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00:00L'enquête, 12 ans après l'assassinat de nos confrères de RFI, Gisleine Dupont et Claude Verlon.
00:05Une nouvelle fois, le juge d'instruction en charge de l'enquête demande une déclassification des documents classés secret défense.
00:12Les partis civils réclament la transparence et la vérité, bien sûr, sur leur mort.
00:16Marie Dosé, bonjour. Vous êtes l'avocate de l'association des amis de Gisleine Dupont et de Claude Verlon.
00:22Merci beaucoup de répondre à nos quelques questions.
00:24Qu'est-ce qui permettrait d'abord une nouvelle déclassification ? Ça changerait quoi ?
00:30Ça changerait énormément de choses. L'absence de coopération avec le Mali, c'est évidemment un frein à la manifestation de la vérité.
00:38Mais l'absence de présence française au Mali, c'est un élément qui devrait convaincre le ministère de déclassifier.
00:45Nous pensons, nous, que certains documents n'ont pas été déclassifiés pour ne pas exposer ou mettre en danger les Français qui étaient encore sur place.
00:52Désormais, il n'y a plus personne, donc il faut déclassifier.
00:55Alors, rappelons que ce drame a eu lieu il y a 12 ans.
01:00On sait qu'Al Qaïdao Maghreb islamique a revendiqué l'acte.
01:03Pour résumer la version officielle, c'est une prise d'otage qui a mal tourné.
01:07Quelles sont les zones d'ombre qui planent toujours sur l'attaque, Marie Dosé ?
01:11D'abord, la chronologie des faits.
01:12Il reste des zones d'ombre, notamment sur les complicités.
01:17C'est-à-dire que nous savons désormais que Giseleine Dupont et Claude Verlon étaient suivis,
01:22surveillés, que cet enlèvement a été pensé, réfléchi et organisé bien en amont.
01:28C'est sur toutes ces complicités qu'il faut travailler, sur l'entourage des auteurs et l'enlèvement.
01:32Et puis également sur ces exploitations téléphoniques malitels
01:36qui nous ont permis de savoir qu'il y avait des complicités jusqu'en Algérie.
01:39C'est là-dessus qu'il faut continuer à travailler.
01:42Et notamment, le juge a demandé au ministère des Renseignements sur deux suspects encore vivants.
01:47Est-ce qu'on peut savoir qui ils sont et ce qu'on pourrait apprendre sur eux ?
01:51Trois des quatre membres du commando sont décédés.
01:54Il ne reste plus qu'Ahmadi Agmou Mahamed, le quatrième homme du commando.
01:59Un des deux commanditaires est décédé.
02:00Et il ne reste plus que Cédan Aguita.
02:03Ce sont sur ces deux personnages que l'instruction doit se concentrer.
02:06Et ce sont sur ces deux personnages que le maximum de documents doivent être déclassifiés.
02:10Ce qui reste incompris aussi par les partis civils, bien sûr,
02:14c'est l'absence aussi de rapports des forces spéciales françaises sur ce drame.
02:20C'est assez étonnant, ça reste étonnant.
02:22Vous l'expliquez ou pas ?
02:24Non, ça ne reste.
02:25Ce n'est pas étonnant, c'est inoblible et c'est impossible.
02:27On ne peut pas imaginer que les forces spéciales sur place n'aient rédigé pas une ligne,
02:32pas un feuillet, pas un document sur la mort de Gislem Dupont et Claude Verlon.
02:36C'est insensé.
02:37Il faut désormais que ce rapport qui existe soit déclassifié.
02:41Parce qu'il faut rappeler peut-être que les forces françaises,
02:43donc à l'époque, étaient présentes à Kidal et qu'elles sont intervenues, quoi,
02:48quelques heures après leur mort ?
02:50En tout cas, elles étaient présentes et si elles sont présentes,
02:53elles ont nécessairement travaillé sur ce double assassinat, sur cet enlèvement
02:57et elles nous doivent la vérité, c'est-à-dire qu'il faut que ces documents soient déclassifiés
03:02et soient transmis au magistrat inscripteur qui est en charge de ce dossier.
03:05Mais la grande question, c'est quoi ?
03:07C'est de savoir si les forces françaises auraient pu intervenir pour éviter ce massacre ?
03:12Vous savez, c'est toujours compliqué de refaire l'histoire.
03:14Tant qu'on ne sait pas exactement ce qui s'est passé,
03:16tant qu'on n'a pas accès à toutes les informations,
03:19moi, je ne me permettrais pas de me sentir suffisamment légitime
03:22pour dire ce qui aurait dû être fait.
03:24L'important, c'est qu'on sache d'abord exactement ce qui s'est passé.
03:27Et c'est pour tout ça qu'il faut déclassifier ces documents.
03:30Alors, il y a déjà eu une fois une déclassification de documents.
03:33Là, c'est la deuxième demande, si je ne me trompe pas.
03:36C'est quoi les chances que cette demande aboutisse ?
03:38Je pense qu'il y a beaucoup de chances que des documents soient déclassifiés.
03:43Encore une fois, parce qu'il n'y a plus de présence française au Mali
03:46et que plus personne n'est donc exposé à un risque,
03:49ce qui probablement a refroidi le ministère
03:52s'agissant des dernières demandes de déclassification.
03:55Et qu'à ce stade de l'instruction,
03:58le ministère sait tout particulièrement que sans ces déclassifications,
04:02on n'avanceront plus parce qu'il n'y a plein de coopérations judiciaires
04:05entre le Mali et la France.
04:07Et est-ce qu'il y a des documents qui sont aussi classifiés côté Bamako ou pas ?
04:12Nous n'en savons rien, c'est tout le problème.
04:14Nous sollicitons la déclassification d'un maximum de documents
04:18sans savoir quels sont les documents classifiés.
04:20C'est bien là le problème.
04:21C'est le problème des parties civiles
04:22et c'est le problème aussi du magistrat instructeur.
04:25Ça fait 12 ans que les faits ont eu lieu.
04:28Il n'y a toujours pas eu de procès.
04:30Là, ça commence à faire long.
04:32Le procès, vous savez, est-ce qu'il interviendra un jour ou l'autre ?
04:36Nous n'en savons rien.
04:37Il ne faut pas que les opérations de neutralisation
04:40conduisent à ce que tous les auteurs et complices identifiés décèdent.
04:46Parce que sans ça, il n'y a pas de procès.
04:48C'est-à-dire qu'il faut impérativement que des mandats d'arrêt internationaux
04:51soient émis dans ce dossier
04:53et que des personnes puissent s'être interpellées
04:55lorsqu'ils traversent notamment une frontière.
04:57Donc il reste encore, et je le dis et je le répète,
05:00un membre du commando vivant,
05:02un des deux commanditaires également.
05:04Oui, les parties civiles continuent à espérer un procès.
05:07Merci beaucoup pour ces éléments.
05:08Marie Dosé, avocate de l'Association des Amis de Gisseline Dupont
05:11et de Claude Verlon.
05:12Sous-titrage MFP.
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