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00:00Tout autre chose à présent, c'est l'événement par excellence de la pop culture américaine.
00:04Ils réunissent chaque année devant leur télévision ou autre tablette plus de 130 millions d'Américains
00:09à la finale du Super Bowl, dernier match de la Ligue Professionnelle de Foot américain.
00:14Il y a un enjeu sportif bien sûr cette année.
00:17Les Seattle Seawks ont dominé la partie en écrasant les New England Patriots par 29 à 13.
00:23Mais année après année, c'est bien la mi-temps qui s'impose comme le rendez-vous dans le rendez-vous.
00:28Bonjour Samy Vincent Lacerda, journaliste à France 24, vous êtes ici chez vous.
00:33Et cette année, c'était le chanteur portoricain Bad Bunny qui menait le show.
00:36Il a donné en musique et en espagnol, fait je crois inédit dans l'histoire du Super Bowl,
00:41sa réponse à la politique de migratoire de Donald Trump, sans jamais citer le président américain d'ailleurs,
00:46une célébration de la culture latino-américaine.
00:49Il y est très profondément attaché à son île de Porto Rico et c'est ce qu'il a fait dans sa mise en scène.
00:55On l'a vu d'abord évoluer à travers les champs, dans les allées des champs à la manière des champs agricoles de Porto Rico,
01:02rendant ainsi hommage à tous les travailleurs agricoles de l'île.
01:05On a ensuite pu le voir dans une scène assez émouvante, donner son Grammy Award qu'il a reçu il y a quelques semaines à peine,
01:10à un enfant, cette scène qu'on peut interpréter comme une manière pour Bad Bunny de dire qu'il est certes le premier artiste
01:17à avoir obtenu le meilleur prix de l'album de l'année au Grammy Award pour un album en espagnol, mais pas le dernier.
01:25Et il y avait encore une fois une scène assez émouvante, la scène du mariage typiquement porto-ricain.
01:30Et il a fait entrer en scène à ce moment-là Lady Gaga, allié de la cause LGBT, dont il s'illustre lui-même aussi.
01:38Et on a vu Ricky Martin aussi, il me semble, pendant la cérémonie.
01:41Et je crois que pour la petite histoire, il s'agissait d'un vrai mariage.
01:44Les mariés étaient des vrais mariés, voilà, pour le show.
01:48Alors le choix de Bad Bunny a ravi évidemment ses fans qui sont nombreux, beaucoup moins.
01:53En revanche, la Maison Blanche ?
01:54Beaucoup moins la Maison Blanche, c'est le moins qu'on puisse dire.
01:56Donald Trump, l'année dernière, était le premier président en exercice à avoir assisté en personne au Super Bowl.
02:01À la Nouvelle-Orléans.
02:02À la Nouvelle-Orléans.
02:03Sans surprise, cette année, il n'a pas souhaité faire le déplacement.
02:06Comment aurait-il pu en être autrement finalement ?
02:09Puisque le Super Bowl, on le rappelle, a eu lieu cette année en Californie.
02:12L'un des fiefs, n'est-ce pas, de l'opposition à Donald Trump et à sa politique.
02:17Et il invitait donc plusieurs artistes, dont Bad Bunny.
02:21Mais aussi, en préambule du Super Bowl, le groupe Green Day, mythique groupe de pop-rock américain.
02:27Qui ne manque jamais une occasion, pour le dire frontalement, de critiquer la politique de Donald Trump.
02:33Mais c'était bien sûr le choix de Bad Bunny, en tête d'affiche de cette mi-temps du Super Bowl,
02:38qui semble avoir hérissé le président américain.
02:41Bad Bunny, qui n'a jamais fait secret de ce qu'il pensait du président américain.
02:46Non, au contraire.
02:47Il l'a rappelé d'ailleurs dans ce même discours de remerciement au Grammy Awards,
02:50où il a prononcé ses mots « Ice out », « Ice dehors », en référence directe à la police migratoire lancée par Donald Trump.
02:58Et on pourrait même aller jusqu'à dire que Bad Bunny ne se contente pas uniquement de paroles,
03:05puisqu'il a mis en application, disons-le comme ça, cette opposition envers la politique de Donald Trump,
03:10en refusant notamment d'étendre sa tournée mondiale aux Etats-Unis.
03:14Les Etats-Unis, en effet, ne bénéficieront d'aucun concert de la part de Bad Bunny,
03:18lui qui craignait pour la sécurité de ses fans.
03:21Et il ne souhaitait pas être à l'origine d'arrestations de fans qui se seraient rendus à ces concerts.
03:26Qui aurait pu être arrêté par la police migratoire de Donald Trump à l'issue des concerts.
03:31Alors, les organisateurs du Super Bowl savaient où ils allaient.
03:35Ils ont mis les pieds dans le plat en faisant ce choix, mais ce n'est pas la première fois.
03:38Ce n'est pas la première fois que la politique s'invite sur le terrain du spectacle de la mi-temps du Super Bowl.
03:44À la différence de Bad Bunny, les fois précédentes, ou du moins les fois que j'ai en tête,
03:48s'agissait plutôt d'un effet de surprise sur lequel ils misaient les artistes en question.
03:52Il y a plusieurs exemples. Je pourrais commencer par mentionner la mi-temps de 2022,
03:56lorsque le rappeur Eminem a posé un genou à terre après avoir interprété son tube « Lose Yourself ».
04:01On le voit d'ailleurs ici à l'écran.
04:03Un geste, pardon, lourd de symboles qui faisait directement référence, en fait,
04:08à un même geste fait par Colin Copernic en 2016, un ancien joueur de la NFL,
04:14qui, faisant ce même geste, s'offusquait, en fait, et protestait contre le racisme systémique
04:19qui gangrène la société américaine et les violences policières envers les Noirs.
04:23Et cette même année 2016, là, c'est Beyoncé qui a fait parler d'elle ?
04:26Tout à fait. Beyoncé qui, en l'espace de cinq minutes seulement, ça n'était même pas son Super Bowl.
04:30Elle a été invitée, disons-le comme ça, par le groupe britannique Colplay,
04:34qui, eux, étaient les vrais lettres d'affiches.
04:35On la voit d'ailleurs ici.
04:37Et c'est sa tenue et la mise en scène de sa prestation qui a fait grincer des dents.
04:42On la voit donc vêtue de cuir, qui, non sans rappeler, cette imagerie des Black Panthers,
04:49donc ce groupe de lutte pour les droits des Afro-Américains, qui est né en 1966 aux Etats-Unis.
04:55Oui, et ces danseuses avaient dansé le point levé.
04:58Jillo aussi a fait parler d'elle à son nom.
05:00Jennifer Lopez, lors de son monumental Super Bowl aux côtés de Shakira,
05:05c'était en effet drapé d'un manteau qui, au premier abord, était aux couleurs du drapeau américain,
05:12mais qui s'est rapidement mué aux couleurs du drapeau porto-ricain.
05:16Et elle avait également fait référence, on le voit sur l'image qui est derrière moi ici,
05:19à cette polémique qui avait frappé les Etats-Unis à l'époque,
05:23dans cette course effrénée de Donald Trump contre l'immigration.
05:27Il y avait eu des images, vous vous en souvenez certainement,
05:30d'enfants qui avaient été séparés de leur famille et mis derrière les barreaux.
05:34Plusieurs observateurs ont vu une référence directe à cela,
05:36sur cette image qu'on voit encore une fois derrière moi.
05:38En conclusion, un super show dans lequel des artistes, pourtant mondialement connus,
05:44d'une certaine façon prennent le risque de dire ce qu'ils pensent ?
05:47Oui, au travers de leur mise en scène notamment,
05:49ils font valoir leurs revendications politiques bien au-delà de leur seul public
05:53qui, depuis longtemps, leur est acquis.
05:55Et dans le cas de Bad Bunny, et j'en terminerai par là,
05:58il s'agissait pour lui de mettre en scène un véritable storytelling
06:00mettant en avant son île natale, à laquelle il est encore une fois profondément attaché.
06:05Et c'est ce qu'il a fait à la fin, en énumérant chaque état du continent américain,
06:10à moyen avisé, de faire comprendre à qui veut bien l'entendre
06:13que lorsqu'on se réfère à l'Amérique ou aux Américains,
06:16on pense à l'Amérique dans son ensemble et pas seulement aux Etats-Unis.
06:19Voilà, seul l'amour est plus fort que la haine, a dit Bad Bunny.
06:21Merci beaucoup, Samy. Parlons-en, continue.
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