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00:00Sous pression et sous menace américaine, le président iranien adresse un message aux Etats-Unis.
00:04Il faut laisser une chance à la diplomatie, plaide Massoud Pézéchkian.
00:08Il en appelle à la Turquie et c'est justement à Istanbul qu'il a dépêché ce vendredi son chef de la diplomatie.
00:13Abbas Arakshi a été reçu par son homologue turc à Cannes Fidane.
00:17Les deux hommes ont même donné une conférence de presse.
00:19Bonjour à vous, Siavoch Ghazi, correspondant d'RF et France 24 à Terran.
00:23Merci d'être avec nous, Siavoch.
00:25Tout d'abord, cette première question, pourquoi le ministre des Affaires étrangères iranien s'est rendu en Turquie ?
00:31Pourquoi a-t-il été dépêché sur place ?
00:35Les pays de la région, notamment la Turquie, essayent de désamorcer la crise et éviter une guerre entre l'Iran et les Etats-Unis.
00:44D'ailleurs, c'est pour cette raison qu'Abbas Arakshi a fait son voyage en Turquie.
00:50Il a affirmé que l'Iran était prêt à reprendre les négociations avec les Etats-Unis,
00:57à condition que ces négociations se déroulent de manière équitable, de manière juste et dans l'intérêt national des deux pays.
01:06Donc, c'est une main tendue vers les Etats-Unis.
01:10Il a affirmé par ailleurs que l'Iran ne négociera pas sur son programme balistique,
01:15donc il n'est pas question de réduire la portée des missiles iraniens.
01:19En revanche, sur la question nucléaire, l'Iran est prêt à reprendre les négociations qui avaient été annoncées avec l'Israël.
01:30Plusieurs pays de la région, notamment la Turquie, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Égypte, les Émirats Arabes Unis,
01:36ou encore Oman ou l'Ovakistan sont opposés à une guerre entre l'Iran et les Etats-Unis,
01:43à une attaque américaine contre l'Iran par rapport à une déstabilisation de toute la région.
01:48Et les responsables militaires iraniens ont affirmé que si jamais les Etats-Unis attaquent l'Iran,
01:54eh bien la guerre ne se limitera pas aux frontières iraniennes.
01:57Elle s'étendra à toute la région, Israël, mais aussi les pays, les monarchies arabes du Golfe Persique,
02:03où il y a des bases américaines. Donc c'est une menace très claire.
02:06Mais l'Iran essaie de reprendre l'initiative diplomatique pour éviter l'escalade et éviter une attaque américaine.
02:16L'une des premières raisons à cette situation, Syavosh, c'était lorsque le président américain disait
02:21qu'il fallait soutenir cette révolte populaire en courant en Iran.
02:26Que reste-t-il aujourd'hui de ce vent de colère, de ce mouvement de contestation,
02:30tant la répression, on le sait, on l'a vu, a été sanglante.
02:33Elle se poursuit même manifestement jusque dans les hôpitaux aujourd'hui.
02:39Il y a de nombreuses arrestations qui sont annoncées tous les jours par les forces de l'ordre
02:45ou les services de renseignement à travers le pays, à Téhéran, mais aussi dans de nombreuses villes de province.
02:52Aujourd'hui, le gouvernement iranien a démenti l'arrestation de tout médecin.
02:59Alors, c'est très difficile à vérifier.
03:01Il y a eu des témoignages à l'étranger faisant état de l'arrestation de médecins,
03:09ce que moi, je ne peux pas confirmer ici sur place.
03:11Mais, toujours est-il que depuis le 12 janvier dernier, il n'y a plus de manifestation.
03:20La répression a permis au pouvoir de reprendre la situation en main,
03:26avec des milliers de morts et des milliers de blessés,
03:29et des dizaines de milliers d'arrestations qui se poursuivent encore.
03:33Et donc, il y a un semblant de retour, je dis bien un semblant de retour à la normale,
03:39mais beaucoup de gens craignent aujourd'hui une guerre qui va encore aggraver encore la situation,
03:45avec le risque d'une déstabilisation, d'un chaos,
03:48avec toutes les conséquences sur l'économie iranienne et la vie de tous les jours des Iraniens.
03:53Merci beaucoup Siavoj, Siavoj Ghazi en direct de Téhéran pour France 24.
03:58Et on accueille maintenant notre invité, c'est vous, Hasni Abidi.
04:01Bonjour à vous, vous êtes directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen.
04:05Merci de prendre quelques instants pour répondre à nos questions sur France 24.
04:09Arrêtons-nous d'abord, si vous le voulez bien, sur la séquence du jour en Turquie.
04:13Quel intérêt le président Erdogan a-t-il à tenter une médiation dans ce conflit qui oppose les Etats-Unis et l'Iran ?
04:20La Turquie veut lancer une alliance.
04:25On est encore loin d'une alliance, mais on a bien vu un grand rapprochement entre la Turquie et l'Arabie saoudite.
04:32Et on sait que les pays du Golfe, et notamment Riyad et Doha, redoutent finalement une guerre en Eran,
04:39avec des conséquences désastreuses sur la région.
04:42Et c'est pourquoi la Turquie est devenu aujourd'hui le chef de file,
04:46pour justement jouer non seulement le médiateur, mais aussi un allié des Etats-Unis
04:51qui demande aux Américains de reporter ou de revoir ses plans en Eran.
04:56Pour rejoindre ce que disait notre correspondant à Téhéran,
04:59c'est aussi l'objectif prioritaire d'éviter la déstabilisation de la région.
05:04C'est ça l'urgence aujourd'hui ?
05:05Oui, c'est éviter finalement une guerre qui aura des conséquences,
05:11pas seulement sur les Iraniens, mais aussi sur tous les pays voisins.
05:14Même si les Américains essayent de rassurer tous leurs alliés en leur disant
05:17que s'il y a une guerre où les frappes vont plutôt viser des positions stratégiques,
05:24balistiques, mais aussi nucléaires, et des positions qui sont proches du guide suprême.
05:29Donc on voit bien que les Américains veulent rassurer, veulent aussi dire que la décision est prise,
05:33mais malgré cela, il y a une course contre la montre organisée par les pays du Golfe et la Turquie
05:38pour justement dissuader les Iraniens à accepter ou finalement à céder face à une autre pression,
05:43celle qui vient d'Israël.
05:45C'est rare, mais vous avez noté cette semaine que le prince héritier saoudien a dépêché son frère,
05:50le prince Khaled, ministre de la Défense aux Etats-Unis,
05:54qui coïncide avec l'arrivée aussi du chef de Mossad israélien à Washington.
05:59L'Arabie saoudite, comme les Émirats Arabes Unis d'ailleurs,
06:01qui interdisent aux Américains d'utiliser leur espace aérien pour attaquer l'Iran.
06:05Quelle analyse il faut faire de ce positionnement de l'Arabie saoudite,
06:08des Émirats Arabes Unis et d'autres États dans la région
06:10qui ne veulent absolument pas être impliqués d'une manière ou d'une autre
06:13dans une attaque sur l'Iran ? Pourquoi ?
06:17Parce que les menaces, elles étaient claires, et maintenant des Iraniens,
06:20que tous les objectifs ou toutes les positions américaines
06:23ou les pays qui accueillent des bases militaires,
06:28et même ce qu'on appelle dans le jargon des experts militaires,
06:31mais on sait que c'est des positionnements militaires américains,
06:34seront les cibles de l'Iran.
06:36Comme vous le savez, le Qatar accueille la base à l'Aïdide,
06:40qui a été touchée déjà par les Iraniens,
06:42et les Américains disposent des bases militaires,
06:44non seulement en Arabie saoudite, ou en Zimira Arabes Unis,
06:47au Bahreïn, au Kouaït, et donc on sait très bien que toute la région sera cible.
06:51Sans oublier bien sûr le détroit de Hormuz,
06:53et les Iraniens, ils ont dit s'il y a une attaque aussi
06:56contre leur position pétrolière,
06:58ce n'est pas l'Iran qui n'aura plus le droit d'exporter,
07:00mais tous les autres pays du Golfe n'auront plus le droit aussi
07:03d'exporter leur pétrole, et donc on sait que les Iraniens
07:06en disposent encore, de relais dans la région,
07:08qu'ils sont capables de porter des coups durs,
07:11non seulement aux positions américaines dans la région,
07:13mais aussi aux États, et c'est pourquoi les pays du Golfe
07:15ne veulent surtout pas que des frappes américaines,
07:18soient lancées à partir de certaines bases
07:22situées dans le Golfe.
07:24On a en tous les cas l'impression d'être aujourd'hui
07:26un cran en dessous des déclarations guerrières
07:29et des menaces de part et d'autre,
07:32peut-être manifestement aussi parce que l'Iran est acculé,
07:34mais lorsque le chef de la diplomatie iranienne
07:37dit que son pays est prêt à reprendre des négociations
07:40sur un pied d'égalité,
07:41c'est déjà une main tendue vis-à-vis des Américains
07:44qui n'exclut pas non plus la reprise du dialogue ?
07:47Oui, c'est une main tendue,
07:48non seulement le ministre des Affaires étrangères
07:50Abbas Arraji, mais aussi le président iranien,
07:52et ça c'est un élément important.
07:53Et d'autres pays, il ne faut pas oublier
07:55ce que la Russie fait.
07:57Depuis plusieurs semaines, les Russes disent
07:58qu'ils peuvent jouer un rôle de go-betuine
08:01entre Israël et l'Iran,
08:06et ça c'est très important.
08:07La semaine prochaine, normalement,
08:09nous assisterons à des manœuvres maritimes importantes
08:11entre la Chine et la Russie,
08:14et l'Iran, et ça aussi c'est un élément important
08:16qui intervient dans un contexte très tendu dans la région.
08:20Difficile d'imaginer des manœuvres militaires
08:22entre ces trois pays,
08:23alors que les Américains et les Israéliens
08:25se préparent à une guerre contre des positions iraniennes.
08:28Donc on voit aujourd'hui, c'est vrai,
08:30qu'une main tendue, les Iraniens,
08:31qui sont prêts à lâcher du lest sur certains dossiers,
08:34qui demandent juste le respect entre Américains et Iraniens,
08:37et en même temps, on a l'accélération
08:39de plusieurs médiataires dans la région.
08:40Et quand le président américain dit lui
08:41espérer ne pas devoir frapper l'Iran,
08:44alors qu'il a montré les muscles,
08:45qu'il a communiqué sur le déploiement militaire dans la région,
08:48qu'est-ce qu'il faut comprendre ?
08:50Est-ce qu'il joue le temps ?
08:51Est-ce qu'il tente de provoquer ?
08:53Est-ce qu'il joue sur les nerfs des Iraniens ?
08:55Est-ce que c'est une stratégie ?
08:56Est-ce qu'il sait où il va ?
09:00Rien n'empêche le président américain de frapper,
09:02même s'il y a une pression diplomatique
09:04ou une demande de ses alliés de ne pas le faire.
09:07Souvenez-vous, quand la négociation a été déjà en cours
09:09entre Iraniens et Israéliens,
09:11d'une manière indirecte,
09:13le président Donald Trump et les Iraniens,
09:14souvenez-vous, la guerre de 12 jours.
09:16Ça, c'est le premier élément.
09:17Sauf qu'aujourd'hui, les Américains ont perdu,
09:20en quelque sorte, l'effet de ces reprises,
09:22puisque les Iraniens ont retenu
09:23les leçons de cette guerre de 12 jours,
09:25et ils essayent un peu de se préparer
09:27à cette unienne épisode,
09:29en quelque sorte, avec les Américains.
09:32Troisième élément important,
09:35c'est vrai que ce déploiement militaire
09:36ne se fait pas avec un coût énorme
09:38juste pour impressionner,
09:40mais s'il y a vraiment une pression diplomatique,
09:43c'est clair que ce déploiement militaire
09:45de grande envergure,
09:46il est en mesure d'exercer une pression
09:49sur les Iraniens,
09:50pour non seulement accepter
09:51de venir à la table de négociation,
09:53chose déjà faite par les Iraniens,
09:54sans des conditions sous le niveau avant,
09:56il y avait toujours des conditions
09:57avant de reprendre une négociation,
09:59et dans une position de force plutôt
10:02des Américains pour négocier.
10:05Sinon, il y a une troisième option,
10:06c'est-à-dire que des frappes bien limitées,
10:08on est loin de changement de régime,
10:10mais des frappes limitées
10:11sur des positions nucléaires
10:13ou stratégiques, c'est-à-dire balistiques,
10:16sans vraiment déranger
10:18ou sans apporter un coup dur
10:20pour le système politique iranien,
10:21pour ne pas justement causer
10:23une déflagration.
10:25C'est le jour d'après
10:26qui n'est pas clair
10:27pour les pays du Golfe,
10:29et pour la Turquie,
10:30et c'est pourquoi
10:31ils redoublent des vigilances
10:32pour essayer d'éviter
10:33la région, cette escalade.
10:34Ce sera ma dernière question,
10:35Asni Abidi,
10:36et peut-être la plus importante.
10:38En quoi les États-Unis
10:39veulent-ils absolument
10:40contrôler le nucléaire iranien ?
10:41Si attaque nucléaire il y a,
10:43les Américains géographiquement
10:44sont les plus éloignés,
10:45ils ne sont pas les premiers exposés,
10:46ce sont d'autres États de la région.
10:48Pourquoi les États-Unis
10:49cherchent-ils absolument
10:51à la contenir, cette menace ?
10:54Ils ne veulent pas la contenir,
10:56ils veulent plus que ça,
10:57ils ne veulent plus
10:58de programmes nucléaires.
10:59Alors, on a deux objectifs,
11:01la fin de l'enrichissement
11:02de l'Iranium,
11:04qui est un objectif
11:04évidemment qui existe déjà,
11:06avec cet élément
11:08de 3,5,
11:09mais aujourd'hui,
11:11les Iraniens,
11:11ils veulent que les Iraniens
11:12renoncent
11:14au développement nucléaire.
11:16Pour les Américains,
11:17et pour les Israéliens,
11:18et là,
11:18il y a une seule version,
11:20c'est un Iran nucléaire
11:21devient une menace
11:22pour la stabilité
11:23et la sécurité de la région.
11:25Merci beaucoup,
11:26Asni Abidi,
11:26merci d'avoir pris le temps
11:27de répondre à nos questions
11:28sur France 24.
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