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  • il y a 4 mois
À LA UNE / Enseignante poignardée : comment endiguer les violences ?

Une enseignante de musique de 66 ans a été blessée à l'arme blanche au visage, mercredi 24 septembre, en classe, par un adolescent de 14 ans du collège Robert-Schuman de Benfeld, dans le sud de Strasbourg. L'établissement scolaire a été évacué et la ministre de l'Éducation, Élisabeth Borne, s'est rendue sur place en début d'après-midi. L'adolescent, déjà identifié comme un profil violent, s'est lui-même porté des coups de couteau lors de son interpellation et a été transporté à l'hôpital. De plus en plus de professeurs dénoncent un sentiment d'abandon face à des élèves parfois violents, sans moyens suffisants pour se protéger ou prévenir les actes graves. Malgré les annonces de soutien du Ministère après chaque incident, beaucoup jugent les mesures concrètes insuffisantes et tardives. Après plusieurs évènements similaires, les questions de sécurité, de prévention, et d'accompagnement des personnels se posent à nouveau pour préserver le sanctuaire de l'école. Comment mieux protéger le corps enseignant et quels dispositifs mettre en place ?

Invités :
- Carole Zerbib, Proviseure du lycée Vauquelin à Paris, membre du SNPDEN,
- Gilles Langlois, enseignant, secrétaire national du SE-UNSA,
- Sylvain Berrios, député apparenté « Horizons & indépendants » du Val-de-Marne,
- En visioconférence : Mélaine Descamps-Bal, psychologue de l'Education nationale.

Chroniques :
- « En coulisses » : Cabinet de Sébastien Lecornu, mais où est la rupture ? par Lou Fritel,
- « Quelle histoire ! » : Un Doge à la française ? par Laurent Guimier.


LA QUESTION QUI FÂCHE / Sébastien Lecornu face aux syndicats : l'impasse ?

Ils se sont vus, mais ils ne se sont pas entendus. Mercredi 24 septembre 2025, le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu recevait les représentants de l'intersyndicale à Matignon. Après avoir rassemblé entre 500 000 et un million de manifestants dans toute la France jeudi 18 septembre, les syndicats avaient fixé leurs exigences : abandon du recul de l'âge de départ à la retraite à 64 ans, du doublement des franchises médicales, du gel des prestations, d'une nouvelle réforme de l'assurance chômage... la liste était longue. « Il n'a apporté aucune réponse claire aux attentes des travailleurs et des travailleuses », a déploré au nom de l'intersyndicale, Marylise Léon de la CFDT, après deux heures de réunion. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a noté une « prise de conscience positive » du Premier ministre qui se serait décrit comme « le plus faible de la Ve République ». Fustigeant « deux heures de langue de bois », les syndicats ont alors annoncé une nouvelle journée de grèves et de mobilisation le 2 octobre 2025. Dans la foulée, La France Insoumise a demandé aux autres groupes de gauche de l'Assemblée de signer une motion de censure commune, qui sera déposée dès l'ouverture de la session parlementaire le 1er octobre, critiquant un « mépris des revendications soci

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Transcription
00:00:00Musique
00:00:01Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:27On est ensemble pour une heure de décryptage et de débat en direct de l'Assemblée Nationale.
00:00:32A mes côtés ce soir, Lou Frittel et Laurent Guimier.
00:00:35Bonsoir à tous les deux et merci d'être avec moi.
00:00:37Tout de suite, c'est le sommaire de Chaque Voix Compte avec à la une l'horreur en pleine salle de classe.
00:00:42Un élève de 14 ans a blessé à l'arme blanche une enseignante ce matin dans un collège de Benfeld dans le Barin.
00:00:48La victime a été blessée au visage, son agresseur a été arrêté, la communauté éducative est à nouveau sous le choc.
00:00:54Et on se demandera ce soir où en sont les dispositifs pour sécuriser les écoles, comment endiguer cette violence des jeunes.
00:01:02On va en parler avec nos trois premiers invités ce soir.
00:01:05Carole Zerbib, proviseur et membre du syndicat des personnels de direction SNPDEN.
00:01:09Bonsoir madame et merci d'être là.
00:01:12A vos côtés Sylvain Berrios, député apparenté Horizon du Val-de-Marne.
00:01:15Bonsoir.
00:01:15Gilles Langlois, secrétaire national du syndicat enseignant UNSA.
00:01:19Bonsoir et merci d'être là.
00:01:20Et nous sommes en direct également avec Mélène Descambal, qui est psychologue de l'éducation nationale, en direct avec nous depuis Rennes.
00:01:26Bonsoir madame et merci d'être avec nous.
00:01:29A suivre aussi dans Chaque Voix Compte, quelle histoire ?
00:01:31Ce sera à 20h05 avec Laurent Guimier.
00:01:34Quelle histoire avez-vous choisi de nous raconter ce soir Laurent ?
00:01:36L'image de Sébastien Lecornu qui brandit une tronçonneuse en forme de tweet pour dégraisser le mammouth de l'État.
00:01:42Ce qui nous amènera à la deuxième partie de Chaque Voix Compte, la question qui fâche toujours pas de fumée blanche à Matignon.
00:01:49Le Premier ministre poursuit ses consultations.
00:01:51Il a reçu ce matin les syndicats qui en sont ressortis, gros gens comme devant, et qui annoncent une nouvelle journée mobilisation.
00:01:59Le 2 octobre, la méthode Lecornu montre-t-elle déjà ses limites ?
00:02:03Nous attendons vos questions ou vos réflexions.
00:02:05Vous pouvez flasher le QR code qui s'affiche ici.
00:02:08On en débattra avec Fabienne Rouchy, secrétaire confédérale de la CGT.
00:02:12Julien Aubert, vice-président des Républicains.
00:02:15Et François Cornier-Boulijon, député ensemble pour la République du Cher.
00:02:18Et puis Lou Frittel, elle, va nous emmener dans les coulisses de Matignon ce soir.
00:02:22Oui, à défaut d'avoir un gouvernement, au moins on a un cabinet complet, celui du Premier ministre.
00:02:27Donc on va décortiquer un peu tout ça.
00:02:29Et puis à 20h30, ce sera Bourbon Express.
00:02:31Ce soir avec Marco Pommier, le journal de l'Assemblée nationale.
00:02:33Vous verrez qu'on a parlé foot et parking d'hôpitaux au Palais Bourbon.
00:02:37Bon, si, si, vous saurez tout, tout à l'heure avec Marco.
00:02:40Voilà pour le menu du soir.
00:02:41Installez-vous confortablement.
00:02:42Chaque voix compte.
00:02:43C'est parti.
00:02:44On s'est réveillés ce matin en ayant très envie de revoir un vieux film avec Claudia Cardinal.
00:02:56Et puis la réalité nous a rattrapés dès 8h avec un mauvais film qu'on a déjà beaucoup trop vu.
00:03:01Une enseignante poignardée en classe par un élève.
00:03:04Ça s'est passé dans un collège du Barin.
00:03:06L'élève de 14 ans a été arrêté.
00:03:08La victime enseigne la musique.
00:03:10Elle a 66 ans.
00:03:11Elle est blessée au visage.
00:03:13Ses jours ne sont pas en danger, mais elle est encore hospitalisée ce soir.
00:03:16Je voudrais d'abord vous demander à tous les trois quelle a été votre première réaction ce matin en apprenant ce drame.
00:03:22Carole Zerbib.
00:03:24La stupéfaction.
00:03:25C'est-à-dire qu'encore une fois, il y a eu un incident grave avec une arme blanche dans un établissement scolaire.
00:03:34C'est-à-dire qu'un élève a fait l'usage, porté sur lui cette arme et en a fait usage.
00:03:39C'est vrai que ça nous questionne.
00:03:42Et les questions, on va les poser ce soir.
00:03:43Gilles Langlois, comment vous avez appris et réagi ce matin ?
00:03:47Écoutez, c'était la consternation.
00:03:49Et tout de suite, une pensée d'abord pour la victime.
00:03:53Parce que c'est bien une tentative.
00:03:55On a tenté de la tuer avec une arme blanche dès le matin alors qu'elle faisait son métier.
00:03:59Une femme qui avait fait toute sa carrière dans l'éducation nationale.
00:04:02qui était à quelques mois de la retraite.
00:04:04C'est encore plus terrible.
00:04:05On pense bien sûr à sa famille, à tous les collègues et à tous les parents d'élèves, les élèves et à toute la communauté éducative.
00:04:14Sylvain Berrius.
00:04:16Oui, c'est une sidération.
00:04:17Bien sûr, vis-à-vis du corps enseignant qui ne peut pas continuer à être comme ça dans cette peur permanente qui est réelle.
00:04:28Ce n'est pas la première attaque au couteau.
00:04:30Mais aussi une sidération lorsqu'on apprend le parcours du jeune.
00:04:35Qu'est-ce qui vous sidère dans son parcours ?
00:04:37Ça marque une forme d'échec.
00:04:40C'est un enfant qui aurait dû être pris en charge par le justice public.
00:04:45C'est un enfant qui avait donné des signes, sinon d'agressivité, en tout cas de violence potentielle.
00:04:51C'est un enfant qui avait des troubles lui-même et on ne l'a pas suivi de façon vulgaire.
00:05:00On pourrait dire qu'on l'a raté.
00:05:03On est passé à côté d'une situation qui aurait dû tous nous alerter.
00:05:08Et donc ça doit nous questionner.
00:05:10C'est une double sidération.
00:05:13Et je pense que ça doit nous amener à réfléchir, dire qu'il ne faut plus jamais ça, ça ne suffit pas.
00:05:18Dire qu'il faut des portiques, ça ne suffit pas.
00:05:20Aujourd'hui, on doit prendre conscience que le mal est beaucoup plus profond.
00:05:24On va y revenir dans un instant.
00:05:25Mais en effet, les mêmes questions se posent toujours.
00:05:28Comment endiguer cette violence ?
00:05:30Comment protéger nos enseignants ?
00:05:32La ministre démissionnaire de l'éducation, Elisabeth Borne, s'est rendue ce matin dans ce collège de Benfeld,
00:05:37où a eu lieu l'agression Thibaut Henoch.
00:05:44Il est 8h15 ce matin dans ce collège du sud de Strasbourg,
00:05:49quand un élève de 14 ans armé d'un couteau, poignard d'une enseignante.
00:05:53J'ai entendu un cri très aigu, mais qui était un peu étouffé.
00:05:58Tout le monde a couru.
00:05:59On est tous allés dans la salle polyvalente pour appeler les parents.
00:06:02L'agresseur a été rapidement interpellé.
00:06:05Le pronostic vital de la victime n'est pas engagé.
00:06:08Mais devant l'établissement évacué, élèves, enseignants et parents disent leur sidération.
00:06:13Comme quoi ça ne se passe pas qu'à la télé. On n'est jamais tranquille.
00:06:17Les enfants partent le matin, tout allait bien. Je ne pensais pas qu'une heure et demie après, je recevrais un appel comme ça.
00:06:23En début d'après-midi, la ministre démissionnaire de l'éducation nationale, Elisabeth Borne, s'est rendue sur place.
00:06:30Je veux le dire très clairement, la violence n'a pas sa place à l'école.
00:06:33Un discours de fermeté teinté d'impuissance.
00:06:35Cette attaque au couteau dans un établissement scolaire est la troisième de l'année, après les drames de nos gens en juin et de Nantes au mois d'avril, déjà à l'arme blanche.
00:06:46Les victimes étaient alors décédées.
00:06:49Je vous invite à observer une minute de silence.
00:06:53Des attaques alors qualifiées de vagues et de phénomènes par le premier ministre François Bayrou, qui avait demandé un rapport pour tenter d'y répondre.
00:07:02Nous ne pouvons pas demeurer les bras baissés devant ce qui est en train de se passer.
00:07:07Parmi les mesures alors annoncées par le gouvernement, figure une interdiction de la vente d'armes blanches aux mineurs.
00:07:14Des fouilles aléatoires ont aussi été mises en place.
00:07:16Enfin, le gouvernement s'est dit ouvert à tester l'installation de portiques à l'entrée des établissements.
00:07:23L'école doit être considérée comme un lieu sacré.
00:07:26Un volet répressif, doublé d'un plan sur la santé mentale des jeunes et d'un dispositif de prévention pour détecter les élèves fragiles.
00:07:35Autant d'annonces restées pour l'heure à l'état d'intention.
00:07:40On va reparler avec vous trois de ces différentes annonces.
00:07:43Gilles Langlois, d'abord, ce qu'on percevait ce matin dans la bouche d'Elisabeth Borne, c'est effectivement cette impuissance face à la répétition de ces drames.
00:07:50Vous, en tant qu'enseignant, en tant que syndicat Une Star Enseignants, vous sentez aussi cette impuissance face à cette violence qui est maintenant entrée dans l'école ?
00:08:01Ce qu'on peut dire, c'est que ça devient malheureusement des phénomènes qui ne sont pas exceptionnels.
00:08:05Vous l'avez rappelé, trois événements cette année, quatre si on rajoute ce qui s'est passé à Antibes.
00:08:10Alors, il n'y a pas de fatalité, il y a effectivement les pouvoirs publics qui font un certain nombre d'annonces.
00:08:18On a parlé du plan santé mentale qu'avait annoncé la Première Ministre.
00:08:21On voit bien qu'en termes de calibrage par rapport à ce qui peut être fait dans l'école, c'est extrêmement insuffisant.
00:08:27Quand vous voyez le nombre de médecins qui restent à l'école, plus de la moitié qui ne sont pas présents.
00:08:31Quand vous voyez le nombre de collègues psychologues, de postes qui ne sont pas pourvus.
00:08:38Quand vous voyez les difficultés de travail pour les assistantes sociales, les sous-effectifs.
00:08:44On voit bien que déjà à l'intérieur de l'école, tout n'est pas mis.
00:08:48Et dans un temps, on nous dit que c'est la priorité absolue, qu'il faut tout faire, qu'on ne peut pas accepter, que c'est inacceptable.
00:08:53Alors bien sûr, on partage, mais on ne peut pas faire que du constat.
00:08:55Et après, on avait eu une présentation et des amorces par l'ancien Premier Ministre de mesures pour le budget de l'éducation nationale,
00:09:03qui nous annonçait déjà qu'on allait sans doute perdre plusieurs milliers de postes.
00:09:08Et donc, on ne répond pas.
00:09:09Et en plus, la question n'est pas que celle de l'école.
00:09:12L'école, c'est un réceptacle.
00:09:14Elle va recevoir des choses qu'on observe.
00:09:16Le problème des armes blanches, dont on a une tragique illustration aujourd'hui.
00:09:20C'est aussi un problème que vous avez dans les villes, y compris dans les petites villes de province aujourd'hui.
00:09:24C'est des problèmes de société.
00:09:27Et lorsqu'on s'interroge sur comment est-ce qu'on accompagne la jeunesse,
00:09:31à la fois à l'école, mais aussi en dehors de l'école,
00:09:34on va se rendre compte que tous les services d'ASE sont complètement débordés.
00:09:38L'aide sociale à l'enfance.
00:09:39Exactement.
00:09:40En l'occurrence, le collégien de 14 ans suspecté de l'agression venait d'un foyer de l'aide sociale à l'enfance
00:09:45où il avait été placé il y a quelques mois.
00:09:47Il avait été aussi placé là, d'après les informations qu'a communiquée le procureur,
00:09:51parce qu'il avait été sorti d'une famille d'accueil maltraitante.
00:09:55Donc on voit bien que même le fonctionnement de l'aide sociale à l'avance,
00:09:58ils n'ont pas les moyens.
00:09:59Il y a une chaîne de dysfonctionnement.
00:10:01Et je vous parle du côté services sociaux,
00:10:03mais il faut voir aussi l'accompagnement qui peut être décidé par la justice.
00:10:06Lorsque vous avez des enfants en danger,
00:10:08on sait très bien que le nombre de magistrats qui s'occupent des enfants
00:10:11sont en nombre très insuffisant.
00:10:13Mais est-ce que vous diriez ce soir que ce collégien de 14 ans,
00:10:16en réalité, il n'avait rien à faire dans cette salle de classe,
00:10:19qu'il aurait dû être pris en charge différemment ?
00:10:21Là, c'est ce que je suis en train de vous expliquer.
00:10:23C'est-à-dire qu'on a besoin de tout un écosystème autour de l'école
00:10:26pour répondre.
00:10:27Lorsque vous avez des problèmes psychologiques,
00:10:29il suffit de regarder l'état actuel de la pédopsychiatrie en France.
00:10:34C'est catastrophique.
00:10:35On manque de professionnels partout.
00:10:37Alors vous pouvez avoir des structures de soins,
00:10:38mais quand il n'y a plus de psychiatres ou de pédopsychiatres
00:10:41pour les faire fonctionner, ça ne marche pas.
00:10:42Vous pouvez faire des coupes-fils,
00:10:44comme a annoncé dans son plan la ministre de l'Éducation nationale.
00:10:47Mais si c'est pour que tous les autres enfants ne soient pas suivis,
00:10:50on a un problème d'investissement, de sous-traitement,
00:10:53d'une question qui est devenue essentielle,
00:10:55qui est celle de la santé mentale dans notre société.
00:10:57Carole Zerbi, vous partagez le constat de Gilles Langlois ?
00:11:00Oui, tout à fait.
00:11:02Effectivement, il y a un manque de personnel.
00:11:06Et comme le dit Gilles Langlois,
00:11:09on ne peut pas continuer à dire
00:11:12que c'est un phénomène qui nous préoccupe
00:11:15et en même temps, rogner sur les moyens
00:11:17et qu'il faudrait qu'on ait dans l'éducation nationale
00:11:20pour faire face à ce phénomène.
00:11:23Effectivement, il faudrait renforcer l'encadrement des élèves,
00:11:26mettre davantage de surveillants,
00:11:28davantage de CPE, davantage de psy-EN.
00:11:31Dans mon établissement, par exemple,
00:11:33le psy-EN vient uniquement une demi-journée par semaine.
00:11:36Mais j'ai une question toute simple.
00:11:38Est-ce que si vous aviez ces personnels supplémentaires,
00:11:42cela empêcherait qu'un enfant entre dans l'école avec un couteau ?
00:11:46Ça permettrait au moins de repérer les élèves
00:11:49qui sont en souffrance psychique ou en difficulté.
00:11:51Mais en l'espèce, il avait été repéré.
00:11:54Le rectorat a dit qu'il était très suivi
00:11:56et qu'il était en fragilité scolaire,
00:11:58qu'il était très suivi par l'équipe éducative de l'établissement.
00:12:02Ça veut dire qu'il y a des systèmes d'alerte qui n'ont pas fonctionné ?
00:12:05Certainement, oui.
00:12:06Si l'élève est passé à l'acte,
00:12:09mais en même temps, on ne peut pas non plus tout prévenir et tout anticiper.
00:12:15Malheureusement, c'est ça aussi.
00:12:17C'est qu'à un moment, il y a un incident grave qui se produit
00:12:21et qu'on n'a pas pu anticiper.
00:12:23En tout cas, si on renforce la présence auprès des élèves
00:12:27et qu'on peut repérer les signes faibles...
00:12:30Et d'ailleurs, la ministre de l'Éducation nationale l'a bien compris
00:12:33puisqu'elle nous a demandé de mettre en place un protocole de santé mentale.
00:12:38Alors, justement, elle l'avait demandé, ça, au début de cette année.
00:12:42Un protocole santé mentale qu'elle a demandé aux collèges et aux lycées
00:12:45de s'en doter d'ici à la fin de cette année.
00:12:48Vous, par exemple, vous êtes proviseur d'un lycée à Paris.
00:12:52Vous avez déployé un protocole santé mentale dans votre établissement ?
00:12:56Alors là, on était préoccupés par les opérations de rentrée,
00:12:58mais effectivement, la semaine prochaine, j'ai rendez-vous
00:13:01avec l'équipe médico-sociale, la CPE,
00:13:04pour travailler ensemble à ce protocole de santé mentale.
00:13:07Et en quoi ça va consister, au juste ?
00:13:09Eh bien, quand on a un élève...
00:13:11D'abord, comment est-ce qu'on repère un élève ?
00:13:13Identifier les signaux qui permettraient d'identifier un élève.
00:13:19Sensibiliser les personnels et les élèves,
00:13:21parce que les élèves pourraient aussi nous dire
00:13:23« Là, on a un camarade qui tient des propos un peu délirants
00:13:26ou qui semblent ne pas aller très bien ».
00:13:28Sensibiliser toute la communauté éducative à ces signaux.
00:13:32Et puis, qu'est-ce qu'on fait quand on a un élève qui va mal ?
00:13:35Qu'est-ce qu'on met en place autour ?
00:13:36Sauf qu'on nous demande de mettre des choses en place
00:13:38sans moyens supplémentaires.
00:13:40Vous voyez, dans mon établissement,
00:13:42parce qu'il y a beaucoup d'élèves qui vont mal,
00:13:45on fait venir, en rémunérant cette personne,
00:13:47sur nos moyens propres, une psychologue clinicienne.
00:13:49Mais on la finance avec les moyens de l'établissement,
00:13:53parce que la présence du psy-EN une demi-journée par semaine
00:13:56n'est pas suffisante pour prendre en charge
00:13:58tous les élèves qui vont mal.
00:14:007000 psychologues scolaires aujourd'hui en France,
00:14:02on a compté, ça fait un pour 1600 élèves.
00:14:05On en a une avec nous, justement.
00:14:06Mélène Descambal, merci d'être là.
00:14:08Vous êtes donc psychologue de l'Éducation nationale.
00:14:11D'abord, que vous inspire le passage à l'acte
00:14:13de ce collégien de 14 ans ?
00:14:14C'est un nouveau drame qui montre effectivement
00:14:19les failles du système.
00:14:22Parce que qu'est-ce qu'on propose à nos élèves ?
00:14:25Quel est le projet d'école pour les enfants d'aujourd'hui ?
00:14:28Quel est l'avenir qu'on leur montre ?
00:14:30Est-ce qu'on leur donne les moyens de s'épanouir ?
00:14:33Est-ce qu'on répond à leurs besoins ?
00:14:35Là, c'est une situation singulière.
00:14:37Je ne vais pas en parler, parce que je n'ai pas d'élément.
00:14:40Ce que j'entends, en tout cas,
00:14:41quand on parle d'enfants confiés à l'aide sociale à l'enfant,
00:14:44c'est un drame, le manque de moyens de ces enfants
00:14:47qui sont déjà traumatisés par une situation familiale
00:14:50extrêmement maltraitante pour eux, au minimum,
00:14:53et en plus, qui n'ont pas l'accompagnement suffisant.
00:14:57C'est vrai qu'on n'a pas assez de personnel,
00:14:59il n'y a plus assez de pédopsychiatres,
00:15:01il y a des listes d'attente,
00:15:02même pour les urgences en pédopsychiatrie,
00:15:05pour des enfants qui sont suicidaires,
00:15:08qui deviennent violents.
00:15:10Et en fait, ils détruisent tout,
00:15:11parce qu'ils sont détruits à l'intérieur.
00:15:12Et il faut entendre cette souffrance.
00:15:15Moi, ça va dans le bon sens qu'on s'émeuve de tout ça,
00:15:18mais on le voit depuis longtemps.
00:15:20Là, c'est un nouveau drame,
00:15:21et vraiment, on est tous très affectés, évidemment.
00:15:24Ça nous montre aussi tout le pouvoir qu'on a
00:15:27si on se met tous ensemble en tant que communauté.
00:15:29C'est vrai que ces protocoles, c'est un premier pas,
00:15:31mais ça restera insuffisant,
00:15:33parce que je crois qu'il faudra un petit peu
00:15:34faire une révolution copernicienne, finalement,
00:15:36parce qu'on demande aux élèves de s'adapter
00:15:39à un système qui n'est peut-être pas ajusté à leurs besoins.
00:15:43C'est compétitif, on les trie,
00:15:46ils savent très bien,
00:15:47ils n'ont pas un sentiment de compétence.
00:15:49Les enseignants eux-mêmes,
00:15:50il faut qu'ils aillent bien, les enseignants.
00:15:52Il faut que, pour être performants,
00:15:55il faut aussi qu'ils aient des conditions de travail
00:15:58qui sont épanouissantes.
00:15:59Et c'est vrai que c'est l'ensemble d'une communauté
00:16:03où on inclut bien sûr les familles,
00:16:05toutes les ressources locales,
00:16:06tout le personnel qui travaille dans les établissements,
00:16:09qui est extrêmement précieux,
00:16:11il n'y a pas que les enseignants.
00:16:12Ça, c'est une alliance.
00:16:14Nous, il faut qu'on se mette tous ensemble
00:16:15pour éduquer nos enfants
00:16:17et pour leur proposer un environnement adapté à leurs besoins.
00:16:20Alors nous, en tant que psychologues,
00:16:21ce drame illustre,
00:16:23toute cette souffrance qu'on voit,
00:16:24et comme vous le dites, Madame,
00:16:27une demi-journée par semaine,
00:16:28c'est très nettement insuffisant.
00:16:30On ne peut pas se démultiplier.
00:16:31Par exemple, vous qui êtes psychologue de l'éducation nationale,
00:16:37moi, à mon époque, il n'y avait pas de psy à l'école.
00:16:41Quel est votre rôle exact ?
00:16:42C'est-à-dire que vous avez un cabinet dans le lycée,
00:16:45la porte est ouverte et vient qui veut ?
00:16:48Ou alors vous êtes proactif
00:16:49et vous allez vers des élèves que vous sentez en souffrance
00:16:52ou dont on vous a dit qu'ils étaient en souffrance
00:16:54et vous les convoquez ?
00:16:55Alors, la pratique diffère selon les endroits.
00:17:01Moi, je suis dans le premier degré,
00:17:03mais on est aussi dans le second degré
00:17:05et aussi dans le supérieur.
00:17:07En fait, il y a tout un maillage préventif
00:17:11qui doit se mettre en place.
00:17:13Et on fait des réunions en début d'année
00:17:15pour examiner les nouveaux élèves qui arrivent,
00:17:17faire le point sur les situations d'élèves,
00:17:19parce qu'il y a des élèves fragiles,
00:17:20des élèves en difficulté.
00:17:21Et il y a des programmes qui se mettent en place en ce moment.
00:17:25C'est tout le déploiement de l'enseignement
00:17:27de compétences psychosociales,
00:17:29c'est-à-dire le vivre ensemble de façon explicite.
00:17:32On essaye de trouver des projets
00:17:34qui fédèrent aussi les élèves.
00:17:35On essaye de faire tous ensemble ce genre de choses.
00:17:38Mais les élèves, normalement,
00:17:40ont accès aux psychologues à leur demande.
00:17:42Dans le premier degré,
00:17:43il faut que ce soit avec l'autorisation des personnes
00:17:45qui ont l'autorité parentale.
00:17:46Mais c'est vrai que, normalement,
00:17:48on fait partie des équipes des écoles
00:17:49et les élèves peuvent venir nous solliciter
00:17:53en passant par leur famille, par leur professeur.
00:17:57Et des fois, c'est à la demande des familles.
00:17:58On répond aux besoins.
00:18:00Mais effectivement, on n'est pas assez nombreux.
00:18:03Je crois aussi qu'il faut préciser, Madame,
00:18:05que les psychologues de l'éducation nationale
00:18:08ne sont pas là uniquement pour faire de la psychologie.
00:18:12Enfin, je veux dire,
00:18:13il y a aussi un volet important dans leur mission
00:18:16qui est l'orientation des élèves.
00:18:19Certains disent que les psys ont remplacé
00:18:21les conseillers d'orientation, c'est vrai ?
00:18:22En fait, c'est les mêmes personnels.
00:18:24C'est-à-dire qu'avant, on les appelait les co-psys,
00:18:26les conseillers d'orientation psychologues.
00:18:29Maintenant, ce sont devenus les psy-EN,
00:18:31mais c'est les mêmes personnes.
00:18:32Et leur mission, c'est faire de l'orientation des élèves,
00:18:35informer, faire des informations collectives,
00:18:38faire des entretiens individuels
00:18:39sur les questions d'orientation
00:18:41et aussi voir les élèves qui sont en détresse
00:18:47ou en souffrance psychique.
00:18:49Il y a quand même deux volets dans leur mission.
00:18:51C'est-à-dire qu'ils ne sont pas uniquement dédiés
00:18:54à la psychologie dans l'éducation.
00:18:56– Ce qui m'interpelle, c'est qu'un élève en souffrance,
00:18:58je ne suis pas certaine qu'il fasse la démarche
00:19:01d'aller voir un psy et de se confier à lui.
00:19:03– Pas toujours, non.
00:19:05Je pense que vous avez rappelé le chiffre,
00:19:06quand vous voyez 7500…
00:19:08– Un psy pour 1600 élèves.
00:19:09– Oui, exactement.
00:19:10On est dans une situation où on sait
00:19:12qu'on a explosé les problèmes.
00:19:14Depuis la crise Covid, mais même avant,
00:19:15on a une croissance exponentielle.
00:19:18Ça veut dire que sur les 11 200 000 élèves,
00:19:21on sait que des problèmes, on va dire,
00:19:23d'ordre psychologique,
00:19:24pourraient toucher 10 à 20 % des élèves scolarisés.
00:19:27Donc on voit bien qu'à ce niveau-là,
00:19:31il n'y a pas de réponse qui soit apportée
00:19:33qui soit à la hauteur des enjeux.
00:19:36On a un vrai sujet qui, même en population générale,
00:19:39on parlait de…
00:19:40Il y avait récemment sur une antenne concurrente ce matin
00:19:43des chiffres qui tournaient autour de…
00:19:45que ce soit des problématiques de santé mentale
00:19:47de l'ordre de 10 millions de Français qui étaient concernés.
00:19:49Et on voit bien que cette cause n'est pas prise en charge
00:19:53par la société pour apporter des réponses.
00:19:55Après, je pense qu'il faut…
00:19:57– On est à l'Assemblée nationale.
00:19:58– Mais oui, mais c'est…
00:19:59– Il y a des législateurs.
00:20:00– Je vais me tourner vers Sylvain Berrios.
00:20:02– Ils vont travailler le budget.
00:20:02– Vous entendez ce que dit Gilles Langlois ?
00:20:04– Oui, mais j'entends bien ce que disent les uns et les autres,
00:20:08les unes et les autres, d'ailleurs.
00:20:10Cette affaire, en fait, pour moi, c'est une immense colère.
00:20:15Parce que ce jeune aurait dû être pris en charge
00:20:20par le service public, qu'on a appelé tout à l'heure
00:20:23l'aide sociale à l'enfance.
00:20:25C'est quand même 10 milliards d'euros par an.
00:20:26– C'est 200 000 enfants.
00:20:28– Voilà un enfant qui a été violenté dans sa famille d'accueil.
00:20:37Il arrive dans un foyer.
00:20:40C'est donc un enfant qui, par essence,
00:20:43porte en lui une blessure et une violence qu'il a subie.
00:20:49Et on ne l'a pas accompagné.
00:20:54Ou il a été mal accompagné.
00:20:55– Oui, parce que le rectorat, encore une fois,
00:20:57précise bien qu'il était très suivi par l'équipe éducative.
00:21:00– Dans les faits, cet enfant est passé à l'acte.
00:21:04Il n'y a que les faits qui comptent.
00:21:05– Bien sûr.
00:21:05– Donc, comment est-ce que nous sommes arrivés là
00:21:09avec autant de moyens déployés,
00:21:12avec autant d'alertes pour un enfant,
00:21:15qui va finalement passer à l'acte ?
00:21:17Vous savez, vous avez 50% des troubles mentaux
00:21:22qui sont détectables avant 15 ans.
00:21:26On est exactement, exactement…
00:21:28– Il en a 14.
00:21:29– Dans ce cas de figure-là.
00:21:32En fait, les constats, tous les constats ont été faits.
00:21:36Les constats sur l'exposition aux réseaux sociaux ont été faits.
00:21:40Il y a même eu une loi en 2023,
00:21:42c'est Laurent Marcangeli qui l'avait portée
00:21:45et qui a été votée sur la majorité numérique.
00:21:48Est-ce qu'elle est appliquée ?
00:21:49Est-ce qu'elle est appliquée ?
00:21:51La réponse est non.
00:21:52Lorsqu'on a un enfant qui, aujourd'hui,
00:21:56enfin, le cas présent,
00:21:58qui relayait des propos, des signaux nazis.
00:22:04Il n'a pas été l'inventer à l'école ou dans un foyer.
00:22:08Il a été le trouver quelque part.
00:22:11Est-ce que la majorité numérique,
00:22:13celle qui expose tous nos enfants à cette violence-là,
00:22:18est-ce qu'elle est respectée ?
00:22:19La réponse est non.
00:22:20Aujourd'hui, elle n'est pas respectée.
00:22:22Lorsque Naïma Mouchou fait une mission d'information
00:22:26et dit, oui, attention,
00:22:28parce qu'on peut se procurer des armes partout.
00:22:30Quelle est la conséquence législative ?
00:22:33Vous parlez, justement, du rapport de Naïma Mouchou.
00:22:35C'est un rapport...
00:22:36Lorsque Nathalie, que mon Colin Osterlet, nous dit,
00:22:39mais attention, nous sommes dans une situation
00:22:43où la santé mentale
00:22:45de ceux qui sont pris normalement en charge
00:22:48par l'aide sociale à l'enfance
00:22:49est en train d'exploser.
00:22:52Mais vous venez d'évoquer le rapport de Naïma Mouchou.
00:22:54Je voudrais qu'on y revienne un petit peu, pardon,
00:22:56parce que c'est un rapport que François Bayrou lui commande
00:22:59le 24 avril dernier.
00:23:01Il mandate cette mission baptisée mineure armes blanches.
00:23:05Cette mission rend son rapport à la fin du mois de mai.
00:23:08Est-ce que vous vous souvenez de ce que disait ce rapport ?
00:23:10Oui.
00:23:11Est-ce que vous vous souvenez de ces préconisations ?
00:23:13Oui.
00:23:14Le déploiement de la vidéosurveillance,
00:23:16l'interdiction de la vente directe ou en ligne
00:23:18des armes appelées armes zombies,
00:23:20c'est-à-dire des couteaux, vous savez, à double tronchant,
00:23:22qui avaient notamment servi dans une des attaques au couteau cette année,
00:23:25un durcissement de la réponse pénale
00:23:26et pas de téléphone portable à l'école et au collège.
00:23:29Qu'est-ce qu'on a fait de ces préconisations ?
00:23:30Et pas uniquement.
00:23:31Il y avait également la caractéristique
00:23:34des enfants qui portaient un couteau avec eux.
00:23:40Il y en avait trois.
00:23:41Ceux qui avaient peur, ceux qui attaquaient
00:23:43et ceux qui étaient dans une situation de santé mentale.
00:23:47Il y avait ça dans le rapport.
00:23:48Ensuite, les conclusions, c'était
00:23:51oui, attention, on doit faire en sorte
00:23:53qu'on ne puisse pas se procurer,
00:23:55notamment les fameux zombies, sur Internet.
00:23:57Je vous pose la question, monsieur le député.
00:23:59Qu'est-ce qu'on a fait de ce rapport ?
00:24:01Qu'est-ce qu'on a fait de ces préconisations ?
00:24:03La stabilité existante fait qu'on n'a pas légiféré.
00:24:07C'est ça la vérité.
00:24:07Et c'est pour ça que je suis très en colère.
00:24:09Parce qu'il y a quand même des situations
00:24:10où on peut légiférer,
00:24:12où on n'a pas besoin d'un énorme consensus,
00:24:13d'un énorme compromis
00:24:14pour avancer sur des sujets.
00:24:16Donc, tout le monde est d'accord.
00:24:17Parce que dans la mission
00:24:19qui avait été dirigée par Naïma Emouchou,
00:24:22il y avait d'autres parlementaires
00:24:23de tous horizons.
00:24:26Lorsque la loi sur la majorité numérique
00:24:29a été votée,
00:24:30il y avait tous les parlementaires
00:24:32qui l'ont voté.
00:24:33Donc, il y a une forme de consensus.
00:24:36Certains disent des compromis,
00:24:37des consensus, je ne sais pas comment appeler ça.
00:24:39Tout le monde est d'accord.
00:24:40Ce qui nous empêche d'avancer aujourd'hui,
00:24:43c'est qu'on a une assemblée
00:24:44qui ne fonctionne plus.
00:24:44mais rien ne nous empêche d'avancer.
00:24:47Vous comprenez ça, Carole Zerbib,
00:24:49en tant que proviseur de lycée,
00:24:50que, en gros, c'est l'instabilité politique ?
00:24:52Sur la SE, c'est quand même, encore une fois,
00:24:5610 milliards d'euros pour 200 000 enfants.
00:24:59Et aujourd'hui, on n'est pas en situation
00:25:02de suivre les enfants.
00:25:04Carole Zerbib.
00:25:05Vous dites aujourd'hui,
00:25:08l'école est victime aussi,
00:25:09elle aussi, de l'instabilité politique.
00:25:11Oui, on l'a dit, au SNP de l'UNSA,
00:25:14cette instabilité politique
00:25:16est quand même compliquée pour l'école.
00:25:19Parce qu'à l'école,
00:25:20quand on met en place des politiques publiques,
00:25:21on a besoin qu'elles s'inscrivent
00:25:23dans la durée.
00:25:24On a besoin d'une stabilité.
00:25:26Et c'est vrai que cette instabilité,
00:25:28voilà, provoque...
00:25:29Voilà, c'est compliqué.
00:25:32Moi, je voudrais revenir sur ce que vous disiez
00:25:34sur la question des réseaux sociaux.
00:25:37Il y a une banalisation de la violence.
00:25:39Les jeunes ont accès à des images violentes.
00:25:41Ils sont en permanence sur ces écrans
00:25:45qui sont sans aucun filtre.
00:25:47Alors, on essaie, à l'école,
00:25:48puisque notre mission, elle est d'éduquer.
00:25:50On essaie de décrypter avec eux ces images.
00:25:54Mais il y a plein de choses qui nous échappent.
00:25:56Et le fait d'être constamment sur le téléphone,
00:25:59alors, c'est interdit à l'école primaire
00:26:01et au collège, mais pas au lycée.
00:26:03Donc, on a quand même des élèves
00:26:05qui sont constamment sur le téléphone au lycée.
00:26:07Moi, j'ai les élèves.
00:26:08Ils sont assis à la pause
00:26:10ou pendant les récréations.
00:26:11Ils sont assis, les uns à côté des autres.
00:26:13Ils ne se parlent pas.
00:26:14Ils ne se parlent pas.
00:26:14Ils sont sur le téléphone.
00:26:15Donc, peut-être, aidons-les,
00:26:17aidons nos élèves, aidons nos enfants
00:26:19à retrouver du lien social,
00:26:21à se débarrasser de cette addiction du téléphone,
00:26:24au moins quand ils sont des 8 heures
00:26:27ou 9 heures où ils sont en établissement scolaire.
00:26:32Je voudrais, voilà, là, je pense à une phrase
00:26:34d'un philosophe qui s'appelle Emmanuel Lévinas
00:26:38qui disait que regarder le visage de l'autre
00:26:41empêche la violence, empêche de tuer.
00:26:43Eh bien, amenons nos élèves à se regarder
00:26:46et à retrouver un peu de fraternité et d'altérité.
00:26:49Voilà.
00:26:49Regardons l'autre.
00:26:51Là, on entend que vous êtes dans la prévention.
00:26:55Il avait aussi été question, un temps, beaucoup,
00:26:57des fameux portiques de sécurité.
00:27:00Aujourd'hui, on a cherché des portiques,
00:27:03il n'y en a pas, des portiques, il n'y en a nulle part.
00:27:05Il y a des lycées qui sont équipés de tourniquets,
00:27:07en fait, où les enfants badge
00:27:09pour éviter, en fait, les intrusions
00:27:10de personnes étrangères à l'établissement.
00:27:12Mais point de portiques à l'horizon.
00:27:15Reportage au lycée Bergson,
00:27:17c'est dans le 19e arrondissement de Paris,
00:27:18avec Clément Perrault et Pierre Mérétard.
00:27:26C'est un nom clair et net
00:27:28pour ces enseignants d'un collège-lycée
00:27:30du nord-est de Paris.
00:27:32Installer des portiques de sécurité
00:27:34à l'entrée de l'établissement
00:27:35n'aurait pas de sens.
00:27:37Moi, ce que je demande, c'est des êtres humains.
00:27:39C'est du personnel
00:27:40qui soit en chair et en os,
00:27:44qui ait un cerveau, qui ait des sentiments,
00:27:45qui soit capable de s'intéresser
00:27:46à d'autres êtres humains.
00:27:49Henri Bergson est une grosse cité scolaire,
00:27:52plus de 2000 élèves.
00:27:54Les assistants scolaires,
00:27:55communément appelés les pions,
00:27:56ne sont qu'une quinzaine,
00:27:57selon cet enseignant.
00:27:59En recruter davantage lui paraît
00:28:01plus prioritaire que des portiques.
00:28:03Il y a un jeu, quand même,
00:28:04j'ai envie de dire politicien,
00:28:05c'est que le portique de sécurité
00:28:08permet de faire une annonce.
00:28:11Nous défendons la sécurité,
00:28:13ce qui ne permettrait pas
00:28:13de faire l'embauche de personnes humaines.
00:28:17Un autre manque,
00:28:18c'est l'assistante sociale.
00:28:19On a fait une rentrée scolaire
00:28:20sans assistante sociale.
00:28:21Et l'assistante sociale,
00:28:23l'oreille à l'écoute des élèves
00:28:24qui iraient mal dans leur peau.
00:28:27Et chez les élèves,
00:28:28eh bien, pas plus de succès
00:28:29pour l'idée des portiques,
00:28:31hors de question même,
00:28:33selon ce groupe d'ados.
00:28:33C'est ridicule,
00:28:35étant donné qu'on a des ciseaux.
00:28:37On a des ceintures,
00:28:38les boucles de ceintures sont en métal.
00:28:39On a des bijoux,
00:28:40ça peut être du métal.
00:28:41Enfin, il y a des...
00:28:42Vraiment, je trouve que
00:28:42c'est vraiment pas une bonne idée.
00:28:43On est tous déjà quand même
00:28:44assez contrôlés sur l'entrée et la sortie,
00:28:46savoir quand même
00:28:47si on appartient à l'établissement et tout.
00:28:49Mais c'est pas en mettant
00:28:50des portibles de sécurité
00:28:50qu'on va sortir plus en sécurité.
00:28:52Il y a des couteaux à la cantine, monsieur.
00:28:54Donc, enfin,
00:28:55il y a des couteaux
00:28:56dans l'établissement, évidemment.
00:28:57Pour couper nos steaks,
00:28:58on va pas les couper avec une fourchette.
00:29:00Donc, c'est compliqué.
00:29:01Il y a des gens
00:29:01avec des problèmes psychologiques
00:29:02qui peuvent agresser des personnes.
00:29:04S'il y en a dans le lycée,
00:29:05il faut les aider
00:29:05avec des psychologues, etc.
00:29:07Et s'ils sont dangereux,
00:29:09il faut juste les sortir du lycée.
00:29:10Mais c'est pas avec des portiques
00:29:11qui, en plus,
00:29:11qui vont coûter super cher à l'État
00:29:13qui est déjà méga endetté
00:29:14qu'on va résoudre la situation.
00:29:16La remarque n'est pas inutile.
00:29:18Un portique de sécurité
00:29:19détecteur de métaux
00:29:21coûte au minimum 2 000 euros.
00:29:24Sylvain Berrios,
00:29:24on est d'accord
00:29:25que cette histoire de portique,
00:29:26aujourd'hui,
00:29:28est-ce qu'il y a eu un cas précédent
00:29:31tout aussi dramatique
00:29:33qui s'est fait en présence
00:29:35de policiers,
00:29:36de gendarmes à l'époque,
00:29:38et de fouilles de sacs.
00:29:39Vous parlez de l'agression
00:29:40de la surveillante
00:29:41de nos gens en Haute-Marne.
00:29:43Donc, en fait,
00:29:44cette question du contenu des sacs,
00:29:48de mon point de vue,
00:29:49il commence à la maison.
00:29:52Il commence à la maison.
00:29:54Pour des enfants au collège,
00:29:56la question de savoir
00:29:57ce que les enfants emmènent
00:29:59à l'école
00:30:00et l'œil que les parents
00:30:01peuvent avoir
00:30:01vis-à-vis de ce qui se passe
00:30:03dans le sac
00:30:04de leurs enfants
00:30:04peut être posé également.
00:30:06Mais l'hypothèse
00:30:07qu'on est des portiques
00:30:08partout
00:30:09et que ça règle
00:30:09la situation
00:30:10est inexacte.
00:30:12La souffrance
00:30:13du jeune homme,
00:30:14encore une fois,
00:30:15qui est passé
00:30:16par une situation
00:30:18dramatique
00:30:19dans une famille d'accueil
00:30:20puis en foyer,
00:30:21n'est pas résolue
00:30:22par un portique.
00:30:23Il est résolu
00:30:23par l'aide sociale
00:30:24à l'enfance
00:30:25qui n'a pas fait son job.
00:30:27Vous avez déjà
00:30:28confisqué des couteaux
00:30:29dans votre lycée ?
00:30:30Oui.
00:30:30Oui ?
00:30:31De quelle façon ?
00:30:32Vous avez surpris
00:30:33des élèves
00:30:33avec des couteaux
00:30:34et vous leur avez dit
00:30:35tu me donnes ça ?
00:30:35Le dernier
00:30:36qui a été confisqué,
00:30:37vous savez,
00:30:38dans le cadre du plan
00:30:39Vigipirate,
00:30:40les élèves ouvrent
00:30:40le sac à l'entrée
00:30:41et là,
00:30:41on a trouvé un couteau
00:30:43puis il y en avait
00:30:43un autre avec un marteau.
00:30:45Donc,
00:30:46ce contrôle visuel
00:30:47des sacs,
00:30:47il est plutôt
00:30:48efficace.
00:30:48Il a été sanctionné ?
00:30:50Oui, bien sûr.
00:30:52Il y a eu un conseil
00:30:52de discipline.
00:30:53Bien sûr.
00:30:54Il y a des règles établies,
00:30:55excusez-moi madame
00:30:56l'abouilleuseur,
00:30:57mais lorsque,
00:30:58dans Val-de-Marne,
00:30:59c'est 267 couteaux
00:31:01qui ont été saisis
00:31:02au cours de l'année scolaire
00:31:02précédente.
00:31:04Et lorsque,
00:31:05il y a un acte,
00:31:06un couteau qui est saisi,
00:31:08c'est un passage
00:31:08en conseil de discipline
00:31:10obligatoire.
00:31:10C'est une obligation.
00:31:11En fait,
00:31:12de ce point de vue-là,
00:31:13la règle est établie.
00:31:14La règle est établie.
00:31:16Mais la question,
00:31:18c'est comment est-ce
00:31:21qu'on travaille
00:31:22avec nos élèves ?
00:31:23Notre métier,
00:31:23notre cœur de métier,
00:31:24c'est de faire de l'éducatif.
00:31:26Comment est-ce qu'on travaille
00:31:27avec nos élèves ?
00:31:27Comment on les éduque ?
00:31:29Comment on leur explique ?
00:31:30Comment on fait
00:31:30de la prévention ?
00:31:31Parce que,
00:31:32voilà,
00:31:32moi je rejoins ce que vous disiez,
00:31:34monsieur,
00:31:34c'est les portiques,
00:31:36nous ne sommes pas du tout favorables
00:31:38et puis ça posera
00:31:39d'autres problèmes.
00:31:41On ne voit pas bien
00:31:41comment on va pouvoir
00:31:42gérer l'entrée
00:31:43des établissements scolaires
00:31:44avec des portiques.
00:31:46Surtout si ça fait
00:31:47comme à l'aéroport,
00:31:48il va falloir prendre le temps.
00:31:50Merci à tous les trois
00:31:51et merci même à tous les quatre.
00:31:52Merci à Mélène Descambal
00:31:53d'avoir été avec nous
00:31:54depuis Rennes.
00:31:55Merci vraiment
00:31:56d'être venue débattre
00:31:58de ce sujet ce soir
00:31:58dans chaque voix compte.
00:32:00À suivre,
00:32:00la question qui fâche,
00:32:02à quoi joue Sébastien Lecornu ?
00:32:04On va en débattre
00:32:04avec nos trois prochains invités.
00:32:05Mais avant cela,
00:32:06c'est Quelle Histoire ?
00:32:07Et c'est Laurent Guimier.
00:32:08Chaque soir,
00:32:18Laurent nous raconte
00:32:19l'envers du décor,
00:32:20le dessous des cartes
00:32:21derrière une image
00:32:22et ce soir,
00:32:23Laurent,
00:32:23vous nous racontez comment
00:32:24notre nouveau Premier ministre
00:32:26s'inspire d'Ilon Musk
00:32:27pour réformer l'État.
00:32:29Oui,
00:32:29ça s'est passé
00:32:29sur le réseau Social X
00:32:30il y a cinq jours.
00:32:31Regardez,
00:32:32ce message de Sébastien Lecornu
00:32:34qui annonce la création
00:32:35de la mission,
00:32:36je cite,
00:32:36État efficace.
00:32:37C'est une toute petite équipe
00:32:38de deux hauts fonctionnaires,
00:32:40messieurs Duhamel et Morin,
00:32:41logés à Matignon
00:32:42et qui sont chargés
00:32:43de ratiboiser,
00:32:44si je puis dire,
00:32:45tout ce que l'État compte
00:32:46de délégations interministérielles
00:32:48et autres comités théodules.
00:32:50Deux objectifs,
00:32:51un État plus efficace
00:32:52pour nous les citoyens
00:32:53et puis qui coûte moins cher.
00:32:54Et ça, forcément,
00:32:55ça nous rappelle
00:32:56ce qui s'est passé
00:32:56aux États-Unis
00:32:57au début de l'année
00:32:57quand Donald Trump
00:32:58est revenu à la Maison Blanche.
00:32:59Oui, avec le milliardaire
00:33:00Elon Musk,
00:33:01vous vous en souvenez,
00:33:02dans ses valises,
00:33:02bombardé à la tête du DODGE,
00:33:04acronyme de département
00:33:05de l'efficacité gouvernementale,
00:33:07une structure chargée,
00:33:09elle aussi,
00:33:09de mettre de l'ordre
00:33:10dans le fonctionnement
00:33:11de l'administration.
00:33:12Alors, il n'y a pas
00:33:13de coïncidence, évidemment,
00:33:14lorsqu'il poste son message
00:33:16la semaine dernière,
00:33:17notre nouveau Premier ministre
00:33:18attend à ce qu'on fasse
00:33:19le rapprochement
00:33:20et je pense que c'est voulu.
00:33:22Regardez le nom
00:33:22des deux structures,
00:33:23le mot efficacité
00:33:24est utilisé dans les deux.
00:33:26Le timing est le même.
00:33:28Fin janvier à Washington
00:33:28et la semaine dernière,
00:33:30ici, c'est la première action
00:33:31concrète
00:33:32qui a été annoncée
00:33:33et puis des résultats
00:33:34arrivent tout de suite.
00:33:35À Washington,
00:33:36vous vous souvenez
00:33:36du vent de panique
00:33:37dans les bureaux
00:33:38quand les hommes de Musk
00:33:39ont déboulé.
00:33:40Chez nous,
00:33:41alors évidemment
00:33:41avec des modalités
00:33:42quand même assez différentes,
00:33:43il y a quand même
00:33:43sept structures administratives
00:33:45qui sont tombées
00:33:46dès le premier communiqué
00:33:48de Matignon.
00:33:48Oui, bon, ok.
00:33:49Est-ce que ça veut dire
00:33:50qu'on va bientôt voir
00:33:51Sébastien Lecornu
00:33:52brandir une tronçonneuse
00:33:54à la façon d'Elon Musk
00:33:55ou du président argentin
00:33:56Milley ?
00:33:56Alors, une fois n'est pas coutu,
00:33:57Madeleine,
00:33:58je m'avance.
00:33:59Je crois pouvoir vous dire
00:34:00non.
00:34:00La phase 1 de son plan
00:34:03est plutôt réussie.
00:34:05Le message
00:34:05on taille dans le millefeuille
00:34:07est bien passé,
00:34:08notamment dans les médias,
00:34:10pas besoin de photos
00:34:10de tronçonneuses.
00:34:12Et aussi parce que
00:34:12la phase 2
00:34:13est autrement plus périlleuse.
00:34:15Sur ce sujet,
00:34:16le Premier ministre
00:34:16doit éviter le syndrome
00:34:17de l'annonce gadget.
00:34:19Et il le sait
00:34:20et il l'a prouvé
00:34:21parce que Valérie Brochard
00:34:23nous en parlait
00:34:23dans Bourbon Express
00:34:24hier soir.
00:34:244 jours après
00:34:26le début de la mission,
00:34:28rebelote,
00:34:29deuxième salve de décision
00:34:30avec toujours
00:34:31dans le cadre
00:34:31de cette mission
00:34:32État efficace,
00:34:33le gel des dépenses
00:34:33de com' des ministères.
00:34:35Et pour vous prouver
00:34:36tout ça,
00:34:36Adeline,
00:34:37est-ce que vous êtes prête
00:34:37à monter avec moi
00:34:38dans la machine
00:34:39à remonter le temps ?
00:34:40Embarquez-moi.
00:34:41Automne 2024,
00:34:42proposition de loi
00:34:43supprimant une vingtaine
00:34:44de comités théodules.
00:34:46Mai 2004,
00:34:47Eric Wirt,
00:34:48secrétaire d'Etat
00:34:49à la réforme de l'Etat,
00:34:50promet de faire tomber
00:34:51350 commissions
00:34:53qui ne servent à rien
00:34:54dont la commission
00:34:56du peuplier
00:34:57ou le conseil national
00:34:58du froid.
00:35:00Il en reste encore
00:35:01mais on a quand même
00:35:01pas mal élagué
00:35:03si je puis dire.
00:35:04On redescend encore
00:35:05mars 1947.
00:35:08Le gouvernement Ramadier
00:35:09instaure la commission
00:35:10de la hache.
00:35:12Autre temps,
00:35:12autre mœurs.
00:35:14On sort de la guerre,
00:35:15il faut remettre
00:35:15l'Etat à flot
00:35:16et puis aussi finir
00:35:17d'épurer l'administration.
00:35:19Mais en 48,
00:35:20l'année d'après,
00:35:20cette commission de la hache
00:35:21devient la commission
00:35:22de la guillotine.
00:35:23C'est vraiment appelé comme ça ?
00:35:24Oui, oui,
00:35:25c'est comme ça
00:35:26que ça s'est appelé.
00:35:2750 000 postes de fonctionnaires
00:35:28sont supprimés.
00:35:29Donc on a pu le faire.
00:35:30On peut remonter
00:35:31encore plus loin
00:35:32ou on s'arrête là ?
00:35:33Alors Adeline,
00:35:33on remonte jusqu'à Versailles
00:35:35à la Cour
00:35:36sous l'Ancien Régime
00:35:37parce que souvent,
00:35:38y compris dans notre
00:35:39bonne République,
00:35:40beaucoup de choses
00:35:41trouvent leurs racines
00:35:41et leurs sources
00:35:43à Versailles.
00:35:441787,
00:35:46Louis XVI demande
00:35:46à l'un de ses ministres
00:35:47de faire le ménage
00:35:48dans l'administration.
00:35:49Le ministre supprime
00:35:50les pousses-fauteuils
00:35:51et puis les cravatiers
00:35:53aussi qui sont là pour...
00:35:54Pourquoi ?
00:35:54C'est des hommes
00:35:54qui faisaient
00:35:55les nœuds de cravate ?
00:35:56Qui apportaient la cravate,
00:35:58les boutons de manchette
00:35:58et qui la posaient.
00:36:00Ils étaient là
00:36:01depuis Louis XIV,
00:36:01c'est-à-dire que
00:36:02s'étaient instaurés
00:36:03des habitudes
00:36:05et des métiers
00:36:06qui ne servaient plus
00:36:07à grand-chose
00:36:07mais qu'on avait conservés.
00:36:08Ce ministre s'appelait
00:36:10le cardinal de Brienne.
00:36:12Brienne ?
00:36:13Comme l'autel du même nom.
00:36:14Alors, il appartenait
00:36:15au frère du cardinal.
00:36:17Ça n'était pas le cardinal,
00:36:18mais enfin,
00:36:18c'est quand même son frère.
00:36:20Et l'autel de Brienne,
00:36:21évidemment,
00:36:21c'est le ministère des armées,
00:36:22là où Sébastien Lecornu
00:36:24a vécu pendant 3 ans,
00:36:254 mois et 3 jours.
00:36:27Et c'est là, sans doute,
00:36:28que le futur Premier ministre
00:36:29a mûri ce sujet
00:36:30de l'état mammouth
00:36:31qui, je crois,
00:36:32est aussi simple
00:36:33à comprendre
00:36:34pour les citoyens
00:36:35que difficile à résoudre.
00:36:36Quelle histoire !
00:36:37Merci, Laurent Guimier.
00:36:39On passe à la question
00:36:40qui fâche.
00:36:48Je salue nos trois invités
00:36:49qui nous ont rejoints
00:36:50sur le plateau
00:36:50de chaque voix compte.
00:36:51Bonsoir, Fabienne Rouchy.
00:36:53Merci d'être là,
00:36:54secrétaire confédérale
00:36:55de la CGT.
00:36:56Julien Aubert,
00:36:57vice-président des Républicains
00:36:58est aussi avec nous.
00:36:59Et François Cornier-Boulijon,
00:37:00député ensemble
00:37:01pour la République du Cher.
00:37:02Merci d'être ce soir
00:37:04sur le plateau
00:37:04de chaque voix compte.
00:37:06Petit retour en arrière.
00:37:07On ne va pas jusqu'à Versailles.
00:37:09C'était il y a deux semaines.
00:37:10Souvenez-vous,
00:37:10Sébastien Lecornu
00:37:11s'installa à Matignon.
00:37:12Depuis,
00:37:13depuis,
00:37:13motus et bouche cousue.
00:37:15Le nouveau Premier ministre
00:37:16tweet, certes.
00:37:17Il n'a donné qu'une discrète interview
00:37:19à la presse locale.
00:37:20En fait,
00:37:20il consulte
00:37:21sans faire d'annonce.
00:37:22Les syndicats
00:37:22en ont été d'ailleurs
00:37:23pour leur frais ce matin.
00:37:25Cette stratégie
00:37:26peut-elle se retourner
00:37:27contre Sébastien Lecornu ?
00:37:28Eh bien,
00:37:29c'est Stéphanie Despierre
00:37:30qui pose ce soir
00:37:30la question qui fâche.
00:37:31Dans la question
00:37:34qui fâche ce soir,
00:37:35un rendez-vous
00:37:36très attendu.
00:37:38Ce matin,
00:37:39tous ensemble,
00:37:40les huit syndicats
00:37:41de salariés
00:37:41franchissent le seuil
00:37:42de Matignon
00:37:43avec l'espoir
00:37:44d'obtenir des réponses
00:37:46à leurs revendications.
00:37:48Après des rencontres
00:37:48en face à face
00:37:49il y a des jours,
00:37:50cette fois,
00:37:51le Premier ministre
00:37:52les reçoit
00:37:52en même temps.
00:37:54Deux heures et demie
00:37:55plus tard,
00:37:56ils ressortent
00:37:57tous ensemble
00:37:58et à l'unissot.
00:37:59C'est une occasion manquée.
00:38:01Le Premier ministre
00:38:01n'a apporté
00:38:02aucune réponse claire.
00:38:04Sur la question
00:38:05de l'année blanche,
00:38:07sur le doublement
00:38:07des franchises médicales,
00:38:09sur la suppression
00:38:09de 3000 postes
00:38:10de fonctionnaires,
00:38:12il ne nous a pas dit
00:38:13que ces pistes
00:38:14étaient enterrées,
00:38:15ce qui signifie
00:38:16que ces pistes,
00:38:16malheureusement,
00:38:17sont toujours sur la table.
00:38:19C'est donc
00:38:19une occasion manquée.
00:38:21L'intersyndical appelle
00:38:22donc à une seconde journée
00:38:23de mobilisation jeudi,
00:38:25le 2 octobre.
00:38:26La semaine dernière,
00:38:27au moins 500 000 personnes
00:38:28ont manifesté
00:38:29selon la police.
00:38:30Les syndicats espèrent
00:38:31faire encore mieux
00:38:32la semaine prochaine.
00:38:34Au-delà des questions
00:38:34sans réponse,
00:38:36le doute s'installe aussi
00:38:37sur la méthode Le Cornu.
00:38:39On a un Premier ministre
00:38:40qui nous dit
00:38:41je vais changer la méthode
00:38:43mais finalement
00:38:44je n'ai aucun pouvoir
00:38:46par rapport à ce qui va se passer
00:38:47au niveau du budget.
00:38:49C'est le Parlement
00:38:49qui a la main.
00:38:50On pense que là
00:38:51il n'a pas pris
00:38:52ses responsabilités.
00:38:53Alors la question
00:38:54qui fâche ce soir
00:38:54la voici.
00:38:55Sébastien Le Cornu
00:38:56et les syndicats
00:38:57c'est l'impasse ?
00:38:59C'est l'impasse
00:39:00Fabienne Rouchy.
00:39:02Je ne sais pas
00:39:02si on peut parler d'impasse
00:39:03en tout cas
00:39:04nous avons été forcément
00:39:05un petit peu déçus
00:39:07de n'avoir absolument
00:39:07aucune précision
00:39:08ni aucune réponse claire
00:39:10à nos questions
00:39:10qu'il l'était pourtant.
00:39:12Nos questions partagées
00:39:13par l'intersyndicale.
00:39:16Ce que nous dit
00:39:17M. Le Cornu
00:39:18c'est qu'il réfléchit
00:39:19qu'il va voir
00:39:20bon ok
00:39:21mais après
00:39:22des manifestations
00:39:23qui ont quand même
00:39:23et des grèves
00:39:24dans beaucoup d'entreprises
00:39:26qui ont quand même
00:39:26rassemblé
00:39:27plus d'un million
00:39:28de personnes
00:39:29dans la rue
00:39:30ça nous semble
00:39:31un petit peu léger
00:39:32d'en tenir
00:39:34aussi peu compte.
00:39:36En fait
00:39:36il vous a
00:39:37écouté
00:39:38mais vous n'êtes pas sûr
00:39:39qu'il vous ait entendu.
00:39:41C'est ça
00:39:41oui
00:39:42il nous a proposé
00:39:43de nous rencontrer
00:39:44à nouveau
00:39:44de manière bilatérale
00:39:45avant le 2 octobre.
00:39:46Oui en effet
00:39:47justement
00:39:48on l'a appris
00:39:49juste avant cette émission
00:39:50Sébastien Le Cornu
00:39:51annonce
00:39:51qu'il va adresser
00:39:53aux partenaires sociaux
00:39:54dans les prochains jours
00:39:55un courrier
00:39:55pour leur demander
00:39:56leur contribution
00:39:56sur 5 thématiques
00:39:58avant de vous revoir
00:40:00de nouveau.
00:40:01Donc les 5 thématiques
00:40:01c'est le financement
00:40:02de la protection sociale
00:40:03la réindustrialisation
00:40:04la souveraineté économique
00:40:06les conditions de travail
00:40:07et la qualité de vie au travail
00:40:08et le renforcement
00:40:09du paritarisme.
00:40:10Vous vous êtes prêts
00:40:11à retourner le voir
00:40:11pour évoquer à nouveau
00:40:12ces 5 sujets ?
00:40:13De toute façon
00:40:14nous ne reviendrons pas
00:40:15le voir en bilatéral
00:40:16si nous sommes
00:40:17en intersyndical
00:40:18nous allons continuer
00:40:19à l'être
00:40:20pour parler
00:40:21notamment de ces 5 sujets-là
00:40:22mais ils ont déjà
00:40:23été abordés
00:40:23avec M. Le Cornu
00:40:24à plusieurs reprises
00:40:26donc effectivement
00:40:27s'il n'y a absolument
00:40:28aucune réponse
00:40:29s'il ne part pas
00:40:30d'une page blanche
00:40:31en ne mettant pas
00:40:32à la poubelle
00:40:33tout ce qui était prévu
00:40:34notamment dans le budget
00:40:36Bayrou
00:40:36ça sera très difficile
00:40:38de pouvoir avancer
00:40:39sur toutes ces questions-là
00:40:41avec lui.
00:40:42François Gornier-Boulijon
00:40:43à quoi joue
00:40:43Sébastien Le Cornu
00:40:45avec les syndicats ?
00:40:46On a du mal à comprendre
00:40:47là il les demande
00:40:48d'aller revoir
00:40:49alors qu'il les a vus
00:40:50ce matin ?
00:40:51Je crois Adeline François
00:40:52que le premier ministre
00:40:53Sébastien Le Cornu
00:40:54ne joue pas
00:40:55parce que nous sommes
00:40:56tous conscients
00:40:57de l'état
00:40:58dans lequel est notre pays
00:40:59mais c'est symptomatique
00:41:00ce que nous voyons ici
00:41:01nous sommes tellement
00:41:03plus habitués
00:41:04au dialogue
00:41:05nous sommes rentrés
00:41:06dans une culture
00:41:07de la manifestation
00:41:08c'est un droit constitutionnel
00:41:09que nous protégeons
00:41:10de l'affrontement
00:41:12de la polémique
00:41:13et nous avons
00:41:14un premier ministre
00:41:15qui est dans une posture
00:41:17d'humilité
00:41:18d'écoute
00:41:19de dialogue
00:41:19et ça surprend tout le monde
00:41:21et bien
00:41:21ça ne devrait pas
00:41:24nous surprendre
00:41:24parce que
00:41:25en réalité
00:41:26d'abord
00:41:27notre pays
00:41:27est dans une situation
00:41:28qui est difficile
00:41:29avec une dette publique
00:41:31qui est énorme
00:41:32avec des enjeux
00:41:34qui ne le sont pas moins
00:41:35mais les français
00:41:37ont voulu
00:41:37et moi je suis un démocrate
00:41:39nous sommes dans une démocratie
00:41:41représentative
00:41:42il n'y a pas de majorité
00:41:43pour personne
00:41:44à l'Assemblée nationale
00:41:46et donc nous devons
00:41:47bâtir des compromis
00:41:48nous devons nous parler
00:41:49chacun doit faire un pas
00:41:50l'un vers l'autre
00:41:51et se dire
00:41:52que nous devons placer
00:41:54l'intérêt de la France
00:41:55au-dessus de l'intérêt
00:41:56de nos partis
00:41:57ou de nos syndicats
00:41:58c'est ce que les français
00:41:59nous demandent
00:41:59et nous nous sommes prêts
00:42:00à le faire
00:42:00mais on a eu l'impression
00:42:01à la sortie de la réunion
00:42:02avec les syndicats
00:42:03à la mi-journée
00:42:04que les syndicats
00:42:05avaient fait un pas
00:42:05vers Sébastien Lecornu
00:42:07physiquement même
00:42:08en allant le voir à Matignon
00:42:09ils sont sortis en disant
00:42:09on lui a dit les choses
00:42:11et lui il ne nous a rien répondu
00:42:13les syndicats sont dans leur rôle
00:42:14moi je connais très bien
00:42:15Sébastien Lecornu
00:42:16parce que je suis rapporteur budgétaire
00:42:18des crédits de défense
00:42:19et donc je le connais
00:42:20depuis l'hôtel de Brienne
00:42:21dont on vient de parler
00:42:22dans son rôle de ministre des armées
00:42:25et nous avons bâti ensemble
00:42:26une très grande loi
00:42:28de programmation militaire
00:42:29et j'ai vu les capacités
00:42:30de dialogue et de construction
00:42:32de monsieur Lecornu
00:42:33oui il avait réussi
00:42:34à passer 149.3
00:42:35voilà
00:42:35et en étant capable
00:42:36de parler depuis la gauche
00:42:38voire même la gauche
00:42:39de la gauche
00:42:39jusqu'à la droite
00:42:41et la droite de la droite
00:42:41alors très bien
00:42:42puisque vous le connaissez
00:42:43qu'est-ce qu'il fait
00:42:46en ce moment
00:42:46avec les syndicats
00:42:47on voudrait comprendre
00:42:48de multiplier
00:42:49ses consultations
00:42:50sans faire d'annonce
00:42:51c'est-à-dire
00:42:52il remplit ses cahiers
00:42:53de toutes les propositions
00:42:54qu'il reçoit
00:42:54et il va en faire quoi ?
00:42:56moi je pense
00:42:56qu'il veut éviter
00:42:57la rupture
00:42:58et c'était peut-être
00:43:00une stratégie
00:43:01qu'il pouvait y avoir
00:43:02avant
00:43:02et nous n'avons
00:43:03c'est quasiment
00:43:04la dernière chance
00:43:05quand on regarde bien
00:43:07si nous ne voulons pas
00:43:08le chaos
00:43:08dans notre pays
00:43:10si nous voulons refuser
00:43:11les démarches séditieuses
00:43:13de l'extrême gauche
00:43:14et de l'extrême droite
00:43:15donc lui
00:43:16il cherche à bâtir
00:43:17par le dialogue
00:43:18des compromis
00:43:19et un compromis
00:43:20ça veut dire
00:43:21que vous aurez
00:43:21des satisfactions
00:43:22chère madame de la CGT
00:43:24mais vous aurez aussi
00:43:25des insatisfactions
00:43:27et ce sera la même chose
00:43:28pour moi
00:43:28mais nous ferons
00:43:29un pas vers l'autre
00:43:30l'un vers l'autre
00:43:32pour essayer de trouver
00:43:33une solution
00:43:34pour notre pays
00:43:34et pour essayer
00:43:36de gouverner la France
00:43:37jusqu'en 2027
00:43:39moi je préfère
00:43:40la construction
00:43:41au chaos
00:43:41et les concitoyens
00:43:42que je rencontre
00:43:43dans le Berry
00:43:44mais partout
00:43:45il y a un sondage
00:43:46qui est sorti aujourd'hui
00:43:46plus de 70%
00:43:47des Français
00:43:48veulent que nous fassions
00:43:50un effort
00:43:51et que nous trouvions
00:43:51un compromis
00:43:52et bien bâtissons-le
00:43:53et je crois que c'est
00:43:54ce que fait Sébastien Lecornu
00:43:55Julien Aubert
00:43:56vous êtes prêt
00:43:57au compromis ?
00:43:59Le compromis
00:43:59c'est généralement
00:44:00un signe d'intelligence
00:44:02la compromission
00:44:03en revanche
00:44:03c'est un signe
00:44:04de l'acheter
00:44:05j'ai l'impression
00:44:06que c'est un peu
00:44:07le petit prince
00:44:08vous savez
00:44:09le petit prince
00:44:10rencontre le renard
00:44:11et tous les jours
00:44:12il se rapproche
00:44:13sur le banc
00:44:13de manière
00:44:15à forger une amitié
00:44:16la difficulté
00:44:17de l'opération
00:44:18actuellement
00:44:18c'est que
00:44:20il n'y a pas
00:44:20de majorité politique
00:44:21et donc
00:44:23il essaye de mener
00:44:24simultanément
00:44:25un dialogue
00:44:26avec des partis politiques
00:44:28pour bâtir
00:44:28je dirais
00:44:29un programme
00:44:30un socle
00:44:31etc
00:44:31et de l'autre
00:44:32il discute
00:44:33avec des syndicats
00:44:34qui ont des demandes
00:44:35légitimes
00:44:36mais qui ne peuvent
00:44:37être de toute façon
00:44:38je dirais
00:44:40garantis
00:44:41qu'une fois
00:44:41qu'on a trouvé
00:44:42un budget
00:44:43ou de quoi
00:44:43faire passer un budget
00:44:44et donc
00:44:45je dirais
00:44:46la première complexité
00:44:47c'est courageux
00:44:48de sa part
00:44:48preuve d'ouverture
00:44:51alors
00:44:52il a même dit
00:44:53devant les syndicats
00:44:54qu'il était le premier ministre
00:44:55le plus faible
00:44:56de la cinquième république
00:44:57il n'a pas tort
00:44:59il n'a pas tort
00:45:00il n'a pas tort
00:45:01c'est à dire que
00:45:02effectivement
00:45:03en fait
00:45:03il est un premier ministre
00:45:04en suspension
00:45:04donc l'enjeu
00:45:06c'est de dire
00:45:06aux syndicats
00:45:07à la gauche
00:45:07à la droite
00:45:08voilà
00:45:09dites moi
00:45:09si on reste
00:45:10et on continue
00:45:11ou si je tombe
00:45:12moi je pense
00:45:12si vous voulez
00:45:13qu'il fait un peu
00:45:14vous savez
00:45:14c'est ses arts martiaux
00:45:15chinois
00:45:16c'est l'art de la guerre
00:45:18c'est à dire qu'il faut
00:45:19utiliser votre faiblesse
00:45:20comme force
00:45:21se sachant faible
00:45:22il le met en scène
00:45:24comme un homme seul
00:45:25qui reçoit
00:45:26toutes les forces
00:45:26en disant voilà
00:45:27je vais être
00:45:27cet honnête broker
00:45:29qui va essayer
00:45:29de trouver une solution
00:45:30maintenant je crois
00:45:31que derrière
00:45:32François Bayrou
00:45:32avait au moins
00:45:33une chose
00:45:34qu'on ne pouvait pas
00:45:35lui enlever
00:45:36c'est qu'il avait dit
00:45:37il faut d'abord
00:45:37établir un diagnostic
00:45:38il se trouve que
00:45:39il y a des gens
00:45:41qui ne partagent pas
00:45:42le diagnostic
00:45:42sur l'urgence
00:45:43de la dette
00:45:43etc
00:45:43une fois qu'on est d'accord
00:45:45avec le diagnostic
00:45:45on peut effectivement
00:45:46essayer de trouver
00:45:46des solutions
00:45:47mais plus on attend
00:45:49plus on perd de temps
00:45:50et plus nos concitoyens
00:45:52qui tous les jours
00:45:52se débattent
00:45:53dans la question
00:45:53de pouvoir d'achat
00:45:54de crise économique
00:45:55de perte d'emploi
00:45:56trouve que ce système
00:45:58où on passe son temps
00:45:59à faire des conclaves
00:46:00mais où il n'y a jamais
00:46:00de fumée blanche
00:46:01et bien ça donne envie
00:46:03de ne plus aller à la messe
00:46:04il y a François Cormier-Bouddijon
00:46:05qui veut vous répondre
00:46:06mais non mais donnons
00:46:07un exemple concret
00:46:08à nos concitoyens
00:46:09la gauche veut
00:46:10la taxe Zuckman
00:46:11je crois que maintenant
00:46:12tous les français
00:46:13ont bien compris
00:46:14que la taxe Zuckman
00:46:14elle est contre-productive
00:46:16mais nous voulons tous
00:46:17tous les français
00:46:18veulent une meilleure
00:46:19justice fiscale
00:46:21ils veulent une meilleure
00:46:23progressivité de l'impôt
00:46:24ils veulent que
00:46:26les ultra riches
00:46:27ne puissent pas
00:46:28s'extraire de l'impôt
00:46:29donc essayons de trouver
00:46:31une taxe
00:46:32qui réponde aux objectifs
00:46:34mais qui ne soit pas
00:46:35une catastrophe
00:46:36pour l'investissement
00:46:37dans l'outil industriel
00:46:39et donc pour l'emploi
00:46:40parce que nous
00:46:40nous voulons une France
00:46:41du plein emploi
00:46:42nous voulons que les français
00:46:43vivent dignement
00:46:44grâce à leur emploi
00:46:46et donc nous avons besoin
00:46:47d'investisseurs
00:46:48donc non à la taxe Zuckman
00:46:50mais oui à trouver
00:46:51une solution ensemble
00:46:52d'une taxe
00:46:53qui soit plus progressive
00:46:55plus redistributive
00:46:56donc nous nous sommes
00:46:57prêts au dialogue
00:46:57oui c'est un bon exemple
00:46:58l'ISF
00:46:59lorsqu'il existait
00:47:01ramener quelques milliards
00:47:02d'euros
00:47:02d'accord
00:47:03on essaie de rétablir
00:47:04une espèce d'ISF
00:47:05modernisé sur le patrimoine
00:47:07sur la fortune immobilière
00:47:08quand on vous cherchait
00:47:08120 milliards d'euros
00:47:09et que l'essentiel du débat
00:47:11porte
00:47:11même si d'ailleurs
00:47:12sur le fond
00:47:13je dirais le fait
00:47:14que des ultra riches
00:47:15ne payent pas suffisamment
00:47:16en pourcentage
00:47:17payent moins en pourcentage
00:47:18de leurs revenus
00:47:18que vous et moi
00:47:19moi ça me choque
00:47:20bon pourtant
00:47:20je suis un homme de droite
00:47:21mais c'est une autre chose
00:47:22que le patrimoine
00:47:23reste que
00:47:24quand on se concentre
00:47:25et qu'on passe 90%
00:47:26du temps télé
00:47:27à discuter de 5 milliards d'euros
00:47:29alors qu'il faut en trouver 150
00:47:30on voit bien
00:47:31que c'est toujours
00:47:32les mêmes débats
00:47:32c'est comme
00:47:33j'étais
00:47:33bon les avantages
00:47:34des premiers ministres
00:47:35effectivement
00:47:36c'était affaire
00:47:37enfin
00:47:37c'est 4 millions d'euros
00:47:39donc
00:47:40il faut aussi
00:47:41mais c'est aussi un symbole
00:47:42non mais je sais
00:47:43mais sauf que les symboles
00:47:43ils ne font pas manger
00:47:44et à un moment donné
00:47:45il faut dire la vérité aux français
00:47:46c'est que
00:47:47on peut faire des actes symboliques
00:47:49mais c'est pas ça
00:47:49qui réglera le fond du problème
00:47:51et ayons le courage
00:47:53pour la droite
00:47:54de dire qu'il y a un problème
00:47:55d'égalité
00:47:56et de justice sociale
00:47:57ayons le courage à gauche
00:47:59de reconnaître
00:47:59que nous avons un problème
00:48:00de la dette
00:48:00et de finances publiques
00:48:01une fois qu'on aura ce courage
00:48:03assumons le fait
00:48:04que pour redresser ce pays
00:48:05c'est pas vrai
00:48:06ça va pas pouvoir se passer
00:48:07en disant
00:48:08à aucun moment
00:48:08on touche à rien
00:48:09c'est forcé
00:48:10voilà
00:48:11et d'ailleurs
00:48:11ça veut dire que la droite
00:48:13est prête à accepter
00:48:14par exemple
00:48:16dans les lignes rouges
00:48:18de la gauche
00:48:19il y a la réforme
00:48:20de l'assurance chômage
00:48:21il y a la réforme des retraites
00:48:23il y a la taxation
00:48:24des hauts revenus
00:48:25ça veut dire que la droite
00:48:26elle est prête aussi
00:48:27à faire des efforts
00:48:27sur ces choses
00:48:28ça veut dire que la droite
00:48:28elle a des lignes rouges
00:48:29notamment
00:48:30on considère si vous voulez
00:48:31que c'est quand même incroyable
00:48:32de commencer par les augmentations
00:48:33d'impôts
00:48:34enfin
00:48:34quand vous voyez
00:48:35la mauvaise ventilation
00:48:37des dépenses
00:48:38d'accord
00:48:39et la comparaison
00:48:39avec d'autres pays
00:48:40on voit bien
00:48:41qu'il y a des secteurs
00:48:41où on pourrait effectivement
00:48:42essayer d'améliorer les choses
00:48:44bon
00:48:45je dirais
00:48:47et c'est aussi
00:48:47une question de paresse intellectuelle
00:48:49quand vous commencez par dire
00:48:50bon
00:48:51on évite d'avoir un débat
00:48:52sur les dépenses
00:48:53on va trouver de l'argent magique
00:48:54à côté
00:48:55d'abord vous ne trouverez pas
00:48:56150 milliards d'euros d'impôts
00:48:57c'est à la moitié du budget de l'État
00:48:59ce n'est pas possible
00:48:59et puis deuxièmement
00:49:01au moins vous aurez un débat
00:49:03sur l'efficacité
00:49:03sur l'évaluation
00:49:04des politiques publiques
00:49:05et honnêtement
00:49:07il y aurait matière A
00:49:07voilà
00:49:08Fabienne Rouchier
00:49:09est très énervée par vos propos
00:49:10je vous sens très agacée
00:49:11je ne suis pas très énervée
00:49:12oui enfin un petit peu agacée
00:49:15d'entendre un certain nombre de choses
00:49:16peut-être
00:49:16mais bon moi je représente
00:49:18un certain nombre de travailleuses
00:49:20et de travailleurs
00:49:20donc je ne parle pas en mon nom
00:49:22quand vous parlez de la taxe Zuckman
00:49:26en disant que c'est quelque chose
00:49:27qui risque d'être inefficace
00:49:28etc
00:49:29c'est quoi la taxe Zuckman
00:49:31c'est taxer les patrimoines
00:49:34qui vont dépasser
00:49:35100 millions d'euros net
00:49:37100 millions d'euros
00:49:39c'est 500 appartements
00:49:42500 logements
00:49:43à 200 000 euros
00:49:44c'est beaucoup
00:49:46à quel moment
00:49:48c'est de la spoliation
00:49:48comme on a pu entendre le dire
00:49:50Bernard Arnault
00:49:52jamais
00:49:52puisqu'il faut quand même bien
00:49:54que tout le monde
00:49:55puisse contribuer
00:49:56dans ce pays
00:49:56il ne nous semble pas
00:49:58que ce soit
00:49:58en tout cas
00:49:59pas au même niveau
00:50:00que l'ensemble de la population
00:50:02ce que font
00:50:03les plus hauts revenus
00:50:04et les plus hauts patrimoines
00:50:05donc il y a quand même
00:50:07peut-être des choses
00:50:08à essayer de voir
00:50:09de ce côté-là
00:50:10c'est une question
00:50:11de justice sociale aussi
00:50:12de justice fiscale
00:50:14ne dit pas
00:50:15qu'on contribue
00:50:15autour du patrimoine
00:50:16on contribue
00:50:17autour de ses revenus
00:50:18de ses ressources
00:50:18oui c'est ça
00:50:19mais le patrimoine
00:50:20il continuera à augmenter
00:50:21celui qui restera
00:50:22au-delà
00:50:23des recettes
00:50:24vos ressources
00:50:25votre revenu
00:50:25il a déjà été taxé
00:50:26il continue à augmenter
00:50:27de 8% par an
00:50:28depuis très longtemps
00:50:29et on est passé
00:50:30de 80 milliards
00:50:31pour les 500 plus grandes fortunes
00:50:33en France
00:50:33en 1996
00:50:35à 1200 milliards
00:50:36aujourd'hui
00:50:37c'est 42%
00:50:38d'abord je pense
00:50:40que j'invite
00:50:41nos concitoyens
00:50:41qui nous regardent
00:50:42à lire aussi
00:50:43d'autres études
00:50:43que les vôtres
00:50:44si je voulais
00:50:46faire un clin d'oeil
00:50:47ce sont celles
00:50:49d'experts
00:50:50tout à fait reconnus
00:50:50monsieur
00:50:51nous en avons d'autres
00:50:53si vous voulez avoir
00:50:54des syndiqués
00:50:54il faut des salariés
00:50:55pour des salariés
00:50:58pour des salariés
00:50:59il faut aller
00:51:00vers le plein emploi
00:51:01moi je suis quelqu'un
00:51:02de pragmatique
00:51:02par exemple
00:51:03nous sommes en train
00:51:04de relancer
00:51:05la réindustrialisation
00:51:06de notre pays
00:51:07la recherche de souveraineté
00:51:09et notamment
00:51:10à travers l'industrie
00:51:11de défense
00:51:11et bien moi
00:51:12mes PME sous-traitantes
00:51:14dans l'industrie
00:51:14de défense
00:51:15elles ont besoin
00:51:16d'acheter des machines
00:51:17pour pouvoir répondre
00:51:18aux commandes
00:51:19pour acheter une machine
00:51:20qui coûte 500 000
00:51:211 million d'euros
00:51:21il faut du capital
00:51:22il faut des investisseurs
00:51:24donc oui
00:51:25pour une meilleure justice fiscale
00:51:26mais non
00:51:27pour aller chercher
00:51:29l'argent
00:51:29vers ceux
00:51:30qui sont capables
00:51:31d'investir
00:51:32dans le tissu
00:51:33industriel
00:51:34c'est notre intérêt
00:51:35à tous
00:51:35y compris
00:51:36parce qu'aller
00:51:37vers le plein emploi
00:51:37madame
00:51:38c'est permettre
00:51:38de trouver des revenus
00:51:40pour notre modèle social
00:51:41pour l'assurance chômage
00:51:43pour l'assurance retraite
00:51:44pour nos hôpitaux publics
00:51:46pour les questions
00:51:47de sécurité
00:51:48parce que
00:51:48c'est ce que nous demandent
00:51:49les français
00:51:50ils ont besoin
00:51:51de plus de policiers
00:51:52ils ont besoin
00:51:53de plus de magistrats
00:51:54ils ont besoin
00:51:54de plus d'infirmières
00:51:56de plus d'être soignante
00:51:57et nous avons aussi besoin
00:51:58moi je suis partisan
00:51:59d'une grande loi
00:52:00de programmation scolaire
00:52:01nous avons besoin
00:52:02de mieux payer
00:52:03de mieux former
00:52:03de nos enseignants
00:52:04c'était tout l'objet
00:52:05du débat
00:52:05que nous avons eu
00:52:06je sais
00:52:06et j'en profite
00:52:07pour saluer
00:52:08la communauté éducative
00:52:09qui est meurtrie
00:52:10aujourd'hui
00:52:10et je suis avec eux
00:52:11alors
00:52:11mesdames messieurs
00:52:13un détail vous a peut-être échappé
00:52:14on dit beaucoup
00:52:15que Sébastien Lecornu
00:52:16s'occupe du quoi
00:52:17avant de s'occuper du qui
00:52:18mais il s'est bel et bien
00:52:20occupé du qui
00:52:21ce sont les coulisses
00:52:22de Lou Frittel
00:52:23tout de suite
00:52:23parce que hier mardi
00:52:30le journal officiel a publié
00:52:32figurez-vous
00:52:32la liste complète
00:52:33du cabinet
00:52:34de Sébastien Lecornu
00:52:35et Lou Frittel
00:52:36il y a une donnée
00:52:37à retenir
00:52:37c'est que les deux tiers
00:52:38de ses conseillers
00:52:39étaient déjà
00:52:40des conseillers
00:52:41de François Bayrou
00:52:41à défaut d'avoir
00:52:43un gouvernement
00:52:44et bien on va s'intéresser
00:52:45un peu à l'armature
00:52:46du cabinet
00:52:47de Sébastien Lecornu
00:52:48et oui effectivement
00:52:49Adeline
00:52:49c'est une liste serrée
00:52:52de 41 conseillers
00:52:53sur 60
00:52:5366 pardon
00:52:54sous François Bayrou
00:52:57mais 25 déjà en poste
00:52:58c'était quand même
00:52:59pas la volonté
00:53:00de Sébastien Lecornu
00:53:01au départ
00:53:01lui promettait au contraire
00:53:02de réformer en profondeur
00:53:03cette structure
00:53:04c'est la faute
00:53:05à deux raisons
00:53:06la première
00:53:07l'instabilité gouvernementale
00:53:09qui
00:53:09selon ce qu'on m'a dit
00:53:10qui
00:53:11quitterait son job
00:53:12pour un CDD de trois mois
00:53:13c'est vrai que
00:53:13objectivement
00:53:14c'est pas forcément
00:53:15la place qu'on a envie
00:53:16de prendre
00:53:16c'est le quatrième
00:53:16premier ministre
00:53:17en un an
00:53:18la seconde
00:53:19ah oui pardonnez-moi
00:53:19et effectivement
00:53:20on retrouve autour de lui
00:53:21dans cette armature
00:53:22quand même
00:53:23Louis Marguerite
00:53:24par exemple
00:53:24qui est son directeur
00:53:25adjoint de cabinet
00:53:26qui lui
00:53:26était un ancien député
00:53:28renaissance
00:53:28il était directeur adjoint
00:53:29de Bruno Le Maire
00:53:30à Bercy
00:53:30et celui de François Bayrou
00:53:32également
00:53:32pas beaucoup de renouveau
00:53:34contrairement à ce qui
00:53:35pouvait être promis au départ
00:53:36il y a aussi la question
00:53:37de récompenser la loyauté
00:53:39et c'est vrai
00:53:39on peut penser
00:53:41en tout cas
00:53:41c'est ce qui m'a été aussi rapporté
00:53:42dans un moment d'instabilité
00:53:44pour le pays
00:53:44lui qui veut
00:53:45c'est lui qui veut donner
00:53:46l'exemple inverse
00:53:47justement
00:53:47et ainsi
00:53:48on retrouve
00:53:49autour de Sébastien Lecornu
00:53:51des personnes
00:53:52venues de l'hôtel de Brienne
00:53:53mais d'autres
00:53:54qui l'avaient aussi suivi
00:53:54depuis les Outre-mer
00:53:55ou même depuis
00:53:56le département de l'Eure
00:53:57donc on pense par exemple
00:53:58à David Carmier
00:53:59qui est son conseiller spécial
00:54:00il était déjà aux armées
00:54:01Victoire Perrin
00:54:03qui est chef du pôle communication
00:54:04c'est l'une des seules
00:54:05finalement
00:54:05qui est un peu connue
00:54:07par les autres
00:54:07les autres cabinets
00:54:09des ministres
00:54:09aujourd'hui des missionnaires
00:54:10le directeur de
00:54:12et enfin
00:54:12le directeur de cabinet
00:54:13Philippe Gustin
00:54:14que j'imagine
00:54:15vous connaissez bien
00:54:16j'en connais quelques-uns
00:54:17mais vous savez
00:54:18je pense que c'est plutôt positif
00:54:20moi quelqu'un qui
00:54:20enfin je ne suis pas là
00:54:21pour le défendre
00:54:22mais quand vous êtes
00:54:23dans votre carrière suivie
00:54:24depuis plusieurs années
00:54:25ce n'est pas fini
00:54:27vous parliez de Philippe Gustin
00:54:30vous parliez de Philippe Gustin
00:54:34et ce dernier affiche
00:54:36un profil assez atypique
00:54:38disons
00:54:38oui oui tout à fait
00:54:39alors c'est un film de militaire
00:54:41quand on a accompagné
00:54:42Sébastien Lecornu
00:54:43c'est toujours pas mal
00:54:43il a 65 ans
00:54:45il était au départ instituteur
00:54:47il a été en poste en France
00:54:48en Allemagne
00:54:48il s'est installé à Budapest
00:54:50avant la chute du mur de Berlin
00:54:51il a été en Autriche
00:54:52où il était rattaché
00:54:53à l'ambassade de France
00:54:54il est rentré à l'ENA
00:54:55en 1999
00:54:56il était avec Laurent Wauquet
00:54:57notamment
00:54:57promotion Nelson Mandela
00:54:59plusieurs postes en préfecture
00:55:01plusieurs cabinets de ministre
00:55:02il a rejoint notamment
00:55:03Luc Châtel
00:55:04à l'Industrie et l'Education Nationale
00:55:06puis est devenu ambassadeur
00:55:08en Roumanie
00:55:08et il dira avoir été renvoyé
00:55:10par les autorités locales
00:55:12car il était de droite
00:55:13Luc Châtel va compter
00:55:15c'est lui qui le fait revenir
00:55:16à l'UMP
00:55:16pour devenir secrétaire général
00:55:19du parti
00:55:19pour remettre à flot
00:55:20un parti justement
00:55:21qui avait subi
00:55:22une petite affaire
00:55:22qu'on connaît bien
00:55:23l'affaire Big Malion
00:55:24et c'est là
00:55:25la rencontre
00:55:26avec Sébastien Lecornu
00:55:27de là naît une bromance
00:55:28entre les deux
00:55:29il le suivra
00:55:32au conseil départemental
00:55:34de l'heure
00:55:34qu'a présidé Sébastien Lecornu
00:55:36puis aux Outre-mer
00:55:37et puis aux armées
00:55:38à un moment
00:55:39il revient
00:55:40à ses fonctions préfectorales
00:55:41en Ile-et-Vilaine
00:55:43il aura surtout
00:55:44cette phrase
00:55:44prononcée
00:55:45à l'issue
00:55:46des manifestations
00:55:47de étudiantes
00:55:48qui avaient existé
00:55:49au moment de la loi immigration
00:55:50l'ultra-gauche
00:55:51gangrène cette ville
00:55:52avec la connivence
00:55:53et le soutien de Rennes 2
00:55:54c'est l'université locale
00:55:56ou encore
00:55:56c'est une ultra-gauche
00:55:57complètement fanatisée
00:55:59ces gens-là
00:55:59sont des terroristes
00:56:00des gens qui cachent
00:56:01leur visage
00:56:02et qui s'aiment à terre
00:56:02comment voulez-vous
00:56:03les appeler ?
00:56:04En tout cas
00:56:04ce qu'on voit
00:56:04dans ce cabinet
00:56:05Lou
00:56:06c'est qu'il n'y a pas
00:56:06tellement de profils
00:56:07susceptibles
00:56:07de susciter la confiance
00:56:08des syndicats
00:56:09ou d'une partie
00:56:09de la gauche
00:56:10bien peu
00:56:11effectivement
00:56:11mais ce serait oublié
00:56:12quand même
00:56:12que Sébastien Lecornu
00:56:13c'est quelqu'un
00:56:14de droite
00:56:14et ensuite
00:56:15c'est quelqu'un
00:56:15qui a grandi
00:56:16politiquement
00:56:16avec Emmanuel Macron
00:56:17deux entrants
00:56:19notables
00:56:19toutefois
00:56:20lesquels pourraient
00:56:20peut-être
00:56:21en tout cas
00:56:22vu que ce sont
00:56:23eux qui négocient
00:56:23aujourd'hui
00:56:23satisfaire
00:56:24quelques-uns
00:56:25des socialistes
00:56:27les plus
00:56:28centristes
00:56:29une certaine
00:56:30Virginie Magnan
00:56:31qui donc elle
00:56:32était chez Paul Christophe
00:56:33lorsque lui
00:56:34a été éphémère
00:56:35ministre des solidarités
00:56:37sous Barnier
00:56:37chez Sophie Cluzel
00:56:39au handicap
00:56:40elle a été conseillère
00:56:41région solidaire
00:56:42de Valérie Pécresse
00:56:43et avant
00:56:43elle a été avec
00:56:44Martin Hirsch
00:56:44il y a dix ans
00:56:45lorsqu'il était
00:56:45au commissaire
00:56:46aux solidarités
00:56:47actives
00:56:47dans le gouvernement
00:56:48de Fillon
00:56:48c'est une femme
00:56:49de droite
00:56:49mais c'est une femme
00:56:51en tout cas
00:56:51qui affiche
00:56:52une certaine
00:56:53touche sociale
00:56:55et liée
00:56:58justement
00:56:59à la santé
00:56:59la santé
00:57:00Sébastien Lecornu
00:57:01avait consacré
00:57:03son premier déplacement
00:57:04à Macron
00:57:04à ce sujet-là
00:57:06et promis
00:57:06son plan de santé
00:57:07avec 5000 maisons de santé
00:57:08et enfin le dernier
00:57:09on en parle aujourd'hui
00:57:10parce que c'est le chef
00:57:10du poste social
00:57:11et que c'est avec lui
00:57:13notamment que les syndicats
00:57:14auront à traiter
00:57:15l'ex-directeur général adjoint
00:57:17chez France Travail
00:57:19est énarque
00:57:19macroniste
00:57:20qui de gauche
00:57:20qui a repassé
00:57:21chez Elisabeth Borne
00:57:23lorsqu'elle était à l'industrie
00:57:24Emeric Morin
00:57:25industrie pardon
00:57:25au transport
00:57:26et résultat
00:57:27bon ce sont quand même
00:57:28des résultats assez macronistes
00:57:29mais pardon Lou
00:57:30mais pour le grand public
00:57:31c'est vrai qu'on connaît pas
00:57:32ou peu
00:57:32les cabinets ministériels
00:57:34les membres de ce cabinet
00:57:37jouent un rôle prépondérant
00:57:39auprès du premier ministre
00:57:40alors quand même
00:57:40il faut bien avoir en tête
00:57:41une chose
00:57:42c'est qu'il y a 10 ou 15
00:57:43toujours
00:57:44qui sont les plus politiques
00:57:46qui sont ceux
00:57:47qui impulseront une ligne
00:57:48c'est eux qui sont à Matignon
00:57:50ceux qui sont plutôt techniques
00:57:52sont dans des annexes
00:57:53souvent en face
00:57:54de tels de Matignon
00:57:55mais lorsque vous avez
00:57:56une matrice idéologique
00:57:57qui est plutôt de droite
00:57:58ou de centre
00:57:59comment vous faites
00:58:00pour changer justement
00:58:02votre ligne
00:58:02pour penser contre vous-même
00:58:03penser contre vous-même
00:58:04et essayer d'aller attirer
00:58:06de nouvelles personnes
00:58:08qui pourraient demain
00:58:09avoir de précieuses voix
00:58:11en cas de motion de censure
00:58:13merci Lou Frittel
00:58:13grâce à vous
00:58:14on connaît le cabinet
00:58:15de Sébastien Lecornu
00:58:16à défaut de connaître
00:58:17son gouvernement
00:58:18ou son cravatier
00:58:19ou son cravatier
00:58:20mais peut-être
00:58:21vous avez des infos
00:58:22en tout cas
00:58:24il n'a plus de pouce-fauteuil
00:58:24ça c'est une certitude
00:58:25François Cormier-Boulijon
00:58:27c'est pour quand le gouvernement ?
00:58:30écoutez ça va arriver
00:58:31dans les jours qui viennent
00:58:32et tant mieux
00:58:32ça nous rassure
00:58:33c'est pas dans les jours passés
00:58:34oui forcément
00:58:35dans les jours qui viennent
00:58:36c'est une telle tautologie
00:58:36donc ce qui compte
00:58:38c'est la feuille de route
00:58:38voilà
00:58:39il faut un gouvernement
00:58:40une feuille de route
00:58:41un budget pour le pays
00:58:42et enfin du dialogue
00:58:44plutôt que le chaos
00:58:46et la discorde
00:58:47est-ce que vous nous confirmez
00:58:48que le Premier ministre
00:58:49présenterait ses propositions
00:58:52d'ici vendredi ?
00:58:54non je ne peux pas confirmer
00:58:55à la place de Sébastien Lecornu
00:58:57en tous les cas
00:58:58moi je salue l'exercice
00:58:59je crois que c'est la première fois
00:59:00sous la Vème République
00:59:01qu'un Premier ministre
00:59:02nommé prend autant de temps
00:59:04pour discuter avec tous les acteurs
00:59:05politiques et syndicaux
00:59:07pour trouver un budget
00:59:10et des réformes pour la France
00:59:12je pense que c'est une belle méthode
00:59:13il cite souvent Pierre Messmer
00:59:16dont il s'inspire
00:59:17Pierre Messmer
00:59:18ça a été d'abord
00:59:19un grand français
00:59:20engagé pour la libération de la France
00:59:22ça a été un grand ministre des armées
00:59:24et ça a été un grand Premier ministre
00:59:26qui a lancé des travaux
00:59:28notamment sur le nucléaire
00:59:29militaire et civil
00:59:30dont nous bénéficions encore
00:59:31enfin Sébastien Lecornu
00:59:33c'est celui qui a fermé
00:59:33le programme de Fessenheim
00:59:35donc
00:59:35non non non
00:59:36si si
00:59:37qui ont été secrétaire
00:59:38merci en tout cas
00:59:39à tous les trois
00:59:39d'être venus en débattre
00:59:41ce soir sur le plateau
00:59:42de chaque voix compte
00:59:42vous ne bougez pas tout de suite
00:59:43c'est Bourbon Express
00:59:44Bourbon Express
00:59:51chaque soir à 20h30
00:59:52c'est le journal du Palais Bourbon
00:59:53avec Marco Pommier ce soir
00:59:55bonsoir Marco
00:59:55bonsoir Aline
00:59:56on commence avec un sujet
00:59:58qui touche directement
00:59:58des millions de français
00:59:59les loyers
01:00:00oui
01:00:01un rapport parlementaire
01:00:02a été rendu public
01:00:03aujourd'hui
01:00:04sur l'encadrement des loyers
01:00:06vous savez
01:00:06c'est ce dispositif
01:00:07qui permet de limiter
01:00:09le prix des locations
01:00:10alors petit rappel
01:00:11ce dispositif
01:00:13il est expérimental
01:00:14depuis 2018
01:00:15testé dans 72 collectivités
01:00:17mais ce dispositif
01:00:19il doit prendre fin
01:00:19en novembre 2026
01:00:21alors on stoppe encore ?
01:00:22et bien encore encore
01:00:23Adeline
01:00:23en tout cas
01:00:24c'est ce que défendent
01:00:25la députée macroniste
01:00:27Anaïg Lemaire
01:00:28et le socialiste
01:00:29Iñaki Echanis
01:00:30qui ont mené
01:00:31cette mission
01:00:32d'évaluation
01:00:33une alliance transpartisane
01:00:34on en trouve
01:00:35des compromis
01:00:35on en trouve quand même
01:00:36comme quoi
01:00:37comme quoi
01:00:37l'encadrement des loyers
01:00:39ça peut mettre
01:00:39beaucoup de monde d'accord
01:00:41sauf peut-être
01:00:41les propriétaires
01:00:42on écoute les deux députés
01:00:43Au cours de nos auditions
01:00:45nous avons constaté
01:00:47que l'ensemble
01:00:48des communes
01:00:49qui l'ont mis en place
01:00:50qu'elles soient
01:00:50de gauche
01:00:51de centre
01:00:52ou de droite
01:00:53se félicitent
01:00:55de la réussite
01:00:56et de l'impact
01:00:57de l'encadrement
01:00:58des loyers
01:00:59sur leur territoire
01:01:01et ils demandent
01:01:02tous
01:01:03de façon unanime
01:01:04la possibilité
01:01:05de pouvoir
01:01:06pérenniser
01:01:07l'encadrement des loyers
01:01:08un succès
01:01:10donc
01:01:10un exemple
01:01:11d'ailleurs
01:01:11avec la ville
01:01:12de Paris
01:01:13entre juillet
01:01:142023
01:01:15et juin
01:01:152024
01:01:16les loyers
01:01:17étaient en moyenne
01:01:188% moins chers
01:01:19grâce à l'encadrement
01:01:20les deux députés
01:01:21proposent donc
01:01:22de pérenniser
01:01:23le dispositif
01:01:24et de l'étendre
01:01:25à toutes les villes
01:01:26en zone tendue
01:01:27et leur commune
01:01:28limitrophe
01:01:29mais attention
01:01:30encadrer
01:01:31ce n'est pas baisser
01:01:32les loyers
01:01:32c'est juste
01:01:33freiner la hausse
01:01:35changement de décor
01:01:36Marco
01:01:36direction Avignon
01:01:37où le député insoumis
01:01:38Raphaël Arnaud
01:01:39s'est invité
01:01:39sur un parking
01:01:40d'hôpital
01:01:41oui regardez
01:01:42sur ces images
01:01:43Raphaël Arnaud
01:01:44à la rencontre
01:01:45des syndicats
01:01:46sur le terrain
01:01:47pour illustrer
01:01:48son combat
01:01:49rendre tous
01:01:49les parkings
01:01:50des hôpitaux
01:01:51gratuits
01:01:52pour les patients
01:01:53et le personnel
01:01:54il a déposé
01:01:55une proposition de loi
01:01:56en ce sens
01:01:57car aujourd'hui
01:01:57se rendre à l'hôpital
01:01:59pour une consultation
01:02:00pour voir un proche malade
01:02:01d'ailleurs
01:02:01ça peut devenir
01:02:02une véritable épreuve
01:02:03pour le portefeuille
01:02:04écoutez Raphaël Arnaud
01:02:05il y a une personne
01:02:07très récemment
01:02:08un homme
01:02:08qui a dû payer
01:02:09plus de 200 euros
01:02:10de parking
01:02:11d'hôpital
01:02:11à Avignon
01:02:12parce que tout simplement
01:02:13il était au chevet
01:02:13de sa femme
01:02:14qui était en train
01:02:14de mourir
01:02:15donc ça te montre bien
01:02:17encore une fois
01:02:17ça te montre bien
01:02:18de l'absurdité
01:02:19que ça a pu être
01:02:19que cette privatisation
01:02:20des hôpitaux
01:02:21et d'ailleurs
01:02:21c'est ce qu'on disait
01:02:22il y a encore
01:02:22à peine quelques années
01:02:23c'est qu'on disait
01:02:24attention avec ces coupes
01:02:25budgétaires de l'hôpital
01:02:25c'est pas seulement
01:02:26qu'on dégrade le soin
01:02:28c'est pas seulement
01:02:28qu'on dégrade l'accès
01:02:29aux soins
01:02:29c'est qu'en plus de ça
01:02:30c'est les français
01:02:31et les françaises
01:02:31qui vont payer
01:02:31plein pot
01:02:32ces coupes budgétaires
01:02:34preuve en est
01:02:34puisque les gens
01:02:34aujourd'hui payent
01:02:35plein pot
01:02:36sur les parkings
01:02:37des hôpitaux
01:02:38vrai sujet
01:02:38les parkings
01:02:39payant des hôpitaux
01:02:40on va parler football
01:02:41maintenant Marco
01:02:42parce que
01:02:43vous avez semble-t-il
01:02:44un pronostic
01:02:44pour le match
01:02:45de Nice
01:02:45face à la Roma
01:02:46ce soir
01:02:47en Ligue Europa
01:02:47non non
01:02:48je ne me risquerai pas
01:02:49je vais plutôt
01:02:50vous parler
01:02:51des supporters
01:02:52du Racing Club
01:02:53de Strasbourg
01:02:54depuis l'été 2023
01:02:55ils sont en colère
01:02:57contre regarder
01:02:57sur cette banderole
01:02:59la multipropriété
01:03:00message adressé
01:03:02aux propriétaires
01:03:03de leur club
01:03:03le consortium
01:03:04américain
01:03:05Blueco
01:03:05le même
01:03:06qui possède
01:03:07le club londonien
01:03:08de Chelsea
01:03:08alors pour Strasbourg
01:03:09on se dit
01:03:10que c'est Byzance
01:03:11financièrement
01:03:12et que sportivement
01:03:13c'est le succès
01:03:13assuré
01:03:14oui mais voilà
01:03:15quand on appartient
01:03:16à un multipropriétaire
01:03:18de club
01:03:18et bien les premiers joueurs
01:03:20en tout cas
01:03:20les joueurs
01:03:20les plus talentueux
01:03:22peuvent partir
01:03:22beaucoup plus facilement
01:03:24c'est le cas
01:03:25du capitaine
01:03:25du club strasbourgeois
01:03:27Emmanuel Eméga
01:03:28il va plier bagage
01:03:29direction donc
01:03:29Chelsea
01:03:30en 2026
01:03:31alors ça ne plaît pas
01:03:32du tout
01:03:32aux supporters
01:03:33et ce n'est qu'un exemple
01:03:34parmi d'autres
01:03:35pour le député
01:03:36Eric Coquerel
01:03:37la multipropriété
01:03:38c'est une dérive
01:03:39du football professionnel
01:03:4110 clubs sur 19
01:03:42en Ligue 1
01:03:43sont concernés
01:03:44et l'insoumis
01:03:45il veut siffler
01:03:46la fin de la partie
01:03:46donc si on n'arrête
01:03:48pas ça maintenant
01:03:48il est fort probable
01:03:50qu'en réalité
01:03:51ce qui aujourd'hui
01:03:53structure une partie
01:03:54du football
01:03:54à l'avenir
01:03:56structure tout le football
01:03:57c'est à dire
01:03:57qu'on puisse se retrouver
01:03:58avec 10
01:03:5915 multipropriétaires
01:04:01qui sont propriétaires
01:04:02de fait
01:04:02de la plupart
01:04:03des clubs
01:04:04ayant une quelconque importance
01:04:06au niveau européen
01:04:07et français
01:04:08Eric Coquerel
01:04:09qui veut proposer aussi
01:04:10un carton rouge
01:04:11sévère
01:04:11pour les multipropriétaires
01:04:13qui ne joueraient pas le jeu
01:04:14une amende équivalente
01:04:15à 2%
01:04:16de leur chiffre d'affaires mondial
01:04:17et l'exclusion
01:04:18de leur club
01:04:19des compétitions
01:04:20alors sur le papier
01:04:20pourquoi pas
01:04:21mais l'Assemblée
01:04:22a-t-elle vraiment
01:04:22les moyens
01:04:23de changer les règles
01:04:24c'est toute la question
01:04:25une taxe Zuckman
01:04:26dans les clubs de foot
01:04:27merci beaucoup
01:04:28Marco
01:04:29merci à nos invités
01:04:31de ce soir
01:04:32et merci à vous
01:04:33de nous avoir suivis
01:04:34dans chaque voix compte
01:04:35qui revient demain
01:04:36à 19h30
01:04:37dans un instant
01:04:37vous avez rendez-vous
01:04:38avec Jean-Pierre Gratien
01:04:39et des Badoc
01:04:40à demain
01:04:41pour chaque voix compte
01:04:42bonne soirée
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