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  • il y a 2 semaines
Une heure d’entretien incontournable en partenariat avec CNEWS et Les Echos. Une personnalité politique, un dirigeant économique ou un intellectuel revient sur les grands thèmes de l'actualité et répond aux questions sans détour de Pierre de Vilno pour apporter des réponses concrètes aux Français.

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Transcription
00:00M. Gennevard, hier, Ursula von der Reyen a signé l'accord du Mercosur au Paraguay, malgré le nom de la France.
00:05Une question simple, comment est-ce que vous, personnellement, et en tant que ministre de l'Agriculture, comment est-ce que vous le vivez ?
00:11Vous savez que ma position a été constante sur l'accord avec les pays du Mercosur.
00:17C'est un accord, d'abord, qui a été initié il y a 25 ans, à un moment où on était 15 dans l'Union Européenne,
00:24à un moment où la concurrence internationale n'était pas aussi féroce, et à un moment où l'on créait l'OMC.
00:30Donc, qui fixe les règles du commerce international.
00:33Donc, le contexte était totalement différent.
00:36Aujourd'hui, pourquoi est-ce que je me suis opposée au Mercosur, enfin, à l'accord avec les pays du Mercosur ?
00:42Parce que ça expose des filières extrêmement sensibles dans notre pays.
00:47C'est le bœuf, c'est le poulet, la volaille, c'est le sucre, c'est l'éthanol, et c'est le miel, pour ne citer que quelques-unes.
00:55Alors, évidemment...
00:56Même si le bœuf, c'est 99 000 tonnes maximum, donc c'est 1,2 ou 1,5% de la consommation.
01:01Oui, alors, c'est le contre-argument qu'on nous oppose toujours, mais il faut prendre la mesure de l'effet cumulatif d'un accord de libre-échange à un autre accord de libre-échange.
01:09Il y a toujours les mêmes filières, et en particulier les filières...
01:12Vous parlez de quelques filières agricoles, mais l'ensemble de l'économie française, l'industrie, et même certaines filières agricoles, je pense aux produits laitiers, ou alors aux vins, aux spiritueux, vont bénéficier de cet accord.
01:22D'abord, ça reste à voir, je pense, heureusement...
01:25C'est un bon accord, non, pour l'industrie française, non ?
01:28Je pense qu'un bon accord n'est pas un accord qui choisit de sacrifier certaines filières au bénéfice d'autres.
01:33Voilà, c'est un accord équilibré.
01:35Et or, il ne l'est pas.
01:37Et c'est la raison pour laquelle, tout en disant non, la France a pris l'initiative de mesures correctives de cet accord, et on ne peut pas les passer sous silence.
01:46Certains, obsédés par l'idée de mettre en cause les uns ou les autres, et notamment le président de la République, considèrent que la clause de sauvegarde, qui est un frein d'urgence, qu'on a activée pour l'Ukraine, par exemple,
01:58que les mesures miroirs ou que l'augmentation des contrôles comptent pour rien.
02:05En réalité, ce sont des initiatives françaises.
02:08Moi, j'ai fait la tournée des capitales européennes pendant des mois pour porter ces mesures, et elles sont, objectivement, aujourd'hui, ancrées.
02:16Et je pense que les futurs accords de libre-échange, parce que ce qui est en cause, c'est aussi ce qu'on fera dans le futur.
02:21L'Europe a décidé de faire des accords de libre-échange à un axe de sa politique économique.
02:27Mais ce n'est pas bien ?
02:27On commerce avec le monde.
02:31On est plutôt, d'ailleurs, positifs avec les pays tiers.
02:35Quand on voit que la Chine et les États-Unis sont en train de se refermer, est-ce que les accords de libre-échange avec une zone comme le Mercosur ?
02:40C'est pas une bonne chose ?
02:41C'est le raisonnement que fait l'Union européenne.
02:43Mais moi, je n'en suis...
02:45La droite, la famille politique à laquelle j'appartiens, on y reviendra,
02:50évidemment, considère que cette liberté économique, elle a du prix, elle est utile.
02:56À notre économie.
02:58Mais elle ne peut pas se faire sans cadre, voire sans frein, parce que soit on se laisse aller à un libéralisme totalement débridé,
03:07et là, on expose nos filières et notre agriculture.
03:10Et si les agriculteurs protestent aussi violemment, et moi, je suis leur voix, je suis leur bouclier,
03:15et bien c'est parce qu'ils voient dans ces accords qui sont mal négociés, une exposition dangereuse.
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