est-à-dire que
29:20dans leur tête,
29:20il y a comme une frontière
29:22entre le monde virtuel
29:23c'est une image,
29:25ce n'est pas tout à fait moi
29:25et mon corps en vrai
29:26que je vais montrer
29:27à mes camarades de classe.
29:28C'est d'ailleurs
29:29un vrai problème
29:29de santé publique
29:30de ne plus aller
29:31à la piscine.
29:32Tout ça,
29:32c'est pour expliquer
29:33que ces jeunes filles
29:34peuvent être appâtées
29:35par quelque chose
29:36qu'elles ne maîtrisent pas
29:37qui va les détruire
29:39in fine.
29:41C'est un miroir
29:42aux alouettes.
29:42Vraiment,
29:43il faut qu'elles
29:43en prennent conscience.
29:45Elles auront bon dire
29:45« Moi, je vais y arriver
29:46parce que je connais. »
29:48Mais non, mais non,
29:49tu ne connais rien du tout.
29:50Le monde numérique
29:51qu'elles connaissent,
29:52mais c'est ce monde-là
29:53des réseaux,
29:54si vous leur demandez
29:54de faire quelque chose
29:55de particulier,
29:56mais elles sont
29:57complètement perdues,
29:58il y a quand même
29:58une fracture numérique.
29:59C'est là tout le paradoxe
30:00en fait,
30:01de ce monde-là.
30:01Tout à l'heure,
30:03Delphine Jarreau,
30:03vous évoquiez l'IA aussi
30:05qui risque de changer encore,
30:07d'apporter un peu plus.
30:08Ça existe déjà avec l'IA.
30:10On peut,
30:11avec la photo d'une femme,
30:12d'un homme,
30:14la déshabiller.
30:15On a vu ça
30:15notamment avec l'IA groc
30:19de Elon Musk.
30:20C'est déjà possible.
30:22C'est possible
30:22et surtout,
30:24je suis là au webinaire
30:26avec notamment le FBI
30:27et les services de police français.
30:29On ne peut plus aujourd'hui
30:30distinguer une photo réelle
30:32d'une photo générée par l'IA.
30:35Donc,
30:36quand on disait aux jeunes
30:37ne faites pas de nude
30:38sur Internet,
30:39c'est foutu,
30:40il suffit de prendre une tête,
30:41un corps et hop,
30:42assemblage.
30:44Je reviens toujours
30:45à ces jeunes.
30:46Je ne voudrais pas
30:47qu'on fasse de généralité.
30:48Il y a plein de jeunes
30:49qui n'ont absolument pas envie
30:51de s'exhiber
30:52et d'être une marchandise
30:54au service d'hommes
30:55en manque sexuel.
30:57Et la majorité des filles,
30:59des femmes,
30:59le sont.
31:00Donc,
31:00il faut quand même savoir
31:01qu'il ne faut pas généraliser
31:05non plus.
31:06De l'autre côté,
31:07tous les hommes
31:08ne sont pas des acheteurs
31:09d'actes sexuels,
31:10que ce soit en distanciel
31:11ou en réel.
31:12C'est là qu'il faut,
31:13comme le disait Mme,
31:14mercier de l'éducation,
31:16de la prévention.
31:17Tant qu'on ne fera pas
31:18un travail,
31:19mais de fond,
31:20et pas de l'évars,
31:21à moitié de l'évars,
31:22enfin de l'éducation
31:23à la vie affective,
31:23relationnelle et sexuelle,
31:25généraliser à toutes
31:26les générations
31:27de la scolarisation
31:28sur l'égalité
31:29entre les filles
31:30et les garçons,
31:31l'égalité entre les femmes
31:32et les hommes,
31:32le fait que le corps
31:33n'est pas une marchandise
31:34ni à acheter
31:35ni à vendre,
31:37là,
31:37on fera évoluer
31:38les mentalités,
31:39l'éducation des garçons,
31:41l'éducation des filles.
31:44Mais c'est pas...
31:45Voilà, il ne faut pas non plus
31:46qu'on soit complètement traumatisés.
31:49Mais ces enfants sont à protéger,
31:51mais les adultes aussi,
31:52j'insiste.
31:53Mais est-ce que finalement,
31:54tout ça n'a pas toujours existé
31:56avec les pip-shows,
31:58les strip-tease ?
32:00Est-ce que finalement,
32:01on parle d'un phénomène
32:02qui est là depuis la nuit des temps ?
32:05Sauf que les théâtres érotiques,
32:07les pip-shows,
32:08le film Emmanuel,
32:09quand vous voulez aller au cinéma autrefois,
32:10il fallait montrer sa carte d'identité.
32:12Les mineurs n'y allaient pas.
32:13Et maintenant, c'est accessible
32:15avec les réseaux sociaux.
32:16C'est traîné de poudre,
32:17c'est une contagion,
32:18c'est une démarche particulière
32:20d'aller dans un théâtre comme ça
32:21ou dans un lieu comme ça.
32:24Alors là, on est chez soi.
32:26Là, on est chez soi
32:26et on pense justement
32:27qu'on est tranquille,
32:29qu'on maîtrise,
32:29parce qu'on a le téléphone dans la main.
32:31Par contre, ce qu'on ne maîtrise pas,
32:32c'est les ordres qui vous sont donnés
32:33toute la journée,
32:34toute la nuit
32:35et auxquels il faut répondre.
32:36Mais est-ce qu'il ne faut pas
32:37se focaliser malgré tout
32:38sur les mineurs
32:40dans ces infractions-là ?
32:42Parce que finalement,
32:42entre adultes consentants,
32:44je ne suis pas en train
32:45de prôner...
32:47Non, non, mais les mineurs
32:48ne sont pas protégés.
32:49Les mineurs sont cabossés
32:50quand ils sont soumis
32:53à du matériel
32:53qui n'est pas fait pour eux.
32:55Quand ils voient
32:55des films pornographiques
32:56et qu'ils n'ont pas l'âge,
32:57soit ils sont tout petits
32:58et ils vont rigoler,
32:59ils ne vont rien comprendre,
33:00ils voient un bouton...
33:01Bon, soit ils sont un peu plus grands,
33:03ils vont essayer de faire
33:03la même chose,
33:04ils vont être en situation d'échec.
33:05On a un déplacement de la norme.
33:07La jeune fille va dire
33:08« Oh là, mon Dieu,
33:08il va falloir que je fasse ça. »
33:09Le jeune homme disant
33:10« Mais moi, il va falloir
33:11que je fasse ça aussi. »
33:12Et là, on nage dans le glauque
33:13parce que les films pornos
33:15qu'on leur propose
33:15sont de plus en plus violents.
33:16Ça, c'est suite au Covid.
33:17Les demandes de films violents
33:19ont compté de 30%.
33:19Et quand je dis violents,
33:21c'est strangulation,
33:22brûlure, torture.
33:23On n'est pas dans
33:24les petits coups de fouet.
33:25C'est vraiment très, très violent.
33:27Et c'est vraiment...
33:28Il faut en protéger
33:28les mineurs de ça.
33:29Alors, justement,
33:30est-ce que l'interdiction
33:31des réseaux sociaux
33:32en dessous de 15 ans,
33:35c'est un minimum
33:37ou est-ce que
33:37ce n'est pas ça la solution ?
33:38Les réseaux sociaux,
33:40si on leur interdit,
33:41le propre de l'ado,
33:42c'est d'aller plus loin.
33:43C'est d'essayer
33:43de braver l'interdiction.
33:46Donc, ce qu'il faut faire,
33:47c'est d'abord et avant tout
33:49les éduquer,
33:49leur expliquer
33:50le meilleur et le pire.
33:52Ils vont aussi trouver
33:53le meilleur pour leur éducation,
33:54pour apprendre des choses.
33:55Mais le pire peut être
33:56à leur portée.
33:57Donc, les éduquer,
33:58ne pas aller sur les réseaux sociaux
34:00plus qu'il ne faut.
34:02Là encore,
34:03on essaye de faire des choses.
34:04C'est des balbutiements.
34:06Il faut profiter
34:07de cette magie
34:08de tout ce que ça va
34:09nous apporter
34:09en étant conscient
34:11de l'autre côté
34:12de la médaille,
34:13conscient de ses dangers
34:14pour pouvoir s'en préserver.
34:18Tom Michel ?
34:19Simplement pour donner
34:21une information,
34:21parce que je crois
34:22qu'elle est importante
34:23pour les mineurs notamment,
34:25sur ce que rapportent
34:26OnlyFans et Mim.
34:27Parce qu'on est très très loin
34:28des fantasmes
34:28qui sont parfois donnés
34:30par des influenceuses
34:31de type classique.
34:32En moyenne,
34:33on n'est pas au-dessus
34:34de 1000 euros par mois
34:35pour potentiellement
34:36gâcher sa vie entière.
34:38C'est très important
34:39de dire qu'il y a
34:40des fantasmes absolus
34:42qui sont aussi gérés
34:43par ces plateformes
34:43qui payent un certain
34:44nombre d'influenceurs
34:45qui ne sont parfois
34:46pas même sur ces plateformes-là
34:48pour dire
34:48vous allez être milliardaire
34:49et ça va être facile.
34:51Non, sincèrement,
34:52pour voir un peu les dossiers,
34:53c'est des quelques centaines
34:54d'euros par mois.
34:55Et ce qui concerne
34:56l'interdiction des réseaux sociaux
34:57sur les mineurs,
34:58je comprends que ce soit
34:58un vœu pu,
34:59mais ça me semble totalement
35:00irréaliste
35:00dans une économie mondiale.
35:01Merci à tous
35:03d'être venus
35:04sur ce plateau
35:05pour débattre
35:05de ce sujet
35:06très sensible
35:08et on va voir
35:09si la loi ira
35:10jusqu'au bout.
35:12Demain,
35:13Olivier Bois
35:13recevra
35:14Jean-Noël Barraud,
35:15le ministre des Affaires étrangères
35:17dans RTL Matin.
35:18Quant à Marc-Olivier Fogiel,
35:19il accueillera
35:20Sidali Djemal,
35:21le père de Camélia,
35:2217 ans,
35:23qui a mis fin à ses jours
35:24le 13 janvier dernier.
35:26Il est l'heure
35:27de retrouver André Dusselier.
35:28Bonsoir André,
35:29quelle histoire
35:29allez-vous nous raconter
35:30ce soir ?
35:30Bonsoir Anne-Sophie.
35:32Alors ce soir,
35:33je vais vous raconter
35:34le dernier été
35:34de Lady Diana
35:35entre liberté,
35:38passion
35:38et disparition tragique.
35:40À tout de suite
35:41sur RTL.
35:42À tout de suite André.
35:44RTL,
35:45votre radio.
35:46pour la suite et
36:06– Sous-titrage Société Radio-Canada »
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