- il y a 3 semaines
Franz-Olivier Giesbert, journaliste et écrivain auteur de "Voyage dans la France d’avant" aux Éditions Gallimard, répond aux questions de Sonia Mabrouk.
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00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité ce matin est un observateur averti, très averti de la vie politique française depuis longtemps.
00:09Bonjour et bienvenue, François-Olivier Gisbert.
00:10Bonjour, Sonia Barbouc.
00:12Merci de votre présence. Vous avez publié chez Gallimard le passionnant livre Voyage dans la France d'avant.
00:17Et justement, dans cette France d'avant, François-Olivier Gisbert, on parlait de l'école comme d'un sanctuaire.
00:22Hélas, ce temps est révolu. Comment imaginer qu'un élève puisse porter des coups de couteau à sa professeure en pleine classe ?
00:29Dans le Var, une enseignante d'un collège de Sanary-sur-Mer a été poignardée à plusieurs reprises.
00:34Son état, je le précise, est stable à l'heure actuelle. Il n'y a pas de motif religieux ou politique à un tel acte.
00:39L'élève de 14 ans a été interpellé. Jusqu'où va-t-on ainsi ? Jusqu'où risque-t-on d'aller comme ça ?
00:44Ça peut continuer encore longtemps, dans la mesure où on ne fait rien, puisque nous ne sommes pas gouvernés.
00:49C'est la réalité des choses. C'est-à-dire qu'il y a une épidémie d'attaque au couteau dans les écoles.
00:54Alors, ce n'est pas tous les jours. Ce n'est pas du tout encore comme, par exemple, les refus d'obtempérer.
00:5963 par jour, 63 refus d'obtempérer. Et à force de ne rien faire, évidemment, la vague monte.
01:06Et c'est vrai que pour faire de temps en temps des conférences dans les lycées,
01:09puisque ma mère a été prof de filo et j'adore retrouver l'ambiance des lycées,
01:13j'ai remarqué que chez les enseignants, il y a une espèce de peur qui monte.
01:17Oui, bien sûr. Ils sont angoissés, comme d'ailleurs toute une partie du pays.
01:21On va en parler, on peut le comprendre.
01:22C'est le grand sujet. Nous ne sommes pas gouvernés.
01:25C'est-à-dire que, bon, vous avez...
01:27Mais depuis très longtemps, France, parce que si votre maman, on lui rend hommage, était professeure...
01:32Professeure de philo, oui.
01:33Professeure de philo, j'imagine que les mots d'autorité, de respect, de différence,
01:37même par rapport à un professeur de laïcité...
01:39C'est très important, parce qu'elle était catho, mais vraiment très catho.
01:43Ce qui n'empêche pas de respecter la laïcité.
01:45Elle faisait aussi de la politique, elle était rocardienne, mais la politique ne devait pas rentrer non plus dans l'école.
01:49D'ailleurs, nous sommes en plein dans le procès des complicités par l'assassinat terroriste de Samuel Paty.
01:55C'est un message qu'on envoie également à tous les professeurs.
01:57Alors là, ce sont d'autres motivations.
01:58Qu'est-ce qu'on peut dire aujourd'hui à ces hussards de la République ?
02:02Il faudrait dire d'abord à nos politiques d'arrêter de commenter avec, je ne sais pas, je suis saisiné froid, je condamne, enfin...
02:10La République ne cédera pas ?
02:12Mais non, parce que la République, évidemment, elle cède, puisqu'elle ne fait rien.
02:15Vous savez, de Gaulle avait une bonne phrase sur la façon de gouverner.
02:19Il disait, à propos de Pompidou d'ailleurs, qui trouvait, comment dire, un peu malassant,
02:23il disait toujours, gouverner c'est dire non, non, non, non, non.
02:26Ça c'est dans les mémoires de Focard.
02:28C'est ça sa formule.
02:29Et c'est très juste.
02:30On sait ça, y compris quand on a une petite PME.
02:33On sait qu'on doit diriger, on dit non une grande partie de la journée.
02:37On a un pouvoir qui dit oui, qui laisse faire, qui s'en fout.
02:40C'est très étrange, regardez.
02:42Y a-t-il un pilote dans l'avion, là, ce film-là ?
02:45Je pense que...
02:47C'est la question qu'on peut se poser.
02:48C'est vrai qu'on a un président qui a tendance à se prendre pour Tom Cruise.
02:50Là, il a pris les lunettes aviateurs.
02:52Mais moi, il me fait plutôt penser à l'acteur génial, Leslie Nielsen, je ne sais pas si vous voulez, avec les cheveux blancs,
02:57de Y a-t-il un pilote dans l'avion ?
02:59C'est-à-dire qu'on ne contrôle rien et d'une certaine manière, on s'en fout, on est sur autre chose.
03:03Mais reconnaissons que là que les dossiers...
03:04Ce n'est plus un film comique, c'est un film tragique.
03:06Mais tragique parce que les professeurs sont en danger, les policiers menacés.
03:09Vous avez évoqué les refus d'obtempérer, c'est une véritable litanie.
03:1263 par jour, mais c'est du délire.
03:15Et puis ça monte chaque année.
03:16Mais une société, François-Olivier Gisbert, où ceux qui nous apprennent sont en danger,
03:22ceux qui nous protègent le sont également, qu'est-ce que ça peut donner ?
03:25Ça va nulle part, ça va directement dans le mur.
03:28Alors, quand vous rajoutez à tout ça...
03:31Je n'ai pas envie de continuer là-dessus parce que la situation est tellement atroce.
03:36Mais la dette, la dette parce qu'il faudra quand même payer 100 milliards,
03:42qu'on sera obligé de payer, ce n'est pas le remboursement comme on peut croire.
03:45Ce n'est pas le remboursement.
03:46C'est juste la charge de la dette, c'est-à-dire le remboursement des intérêts.
03:51100 milliards en 2029, mais comment on va faire ?
03:53Vous dites effondrement moral, effondrement sécuritaire, effondrement économique, ça va ensemble ?
03:59Mélenchon parle toujours de la convergence des luttes.
04:01On peut peut-être parler aussi de la convergence des crises qui arrivent toutes en même temps.
04:06Et donc, si vous voulez, le pouvoir en face de ça, ce qui est absolument désolant,
04:11c'est qu'il ne fait rien et qu'il ne fait rien et que la seule décision qu'on a eue ces derniers temps,
04:17c'est un budget, un budget idiot.
04:20Ça, il faut répéter ça.
04:21En tous les cas, qui ne correspond pas aux aspirations des chefs d'entreprise,
04:26qui correspond aux aspirations de pas grand monde, sauf peut-être au Parti Socialiste.
04:30Oui, c'est un budget socialiste, mais c'est un budget, je le répète, totalement idiot.
04:35Pourquoi idiot ?
04:36La grande mesure, vous voyez, c'est qu'on va faire payer les entreprises, mesure purement démagogique.
04:40On pourrait faire un peu de pédagogie, d'expliquer que ces bénéfices qu'on va taxer,
04:4540% pour les entreprises de plus de 3 milliards et 20% pour les entreprises entre 1 milliard et 3 milliards,
04:51donc c'est des coups de bâton.
04:54Ça veut dire quoi ? On sait très bien, on a appris ça déjà il y a longtemps,
04:57les bénéfices d'aujourd'hui sont les investissements de demain, qui sont les emplois d'après-demain.
05:02Mais ce pouvoir s'en fout.
05:04C'est-à-dire que c'est un budget qui va augmenter mécaniquement le chômage ?
05:08Non, je dirais l'effondrement, parce que vous savez, quand ces grosses boîtes, on a quand même...
05:14Bon, il y a aujourd'hui une désindustrialisation, tout le monde en est conscient,
05:18et il n'y a pas grand-chose qui a été fait depuis des années sur ce problème qui est majeur.
05:23La France est le pays le plus désindustrialisé d'Europe, le plus désindustrialisé d'Europe avec la Grèce.
05:29Non, mais c'est quand même un truc de fou.
05:31Et pendant ce temps-là, qu'est-ce que fait le pouvoir ?
05:34Eh bien, on va taper, grâce à cette surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises,
05:40on va taper sur les fleurons.
05:42C'est-à-dire les fleurons, c'est l'aéronautique, l'agroalimentaire, l'armement...
05:48Au nom de quoi, certes, les ministres qui se succèdent, hier, ici même à votre place,
05:52la ministre Robert, j'ai dit, mais c'est le totem de la stabilité, il nous faut de la stabilité,
05:58il nous faut un budget futile, pas à la hauteur.
06:02Que répondez-vous à cela ?
06:04Eh bien, le journal Le Point, il y a quelques mois, a demandé à Emmanuel Macron
06:09pas de partir, parce que c'est pas vraiment le rôle d'un journal,
06:14c'est pas le rôle des politiques, je comprends pas ça très bien,
06:17d'ailleurs, tous ces gens qui disent, il faut partez, partez,
06:20mais qui lui a dit que ce serait peut-être mieux qu'il parte, voilà, c'était dit très gentiment.
06:25Prenez vos responsabilités, ce que vous lui avez dit, en somme.
06:27Oui, parce qu'il pourrait partir la tête haute, je vais vous dire, là,
06:30il va partir la tête basse, avec du goudron et des plumes.
06:35Mais oui, au rythme où ça va, mais attendez, mais je veux dire,
06:38il suffit d'aller dans la France profonde, alors évidemment, il y a des endroits,
06:42c'est sûr, dans les grandes métropoles, on voit pas les choses tout à fait de la même façon,
06:46mais il y a toute une partie du pays qui n'en peut plus.
06:50Et tout simplement, il y a besoin de décision, de prendre des décisions.
06:54Vous savez, la baïa, ça m'a frappé, ça c'est un cas d'école.
06:58La baïa, bon, c'était un truc qu'avaient trouvé les islamistes,
07:01comme ça, pour faire de l'entrisme dans l'école.
07:03La décision de Gabriel Attal décide, quand il est ministre de l'Education,
07:07d'interdire la baïa, tout le monde a dit, mais non, ça marchera jamais, ça va.
07:10C'est passé, c'est passé.
07:12C'est-à-dire, quand on est ministre, quand on est gouvernant,
07:17on décide, personne ne décide rien.
07:20Regardez quand même, écoutez, ou alors, quand ils décident,
07:23il y a le Conseil d'État ou le Conseil constitutionnel qui casse les trucs.
07:27Par exemple, la loi mineure, d'ailleurs, aussi toujours de Gabriel Attal,
07:31l'année dernière, vous vous souvenez, démolie par le Conseil constitutionnel,
07:35la loi immigration, alors là, on voit que le système complètement délirant,
07:40c'est-à-dire la loi immigration, qui est quand même dézinguée
07:44à partir de l'article 45 de la Constitution,
07:47qui dit le contraire de ce que le Conseil constitutionnel lui fait dire,
07:50c'est-à-dire qu'il s'assoit dessus, vous voyez, le Conseil constitutionnel.
07:54Donc vous êtes en train de dire que le pouvoir n'a plus le pouvoir,
07:56que ce soit Emmanuel Macron ou quelqu'un d'autre,
07:57quelle différence alors, M. Gisbert ?
07:59Il faut le prendre, le pouvoir.
08:01Oui, le pouvoir, il se prend, il ne se donne pas.
08:03A Bruxelles, au Conseil d'État, au Conseil constitutionnel ?
08:05Mais ce n'est pas vrai.
08:06Si la France est désindustrialisée, vous savez très bien
08:09que ce n'est ni la faute à l'Europe, ni la faute à la mondialisation.
08:13C'est la faute à nous-mêmes.
08:14C'est la faute à notre surfiscalité sur les entreprises,
08:18et qui continue.
08:19Parce que, si vous voulez, toutes ces histoires que nous avons à régler,
08:22je pense notamment à la dette,
08:23ça peut se régler en augmentant la création de richesses.
08:27C'est ça, c'est ce que devraient faire les bons politiques.
08:29Mais au contraire, vous avez un État guichet
08:31qui doit donner de plus en plus d'argent,
08:34parce que les dépenses sociales ne cessent d'augmenter,
08:36et au lieu d'essayer d'élargir le gâteau
08:38pour avoir plus d'argent,
08:40au contraire, on rabougrit tout.
08:43Et c'est ça.
08:44J'entends.
08:44Alors, dans une telle situation...
08:45Moi, je dis que ce budget est idiot.
08:47J'entends.
08:47Il est anti-entreprise, il est anti-économique,
08:51enfin, voilà, c'est un budget socialiste,
08:53avec des guillemets,
08:53parce que les socialistes n'étaient pas aussi bêtes
08:55qu'il y a encore quelques années.
08:56Là, ils sont retournés dans l'âge de pierre de l'économie.
08:59Bon entendeur.
09:00Ben oui, bien sûr.
09:01Je vous sens remonter ce matin.
09:02Non, non, mais attendez, les socialistes,
09:03excusez-moi, du temps de Rocard,
09:05ou du temps de Moroy, de Lort,
09:06c'était quand même tout à fait autre chose.
09:08Même s'il y a eu beaucoup de bêtises en 80,
09:10après...
09:11Il y a Rocard et Olivier Faure,
09:12on a sauté des générations...
09:14C'est toujours la nuit, là, excusez-moi.
09:16Et vous voyez de quel côté la nuit.
09:20Reconnaissons que, par exemple,
09:21sur le plan international,
09:22il n'est pas évident aussi d'avoir une ligne conductrice,
09:25par exemple sur l'Iran.
09:26Vous voyez ce qui est en train de se passer.
09:28Au gré des jours,
09:29on passe dans la possibilité d'un accord
09:30à quand même une probabilité de guerre.
09:32Là encore, Emmanuel Macron est attaqué sur ce plan-là.
09:35Est-ce que vous estimez quand même
09:36que la voie de la France est parfois cohérente,
09:40ou alors qu'elle est totalement inexissante
09:42et que même nous sommes affaunes aujourd'hui ?
09:44On est un peu affaunes.
09:45Enfin bon, c'est un peu pas le seul truc qui fait bien.
09:48Mais c'est un peu facile,
09:49parce qu'il donne des leçons à Trump,
09:51il est loin de Trump,
09:52et puis ça va dire que ça ne porte pas
09:54et ce n'est pas grave.
09:55Et même chose,
09:57il donne des leçons à Poutine,
09:58mais il n'a pas peur d'eux, visiblement,
10:01mais il a peur des Français.
10:02Et c'est ça le problème,
10:03parce qu'il est président de la République française.
10:06C'est-à-dire que vous estimez
10:08qu'il ne défend pas suffisamment
10:09les intérêts de la France.
10:12Il était hier, notamment à Vesoul,
10:13face aux agriculteurs.
10:14Là encore, c'est un sujet de souveraineté,
10:16la souveraineté alimentaire.
10:16Vous estimez qu'il ne porte pas aussi les dossiers ?
10:18Mais non, mais c'est très bien
10:19qu'il aille parler avec les agriculteurs.
10:21C'est son boulot, d'une certaine manière.
10:23Mais enfin, il faut dire justement,
10:25gouverner, ce n'est pas parler.
10:27Gouverner, c'est agir.
10:28La grande différence, si vous voulez,
10:29Macron et Trump se ressemblent beaucoup.
10:31Enfin non, à ceci près que Trump
10:34ait une vulgarité insane.
10:37Mais Trump, il y a quelque chose de...
10:39Oui, c'est narcissique, égotique.
10:42Avez-vous déjà connu un président
10:44qui ne soit pas narcissique ?
10:45Tout pour ma gueule, tout pour ma gueule.
10:46Non, non, non, non.
10:47C'est-à-dire, le président, d'accord,
10:49il y a eu des présidents qui étaient
10:50assez narcissiques.
10:52Mais il y avait quand même l'idée
10:55toujours de l'intérêt général
10:56à un moment donné.
10:57Mais là, il n'y a pas d'intérêt général.
10:58Il n'est plus question de rien.
11:00C'est juste, je veux rester.
11:00Je veux finir mon mandat.
11:02Très bien.
11:03Sébastien Lecornu, qui est d'ailleurs
11:04très malin et qui essaie
11:06de faire les choses au mieux,
11:07qui est là pour essayer
11:08de le faire durer encore un an
11:10et trois mois à tirer.
11:11Nous en sommes là.
11:13Avec tous les défis dont vous venez
11:15de parler, la seule volonté
11:16de rester sans rien faire,
11:18on peut se payer ce luxe aujourd'hui ?
11:20Apparemment, c'est ce que le président
11:21de la République a décidé pour nous.
11:24Mais c'est ça le problème aujourd'hui.
11:27Et c'est pour ça que tout...
11:29Enfin, je veux dire, vous avez un bateau
11:31qui est en train de couler.
11:33C'est pour ça que j'ai peut-être
11:34ce ton ce matin.
11:36Mais ça fait des années...
11:37C'est votre sincérité.
11:38Ça fait des années que ça dure.
11:39Oui, bien sûr.
11:39Mais moi, c'est comme ça
11:41que je vis les choses.
11:41C'est comme ça que je les ressens.
11:42Et j'ai l'impression qu'il y a
11:43beaucoup de Français
11:43qui ressentent des choses comme ça.
11:44qui, pardonnez-moi, pourra maintenir
11:45le bateau à flot.
11:47C'est la véritable question.
11:49Côté politique et judiciaire,
11:51c'est la grande incertitude
11:52qui plane sur l'avenir
11:52de Marine Le Pen.
11:53Après, vous le savez,
11:54les réquisitions au procès
11:55en appel des assistants
11:56parlementaires du FN.
11:58Cinq ans d'inéligibilité,
11:59France-Olivier Gisbert,
12:00sans exécution provisoire.
12:01Mais si les réquisitions
12:03sont suivies,
12:03Marine Le Pen a fait savoir
12:04d'ores et déjà
12:05que son avenir est empêché,
12:09qu'elle est empêchée.
12:10La messe est dite, selon vous ?
12:11J'ai l'impression.
12:13Ce n'est pas sûr,
12:14mais j'ai l'impression.
12:15Alors, cela étant,
12:16il y a toujours un problème
12:17avec cette justice
12:17parce que l'avocat général,
12:19j'ai entendu son discours,
12:21il est furaxe contre la politisation,
12:24contre les critiques.
12:26Enfin, c'est normal.
12:27La justice, c'est un pouvoir
12:28et c'est normal qu'on le conteste.
12:30Ou alors, je ne sais plus,
12:31on n'est plus Français,
12:32on n'est plus en démocratie.
12:33Alors, peut-être donner raison,
12:35effectivement, à J.D. Vendres
12:36dans son célèbre discours sur l'Europe,
12:37mais je pense que nous, Européens,
12:40on a le droit de contester
12:41et d'ailleurs,
12:42c'est la même chose
12:42pour la commission sur l'audiovisuel.
12:45Tous ces gens-là
12:45ne veulent pas, moi,
12:47dans mon boulot de journaliste,
12:48on peut interroger le service public.
12:50J'ai toujours accepté les critiques,
12:52j'ai été viré par le pouvoir politique,
12:55j'ai eu des demandes,
12:56enfin, vous pouvez vérifier tout ça
12:58et documenter régulièrement, etc.
13:00Et j'ai toujours trouvé ça normal.
13:02J'ai trouvé ça normal
13:03parce que, d'une certaine manière,
13:04je l'avais cherché
13:05en disant la vérité,
13:07peut-être d'une manière
13:08peut-être un peu forte avec...
13:11C'est normal.
13:12Et ça, ces gens-là,
13:14qui ont un pouvoir,
13:16refusent de rendre des comptes.
13:17Mais c'est tout à fait...
13:18Enfin, comment dire ?
13:19Il y a quelque chose qui cloche là.
13:20Alors, je vais vous dire sur la politisation,
13:22parce que ça, c'est important,
13:23l'avocat général qui parle de politisation.
13:25Moi, je pose toujours la question.
13:26Je l'ai posé depuis le début.
13:27Quand il y a eu le premier verdict
13:30sur Marine Le Pen,
13:31j'ai rappelé quand même
13:32le communiqué
13:33de l'Office européen antifraude
13:37qui avait dit
13:38« Ouais, ouais, d'accord, c'est très bien.
13:40Bon, il y a eu Bayrou,
13:40vous avez très bien,
13:41vous avez fait le truc »
13:42parce que tout ça part,
13:44évidemment, d'une alerte
13:45de l'Office européen antifraude,
13:48d'une alerte qui avait signalé
13:49c'est fait.
13:51Donc, vous avez réglé
13:52le problème Bayrou,
13:53vous avez réglé le problème Le Pen
13:54et Mélenchon.
13:55Mélenchon, il n'a pas commencé
13:56parce qu'il y avait aussi
13:57une alerte sur Mélenchon.
13:59Il y a trois procès
13:59où il y a une gémélité
14:00dans les procès.
14:00On regarde ça sous le coude,
14:01c'est-à-dire le parquet national financier.
14:03Bon, de temps en temps,
14:04il tape sur quelqu'un à gauche.
14:06Bon, c'est juste comme ça,
14:08pas pour se donner bonne conscience,
14:09mais pour donner le sentiment
14:10d'être un peu équilibré.
14:12Mais on sait très bien
14:12qu'il tape toujours
14:13uniquement dans le même sens.
14:15Donc, pour vous,
14:16c'est totalement politisé,
14:17c'est totalement pour empêcher
14:18Marine Le Pen d'accéder.
14:20Il n'y a pas l'ombre d'un doute.
14:22Oui, c'est comme ça
14:24que je vois les choses.
14:25Je suis désolé de le dire,
14:27mais c'est comme ça
14:27que je vois les choses
14:28depuis le début.
14:29Et d'ailleurs,
14:30vous pouvez le vérifier,
14:31je l'ai même dit,
14:32je pensais qu'elle allait
14:33directement dans le mur
14:34avec cette histoire
14:35parce que tout ça
14:36était près d'avance.
14:37Bon, mais ça ne va rien changer.
14:39Alors, elle, c'est...
14:40Ça ne va rien changer
14:40parce qu'il y a le plan B.
14:41Alors, justement,
14:42le plan B, parlons-en,
14:43parce qu'est-ce qu'il a...
14:44Vous aviez écrit d'ailleurs
14:45que Marine Le Pen
14:46avait depuis des années
14:47le brevet
14:48de la première opposante.
14:50Est-ce qu'on passe
14:50comme ça le relais ?
14:51Est-ce que Jordan Bardella,
14:52selon vous,
14:53dispose de ce brevet
14:54du premier opposant aujourd'hui ?
14:56Crédible, solide ?
14:57Clairement, il n'a pas ce brevet.
14:59Mais vous savez,
14:59la politique,
15:00on passe toujours,
15:01on peut passer
15:02à travers des trous de souris.
15:04Emmanuel Macron
15:04nous l'a prouvé en 2017.
15:06Donc, tout est possible.
15:08Enfin, on est encore
15:09à un an et demi,
15:10il peut se passer
15:10beaucoup de choses d'ailleurs.
15:11Et puis, peut-être que brusquement,
15:13il y aura un retournement
15:15qui fera que les Français
15:17iront vers quelqu'un d'autre.
15:18Mais qui ?
15:18Alors, quand on voit
15:19le bloc central,
15:20les divisions,
15:21que personne ne se réclame plus
15:22du macronisme,
15:23qui peut incarner,
15:24selon vous,
15:24François-Olivier Gisbert ?
15:25Et vous les connaissez très bien.
15:27Eh bien, ce bloc central
15:28ou ce qu'il en reste,
15:29parce qu'il est un peu abîmé,
15:31voire inexistant.
15:33Il a, le bloc central,
15:35énormément de personnalités fortes.
15:37Desquelles ?
15:38Attendez.
15:39Fortes, vous avez dit.
15:39Bah oui, Laurent Wauquiez,
15:41enfin, dans l'ordre,
15:43je voudrais dire,
15:43Bruno Retailleau,
15:45Laurent Wauquiez,
15:46David Lissnard,
15:48enfin, ça peut continuer,
15:49Christian Estroisier,
15:50enfin, il y a toute une série
15:50de personnalités comme ça.
15:52Bah oui, on peut remettre
15:53un paquet.
15:53Robert Lénard.
15:55Non mais attendez,
15:55c'est pas la cour du chevaux.
15:57Mais c'est le bloc central,
15:58Valérie Pécresse, etc.
15:59Enfin, on peut continuer.
16:00Oui, mais oui.
16:01Mais il y a des personnalités.
16:03Ils ont des personnalités.
16:04Il y a des personnalités,
16:04mais est-ce qu'il y a des candidats
16:05vraiment qui ont l'étoffe
16:06d'un président ?
16:08Au sens où, vous l'entendez,
16:09des présidents qui décident.
16:10Et comme De Gaulle,
16:11non, non, non, non, non.
16:13Bah ça, oui, je pense.
16:14Je pense.
16:15Vous savez, d'abord,
16:17il faut arrêter de vouloir
16:18des gens intelligents.
16:20C'est le cas un peu des Français
16:22depuis longtemps.
16:22Ils veulent toujours
16:23des présidents intelligents
16:24qui présentent bien,
16:24qui parlent anglais, etc.
16:25Ils veulent surtout
16:26des présidents efficaces,
16:27ne pensez-vous pas ?
16:27Oui, oui, mais je pense
16:28que l'efficacité,
16:30la première qualité,
16:32ça devrait être
16:33le courage et la volonté
16:34et l'intelligence en deuxième.
16:35C'est pas antinomique
16:35de l'intelligence, rassurée.
16:36Oui, oui, c'est antinomique.
16:37Mais l'intelligence
16:39sans courage et sans volonté,
16:40ça ne sert absolument à rien
16:41et ça ne va nulle part.
16:42Qui est-on en train
16:43de décrire, là ?
16:44Oh, bah, vous voyez très bien qui, hein ?
16:46La personne dont j'ai parlé
16:47au début.
16:48J'ai bien compris.
16:49Alors, il y a les sujets
16:50qui sont ceux-là.
16:52Il y a aussi des sujets
16:52sensibles, délicats
16:55et même qui appellent
16:56véritablement, oui,
16:57un côté civilisationnel,
16:59il faut oser le mot,
17:00puisqu'après le nom au Sénat,
17:02le texte sur l'euthanasie
17:03est revenu à l'Assemblée nationale
17:05pour une deuxième lecture.
17:07Justement, qu'est-ce que vous en pensez ?
17:08Certains disent
17:08que c'est une rupture anthropologique
17:10alors que je vois
17:10la présidente de l'Assemblée nationale
17:11qui dit qu'il faut aller vite,
17:12il faut aller vite,
17:13on a besoin d'un tel texte.
17:15Il y a quand même...
17:16C'est assez vertigineux.
17:17Je suis désolé,
17:18ils ont la tête à l'envers.
17:19Enfin, avec tous les problèmes
17:21qui se posent aujourd'hui à la France.
17:22On en a parlé, là.
17:23On a commencé par l'école.
17:24Enfin, c'est quand même
17:25un sujet absolument fondamental.
17:27Les refus d'obtempérer.
17:28Et là, c'est l'euthanasie,
17:30c'est urgent.
17:30Il y a eu une très bonne loi avant,
17:32c'était la loi Leonetti.
17:33Enfin, elle est toujours là, d'ailleurs.
17:35Elle fonctionne.
17:36Je ne vois pas où était l'urgence.
17:38Mais ça, c'est de la com'.
17:40On vit dans la com'.
17:42Sur un tel sujet,
17:42il y a eu des questions de vie et de mort.
17:44C'est de la communication.
17:45Mais bien sûr,
17:46c'est toujours pour exister,
17:48pour faire des choses,
17:49parce qu'on n'a pas le courage
17:50d'avronter les vrais sujets.
17:52Parce que c'est un sujet
17:53qui, d'une certaine manière,
17:55est réglé par la loi Leonetti.
17:57On peut rajouter,
17:58empiler des trucs,
17:59mais la loi Leonetti,
18:00elle est là.
18:02Elle sert.
18:03Le cadre de boussole.
18:04Et personne ne la conteste.
18:05Oui, c'est une boussole.
18:06Vous parlez du courage
18:07d'aborder certains sujets.
18:08C'est vrai que les politiques français
18:10qu'on interroge
18:10sont assez affaunes, là encore,
18:12sur le scandale tentaculaire
18:13des Epstein Files
18:14et de leur volet français
18:16où il est cité.
18:18Par exemple, un nom qui est cité
18:19des centaines de fois,
18:21celui de Jack Lang
18:22qui est à la tête
18:23de l'Institut du Monde Arabe.
18:25Je demande depuis le début de semaine
18:26est-ce qu'il faut l'ouverture
18:27d'une commission d'enquête parlementaire ?
18:29Ce sont des millions
18:29et des millions de fichiers.
18:31Est-ce qu'il faut faire
18:31la différence d'implication,
18:34ce qui serait très grave ?
18:35Là, nous parlons de choses
18:36qui sont éminemment,
18:37évidemment, graves.
18:39Évidemment.
18:40C'est tout à fait normal
18:41de faire une commission
18:42d'enquête parlementaire
18:43et puis de laisser
18:44la commission d'enquête parlementaire
18:46travailler.
18:47Travailler parce qu'on voit
18:48qu'il y a toujours
18:49une espèce de...
18:49La démocratie, c'est ça.
18:53C'est ça.
18:54C'est faire des commissions d'enquête
18:55qui essayent de comprendre les choses
18:57et puis si ça va trop loin,
18:58on tape sur les doigts
19:00du rapporteur ou du président.
19:02Ça, ça a déjà été fait,
19:03d'ailleurs, dans l'histoire
19:04avec François Bayrou,
19:05vous vous souvenez très bien.
19:06Bien sûr.
19:07Et ça ne gêne personne.
19:09C'est très bien, bien sûr.
19:11Mais si vous voulez,
19:11cette affaire-là,
19:12elle montre une chose.
19:13C'est très difficile à commenter
19:14parce que c'est répugnant.
19:15C'est absolument répugnant.
19:16Mais c'est facile à...
19:18Enfin, comment dire ?
19:20Le pouvoir rend les hommes,
19:23les hommes fous
19:24et la sexualité les rend fous aussi.
19:27Quand vous avez les deux ensemble,
19:29ça donne l'affaire Epstein.
19:30C'est oui, ça donne l'affaire Epstein.
19:32Et qu'est-ce qu'on a envie de répondre ?
19:33Peut-être par le poème magnifique
19:37de Malarmé,
19:38c'est La chair est triste,
19:40hélas,
19:40c'est J'ai lu tous les livres,
19:42Fuir, là-bas,
19:42Fuir,
19:43Oui, on a envie de fuir.
19:44Mais l'exemplaire,
19:44Jack Lang,
19:45qui va s'expliquer certainement
19:46et qui assume ses liens
19:48avec Jeffrey Epstein,
19:49à tout le moins,
19:50quitter l'Institut du monde arabe.
19:51Je rappelle l'Institut du monde arabe
19:53quand même.
19:53C'est un rayonnement.
19:54Pas seulement d'ailleurs
19:55au niveau du monde arabe,
19:56mais au-delà.
19:58Je pense, bien sûr,
19:59il faudrait en tirer les conclusions.
20:00Mais de toute façon,
20:01il faut, là-dessus,
20:02je pense qu'il faudrait
20:03une commission d'enquête,
20:04même si la France
20:05n'est pas tellement concernée,
20:06mais enfin,
20:06quand même un peu.
20:08Mais je trouve,
20:09cette histoire,
20:09elle en dit long quand même
20:10sur la société,
20:12la dégradation des mœurs
20:14à tous les niveaux,
20:15ces gens,
20:16enfin,
20:16que ce soit le prince Rando,
20:18enfin,
20:18on connaît ça.
20:19Tout ça est effrayant.
20:21On a envie de retourner
20:22dans le voyage de la France
20:23d'avant.
20:25Ce n'était pas mieux avant.
20:26Oui, mais bon.
20:27C'était mieux
20:27sur certains points.
20:28Je ne sais pas
20:29quand c'était mieux,
20:29mais...
20:29Et c'était pire sur d'autres.
20:30Oui, oui,
20:31mais enfin,
20:31c'était pas...
20:32Et puis,
20:32il y avait la violence politique aussi
20:34qui est inhérente
20:34à l'histoire de France.
20:35Oui, mais avec parfois
20:36des grands hommes
20:36et des grandes femmes
20:37dans votre livre,
20:38donc on appelle
20:38nos auditeurs
20:39et téléspectateurs
20:39à le lire.
20:40Vraiment,
20:40ça fait du bien.
20:42Merci,
20:42François-Olivier Gisbert.
20:43Je vous remercie.
20:44Je vous souhaite
20:44une très bonne journée.
20:45Merci.
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