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Franz-Olivier Giesbert, journaliste et écrivain, était l’invité de #LaGrandeInterview de Sonia Mabrouk dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité ce matin est un observateur averti, très averti de la vie politique française depuis longtemps.
00:07Bonjour et bienvenue François-Olivier Gisbert.
00:09Bonjour Sainte-Barbouc.
00:10Merci de votre présence. Vous avez publié chez Gallimard le passionnant livre Voyage dans la France d'avant.
00:16Et justement dans cette France d'avant, François-Olivier Gisbert, on parlait de l'école comme d'un sanctuaire.
00:20Hélas, ce temps est révolu. Comment imaginer qu'un élève puisse porter des coups de couteau à sa professeure en pleine classe ?
00:26Je parle bien sûr du terrible drame dans le Var où une enseignante d'un collège de Sanary-sur-Mer a été poignardée à plusieurs reprises.
00:32Son état, je le précise, est stable à l'heure actuelle. Il n'y a pas de motif religieux ou politique à un tel acte.
00:38L'élève de 14 ans a été interpellé. Jusqu'où va-t-on ainsi ? Jusqu'où risque-t-on d'aller comme ça ?
00:43Ça peut continuer encore longtemps, dans la mesure où on ne fait rien, puisque nous ne sommes pas gouvernés.
00:48C'est la réalité des choses. C'est-à-dire qu'il y a une épidémie d'attaque au couteau dans les écoles.
00:52Alors, ce n'est pas tous les jours. Ce n'est pas du tout encore comme, par exemple, les refus d'obtempérer.
00:5863 par jour, 63 refus d'obtempérer. Et à force de ne rien faire, évidemment, la vague monte.
01:04Et c'est vrai que pour faire de temps en temps des conférences dans les lycées, puisque ma mère a été prof de filo et j'adore retrouver l'ambiance des lycées,
01:11j'ai remarqué que chez les enseignants, il y a une espèce de peur qui monte.
01:16Oui, bien sûr. Ils sont angoissés, comme d'ailleurs toute une partie du pays.
01:19Et c'est ça le grand sujet. Nous ne sommes pas gouvernés.
01:23C'est-à-dire que, bon, vous avez...
01:25Mais depuis très longtemps, France, parce que si votre maman, on lui rend hommage, était professeure...
01:30Professeure de filo, oui.
01:31Professeure de filo, j'imagine que les mots d'autorité, de respect, de différence même par rapport à un professeur de laïcité...
01:38C'est très important parce qu'elle était catho, mais vraiment très catho.
01:41Ce qui n'empêche pas de respecter la laïcité.
01:43Elle faisait aussi de la politique, elle était rocardienne, mais la politique ne devait pas entrer non plus dans l'école.
01:47C'est-à-dire que nous sommes en plein dans le procès des complicités pour l'assassinat terroriste de Samuel Paty.
01:53C'est un message qu'on envoie également à tous les professeurs.
01:55Alors là, ce sont d'autres motivations.
01:57Qu'est-ce qu'on peut dire aujourd'hui à ces hussards de la République ?
02:00Il faudrait dire d'abord à nos politiques d'arrêter de commenter avec, je ne sais pas, je suis saisie d'effroi, je condamne, enfin...
02:09La République ne cèdera pas ?
02:10Mais non, parce que la République, évidemment, elle cède puisqu'elle ne fait rien.
02:14Vous savez, De Gaulle avait une bonne phrase sur la façon de gouverner.
02:18Il disait, à propos de Pompidou d'ailleurs, qui trouvait, comment dire, un peu malassant,
02:22il disait toujours, gouverner c'est dire non, non, non, non, non.
02:24Ça c'est dans les mémoires de Focard.
02:27C'est ça sa formule.
02:28Et c'est très juste.
02:29On sait ça, y compris quand on a une petite PME.
02:31On sait quand on doit diriger, on dit non une grande partie de la journée.
02:35Mais on a un pouvoir qui dit oui, qui laisse faire, qui s'en fout.
02:39C'est très étrange, regardez.
02:40Y a-t-il un pilote dans l'avion, là, ce film-là ?
02:43Je pense que...
02:45C'est la question qu'on peut se poser.
02:47C'est vrai qu'on a un président qui a tendance à se prendre pour Tom Cruise.
02:49Là, il a pris les lunettes aviateurs.
02:50Mais moi, il me fait plutôt penser à l'acteur génial, Leslie Nielsen, je ne sais pas si vous voulez, avec les cheveux blancs,
02:56de Y a-t-il un pilote dans l'avion ?
02:57C'est-à-dire, on ne contrôle rien et d'une certaine manière, on s'en fout, on est sur autre chose.
03:01Mais reconnaissons que là, que les dossiers...
03:02Ce n'est plus un film comique, c'est un film tragique.
03:04Mais tragique, parce que les professeurs sont en danger, les policiers menacés.
03:07Vous avez évoqué les refus d'obtempérer, c'est une véritable litanie.
03:1163 par jour, mais c'est du délire.
03:13Et puis ça monte chaque année.
03:15Mais une société, François-Olivier Gisbert, où ceux qui nous apprennent sont en danger,
03:21ceux qui nous protègent le sont également, qu'est-ce que ça peut donner ?
03:24Ça va nulle part.
03:25Ça va directement dans le mur.
03:26Alors, quand vous rajoutez à tout ça...
03:29Alors, bon, je n'ai pas envie de continuer là-dessus,
03:32parce que la situation est tellement atroce.
03:34Mais la dette, la dette, parce qu'il faudra quand même payer 100 milliards,
03:41qu'on sera obligé de payer.
03:42Ce n'est pas le remboursement, comme on peut croire.
03:44Ce n'est pas le remboursement.
03:45C'est juste la charge de la dette, c'est-à-dire le remboursement des intérêts.
03:49100 milliards en 2029.
03:50Vous dites effondrement moral, effondrement sécuritaire, effondrement économique, ça va ensemble ?
03:57Mélenchon parle toujours de la convergence des luttes.
03:59On peut peut-être parler aussi de la convergence des crises qui arrivent toutes en même temps.
04:04Et donc, si vous voulez, le pouvoir en face de ça, ce qui est absolument désolant, c'est qu'il ne fait rien.
04:11Et qu'il ne fait rien, et que la seule décision qu'on a eue ces derniers temps, c'est un budget, un budget idiot.
04:18Ça, il faut répéter ça.
04:19En tous les cas, qui ne correspond pas aux aspirations des chefs d'entreprise,
04:24qui correspond aux aspirations de pas grand monde, sauf peut-être au Parti Socialiste.
04:29Oui, c'est un budget socialiste, mais c'est un budget, je le répète, totalement idiot.
04:33Pourquoi idiot ?
04:34La grande mesure, vous voyez, c'est qu'on va faire payer les entreprises.
04:38Mesure purement dédagogique.
04:39On pourrait faire un peu de pédagogie, d'expliquer que ces bénéfices qu'on va taxer,
04:4440% pour les entreprises de plus de 3 milliards, et 20% pour les entreprises entre 1 milliard et 3 milliards,
04:50donc c'est des coups de bâton.
04:52Ça veut dire quoi ? On sait très bien, on a appris ça déjà il y a longtemps,
04:56les bénéfices d'aujourd'hui sont les investissements de demain, qui sont les emplois d'après-demain.
05:00Mais ce pouvoir s'en fout.
05:02C'est-à-dire que c'est un budget qui va augmenter mécaniquement le chômage, dites-vous ?
05:07Non, je dirais l'effondrement, parce que vous savez, quand ces grosses boîtes,
05:11on a quand même, bon, il y a aujourd'hui une désindustrialisation, tout le monde en est conscient,
05:16et il n'y a pas grand-chose qui a été fait depuis des années sur ce problème qui est majeur.
05:21La France est le pays le plus désindustrialisé d'Europe, le plus désindustrialisé d'Europe avec la Grèce.
05:28Non, mais c'est quand même un truc de fou.
05:30Et pendant ce temps-là, qu'est-ce que fait le pouvoir ?
05:33Eh bien, on va taper, grâce à cette surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises,
05:39on va taper sur les fleurons.
05:41C'est-à-dire les fleurons, c'est l'aéronautique, l'agroalimentaire, l'armement, tout de suite.
05:47Au nom de quoi ? Les ministres qui se succèdent, hier, ici même à votre place, la ministre Robert, j'ai dit,
05:52mais c'est le totem de la stabilité, il nous faut de la stabilité, il nous faut un budget futile,
05:58pas à la hauteur.
06:00Que répondez-vous à cela ?
06:02Eh bien, le journal Le Point, il y a quelques mois, a demandé à Emmanuel Macron, pas de partir,
06:10parce que ce n'est pas vraiment le rôle d'un journal, ce n'est pas le rôle des politiques,
06:14je ne comprends pas ça très bien d'ailleurs, tous ces gens qui disent, il faut partez, partez,
06:19mais qui lui a dit que ce serait peut-être mieux qu'il parte, voilà, c'était dit très gentiment.
06:23Prenez vos responsabilités, ce que vous lui avez dit en tout cas.
06:25Oui, parce qu'il pourrait partir la tête haute, et je vais vous dire là, il va partir la tête basse,
06:31avec du goudron et des plumes, mais oui, au rythme où ça va, mais attendez,
06:36mais je veux dire, il suffit d'aller dans la France profonde, alors évidemment,
06:40il y a des endroits, c'est sûr que dans les grandes métropoles, on ne voit pas les choses tout à fait de la même façon,
06:45mais il y a toute une partie du pays qui n'en peut plus, et tout simplement, il y a besoin de décision,
06:50de prendre des décisions, vous savez, la baïa, ça m'a frappé, mais ça c'est un cas d'école,
06:56la baïa, bon, c'était un truc qu'avaient trouvé les islamistes comme ça pour faire de l'entrisme dans l'école,
07:02la décision de Gabriel Attal décide, quand il est ministre de l'Education, d'interdire la baïa,
07:07tout le monde a dit, mais non, ça ne marchera jamais, ça va, c'est passé, c'est passé, c'est-à-dire...
07:11Il suffit de décider de trancher pour vous.
07:13Mais bien sûr, quand on est ministre, quand on est gouvernant, on décide, personne ne décide rien.
07:18Regardez quand même, écoutez, ou alors quand ils décident, il y a le Conseil d'État ou le Conseil constitutionnel
07:24qui cassent les trucs, par exemple, la loi mineure, d'ailleurs aussi toujours de Gabriel Attal l'année dernière,
07:30vous vous souvenez, démolie par le Conseil constitutionnel, la loi immigration...
07:35Alors là, on voit que le système complètement délirant, c'est-à-dire la loi immigration qui est quand même désinguée
07:42à partir de l'article 45 de la Constitution, qui dit le contraire de ce que le Conseil constitutionnel lui fait dire,
07:48c'est-à-dire qu'il s'assoit dessus, le Conseil constitutionnel...
07:52Donc vous êtes en train de dire que le pouvoir n'a plus le pouvoir, que ce soit Emmanuel Macron ou quelqu'un d'autre,
07:56quelle différence alors, M. Gisbert ?
07:58Eh bien, il faut le prendre, le pouvoir.
08:00Oui, le pouvoir, il se prend, il ne se donne pas...
08:02A Bruxelles, au Conseil d'État, au Conseil constitutionnel ?
08:04Mais ce n'est pas vrai.
08:05Si la France est désindustrialisée, vous savez très bien que ce n'est ni la faute à l'Europe,
08:09ni la faute à la mondialisation.
08:11C'est la faute à nous-mêmes.
08:13C'est la faute à notre surfiscalité sur les entreprises et qui continue.
08:17Parce que, si vous voulez, toutes ces histoires que nous avons à régler,
08:20je pense notamment à la dette,
08:22eh bien, ça peut se régler en augmentant la création de richesses.
08:25Et c'est ça, c'est ce que devraient faire les bons politiques.
08:28Mais au contraire, vous avez un État guiché qui doit donner de plus en plus d'argent
08:32parce que les dépenses sociales ne cessent d'augmenter.
08:34Et au lieu d'essayer d'élargir le gâteau pour avoir plus d'argent,
08:39au contraire, on rabougrit tout.
08:41Et c'est ça.
08:42J'entends.
08:43Alors, dans une telle situation...
08:44C'est pour ça que je dis que ce budget est idiot.
08:45J'entends.
08:46Il est anti-entreprise, il est anti-économique.
08:49Enfin, voilà, c'est un budget socialiste avec des guillemets
08:52parce que les socialistes n'étaient pas aussi bêtes il y a encore quelques années.
08:55Là, ils sont retournés dans l'âge de pierre de l'économie.
08:58Bon entendeur.
08:59Ben oui, bien sûr.
09:00Je vous sens remonter ce matin.
09:01Non, non, mais attendez.
09:01Les socialistes, excusez-moi, du temps de Rocard ou du temps de Moroy, de Laure,
09:05c'était quand même tout à fait autre chose.
09:07Même s'il y a eu beaucoup de bêtises en 81, après...
09:09Il y a Rocard et Olivier Faure, on a sauté des générations.
09:13C'est toujours la nuit, là.
09:14Excusez-moi.
09:14Et vous voyez de quel côté la nuit.
09:18Reconnaissons que, par exemple, sur le plan international,
09:20il n'est pas évident aussi d'avoir une ligne conductrice, par exemple sur l'Iran.
09:25Vous voyez ce qui est en train de se passer.
09:26Au gré des jours, on passe d'une possibilité d'un accord à quand même une probabilité de guerre.
09:31Là encore, Emmanuel Macron est attaqué sur ce plan-là.
09:33Est-ce que vous estimez quand même que la voie de la France est parfois cohérente
09:38ou alors qu'elle est totalement inexissante et que même nous sommes à faune aujourd'hui ?
09:42On est un peu à faune.
09:44Enfin bon, c'est un peu pas le seul truc qui fait bien.
09:46Mais c'est un peu facile parce qu'il donne des leçons à Trump.
09:50Il est loin de Trump.
09:51Et puis, d'une certaine façon, ça ne porte pas et ce n'est pas grave.
09:54Et même chose, il donne des leçons à Poutine.
09:57Mais il n'a pas peur d'eux, visiblement.
09:59Mais il a peur des Français.
10:00Et c'est ça le problème.
10:02Parce qu'il est président de la République française.
10:05C'est-à-dire que vous estimez qu'il ne défend pas suffisamment les intérêts de la France.
10:10Il était hier notamment à Vesoul face aux agriculteurs.
10:12Là encore, c'est un sujet de souveraineté.
10:14La souveraineté alimentaire, vous estimez qu'il ne porte pas aussi les dossiers ?
10:17C'est très bien qu'il aille parler avec les agriculteurs.
10:19C'est son boulot d'une certaine manière.
10:22Mais enfin, il faut aussi justement...
10:24Gouverner, ce n'est pas parler.
10:25Gouverner, c'est agir.
10:26La grande différence, si vous voulez...
10:28Macron et Trump se ressemblent beaucoup.
10:30Moi, enfin non.
10:31À ceci près que Trump ait une vulgarité insane.
10:34Mais Trump, il y a quelque chose de...
10:38Oui, c'est narcissique, égotique.
10:41Avez-vous déjà connu un président qui ne soit pas narcissique ?
10:43Tout pour ma gueule.
10:44Tout pour ma gueule.
10:45Non, non, non, non.
10:46C'est-à-dire, le président, d'accord, il y a eu des présidents qui étaient assez narcissiques.
10:51Mais il y avait quand même l'idée toujours de l'intérêt général à un moment donné.
10:55Mais là, il n'y a pas d'intérêt général.
10:57Il n'est plus question de rien.
10:58C'est juste, je veux rester.
10:59Je veux finir mon mandat.
11:01Très bien.
11:01Il a Sébastien Lecornu, qui est d'ailleurs très malin et qui essaie de faire les choses au mieux,
11:06qui est là pour essayer de le faire durer encore un an et trois mois à tirer.
11:10Nous en sommes là.
11:11Avec tous les défis dont vous venez de parler, la seule volonté de rester sans rien faire,
11:16on peut se payer ce luxe, l'envie ?
11:18Apparemment, c'est ce que le président de la République a décidé pour nous.
11:22Mais c'est ça le problème aujourd'hui.
11:24C'est pour ça que vous avez un bateau qui est en train de couler.
11:32C'est pour ça que j'ai peut-être ce ton ce matin, mais ça fait des années que ça dure.
11:37Oui, bien sûr, mais moi, c'est comme ça que je vis les choses, c'est comme ça que je les ressens.
11:41J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de Français qui ressentent des choses comme ça.
11:43Mais alors qui, pardonnez-moi, pourra maintenir le bateau à flot ?
11:45C'est la véritable question.
11:47Côté politique et judiciaire, c'est la grande incertitude qui plane sur l'avenir de Marine Le Pen.
11:52Après, vous le savez, les réquisitions au procès en appel des assistants parlementaires du FN.
11:56Cinq ans d'inéligibilité, François-Olivier Gisbert, sans exécution provisoire.
12:00Mais si les réquisitions sont suivies, Marine Le Pen a fait savoir d'ores et déjà que son avenir est empêché.
12:08La messe est dite, selon vous ?
12:10J'ai l'impression. Ce n'est pas sûr, mais j'ai l'impression.
12:13Alors cela étant, il y a toujours un problème avec cette justice parce que l'avocat général, j'ai entendu son discours,
12:20il est furax contre la politisation, contre les critiques.
12:25Enfin, c'est normal. La justice, c'est un pouvoir et c'est normal qu'on le conteste.
12:29Ou alors, je ne sais plus, on n'est plus Français, on n'est plus en démocratie.
12:31Alors, peut-être donner raison, effectivement, à J.D. Vance dans son célèbre discours sur l'Europe.
12:36Mais je pense que nous, Européens, on a le droit de contester.
12:40Et d'ailleurs, c'est la même chose pour la commission sur l'audiovisuel.
12:43Tous ces gens-là ne veulent pas, moi, dans mon boulot de journaliste, j'ai toujours accepté les critiques.
12:51J'ai été viré par le pouvoir politique.
12:54J'ai eu des demandes, enfin, vous pouvez vérifier tout ça et documenter régulièrement, etc.
12:59Et j'ai toujours trouvé ça normal.
13:00J'ai trouvé ça normal parce que, d'une certaine manière, je l'avais cherché en disant la vérité,
13:05peut-être d'une manière un petit peu, peut-être un peu forte.
13:09C'est normal.
13:11Et ça, ces gens-là, qui ont un pouvoir, refusent de rendre des comptes.
13:16Mais c'est tout à fait, enfin, comment dire, il y a quelque chose qui cloche là.
13:19Et alors, je vais vous dire sur la politisation, parce que ça, c'est important, l'avocat général qui parle de politisation.
13:23Moi, je pose toujours la question.
13:25Je l'ai posée depuis le début.
13:26Quand il y a eu le premier verdict sur Marine Le Pen, j'ai rappelé quand même le communiqué d'un office européen anti-fraude
13:36qui avait dit, ouais, ouais, d'accord, c'est très bien.
13:38Bon, il y a eu Bayrou.
13:39Vous avez très bien.
13:40Vous avez fait le truc parce que tout ça part, évidemment, d'une alerte d'un office européen anti-fraude,
13:46d'une alerte qui avait signalé ces faits.
13:49C'est fait.
13:50Donc, vous avez réglé le problème Bayrou, vous avez réglé le problème Le Pen et Mélenchon.
13:54Mélenchon, il n'a pas commencé parce qu'il y avait aussi une alerte sur Mélenchon.
13:57C'est-à-dire, il y a trois procès où il y a une gémellité dans les procès.
13:59On regarde ça sous le coude, c'est-à-dire le parquet national financier.
14:02Bon, de temps en temps, il tape sur quelqu'un à gauche.
14:05Bon, c'est juste comme ça, pas pour se donner bonne conscience, mais pour donner le sentiment d'être un peu équilibré.
14:10Mais on sait très bien qu'il tape toujours uniquement dans le même sens.
14:13Donc, pour vous, c'est totalement politisé, c'est totalement pour empêcher Marine Le Pen d'accéder.
14:18Il n'y a pas l'ombre d'un doute.
14:21Oui, c'est comme ça que je vois les choses.
14:23Je suis désolé de le dire, mais c'est comme ça que je vois les choses depuis le début.
14:27Et d'ailleurs, vous pouvez le vérifier, je l'ai même dit.
14:30Je pensais qu'elle allait directement dans le mur avec cette histoire parce que tout ça était près d'avance.
14:36Bon, mais ça ne va rien changer.
14:38Ça ne va rien changer parce qu'il y a le plan B.
14:40Alors, justement, le plan B, parlons-en, parce que vous aviez écrit d'ailleurs que Marine Le Pen avait depuis des années le brevet de la première opposante.
14:48Est-ce qu'on passe comme ça le relais ?
14:50Est-ce que Jordan Bardella, selon vous, dispose de ce brevet du premier opposant aujourd'hui ?
14:55Crédible, solide ?
14:56Clairement, il n'a pas ce brevet.
14:57Mais vous savez, la politique, on passe toujours, on peut passer à travers des trous de souris.
15:02Emmanuel Macron nous l'a prouvé en 2017.
15:05Donc, tout est possible.
15:06Enfin, on est encore à un an et demi, il peut se passer beaucoup de choses d'ailleurs.
15:10Et puis, peut-être que brusquement, il y aura un retournement qui fera que les Français iront vers quelqu'un d'autre.
15:17Mais qui ? Alors, quand on voit le bloc central, les divisions, que personne ne se réclame plus du macronisme,
15:21qui peut incarner, selon vous, François-Olivier Gisbert ?
15:23Et vous les connaissez très bien, ce bloc central, ou ce qu'il en reste, parce qu'il est un peu abîmé, voire inexistant.
15:30Il a, le bloc central, énormément de personnalités fortes.
15:36Lesquelles ?
15:36Attendez.
15:37Fortes, vous avez dit.
15:38Bah oui, Laurent Wauquiez, enfin, dans l'ordre, je vais dire, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez, David Lissnard, enfin, ça peut continuer, Christian Estroisier.
15:48Enfin, il y a toute une série de personnalités comme ça.
15:50Bah oui, on peut remettre un paquet.
15:51Robert Lennard, non mais attendez, c'est pas la cour des chevaux, mais c'est le bloc central, Valérie Pécresse, etc.
15:58On peut continuer, oui, mais oui, mais il y a des personnalités, ils ont des personnalités.
16:02Il y a des personnalités, mais est-ce qu'il y a des candidats, vraiment, qui ont l'étoffe d'un président ?
16:06Au sens où, vous l'entendez, des présidents qui décident, et comme De Gaulle, non, non, non, non, non.
16:11Bah ça oui, je pense.
16:12Qui ?
16:13Vous savez, d'abord, il faut arrêter de vouloir des gens intelligents.
16:18C'est le cas, un peu des Français depuis longtemps, ils veulent toujours des présidents intelligents qui présentent bien, qui parlent anglais, etc.
16:24Ils veulent surtout des présidents efficaces, ne pensez-vous pas ?
16:26Oui, oui, mais je pense que l'efficacité, ça devrait, enfin, la première qualité, ça devrait être le courage et la volonté, et l'intelligence en deuxième.
16:33C'est pas antinomique de l'intelligence, rassurée.
16:35Oui, oui, c'est pas antinomique, mais l'intelligence sans courage et sans volonté, ça ne sert absolument à rien, et ça ne va nulle part.
16:40Qui est-tu en train de l'écrire, là ?
16:42Oh, bah, vous voyez très bien qui, hein ?
16:45La personne dont j'ai parlé au début.
16:46J'ai bien compris. Alors, il y a les sujets, eh bien, qui sont ceux-là, il y a aussi des sujets sensibles, délicats,
16:53et même qui appellent véritablement, oui, un côté civilisationnel, il faut oser le mot,
16:59puisqu'après le nom au Sénat, le texte sur l'euthanasie, est revenu à l'Assemblée nationale pour une deuxième lecture.
17:05Justement, qu'est-ce que vous en pensez ? Certains disent que c'est une rupture anthropologique,
17:08alors que je vois la présidente de l'Assemblée nationale qui dit « il faut aller vite, il faut aller vite, on a besoin d'un tel texte ».
17:14Il y a quand même... C'est assez vertigineux.
17:16Je suis désolé, ils ont la tête à l'envers. Enfin, avec tous les problèmes qui se posent aujourd'hui à la fin.
17:20On en a parlé, là. On a commencé par l'école. Enfin, c'est quand même un sujet absolument fondamental.
17:25Les refus d'entempérer. Et là, c'est l'euthanasie, c'est urgent.
17:28Il y a eu une très bonne loi avant, c'était la loi Leonetti. Enfin, elle est toujours là, d'ailleurs.
17:33Elle fonctionne. Je ne vois pas où était l'urgence. Mais ça, c'est de la com'.
17:38Sur un tel sujet, il y a eu des questions de vie et de mort. C'est de la communication.
17:44Mais bien sûr, c'est toujours pour exister, pour faire des choses, parce qu'on n'a pas le courage d'avronter les vrais sujets.
17:50Et donc, parce que c'est un sujet qui, d'une certaine manière, est réglé par la loi Leonetti.
17:55Bon, alors, on peut rajouter, empiler des trucs, mais la loi Leonetti, elle est là et elle sert.
18:01Le cadre de boussole.
18:02Personne ne la conteste. Oui, c'est une boussole.
18:04Alors, vous parlez du courage d'aborder certains sujets.
18:06C'est vrai que là, les politiques français qu'on interroge sont assez affaunes, là encore,
18:10sur le scandale tentaculaire des Epstein Files et de leur volet français,
18:15où il est, par exemple, un nom qui est cité des centaines de fois, celui de Jack Lang,
18:21qui est à la tête de l'Institut du Monde Arabe.
18:23Je demande, depuis le début de semaine, est-ce qu'il faut l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire ?
18:27Ce sont des millions et des millions de fichiers.
18:29Est-ce qu'il faut faire la différence d'implication, ce qui serait très grave ?
18:33Là, nous parlons de choses qui sont éminemment, évidemment, graves.
18:37Évidemment.
18:38C'est tout à fait normal de faire une commission d'enquête parlementaire
18:41et puis de laisser la commission d'enquête parlementaire travailler.
18:46Travailler, parce qu'on voit qu'il y a toujours une espèce de...
18:48La démocratie, c'est ça.
18:51C'est ça, c'est de faire des commissions d'enquête qui essayent de comprendre les choses.
18:55Puis si ça va trop loin, on tape sur les doigts du rapporteur ou du président.
19:01Ça, ça a déjà été fait, d'ailleurs, dans l'histoire avec François Bayrou, vous vous souvenez très bien.
19:05Et ça ne gêne personne, c'est très bien, bien sûr.
19:09Mais si vous voulez, cette affaire-là, elle montre une chose, c'est très difficile à commenter parce que c'est répugnant.
19:14C'est absolument répugnant.
19:15Mais c'est facile, enfin, comment dire ?
19:18Le pouvoir rend les hommes, les hommes fous.
19:23Et la sexualité les rend fous aussi.
19:26Quand vous avez les deux ensemble, ça donne l'affaire Epstein.
19:29Oui, ça donne l'affaire Epstein.
19:30Et qu'est-ce qu'on a envie de répondre ?
19:32Peut-être par le poème magnifique de Malarmé, c'est « La chair est triste, hélas », c'est « J'ai lu tous les livres », « Fuir, là-bas, fuir ».
19:41Oui, on a envie de fuir.
19:42Mais l'exemplarité, Jack Lang qui va s'expliquer certainement et qui assume ses liens avec Jeffrey Epstein,
19:47à ce qu'il soit à tout le moins, quitter l'Institut du monde arabe.
19:50Je rappelle l'Institut du monde arabe quand même, c'est un rayonnement.
19:53Pas seulement d'ailleurs au niveau du monde arabe, mais au-delà.
19:56Je pense, bien sûr, qu'il faudrait en tirer les conclusions.
19:59Mais de toute façon, là-dessus, je pense qu'il faudrait une commission d'enquête,
20:03même si la France n'est pas tellement concernée, mais quand même un peu.
20:06Mais je trouve que cette histoire, elle en dit long quand même sur la société,
20:11la dégradation des mœurs à tous les niveaux, ces gens, enfin, que ce soit le prince Randon,
20:17enfin, on connaît ça, tout ça est effrayant.
20:19On a envie de retourner dans le voyage de la France d'avant.
20:23Ce n'était pas mieux avant, hein ?
20:25Oui, mais bon.
20:25C'était mieux sur certains points et c'était pire sur d'autres.
20:29Oui, oui, mais enfin, c'était pas.
20:31Et puis, il y avait la violence politique aussi qui est inhérente à l'histoire de France.
20:33Oui, mais avec parfois des grands hommes et des grandes femmes dans votre livre.
20:36Donc, on appelle nos auditeurs et téléspectateurs à le lire.
20:38Vraiment, ça fait du bien.
20:40Merci, François-Olivier Gisbert.
20:42Je vous remercie.
20:42Je vous souhaite une très bonne journée.
20:43Merci.
20:44Merci.
20:44C'est parti.
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