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  • il y a 12 heures
Chaque matin dans Europe 1 Matin, Dimitri Pavlenko reçoit un invité pour évoquer les dernières actualités. Aujourd'hui, Virginie Calmels, présidente de Croissance plus et présidente-fondatrice de Futurae.

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Transcription
00:00Il est 7h11 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin la présidente de Croissance Plus, Virginie Calmels.
00:06Bonjour Virginie Calmels.
00:07Bonjour Dimitri Pavlenko.
00:09Bienvenue sur Europe 1, Croissance Plus, le syndicat patronal.
00:11Vous êtes aussi présidente fondatrice de Futurae, école supérieure spécialisée dans les technologies de demain.
00:16On parle du budget ensemble ce matin, Virginie Calmels, puisqu'il a été adopté hier soir sans vote par 49.3.
00:22C'était attendu, on va le dire, par beaucoup de secteurs économiques qui dépendent beaucoup de la commande publique,
00:26parce que tout était bloqué jusque-là.
00:28Mais quel est le ton globalement chez les entrepreneurs, chez les adhérents de Croissance Plus,
00:32sur cette séquence budgétaire laborieuse et à rallonge ?
00:36Elle est jugée de façon assez sévère, comme une séquence assez désastreuse.
00:43Pourquoi ? Parce qu'on a vu finalement le gouvernement qui s'est laissé empêtrer dans des négociations avec l'EPS,
00:50qui ont conduit ce budget à être malheureusement une copie budgétaire de gauche,
00:55qui tape une fois de plus sur les entreprises, sur ceux qui produisent de la richesse en France.
01:01Et donc on a le sentiment qu'on a un peu vendu une pseudo-stabilité à court terme,
01:07on a vendu la confiance à long terme des acteurs économiques.
01:10Quelles sont les mesures qui vous font le plus stiquer dans ce budget ?
01:14Globalement, d'abord, c'est la mesure numéro un qui nous fait le plus stiquer,
01:18c'est qu'il n'y a pas de baisse de la dépense publique.
01:20Ça, c'est, je pense, le problème majeur pour les citoyens, pour les entrepreneurs,
01:24mais comme pour les salariés.
01:26C'est qu'à un moment donné, on considère qu'il faut d'abord que l'État s'applique,
01:30avec les collectivités locales bien sûr, une meilleure gestion.
01:34Voilà ce que nous, acteurs économiques, nous faisons nous-mêmes dans nos propres entreprises.
01:38Donc ça, c'est le premier, je dirais, l'éléphant dans la pièce qui manque vraiment,
01:43c'est l'absence de baisse de dépense.
01:45Et puis, bien évidemment, c'est que, comme ça avait déjà été le cas en 2025,
01:50les entreprises ont été la variable d'ajustement du budget, avec des surtaxes.
01:54Donc, vous la surtaxe sur les grandes entreprises, vous le savez,
01:57les 8 milliards, on nous explique que ça va toucher que 300 entreprises,
02:01ce qui est une méconnaissance flagrante de l'économie,
02:04parce que quand vous touchez aux grandes entreprises,
02:06vous touchez en fait à l'ensemble des acteurs économiques,
02:09puisque beaucoup de TPE, PME sont des sous-traitants de ces grands groupes.
02:14La suppression, enfin, la non-suppression de la CVAE, qui était une promesse.
02:19Donc, ce qui choque aussi derrière tout ça, indépendamment des mesures,
02:22c'est la démonétisation totale de la parole publique.
02:26On l'a vu avec ce renoncement à la réforme des retraites,
02:29qui était la seule réforme structurelle de fonds
02:33qui pouvait amener à restaurer un peu de confiance dans notre pays,
02:37de capacité à faire des économies,
02:39mais surtout de voir loin et d'arrêter de mettre sur le dos de nos enfants une dette abyssale.
02:45Eh bien, ce renoncement a coûté très cher,
02:47mais derrière, il n'a pas suffi.
02:49Et l'EPS a continué à faire danser le gouvernement,
02:52et au lieu que ce soit un solde de tout compte,
02:54malheureusement, on a vu des mesures qui s'additionnent,
02:57toutes ces taxes sur les entreprises.
02:59L'année dernière, c'était 15 milliards qui avaient été rajoutés au dernier moment
03:03pour boucler le budget en mars 2025.
03:06Eh bien, rebelote en janvier 2026.
03:09Et nous sommes inquiets parce que l'économie est évidemment la première à trinquer
03:14de toutes ces surcroît d'impôts.
03:16Trop d'impôts tue l'impôt, comme vous le savez.
03:18Et qu'est-ce qu'ils disent les adhérents de Croissance Plus face à cela ?
03:20Est-ce que, moi j'entends beaucoup parler d'un mouvement silencieux,
03:24mais de départ, ont une envie de partir, de quitter la France,
03:27d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte, et elle l'est, en tout cas sur le plan fiscal.
03:31Est-ce que c'est réel ça, ou est-ce que c'est de l'intimidation patronale, si je puis dire ?
03:34Non, vous savez, il y a eu une tribune qui s'appelle Troussetro,
03:37qui a été signée par plus de 2000 entrepreneurs.
03:42Ce n'est pas crié au loup, au contraire.
03:44Je veux dire, les entrepreneurs, d'abord, sont des personnes qui sont optimistes,
03:49sinon vous n'êtes pas entrepreneurs,
03:51qui vont de l'avant, qui sont résilients, globalement...
03:54Qui cherchent des solutions à des problèmes.
03:56Voilà, exactement.
03:57Donc, je n'aime pas quand on essaye,
03:59je crois que c'est Mme Léon de la CFDT qui a dit,
04:02regardez, ils se désintéresseraient de l'avenir du pays.
04:05Non.
04:07Ceux qui vont partir, ce n'est pas forcément ceux qu'on croit.
04:09Ce n'est pas forcément les nantis,
04:11ce n'est pas forcément ceux qui vont vouloir échapper,
04:13soi-disant, à l'impôt.
04:14Ce sont les jeunes.
04:15Ce sont ceux qui veulent gagner de l'argent.
04:17Oui, puis on leur envoie un système catastrophique.
04:19Vous savez, tout le débat qu'il y a eu sur la taxe Zuckman,
04:21en prétendant, par exemple, que si Arthur Mench ne pouvait pas payer son impôt,
04:25pas de problème, il pourrait donner 2% à l'État chaque année,
04:29et donc en disant avoir donné 20% de son entreprise.
04:32Ce sont des signaux catastrophiques pour les jeunes,
04:35qui leur donnent à penser que la France n'est plus un pays business friendly,
04:41un pays pro-business.
04:43Donc ça, c'est la première des mesures,
04:45c'est attention à la fuite des jeunes.
04:46Ensuite, vous avez des ETI,
04:48on n'en a pas assez en France,
04:49qui vont changer de main.
04:51Donc les entreprises de taille intermédiaire.
04:52Absolument, parce que l'âge moyen des dirigeants des ETI,
04:55eh bien, il vieillit,
04:57et il va y avoir des transmissions.
04:58Et là, le drame, c'est qui va venir faire son marché ?
05:01Ce sont des investisseurs étrangers
05:03qui vont venir racheter des entreprises françaises.
05:06Ensuite, vous avez le risque de la décélération,
05:09c'est-à-dire des gens qui ont travaillé toute leur vie beaucoup,
05:11et qui se disent finalement, à quoi bon ?
05:13On est toujours les dindons de la farce,
05:15donc on ralentit.
05:16C'est tous ces risques cumulés,
05:18bien avant le départ, l'exode.
05:21Malgré ça, il faut quand même être conscient
05:23que quand vous avez les statistiques à Dubaï,
05:25à Milan ou ailleurs,
05:26on constate beaucoup d'installations de français.
05:29Oui, qui sont des destinations privilégiées,
05:30effectivement, pour ceux qui veulent faire des affaires.
05:32Je voudrais vous faire réagir aussi, Virginie Calmel,
05:34à ce sondage Opinion Way,
05:36pour la Fondapol et le Cercle des Entrepreneurs Engagés.
05:3958% des répondants à ce sondage,
05:41donc je ne vais pas dire des français,
05:42parce qu'évidemment, c'est un échantillon,
05:43mais 58% tout de même pensent qu'un patron,
05:47un chef d'entreprise,
05:48ferait un bon président de la République.
05:49Alors, qu'est-ce que vous en pensez ?
05:51J'ai l'impression que c'est un peu paradoxal aussi,
05:54un peu contraire à ce qu'on entend aussi beaucoup,
05:56sur ces chefs d'entreprise,
05:58qui ne penseraient qu'à eux-mêmes,
05:59qui ne courraient qu'après leur enrichissement personnel,
06:01un peu ennemi du salarié.
06:02Il y a ce discours un peu anti-chef d'entreprise en France,
06:05et pourtant, on a ce chiffre étonnant,
06:07de 58%.
06:08Ça ne vous surprend pas ?
06:09Moi, il ne m'étonne pas,
06:10parce que quand on est chef d'entreprise,
06:12et quand on interroge en général nos salariés,
06:15ils aiment leurs entreprises,
06:17et ils sont conscients aussi de ce qu'est un patron,
06:20qu'il est nécessaire,
06:21que c'est un travail d'équipe,
06:22qu'il faut des patrons,
06:23qu'il faut des salariés,
06:24qu'ils travaillent ensemble dans la même direction.
06:26Donc, c'est vrai que les salariés aiment leur entreprise en général.
06:30Mais c'est la capacité à trancher, vous pensez ?
06:32C'est plutôt l'extrême gauche, etc.,
06:33qui nous fait croire, voyez,
06:35qu'il y aurait encore une lutte des classes,
06:37qui est complètement d'un autre âge.
06:39Aujourd'hui, on a du mal à recruter,
06:41on est au contraire,
06:42et chez Croissance Plus,
06:43très attaché au partage de la valeur.
06:45Nos salariés, on a plutôt envie de les choyer,
06:47et de partager les fruits de la croissance avec eux.
06:50Maintenant, est-ce qu'un entrepreneur ferait un bon politique ?
06:53Je pense qu'il y a deux temps en politique.
06:56Il y a le temps de la conquête,
06:57où là, on peut se dire que c'est un vrai métier,
07:00et que les politiques sont bien plus aguerris
07:02pour mener des campagnes et conquérir le pouvoir.
07:04En revanche, le temps de l'exercice du pouvoir,
07:09là, clairement, il me semble que des chefs d'entreprise auraient des qualités,
07:12parce qu'il faut de la vision,
07:14il faut de la capacité d'exécution,
07:16il faut, je pense, de la capacité de leadership, d'entraînement,
07:21et ce sont des qualités importantes.
07:22Et puis, on le voit quand on parle du budget,
07:24il faudrait des qualités de gestionnaire,
07:26et visiblement, elle manque à pas mal de nos hommes et femmes politiques.
07:30Merci Virginie Calmels,
07:31la présidente de Croissance Plus était l'invité d'Europe un matin.
07:34Bonjour, merci et bonne journée à vous Virginie Calmels.
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