- il y a 9 minutes
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.
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00:00A-t-on franchi un nouveau cran dans le bras de fer entre l'Iran et les Etats-Unis ?
00:16Je vous le disais ces dernières heures, deux incidents se sont produits entre les armées des deux camps.
00:20Faut-il craindre une étincelle ? Alors que les discussions sont censées se tenir après-demain, c'est l'événement de 60 Minutes.
00:25Que faut-il attendre des prochaines heures ? Y aura-t-il négociations ou frappes ?
00:35Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis auront lieu à Oman ce vendredi.
00:41Ces dernières heures, Téhéran teste le président américain.
00:44Un drone iranien a été abattu par un avion furtif américain.
00:49Ils ont fait décoller un F-35 du pont de l'USS Abraham Lincoln qui est allé le neutraliser.
00:53Il y a aussi eu un pétrolier américain qui a été visé par des bateaux iraniens.
01:00Très rapidement, un destroyer américain est venu pour protéger le pétrolier.
01:07On est dans un bras de fer avec une guerre psychologique avant le début d'une négociation où chacun gonfle ses muscles.
01:13Le vrai problème, c'est lorsque le ministre ou la délégation iranienne revient à Téhéran et fait face à l'Ayatollah et au Mollah.
01:32Et c'est là que le discours général se re-radicalise.
01:34Donc prudence.
01:35Images signées Raphaël Redon, Emmanuel Labrone pour en parler ce soir.
01:41Didier François, bonsoir.
01:42Bonsoir.
01:43Journaliste spécialisé des questions de défense à BFM TV, Shirin Ardakani, bonsoir.
01:47Bonsoir.
01:48Avocate franco-iranienne, vous défendez notamment la prix Nobel iranienne Narges Mohamadi qui est toujours en prison.
01:54Elle est retournée il y a plusieurs semaines maintenant.
01:56Vous êtes membre également du collectif Iran Justice.
01:58Merci d'être avec nous sur ce plateau.
01:59Bonsoir général Grégoire de Saint-Quentin.
02:01Bonsoir.
02:01Ancien chef des opérations interarmées, Didier François.
02:05J'ai d'abord besoin de vos lumières ce soir encore sur ce qui s'est passé au large de l'Iran ces dernières heures.
02:11Ça marche.
02:11Ça m'arrange toujours quand vous dites ça.
02:13Le jour où vous me direz ça marche pas, ça m'inquiétera.
02:15D'abord cet avion américain.
02:17Cet avion américain qui a donc abattu un drone iranien qui tentait de s'approcher du porte-avions Lincoln.
02:23Expliquez-nous.
02:24Alors en fait vous avez le porte-avions Lincoln avec l'ensemble de son groupe aéronaval,
02:28donc les navires qui le protègent, se baladent en fait dans cette zone-là à 700 kilomètres de l'Iran
02:34et protégés en ligne de la ligne directe par les montagnes qui bordent cette côte-là.
02:41Et c'est de là qu'en fait il a à la fois fait ses missions de renseignement, ses missions de soutien.
02:46Et depuis 48 heures, deux fois de suite en fait, un drone Shahed 139 qui est un espèce de drone de reconnaissance
02:55qui peut aussi frapper mais qui était en mode reconnaissance est venu traîner et essayer de,
03:02on dit en langage militaire, grenouiller autour du porte-avions.
03:07D'abord pour essayer de le situer, pour essayer de voir s'il y avait des émissions radioélectriques qui pouvaient l'intéresser.
03:13Donc il a fait ça la première journée pendant une dizaine d'heures, reculez-vous peut-être un tout petit peu pour qu'on voit mieux la carte, voilà.
03:18Voilà, il a fait ça une dizaine d'heures, c'était la veille et il est reparti.
03:23Et puis hier, il a recommencé son cinéma mais là ce coup-là, les Américains en avaient un petit peu assez de ce harcèlement.
03:30Ils ont fait décoller donc un F-35, ce fameux avion furtif mais qui permet de faire de la supériorité aérienne.
03:37Et en fait, il a abattu avec un missile RR, ce drone qui était donc sans pilote évidemment, disant qu'il avait une manœuvre agressive.
03:49Enfin, vous avez bien compris que c'était une façon de montrer cet Ékira où on ne venait pas les embêter dans leur terrain
03:54et qu'il fallait que les Iraéens se calment et arrêtent de les provoquer.
03:58Et d'autant plus qu'effectivement, il y a eu ce second incident.
04:02Alors deuxième incident, là c'est un pétrolier américain, toujours dans cette région,
04:06que les gardiens de la Révolution ont tenté d'arraisonner mais le capitaine n'a dit pas question.
04:09Voilà, en fait, vous voyez là, le porte-avions, il est là-bas en dessous.
04:14Mais le Serena impératif, qui est un pétrolier américain, lui, est entré dans ce golfe d'Omane pour aller dans le golfe Persique.
04:23Et pour cela, il faut passer par ce petit détroit qui est le détroit d'Ormouz mais qui est hautement stratégique.
04:28Et vous voyez, il y a 40 kilomètres entre le sultanat d'Omane et l'Iran.
04:31Donc c'est quelque chose qui est très resserré.
04:33C'est le terrain de jeu des gardiens de la Révolution.
04:35Mais c'est une toute petite parenthèse, Omane, qui est là, où pourrait peut-être avoir lieu les discussions, ça dit quelque chose de l'enjeu.
04:41Bien sûr, absolument, tout à fait.
04:42Non mais c'est vraiment important de le rappeler parce que voilà, là vous voyez bien qu'on a Omane, derrière on a les Émirats Arabes Unis,
04:47c'est là qu'il y a l'essentiel du dispositif américain, il y a aussi nos petites dates françaises qui sont dans le coin.
04:52Donc vous voyez bien que là, on est sur le concentré des capacités explosives de la région.
04:59Et donc là, le capitaine n'a dit pas question, il a répondu au message radio.
05:01En fait, ce qui s'est passé, c'est que, comme d'habitude, les Iraniens n'ont pas de gros porte-avions,
05:06mais ils ont créé des petits bateaux-mères qui sont soit des portes-drones, soit des portes-venettes rapides,
05:11en fait, qui servent de bateaux-mères et qui envoient des petits systèmes extrêmement rapides,
05:18avec des mitrailleuses et des roquettes, pour essayer de harceler les bateaux civils.
05:24Et donc, ces porte-avions étant eux-mêmes créés sur la base d'anciens pétroliers ou d'anciens porte-containers
05:31sur lesquels ils mettent soit des ponts d'envol, soit des espèces de petites barges
05:38où les navires peuvent venir se refiuler.
05:42Et donc, c'est bien ces six navires qui ont essayé d'intercepter le Stena impératif,
05:47donc le pétrolier, en l'appelant sur le canal 16, qui est le canal de communication dans les mers,
05:56en lui demandant d'arrêter ses moteurs, ce qu'évidemment, le patron du pétrolier, le capitaine du pétrolier n'a pas fait.
06:04Vous voyez, c'est ce type de petits bateaux-là qui sont lâchés et qui sont venus autour de lui.
06:07Bon, le pétrolier, lui, il a accéléré.
06:09Et il a été protégé immédiatement par la marine américaine.
06:12Parce qu'il y en a huit qui traînent quand même, plus deux navires de combat littoral.
06:17Donc, ils sont immédiatement portés au secours du pétrolier et l'ont amené à bon port sous protection.
06:26Et maintenant, l'ensemble de ces navires qui vont passer dans la zone seront sous protection.
06:32En fait, petit à petit, on voit que de manière ferme mais sereine,
06:37les Américains imposent petit à petit leur présence
06:40et de tenir les positions dans les endroits stratégiques depuis le golfe d'Aumant jusqu'au golfe Persique.
06:48Merci Didier-François.
06:49Général, pour reprendre l'expression utilisée par Didier-François, il y a quelques instants,
06:53les deux armées américaines et iraniennes sont en train de se renifler.
06:57Alors, déjà, peut-être précision, ce n'est pas l'armée iranienne, ce sont les passe-d'Aran.
07:03C'est-à-dire l'armée politique du régime,
07:06ceux qui ont été mis, justement, classés comme organisation terroriste récemment par l'Union européenne.
07:11Donc, ce n'est pas la marine iranienne, proprement dit.
07:14Tous ces moyens-là, ils appartiennent aux passe-d'Aran.
07:17Oui, ils se cherchent un peu, mais enfin, je dirais que c'est plutôt les Iraniens qui cherchent un peu les Américains,
07:23parce qu'il n'y a aucune raison qu'un bateau civil, qu'un pétrolier,
07:27soit comme ça, un peu escorté de façon un peu hostile par les passe-d'Aran.
07:34Oui, mais pardon, on s'inquiète un peu ou pas ?
07:36Un drone abattu, un bateau presque arraisonné, ou tout ça, c'est de l'intoxe normale ?
07:43Parce que la relation, comme vous êtes Didier, c'est que c'est gérée de façon assez professionnelle par les Américains.
07:48Souvenez-vous du communiqué du CENCOM, donc le commandement central qui conduit des opérations américaines dans la zone,
07:55qui avait dit la semaine dernière, en fin de semaine dernière,
07:57il dit que si les passe-d'Aran font des manœuvres dans le détroit d'Hormuz et dans le golfe arabo-persique,
08:04on n'a pas de problème là-dessus, mais sachez qu'agissez en professionnel,
08:08parce que nous, on défendra nos moyens et il ne faut pas venir trop près.
08:12Et regardez ce qui s'est passé, la séquence, le drone-shade, il est venu 10 heures hier,
08:18et les Américains n'ont pas réagi, ils ont réagi en professionnel,
08:21et effectivement, le deuxième jour, ils ont considéré qu'il ne fallait pas abuser,
08:27ils rentrent dans la zone d'intérêt du groupe aéronarbal,
08:30c'est quand même très important, ils ne peuvent pas se permettre d'être frappés d'une façon ou d'une autre,
08:34et donc ils ont agi en réaction.
08:35Alors il y a ce qui se passe en mer, et il y a ce qui se passe évidemment dans les médias,
08:38c'est-à-dire le régime iranien qui continue également à multiplier les vidéos de propagande,
08:43où le régime en quelque sorte montre l'émus, regardez par exemple celle-ci.
08:51C'est le même mot de se mettre à la musique, bizarre.
09:07Oui, la musique n'est pas doux, elle est fournie par le régime iranien.
09:09Qu'est-ce qu'on voit là, Didier François, à l'image ?
09:11On voit différents types de missiles qui sont tirés,
09:13donc c'est à peu près la seule chose qu'ils ont réellement qui pose problème.
09:20La question balistique, et c'est bien là-dessus, je pense que si la négociation devait y avoir,
09:25c'est bien là-dessus que ça bloquerait, parce que plus que le nucléaire d'un certain point de vue pour le régime,
09:29ces missiles-là, c'est vraiment leur assurance-vie.
09:31Donc évidemment, ils s'en servent, ils le montrent beaucoup,
09:36ils essayent d'utiliser les voisins de la région comme pression sur les États-Unis,
09:42parce qu'évidemment, les Qataris, les Émiratis, on l'a vu tout à l'heure sur la carte,
09:45qui sont à côté, ont peur de ces missiles, que ça leur tombe dessus.
09:48Et donc évidemment, ils les montrent pour pousser les pays de la région à dire aux Américains,
09:53calmez-vous, on va peut-être trouver une solution.
09:54Il y a ce que montre le régime, et il y a ce qu'on découvre aujourd'hui encore,
09:58de ce qui s'est passé ces dernières semaines en Iran.
10:00Shirin Ardakanil, c'est vers vous que je voudrais me tourner,
10:02ces vidéos qui sortent aujourd'hui d'Iran.
10:06Il y en a une qui nous est arrivée ces dernières heures.
10:08C'est une vidéo qui a été tournée dans la ville de Machad,
10:12on est à 900 kilomètres de Téhéran, ce sont des images difficiles.
10:15Vous voyez des forces de l'ordre qui tirent, presque à bout portant sur des manifestants.
10:21Il faut imaginer que des scènes comme ça, il y en a eu des dizaines, des centaines,
10:25sans doute des milliers dans tout le pays.
10:27Oui, tout à fait.
10:27Mais vous voyez, déjà, moi, ce que j'aimerais dire,
10:30c'est que j'ai l'impression que je suis en décalage,
10:32mais pas que moi, en fait, avec la réalité de ce qu'ont vécu les Iraniens depuis quelques semaines.
10:36On a posé, il y a quelques semaines, déjà un qualificatif.
10:39Ce qui s'est passé, c'est des crimes contre l'humanité.
10:41C'est-à-dire qu'en fait, on a des personnes par milliers.
10:44Il y a une ONG qui parle de 50 000 personnes qui ont été arrêtées,
10:47en fait, en l'espace de quelques jours.
10:49On a plus de 30 000 personnes qui ont été tuées par, en réalité, des forces,
10:54mais qui sont des forces étatiques.
10:56Et aujourd'hui, on est en train, mais je n'accuse personne, évidemment,
11:00on est en train de discuter de « Trump frappera, frappera pas ».
11:04On est en train de discuter de la question balistique,
11:07des capacités de destruction que pourrait avoir Donald Trump.
11:10Et on voit à quel point, en fait, le débat, petit à petit, il est en train de glisser.
11:14Au départ, c'était l'exigence des Iraniens qui demandaient, en fait,
11:18à ce que le régime tombe, qui dénonçaient, en fait, les crimes contre l'humanité.
11:22Et maintenant, on parle de savoir s'il doit y avoir la bombe atomique ou des missiles balistiques.
11:25Et puis, on est en train de savoir, en fait, finalement,
11:26qu'est-ce qui va être l'objet des négociations.
11:28Est-ce que des négociations vont se tenir ?
11:30Donc, on voit vraiment à quel point, finalement, le glissement, en quelques jours, profite à qui ?
11:35Profite à la République islamique d'Iran.
11:36Parce que tout ce qu'on voit là,
11:38qui c'est qui va, finalement, peut-être sauver sa peau de nouveau s'il y avait des négociations ?
11:42Eh bien, c'est évidemment ce régime qui va jouer sa survie.
11:46Donc, en réalité, il y a une frustration, là,
11:47pour l'avocate et la militante des droits humains que je suis,
11:50qui est évidemment épouvantable.
11:52Alors, on ne sait pas précisément si les discussions vont avoir lieu en fin de semaine.
11:55Il y a encore un petit doute ce soir.
11:56Certains médias américains disent qu'elles sont un peu remises en cause.
11:59On va retrouver Syavosh Ghazi,
12:00qui est le correspondant d'RFI et de France 24 à Téhéran, en Iran.
12:05Que sait-on de ce que le régime, aujourd'hui, serait prêt à négocier ?
12:08Bonsoir, Syavosh.
12:10Bonsoir.
12:12Alors, ça, c'est des responsables iraniens.
12:15Je le répète depuis plusieurs jours.
12:17Tout d'abord, il n'est pas question de parler, par exemple, du programme balistique de Téhéran.
12:24Ça, c'est encore ce soir, il y a une dizaine de minutes,
12:27la télévision iranienne, qui est la télévision d'État, vient de le réaffirmer.
12:32Donc, pour l'Iran, les négociations porteront seulement sur le programme nucléaire,
12:38donc pas le programme balistique,
12:40notamment une baisse, une réduction de la portée des missiles iraniens.
12:44Les Américains ont dit à plusieurs reprises que l'Iran devait limiter la portée de ses missiles
12:49à moins de 500 kilomètres, c'est-à-dire ne pas avoir le moyen d'attaquer Israël,
12:54comme ça a été le cas en juin dernier, après l'attaque lancée par Israël contre l'Iran.
13:00En ce qui concerne le dossier nucléaire, là encore, l'Iran refuse de parler d'un enrichissement à 0%,
13:07c'est-à-dire l'abandon total du programme d'enrichissement d'uranium.
13:11Ça a été de nouveau répété ce soir par la télévision iranienne.
13:15Les Américains demandent, en tout cas demandaient jusqu'à maintenant,
13:18que l'Iran abandonne totalement son programme nucléaire,
13:23abandonne totalement le programme d'enrichissement d'uranium,
13:26et pour les Iraniens, c'est hors de question.
13:29Donc, ces deux questions principales ne sont pas encore résolues.
13:32On ne sait pas si, bien sûr, il y a des négociations,
13:36les deux parties pourront trouver un accord sur l'eau nucléaire ou sur le programme balistique.
13:45Merci beaucoup, Syavosh Ghazi.
13:46On discute donc des missiles, on discute donc peut-être du nucléaire militaire iranien.
13:52On va retrouver Daniel Cohn-Bendit, comme chaque mercredi.
13:54Bonsoir.
13:54Daniel, quand on a préparé cette émission aujourd'hui avec vous,
13:58vous nous avez dit, et ça va aller dans le sens de vos propos,
14:02maître, on oublie peut-être l'essentiel dans tout ça.
14:04Il faut aussi que dans ces discussions, on parle de la répression
14:08et on parle de l'avenir, du sort des 50 000 personnes
14:11qui sont toujours dans les prisons en Iran.
14:14Écoutez, bonsoir.
14:15Alors, ça me paraît évident, mais le problème, qu'est-ce qui est évident avec Trump ?
14:21Il y a l'intérêt de Trump d'avoir un succès, c'est sur le programme nucléaire.
14:26On le voit au Venezuela, on l'a vu, le problème du régime répressif ne l'intéresse pas tellement.
14:34Et donc, je crois qu'aujourd'hui, c'était très juste ce qu'avait dit Chirine tout à l'heure,
14:38on parle de missiles, on parle de balistique, on parle du nucléaire
14:42et on ne parle pas des êtres humains, on ne parle pas des iraniennes et des iraniens,
14:46on ne parle pas de ce régime barbat qui n'arrête pas de tuer, d'assassiner, d'enfermer, etc.
14:55Et je crois que c'est...
14:56Mais de toute façon, c'est très difficile parce que que voulez-vous que les Américains fassent ?
15:02C'est-à-dire où ils entrent, comme les Alliés étaient rentrés en Allemagne en 1944,
15:08après le débarquement ? Ou quoi ?
15:12Le bombardement ne change pas de régime.
15:15Alors, la seule chance pour moi, ou l'idée que j'ai,
15:19c'est qu'ils essaient aujourd'hui de fissurer le pouvoir.
15:23Alors, je ne sais pas si c'est possible, je n'en sais rien,
15:26mais qu'à la tête de ce pouvoir, il y ait de telles contradictions
15:30que par cette pression extérieure et cette tentative de négociation,
15:38ils arrivent, si on veut, à affaiblir tellement le pouvoir
15:44qu'il puisse se passer quelque chose,
15:47le début d'une transition vers un autre système.
15:51Merci beaucoup, Daniel.
15:52Mais c'est un peu dans ma tête que ça se passe.
15:56Merci beaucoup, Daniel. Comme l'a dit, c'est possible, ça fissurait le pouvoir.
15:59Non, mais écoutez, moi, je crois qu'en fait,
16:01ce n'est pas Donald Trump qui va sauver les Iraniens.
16:03Par contre, je pense que l'Europe a un rôle à jouer
16:05et l'Europe doit arrêter d'être spectatrice.
16:07Il faut qu'elle porte assistance et secours à la population iranienne
16:10et elle a les moyens de le faire.
16:11Une intervention, ce n'est pas que l'intervention militaire de Donald Trump.
16:14Il y a des possibilités pour l'Union européenne
16:17de convoquer, encore une fois, les instances internationales
16:19que sont le Conseil de sécurité de l'ONU.
16:21Il n'y a pas de raison qu'il y a un sommet international
16:23avec les dictateurs chinois, russes et Donald Trump
16:27qui se mettent tous d'accord autour de la table,
16:29mais que le Conseil de sécurité de l'ONU
16:31et les instances onusiennes soient mortes.
16:33Moi, je refuse ça.
16:34Je pense qu'on appelait il y a quelques jours
16:35dans une tribune dans le journal Le Monde
16:37à une action urgente de l'Europe.
16:41Je crois que la France doit s'inscrire dans ce processus
16:43et il faut arrêter de commenter, en fait,
16:46la décision unilatérale de Donald Trump
16:48qui tweet selon son humeur du jour.
16:51Donc, je crois qu'il ne faut pas renoncer à ce mode d'action
16:53et les Européens doivent prendre leur place.
16:55Ils sont un peu coincés, les Américains, en général.
16:58Si, aujourd'hui, ils négocient, ils sauvent le régime.
17:02Je ne sais pas s'ils sont coincés.
17:04Et puis, de toute façon, moi, la question qui est soulevée,
17:07c'est est-ce qu'il faut une intervention ?
17:09Parce qu'en fait, ce que vient de dire Madame,
17:10c'est est-ce qu'il faut une intervention européenne ou américaine ?
17:13Je pense que, déjà, européenne, il faut...
17:15Il faut oublier.
17:17Pour l'instant, il n'y a aucune décision ou déclaration
17:22qui va dans ce sens-là.
17:23Aujourd'hui, les États-Unis et Donald Trump ont pris le lead
17:26de faire quelque chose dont on croyait au départ
17:29qu'effectivement, ce serait pour soulager et arrêter les répressions.
17:33Mais il y avait peut-être, dans les négociations
17:35dont on ne sait pas grand-chose, finalement,
17:37peut-être un espèce de package avec le nucléaire
17:40et, effectivement, peut-être faire évoluer le régime.
17:43Ce que je peux vous dire, c'est que ce n'est pas une opération militaire
17:46de l'extérieur qui va permettre aujourd'hui
17:50de faire changer le régime. Il faut une combinaison de choses
17:53et, pour l'instant, moi, ce que je vois,
17:56c'est que les conditions ne sont pas réunies.
17:58Un dernier mot, chéri, Anard Akhani,
17:59parce que je dois vous avouer que je suis un peu tombé de ma chaise,
18:01aujourd'hui, en regardant tomber les dépêches sur l'Iran,
18:04pendant qu'on se demande où en est la répression,
18:08s'il va y avoir un accord, où en est la bombe atomique iranienne.
18:11Le régime iranien a autorisé, aujourd'hui, les femmes
18:13à conduire des scooters et des motos.
18:15Non, mais si vous voulez, c'est non seulement hors-sujet, ridicule,
18:18et, en fait, nous, ce qu'on veut, c'est que les corps et les cadavres
18:20qui jonchent le sol des femmes iraniennes...
18:23Pas autorisé...
18:24Voilà, c'est plus ça, le sujet, aujourd'hui.
18:26C'est les milliers de femmes iraniennes
18:28qui ont été massacrées, en fait, par le régime iranien.
18:31Je crois que ça, c'est la priorité urgente.
18:34Et il faut que les dignitaires rendent des comptes pour cela,
18:37qu'ils soient jugés et poursuivis devant la justice internationale.
18:40Merci beaucoup à tous les trois d'être venus ce soir
18:43sur le plateau de 60 minutes.
18:44On va en reparler, sans doute, dans les jours qui viennent,
18:46dans les semaines qui viennent, peut-être,
18:47de la situation autour de l'Iran.
18:49Merci beaucoup pour votre éclairage.
18:51Tout de suite, à 19h10, on va parler maintenant
18:54de la situation politique en France,
18:55de l'avenir de la droite, de l'avenir également de Marine Le Pen,
18:58puisque c'est le numéro 2 des Républicains
18:59et députés européens, François-Xavier Bellamy,
19:02qui nous rejoint à présent.
19:03Bonsoir, M. Bellamy.
19:04Bonsoir.
19:05On parlait de l'Iran, on va revenir sur la scène française,
19:07sur la scène judiciaire, sur la scène politique,
19:09puisqu'à l'heure où on se parle, on ne sait toujours pas
19:11si Marine Le Pen pourra se présenter à l'élection présidentielle
19:14à l'issue des réquisitoires hier.
19:16Si les juges, dans quelques mois, suivent ces réquisitoires,
19:19je rappelle, 4 ans de prison, dont 1 an ferme
19:22et 5 ans d'inéligibilité,
19:24elle sera écartée de la course à l'Élysée.
19:26Est-ce que pour vous, ce serait un problème ?
19:28Permettez-moi juste de dire d'un mot
19:29à quel point je partage ce que disait Chirine Ardakani à l'instant.
19:32L'Iran, aujourd'hui, est regardé sous l'angle purement géopolitique.
19:36En réalité, il y a un peuple qui s'est soulevé
19:37contre ce régime islamiste et l'urgence
19:39qu'on est en train d'oublier aujourd'hui.
19:41C'est de pouvoir soutenir ce peuple.
19:43Cette mobilisation ne doit pas être oubliée.
19:45Et les morts qui ont donné leur vie
19:47pour la liberté du peuple iranien
19:48se sont aussi battus pour que l'Europe
19:50et le monde occidental soient protégés
19:51du totalitarisme islamiste.
19:53Vous avez raison, la transition était un peu
19:55à l'inforbatique et vous avez raison de faire cette mise au point.
19:58Je reviens à la situation de Marine Le Pen,
20:00la favorite candidate du RN.
20:02Est-ce qu'elle peut ne pas être candidate pour vous ?
20:05C'est la justice qui en décidera.
20:07Ce qui est certain, c'est qu'il faut que la justice
20:10puisse se prononcer de manière sereine,
20:12loyale, impartiale.
20:13Personne n'est au-dessus des lois,
20:15personne n'est en dessous des lois non plus.
20:17Le fait d'être au pouvoir ne devrait jamais protéger
20:19qui que ce soit de la nécessité de rendre des comptes
20:22devant la justice.
20:23Le fait d'être dans l'opposition non plus.
20:25Donc vous n'y voyez pas, comme vous aviez pu le dire
20:27au moment de la condamnation de Nicolas Sarkozy,
20:29un jugement politique ou une justice politique,
20:32pas pour Marine Le Pen.
20:33Non mais moi ce que j'avais dit également
20:34au moment de la condamnation de Marine Le Pen,
20:36en première instance,
20:37ce que j'avais dit c'est que je trouvais
20:39qu'il y avait quelque chose d'étonnant
20:41dans la décision de prononcer une exécution provisoire.
20:44Qui n'y est pas cette fois-ci.
20:45Et d'ailleurs j'observe, j'observe que la Cour d'appel,
20:47en particulier les réquisitions de la Cour d'appel,
20:50parce que là c'est l'accusation qui parle,
20:51la Cour d'appel, d'une certaine façon,
20:53a donné raison à cette analyse.
20:55J'avais été, nous avions été quelques-uns
20:56à nous étonner de ce jugement.
20:58Nous avions eu droit à des critiques,
21:00à des reproches, à des accusations.
21:02Aujourd'hui, en réalité,
21:04les procureurs donnent raison
21:05à cet étonnement que nous avions publiquement partagé,
21:08que j'avais en tous les cas exprimé.
21:10Je crois que l'exécution provisoire
21:11n'avait rien qui puisse se fonder en droit.
21:14Et je le dis sans être un spécialiste du droit.
21:16Aujourd'hui, la Cour d'appel
21:18ne semble pas demander cette exécution provisoire.
21:21Une présidentielle sans Marine Le Pen,
21:23ça changerait quoi pour vous,
21:24pour vous les républicains ?
21:26Est-ce que vous dites
21:26Jordan Damardella serait plus facile à battre,
21:29plus difficile à battre qu'elle ?
21:31Je ne sais pas.
21:31Nous nous ferons avec les concurrents.
21:33Vous en fichez de savoir
21:34qui est dans le couloir à côté ?
21:35Ce n'est pas qu'on s'en fiche,
21:36mais c'est que nous ferons avec les concurrents
21:38qui seront choisis par les principales forces politiques
21:40qui s'engageront dans cette élection.
21:42Je crois que ça n'est jamais une bonne nouvelle
21:44quand un candidat, une candidate
21:46à l'élection présidentielle
21:47est disqualifiée par la justice
21:48parce que cela ne peut pas améliorer
21:50l'image de la politique.
21:51C'est un fait.
21:52Maintenant, ce qui compte,
21:52c'est que la justice fasse son travail
21:54de manière impartiale.
21:55Si Marine Le Pen a fauté,
21:58alors il faut qu'elle soit condamnée.
22:00Mais il faut qu'en tous les cas,
22:01et ça, ça me semble être absolument nécessaire,
22:04que ce jugement soit rendu
22:05de telle sorte que tous les Français
22:07puissent avoir la certitude
22:08que la justice se prononce seulement en droit
22:11et que c'est d'abord de cette exigence.
22:13Vous avez un doute là-dessus ?
22:14Encore une fois, je le redis,
22:15pour moi, c'était l'étonnement
22:16qui suscitait cette décision
22:19d'une élection provisoire.
22:20Si la décision se prend
22:23de manière sereine et loyale,
22:24ce qui compte,
22:24c'est que la justice soit rendue
22:25de manière impartiale.
22:26François-Xavier Bellamy,
22:27question à l'ancien prof de philo
22:29que je crois que vous n'enseignez plus aujourd'hui.
22:30Il y a une émotion.
22:31Il y a une émotion.
22:31Il y a une émotion.
22:31Il y a une émotion.
22:31Il y a une émotion.
22:31Il y a une émotion.
22:32Il y a une émotion.
22:32Il y a une émotion.
22:32Il y a une émotion.
22:32Il y a une émotion d'une autre manière.
22:34Vous enseignez toujours la philo ?
22:35Je continue un cycle
22:36de conférences de philosophie à Paris
22:37qui s'appelle
22:38Les soirées de la philo
22:38au Théâtre Antoine.
22:40Je l'ignorais.
22:41Émotion considérable,
22:42c'est ce que je disais
22:42après l'agression au couteau
22:44d'une enseignante de 60 ans,
22:45hier à Sanarissumar,
22:46par un de ses élèves très jeune,
22:4814 ans.
22:48Il lui a porté plusieurs coups de couteau.
22:50Cette femme,
22:51cette enseignante,
22:52est ce soir encore
22:52entre la vie et la mort.
22:54Il y a eu beaucoup de choses
22:55qui ont été tentées
22:55ou faites ces dernières années
22:57pour interdire
22:58l'entrée des armes blanches
22:59dans les collèges,
23:00dans les lycées.
23:01Il y a des fouilles aléatoires
23:02qui sont en place
23:02depuis un an.
23:04Qu'est-ce que vous dites ?
23:05Qui donnent des résultats
23:05stupéfiants d'ailleurs.
23:06C'est-à-dire ?
23:07Parce que quand ces fouilles ont lieu,
23:08on trouve beaucoup d'armes blanches.
23:10Donc quelle leçon vous en tirez ?
23:11J'en tire d'abord la leçon
23:12que ce que nous vivons,
23:13c'est la conséquence,
23:15non pas d'une soudaine
23:17et étrange multiplication
23:19des couteaux,
23:20c'est la conséquence
23:21d'une brutalisation
23:22de la société
23:22et en particulier
23:23d'une brutalisation
23:25de la jeunesse
23:26qui est d'abord
23:27le résultat
23:28de la faillite éducative
23:29que notre pays traverse.
23:31C'est-à-dire
23:31ce sont les enseignants,
23:32les parents
23:32qui sont responsables
23:34du fait qu'il y a
23:35de plus en plus
23:35d'agressions aux couteaux ?
23:36C'est notre société
23:37dans son ensemble
23:38qui de toute évidence
23:39a échoué
23:40dans une mission fondamentale
23:41qui est celle
23:42de transmettre
23:43des repères communs
23:44à la génération qui vient.
23:45Parce que,
23:45vous savez Marc Fauvel,
23:46ce qui rend cette situation
23:48tellement tragique,
23:49ce n'est pas seulement
23:50ce qui s'est passé hier.
23:51Bien sûr,
23:51je pense à cette professeure,
23:53je pense à tous ses collègues,
23:54je ne peux qu'imaginer
23:55l'ampleur du choc
23:57qu'ils doivent vivre.
23:58Mais ce qui rend
23:58cette situation
23:59encore plus tragique,
24:00c'est qu'elle ne fait
24:02qu'être un épisode de plus
24:03dans une série
24:04déjà trop longue.
24:05Prenez juste cette année.
24:07Est-ce qu'il faut pour vous
24:07des mesures supplémentaires
24:08ou est-ce que c'est quelque chose
24:09qui ne se réglera pas
24:10par de nouvelles mesures,
24:12par des portiques,
24:13par des contrôles systématiques ?
24:15Les portiques
24:16n'y suffiront jamais.
24:17Mais prenez juste
24:17encore une fois cette année.
24:19Revenons sur les quelques semaines
24:20qui viennent de s'écouler.
24:21C'est une surveillante
24:22qui a été tuée
24:23devant la porte
24:23de son collège à Nogent.
24:25Pendant un contrôle justement.
24:26Exactement.
24:27C'est une lycéenne
24:28qui a été tuée à Nantes.
24:29C'est ce matin,
24:31ce matin, Marc Fauvel,
24:33ce matin,
24:33un enfant de 7 ans
24:34qui a menacé
24:35le directeur de son école
24:37avec un couteau
24:39dans une salle de permanence.
24:40Un enfant de 7 ans.
24:41Est-ce que quand on regarde
24:42cette série,
24:43on ne peut pas
24:44ne pas se dire
24:45que oui,
24:46nous avons collectivement
24:47échoué ?
24:47Et je le dis depuis longtemps.
24:49J'ai commencé à enseigner...
24:49Nous, ça ne veut pas dire
24:50que c'est la gauche,
24:50c'est la droite.
24:51Nous, collectivement...
24:52Tous ceux qui ont été
24:52au pouvoir en France
24:53et même d'ailleurs
24:54d'une certaine façon,
24:55la société dans son ensemble.
24:56Je ne suis pas là
24:57pour distribuer les mauvais points.
24:58Mais si on ne fait pas
24:58le bon diagnostic,
24:59on ne peut pas trouver
25:00le remède.
25:01Il y a maintenant
25:02plus de 10 ans,
25:04j'ai publié un livre
25:04qui s'appelait
25:05Les déshérités.
25:06Je racontais ma première rentrée.
25:07Le lendemain de ma première rentrée
25:09dans un lycée
25:10des Hauts-de-Seine,
25:11un lycéen
25:11de mon établissement
25:13a été tué devant la porte
25:14du lycée
25:14à coups de tournevis.
25:15Eh bien,
25:16cette situation de violence,
25:17je la décrivais comme
25:18un phénomène
25:19d'ensauvagement de la société.
25:20Elle est pour moi
25:21profondément la conséquence
25:23d'une crise éducative,
25:24d'une crise
25:25de la transmission
25:25de ces repères fondamentaux
25:28qui font que l'homme
25:29est humain
25:30et que la vie en société
25:31est possible.
25:32Et c'est de là
25:33qu'il faut partir.
25:33On ne s'en sortira pas
25:34avec des portiques,
25:35on s'en sortira
25:36en rendant à l'école
25:37sa mission
25:38et en rendant à l'école
25:39les moyens de sa mission
25:40et en redisant
25:41que le métier des professeurs
25:42c'est de transmettre
25:43à tous les enfants,
25:45tous les enfants
25:46d'où qu'ils viennent,
25:47quelle que soit leur histoire,
25:48quel que soit le lieu
25:49où ils grandissent,
25:49de transmettre à tous les enfants
25:50les repères fondamentaux
25:52qui ne se négocient pas
25:53pour construire une société.
25:54François-Xavier Benhamy,
25:56on est à une quarantaine
25:57de jours maintenant
25:58des élections municipales,
25:59on sent que la campagne
26:00commence à prendre
26:01dans le pays.
26:02J'ai une question
26:03toute simple,
26:04mais vraiment toute simple
26:05qui nécessite
26:05un oui ou un non.
26:08Vraiment,
26:08y aura-t-il
26:09dans certaines villes
26:10des alliances
26:11entre les Républicains
26:12et le Rassemblement National ?
26:14Oui ou non ?
26:15Mais aujourd'hui,
26:16les Républicains...
26:17Oui ou non ?
26:18Mais la réponse est non.
26:20La réponse est non.
26:20Le Rassemblement National
26:21fait campagne sous ses couleurs,
26:22les Républicains présentent
26:23leurs candidats
26:24et je voudrais...
26:25Ma question parlait plutôt
26:25sur entre les deux tours.
26:27Peut-il,
26:27pourrait-il y avoir des alliances ?
26:28Mais vous savez,
26:29Marc Fauvel,
26:29autant dans les élections nationales,
26:31on peut spéculer sur le fait
26:32que le Rassemblement National
26:33est aujourd'hui manifestement
26:34en pôle position
26:35au premier tour.
26:36C'est incontestable
26:37et les sondages le disent.
26:38Autant dans les élections locales,
26:40ceux qui veulent faire gagner
26:41la droite
26:41doivent voter pour les candidats
26:43à les Républicains.
26:43Parce que LR,
26:44c'est la première force politique locale
26:46et rien ne nous enlèvera ça.
26:48Si vous voulez...
26:48Localement,
26:49LR est très fort,
26:50mais je prends un exemple concret.
26:52La deuxième ville de France.
26:53Si, si, si.
26:54La deuxième ville de France.
26:54Je termine juste mon...
26:55J'ai entendu vous dire
26:56très clairement,
26:56il n'y aura pas d'alliance.
26:57Je termine juste mon raisonnement,
26:58c'est très important.
26:59D'un mot.
26:59Si vous voulez faire basculer Nantes,
27:01si vous voulez faire basculer Grenoble,
27:03si vous voulez faire basculer Strasbourg,
27:05si vous voulez faire basculer
27:06toutes ces villes
27:06que la gauche a défigurées
27:07ces dernières années,
27:08c'est pour les candidats de droite
27:09qu'il faut voter.
27:10Pas pour les candidats du RN
27:11qui n'ont aucune chance de gagner.
27:13Et c'est nous qui pouvons faire
27:14l'alternance dans la France.
27:15Il y a des villes où le RN est en mesure
27:15peut-être de l'emporter.
27:17Ce serait le cas de Marseille.
27:18Le RN et la gauche
27:19qui dirigent la ville aujourd'hui
27:21sont au coude à coude.
27:22La droite, votre candidate,
27:22est assez largement distancée
27:25dans les sondages.
27:28Vous me regardez avec des grands yeux.
27:29C'est bien ça.
27:30Que ferez-vous à Marseille ?
27:32Est-ce que vous maintiendrez votre liste
27:34quitte à faire gagner la gauche ?
27:35Non mais d'abord,
27:35l'élection n'est pas terminée,
27:37la campagne est en cours.
27:37Est-ce que vous pourriez
27:38maintenir votre liste ?
27:39Je le redis Marc Fauvel,
27:40ça vaut pour Marseille
27:41comme pour Nantes, Grenoble,
27:42Strasbourg, Lyon bien sûr.
27:44La situation est différente.
27:45Non mais ça vaut évidemment
27:46pour Marseille,
27:47cette deuxième ville de France en effet
27:48à laquelle nous sommes tellement attachés.
27:50Si vous voulez faire sortir
27:52la gauche de l'hôtel de ville à Marseille,
27:54si vous voulez éviter
27:54que la gauche ne continue
27:55cette politique qui a délité
27:56la sécurité, l'ordre public,
27:58la propreté de cette ville,
27:59alors il faut voter pour Martine Vassal.
28:01Parce que c'est celle
28:02qui a le plus de chances
28:03de faire l'alternance à Marseille.
28:04C'est celle qui a le plus de chances.
28:06Attention, je vous interromps
28:07assez rapidement
28:07pour une histoire de temps de parole
28:08parce que si vous parlez d'elle,
28:09vous lui enlevez du temps de parole.
28:10Pardon, je suis absolu.
28:11Donc je vous ai laissé terminer la phrase
28:12mais n'enlevez pas du temps de parole à votre...
28:14Vous m'interrogez sur Marseille,
28:15je suis bien obligé de vous répondre.
28:16Mon temps de parole à moi
28:17n'est pas décompté, c'est comme ça.
28:19Je le redis,
28:19c'est très important
28:20que tous les Français le comprennent.
28:22Là où l'alternance est possible,
28:24c'est la droite qui peut la réussir.
28:26Et c'est cela,
28:27encore une fois,
28:28dans toutes les villes de France.
28:28Et d'ailleurs,
28:29la meilleure preuve de cela,
28:30c'est que aux élections municipales
28:33comme à l'élection présidentielle,
28:34le rêve de la gauche
28:35et le rêve en particulier
28:36de l'extrême gauche,
28:37le rêve de la France insoumise,
28:39ce sera de se retrouver à chaque fois
28:40face au Rassemblement national.
28:42C'est l'adversaire qu'ils se choisissent.
28:43Pourquoi ?
28:43Parce que c'est face au Rassemblement national
28:45qu'ils ont le plus de chances de gagner.
28:47On l'a vu encore
28:48aux élections législatives en 2024.
28:50C'était l'année dernière.
28:51Donc, je le redis à tous les Français,
28:52ne tombons pas dans ce piège.
28:53Si vous voulez l'alternance,
28:55c'est la droite qui peut faire
28:56le changement dont la France
28:57a tellement besoin.
28:58On va parler dans quelques minutes
28:59sur ce plateau de l'affaire Epstein.
29:00Je voudrais vous entendre là-dessus.
29:01L'affaire Epstein,
29:023 millions de documents
29:03publiés ces derniers jours
29:04par la justice américaine.
29:07En France, la France insoumise
29:09demande une commission
29:09d'enquête parlementaire
29:10pour savoir si d'éventuelles
29:12victimes françaises
29:13veulent se faire connaître,
29:14pour savoir aussi
29:15s'il y a eu d'éventuelles ingérences
29:17pendant des campagnes présidentielles
29:19ou des financements de partis.
29:21Est-ce que vous êtes favorable
29:22à cette commission d'enquête parlementaire ?
29:24Il faut en tous les cas
29:25que toute la transparence soit faite
29:26et notamment sur le volet français
29:28de cette affaire.
29:29C'est-à-dire ?
29:29Moi, je n'ai pas de curiosité mal placée.
29:35Ça ne m'intéresse pas
29:36de regarder les détails sordides
29:38de cette affaire aux États-Unis.
29:39En revanche, ce qui est certain,
29:41c'est que ceux qui manifestement
29:42ont entretenu des liens si étroits
29:44avec ce criminel abominable
29:48ont le devoir de s'expliquer.
29:50J'ai entendu...
29:50Est-ce que vous êtes en train...
29:51Pardon, je décrive vos propos.
29:52Est-ce que, quand vous dites ça,
29:53vous parlez notamment de Jack Lang
29:55qui s'est expliqué...
29:56On n'est pas dans le volet sexuel.
29:57Qui s'est expliqué sur ses liens financiers
29:59avec Epstein.
30:02Il dit qu'il a effectivement
30:03sollicité une somme d'argent,
30:05qu'il a d'ailleurs obtenue
30:05pour faire un film.
30:07Il dit qu'il a fait preuve de naïveté,
30:08qu'il ne savait pas au moment
30:09où il a fait ça.
30:11Vous ne le croyez pas ?
30:11Mais comment est-ce qu'on peut croire
30:15une seconde à ce récit aberrant ?
30:19Jack Lang, avec son expérience politique,
30:21avec sa carrière,
30:22avec les relations qu'il entretenait
30:24dans le monde entier,
30:25avec des gens qui manifestement
30:26étaient dans l'entourage de M.
30:28Je précise pour être vraiment précis
30:28pour nos téléspectateurs
30:29qu'au moment où il a fait affaire avec lui,
30:31Epstein avait déjà été condamné
30:34une première fois.
30:34Il avait déjà été condamné,
30:35avait déjà purgé une peine de prison.
30:37Et M. Lang ne l'aurait pas su.
30:39Plutôt que de nous mentir comme cela,
30:40j'aurais préféré mille fois
30:41qu'il demande pardon,
30:42qu'il présente ses excuses.
30:44Pardon, mais il y a quelque chose
30:45d'absolument indécent
30:46et quelque chose d'inquiétant aussi.
30:48Parce qu'on peut, encore une fois,
30:50je crois qu'on n'a pas à s'insérer
30:53dans les histoires américaines
30:55et cela ne concerne que la justice américaine
30:57qui doit faire son travail.
30:59Mais il y a quelque chose
30:59qui nous concerne.
31:01C'est les connexions manifestes
31:02que M. Epstein avait en France.
31:04Et derrière cette affaire sordide,
31:07il y a des liens d'argent,
31:08il y a des liens d'intérêt.
31:09Et tout cela, en effet,
31:10pour le bien de notre démocratie,
31:12doit être vraiment tiré au clair.
31:13C'est une certitude absolue.
31:14Et en amour encore,
31:14vous demandez qu'il quitte
31:15la direction de l'Institut du Monde Arabe ?
31:17En tous les cas,
31:18il va falloir s'expliquer
31:19parce que personne ne peut admettre
31:20ce mensonge.
31:21C'est M. Lang,
31:22mais c'est sa fille qui savait,
31:23parce qu'elle l'a dit,
31:24qui savait que M. Epstein
31:25avait été condamné.
31:26C'est la fille de Jack Lang
31:27qui a reconnu qu'elle savait.
31:29Elle a eu la décence
31:30de quitter les fonctions
31:31qu'elle occupait.
31:32Je crois qu'aujourd'hui,
31:33il faut encore une fois
31:34un peu de décence
31:35et surtout beaucoup de vérité
31:36pour que les Français soient certains
31:37que la transparence est faite.
31:39Merci beaucoup,
31:40François-Javier Bellamy.
31:41On va continuer d'en parler
31:42de cette affaire Epstein à présent
31:43dans 60 minutes.
31:45C'est une vague partie des Etats-Unis
31:47qui éclabousse aujourd'hui
31:48une partie du monde.
31:50On va en parler avec Raphaël Grabli,
31:52journaliste à BFM TV,
31:54qui suit ses dossiers.
31:55Bonsoir Raphaël de l'affaire Epstein
31:56depuis plusieurs jours.
31:58Avec Virginie Villard également.
31:59Bonsoir.
32:00Bonsoir.
32:00Journaliste, vous enquêtez-vous
32:02depuis deux ans sur cette affaire,
32:04notamment pour un complément
32:05d'enquête que vous aviez réalisé
32:06il y a un an,
32:07les derniers mystères
32:08de l'affaire Epstein,
32:09les avant-derniers du coup
32:11mystères de l'affaire Epstein
32:12depuis la publication
32:13par les Etats-Unis
32:14de nouvelles vagues
32:15de documents.
32:16On va aller justement
32:17voir Antoine Nellard
32:17pour tenter de reprendre
32:19le fil de cette affaire
32:20qui est repartie
32:21le week-end dernier
32:23des Etats-Unis.
32:24Bonsoir Antoine,
32:25vous êtes à Washington.
32:27C'est donc chez vous
32:27que tout est parti
32:28le week-end dernier
32:29avec la publication
32:29de plusieurs millions
32:30de documents
32:31par le ministère américain
32:33de la Justice.
32:37Oui, alors il faut rappeler
32:38que ces dossiers Epstein,
32:39en fait,
32:39ce sont des documents
32:40d'enquête
32:40et des documents judiciaires
32:42qui ont été accumulés
32:43au fil des ans.
32:43normalement, tous ces fichiers
32:45auraient dû être publiés
32:46au moment du procès Epstein.
32:48Sauf que Epstein,
32:49vous le savez,
32:49s'est suicidé,
32:50il n'y a jamais eu de procès
32:51et depuis,
32:51ces documents dorment
32:52dans les cartons
32:53du ministère de la Justice.
32:55Aujourd'hui,
32:55le ministère de la Justice
32:56les déclassifie
32:57sous la pression du Congrès
32:58qui a voté une loi
32:59dans ce sens.
33:00Ils ont commencé,
33:01le ministère de la Justice,
33:02à les publier
33:02en fin d'année dernière
33:03au compte-gouttes
33:04et puis vendredi dernier,
33:05ils ont publié
33:06une masse de documents
33:06absolument considérables.
33:073 millions de documents,
33:09180 000 photos,
33:102 000 vidéos,
33:12une masse publiée brute,
33:14sans contexte,
33:14ce qui fait dire à certains
33:15qu'il a la volonté
33:16de l'administration Trump
33:17de noyer le public
33:18sous une masse d'informations
33:19pour détourner l'attention
33:21de la Maison-Blanche
33:22et des éventuels liens
33:23entre Donald Trump
33:24et Jeffrey Epstein.
33:26Ça, c'est le volet Trump,
33:27on va y venir tout à l'heure,
33:28mais en tout cas,
33:29ces révélations,
33:29elles éclaboussent
33:30des personnalités
33:31sur quasiment toute la planète
33:32aujourd'hui, Antoine.
33:36Oui, à commencer
33:37par des personnalités
33:38américaines,
33:39on peut citer notamment
33:39Elon Musk,
33:40Howard Lutnik,
33:41le ministre du Commerce
33:42ou encore Bill Gates,
33:43tous les trois
33:43semblaient entredire
33:44des liens étroits
33:45avec Jeffrey Epstein
33:46après 2008,
33:48après la première condamnation
33:49du pédophile
33:50pour des faits
33:51de pédophilie justement,
33:53Musk semblait suffisamment
33:53proche de lui
33:54pour envisager à un moment
33:55de se rendre
33:56sur l'île de Epstein,
33:57cette fameuse île de l'horreur
33:58où de nombreux abus
33:59sur mineurs ont eu lieu,
34:01mais l'affaire éclabousse
34:02aussi des personnalités
34:03européennes.
34:03En Norvège,
34:04par exemple,
34:04la future reine
34:05également
34:06est éclaboussée.
34:07Elle aussi
34:08semblait proche de Epstein
34:09malgré la condamnation
34:11de Jeffrey Epstein.
34:12Et puis,
34:13au Royaume-Uni,
34:14on peut citer
34:14le prince Andrew
34:16qui a déjà été éclaboussé,
34:17qui a déjà été déchu
34:18de tous ses titres.
34:19Et là,
34:19il y a de nouvelles révélations,
34:20notamment des photos
34:21de lui à quatre pattes
34:22au-dessus d'une jeune femme mineure.
34:25On peut citer également
34:25Richard Branson,
34:26le chef d'entreprise
34:27qui s'est rendu
34:28à plusieurs reprises
34:29sur l'île de Epstein.
34:30C'est ce qui est révélé
34:30dans ses nouveaux documents.
34:31Et puis,
34:32il y a le cas
34:32de l'ancien ambassadeur
34:34britannique aux Etats-Unis
34:36qui a, lui,
34:37pour le coup,
34:38confié des documents
34:39confidentiels
34:39à Jeffrey Epstein,
34:41ce qui lui a valu
34:41d'être démis
34:42de ses fonctions
34:42et puis,
34:44plus récemment,
34:44de devoir quitter
34:45le parti travailliste.
34:47Merci beaucoup,
34:47Antoine Hollard.
34:48Ces documents,
34:49Virginie Villard,
34:49vous les étudiez,
34:50vous aussi,
34:51depuis plusieurs jours.
34:53Maintenant,
34:54on précise peut-être
34:55d'entrée
34:55qu'il y a du vrai,
34:57du moins vrai
34:58et peut-être du faux
34:58à l'intérieur.
35:00Je ne sais pas
35:01s'il y a du faux.
35:01Ce qu'il y a,
35:02en tout cas,
35:02il faut comprendre
35:03de quoi on parle
35:04quand on dit
35:04Epstein files sont publiés.
35:06Tout est mis en ligne
35:07sur le site
35:08du ministère
35:09de la Justice américain.
35:11On parle de 3 millions
35:12de documents.
35:13Ce sont quoi ?
35:13Ce sont des documents,
35:14des dépositions,
35:16parce qu'il faut peut-être
35:17revenir un petit peu.
35:18Jeffrey Epstein
35:19a été condamné
35:20en 2008,
35:21déjà aux Etats-Unis.
35:22Et depuis 2008,
35:23la police américaine,
35:25différentes services
35:26de police
35:26ont accumulé
35:27énormément de documents,
35:29des dépositions.
35:30On parle aussi
35:30de correspondances
35:31de mails
35:32que Jeffrey Epstein
35:33avait avec
35:33énormément de personnes,
35:35des mails
35:35qui sont envoyés
35:36même à lui-même
35:37dans ses brouillons.
35:37On parle de textos,
35:39on parle de photos,
35:40de vidéos.
35:41C'est une somme énorme.
35:42Alors,
35:43qu'est-ce qui est vrai,
35:43qu'est-ce qui est faux ?
35:44Ce sont des choses
35:44qui ont existé.
35:45Si vous voulez,
35:46il n'y a pas a priori
35:47de faux documents là-dedans.
35:48Il y a des correspondances
35:49qui ont bien existé,
35:50il y a des noms
35:51qui apparaissent.
35:52Encore une fois,
35:53ce n'est pas parce que
35:53vous apparaissez
35:54dans les documents
35:54Epstein
35:55que vous êtes coupable
35:56de quoi que ce soit.
35:57Mais voilà,
35:57pour bien comprendre,
35:59là,
35:59le ministère de la Justice
36:00vient de publier
36:01une immense quantité
36:03de documents
36:04judiciaires essentiellement,
36:05mais pas que.
36:06Des photos,
36:07des vidéos
36:07prises par Jeffrey Epstein,
36:08saisies par la police
36:09sur ses ordinateurs,
36:10ses disques durs.
36:11Je remets la chronologie.
36:122008,
36:12première condamnation.
36:142019,
36:16il est...
36:17Il est arrêté.
36:18Il se suicide en prison.
36:19On aura peut-être
36:20l'occasion d'en parler
36:20parce qu'il y a
36:21un tout petit doute
36:21sur le suicide ou pas.
36:23qui était-il ?
36:25Comment il a pu avoir
36:26ce pouvoir
36:27de parler absolument
36:28à tout le monde,
36:29aux milliardaires,
36:30aux chefs d'État,
36:31aux États-Unis,
36:32à l'étranger ?
36:32C'était qui ?
36:33C'est la question fondamentale
36:34qu'on se pose,
36:35que je me suis posée
36:35pendant deux ans,
36:36que je me pose encore,
36:37c'est comment il a fait...
36:38Alors,
36:38Jeffrey Epstein,
36:39pour aller vite,
36:39c'est quelqu'un
36:40qui est issu
36:41de la classe moyenne
36:42à la base,
36:43qui est devenu
36:44un prof de maths
36:45en mentant.
36:46D'ailleurs,
36:46il a été prof de maths
36:47dans une école,
36:48une des plus grandes écoles
36:49de New York.
36:50Il n'avait pas de diplôme,
36:51il a menti,
36:52il a rencontré très vite
36:54des gens de Wall Street,
36:55il est devenu conseiller,
36:56gestionnaire de patrimoine
36:58de milliardaires
36:59aux États-Unis.
37:00On ne connaît pas encore
37:00exactement
37:01qui étaient ses clients.
37:03On sait qu'il a travaillé
37:03pour le PDG
37:04de Victoria's Secret.
37:06Il a amassé une fortune
37:08à sa mort
37:08estimée à 500 millions de dollars.
37:10On ne sait pas exactement
37:11comment il s'est fait
37:12cet argent.
37:13Aujourd'hui,
37:14savoir comment il a connu
37:15des présidents
37:16Bill Clinton,
37:17Donald Trump,
37:18les plus grands de la planète,
37:19mais aussi des stars
37:20Mick Jagger,
37:21Michael Jackson.
37:22C'est difficile de le savoir.
37:24Il faut quand même
37:24se tourner vers
37:25Ghislaine Maxwell
37:26qui était sa compagne.
37:27Sa compagne,
37:27sa complice
37:28qui est aujourd'hui
37:28en taule aux États-Unis.
37:29En prison,
37:30qui a pris 20 ans
37:31de réclusion criminelle.
37:33Mais qui ne dit rien,
37:34qui ne raconte rien.
37:35Alors,
37:35elle va être auditionnée
37:36lundi ou mardi.
37:37Je crois que ses avocats
37:38ont prévu
37:38qu'elle ne parlerait pas.
37:40A priori,
37:41je ne sais pas si elle...
37:42Pour l'instant,
37:42elle a toujours gardé le silence.
37:44Elle n'a pas dit grand-chose.
37:46Est-ce qu'elle va changer de stratégie ?
37:48J'en doute.
37:48Je ne sais pas.
37:49Bon,
37:49on rappelle donc
37:50Jeffrey Epstein
37:51accusé d'avoir abusé
37:53un millier de jeunes femmes.
37:55Un millier.
37:56Un millier minimum
37:57de jeunes femmes.
37:59C'est un réseau tentaculaire
38:00de jeunes femmes mineures
38:01pour la plupart
38:02qui l'auraient abusé.
38:03Des jeunes femmes aux États-Unis,
38:04mais aussi des jeunes femmes
38:05en Europe de l'Est,
38:06en Russie,
38:07qui l'auraient recrutées
38:08notamment via un agent français,
38:10Jean-Luc Brunel.
38:12Qui est mort lui aussi.
38:13Qui est décédé,
38:13qui a été arrêté ?
38:14Alors,
38:14ça nous emmène justement
38:15à vous,
38:16enfin pas à vous,
38:17Raphaël Grabli,
38:17vous n'êtes pas dans les fichiers
38:18à ma connaissance.
38:20En tout cas,
38:21l'affaire rebondit en France,
38:22notamment la France insoumise
38:23qui demande une commission
38:24d'enquête parlementaire,
38:25c'est ça ?
38:26Oui,
38:26l'affaire qui se politise
38:27et à l'effet qui évoque justement,
38:28je cite,
38:29un volet politique de l'affaire.
38:31C'est le député Antoine Léoman
38:32qui l'évoque
38:33pour réclamer justement
38:34une commission d'enquête
38:35sur le sujet.
38:36C'était hier
38:37à l'Assemblée nationale.
38:38On a proposé
38:40une commission d'enquête
38:41compte tenu du fait
38:42qu'il y a plusieurs noms
38:43de Français
38:44qui sont cités dans cette affaire
38:45et qu'il faut bien justement
38:46faire la distinction
38:48entre ce qui peut relever
38:49de crimes pédocriminels,
38:52de traites d'êtres humains
38:52et qui,
38:53pour l'instant,
38:54ne concernent pas a priori
38:55des noms d'individus français
38:57et ce qui relève
38:58du champ politique,
38:59du champ de l'ingérence,
39:00du champ du financement
39:01des partis politiques.
39:02Vous aurez remarqué,
39:04il n'y a aucun parti
39:05qui est cité
39:06par Antoine Léoman,
39:07sauf que la cible
39:08elle est quand même
39:08assez claire en fait.
39:09C'est le Rassemblement national.
39:10Alors évidemment,
39:11on le rappelle,
39:11il n'est pas question
39:12de pédocriminalité
39:13ni même de contact direct
39:14entre le RN et PIN.
39:17Mais la confusion
39:18a parfois été entretenue
39:19avec un exemple,
39:21ce tweet
39:21de la députée LFI
39:23Alma Dufour.
39:23Ça a été publié hier,
39:24ce tweet.
39:25Alors je précise,
39:25il a été supprimé
39:26il y a quelques minutes.
39:27Et ce tweet,
39:28il évoquait deux choses,
39:29notamment une rencontre
39:30entre Steve Bannon,
39:32figure du trumpisme,
39:33et Louis Alliot
39:34au cadre du RN,
39:35compagnon également
39:36à l'époque de Marine Le Pen
39:37en 2018.
39:38Alors cette rencontre,
39:39c'est vrai qu'elle est mentionnée
39:40dans ses fichiers Epstein,
39:42mais ce n'est pas forcément
39:44un scoop.
39:46La rencontre entre...
39:47Elle avait été racontée
39:48dans la presse.
39:48Exactement,
39:49la rencontre entre Louis Alliot.
39:49Elle a été racontée,
39:50effectivement.
39:51Nous,
39:51pour complément d'enquête,
39:53on a interviewé,
39:54Tristan Ouellex
39:54a interviewé Steve Bannon
39:55récemment.
39:56On lui a posé la question
39:58parce qu'à un moment,
39:58il y avait effectivement
39:59des rumeurs de financement
40:00dans quelle mesure
40:01Steve Bannon aurait apporté
40:02de l'argent
40:02au Rassemblement national.
40:05À ce stade,
40:06encore une fois,
40:06je n'ai pas épluché
40:07tous les documents,
40:07mais je ne crois pas
40:08qu'on ait trouvé ça
40:09dans les documents.
40:10Et d'ailleurs,
40:11alors effectivement,
40:12elle est mentionnée,
40:13c'est un échange en fait,
40:13entre Jeffrey Epstein
40:14et un journaliste américain
40:15qui raconte
40:16que Steve Bannon
40:17lui a lui-même raconté
40:18cette rencontre,
40:18donc entre Louis Alliot
40:19et Steve Bannon.
40:21Effectivement,
40:21ça a même été filmé
40:22d'ailleurs chez vos confrères
40:23d'envoyé spécial
40:24à l'époque en 2019.
40:26Et puis sur ce tweet
40:26de la députée LFI,
40:29elle évoque notamment
40:30une demande
40:31de Bannon à Epstein
40:33pour financer
40:34le Rassemblement national.
40:36Et là,
40:36c'est tout simplement faux.
40:37Enfin,
40:37en tout cas,
40:37on ne peut rien trouver
40:38de tel dans les fichiers.
40:40Effectivement,
40:40Bannon parle
40:41du Rassemblement national,
40:42du financement
40:43du Rassemblement national,
40:44notamment via un prêt
40:45aux militants,
40:47mais jamais,
40:48effectivement,
40:48il n'y a de demande
40:49à Epstein
40:49de financer
40:50le Rassemblement national,
40:50ce qui explique peut-être
40:51la suppression de ce message.
40:52Raphaël,
40:52il y a un homme
40:53dont le nom revient
40:54plus de 600 fois
40:55dans les nouveaux fichiers Epstein.
40:56C'est Jack Lang,
40:57l'ancien ministre
40:58de la Culture
40:59de François Mitterrand,
41:00qui s'est défendu
41:01ce matin
41:01sur le plateau de Dérôme.
41:02Oui, exactement.
41:03On en a beaucoup parlé.
41:04L'ancien ministre
41:05de la Culture...
41:06Je précise qu'on parle
41:06de liens financiers
41:08dans le cadre de Jack Lang.
41:09Exactement,
41:09qui a justement
41:09sollicité Jeffrey Epstein
41:11pour un don
41:12à une association
41:13créée par ses proches,
41:15un montant non négligeable,
41:1658 000 dollars.
41:18Effectivement,
41:18Jack Lang s'en expliquait
41:19ce matin
41:19sur BFM TV.
41:22Il se trouve que
41:23des amis
41:24avaient le projet
41:25de faire un film
41:26qui raconte
41:27j'allais dire
41:29les années
41:30langue-mitterrand-culture.
41:32Il fallait trouver
41:32de l'argent
41:33pour financer
41:34ce film,
41:35c'est tout.
41:36Et donc,
41:36on le fait habituellement,
41:38ce n'est pas anormal.
41:39Et Jack Lang
41:40qui a aussi beaucoup
41:41échangé avec Epstein
41:42dans ses fameux mails.
41:44Le 7 avril 2017,
41:45par exemple,
41:45il évoque, je cite,
41:46une journée merveilleuse
41:47passée à ses côtés.
41:48Jack Lang qui assure
41:49ne rien avoir su
41:50des crimes d'Epstein
41:52qui avait été,
41:52vous le rappeliez,
41:54marre condamné.
41:54Ce dont doutait
41:55François Gébé Bellamy
41:56il y a quelques minutes
41:58en disant
41:58que c'était bien après
41:59la première condamnation.
42:00Exactement.
42:00Et justement,
42:01il a essayé de se défendre
42:02aussi ce matin
42:03à ce sujet.
42:03Vous lui avez parlé,
42:04je crois,
42:04à Jack Lang
42:05pour votre enquête ?
42:05Oui, mais bien sûr
42:06parce que
42:07ce n'était pas
42:08une info confidentielle.
42:10Ils étaient amis.
42:12Jack Lang,
42:12je l'ai eu
42:12parce que moi,
42:13j'ai enquêté
42:13sur ce don
42:14effectivement
42:14de Jeffrey Epstein
42:15à des proches
42:16pour faire
42:17un documentaire.
42:19Je ne veux pas détailler
42:20ici la difficulté
42:21de faire une enquête
42:22sur ce point-là
42:23mais en tout cas
42:23Jack Lang
42:25m'avait dit
42:25à ce moment-là
42:26que oui,
42:27à l'époque,
42:28il avait cet ami millionnaire
42:29qu'il trouvait
42:30très érudit,
42:32très passionné
42:33de culture
42:33et qu'il avait
42:34des proches à lui
42:35qui voulaient faire
42:36un documentaire
42:37sur lui,
42:37sur Jack Lang
42:37et qui s'était dit
42:38tiens,
42:39j'ai un ami millionnaire,
42:39je vais lui demander
42:40de financer ce documentaire.
42:42Bon, je lui avais dit
42:42mais quand même
42:43quand vous lui demandez
42:43de financer ce documentaire,
42:45nous sommes en 2018,
42:46donc on sait quand même
42:48à l'époque
42:49que dix ans avant
42:50il avait été condamné
42:50qu'en 2015,
42:52une autre femme,
42:53Virginia Jouffray,
42:54la principale victime
42:56de l'affaire Epstein
42:57avait raconté
42:57avoir été esclave sexuelle.
43:00Jack Lang
43:01était aussi allé
43:01dans l'appartement parisien
43:02de Jeffrey Epstein
43:04que moi j'ai pu voir
43:05des photos de la perquisition
43:06on voit qu'il y a
43:07des photos de femmes nues
43:08partout.
43:08J'avais juste posé
43:09la question à Jack Lang
43:10est-ce que vous ne vous êtes
43:11pas posé des questions
43:12en ce moment-là ?
43:12Est-ce qu'on peut recevoir
43:13de l'argent finalement
43:14comme ça pour financer
43:15un film sur vous ?
43:16Il m'avait dit
43:18la même phrase,
43:19c'est la même formule
43:20qu'il a employée avec moi,
43:21il m'a dit
43:21je ne sais pas vous
43:21mais moi je ne regarde pas
43:22le casier judiciaire
43:23de mes amis.
43:24La question qu'on se pose
43:24c'est est-ce qu'il y a
43:25un volet français
43:26à cette affaire ?
43:27Un volet français
43:28c'est certain
43:28et si vous voulez
43:29on le découvre aujourd'hui
43:31mais en fait
43:32on le sait depuis un moment.
43:34Il y a un volet français
43:34dans la mesure
43:35où Jeffrey Epstein
43:36avait un appartement
43:37à Paris,
43:37avenue Foch
43:38depuis 2001
43:39dans lequel il venait
43:40régulièrement.
43:41Donc évidemment
43:42moi je sais avec certitude
43:43que des jeunes femmes
43:43sont allés dans cet appartement,
43:44que des hommes d'affaires
43:46sont allés dans cet appartement.
43:47Dont vous avez les noms ?
43:49Dont la justice a les noms ?
43:50Je ne peux pas tout dire
43:50parce que je continue
43:51à enquêter dessus.
43:52Dont les noms sont dans les fichiers ?
43:54Je ne peux pas tout dire.
43:56En tout cas
43:56Ils feront l'objet
43:57d'un nouveau complément d'enquête ?
43:58Ah oui je travaille
43:59sur un épisode,
44:00un deuxième épisode
44:00mais ce que je veux vous dire
44:01c'est que
44:01Il y a bien un volet
44:02de criminalité française ?
44:04Non je ne sais pas
44:05il y a un volet français
44:06déjà parce qu'il avait
44:07un appartement en France
44:08il y a un volet français
44:09parce qu'il avait
44:09un complice français
44:11Jean-Luc Brunel
44:12Agent de mannequin
44:13qui s'est suicidé
44:15qui recrutait des jeunes femmes
44:16via cette agence de mannequins
44:17de Russie,
44:18d'Europe de l'Est
44:18qui après se sont faites
44:20abuser par Jeffrey Epstein
44:21et dernière chose
44:22il y a un volet français
44:22parce que
44:23je rappelle que
44:24quelques jours
44:25quelques semaines
44:25après la mort
44:26de Jeffrey Epstein
44:27dans une prison new-yorkaise
44:28la police française
44:29a décidé de lancer
44:31une enquête
44:31Et on est où aujourd'hui ?
44:33Mais l'enquête s'est arrêtée
44:34Pourquoi ?
44:34Parce que l'enquête
44:35s'est focalisée sur
44:36Jean-Luc Brunel
44:37son complice
44:38et son complice
44:39Jean-Luc Brunel
44:40a été retrouvé
44:40mort en prison
44:41en février 2022
44:42Donc aujourd'hui
44:43il n'y a pas d'enquête ?
44:44Il n'y a plus d'enquête
44:45A partir du moment
44:45où le principal prévenu
44:46décède
44:47les enquêtes
44:48les investigations s'arrêtent
44:49Et donc Jean-Luc Brunel
44:50est décédé
44:50il n'y a plus d'enquête
44:52aujourd'hui
44:52Est-ce que la justice
44:53peut décider aujourd'hui
44:54de se saisir
44:55de nouveaux éléments ?
44:57C'est possible
44:58Je ne sais pas si elle le fera
44:59J'essaie de bien comprendre
45:00ce que vous dites
45:00Il y a probablement
45:01aujourd'hui des victimes
45:02en France
45:03qui n'ont peut-être
45:04pas encore pris la parole ?
45:06Oui c'est une certitude
45:08Moi je suis en contact
45:09avec certaines personnes
45:10Qui ont l'intention
45:11de le faire ?
45:12Non
45:12Parce que c'est trop difficile
45:14pour l'instant
45:15encore
45:15Ça a été d'ailleurs dit
45:16aux Etats-Unis
45:17que certaines des victimes
45:18ont retrouvé leur nom
45:19dans les fichiers
45:20et ont dit
45:20on ne voulait pas
45:21qu'on redonne notre nom
45:22et qu'on lance notre nom en pâture
45:23C'est pour ça que je pense
45:23que le nombre de victimes
45:24est bien au-delà
45:25de 1000 victimes
45:26parce que c'est aussi
45:27une affaire mondiale
45:29avec des femmes
45:29partout dans le monde
45:30et je pense qu'il y en a
45:31beaucoup
45:31qui ont peur de parler
45:33parce que aussi
45:34si on s'intéresse
45:34à Jeffrey Epstein
45:35alors vous allez me dire
45:36il est mort
45:36mais sauf qu'on parle
45:37de ses amis
45:37on a vu
45:38qui étaient ses amis
45:39on parle de gens
45:40quand même extrêmement puissants
45:41donc oui la parole
45:41est en train de se libérer
45:42oui des dossiers
45:43sont en train de sortir
45:44mais je pense qu'on est
45:45seulement au début
45:47on est en train de mesurer
45:48l'ampleur
45:49on est peut-être même loin
45:50de la mesurer aujourd'hui
45:51Les derniers mystères
45:52de l'affaire Epstein
45:53c'était donc votre complément
45:54d'enquête
45:54qu'on peut encore voir aujourd'hui
45:55merci beaucoup
45:56Virginie Villard
45:57d'être venue ce soir
45:58sur le plateau de 60 minutes
45:59merci également
45:59à Raphaël Grabli
46:0019h37
46:02c'est l'heure comme chaque mercredi
46:03du grand débat écho
46:05avec les économistes
46:06Thomas Porcher
46:07et Nicolas Bouzou
46:08qui vont nous rejoindre
46:09à présent
46:10sans transition
46:11comme on dit
46:12bonsoir Thomas
46:13bonsoir Nicolas
46:14ravi de vous retrouver ce soir encore
46:15on va parler d'un sujet
46:16qui nous concerne tous
46:17à présent
46:18c'est le travail
46:19y aurait-il comme un blues
46:20des français
46:21face au travail
46:22en tout cas
46:23ceux qui bossent
46:23ont l'impression aujourd'hui
46:24de ne plus s'en sortir
46:25c'est ce que nous apprend
46:26notre sondage est là
46:27pour BFM TV
46:28qui fera d'ailleurs l'objet
46:29tout à l'heure
46:29d'un forum
46:29à 21h
46:31avec l'ami Maxime Switek
46:328 français sur 10 quasiment
46:34disent aujourd'hui
46:35on le sentiment
46:36que le travail
46:36ne paye pas
46:38c'est une expression populaire
46:39le travail qui ne paye pas
46:40c'est inquiétant ça non ?
46:41alors déjà je pense
46:42que c'est vrai
46:43c'est à dire que
46:43quand on regarde
46:44les statistiques économiques
46:45vous regardez le niveau
46:46des salaires en France
46:47salaires bruts
46:49ou salaires nets
46:49d'ailleurs les évolutions
46:50sont à peu près les mêmes
46:51vous regardez par rapport
46:52à la moyenne
46:53des pays de l'OCDE
46:53des pays développés
46:55vous voyez que
46:56il y a 30 ans
46:57on était vraiment en haut
46:58aujourd'hui
46:59on est plutôt
47:00dans un groupe moyen
47:01donc les salaires en France
47:03se sont dégradés
47:04alors pas nécessairement
47:05dans l'absolu
47:05mais en tout cas
47:06par rapport à beaucoup
47:07de pays autour de nous
47:08et c'est vrai
47:09c'est tout à fait juste
47:10que vous avez aujourd'hui
47:11beaucoup de nos concitoyens
47:12qui travaillent 40 heures
47:14parce que le temps de travail
47:15effectif en France
47:16c'est pas 35 heures
47:16c'est bien au-delà
47:18et qui à la fin du mois
47:19peuvent pas se payer
47:20un petit restaurant
47:21en famille
47:23et pour moi
47:23qui suis un promoteur
47:25du travail
47:26qui est soutenu
47:26la réforme des retraites
47:27etc
47:28c'est vraiment un sujet
47:30qui est absolument majeur
47:31parce que vous pouvez pas
47:32d'un côté dire
47:33il faut travailler plus
47:34ce que moi je pense
47:36et ce que je dis
47:36mais de l'autre
47:37que le travail ne paie pas
47:38donc là il y a un vrai problème
47:39Vous allez nous dire quoi
47:40Thomas Porch ?
47:40C'est que les patrons
47:41ont des oursins dans les poches
47:42ou qu'il y a un problème
47:43de coût du travail ?
47:44Alors non non
47:45déjà c'est un problème général
47:46à tous les pays
47:47c'est-à-dire que toutes les études
47:48même des études
47:48qui ont été faites aux Etats-Unis
47:49ils n'ont pas le même modèle social que nous
47:51ils n'ont pas les mêmes cotisations que nous
47:52et bien on arrive quasiment
47:54à des scores similaires
47:55il y avait le Pew Research Center
47:56qui est un centre de recherche
47:58quand même assez reconnu
47:59et qui avait fait une étude
48:00qui montrait que 70% des Américains
48:02jugeaient que leur salaire
48:04était insatisfaisant
48:05il y a une autre étude
48:06qui montrait pareil
48:07que plus de 70% des Américains
48:08jugeaient en fait
48:09que leur salaire
48:10ne leur permettait pas
48:11de subvenir à l'augmentation
48:12des coûts de la vie
48:13Il n'y avait pas d'exception française ?
48:14Non
48:15et il y avait même monsieur Draghi
48:16à l'époque
48:16quand il était à la commission
48:17il avait dit voilà
48:18il va falloir engager
48:19une grosse négociation
48:20sur les bas salaires
48:21dans toute l'Union Européenne
48:22donc c'est quelque chose
48:23d'assez général
48:23Ah bon là c'est pas que
48:25les bas salaires
48:2677% des Français
48:28ou alors il n'y a vraiment
48:29que des bas salaires en France
48:30Pendant les 30 Glorieuses
48:31entre 50 et 70
48:33vous avez eu en fait
48:34la classe moyenne
48:35qui s'est créée
48:36dans tous les grands pays
48:37parce que les 90%
48:3999% de la population
48:40s'enrichissaient
48:41vous voyez leur revenu
48:42augmenter plus vite
48:43que l'autre partie
48:44de la population
48:44la petite partie
48:45ce qu'on appelle les très riches
48:46depuis les années 80
48:47c'est l'inverse
48:47les 1% ont leur revenu
48:49qui augmente plus vite
48:50que le reste de la population
48:51donc la vraie question
48:52elle est là
48:52Non je ne suis pas d'accord
48:54avec Thomas
48:54je ne pense pas
48:55que ce soit un problème
48:56des 1%
48:57qui s'enrichissent le plus
48:58au détriment des autres
49:00je crois que c'est vraiment
49:01un problème économique
49:02fondamental
49:03c'est à dire que
49:04à partir du moment
49:05où on a des performances
49:06économiques en France
49:07qui ne sont pas bonnes
49:08on a 1% de croissance par an
49:091% de croissance par an
49:11ça veut dire que
49:12les revenus
49:13de la totalité de la nation
49:14augmentent de 1% par an
49:16mais ça ne peut pas
49:17donner des salaires
49:18qui sont élevés
49:18juste
49:19pensons à ça
49:201% de croissance par an
49:22ça veut dire que
49:23les revenus
49:24doublent en 75 ans
49:26en 75 ans
49:27si vous avez des pays
49:29c'était le cas en Chine
49:30par exemple
49:30dans les années 80-90
49:31qui ont 7% de croissance
49:33par an
49:33ça veut dire que
49:34les revenus doublent
49:35tous les 10 ans
49:36donc vous voyez que
49:36cette question de croissance économique
49:38c'est à dire de nos
49:39performances économiques
49:40mais ce n'est pas la croissance
49:41qui se retrouve sur la file
49:42de pays
49:42on n'a pas la pierre
49:44des croissances en Europe
49:45très bien que l'Allemagne
49:46la croissance
49:47si si
49:48quand on a
49:48une taille du gâteau
49:49qui n'augmente pas
49:51du coup vous avez
49:53une bataille
49:53à l'intérieur
49:54pour la répartition
49:54je reviens à ce que disent
49:56les français dans cette enquête
49:578 sur 10 disent
49:58travail ne paye pas
49:598 sur 10
50:00la même proportion
50:01disent aussi
50:02travailler plus
50:03ne permet pas
50:04aujourd'hui
50:04d'augmenter mon niveau
50:05de vie
50:06alors qu'il y a 7 sur 10
50:08qui sont prêts
50:08à faire des heures sup
50:09qui sont prêts
50:10à travailler plus
50:11est-ce qu'il faut ouvrir
50:12grand les vannes
50:13pour autoriser les français
50:14à faire des heures sup
50:15les payer mieux
50:17les je ne sais plus combien
50:18ça a déjà été mis en place
50:19ça a déjà été mis en place
50:20est-ce qu'il faut ouvrir
50:21plus grand les vannes
50:22quand vous voyez ce problème
50:23de pouvoir d'achat
50:24et ces français qui disent
50:25à cette sur 10
50:27je veux pouvoir travailler plus
50:28Thomas Porcher
50:28c'est une bonne idée
50:29les heures sup par exemple
50:30pourquoi pas
50:32après je ne suis pas sûr
50:32que la défiscalisation
50:33soit une bonne chose
50:34j'ai failli vous faire acquiescer
50:35au travailler plus
50:36pour gagner plus
50:37de Nicolas Sarkozy
50:37non mais si les gens
50:38ont besoin de faire
50:39des heures supplémentaires
50:39qui peuvent les faire
50:42pourquoi pas
50:42après la vraie question
50:43encore une fois
50:44c'est la question
50:44des salaires
50:46alors je tiens quand même
50:46à dire une chose
50:47c'est qu'en France
50:48même si les salaires
50:49ne payent pas
50:49ils ont de la chance
50:50parce qu'il y a des prestations
50:51qui sont données en plus
50:52par exemple un couple
50:53de deux personnes
50:54travaillant au SMIC
50:56ayant deux enfants
50:56bon il a un salaire net
50:58de 2800
50:59de SMIC
51:00j'arrondi
51:00il va toucher 650 euros
51:02de prestations en plus
51:02données par l'État
51:03et il ne va pas payer
51:04d'impôt sur le revenu
51:05ça c'est une chance
51:06parce que c'est vrai
51:06que les salaires ne payent pas
51:07mais il y a une béquille
51:08qui est l'État
51:09et c'est une chance
51:09parce que ce n'est pas le cas
51:10dans tous les pays
51:10donc oui il faudrait penser
51:13à un moment
51:13à l'augmentation du salaire
51:14parce que le prix
51:14de l'immobilier augmente
51:15et on le voit encore
51:16c'est le cas à Paris
51:16mais c'est le cas à New York
51:17c'est le cas dans
51:18beaucoup de grandes villes
51:18et vous avez aussi
51:19les dépenses contraintes
51:20avec Internet
51:21les abonnements
51:22qui ont également augmenté
51:23et c'est vrai
51:23que les salaires
51:24n'ont pas suivi
51:25j'ai besoin de vos lumières
51:26aussi sur un petit chiffre
51:27qui est tombé ces derniers jours
51:28plutôt deux petits chiffres
51:30l'INSEE nous dit
51:31il n'y a plus d'inflation
51:31quasiment en France
51:32on est à un petit 0,3%
51:34sur un an
51:35on n'a pas vu ça
51:36depuis pouf
51:36au moins avant le Covid
51:38et d'ailleurs
51:39bonne nouvelle
51:39le revenu des ménages
51:40augmente à nouveau
51:42je pense que si on donne
51:43ce chiffre aujourd'hui
51:44en français
51:44il n'y en a pas
51:441 sur 10
51:45qui dira c'est vrai
51:46est-ce que l'indice de l'INSEE
51:48se plante complètement
51:49aujourd'hui
51:49parce qu'il n'y a pas
51:50les bonnes choses
51:51dans le panier
51:52on surveille le prix
51:53des cigarettes
51:54du carburant
51:55au lieu de voir
51:56ce qui est rempli le frigo
51:56non non
51:57on regarde
51:57c'est pondéré
51:58en fonction de ce qui
51:59remplit le frigo
51:59donc non
51:59l'indice de prix
52:00est parfaitement juste
52:01simplement
52:02le fait qu'il n'y ait plus
52:03d'inflation
52:03ça ne veut pas dire
52:04que les prix baissent
52:05ça veut dire simplement
52:06que depuis la fin du Covid
52:07grosso modo
52:08les prix ont beaucoup augmenté
52:10et donc il y a eu
52:10une perte de pouvoir d'achat
52:12et aujourd'hui
52:13cette augmentation de prix
52:14elle est quasiment terminée
52:15donc on ne revient pas
52:16du tout
52:17au prix d'avant
52:18simplement
52:19la montée s'arrête
52:21alors quant au fait
52:22que les revenus augmentent
52:23en fait ce sont des statistiques
52:25générales
52:26macroéconomiques
52:27comme on dit
52:27qui sont importantes
52:29pour les économistes
52:29mais qui ne veulent pas dire
52:30grand chose
52:31pour nos concitoyens
52:32parce que si vous regardez
52:34les revenus par habitant
52:36ça augmente moins
52:37si vous regardez
52:38en fonction du nombre d'enfants
52:39ça augmente encore moins bien
52:40si vous regardez
52:41les classes moyennes
52:42ça peut baisser
52:43si vous réintégrez le logement
52:44c'est encore plus difficile
52:46donc moi l'idée
52:47que je retiens
52:47quand même
52:48c'est que oui
52:49il y a un vrai problème
52:51de pouvoir d'achat
52:52dans notre pays
52:53notamment lié
52:54à des salaires
52:54qui sont trop faibles
52:55mais
52:56c'est pas en tapant
52:58sur les dividendes
52:59les riches etc
52:59qu'on apportera
53:00un début de réponse
53:02non je sais que Thomas
53:02n'est pas d'accord
53:02un début de réponse
53:03c'est en réfléchissant
53:05à l'amélioration
53:06des performances économiques
53:07du pays
53:08pour avoir
53:08Thomas Porcher
53:09l'inflation cumulée
53:11par exemple
53:11dans l'alimentaire
53:12on est pratiquement
53:13à 20%
53:14qu'est-ce qui s'est passé
53:16les salaires n'ont pas suivi
53:18c'est pour ça que les gens
53:19ont été sur du low cost
53:20il n'y a que le SMIC
53:21qui a suivi
53:22parce qu'il est indexé
53:22mais les salaires
53:23n'ont pas suivi
53:23donc les gens ont été
53:24sur du low cost
53:25et qu'est-ce qui s'est passé
53:26on s'est rendu compte
53:27en fait que
53:27le consommateur a dû s'ajuster
53:29parce que son salaire
53:29n'a pas suivi
53:30mais les distributeurs
53:31et les producteurs
53:32ont fait des bénéfices
53:34records
53:34sur cette inflation
53:35donc là on voit bien
53:36qu'il y a un problème
53:37quand même de partage
53:38des richesses
53:39c'est-à-dire que
53:40certains ont profité
53:41de cette inflation
53:42et ça a été une aubaine
53:42et d'autres ont dû s'adapter
53:44et aujourd'hui
53:45les salaires
53:45bien sûr qu'ils rattrapent
53:46petit à petit
53:47mais pendant
53:48un laps de temps
53:49probablement les deux premières années
53:50où l'inflation était au maximum
53:52et bien là
53:52les salaires n'ont pas suivi
53:53ça il faut le dire
53:54les gens ont dû s'adapter
53:55il nous reste une minute trente
53:57Nicolas, Thomas
53:58et en préparant cette émission
54:00aujourd'hui dans la journée
54:01vous nous avez dit
54:01je veux à tout prix
54:02vous parler d'Elon Musk
54:02et de son dernier projet
54:03je vais tenter de résumer
54:05vous allez vous moquer de moi
54:06Elon Musk
54:06il veut envoyer
54:07des data centers
54:08des trucs qui servent
54:09pour l'intelligence artificielle
54:11mais dans l'espace
54:12expliquez-moi
54:13pourquoi c'est si important que ça
54:14en fait Elon Musk
54:15il est en train de fusionner
54:16son entreprise de fusées spatiales
54:18qui s'appelle SpaceX
54:19de lanceurs spatiaux
54:20avec son entreprise
54:21grosso modo
54:22d'intelligence artificielle
54:23et l'idée en effet
54:24c'est de mettre en place
54:25des data centers
54:26partout dans l'espace
54:27pour pouvoir faire
54:28énormément d'intelligence artificielle
54:29et ça sert à quoi
54:29de les envoyer dans l'espace ?
54:31parce qu'en fait
54:31vous allez pouvoir en avoir
54:32beaucoup plus
54:33parce qu'ils vont être alimentés
54:34par de l'électricité solaire
54:35directement etc
54:36et donc ça fait des capacités
54:38de calcul gigantesques
54:39et ce sur quoi
54:39je veux alerter
54:40c'est que si nous étions sérieux
54:42en Europe
54:43nous devrions nous dire
54:44mais jour et nuit
54:45que nous sommes largués
54:46au niveau technologique
54:48que les Américains
54:50qui sont un peu hostiles
54:51en ce moment
54:51nous dominent
54:53et ont une grande puissance
54:54y compris pour nous oppresser
54:55avec la technologie
54:57et peut-être que Thomas
54:58d'ailleurs
54:58on pourrait là pour le coup
54:59se retrouver
55:00il faut vraiment
55:01qu'on réfléchisse
55:02très très sérieusement
55:03à ce sujet
55:03parce que c'est un sujet
55:04de civilisation
55:05pas seulement économique
55:05alors oui effectivement
55:07il faut qu'on ait une forme
55:08de souveraineté sur l'IA
55:09mais après
55:10moi je me méfie
55:11des grands discours
55:12parce que là
55:12il y a quand même
55:13une opération financière aussi
55:14parce qu'il y a des entreprises
55:15qui perdent de l'argent
55:16et comme Elon Musk
55:17est la première puissance mondiale
55:19la première richesse mondiale
55:20et un super entrepreneur
55:21mais c'est un coup de génie
55:22ce qu'il est en train de faire
55:23c'est-à-dire
55:23quand il a lancé
55:25les voitures
55:26et les critères
55:26tout le monde rigolait
55:27aller mettre les data centers
55:28ça coûte génie
55:29mais c'est aussi
55:29un outil de spéculation
55:31c'est-à-dire que là
55:31il lance ça
55:32ça va rentrer en bourse
55:33peut-être que ça va créer une bulle
55:35et ça va lui faire aussi
55:37gagner beaucoup d'argent
55:37j'ai même lu
55:38que le fait d'avoir
55:39des data centers
55:39qui tournent autour de la Terre
55:41permet de ne pas avoir
55:42de climatiseur
55:43parce qu'il fait plus froid
55:43et du coup
55:44il n'y a pas besoin
55:45de l'erfroidir
55:45on est dans l'ordre
55:46de l'idée globale
55:47et techniquement
55:48on n'est pas sûr
55:48que ça fonctionne complètement
55:49c'est ce que disent
55:50les spécialistes
55:50mais après
55:51quand Elon Musk
55:52dit quelque chose
55:52effectivement il faut l'écouter
55:53mais la leçon
55:54qu'il faut retenir
55:54c'est qu'il faut que nous
55:55nous ayons une forme
55:56de souveraineté
55:56sur l'intelligence artificielle
55:58et ça nous sommes tous
55:59d'accord là-dessus
56:00et donc il faudrait
56:01qu'on arrive à créer
56:02des géants au moins
56:02de la même taille
56:03que cette entreprise
56:04verticalement intégrée
56:04qui est en train de faire
56:05Elon Musk
56:05et on a un tout petit peu
56:06de retard je crois
56:07sur le sujet
56:08merci beaucoup
56:09non pas de retard
56:11dans l'émission
56:11de retard sur le sujet
56:12je parlais d'Elon Musk
56:13c'est votre un tout petit peu
56:14le sens de l'euphémisme
56:15qui me fait sourire
56:16pour tenter de clore ce débat
56:18merci beaucoup
56:18à tous les deux
56:19de nous ce soir encore
56:20sur le plateau de 60 minutes
56:21un rendez-vous à vous donner
56:22ce soir 21h
56:23c'est un nouveau forum
56:25de BFM TV
56:25une fois par semaine
56:26BFM TV vous donne
56:28la parole
56:28sur les grands sujets
56:30du moment
56:30ce soir le sujet
56:31bonsoir Maxime Switek
56:33et on en parlait
56:33il y a quelques instants
56:34avec nos économistes préférés
56:35c'est le salaire
56:36la fiche de paix des français
56:38absolument
56:39vous allez me servir ce soir
56:40remarque de rampe de lancement
56:41avec vos débatteurs
56:42parce qu'on va nous aussi
56:43poser cette question
56:43est-ce que les français
56:44sont mal payés
56:45et on va leur donner la parole
56:46tout à l'heure
56:47directement
56:48vous allez voir
56:48d'ailleurs qu'on aura
56:50quelques
56:50pas quelques
56:51on aura pas mal ce soir
56:52de nouveaux visages
56:54dans le forum
56:54de nouveaux français
56:55qui ont accepté
56:56de débattre
56:56et de nous parler
56:57de leur salaire
56:58on va élargir
56:59le salaire
57:00l'argent
57:00le travail
57:00on risque de défleurer
57:02quelques tabous ce soir
57:03mais c'est évidemment
57:04le but du forum
57:05rendez-vous tout à l'heure
57:06à 21h
57:06avec 2-3 témoignages
57:08qui risquent de beaucoup
57:09faire réagir
57:10je n'en dis pas plus
57:10à tout à l'heure
57:12Maxime Switek
57:1221h
57:13avant cela le 20h
57:14Julien Met
57:14à suivre dans un instant
57:15je vous souhaite
57:15une très très belle soirée
57:17à tous
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