00:00Et M. Philippe Bilger, bonjour.
00:02Bonjour Maxime, bonheur de vous retrouver pour la première fois.
00:06Mais oui, bonheur réciproque pendant que la reine Arlette Chabot prend une légère respiration loin de Paris.
00:12Vous êtes avec nous ce matin pour revenir sur quand même le fait politique et judiciaire de cette semaine,
00:17le procès de Marine Le Pen avec des réquisitions qui ne laissent pas présager une issue excessivement favorable
00:21pour celle qui incarne la victoire pour son camp, c'est-à-dire le Rassemblement National.
00:25Absolument, si vous acceptez, il faut partir d'un constat.
00:30Je trouve que, évidemment, l'activité judiciaire doit avoir son rôle,
00:37mais qu'en même temps, ce serait un désastre démocratique si Marine Le Pen ne pouvait pas se présenter.
00:44Et donc, à partir de ce constat, me semble-t-il indiscutable, l'alternative était simple.
00:50Ou bien l'institution judiciaire, représentée par les deux avocats généraux qui ont pris les réquisitions en appel
01:00et qui sont d'ailleurs tout à fait brillants,
01:03ou bien elle considère que la politique doit demeurer en dehors de son argumentation
01:10et en réalité, elle prend cette institution des réquisitions en se lavant les mains des conséquences politiques,
01:19c'est apparemment ce qu'elle a mis en œuvre.
01:21Ou bien une seconde branche aurait été concevable, celle que je suggère,
01:28c'est d'avoir le courage dans les réquisitions de poser sur la table judiciaire
01:34les éléments à la fois de la nécessaire répression judiciaire, bien sûr,
01:39mais à côté de la qualité démocratique,
01:44c'est-à-dire de faire en sorte que Marine Le Pen ait été condamnée de telle manière
01:50qu'elle aurait pu tout de même se représenter à la présidentielle.
01:55Alors, nous en sommes au niveau des réquisitions.
01:58Bien sûr, la cour d'appel tranchera dans quelque temps,
02:02mais on ne part pas vers cette synthèse que j'aurais souhaitée,
02:07nécessaire répression des infractions qui semblent acquises,
02:12et d'autre part, volonté de sauvegarder la démocratie
02:16en permettant à Marine Le Pen de se représenter.
02:20Voilà, c'est ce qu'on appelle une belle plaidoirie de M. Philippe Bidgère.
02:24Ben disons que, voilà, je trouve que...
02:26De l'importance de l'équilibre de temps en temps.
02:27Voilà, et il faut placer la politique au cœur du judiciaire,
02:32au lieu de faire semblant de l'écarter de manière parfaitement artificielle.
02:36Et pour ceux qui veulent s'intéresser à ce sujet,
02:38je rappelle donc l'existence aussi de votre blog,
02:40où on peut vous lire précisément sur ce sujet.
02:42Merci beaucoup, Philippe Bidgère, d'avoir été avec nous.
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