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  • il y a 8 heures
Une heure d’entretien incontournable en partenariat avec CNEWS et Les Echos. Une personnalité politique, un dirigeant économique ou un intellectuel revient sur les grands thèmes de l'actualité et répond aux questions sans détour de Pierre de Vilno pour apporter des réponses concrètes aux Français.

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Transcription
00:00Le fait que les digues sont en train de craquer, parce qu'en fait, avant de rentrer dans les détails,
00:03ce qu'il faut bien comprendre, c'est que depuis quelques années,
00:05et avec une spectaculaire accélération après la crise sanitaire de 2020,
00:10les digues sont en train de craquer.
00:13Vous avez parlé des chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur pour l'année 2025.
00:17On a exactement 15 meurtres ou tentatives de meurtre, ce qui est la même chose.
00:22Un meurtre, c'est une tentative qui est réussie par jour.
00:25Et on a un acte de violence physique hors violence intrafamiliale,
00:30toutes les 2 minutes 30.
00:31Donc ça, c'est la société française aujourd'hui.
00:33Maintenant, vous parlez, et à juste raison, quand on voit l'actualité dramatique de cette semaine,
00:38des mineurs.
00:38La violence des mineurs, me semble-t-il, se résoudra de deux façons.
00:44D'abord, à titre préalable, elle ne se résoudra pas en disant que c'est la fatalité
00:49et que ça continuera à arriver, quoi qu'il arrive, comme l'a dit le ministre de l'Enseignement.
00:53Il n'a pas dit que ça, mais c'était tout de même une phrase un petit peu malheureuse.
00:57Ensuite, pour moi, il faut prendre à bras le corps le problème avec deux grands piliers
01:04qui permettraient, mais en prenant du temps, de corriger cette trajectoire catastrophique.
01:11Le premier, c'est celui que je prône, c'est une expression que j'aurais dû breveter,
01:14j'aurais gagné beaucoup d'argent, un choc d'autorité.
01:16Ce choc d'autorité, pour ce qui concerne les mineurs, à mon sens,
01:22il consiste à, dès le premier délit grave, c'est-à-dire dès la première atteinte aux personnes,
01:28avoir mécaniquement une période de privation de liberté extrêmement courte
01:33si les faits ne sont pas si graves que ça.
01:34Ce qui n'est pas le cas en ce moment.
01:35Ah non, ce qui n'est pas du tout le cas en ce moment.
01:36C'est-à-dire que la première fois que se produit quelque chose
01:38et que le casier du jeune est vierge, entre guillemets,
01:41il a le droit à une seconde chance.
01:43Ah mais, en théorie, il est tout à fait éligible à une peine de prison.
01:49Mais comme ça fait des années que les gardes des Sceaux successifs
01:52et les présidents successifs ont considéré,
01:55dans une vision catastrophique du rapport à l'autorité,
01:57que les peines de prison courtes devaient être supprimées,
02:02on se retrouve avec un certain nombre de situations
02:05où les juges estiment que ce qu'a fait le jeune
02:08n'est pas suffisamment grave pour aller en prison.
02:11Et donc, le jeune ne sent pas, parce que c'est ça le sujet,
02:14ne sent pas la réponse de la société.
02:16Mais justement, votre livre auquel on faisait référence,
02:21c'est assez récent, mais il y a une dizaine d'années
02:22où autour de ça, vous avez publié un autre collage
02:24sur la question de la chute de l'autorité.
02:26L'excellent livre dont on a parlé aussi de Laurent Oberton
02:29sur la France Orange Mécanique, c'est pas récent non plus.
02:31Maurice Berger fait la même analyse que vous
02:35sur la nécessaire sanction.
02:36Ce diagnostic semble s'imposer par les meilleures autorités
02:39et pourtant, globalement, le système résiste.
02:42Comment l'expliquez-vous ?
02:43C'est ça que moi, je ne comprends pas.
02:45C'est que le système résiste,
02:47alors que, si on continue à aller dans votre sens,
02:49quand on regarde les sondages d'opinion
02:50sur les questions de sécurité,
02:52quelles que soient les sensibilités politiques,
02:54y compris les sensibilités politiques les plus à gauche,
02:56sont plus de 50% à souhaiter un retour de l'autorité.
03:01Donc, je ne m'explique pas cette incapacité récurrente
03:05des plus hautes autorités de l'État
03:07à prendre à bras le corps cette problématique.
03:10Il y a des efforts, il y a des choses qui vont dans le bon sens.
03:12Par exemple, le projet de loi que Gérald Darmanin
03:16espère présenter au printemps prévoit des peines de prison
03:20de moins d'un mois, notamment pour ce type de délinquance.
03:24Mais si vous permettez, je voudrais finir le développement.
03:26Je vous ai dit qu'il y avait deux piliers.
03:28Un, donc, ce choc d'autorité avec, et c'est fondamental,
03:31le fait que tout jeune qui commet un acte de violence
03:35et lorsqu'il est interpellé, soit immédiatement sanctionné
03:40par quelque chose qui l'impacte dans sa vie.
03:43Ça peut être une privation de liberté courte,
03:45ça peut être une amende pas forcément très élevée,
03:49mais dont on s'assure qu'elle soit recouvrée.
03:51Il faut que ça lui fasse quelque chose.
03:53Ça, c'est essentiel.
03:54Pourquoi ? Parce que ça matérialise aux yeux du jeune
03:58le fait que tout ce que les gens autour de lui lui auront dit,
04:00parce qu'il y a des gens qui parlent aux jeunes.
04:01Ça lui relève son sentiment d'impunité qui existe en ce moment.
04:04Parce que ne pas faire crée le sentiment d'impunité.
04:07Aujourd'hui, vous avez des gens qui disent aux jeunes,
04:09fais pas le con.
04:10Il y en a plein qui disent,
04:11attention, tu risques d'avoir des problèmes,
04:12d'aller en prison, etc.
04:13Mais si, au moment où il est confronté
04:16pour la première fois à la justice,
04:17il n'y a pas un seul jeune qui va la fleur au fusil devant un juge.
04:20Il se dit, oulala, là, c'est la première fois
04:22que le système m'a chopé, comment ça va se passer ?
04:25Mais si l'impression, c'est qu'il ne se passe rien,
04:28à ce moment-là, ça renforce le sentiment d'impunité.
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