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  • il y a 11 heures
Il avait ému la France entière en dansant devant le cercueil de sa compagne Agnès, enseignante mortellement blessée par l'un de ses élèves dans sa salle de classe en 2023 à Saint-Jean-de-Luz. Face au drame survenu à Sanary-sur-Mer cette semaine, il interpelle les responsables politiques sur la nécessité de mesures de sécurité pour les enseignants. Stéphane Voirin, compagnon d'Agnès Lassalle, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Olivier Boy du 05 février 2026.

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Transcription
00:00RTL Matin, Olivier Bois.
00:03Après l'agression au couteau mardi de cette enseignante à Saint-Narie-sur-Mer dans le Var par un élève de 14 ans,
00:09l'invité d'RTL Matin est Stéphane Voirin. Bonjour monsieur.
00:13Bonjour monsieur.
00:14Vous aviez ému la France entière il y a 3 ans en dansant devant le cercueil de votre compagne Agnès,
00:20qui était enseignante elle aussi, qui elle aussi avait été attaquée au couteau dans sa classe à Saint-Jean-de-Luz.
00:25Elle avait été mortellement blessée par un élève de 16 ans.
00:28Ce drame de Saint-Narie-sur-Mer fait écho au vôtre évidemment.
00:32Ça a été un choc quand vous avez appris que ça avait recommencé.
00:36Malheureusement, vous savez, c'est un choc à chaque fois, mais pas seulement sur cette agression-là,
00:43sur toutes les autres, ainsi que celles dont on parle peu, c'est-à-dire les personnes qui arrivent à s'enfuir,
00:49que ce soit des élèves ou des membres de l'éducation nationale.
00:53Souvent celles-ci, elles ne font que l'objet d'un entrefilet et on n'en parle pas trop.
00:57Oui, ça réactive forcément beaucoup de choses et surtout que je pensais ou j'aurais plutôt aimé que ce soit un cas isolé et qu'il n'y aurait plus jamais ça.
01:08Il y a de la colère aujourd'hui ?
01:10Mais la colère, c'est surtout la colère que ça continue et encore et encore et que ça, a priori, ça ne s'arrête pas.
01:18Ça va même en s'amplifiant.
01:19Vous avez entendu que cet élève, il a dit en garde à vue qu'il aurait eu la haine parce que cette professeure d'art plastique aurait fait des remarques sur son comportement.
01:28Comment est-ce qu'on peut passer de quelques remarques à ce tel niveau de violence ? C'est la question qu'on se pose aujourd'hui.
01:34De plus en plus, je m'oriente vers une cause qui est justement liée à ce temps passé sur les smartphones, les écrans.
01:42Est-ce qu'interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans ? Vous avez entendu que c'est le projet, c'est ce que veut faire le gouvernement. Est-ce que c'est la solution ?
01:49C'est toute une éducation à revoir. Nous avons tous été des parents consciencieux où on voulait le mieux pour nos enfants.
01:55On les a laissés enfermés dans leur chambre avec ces petits et moyens écrans en sécurité.
02:01Du moins, nous les croyons en sécurité alors qu'en fait, ils étaient exposés à des images, à des applications, à des choses que nous, nous n'avions pas à notre époque.
02:12Est-ce que la mort d'Agnès avait changé quelque chose ?
02:14Il y a eu beaucoup d'agressions depuis la mort d'Agnès.
02:17La mort d'Agnès, il n'y a même pas trois ans, il y a déjà eu sept ministres de l'éducation.
02:23Il y a un problème quelque part.
02:25Oui, Agnès, malheureusement, j'aurais tant voulu que ce soit la seule.
02:29Et malheureusement, derrière, il y a toutes ces victimes qui soient mortes, malheureusement, ou encore vivantes.
02:36Ne serait-ce que sur la dernière année, il y en a quatre, voire cinq avec Mme Pascal, sept professeurs.
02:42Vous entendez à chaque fois les ministres de l'Intérieur, les ministres de l'Éducation nationale se rendre sur place avec les journalistes, avec les caméras, avec les micros, promettre une mobilisation, promettre des portiques de sécurité.
02:53Est-ce que vous avez l'impression que ce ne sont que des mots ?
02:56Écoutez, c'est une très grande déception, le milieu politique, vous savez.
03:00Les ministres, à vrai dire, je ne les ai eus qu'au moment où sont survenues les fêtes, où là, effectivement, ils étaient là pour compatir, pour rassurer tout le monde, pour avoir des beaux mots.
03:13Finalement, c'est ce qui nous reste, mais qui vérifie derrière qu'il y a réellement une action ? Qu'est-ce qui a vraiment été fait depuis ?
03:20Non, non, non, si j'ai une chose à leur dire, c'est arrêtez, arrêtez de vous compatir à chaque fois devant les victimes.
03:29Agissez, agissez, sept ministres de l'Enseignement national depuis moins de trois ans, depuis le meurtre d'Agnès.
03:37Quelles mesures ont été prises ? La fouille des sacs ?
03:41Vous avez vu le résultat avec Mélanie, ça n'a rien empêché. Les portiques, les portiques, on peut y passer à travers.
03:48Ça veut dire qu'ils ne font rien, ces politiques ?
03:50Je...
03:52À mon goût, ils font cesser de brasser de l'air. C'est vraiment la chose que j'allais leur dire. Faites quelque chose.
04:01Ils n'ont pas été dignes de la mémoire d'Agnès ?
04:03Sincèrement, non.
04:05Mais qu'est-ce que vous voudriez entendre aujourd'hui ? Qu'est-ce que vous voudriez entendre comme mesure, comme prise de conscience ?
04:10J'aimerais qu'ils prennent le problème à bras, le corps. Malheureusement, si ce problème est lié au réseau, aux écrans, il ne va pas s'arrêter.
04:19Il va aller en simplifiant. Et c'est exactement ce qui se passe.
04:22Ce que j'aimerais, c'est qu'ils prennent des mesures, déjà des mesures immédiates, qui soient notamment pour dissuader les plus timides, les plus indécis.
04:31Vous savez, la majorité de nos adolescents qui sont exposés savent très bien faire la différence entre un jeu où on découpe tout le monde à coups de hache ou de sabre ou de couteau,
04:41et la vie réelle. Le problème, c'est les 15% qui ont des failles.
04:46Et bien, c'est ces 15%-là qu'il faudrait prendre en considération et déjà en prenant des mesures dissuasives,
04:52où les plus timides d'entre eux, de ces 15%, les plus indécis, savent que quoi qu'il arrive,
04:58si jamais ils se permettent d'emmener un couteau à l'école et d'attenter à la vie d'autrui,
05:04et bien qu'il y a une sanction déjà, qui n'est certes pas la solution à tout, mais déjà une sanction dissuasive et certaine.
05:11Je voudrais vous citer le mot du ministre de l'Éducation, Édouard Geffray,
05:14qui, comme ses prédécesseurs, s'est évidemment rendu sur place à Sanaris-sur-Mer.
05:18Il a parlé de cet établissement qui n'avait jamais eu de problème, visiblement.
05:22Il a eu ce mot, cette expression, en parlant d'acte isolé dans cet établissement.
05:27Il vous choque ce mot, acte isolé ?
05:29Acte isolé et imprévisible.
05:31Oui, il me choque. Il me choque parce que, comme je vous dis, en moins d'un an, c'est la cinquième agression.
05:38Attention, agression avec un risque létal derrière.
05:42Agnès, il n'y a même pas trois ans, comptabiliser le nombre d'agressions.
05:48Non, ce n'est pas un cas isolé.
05:50Je me souviens avoir eu un de ses sept ministres au téléphone, pas très, très longtemps après la mort d'Aliès,
05:57qui téléphonait pour me faire part de sa compassion.
06:01Nous ne sommes pas du genre à gendre avec Agnès.
06:03Donc, je lui ai dit que j'étais très touché, mais qu'à mon goût, il y avait un problème,
06:06parce qu'il y avait déjà eu quatre agressions depuis Agnès.
06:09Donc, il y avait peut-être un axe de progression à avoir.
06:13Je me suis fait un petit peu rembarrer, très poliment.
06:16Donc, voilà.
06:17Stéphane Voirin, vous avez parlé à l'instant des sanctions, des condamnations que vous attendez et que vous espérez exemplaires.
06:23Le procès du meurtrier d'Aliès, il va avoir lieu en l'occurrence en avril prochain.
06:27C'est un jeune homme qui avait 16 ans, c'est ça, au moment des faits.
06:30Il en a donc 19 aujourd'hui.
06:33Est-ce que vous appréhendez ce rendez-vous judiciaire, ce face-à-face que vous aurez avec lui, forcément, devant ce tribunal ?
06:39Le face-à-face, non.
06:40Je n'appréhende pas du tout.
06:43Pour avoir vu travailler la justice, je suis tout à fait serein.
06:48De toute façon, nous sommes là-bas pour avoir la compréhension, faire émerger la vérité, avoir des explications, affiner des jugements,
06:59afin qu'il puisse y avoir des prises de décisions derrière.
07:03C'est pour ça que j'en appelle aux politiques de faire évoluer les lois,
07:06notamment au point de vue de la justice des mineurs, qui n'est plus du tout adapté au cas de ces mineurs qui viennent à l'école pour tuer.
07:14Stéphane Voir, j'ose vous poser une question un peu difficile.
07:17J'espère que vous ne m'en voudrez pas.
07:19Mais est-ce que vous pourriez pardonner à ce jeune homme qui n'a plus l'âge qu'il avait à l'époque,
07:24qui était très jeune, effectivement, au moment des faits ?
07:26Est-ce que c'est dans un coin de votre esprit, en fonction de ce qu'il dira devant cette cour d'assises ?
07:30Vous savez, tout de suite, j'étais, contrairement à d'autres, dans la recherche de la compréhension.
07:37Je me suis déjà exprimé à ce sujet.
07:39C'était à peu près cinq mois après ou quatre mois après les fêtes,
07:43où j'avais déjà exprimé une sorte de, pas de pardon, mais disons quelque chose qui allait en ce sens.
07:51Vous savez, à l'époque, je pensais qu'on allait tous se mettre autour d'une table
07:54afin d'étudier l'affaire, comme on étudie un crash d'avion,
07:59afin d'en faire ressortir des décisions qui soient saines pour le bien de tout le monde.
08:07Alors que là, je me rends compte qu'en fait, dans une affaire judiciaire,
08:12même comme celle-ci, c'est difficile à gérer.
08:17Mais face à lui, vous avez envie de lui parler, de lui poser des questions ?
08:21Vous attendez des explications ?
08:23Mais je ne vais pas là-bas pour gendre.
08:26J'ai plein de questions à poser, justement, pour affiner ma compréhension.
08:30Merci beaucoup.
08:31Merci Stéphane Voirin d'avoir été avec nous ce matin sur RTL.
08:35Je rappelle que votre compagne Agnès a été tuée par un élève il y a trois ans à Saint-Jean-de-Luz
08:42et que vous aviez dansé devant ce cercueil.
08:44Ça avait été une image absolument bouleversante, cette danse au moment des obsèques.
08:48Merci d'avoir été avec nous et à bientôt sur RTL.
08:50Monsieur, s'il vous plaît, n'oubliez pas de tous les autres.
08:53Toutes les autres victimes, parce qu'elles ne sont pas mortes du terrorisme, comme je l'ai déjà dit.
09:01Il ne faudrait pas banaliser toutes ces victimes pour qu'aller à l'école devienne un simple accident du travail.
09:06Effectivement, on a une pensée pour toutes les victimes, pour toutes leurs familles,
09:09et une pensée bien sûr en particulier ce matin pour cette enseignante de Sanary-sur-Mer de 60 ans
09:14qui se bat ce matin encore pour sa vie, puisque son état est toujours qualifié de préoccupant.
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