00:00Dans l'actualité africaine, à présent, le Mali menacé par les groupes djihadistes, le JNIM, se renforce et poursuit son blocus des importations de carburant,
00:09resserrant les taux sur Bamako et l'essence vient à manquer dans la capitale. Bonjour Oassim Nasr.
00:16Selon vos informations, le JNIM, ce groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, c'est son nom, a touché par ailleurs une énorme rançon en échange de la libération récente de trois otages.
00:25Effectivement, donc une très grande rançon, 50 millions de dollars, il y a aussi 20 tonnes de munitions, il y a une question qui se pose,
00:34est-ce qu'ils vont avoir 20 tonnes de munitions ou 20 millions en plus, pas de munitions et 20 millions en plus, donc 70 millions de dollars.
00:42Les trois otages, on vient de la prendre, donc il y a un émirati qui fait partie de la famille royale, un général à la retraite,
00:49Jean Raboun Maktoum Maktoum, qui était dans le négo de l'or et qui a été donc pris avec deux autres,
00:55donc pour le coup un Pakistanais à résidence émirati probablement et un employé iranien.
01:02Donc tous les trois ont été libérés mais la rançon évidemment a été payée pour ce général à la retraite qui était dans le négo de l'or.
01:09C'est inédit, donc les émiratis aujourd'hui, de par leur activité en Afrique, ça crée un précédent,
01:15donc parmi leurs amis, parmi leurs ennemis, quand on voit qu'ils sont capables, en capacité ou prêts à payer ce genre de montant,
01:24ça met en péril, je pense, leur activité en Afrique.
01:27Et c'est évidemment pour le Genim une manne extrêmement importante cette somme ?
01:31Effectivement, c'est inédit, c'est inédit en moyenne, si on peut se mettre de parler comme ça, c'était entre 6 millions et 10 millions la rançon.
01:39Le Genim aujourd'hui ne fait plus dans la politique de prise d'otages d'occidentaux,
01:43les derniers Italiens ont été libérés il y a plus d'un an,
01:46mais maintenant ils se concentrent sur les ressortissants des pays qui s'estiment soutien à la jeune.
01:51Donc entre ses mains, il y a 11 Chinois, il y a des Indiens, il y a deux Ukrainiens à passeport russe qui travaillaient pour Wagner,
01:57il y a un Iranien encore entre leurs mains, il y a deux Égyptiens,
02:01qui ont été pris le 28 dernier,
02:04qui sont encore en cas,
02:06ils sont en train d'étudier leurs cas,
02:08tels qu'ils nous ont dit, pour voir s'ils travaillent pour le gouvernement ou pas.
02:11Donc s'ils travaillent pour le gouvernement, ils vont demander une rançon,
02:13c'est pas encore le cas, malgré les rumeurs,
02:15et s'ils ne travaillent pas pour le gouvernement, ils vont être libérés.
02:18Et parallèlement à ce business autour des otages considérés comme étant en soutien à la jeune,
02:24je le disais, le Genim pratique la stratégie de l'étouffement économique de la capitale Bamako,
02:30en coupant l'apport en carburant, quelle est la finalité ?
02:35Tel qu'ils le disent très clairement, la finalité est de faire tomber la jeune.
02:40Donc les négoques qu'il y a eu pour les otages n'ont rien à voir avec le blocus.
02:43Le blocus se maintient jusqu'à la chute du gouvernement militaire malien.
02:49Après, il ne faut pas penser qu'ils ont les capacités en propre de rentrer dans une ville comme Bamako et de la contrôler.
02:55Ça veut dire bagner à Noir, en pick-up, ils prennent Bamako.
02:58Pour qu'ils puissent prendre Bamako, il fait qu'il y ait une coalition.
03:01Donc une coalition avec d'autres forces d'opposition, islamistes ou pas par ailleurs.
03:05Donc en exil ou pas par ailleurs.
03:06Il y a des négociations qui sont entreprises pour voir si le gouvernement tombe,
03:11comment faire en sorte qu'il n'y a pas une effusion de sang dans les rues de la capitale.
03:15Donc une sorte de négociation ou de coalition hétéroclite
03:18qui mènerait à la fin de la jeune à une gouvernance islamique, certes,
03:23mais qui de fait aussi éloigne le jenim de la maison mère qui est Al-Qaïda,
03:28donc le djihad global, etc.
03:29Donc c'est quelque chose qui est, qui est un processus, disons, de négociation
03:33avec les forces d'opposition qui sont ostracisées par le pouvoir
03:37et qui accusent tout le monde d'être terroriste.
03:39Certains sont en exil, comme l'imam Diko ou comme d'autres politiques.
03:43Et tous ces gens-là, s'ils arrivent à trouver une sorte de coalition
03:45pour une gouvernance islamique, là, à ce moment-là, oui,
03:49on peut imaginer que Bamako serait prise par le jenim.
03:52D'un autre côté, il y a un autre scénario qui pourrait aussi se profiler
03:54parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes, c'est-à-dire si le régime s'effrite de lui-même
03:58sans une attaque de Bamako en direct et le pouvoir se délite,
04:03est-ce que les commandants qui sont autour de Bamako,
04:05donc qu'ils soient Peul ou Bambara ou autres, prendront de l'initiative ?
04:08Comme ce fut le cas avec les talibans à Kaboul.
04:10Parce qu'à Kaboul, les talibans ne devaient pas prendre Kaboul.
04:13Il y avait un accord.
04:14Mais sauf que le pouvoir s'est effrité
04:16et les commandants aux abords de la ville sont rentrés dans la ville.
04:19Donc sans revenir au commandement.
04:21Donc tous les scénarios sont possibles, mais en tout cas,
04:23comme vous l'avez très bien rappelé, Bamako est asphyxié aujourd'hui.
04:26Parce que le carburant, c'est la vie.
04:29C'est l'énergie, c'est l'électricité, c'est les transports, etc.
04:33Donc il y a un blocus aussi vis-à-vis des transports
04:35qui ont interdiction de transporter les militaires hors de la capitale.
04:38Par exemple, où femmes et hommes sont séparés
04:40et femmes ont l'obligation d'être voilées.
04:42Et c'est suivant ces conditions-là qu'ils ont rouvert les routes,
Be the first to comment