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00:00Bienvenue à vous toutes et à vous tous et merci d'être avec nous pour cette émission
00:07avec Judith diffusée sur YouTube Première de France 24 et toutes les plateformes de podcast.
00:13Mes invités reviennent sur leur parcours, les changements dans leur vie,
00:17les circonstances de ces changements et leurs conséquences.
00:21Bonjour Didier Leski.
00:22Bonjour.
00:23Vous êtes préfet de la République.
00:24Vous avez été en poste en Seine-Saint-Denis de 2013 à 2016, chargé de l'égalité des chances,
00:31directeur général de l'OFI, l'Office français de l'immigration et de l'intégration,
00:36ancien responsable des cultes du ministère de l'Intérieur, auteur de nombreux ouvrages dont
00:41République ou Barbarie, co-écrit avec Régis Debray, philosophe et médiologue,
00:48et Jean-François Colossimo, spécialiste des religions aux éditions du Cerf,
00:53auteur également de « Misère de l'islam en France », toujours aux éditions du Cerf,
01:02et puis auteur de ce tract, ce grand dérangement, ce grand dérangement, l'immigration en face
01:10chez Gallimard.
01:13Mais avant de commencer notre entretien, vous vouliez revenir sur la situation au Venezuela.
01:18Oui, parce que c'est une situation qui m'affecte, je dirais, personnellement beaucoup,
01:23parce que l'Amérique latine en général, c'était pour ma génération l'espoir de voir des socialismes
01:30démocratiques et des choses qui réussissent, rendent mieux que ce qu'on avait pu espérer,
01:35en particulier dans ce qu'on a appelé les pays de l'Est.
01:36Et tout a été entravé, d'abord de manière tragique, on peut penser au Chili,
01:42avec le coup d'État organisé par les services secrets américains,
01:46et qui va amener des dizaines de milliers de militants à être assassinés.
01:51Mais surtout, et c'est ce qui est de plus triste,
01:54ce sont ces expériences sur lesquelles on avait beaucoup investi,
01:57et qui n'ont pas été démocratiques, et qui ont amené 6 millions et demi de Vénézuéliens
02:02à partir de leur pays, parce que c'est un pays qui pourrait être riche
02:06et qui est devenu très pauvre, très violent, où la démocratie n'existe pas.
02:11Et l'intervention américaine peut être critiquée,
02:14elle n'est pas tout à fait honorable, si je puis dire, du point de vue du droit international.
02:19Mais après l'enlèvement de Maduro, son emprisonnement aux États-Unis,
02:22on voit des prisonniers politiques qui sont libérés.
02:25Et si vous voulez, ça interroge quand même.
02:27Mais tous ces pays latino-américains, c'est la chasse gardée des États-Unis.
02:31Ils le considèrent comme leur arrière-cours,
02:34et ils ont tous été victimes de sanctions américaines,
02:37et Cuba est sous un embargo depuis 1962, qui est très dur,
02:40et renforcé depuis Trump.
02:43C'est vrai, mais ça n'explique pas le fait qu'il y a 2 millions de Cubains
02:47qui soient partis de Cuba depuis 2021.
02:51Il y a une chute, parce qu'il y a quand même des choix qui ont été des mauvais,
02:55du point de vue de l'industrie, des choix d'alignement
02:58avec ce qu'était le socialisme soviétique,
03:02c'est-à-dire le stalinisme, qui n'a pas aidé.
03:04Et puis, moi par exemple, j'ai été ardemment un soutien de la révolution au Nicaragua,
03:12et ceux qu'on a soutenus sont devenus des dictateurs.
03:15Donc si vous voulez, on ne peut pas simplement dire que c'est la faute des Américains
03:18s'ils sont devenus des dictateurs.
03:20Ça serait un peu court, maintenant, bien sûr que les Américains n'ont pas aidé.
03:25Et le pire des crimes qu'ils aient faits, c'est quand même le Chili démocratique
03:31qui a été assassiné avec la mort de Salvador Allende, qui se suicide en fait.
03:39Venons-en à notre entretien qui est consacré au changement dans la vie.
03:43Dans votre livre, Rien que notre défaite, vous écrivez
03:46« À l'âge de 12 ans, j'étais trop vieux pour supporter ma famille.
03:51Père passé de l'Algérie française à la Corse, Corse.
03:55Absolument.
03:56Mère ailleurs.
03:57Absolument.
03:58Belle-mère haineuse.
04:00Alors comment s'est déroulée cette rupture familiale ?
04:03Et quelles en ont été les conséquences ?
04:05Alors d'abord parce que je n'ai pas été élevé par mes parents.
04:07En réalité, j'ai vécu très peu de temps, soit avec mon père, soit avec ma mère,
04:11qui n'ont jamais vécu ensemble avec moi.
04:14En fait, ils se sont séparés au moment de ma naissance
04:17puisque mon père est parti faire la guerre en Algérie,
04:20ce qu'il aurait pu éviter de faire.
04:22Et ma mère, enfin, leur rencontre est un peu le fruit du hasard.
04:26Ma mère venait d'un tout autre continent sur plein d'aspects du reste.
04:31Et donc, j'ai été élevé alternativement par mes grands-parents.
04:35Et puis à un moment donné, mon père m'a récupéré.
04:37Il s'était remarié avec une dame qui ne me supportait pas.
04:43Et à ce moment-là, j'ai fugué.
04:45Mais en réalité, je n'ai pas fugué puisque je ne suis jamais revenu.
04:47Le principe de la fugue, c'est qu'on revient.
04:50Mais moi, je ne suis jamais revenu.
04:51Et donc, j'ai été pris en charge à l'époque par mes camarades,
04:57puisque c'était ça le terme de l'époque,
04:58qui m'ont hébergé, en partie nourri, accompagné dans mes études.
05:03Et ça a duré un long moment.
05:04D'où la belle-mère haineuse.
05:06Mais est-ce que cette rupture, est-ce qu'elle a laissé des traces durables et profondes dans votre vie ?
05:10Parce qu'on sait que l'enfance, ça imprègne toute la vie.
05:13Des traces affectives.
05:13J'en parle toujours avec émotion du reste.
05:15Des traces affectives très fortes.
05:17Bien sûr, mon père n'a pas été d'une très grande élégance dans cette affaire.
05:22Il aurait pu me protéger un peu plus.
05:24Et puis après, j'ai eu des secondes familles successives.
05:29Des familles de substitution.
05:30Des familles de substitution par la politique.
05:32En 1968, vous avez 9 ans.
05:36Vous êtes un post-68ard.
05:37Très tôt, vous êtes un lycéen révolté.
05:40Puis un militant révolutionnaire.
05:41Ce qui vous vaut d'être exclu du lycée et vous quittez le lycée.
05:45Vous êtes admis dans un collège d'enseignement technique
05:47où vous rencontrez la jeunesse ouvrière.
05:50Et dans votre livre, Rien que notre défaite,
05:52vous dites que c'était 45 heures de bagne à comparer au lycée.
05:57Puis, vous allez intégrer une école d'imprimerie.
06:00Et vous allez devenir typographe.
06:02Au bout de deux ans de métier, vous allez reprendre les études à Nanterre.
06:06Alors, quelle mémoire vous gardez de cette époque ouvrière, Didier Leski ?
06:10Et quelles leçons vous tirez de toutes ces années-là ?
06:14Alors, c'est vrai.
06:15Moi, j'ai été pris dans l'ambiance, à la fois des collèges,
06:19puisque j'étais très jeune, et des lycées,
06:21qui était une ambiance de révolte contre les tentatives de reprise
06:27des pouvoirs publics, des gouvernements politiques,
06:30contre l'effervescence lycéenne et étudiante de l'après 68.
06:35Ça a duré quelques temps.
06:38Et puis, il y avait encore, je me souviens, la guerre du Vietnam.
06:41Moi, j'ai fait les dernières manifestations très très jeunes,
06:44contre la guerre du Vietnam.
06:46Et puis après, les manifestations lycéennes,
06:49contre la loi de Bré, contre des réformes scolaires et universitaires.
06:52Et donc, j'ai été exclu plusieurs fois du lycée.
06:55J'ai même été interdit dans tout un département d'inscription scolaire.
07:00Donc, c'est comme ça que je suis passé des Hauts-de-Seine à Paris.
07:05Et puis, j'ai été orienté.
07:09Et en même temps, c'était aussi un choix d'aller vers la jeunesse ouvrière,
07:14comme vous dites, parce qu'il y avait cette idée
07:15qu'on allait devenir des ouvriers révolutionnaires.
07:18Et donc, au cœur de la classe ouvrière,
07:20on allait pouvoir fermenter la révolution.
07:24Mais c'était très dur, parce que c'était des écoles techniques
07:27où les professeurs d'atelier étaient extrêmement durs.
07:31Alors, plus ou moins durs.
07:33Il y en a qui étaient vraiment brutaux, violents.
07:38Et puis, il y en a d'autres qui étaient rigoureux,
07:42avec un discours, en particulier dans l'imprimerie,
07:44où il y avait une tradition d'aristocratie ouvrière,
07:46comme on dit, d'imprimerie,
07:48où vous aviez des anciens délégués,
07:50ou même des délégués syndicaux,
07:52qui disaient, pour être un bon syndicaliste,
07:55il faut être un bon ouvrier.
07:56Donc, il faut que vous soyez des bons ouvriers.
07:58Donc, il était très dur dans l'apprentissage.
08:00Ce n'était pas complètement absurde.
08:03Mais vous avez eu du mal à supporter.
08:05Alors, première école, j'ai eu beaucoup de mal à supporter.
08:07J'en suis parti, parce que c'était une école de micromécanique.
08:10Et puis, l'imprimerie, j'ai plus supporté,
08:12parce que c'était plus noble en même temps.
08:15Et puis, il y avait une utilité.
08:17On faisait des journaux.
08:19Quand je militais, c'était encore l'école de Gutenberg.
08:22On avait des journaux.
08:24Et donc, l'imprimerie, ça permettait aussi de faire des journaux.
08:29Et c'est pour ça que je travaillais dans l'imprimerie.
08:31Mais après, j'ai travaillé vraiment dans l'imprimerie.
08:33Et puis, j'ai travaillé dans des quotidiens.
08:37Le Monde, Le Figaro, François.
08:41Voilà.
08:42Dans une organisation qui était un peu particulière,
08:44puisque on appelait ça le monopole de l'embauche.
08:48Et qui était organisé dans le cadre d'un accord
08:50entre la CGT et le patronat.
08:53Et donc, on allait s'inscrire à la CGT,
08:56boulevard Blanqui.
08:58Le permanent vous disait,
09:00mais est-ce que tu as un diplôme ou pas ?
09:02Voilà.
09:02Et on n'avait pas les mêmes numéros en fonction des diplômes.
09:04C'est-à-dire que si on était ouvrier reconnu avec un diplôme,
09:08d'ouvrier typographe,
09:10on avait droit au premier numéro des cartes syndicales,
09:16alors que ceux qui ne l'étaient pas n'avaient pas les mêmes.
09:19Il y avait quelque chose vraiment de l'aristocratio.
09:22Pas de courrière.
09:23Avec une fraternité qui était quand même aussi un des éléments.
09:27C'est une autre ambiance.
09:31Alors, dans votre jeunesse,
09:32vous avez milité dans différents groupes trotskistes.
09:35Mais vous détestiez le groupe auquel ont appartenu
09:37Lionel Jospin et Jean-Luc Mélenchon.
09:39Puis, vous avez rejoint Jean-Pierre Chevènement.
09:43Vous avez rejoint Jean-Pierre Chevènement.
09:45Vous avez participé à son cabinet
09:47lorsqu'il était ministre de la Défense de Michel Rocard
09:49de 1988 à 1991.
09:52Puis, quand il a été ministre de l'Intérieur
09:55du gouvernement Jospin de 1997 à 2000.
09:59En 1993, vous avez créé avec lui le MDC,
10:03le Mouvement des Citoyens.
10:04Et puis, au cours de ce parcours,
10:06vous êtes passé du slogan de socialisme ou barbarie
10:09à république ou barbarie au titre de votre ouvrage.
10:13Comment s'explique ce changement ?
10:15Alors, comment s'explique ce changement ?
10:17C'est vrai qu'au début des années 80,
10:19la gauche gagne en 1981.
10:23Et un certain nombre a pensé que ça pourrait être
10:26le même type d'expérience que le Front populaire en 1936.
10:29et qu'à partir de là, dans les grandes organisations,
10:32il pourrait y avoir des courants plus radicaux, révolutionnaires.
10:37Et Jean-Pierre Chevènement, c'était celui qui avait écrit
10:40le projet socialiste.
10:41C'était celui qui avait été l'artisan de l'Union de la Gauche.
10:43On l'a oublié.
10:44C'est-à-dire de l'alliance avec le Parti communiste
10:48et qui était très demandeur de cette alliance
10:52pour plusieurs raisons.
10:53D'abord, parce que le Parti communiste
10:55avait une vision industrielle de la France,
10:58du développement des forces productives.
11:00Et Jean-Pierre Chevènement était anti-impérialiste.
11:04Il va le prouver du reste en 1991,
11:06au moment de la guerre du Golfe,
11:07où il va démissionner au moment où...
11:09Alors, il se souvient de sa fameuse formule,
11:11un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne.
11:13Lui a démissionné plusieurs fois, comme on le sait,
11:16voilà, trois fois.
11:18Et donc, moi, j'adhère au Parti socialiste
11:22au début des années 80.
11:25Et je suis repéré par Jean-Pierre Chevènement,
11:30qui va me confier d'abord la responsabilité des jeunes
11:33autour de lui, des jeunes chevènementistes,
11:37comme on pourrait dire,
11:38en 88, quand il est ministre de la Défense.
11:43Jean-Pierre Chevènement avait cette idée
11:44de rapprocher la jeunesse et l'armée.
11:48Et donc, il va me demander
11:52de développer des programmes
11:54pour populariser auprès des étudiants
11:57cette idée que la défense nationale,
11:59ça a un sens,
12:00et que servir chez les militaires,
12:02ça ne serait pas complètement absurde.
12:04Voilà, bon, il y a un rapprochement armée-jeunesse,
12:06si vous voulez.
12:06Il avait cette vision-là.
12:09Il était contre la suppression du service national,
12:11par exemple.
12:12C'était des choses, pour lui, importantes.
12:16Et comment on passe de socialisme au barbarie
12:19à république au barbarie,
12:21c'est parce que,
12:22et ça fait partie de mon adhésion
12:24à Jean-Pierre Chevènement,
12:25qui a été profonde,
12:26et peut-être une nouvelle famille de substitutions,
12:30si vous voulez,
12:31c'est que, très tôt,
12:33il comprend qu'il y a un changement d'évolution mondiale.
12:38On est après la victoire de Margaret Thatcher,
12:41la révolution iranienne,
12:44dont on sait à quel point elle a été terrible,
12:46la Pologne.
12:48Et donc, il dit contre l'idéologie libérale
12:53qui est en train de se déverser à travers le monde,
12:55qu'est-ce qu'il y a en France qui permettrait de résister ?
12:58Il y a la république,
12:59c'est-à-dire le produit de la seule révolution,
13:04d'une certaine manière,
13:05qui a réussi,
13:06et qui a donné une force propulsive à des idées
13:09qui sont toujours d'une très grande actualité,
13:13c'est la révolution française.
13:14Donc la république,
13:16la laïcité,
13:17l'idée de l'égalité en droit,
13:20la république sociale,
13:22c'est la république.
13:23Et donc,
13:25on passe du socialisme qui a échoué,
13:27parce qu'il n'a pas une dimension suffisamment attentive
13:32à l'idée de la démocratie,
13:34à la république,
13:35c'est-à-dire à Jaurès.
13:37C'est la poursuite du rêve de Jaurès.
13:39Qu'est-ce qu'on pourrait dire,
13:40pour que tout le monde comprenne bien,
13:41que c'est un,
13:42je ne sais pas si c'est trop résumé,
13:43mais que c'est un gaullisme de gauche,
13:45quelque part.
13:47Oui,
13:47il y a une dimension gaulliste de gauche
13:49chez Jean-Pierre Chevènement,
13:50indéniablement.
13:54On pourrait me dire même,
13:55par moment,
13:56pour certains de ses camarades,
13:57dont peut-être moi,
13:58ou la Gise de Bray,
13:59peut-être même un gaullisme d'extrême gauche,
14:01si vous voulez.
14:02Mais c'est-à-dire,
14:03l'idée de la défense,
14:08de la souveraineté,
14:09qui est un moyen de résister,
14:16par exemple,
14:16à l'impérialisme américain.
14:18Ça vient quand même de là.
14:20Jean-Pierre Chevènement
14:21a toujours fustigé
14:23l'idée d'une construction européenne
14:26qui serait germano-américaine,
14:28comme il disait.
14:29C'est-à-dire,
14:29on voit aujourd'hui
14:31à quel point c'est une pensée
14:32qui est présente.
14:33Parce que c'est justement
14:34la dépendance aux États-Unis
14:36qui fait que l'Europe
14:37apparaît impuissante
14:38dans un certain nombre
14:38de conflits
14:40ou face à Trump,
14:42par exemple.
14:43Et donc, oui,
14:43il y avait cet aspect-là.
14:45Après,
14:45le gaullisme avait
14:46sa dimension noire.
14:49Il a été quand même
14:50un des artisans
14:51de la victoire
14:51de François Mitterrand.
14:53Il a soutenu
14:54dès 1965
14:55contre le général de Gaulle.
14:58Et bien évidemment,
14:59après,
14:59il a été ministre
14:59de François Mitterrand.
15:00Et est-ce que vous pensez
15:01que l'alternative actuelle,
15:02c'est toujours
15:03République ou Barbary
15:04en ce moment ?
15:05Plus que jamais.
15:06Voilà.
15:06Plus que jamais,
15:07c'est-à-dire l'idée
15:08de l'égalité
15:09en droit,
15:11quel que soit son genre,
15:13qu'on soit un homme
15:14ou une femme,
15:14quelle que soit sa religion,
15:16et que cette égalité,
15:17elle ne peut avoir
15:18de sens
15:19que si elle est accompagnée
15:20d'un programme social
15:21qui permet
15:22de montrer à chacun
15:24qu'il peut avoir
15:25une utilité sociale
15:26et qu'à partir
15:27de cette utilité sociale,
15:28on lui reconnaît
15:29des droits,
15:30des droits sociaux
15:30en particulier.
15:31Oui, bien sûr.
15:32Et comme le philosophe
15:33essayiste,
15:34votre ami Régis Debré,
15:35vous faites la distinction
15:36entre la démocratie
15:37et la République.
15:39Alors, expliquez-nous,
15:40quelle différence faites-vous ?
15:41C'est un débat
15:42qu'avait lancé
15:43Régis Debré
15:44à la fin
15:45des années 80.
15:47C'est-à-dire,
15:48la démocratie,
15:50si vous voulez,
15:51c'était l'image
15:51de l'Amérique
15:52où l'individualisme
15:53est plus fort
15:54que le collectif.
15:56C'est pour ça
15:56qu'il n'y a pas
15:57le même système
15:57de sécurité sociale
15:58qu'en France
15:59alors que la République
16:00qui a l'idée
16:01du collectif
16:03adossé
16:05à une plus nette séparation
16:07entre le religieux
16:09et le laïc
16:10puisque les États-Unis,
16:13c'est le dollar
16:14avec en plus,
16:15je crois en Dieu,
16:17God with trust.
16:19Qui est marqué
16:19sur chaque dollar.
16:20Qui est marqué
16:20sur chaque dollar
16:21depuis les années 50
16:22avec un président
16:23de la République
16:23qui peut prêter serment
16:25soit sur la Bible,
16:25soit sur le Coran
16:26puisque Barack Obama
16:27a prêté serment
16:28sur le Coran.
16:29Alors justement,
16:30la laïcité,
16:30ça peut être un élément
16:31de la démocratie
16:32pour pacifier les rapports
16:34entre les différentes religions
16:35et puis ça peut aussi être
16:36la laïcité
16:37une exigence républicaine
16:39pour assurer
16:40la neutralité de l'État,
16:42pour enseigner à l'école
16:43des faits historiques,
16:44la vérité scientifique
16:46et puis un esprit critique
16:47et pas des vérités révélées
16:50sans preuve
16:51qui relèvent
16:52de la croyance
16:52ou de la foi.
16:54Alors quelle laïcité
16:54vous, vous défendez ?
16:56Moi, je défends
16:57une laïcité
16:58qui est à la fois
17:00respectueuse
17:00des religions
17:01mais en même temps
17:02qui indique aux religieux
17:04qu'ils n'ont pas
17:04à s'immiscer
17:06dans l'espace
17:06de débats
17:07et de décisions politiques.
17:10Voilà.
17:10Alors, la France
17:11est un pays laïque,
17:12ça veut dire
17:12qu'on laisse la place
17:14à l'ensemble des religions
17:15avec même quelque chose
17:17qui peut apparaître
17:18contradictoire
17:19quand on voit ça
17:21un peu de loin
17:21puisque la laïcité
17:23n'interdit pas
17:24des formes
17:24de subventions
17:25occultes
17:26contrairement à ce qu'on pense
17:27puisque nous avons nous
17:28par exemple
17:28des aumôniers
17:29c'est-à-dire des curés
17:31des imams
17:33des pasteurs
17:34ou des rabbins
17:35qui exercent
17:36dans les hôpitaux
17:38dans les prisons
17:39aux côtés des militaires
17:40qui vont se battre
17:41et qui peuvent mourir
17:42ça s'est prévu
17:43dans la loi de 1905
17:45c'est-à-dire dans l'État
17:46les finances
17:47on favorise
17:49par toute une série
17:51de mécanismes
17:52le droit pour les croyants
17:53d'avoir leur lieu de culte
17:55c'est pour ça par exemple
17:55que depuis 30 ans
17:57il y a un développement
17:58en France
17:58des mosquées
18:00et la France
18:02dans sa laïcité
18:04cumule toutes les religions
18:07on est à un espace
18:10extrêmement ouvert
18:11mais ce qu'on ne veut pas
18:13c'est après avoir été
18:14la fille aînée de l'Église
18:16et la révolution française
18:16a cassé cela
18:17devenir par exemple
18:18la fille cadette de l'islam
18:20c'est ça l'enjeu
18:22d'autant que
18:22un des problèmes
18:24de l'islam aujourd'hui
18:25c'est sa radicalisation
18:26et le fait que
18:28une ne vaut pas
18:31c'est-à-dire une femme
18:31ne vaut pas un homme
18:32ça c'est pas acceptable
18:33on va en reparler
18:34de l'islam
18:35quelle est votre position
18:36sur le blasphème
18:37parce qu'on peut être
18:38contre le blasphème
18:40qui blesse les croyants
18:41mais tout en étant
18:42pour la liberté
18:43de blasphémer
18:43tout comme on peut être
18:44pour la liberté
18:45de Charlie Hebdo
18:46par exemple
18:47de blasphémer
18:47sans être soi-même Charlie
18:49bien sûr
18:50mais le droit au blasphème
18:52c'est le droit de dire
18:53que des choses
18:54sur quelque chose
18:56qu'on ne voit jamais
18:56et en même temps
18:58qu'on considère
18:58comme présent
18:59c'est-à-dire Dieu
19:00mais on n'a pas le droit
19:02d'insulter les croyants
19:04en tant que personnes
19:05voilà
19:05c'est ça la différence
19:06voilà
19:07mais la France
19:09a une tradition
19:09anticléricale
19:11extrêmement virulente
19:12on s'est beaucoup
19:13moqué de Dieu
19:14on s'est même
19:15beaucoup moqué
19:15des curés
19:16ou des soeurs
19:17on peut se moquer
19:18des imams
19:18mais
19:19ou des pasteurs
19:21ou des rabbins
19:22mais on n'a pas le droit
19:24d'insulter quelqu'un
19:26parce qu'il prie
19:26voilà
19:27et du reste
19:27la loi est en France
19:29extrêmement sévère
19:30par exemple
19:30est condamné
19:32à de la prison
19:33celui qui interrompt
19:35une messe
19:37ou toute autre
19:38manifestation religieuse
19:39dans un lieu de culte
19:41c'est un délit pénal
19:42alors vous avez écrit
19:44un essai sur les misères
19:45de l'islam en France
19:46vous l'aviez dit
19:47la pratique de l'islam
19:48se développe
19:49les mosquées augmentent
19:50on n'est plus
19:50autant de l'islam
19:51des caves
19:52est-ce qu'on devrait pas
19:54parler plutôt
19:54des islams
19:55au pluriel
19:56plutôt que de l'islam
19:58au singulier
19:59oui bien sûr
19:59d'autant plus
20:01que depuis
20:01maintenant
20:02une quinzaine
20:04ou une vingtaine
20:04d'années
20:05le paysage
20:06des fidèles musulmans
20:07a considérablement
20:08évolué
20:09et du reste
20:09dans les débats
20:11en France
20:11et peut-être
20:12parfois
20:13dans le Maghreb
20:14on a tendance
20:15à ne penser
20:16l'islam
20:17qu'à partir
20:18de l'influence
20:19des maghrébins
20:20en France
20:21qui sont effectivement
20:21très nombreux
20:22mais aujourd'hui
20:24il y a
20:24un islam
20:25subsaharien
20:26africain
20:27qui n'est pas
20:28suffisamment pris
20:29en considération
20:29et puis
20:30on a un islam
20:31asiatique
20:31qui se développe
20:32de plus en plus
20:32et en fait
20:33il y a différentes
20:34composantes
20:36et du reste
20:37c'est d'autant plus
20:38important que
20:38d'une certaine manière
20:39la Houma
20:40n'existe pas
20:40c'est-à-dire que
20:41la communauté des croyants
20:43la communauté des croyants
20:44ça veut dire que
20:45par exemple
20:46les turcs
20:47ne prient pas
20:48dans les mêmes lieux
20:49que les algériens
20:51par exemple
20:51ou que les marocains
20:52ils ont leur propre mosquée
20:53voilà
20:54et les subsahariens
20:55ont leur propre mosquée
20:56ou développent
20:58leur propre vie
20:58et puis
20:59ils ont des sensibilités
21:00différentes
21:00et nous commençons
21:02aujourd'hui
21:02à avoir
21:03en France
21:03toutes les variétés
21:05de l'islam
21:05y compris
21:06de l'islam
21:06chiite
21:07et vous dites
21:08que l'islam
21:08en France
21:09se développe
21:10mais pas l'islam
21:11de France
21:12et encore moins
21:13l'islam
21:13des lumières
21:14que vous appelez
21:15de vos voeux
21:16pourquoi ?
21:17parce que
21:17on a sans doute
21:19et très
21:19par
21:21je dirais
21:22parfois l'enfer
21:23n'est pas vu
21:23de bonnes incontentions
21:24vous savez qu'on a accepté
21:25pendant très longtemps
21:26l'intervention
21:27d'états étrangers
21:28dans l'organisation
21:29des fidèles musulmans
21:30en France
21:30avec les fonctionnaires
21:32qui pouvaient venir
21:32de Turquie
21:34du Maroc
21:36d'Algérie
21:37des imams détachés
21:38qui ont
21:39fait en sorte
21:41de continuer
21:42une sorte de mainmise
21:43sur des personnes
21:45même sur celles
21:46qui sont nées en France
21:46et qui peuvent être croyantes
21:48et donc
21:49ça a empêché
21:50l'émergence
21:51de quelque chose
21:52qui soit propre
21:53à la France
21:53en termes
21:54de pensée musulmane
21:55c'était le projet
21:56de Jacques Berck
21:57qui disait
21:58l'islam des lumières
21:59c'est son expression
22:01à lui
22:01c'était un traducteur
22:02du Coran
22:03qui était né
22:03en Algérie
22:04mais qui était
22:06amoureux de l'islam
22:07de la civilisation
22:09islamique
22:10et qui pensait
22:12qu'à partir de la France
22:13il pourrait y avoir
22:13une symbiose
22:14entre l'idée
22:15des lumières
22:15et la croyance musulmane
22:19pour évoluer
22:20dans le bon sens
22:21si vous voulez
22:21c'est à dire
22:22dans le respect
22:23à partir de sa croyance
22:24de toutes les diversités humaines
22:25or le drame
22:27du monde musulman
22:28aujourd'hui
22:28c'est sa régression
22:31c'est à dire
22:31le spectre
22:32des diversités
22:33qui s'est rétrécie
22:35en particulier
22:36dans le Maghreb
22:37et bien évidemment
22:40on peut penser
22:42aux pays
22:43où sont nées
22:44les foi chrétienne
22:46ou le judaïsme
22:48et aujourd'hui
22:49il n'y a plus
22:50de juifs
22:50et les chrétiens
22:51ont quasiment
22:52disparu
22:54votre changement
22:55politique
22:55du socialisme
22:56autogestionnaire
22:57à la république
22:58s'est accompagné
22:58d'un changement
22:59de position
22:59sur les frontières
23:01vous êtes passé
23:01du slogan
23:02de mai 68
23:03les frontières
23:04on s'en fout
23:05à l'éloge
23:06des frontières
23:07alors expliquez-nous
23:08les frontières
23:10on s'en fout
23:11oui on avait
23:12dans notre jeunesse
23:13l'idée
23:14que les frontières
23:16étaient une entrave
23:17à la libre circulation
23:18des travailleurs
23:20on n'avait pas vu
23:21à quel point
23:22elles peuvent être aussi
23:23des éléments
23:25de protection
23:26des acquis sociaux
23:28contre
23:29l'ultralibéralisme
23:31ou le capitalisme
23:33le plus sauvage
23:34de certaines manières
23:36Marx l'avait un peu
23:37anticipé
23:38puisqu'il parlait
23:39de la concurrence
23:39entre travailleurs
23:40organisés par le patronat
23:42pour faire une pression
23:45sur le montant
23:47des salaires
23:48voilà
23:48du reste
23:50comme on était jeunes
23:52et plein d'espoir
23:54avec cette idée
23:55qu'on allait construire
23:56la république universelle
23:57du socialisme
23:58on ne voyait pas
24:01la dimension nationale
24:03de certaines révolutions
24:04la révolution vietnamienne
24:05c'est à la fois
24:05une révolution nationale
24:06et une révolution
24:07socialiste
24:08la révolution cubaine
24:09c'est aussi nationale
24:10et socialiste
24:11et on n'avait pas perçu
24:13c'était un débat
24:15qu'il y a eu au début
24:17de la révolution russe
24:17puisque Lénine
24:19à un moment donné
24:20l'idée prolétaire
24:22de tout pays
24:23unissez-vous
24:24ce qui était la base
24:25un peu plus élaborée
24:27de les frontières
24:28on s'en fout
24:28avait expliqué
24:30qu'on ne pouvait pas
24:31d'un coup
24:32étendre les acquis
24:33la révolution russe
24:34à l'ensemble
24:34des travailleurs
24:35du monde entier
24:35parce que
24:36la révolution russe
24:38ne pourrait pas
24:38se le permettre
24:39voilà
24:40et donc
24:41aujourd'hui
24:43la question des frontières
24:44et de souveraineté
24:45est d'autant plus présente
24:46parce que
24:47prenez un pays
24:48comme la Chine
24:49qui est dirigé
24:50en plus par quelque chose
24:51qui s'appelle
24:51le parti communiste chinois
24:53et bien
24:53la manière
24:54dont ils organisent
24:55leur
24:56leur
24:57leur
24:57dogping
24:58social
24:59pour exporter
25:00des produits
25:01qui sont
25:01qui sont
25:02fabriqués
25:04à un moindre
25:05coût social
25:06en tout cas
25:06pas au même
25:08coût social
25:08que la France
25:09par exemple
25:10et bien
25:10ça participe
25:12de la
25:12de la destruction
25:13de notre industrie
25:15et la base
25:16de la
25:17la production
25:17de richesses
25:18c'est ce qui fait
25:19la possibilité
25:20d'un état social
25:21il n'y a pas
25:21d'état social
25:22sans production
25:23de richesses
25:23donc si on nous empêche
25:24de produire des richesses
25:25il n'y aura plus
25:25d'état social
25:26vous êtes directeur
25:28général de l'OFI
25:29l'Office français
25:29de l'immigration
25:30et de l'intégration
25:31et donc en matière
25:32d'immigration
25:33vous dites qu'il faut
25:33partir des faits
25:35et pas des principes
25:36généraux
25:36plus ou moins moraux
25:37quels sont les faits
25:39actuellement
25:39est-ce que vous trouvez
25:40qu'il y a trop
25:41d'immigration
25:41est-ce que vous trouvez
25:42que la France
25:43est trop généreuse
25:44ou pas
25:44alors effectivement
25:46je ne raisonne pas
25:46comme ça
25:47si vous voulez
25:47les faits
25:48c'est que l'Union
25:49européenne
25:52où l'immigration
25:53devient de plus en plus
25:56importante
25:56aujourd'hui c'est 11%
25:57de la population française
25:58qui est immigrée
25:59c'est-à-dire des personnes
26:00nées étrangères
26:01à l'étranger
26:01dont certaines
26:03ont acquis
26:03la nationalité française
26:043 millions de personnes
26:05ont acquis
26:06la nationalité française
26:07depuis le début du siècle
26:10et tous les ans
26:12il y a de plus en plus
26:13de titres de séjour
26:14délivrés à des personnes
26:16qui ne sont pas
26:17des ressortissants
26:18de l'Union européenne
26:19puisque un portugais
26:20ou un espagnol
26:21ou un roumain
26:22ne relève pas
26:23d'un titre de séjour
26:24comme un algérien
26:25un marocain
26:26un chinois
26:27ou un afghan
26:28si vous voulez
26:29mais la difficulté
26:32de la France
26:33en particulier
26:33c'est le croisement
26:36entre des difficultés
26:37économiques et sociales
26:39de plus en plus importantes
26:40et des arrivées
26:42elles-mêmes
26:42de plus en plus importantes
26:44et c'est ça
26:44qui fait
26:45qu'on peut considérer
26:46qu'il y a une pression
26:48migratoire
26:49qui pose des problèmes sociaux
26:50mais est-ce qu'on accueille
26:51trop
26:52ou est-ce qu'on accueille
26:53trop et mal
26:54ou beaucoup et mal
26:55et qu'on ferait mieux
26:57d'accueillir moins
26:57et mieux
26:58alors
26:59nous notre difficulté
27:01c'est qu'on accueille
27:02beaucoup
27:02de personnes
27:03qui ont peu
27:04ou pas de qualifications
27:05et du coup
27:06qui sont
27:07prises en charge
27:08par notre système social
27:10qui est lui-même
27:11en grande difficulté
27:12l'exemple type
27:13c'est le logement
27:13on a une crise profonde
27:15du logement
27:15en France
27:16et ce qui oblige
27:18les personnes
27:19vous moi
27:20à payer de plus en plus cher
27:22pour se loger
27:22c'est le double
27:25par exemple
27:26du moment
27:26où je suis né
27:27c'est-à-dire qu'en 1960
27:29la part contrainte
27:32des revenus
27:32comme on dit
27:33c'est-à-dire de ce qu'on gagne
27:34pour se loger
27:35c'était 15%
27:36aujourd'hui
27:36c'est en moyenne
27:3730%
27:38et dans ce cadre-là
27:40plus de 30%
27:43des immigrés
27:43vivent dans du logement
27:44social
27:44c'est-à-dire
27:45dans des loyers
27:46à bas coût
27:48contre 11%
27:49des non-immigrés
27:50il y a une conturance
27:52qui se fait
27:53on a
27:54un chômage
27:56et une pauvreté
27:57au sein de l'immigration
27:58qui est importante
27:59plus de 30%
28:01des immigrés
28:02en France
28:02vivent en dessous
28:02du seuil de pauvreté
28:03c'est ce qui fait
28:04par exemple
28:04qu'il faut faire attention
28:06quand on a des projets
28:07migratoires vers la France
28:08il faut bien comprendre
28:09que quand on n'a pas
28:09de qualifications suffisantes
28:11on va se retrouver
28:12dans des situations
28:12difficiles
28:13concrètement
28:15enfin moi de manière empirique
28:17je veux dire
28:17je n'ai jamais vu
28:17autant de tentes de fortune
28:19par exemple
28:19oui
28:20mais parce que
28:20les tentes de fortune
28:21sont pour un tiers
28:24d'entre elles
28:24occupées par des personnes
28:26qui ont déjà
28:26un titre de séjour
28:27mais qui n'arrivent pas
28:29à trouver un emploi
28:31et certainement pas
28:32à se loger
28:32à Paris
28:33ou dans la région
28:35dans la région parisienne
28:36où les loyers
28:37sont très chers
28:38et comme on a eu
28:39une pénurie
28:40de la production
28:40de logements
28:41de plus en plus forte
28:42pour des tas de raisons
28:43avec des loyers
28:43qui coûtent de plus en plus cher
28:44et bien
28:45on a une difficulté
28:47d'accompagner
28:47les personnes
28:48mais par exemple
28:49on est un pays
28:51qui a mis en place
28:53un dispositif
28:54qui s'appelle
28:54l'hébergement
28:54d'urgence inconditionnelle
28:55c'est inscrit dans la loi française
28:57c'est plus de 200 000 personnes
29:00qui sont toutes les soirs
29:01hébergées par l'état
29:03et dont une forte proportion
29:07sans doute la moitié
29:08sont des personnes
29:09sans titre de séjour
29:10mais le système arrive
29:12en bout de course
29:12c'est plus de 2 milliards
29:15aujourd'hui
29:17c'était 200 millions
29:18en 2000
29:18donc on voit bien
29:19la pression migratoire
29:20est très forte
29:21et c'est pour ça
29:22que la France
29:22a des débats
29:23mais ces débats
29:24sont aujourd'hui
29:25beaucoup plus forts
29:25même dans un pays
29:26de très grande immigration
29:27comme l'Allemagne
29:28qui vient de suspendre
29:29une partie de l'immigration familiale
29:30mais parce que l'Allemagne
29:31a à la fois beaucoup accueilli
29:33et en plus
29:33plus d'un million d'Ukrainiens
29:35qui sont arrivés
29:36du fait de la guerre
29:37mais la France
29:37est aujourd'hui
29:38en situation difficile
29:39et alors qu'est-ce que vous pensez
29:40de ce qui se passe justement
29:41par exemple
29:41notamment aux Etats-Unis
29:42en matière d'immigration
29:43et que pensez-vous
29:44de la position
29:44d'une partie de la droite française
29:46qui demande un moratoire
29:47temporaire de l'immigration
29:49alors le moratoire
29:51temporaire de l'immigration
29:52c'est une proposition
29:53du ministre de l'Intérieur
29:54de l'ancien ministre de l'Intérieur
29:57qui est aujourd'hui
29:57ministre de la Justice
29:58M. Darmanin
30:01elle a une contrainte
30:03qui a déjà été proposée
30:04par M. Barnier
30:04voilà
30:05elle a une contrainte
30:06qui est le fait
30:07qu'il y a des personnes
30:09qui ont un droit
30:09acquis au séjour
30:10dans le cadre
30:10en plus des règlements européens
30:12dont nous sommes
30:13avec lesquels nous sommes liés
30:15c'est-à-dire qu'on ne peut pas
30:16arrêter l'immigration familiale
30:17mais on peut la suspendre en partie
30:19c'est ce que vient de faire
30:20l'Angleterre
30:22le Danemark
30:23l'Allemagne
30:25l'Autriche
30:26et donc
30:26le débat arrive en France
30:29après d'autres pays
30:30voilà
30:31et toujours
30:32à cause de cette
30:33pression migratoire importante
30:35et dont on a le sentiment
30:37qu'on ne peut pas
30:37tout absorber
30:38voilà
30:38mais tous les pays d'Europe
30:40la France y compris
30:41a besoin d'une immigration
30:43thialifiée
30:43et on va y venir
30:44parce que par exemple
30:44en Espagne
30:45le gouvernement socialiste
30:46de Pedro Sanchez
30:46vient de déclarer
30:48qu'ils allaient régulariser
30:49500 000 sans-papiers
30:50oui
30:51c'est généralisé
30:52500 000 sans-papiers
30:53alors la différence
30:54il y a deux différences
30:57d'abord
30:57l'immigration en Espagne
31:00est une immigration
31:00d'abord
31:01hispanophone
31:03venant d'Amérique latine
31:05et qui a
31:06un niveau de qualification
31:07qui est bien supérieur
31:08à la moyenne
31:10de la qualification
31:11des immigrés en France
31:12qui ne viennent pas
31:13des mêmes pays
31:14voilà
31:14venir
31:16du Venezuela
31:17d'Argentine
31:18de Colombie
31:20etc
31:20c'est venir de pays
31:21où il y a un système scolaire
31:22qui est beaucoup plus développé
31:23que le Mali
31:25ou la Guinée
31:27si vous voulez
31:27pour prendre
31:29les principales nationalités
31:30qui arrivent
31:31ou l'Afghanistan
31:32etc
31:32la deuxième chose
31:34c'est qu'en France
31:34il y a un système
31:35de régularisation
31:36au fil de l'eau
31:37encore 28 000 personnes
31:38ont été régularisées
31:39l'année dernière
31:40c'est à dire que
31:41la dernière régularisation
31:42en Espagne
31:43date de 2006
31:44depuis 2006
31:45jusqu'à aujourd'hui
31:46nous avons régularisé
31:47500 000 personnes
31:48donc ils vont faire
31:49en un coup
31:50ce que nous
31:51enfin ce que la France
31:52a lissé
31:53en près de 20 ans
31:55c'est ça la différence
31:56et l'autre chose
31:57c'est que les personnes
31:58sont directement employables
31:59justement parce qu'elles sont
32:01hispanophones
32:01et qu'elles ont des qualifications
32:03ce sont des infirmiers
32:04des infirmières
32:05des médecins
32:05des ingénieurs
32:07mais nous aussi
32:08on a besoin de main d'oeuvre
32:09dans la restauration
32:10oui
32:11le bâtiment
32:12alors dans la restauration
32:14pour une immigration
32:14choisie avec des quotas
32:16dans différents secteurs
32:18les quotas
32:19c'est compliqué
32:20c'est ce qu'essaye de faire
32:21l'Italie
32:21elle n'y arrive pas totalement
32:22mais bien évidemment
32:23on a déjà une immigration
32:25choisie en France
32:26qui est une immigration
32:27de travail
32:27l'OFI organise cela
32:28ça fait plus de 50 000 personnes
32:31oui
32:31nous avons besoin
32:32de personnes qualifiées
32:34dans certains secteurs
32:35après
32:36il faut faire attention
32:37je pense par exemple
32:38à la question des médecins
32:39on a empêché
32:42pendant des décennies
32:43des jeunes français
32:43ou des jeunes résidents
32:44en France
32:45d'accéder aux études
32:46de médecine
32:47parce qu'on bloquait
32:48l'accès aux études
32:49de médecine
32:49et en même temps
32:51avec le numerus clausus
32:53on fait venir
32:54des médecins
32:55formés à l'étranger
32:56notamment du Maghreb
32:57oui
32:58dont on n'a pas payé
32:59la formation
32:59puisque la formation
33:01d'un médecin
33:01ça coûte cher
33:02on n'a pas payé
33:02la formation
33:03ils arrivent ici
33:04ils sont sous-payés
33:05alors je comprends
33:06pourquoi personnellement
33:07ils veulent venir ici
33:07parce que les conditions
33:09de travail
33:09et les conditions
33:10de vie générale
33:11seront meilleures
33:13que
33:13c'est difficile
33:15d'aller prendre
33:15les médecins formés
33:16et ensuite de refuser
33:17de soigner
33:17les malades
33:18qui viennent de ces pays
33:19c'est vrai qu'il vaudrait mieux
33:20ouvrir plus largement
33:21les études de médecine
33:22plutôt que
33:23de piller les cerveaux
33:26après
33:27le vrai problème
33:28de ce pillage de cerveaux
33:29ce qui le rend possible
33:32c'est l'échec
33:33des décolonisations
33:34la majorité
33:37de l'immigration
33:37algérienne en France
33:38est arrivée
33:38après 1962
33:39un titulaire
33:41d'un titre de séjour
33:41algérien
33:42actuellement en France
33:43est arrivé
33:44après 2000
33:45il faut bien comprendre
33:46que c'est
33:47l'échec
33:49sur la longue durée
33:51de ces pays
33:53qui amène
33:53une partie
33:54de sa jeunesse
33:55en particulier
33:55à risquer sa vie
33:57la majorité
33:58de ceux
33:59qui passent
34:00par le détroit
34:01de Gilles Balter
34:01pour rejoindre l'Espagne
34:02sont des Algériens
34:04ce sont des jeunes
34:05Algériens
34:05alors
34:05c'est 15 kilomètres
34:08mais
34:10donc c'est risqué
34:12mais
34:12c'est pas le même risque
34:14que d'autres traversées
34:16mais
34:16c'est un drame
34:18parce que
34:19tout le monde
34:21devrait avoir
34:21la possibilité
34:23de rester
34:24où il a
34:25ses attaches
34:26et pas être obligé
34:27de s'arracher
34:28pour aller
34:28pour aller ailleurs
34:29parce que c'est toujours
34:30un effort
34:31que d'aller ailleurs
34:32voilà
34:32et quand on est
34:34peu ou pas formé
34:34ça devient
34:36extrêmement difficile
34:36dans l'ensemble
34:37des pays européens
34:38et dans le mot
34:39offi
34:39il y a donc
34:40le mot immigration
34:40mais il y a aussi
34:41le mot intégration
34:42est-ce qu'elle est plus
34:42difficile aujourd'hui
34:43que par le passé
34:44l'intégration
34:45et si oui
34:45pourquoi
34:46et qu'est-ce qu'il faudrait
34:46faire pour faciliter
34:48l'intégration
34:49et rompre aussi
34:50avec le cercle vicieux
34:51des ghettos
34:51elle est plus difficile
34:53parce que
34:54la France
34:55est un pays
34:55qui a connu
34:56une désindustrialisation
34:57massive
34:57à partir du début
34:59des années 80
34:59or l'intégration
35:02se faisait beaucoup
35:02par le travail
35:03et dans le travail
35:04il y avait
35:05des espaces communs
35:07où on pouvait aussi
35:08être pris en charge
35:08justement
35:09j'avais dit adhérent
35:10à la CGT
35:11par des organisations
35:12syndicales
35:13par un mouvement ouvrier
35:14comme on disait
35:15dans mon jeune temps
35:16qui aidait
35:17à la socialisation
35:19et qui pouvait
35:20organiser
35:21des combats communs
35:22qui pouvaient
35:23permettre aux gens
35:24d'aller vers
35:25une citoyenneté sociale
35:27tout ça
35:27s'est considérablement
35:29effondré
35:29et en même temps
35:30les écarts
35:31entre
35:32les pays d'origine
35:34et l'Europe
35:35et la France
35:36se sont agrandis
35:38si vous voulez
35:38la présence
35:39par exemple
35:40du religieux
35:40et de l'islam
35:41était beaucoup moins forte
35:42elle existait
35:43mais qu'elle ne l'était
35:46et puis nous avions
35:48une autre immigration
35:48jusqu'au début
35:49des années 80
35:50jusqu'à la fin
35:50des années 80
35:51la majorité
35:52des immigrés en France
35:53ils sont italiens
35:54portugais
35:54espagnols
35:55ils sont organisés
35:58il y a des débats communs
36:00ça ne veut pas dire
36:00qu'ils n'ont pas été
36:01victimes de racisme
36:02mais enfin
36:03les italiens
36:04ont beaucoup aidé
36:04à la construction
36:05du parti communiste
36:06en France
36:06les républicains
36:07espagnols
36:08ont participé
36:09de la libération
36:09de la France
36:10et se sont intégrés
36:12dans les organisations
36:13ouvrières
36:13monsieur Martinez
36:14ancien secrétaire général
36:15de la CGT
36:16il est issu
36:17de l'immigration
36:17espagnole
36:18l'immigration juive
36:20a considérablement aidé
36:21à la structuration
36:22du mouvement ouvrier
36:23on a oublié
36:24que monsieur Krasouti
36:25Henri Krasouti
36:26qui avait été résistant
36:27déporté
36:28était issu
36:29de la meilleure tradition
36:30du communisme juif
36:32vous avez été préfet
36:35de l'égalité des chances
36:36en Seine-Saint-Denis
36:37et alors justement
36:38vous en avez tiré
36:39quel bilan
36:39de ça ?
36:41la Seine-Saint-Denis
36:41c'est un département
36:43paradoxal
36:44parce que
36:45c'est
36:46à côté de Paris
36:47et en même temps
36:49il y a
36:49une accumulation
36:51de pauvreté
36:52de ghettos
36:53qui est liée
36:53à la désindustrialisation
36:55massive
36:55de la Seine-Saint-Denis
36:56quand j'étais préfet
36:56en Seine-Saint-Denis
36:57on a fermé
36:57la dernière usine automobile
36:59et qui s'est ouverte
37:01de l'autre côté
37:02de la Méditerranée
37:03si vous voulez
37:03c'est ça
37:04qui est terrible
37:05c'est un lieu
37:06où des grandes entreprises
37:07se sont installées
37:08mais qui sont venues
37:10avec leurs salariés
37:11voilà
37:12et donc
37:14vous avez
37:14bien sûr
37:15des personnes
37:16qui travaillent
37:17beaucoup même
37:19autour de la plateforme
37:20de Roissy
37:20etc
37:21mais
37:21la concentration
37:23de la pauvreté
37:25dans certaines zones
37:26ou la concentration
37:27de personnes
37:28d'enfants
37:30par exemple
37:30qui ne sont pas francophones
37:32ou la langue française
37:33n'est pas la langue maternelle
37:34accentuent
37:35les difficultés scolaires
37:37alors que paradoxalement
37:38c'est un département
37:40qui est très irrigué
37:41par les transports en commun
37:41voilà
37:42mais
37:43c'est un département
37:44où on a fait beaucoup d'efforts
37:45les choses s'améliorent
37:47aujourd'hui
37:47la zone de l'île de France
37:49où on a le plus de difficultés
37:51c'est par exemple
37:51des départements
37:52comme le Val d'Oise
37:52où là
37:53où il n'y a pas
37:54les mêmes transports
37:55la Seine-Saint-Denis
37:56a bénéficié
37:57des Jeux Olympiques
37:58les infrastructures
38:00mais
38:01aussi
38:02du développement
38:03il y a aussi
38:04le développement
38:04d'un islam radical
38:05moi quand j'étais préféré
38:07en Seine-Saint-Denis
38:07j'ai vu ces jeunes
38:08partir
38:09aspirés
38:10par ce soleil noir
38:11de l'islamisme
38:11pour aller suicider
38:13et tuer
38:14des centaines de gens
38:16dans des pays
38:17qui n'étaient pas le leur
38:18mais l'extrême droite
38:20en France
38:20elle estime
38:21qu'il faudrait
38:21restreindre
38:22l'intégration
38:23la rendre plus difficile
38:24pour ne pas
38:25attirer les migrants
38:26qui cherchent
38:27une vie meilleure
38:28que leur répondez-vous
38:30la plus difficile
38:31la France
38:32a été très en retard
38:33sur les exigences
38:35vis-à-vis
38:35des étrangers
38:37arrivant en France
38:39par exemple
38:40pour les aider
38:41à s'intégrer
38:41pendant très longtemps
38:42on a sous-estimé
38:44la nécessité
38:45de permettre aux personnes
38:46d'apprendre le français
38:47contrairement à l'Allemagne
38:49on est allemand
38:50parce qu'on parle allemand
38:51on n'est pas français
38:52parce qu'on parle français
38:52historiquement
38:53et quand j'étais
38:54au cabinet mystériel
38:55que vous avez rappelé
38:56en 1997
38:58on passait plus de temps
38:59à l'Assemblée nationale
38:59à discuter
39:01du développement
39:01des langues régionales
39:02en France
39:03que de discuter
39:05de savoir
39:05si c'était important
39:06d'apprendre le français
39:07aux nouveaux arrivants
39:08or
39:08même dans le commerce
39:12même dans l'aide
39:13à la personne
39:13où ce sont des métiers
39:14en tension
39:15si on ne parle pas le français
39:16on ne peut pas être employé
39:17voilà
39:18aider quelqu'un
39:19qui a des besoins
39:21de soins médicaux
39:22et si on n'arrive pas
39:23à communiquer avec lui
39:23parce qu'on parle pas le français
39:24et bien
39:25on ne pourra pas
39:26accéder à cet emploi
39:28donc
39:28on a renforcé
39:29les exigences en français
39:30et en même temps
39:31ce qui est nouveau
39:32et c'est vrai
39:33ça ça fait partie
39:34des écarts culturels
39:35on a renforcé
39:37les exigences
39:40qu'on appelle civiques
39:42c'est à dire
39:43connaître
39:44les droits
39:45et les devoirs
39:45mais en réalité
39:46connaître ce que sont
39:47les acquis sociétaux
39:48de la société française
39:49connaître comment la société
39:50française fonctionne
39:51mais on était aussi
39:53en retard
39:53et il y a d'autres pays
39:54qui sont beaucoup plus exigeants
39:56aujourd'hui
39:57en particulier
39:57des pays qui ont beaucoup accueilli
39:59je pense à l'Allemagne
40:00aujourd'hui
40:00en Allemagne
40:01il y a une différence fondamentale
40:02c'est le droit du sang
40:03et nous c'est le droit du sol
40:04c'est vrai
40:05mais par exemple
40:05l'Allemagne
40:06qui a beaucoup accueilli
40:07de Syriens
40:08s'est aperçu
40:09que malheureusement
40:09une partie de ces Syriens
40:11véhiculaient de l'antisémitisme
40:14et donc maintenant
40:14dans les tests civiques
40:16obligatoires
40:17pour accéder
40:18à la nationalité
40:20allemande
40:21et bien
40:21vous devez
40:22vous avez des questions
40:25sur l'antisémitisme
40:26et sur le droit d'Israël
40:28d'exister
40:28Vous faites souvent référence
40:32au pape François
40:33et à son encyclique
40:34Fratelli Tutti
40:35nous sommes tous des frères
40:37et le pape François
40:38il disait
40:38qu'il faut accueillir
40:39héberger
40:40protéger
40:41et promouvoir
40:42jusqu'où peut-on se conformer
40:45à cette injonction
40:46du pape François ?
40:47C'était
40:48au moment où j'ai écrit mon livre
40:50il y avait l'encyclique
40:51du pape François
40:52Fratelli Tutti
40:53voilà
40:54je pense que
40:54le pape François
40:56est dans son rôle
40:57de rappeler que
40:58mes appartements
40:59ont une commune d'humanité
41:00et c'est très important
41:01et du reste
41:02au moment des attentats
41:03en France
41:03ça a été extrêmement important
41:05puisqu'on a un pays
41:06qui a été malheureusement
41:07martyrisé
41:08de ce point de vue là
41:10enfin il y a une vague
41:11d'attentats terribles
41:12l'église catholique
41:13a eu un rôle
41:15de pacification
41:16et le pape François
41:18rappelle en permanence
41:19qu'on appartient
41:20à une commune d'humanité
41:21c'est important
41:22parce qu'il y a des temps
41:22d'endroits
41:23où on pense que
41:24quand on n'a pas
41:25la même religion
41:25on n'appartient pas
41:26à une même commune d'humanité
41:27donc c'est quand même
41:28et son geste était assez fort
41:30puisque quand il est allé
41:31dans les îles grecques
41:32il était revenu
41:33avec deux familles
41:34avec des familles musulmanes
41:35aucune famille chrétienne
41:36donc ça lui a même été reproché
41:38par une partie des chrétiens
41:39disait
41:39vous en faites peut-être
41:40un peu trop
41:41voilà
41:41mais en même temps
41:43comme il n'est pas
41:46gestionnaire
41:47de la cité
41:48au sens laïque du terme
41:50et bien
41:51l'idée
41:51qu'on puisse
41:52accueillir
41:54toute personne
41:54qui le souhaite
41:55est une idée absurde
41:56autant
41:56il y a un droit
41:57à voyager
41:59pouvoir sortir
42:00et rentrer
42:01mais il n'y a pas un droit
42:02à s'installer
42:02où on veut
42:03et en particulier
42:04on ne peut pas s'installer
42:05où on veut
42:05dès lors que
42:06l'état
42:07considéré
42:08considère
42:09qui n'a pas justement
42:10les capacités
42:11de vous accueillir
42:12donc il n'y a pas le droit
42:12il n'y a pas un droit
42:13d'entrée
42:14où on veut
42:14quand on veut
42:14et donc moi je pense
42:16qu'il faut des frontières
42:17les frontières
42:18c'est des portes
42:19quand il n'y a plus de portes
42:21et bien on fait un mur
42:22c'est ce qu'essaye de faire Trump
42:23Trump il fait un mur physique
42:25et il fait un mur par le sang
42:27voilà
42:27moi je ne veux pas
42:28que mon pays
42:28devienne un pays
42:29où on fasse un mur physique
42:30ou un mur par le sang
42:31voilà
42:32je ne veux pas qu'on tue les gens
42:33et donc il faut réguler les entrées
42:35voilà
42:35réguler les entrées
42:36en fonction
42:36des capacités d'intégration
42:38sur le marché du travail
42:39dans le logement
42:41dans la capacité
42:42à faire bénéficier
42:43tout à chacun
42:44des acquis sociaux
42:46je rappelle qu'en France
42:47par exemple
42:48les enfants sont scolarisés
42:49quelle que soit
42:50la situation administrative
42:51des parents
42:52voilà
42:53quelqu'un qui se casse
42:54une jambe à Paris
42:55et bien il va être pris en charge
42:56à l'hôpital
42:57on ne va pas lui demander
42:57sa carte bleue
42:58avant de rentrer à l'hôpital
42:59voilà
43:00ou son orange monnaie
43:01voilà
43:03on ne lui demande pas
43:04de payer un orange monnaie
43:05avant de dire bonjour
43:06aux médecins
43:07voilà
43:07il y a des tas de pays
43:08les Etats-Unis
43:09si vous me cassez une jambe
43:11avant de dire bonjour
43:12aux médecins
43:13on va vous demander
43:14votre talon de carte bleue
43:15voilà
43:15ici non
43:16merci infiniment
43:18Didier Deski
43:19d'être venu
43:19merci pour votre témoignage
43:21et merci à vous tous
43:22de votre attention
43:23et on vous dit
43:24à très vite
43:24sur Youtube
43:25première de France 24
43:26merci pour votre témoignage
43:27et merci pour votre témoignage
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