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00:00Vous regardez toujours l'essentiel sur France 24.
00:04On va plus loin avec Niagale Bagayoko, directrice de l'African Security Sector Network.
00:07Bonjour Niagale.
00:08Bonjour.
00:08Et Bruno Daru, chroniqueur international Ă France 24.
00:11Bonjour Bruno.
00:11Bonjour Raphaël.
00:12Au sommaire, Guylaine Maxwell refuse de témoigner.
00:15Devant une commission de la Chambre des représentants,
00:17l'ancienne compagne de Jeffrey Epstein invoque son droit Ă garder le silence
00:20alors que les démissions se succèdent parmi ceux qui ont croisé la route du délinquant sexuel.
00:25Dernière en date, un deuxième membre du cabinet de Keir Starmer claque la porte.
00:28Les taux se resserrent autour du premier ministre britannique.
00:35Israël modifie des règles vieilles de plus de 60 ans autour de la Cisjordanie.
00:41Conséquence, cela va permettre aux colons notamment d'acquérir plus facilement des terrains dans le territoire palestinien.
00:50On voit ça tout de suite. On va plus loin.
00:58Comme souvent, c'est chez la droite nationaliste, je vous le disais, que les déclarations sont les plus franches.
01:14Mais on verra ça effectivement dans la deuxième partie.
01:15C'est peu dire en tout cas qu'elle était très attendue.
01:17Elle, tant son nom, résonne avec une force particulière en pleine tempête autour de Jeffrey Epstein.
01:22Celle qui fut sa partenaire en crime, comme disent les Américains, Ghislaine Maxwell, était appelée à témoigner ce lundi devant une commission de la Chambre des représentants.
01:32Sans surprise, depuis la prison texane oĂą elle purge une peine de 20 ans de prison pour exploitation sexuelle,
01:36l'ancienne compagne d'Epstein a refusé par visioconférence de prendre la parole, invoquant le droit de ne pas s'auto-incriminer,
01:44que lui confère le cinquième amendement de la Constitution des États-Unis.
01:47Niagale Bagayoko, le plus important était ce qu'elle n'a pas dit peut-être,
01:52ou plutôt qu'a révélé son avocat dans sa déclaration liminaire avant la commission,
01:55à savoir que sa cliente ne dispose d'aucun élément susceptible d'incriminer les présidents Trump et Clinton.
02:01Oui, c'est une sorte de chantage en réalité auquel semble se livrer Ghislaine Maxwell,
02:11puisqu'elle a effectivement fait valoir d'une part que deux présidents ne seraient pas incriminables,
02:18mais que beaucoup d'autres personnalités en creux pourraient l'être.
02:22Donc elle met dans la balance sa potentielle libération,
02:26mais elle fait trembler beaucoup de personnalités qui d'ailleurs continuent à se révéler de plus en plus nombreuses.
02:38Bruno Daru, quel crédit accordé à ce que pourrait dire Ghislaine Maxwell,
02:42sachant que ses avocats ont explicitement fait savoir qu'elle réclame une immunité pénale
02:45ou une grâce présidentielle en échange d'un éventuel témoignage ?
02:48Oui, c'est ça qui est effectivement encore plus pervers, si vous me passez l'expression,
02:54parce qu'en fait elle demande la grâce présidentielle à Donald Trump ou l'immunité pénale, effectivement.
03:00Et là elle dit, en tout cas si j'ai la grâce de Donald Trump, comme il n'est pas incriminé,
03:06donc ça évidemment, elle se dit que ça devrait peut-être plaire à Donald Trump,
03:10et bien là je veux bien répondre aux questions de la commission de la Chambre des représentants.
03:14Donc effectivement c'est assez malin, ça fait effectivement que d'autres personnalités doivent être assez inquiètes.
03:21Après dans l'absolu, si, on sait en tout cas que Ghislaine Maxwell sait beaucoup de choses.
03:27Elle a partagé l'avis de Jeffrey Epstein, elle a été d'abord sa compagne,
03:33puis ensuite oui sa complice, partenaire en crime, comme vous dites, c'est l'expression américaine.
03:38Elle a participé à tout ce système quand même d'esclavage sexuel avec très très souvent des filles mineures.
03:48Donc si, elle sait beaucoup de choses.
03:49La question c'est justement Ă quelles conditions elle va commencer Ă parler.
03:54Et on comprend effectivement que c'est quelque chose de très délicat,
03:57parce qu'elle aussi, elle joue gros quand mĂŞme.
04:00Donc on verra, ce qui va être intéressant c'est de voir évidemment la réaction, encore une fois, de Donald Trump.
04:04Si jamais Donald Trump lui accorde la grâce présidentielle, normalement elle va se mettre à table, comme disent nos amis policiers.
04:13Mais ça paraît absolument impossible que Donald Trump lui accorde la grâce,
04:17parce que cette affaire fait beaucoup de dégâts, y compris dans son propre camp.
04:22Ce ne serait pas accepté d'un point de vue moral, vous voulez dire ?
04:24Je pense que ce serait absolument perçu comme une trahison,
04:29dans la mesure oĂą il ne faut surtout pas oublier que l'une des origines du trumpisme,
04:35c'est aussi le fameux mouvement Qanon,
04:37ce mouvement qui dénonçait de la pédocriminalité,
04:45supposé dans une toute petite pizzeria qui a grandi à travers l'idée selon laquelle les élites,
04:55surtout démocrates bien entendu, étaient moralement et sexuellement coupables.
05:01Donc aujourd'hui, montrer...
05:03Un récit qui s'incarne dans l'affaire Epstein.
05:05Exactement, montrer une sorte de complaisance envers ce type de comportement,
05:14à mon avis, c'est inacceptable dans son électorat,
05:17y compris dans la branche ultra-religieuse.
05:20Le mouvement Turning Point, par exemple,
05:22ne pourrait absolument pas admettre ce type de prise de position.
05:27Oui, c'est un côté de l'argumentaire,
05:31mais moi je ne peux pas exclure complètement
05:32que si Donald Trump se dit que c'est le moyen pour moi,
05:35d'être absolument disculpé et de sauver ma peau,
05:39et bien même s'il y a des républicains dont les noms sont révélés,
05:43connaissant Donald Trump, oui, peut-être qu'il va peser le risque électoral,
05:47mais je ne serais pas complètement étonné,
05:49Ă priori vous avez plutĂ´t raison,
05:50mais je ne serais pas complètement étonné s'il le faisait.
05:54Mais Bruno, si elle se retrouve disculpée d'une grâce présidentielle,
05:59vous ne pourrez pas empêcher le soupçon de peser sur Donald Trump
06:01d'avoir négocié avec Ghislaine Maxwell.
06:03Oui, c'est ça, c'est ça le risque.
06:07Mais d'un côté, il sera disculpé,
06:10il se dira qu'après les semaines passent,
06:12les gens passent Ă autre chose, et voilĂ .
06:14Il l'a déjà dit, la semaine dernière,
06:17il a dit qu'il faut arrĂŞter de parler de cette affaire Epstein,
06:21puisque moi-mĂŞme, je ne suis pas mise en cause.
06:24Donc c'est totalement la ligne qu'il adopte,
06:26donc pourquoi attendre des déclarations de Ghislaine Maxwell ?
06:30Je ne suis pas sûre qu'il en ait vraiment besoin.
06:33On verra bien, en fait.
06:34Bien sûr.
06:35Les grands dirigeants de la planète, en tout cas,
06:38n'ont pas fini de trembler.
06:39La seule évocation du nom d'une personnalité suffit instiller,
06:42le poison lent du soupçon,
06:44avec à la clé des conséquences parfois brutales.
06:47Premier Ă tomber, le conseiller du Premier ministre slovaque,
06:50Robert Fitzsau, suivi de la présidente de la Fondation Suédoise
06:53pour le haut commissariat aux réfugiés,
06:54du président, ici en France, de l'Institut du Monde Arabe, Jack Lang,
06:57et finalement de deux membres du cabinet du Premier ministre britannique,
07:00Keir Starmer, après l'Amérique, puis l'Europe.
07:03Voici que le scandale touche à présent l'Afrique.
07:05Ludovic de Foucault.
07:08Lorsqu'on tape Karim Wad dans le moteur de recherche
07:10du ministère américain de la Justice consacré au Epstein Files,
07:13plus de 500 documents apparaissent.
07:16Des documents dont des échanges présumés avec Jeffrey Epstein
07:19au début des années 2010.
07:20A cette époque, le fils de l'ancien président sénégalais
07:24cumule les ministères de la coopération internationale,
07:26des transports aériens, des infrastructures et de l'énergie.
07:30Les échanges montrent que le financier américain
07:32s'intéresse aux opportunités d'investissement au Sénégal.
07:35Malgré les ennuis judiciaires de Karim Wad
07:37et l'invalidation de ses candidatures à la présidentielle,
07:40il restera pour Jeffrey Epstein
07:41comme une figure importante de la politique en Afrique de l'Ouest.
07:45L'ancien président du Zimbabwe, Robert Mugabe,
07:48est mort en 2019 et lui cité une trentaine de fois dans les documents.
07:52Il a notamment été le sujet d'un échange de mails
07:54entre le financier américain et l'entrepreneur japonais,
07:56Joichi Ito, comme l'a révélé la BBC.
07:59Des échanges qui montrent que le criminel sexuel
08:01voulait approcher le despote africain
08:03pour faire des terres fertiles du Zimbabwe,
08:05un terrain d'exploration et d'expérimentation.
08:07Joichi Ito a démissionné en 2019
08:09de son poste de directeur du centre de recherche Médialab
08:12du prestigieux MIT au lendemain de la publication
08:15d'une enquĂŞte du New Yorker
08:16sur ses liens financiers avec Jeffrey Epstein.
08:19Enfin, en ce qui concerne Jacob Zuma,
08:21cité près de 90 fois,
08:23c'est un échange du 4 mars 2010
08:24qui retient l'attention.
08:26Un certain Mark Lloyd,
08:27qui se présente comme un ami de Jeffrey Epstein,
08:29s'adresse à une femme appelée Vera.
08:31On m'a demandé d'aider à organiser un petit dîner
08:33demain soir pour le président Jacob Zuma
08:35d'Afrique du Sud Ă l'hĂ´tel Ritz Ă 19h.
08:37Jeffrey m'a suggéré de vous inviter
08:39car vous apporteriez sans aucun doute
08:40une touche de glamour à cette soirée.
08:42La mystérieuse Vera accepte en précisant
08:44« Je viens de Russie et je vis à Londres depuis deux ans.
08:47Je suis mannequin depuis six ans
08:49et j'ai vécu à Paris, New York, Barcelone et au Japon. »
08:52La fondation Zuma a fermement démenti
08:54tout lien de l'ancien président sud-africain
08:56avec Jeffrey Epstein
08:57en qualifiant l'interprétation de ces échanges
08:59de « construction narrative spéculative »
09:02déguisé en journalisme d'investigation.
09:04Il est par ailleurs peu probable
09:05que Jeffrey Epstein ait pu ĂŞtre Ă Londres
09:07aux dates en question.
09:07Qu'il s'agisse de Karim Ouad,
09:09Robert Mugabe ou Jacob Zuma,
09:11le fait que leur nom soit cité
09:12n'implique aucun acte répréhensible de leur part.
09:15À ce jour, aucune charge ne pèse contre eux
09:17dans le dossier Epstein.
09:20N'égalé Bagayoko,
09:21cette affaire a fait beaucoup de mal
09:22aux élites mondialisées
09:23comme les qualifient les extrĂŞmes
09:25de droite comme de gauche ?
09:27Oui, absolument.
09:28Et on constate quand mĂŞme
09:30que les personnalités africaines
09:32qui sont citées dans le dossier
09:34sont aussi celles qui ont eu beaucoup Ă faire
09:38avec la justice pour corruption
09:41à de très nombreux autres égards.
09:43Donc, ce type de révélation
09:45contribue à alimenter l'idée
09:49d'un grand complot international
09:51et alimente tous les courants
09:54conspirationnistes
09:56qui sont d'ores et dĂ©jĂ
09:57extrĂŞmement actifs.
09:59Donc oui, c'est une affaire
10:01particulièrement délétère
10:02dont on est quand mĂŞme surpris
10:04de voir l'ampleur des réseaux
10:08qu'elle implique en réalité.
10:09Oui, on découvre à travers ces documents
10:10un entrelac finalement
10:11de relations, d'affaires
10:13et de pouvoir matinée
10:14de déviance sexuelle
10:16quand on parle effectivement
10:18de pédophilie
10:19partagée par de nombreuses personnalités.
10:21Oui, en fait, c'est ça.
10:22Alors, plutĂ´t que, effectivement,
10:24les partisans les plus radicaux
10:28Ă l'extrĂŞme droite ou Ă l'extrĂŞme gauche
10:29parlent d'élite mondialisée
10:31totalement corrompue.
10:32En fait, il y a un grand complot
10:35international, sans doute pas,
10:36un grand réseau international
10:38avec des renvois d'ascenseurs, etc.
10:40Ça, oui, malheureusement,
10:41et de ce point de vue,
10:42Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell,
10:44parce qu'il faut quand mĂŞme rappeler
10:45pour reparler de Ghislaine Maxwell,
10:47c'est donc la fille de Robert Maxwell
10:49qui était un géant de la presse anglo-saxonne
10:52qui, donc, était introduit absolument partout
10:54en Australie, au Royaume-Uni, aux États-Unis, etc.
10:58Avant de voler les pensions de retraite
10:59de ses propres salariés.
11:00En plus, oui, oui,
11:02parce que lui aussi a eu des petits problèmes
11:04et qu'elle a donc, de ce point de vue,
11:07beaucoup aidé Jeffrey Epstein
11:08à rencontrer toutes ses personnalités.
11:10Mais par ailleurs, Jeffrey Epstein,
11:12on le voit par exemple dans le cas
11:13de Jack Lang, ici en France,
11:16cherchait toujours, quand il était dans un pays
11:18et Ă Paris, il restait, c'est vous tout Ă l'heure
11:21qui m'avez dit qu'il restait, je crois,
11:22quatre mois par an Ă Paris.
11:25– Dans son appartement de l'avenue Foch,
11:26quatre mois par an.
11:27– Oui, et on voit que c'était pour lui
11:29une obsession d'ĂŞtre mis en relation
11:31avec les personnalités importantes
11:33dans tel ou tel pays,
11:34ou alors, quand il avait un objectif en tĂŞte,
11:36qu'il essayait d'obtenir quelque chose.
11:39Après, ce qui est aussi intéressant,
11:40alors il y a effectivement toutes les affaires
11:42de déviants sexuels qui sont quand même
11:45absolument scandaleuses,
11:46parce que c'est des accusations quand mĂŞme
11:47de trafic d'ĂŞtres humains
11:48et de jeunes filles mineures de surcroît
11:52qui venaient des États-Unis,
11:53mais pas que des États-Unis.
11:56Mais il y a aussi tout le côté, effectivement,
11:58Ă la fois financier et renseignement,
12:01parce qu'on se pose quand mĂŞme des questions.
12:03Alors, par exemple, concernant Peter Mandelson,
12:05qui certes est allé sur la fameuse île
12:09avec Jeffrey Epstein et qui avait des liens
12:11assez forts avec lui,
12:11mais pourquoi transmet-il des informations
12:15confidentielles du gouvernement
12:17Ă Jeffrey Epstein ?
12:20Il y a d'autres exemples comme ça,
12:22notamment le prince Andrew,
12:25aussi qui a été représentant du Royaume-Uni
12:28pour le commerce pendant une dizaine d'années,
12:29et selon les documents qui ont été publiés,
12:32eh bien, aurait aussi transmis des informations.
12:35Donc, il n'y a pas que les histoires de déviants sexuels,
12:38et on se demande après, ensuite,
12:40pourquoi Jeffrey Epstein avait-il besoin
12:42de recevoir comme ça des informations d'État ?
12:46Alors, soit ça pouvait servir...
12:48Pour les monnayer ou...
12:48VoilĂ , pour les monnayer,
12:50ou alors pour le compte d'une autre puissance,
12:52puisque la piste russe a été évoquée.
12:55Enfin bon, en tout cas, ça pose des questions.
12:57Vous voyez, c'est pour ça que cette affaire
12:58est absolument fascinante,
12:59parce qu'il n'y a pas que le réseau de corruption,
13:02de trafic, de déviants sexuels, etc.
13:04Il y a aussi tout cet aspect-lĂ , quand mĂŞme,
13:06de trafic financier et d'informations,
13:09quand même, très importantes concernant des États.
13:12C'est pourquoi, d'ailleurs,
13:13ce qui se passe au Royaume-Uni,
13:15notamment parce qu'au Royaume-Uni,
13:16il y a Ă la fois la crise politique
13:17et la crise de la famille royale.
13:19LĂ , ce soir, et le roi Charles III,
13:22qui a été interpellé à plusieurs reprises
13:23lors de ses déplacements sur le comportement de son frère,
13:27et William McKay, donc le futur roi et la future reine,
13:31ont publié des communiqués.
13:33Le roi Charles III se dit mĂŞme prĂŞt
13:35à coopérer avec la police
13:37concernant les allégations
13:38à l'encontre de son propre frère Andrew,
13:43qui le met quand mĂŞme dans de sales drapes.
13:47– Et qui l'a déjà , d'ailleurs, déçu de son type.
13:50– Oui, qui a été déjà déçu,
13:51mais comme ça, c'était déjà le cas,
13:55mais comme il y a eu ces informations,
13:57comme quoi il aurait donné ces informations
13:59Ă Jeffrey Epstein,
14:01la famille royale est obligée, encore une fois,
14:03de dire, on est même prêt à aller jusqu'à coopérer
14:05avec la police.
14:06– Ça démontre quand même la personnalité hors normes
14:07de Jeffrey Epstein,
14:08qui n'était pas un simple financier de Manhattan,
14:10ni mĂŞme juste un jouisseur.
14:11On apprend quand même que c'était aussi
14:13un homme passionné d'art,
14:14qu'il avait manifestement une intelligence hors normes,
14:17un côté extrêmement manipulateur aussi,
14:20puisqu'il avait, semble-t-il, bâti sa fortune
14:22sur des activités frauduleuses, sur la trompe-lique.
14:24– Il avait menti sur son CV.
14:26– Oui, il y a une sorte de mystification
14:29qui semble avoir fonctionné
14:33et qui a permis de séduire, effectivement,
14:38un grand nombre de personnalités,
14:39aussi bien féminines que masculines, effectivement.
14:42– Un dernier mot pour revenir quand même
14:44sur la Grande-Bretagne,
14:45parce que là , il y a aussi une conséquence politique.
14:48Le feuilleton n'est sans doute pas terminé,
14:49mais on ne sait pas ce soir
14:50si le Premier ministre Keir Starmer
14:53va pouvoir rester en place.
14:55Bon, sa seule chance semble ĂŞtre
14:57que pour le moment, à l'intérieur du Parti travailliste,
14:59il n'y a pas vraiment de figure
15:00qui pourrait le remplacer
15:01et que certains ministres, du coup, le soutiennent.
15:05Mais en fait, il est dans une position extrêmement délicate
15:07pour avoir nommé Peter Mandelson,
15:09ambassadeur Ă Washington.
15:12Alors du coup, son directeur de cabinet,
15:14son directeur de communication
15:15ont dû démissionner.
15:16Lui, pour le moment, est toujours en place,
15:18mais enfin, c'est une véritable...
15:19Au Royaume-Uni, c'est une véritable tempête politique,
15:22plus le problème avec la monarchie, quand même.
15:25– Oui, et peut-être pour conclure,
15:28il y a un volet aussi
15:30qui est extrêmement préoccupant.
15:33C'est celui de l'implication
15:34de nombreux philanthropes aussi,
15:36qui ont une réputation...
15:38– Vous évoquiez Bill Gates, oui.
15:40– Dont, effectivement, Bill Gates,
15:42mais il n'est pas le seul.
15:44Il y a certaines personnalités
15:46qui travaillaient pour des instituts proches
15:49des Nations Unies,
15:51d'autres pour des institutions
15:54qui étaient caritatives,
15:57notamment en faveur des enfants.
15:59Donc vraiment des personnes
16:00au-dessus de tout soupçon,
16:02très éloignées des mondes de la finance,
16:04des mondes des médias.
16:07Et c'est ça qui paraît, effectivement,
16:10assez effrayant,
16:12c'est que des personnes
16:13qui semblent s'être parées
16:15de toute la vertu du monde
16:17font partie, effectivement,
16:19de ce réseau.
16:21– Oui, et en plus,
16:22sur l'aspect, effectivement,
16:23concernant le réseau,
16:24alors purement le trafic
16:26de jeunes filles mineures,
16:28ça concerne, comme je disais,
16:29tout à l'heure, les États-Unis,
16:30mais pas que.
16:31Donc il va y avoir beaucoup d'enquĂŞtes,
16:32et y compris, d'ailleurs, en France,
16:34puisque moi, j'ai regardé un documentaire
16:37sur une chaîne que je ne m'envoie pas,
16:39mais en fait, qui est très bien.
16:39Et donc il y a une témoin américaine
16:44qui dit qu'un week-end,
16:46elle a été dans la fameuse île de Jeffrey Epstein,
16:50et qu'il y avait là trois jeunes françaises
16:52âgées de 12 ans.
16:54Et donc, forcément,
16:55il va y avoir des enquĂŞtes aussi
16:56sur cet aspect-lĂ dans d'autres pays.
16:59Autant dire qu'on n'a pas fini d'en parler.
17:02– Comme souvent, c'est chez la droite nationaliste israélienne
17:06que les aveux sont les plus révélateurs.
17:08Nous enterrerons l'idée d'un État palestinien.
17:12C'est réjoui Bezalels Motrich.
17:14C'est pour ce membre du cabinet Netanyah
17:16où l'objectif visait donc par Israël
17:17en renforçant son emprise sur la Cisjordanie.
17:19Claire Duhamel, vous êtes à Jérusalem pour France 24.
17:22Il est question de revenir sur des rails
17:23qui datent du temps,
17:25oĂą c'est la Jordanie qui administrait ce territoire.
17:27– Bonsoir, Raphaël.
17:31Oui, il y a plusieurs éléments
17:32dans ces nouvelles règles israéliennes
17:34qui ont été présentées hier au cabinet de sécurité.
17:38Ça a été fait de façon conjointe
17:39entre le ministère de la Défense
17:40et le ministère des Finances.
17:42Le ministère des Finances,
17:43c'est celui qui est contrôlé par Bezalels Motrich,
17:45que vous citiez.
17:46Il est question de changer les règles d'accession
17:49à la propriété en Cisjordanie occupée
17:51qui date effectivement de la période
17:53où c'était la Jordanie qui administrait
17:55la Cisjordanie occupée.
17:56C'est-Ă -dire avant 1967.
17:59Les Juifs, en ce sens,
18:00ne peuvent pas acheter en leur nom
18:02des propriétés techniquement
18:04dans les territoires palestiniens occupés.
18:06Et puis, il y a une autre date importante,
18:09une date historique Ă laquelle revenir,
18:10c'est celle de 1995
18:12et des accords d'Oslo II.
18:14C'est au moment des accords d'Oslo
18:15que la Cisjordanie a été découpée
18:17en trois zones distinctes,
18:19la zone A, la zone B et la zone C.
18:21Alors, la zone B et la zone C
18:22sous son contrôle administratif israélien,
18:25mais la zone A, environ 20% du territoire,
18:28est toujours sous contrĂ´le total
18:29de l'autorité palestinienne,
18:31d'un point de vue théorique, en tout cas.
18:33Et il est question,
18:34dans ces nouvelles règles israéliennes,
18:37de morceler plus encore la zone A
18:39et de changer cette forme de statu quo.
18:42Il est question notamment du contrĂ´le
18:44de lieux sacrés,
18:45comme par exemple, à Hébron,
18:47le caveau des Patriarches
18:49ou la mosquée Ibrahim,
18:51qui sont en zone A
18:53et que les Israéliens voudraient pouvoir contrôler.
18:56Il est aussi question de la tombe
18:58de Rachel à Bethléem.
19:00Vous citiez tout Ă l'heure
19:01le ministre Bezalel Smotrich.
19:03Des représentants des colons
19:05se sont aussi exprimés
19:06quant à ces nouvelles règles israéliennes,
19:08disant que c'était les décisions
19:10les plus importantes prises par l'État d'Israël
19:12depuis son retour en Judée-Samarie
19:14il y a 58 ans.
19:16Judée-Samarie, c'est le mot
19:17qu'utilisent les colons
19:17pour désigner la Cisjordanie occupée.
19:20Tandis que dans un mĂŞme temps,
19:21de nombreux pays, dont l'Arabie saoudite,
19:23ont condamné ces nouvelles règles israéliennes.
19:25Vous étiez aujourd'hui, Claire,
19:26en reportage.
19:27Hébron, c'est l'une des premières
19:28concernées par ces changements.
19:30Comment réagissent les Palestiniens
19:31à qui vous avez parlé ?
19:35Eh bien, les Palestiniens
19:36que j'ai rencontrés aujourd'hui
19:38m'ont tous dit qu'ils étaient très inquiets.
19:39mais tout le monde avait suivi
19:41ces nouveaux développements
19:42parmi les gens avec qui j'ai pu parler.
19:45Je vous le disais,
19:46Hébron, c'est là où il y a
19:47certains des lieux les plus sacrés
19:49des trois religions monothéistes
19:51dans la vieille ville d'Hébron.
19:53Et en ce sens,
19:54les Palestiniens d'Hébron
19:55sont particulièrement attentifs
19:57à toute décision israélienne
19:59de changer l'administration
20:01de ces lieux sacrés.
20:02La vieille ville d'Hébron,
20:04c'est en quelque sorte
20:05une miniaturisation
20:06de toute la Cisjordanie occupée
20:08puisqu'Hébron est la seule ville
20:09de Cisjordanie
20:10oĂą il y a des colonies
20:11à l'intérieur des centres-villes palestiniens.
20:14C'est le cas dans la vieille ville d'Hébron
20:15avec des séparations rue par rue,
20:18des rues oĂą les Palestiniens
20:19ne peuvent plus accéder,
20:20des soldats israéliens
20:21qui sont désormais
20:22quasiment tous les jours
20:24dans ces rues palestiniennes
20:26et puis des checkpoints
20:27qui sont établis aussi
20:28à l'entrée de certains quartiers.
20:31Les Palestiniens qu'on a rencontrés
20:32nous ont dit
20:33que de manière générale,
20:34leurs conditions de vie
20:35s'étaient largement détériorées
20:37depuis le 7 octobre 2023,
20:38qu'ils observent que les colons
20:39sont plus violents Ă leur rencontre
20:42et puis qu'ils survivent
20:43à une forme de précarité économique
20:45qui se fait de pire en pire.
20:47Il n'y a pas de travail en Cisjordanie
20:49nous disait la plupart des Palestiniens
20:51qu'on rencontrait aujourd'hui
20:52et plus de possibilité
20:53de se rendre en Israël
20:54pour travailler tel que c'était possible
20:56avant le 7 octobre
20:57pour résumer un quotidien morose
21:00en Cisjordanie occupée
21:01et sans réelle perspective politique
21:03de long terme enviable
21:04pour les Palestiniens.
21:05Merci Claire Duhamel
21:06à Jérusalem pour France 24.
21:08Israël crée le risque
21:09d'un nouvel affrontement
21:09dans la région.
21:10N'est-ce qu'il y a
21:10N'est-ce qu'il y a
21:11N'est-ce qu'il y a
21:12Oui mais celui-lĂ
21:14est porté en germe
21:15depuis longtemps
21:16par un certain nombre
21:17de décisions
21:18qui se sont accélérées
21:19au cours des dernières années
21:21notamment tous les appels d'offres
21:23qui ont atteint
21:24un niveau record
21:25pour autoriser
21:25la construction
21:27de nouveaux logements
21:28dans des zones
21:29qui sont théoriquement
21:31placées sous l'autorité
21:33palestinienne.
21:36On a vu aussi s'accélérer
21:39les expulsions
21:41de Palestiniens
21:43d'un certain nombre
21:44d'espaces
21:46qu'ils occupaient
21:46d'un certain nombre
21:47de logements
21:48et il y a eu
21:49un rapport
21:50publié par
21:52le Haut Commissariat
21:53aux droits de l'homme
21:54des Nations Unies
21:55au début de l'année
21:57qui a parlé
21:58pour la première fois
21:59par la voix
22:00du Haut Commissaire
22:01de véritable apartheid
22:03de logique d'apartheid
22:05dans la mesure
22:06oĂą les discriminations
22:08se sont par ailleurs
22:09accélérées
22:10accentuées
22:11pour ce qui concerne
22:13l'accès à l'eau
22:14l'accès à l'éducation
22:15voire l'accès
22:16aux espaces cultivables.
22:19Donc oui
22:19il y a lĂ
22:20bien sûr
22:21un processus
22:23extrêmement belligène
22:24mais cette décision
22:26s'inscrit
22:27véritablement
22:28dans une stratégie
22:29qui vise
22:30Ă nuire
22:31à toute contiguïté
22:33territoriale
22:34entre les différentes
22:35portions
22:36de la Cisjordanie
22:37pour les Palestiniens.
22:39palestiniens.
22:40C'est un
22:41au-delĂ du fait accompli
22:43Bruno Darus
22:44ce qui est en train
22:44de se passer lĂ
22:45c'est irréversible ?
22:47Alors
22:48c'est irréversible
22:49ça je n'en sais rien
22:50c'est contraire
22:52au droit international
22:53il faut quand mĂŞme
22:53le rappeler
22:54mais enfin bon
22:54c'est le cas depuis
22:5558 ou 59 ans maintenant
22:57puisque depuis 1967
22:59la Cisjordanie
23:00est considérée
23:01au regard du droit international
23:02comme un territoire
23:02occupé
23:03c'est pour ça qu'on parle
23:04de Cisjordanie occupée
23:05en tout cas
23:07c'est une des décisions
23:09les plus importantes
23:11dans le sens
23:12de l'abandon
23:14de facto
23:14de toute idée
23:15d'un État palestinien
23:16c'est dit d'ailleurs
23:18alors pour le coup
23:19en toute transparence
23:20par un des deux
23:22dirigeants nationalis
23:23je crois que c'est
23:24Bezalel Spottrich
23:25qui l'a dit
23:25on a enterré
23:26toute idée
23:27d'un État palestinien
23:28avec cette décision
23:30puisqu'en fait
23:31la décision
23:31revient sur quelque chose
23:33qui était en vigueur
23:34avant l'occupation
23:35de Cisjordanie
23:36quand la Cisjordanie
23:38était gérée
23:38par la Jordanie
23:39les citoyens israéliens
23:40n'avaient pas le droit
23:41d'acheter un bout
23:42de territoire
23:43dans cette zone-lĂ
23:45de Cisjordanie
23:46donc c'est une décision
23:47mĂŞme
23:48qui
23:48au bout de qui
23:51je vais y arriver
23:51qui
23:53concerne quelque chose
23:54qui datait d'avant
23:551967
23:57et y compris
23:58donc dans les zones
23:59comme l'a très bien
23:59expliqué Claire
24:00A, B, C
24:01quelque part
24:02c'est la mort
24:03des accords
24:03d'Oslo
24:04c'est effectivement
24:05l'impossibilité
24:05de toute État palestinien
24:07alors ça avait été entamé
24:08on l'avait senti
24:09depuis le 7 octobre 2023
24:10il y avait eu
24:11le fameux projet
24:12E1
24:13qui permettait quasiment
24:15il n'y a pas de carte lĂ
24:16bon mais
24:16qui permettait quasiment
24:17de couper en deux
24:18de rupture territoriale
24:19voilĂ
24:20au niveau de Jérusalem
24:22il y a un continuum
24:22entre Jérusalem-Est
24:23et les rives du Jourdain
24:24israélien
24:25oĂą va y avoir
24:26ce qui fait
24:27que effectivement
24:28la continuité territoriale
24:29est absolument impossible
24:31donc on est vraiment
24:32dans ce sens
24:32avec la question
24:33annexion rampante
24:36évidemment
24:37pour certains
24:38comme Ben Gvir
24:40et Smotrich
24:41ils demandent
24:42l'annexion
24:43pure et simple
24:44de la Cisjordanie
24:45la question
24:47c'est
24:47que cette dĂ©cision-lĂ
24:49fait qu'en fait
24:51on va peut-ĂŞtre avoir
24:52affaire Ă une annexion
24:53non pas par la force
24:55alors un peu aussi
24:56avec la pression des colons
24:57et le laisser-faire
24:58des soldats israéliens
25:00mais lĂ
25:00de manière administrative
25:01en fait
25:03et que ça va se faire
25:04peu à peu comme ça
25:05et est-ce que ça
25:06ce serait plus acceptable
25:07pour Donald Trump
25:08parce qu'on se souvient
25:09que le président américain
25:10s'était opposé quand même
25:11à toute velléité
25:12d'annexion militaire
25:14en quelque sorte
25:14de la Cisjordanie
25:16parce que lĂ
25:16il y voyait
25:17un risque
25:19d'embrasement
25:20régional
25:21mais une annexion
25:22rampante
25:23comme ça
25:23par l'achat
25:24de terrain
25:25c'est ça en fait
25:25qui est très important
25:26dans cette décision
25:27peu Ă peu
25:28ça va se faire
25:28et il y aura
25:29de plus en plus
25:30de déplacements
25:31forcés
25:32de populations
25:32palestiniennes
25:34Oui d'ailleurs
25:35très rapidement
25:36c'était d'ailleurs
25:37la Cisjordanie
25:38qui constituait
25:39la priorité
25:41du gouvernement
25:42actuel
25:44avant les attentats
25:46du 7 octobre
25:47et effectivement
25:49le dispositif
25:50de sécurité
25:50a été redéployé
25:52vers Gaza
25:53mais il était
25:53avant tout
25:54déployé
25:55en Cisjordanie
25:56à l'époque
25:57donc cette politique
25:58est vraiment
25:58élaborée
26:00et planifiée
26:01de manière
26:02très évidente
26:03Oui puisque
26:04le dispositif
26:05militaire
26:05était très fort
26:06en Cisjordanie
26:06le 7 octobre
26:072023
26:08ce qui fait
26:08qu'il était très faible
26:09Ă Gaza
26:10avec l'effet
26:11que l'on a vu
26:12Merci beaucoup
26:13Niagale Bagayoko
26:14Bruno Daru
26:14on va plus loin
26:15c'est fini
26:16on va en reparler
26:17justement
26:17la Cisjordanie
26:18dans la prochaine
26:19demi-heure
26:19de L'Essentiel
26:20restez avec nous
26:21Sous-titrage Société Radio-Canada
26:26Sous-titrage Société Radio-Canada
26:31Merci Ă tous
26:32Merci Ă tous
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