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00:00Ce mouvement donc qui est entré ce matin dans sa troisième semaine.
00:04Depuis le 28 décembre, les Iraniens manifestent malgré les risques pour leur vie une contestation au départ du coût de la vie
00:10qui a très vite engagé un tournant plus politique.
00:13Des slogans appellent maintenant à faire chuter le régime, ils inondent, les cortèges.
00:17Et comme à chaque fois, la répression vient s'en mêler.
00:19Pour tenter de faire taire cette colère qui s'exprime, le régime des Mollah fait couler le sang.
00:24Malgré le black-out numérique imposé par le pouvoir, des images toutes plus terribles
00:28ont réussi à gagner ces derniers jours nos réseaux sociaux.
00:31Des images de centaines de dépouilles que les ONG tentent de quantifier.
00:36Il y aurait déjà plusieurs centaines de morts, sans compter les innombrables personnes arrêtées.
00:42Pendant cette demi-heure, on va tenter de mettre en lumière cet énième soulèvement
00:46qui se joue dans l'ombre du régime.
00:48Un huis clos que les Iraniens vivant en exil essayent aujourd'hui de lever.
00:52Comme vous, c'est Piedefarsi.
00:53Bonjour, merci d'avoir accepté notre invitation.
00:55Vous êtes réalisatrice franco-iranienne.
00:58Vous êtes née à Téhéran en 1965, exilée à Paris.
01:03Après un passage par la casse-prison, évidemment, on va revenir sur cet épisode ensemble.
01:07On est accompagnée aussi de notre consoeur, Mariam Karzadeh, rédactrice en chef à France 24
01:12et spécialiste des questions iraniennes.
01:13Bonjour, Mariam.
01:15Avant toute chose, j'aimerais qu'on voit ensemble, toutes les trois, quelques images.
01:20Ces images qui sont si précieuses et si rares à la fois.
01:22Une séquence obtenue sur Telegram ces dernières heures.
01:26On ne voit pas grand-chose, mais ce que l'on entend fait froid dans le dos.
01:29Regardez.
01:29S. Piedefarsi, vous vous confiez aujourd'hui, vous vous confiez dans une tribune de libération,
01:58en apnée, je bascule de l'angoisse à l'espoir, car pour l'Iran, tout est possible, le meilleur, comme le pire.
02:06On est dans le pire, là, on voit ces images.
02:09On comprend bien que les morts vont être nombreux, ils le sont déjà d'ailleurs.
02:12Oui, il y a le pire de ce côté-là, il y a le pire avec l'intervention éventuelle américaine qui nous pend sur la tête aussi.
02:22Et moi, j'essaye de garder l'espoir pour les Iraniens, pour mon peuple, à pouvoir aller jusqu'au bout de cette séquence et de renverser le régime tout seul.
02:34Mais avec le soutien de l'étranger, en effet, mais sans intervention extérieure.
02:39Malgré tout, vous parlez d'angoisse, c'est ce qui domine peut-être au moment où l'on se parle.
02:43On a tous été rivés sur les réseaux sociaux ce week-end, et vous, j'imagine, encore plus, toutes les deux, à la recherche d'images, d'informations.
02:51C'est effectivement très compliqué, on va l'aborder avec vous, Mariam, dans un instant.
02:54L'angoisse, l'angoisse de quoi ? De perdre des proches ?
02:57Des proches, mais même si ce ne sont pas des proches, ce sont quand même des Iraniens, des gens, des civils, des innocents, des jeunes qui veulent vivre comme tout le monde.
03:08Moi, je viens de faire un film sur Gaza, c'est la même chose qui se passe, et pire encore, dans mon pays, pour la énième fois, d'une manière différente.
03:15Ça n'a rien à voir avec le génocide palestinien, mais ici, c'est un régime qui est le pire ennemi de son peuple, en fait.
03:22Vous dites qu'il n'a rien à voir, mais pour se maintenir au pouvoir, on est souvent fait au pire de la même manière.
03:28Non, rien à voir dans les méthodes employées, j'entends.
03:31Mais là, ce qui se passe en ce moment, cette méthode employée, c'est tir nourri, parce que là, aujourd'hui, on sort l'artillerie lourde sur des civils,
03:36de simples civils qui manifestent.
03:38C'est pour se maintenir au pouvoir.
03:40C'est pour se maintenir au pouvoir, mais une des armes les plus utilisées contre les manifestants, à part les balles réelles, qui est déjà horrible,
03:47c'est les chevrotines, fabriquées en Italie.
03:49Vous voyez ? Et moi, je peux en citer des noms de fabricants d'armes qui vendent des armes au régime iranien.
03:56Pourquoi ?
03:58Donc, on est de connivence, on condamne, mais on est de connivence quand même.
04:01C'est toujours business as usual, je veux dire.
04:03On a quelques paroles pour les droits humains, mais d'où viennent ces armes ?
04:08Alors, on isole le régime iranien, en effet, à juste titre, parce que je pense que c'est quand même quelque chose de dangereux
04:14si le régime avait l'arme nucléaire.
04:16Moi, j'aurais bien aimé que d'autres pays ne l'aient pas dans la région, ça c'est un autre débat,
04:21mais je veux dire, le strict minimum serait qu'ils n'aient pas des gaz, qu'ils n'aient pas de chevrotines,
04:26qu'ils n'aient pas de quoi réprimer le peuple de cette façon-là,
04:29et qu'on leur donne au peuple iranien le moyen d'accéder à l'Internet.
04:33On a le moyen, on a les moyens ici, d'ici, on peut faire pression,
04:37on peut leur apporter cette technologie pour qu'on puisse communiquer au moins, et avoir les chiffres.
04:41Mariam, ce n'est pas la première fois qu'on commente ensemble sur ce plateau,
04:45vous intervenez régulièrement sur notre antenne,
04:48sur la contestation iranienne, sur la répression aussi du régime des Mollahs,
04:53ce qu'on vient d'entendre, ces tirs qui sont quand même nourris,
04:57ce n'est pas une balle après l'autre, ce sont des dizaines, des centaines, des milliers de balles
05:01qui sont tirées sur la foule.
05:02Est-ce que ça vous inspire là, aujourd'hui ?
05:04Des images de guerre, les gardiens de la Révolution ont déployé leur armée terrestre
05:08dans certaines zones du pays, notamment dans l'Ouest,
05:10notamment dans le Kurdistan iranien,
05:12il y a deux régions sur lesquelles la pression est encore plus forte que les autres,
05:15peut-être c'est le Kurdistan iranien et le Sistan-Balouchistan
05:17qui sont un peu les deux cœurs battants depuis 2022
05:21et même avant de cette contestation contre le régime.
05:24Ce que ça m'inspire, c'est qu'en fait le régime fait passer,
05:29veut faire passer son peuple, sa population pour des ennemis.
05:33Moi, ce qui m'a particulièrement frappée,
05:35c'est le changement de sémantique de ce dernier jour.
05:37Au début, ça commence, là on est dans la troisième semaine de contestation,
05:41Massoud Pézéchkian, le président de la République islamique,
05:43qui parle de, il faut entendre les manifestants, il faut entendre la colère.
05:46Très vite, ils deviennent des émeutiers pour le régime.
05:49Maintenant, ils sont des terroristes, on les appelle des terroristes armés
05:52qui font les mêmes actes que Daesh.
05:55Comparé à Daesh, c'est ce que vous me disiez tout à l'heure.
05:57Comparé à Daesh, je cite exactement Ali Larijani,
06:01qui est un des personnages clés de la République islamique,
06:03à côté de lui se tenait également un des commandants des gardiens de la révolution,
06:06qui compare son peuple à Daesh.
06:08Et le terrorisme en Iran est l'une des raisons qui mènent à la peine de mort.
06:13Et en fait, ils essayent, comme aujourd'hui, il y a un blackout total,
06:15c'est-à-dire qu'il n'y a plus Internet.
06:16Imaginez-vous 90 millions de gens,
06:1990 millions de personnes qui n'ont plus accès au monde.
06:22Nous n'avons plus accès à eux.
06:23Donc le seul narratif qu'on entend actuellement,
06:26c'est le narratif de la République islamique.
06:27Aujourd'hui, on a quoi comme images qui arrivent ?
06:30Quels sont les faisceaux d'images qui arrivent ?
06:31On va les voir peut-être, justement.
06:32Ce sont des manifestants pro-régime,
06:35qui ont été évidemment organisés à l'appel du régime.
06:38Ceux qui nous soutiennent, descendent de la rue aujourd'hui.
06:40On a effectivement un flot humain d'Iraniens,
06:44d'antéhérans notamment.
06:44Je ne sais pas si on peut voir les images.
06:45Je vais nous les montrer à l'écran.
06:47Ça fait maintenant un peu plus de deux heures.
06:50De deux heures, qu'on a ces images en continu,
06:52avec des discours en continu du président du Parlement iranien.
06:55Ce sont les seules images qui arrivent d'Iran.
06:57Et même, ce qui est intéressant,
06:59c'est que ces images de morgue absolument horribles
07:01que vous avez diffusées,
07:02qui sont les seules images qu'on a obtenues du week-end
07:04sur l'ampleur de la répression,
07:06qui a fait le tour du monde entier,
07:08qui a donné un petit peu des nouvelles de l'Iran.
07:10La télé iranienne, donc la télévision d'État,
07:13qui donne la propagande du régime.
07:16On les voit à l'écran en même temps, Mariam,
07:18des centaines de sacs mortuaires comme ça,
07:21et des familles qui se pressent
07:22pour essayer de reconnaître les proches.
07:25Et encore, vous ne comprenez pas le persan,
07:26mais vous entendez les mots de le désespoir.
07:30Et notamment, dans une des salles,
07:32une femme qui dit à son père,
07:33« Papa, relève-toi, relève-toi. »
07:35Donc, on imagine un père qui s'est effondré
07:37devant le corps de son enfant.
07:39Donc, nous, on comprend ce qui se dit.
07:40On entend les hurlements, les pleurs,
07:44les personnes qui s'écroulent.
07:46On le voit là.
07:46Et en fait, la télévision d'État,
07:49qui dépend totalement du régime,
07:52du coup, déverse son narratif depuis quatre jours.
07:54Ils sont même allés dans cette morgue.
07:56Il y a un journaliste qui est devant ces corps
07:59et qui dit, « Vous voyez, là, ce sont des gens ordinaires.
08:01Ça pourrait être vous.
08:02Donc, restez chez vous. »
08:03Parce qu'ils n'avaient rien fait.
08:04Donc, c'est-à-dire que même ces images de mort
08:06qui sont utilisées pour illustrer la répression,
08:08ils s'en servent pour, eux, nourrir leur narratif.
08:12Donc, c'est-à-dire qu'ils essayent
08:13de prendre le contrôle du narratif.
08:14Ils essayent de faire comprendre
08:16à la population iranienne
08:18que ces gens qui sont dans la rue,
08:20ils sont payés par l'Occident,
08:22ils sont payés par les États-Unis,
08:23par Israël,
08:24parce qu'ils détestent l'Iran.
08:25Mais qui est dupe aujourd'hui, en fait ?
08:27Personne n'est dupe.
08:28Là, les personnes qui sont dans la rue aujourd'hui
08:29qui défilent pour le régime,
08:31ce sont des personnes qui n'ont rien à perdre,
08:32enfin, qui ont tout à perdre, pardon,
08:33avec la chute de ce régime.
08:34Ce sont des personnes qui sont fonctionnaires,
08:36parce qu'il y a des millions de fonctionnaires,
08:37des milliers, des centaines de milliers
08:39de fonctionnaires dans ce pays,
08:41qu'ils aient fait la guerre Iran-Irak,
08:43qu'on a dû placer là.
08:45Donc, ils sont obligés d'aller manifester.
08:46Il y a des gens qui croient encore
08:47à l'idéologie de la République islamique.
08:49Mais aujourd'hui, la population que vous voyez dans les rues,
08:51même si ça paraît important,
08:53parce qu'il y a un effet de mise en image
08:54pour avoir l'impression qu'il y a beaucoup de monde,
08:57ça reste une très faible minorité
08:59de la population iranienne aujourd'hui.
09:01Donc, ils essaient de contrôler le narratif
09:02et d'empêcher ces vidéos de sortir d'Iran.
09:06Pourquoi ? Parce que Donald Trump,
09:08lorsqu'il tweet, lorsqu'il menace le régime iranien
09:11d'intervenir en cas de répression,
09:13Donald Trump utilise ces vidéos
09:15qui sont sorties courageusement.
09:17Parce que, comme nous, journalistes,
09:18nous n'avons pas le droit d'aller en Iran,
09:20les Iraniens sont journalistes de leur propre vie,
09:23de leur propre quotidien.
09:24Donc, au péril de leur vie,
09:25ce qu'on entend très bien dans la vidéo
09:26très forte que vous avez diffusée,
09:28où la personne dit « baisse ton téléphone »,
09:29ils vont te tirer dessus.
09:32Et justement, Cébide Farsi vous salue aujourd'hui
09:34et vous appelez à nous incliner
09:36devant le courage inouï de ces Iraniens
09:39qui ne sont pas leur premier coup d'essai
09:40parce que ce n'est pas la première séquence
09:43dans un temps quand même très resserré.
09:45Une mobilisation,
09:46Marsa Mini, évidemment,
09:48on vous l'a largement témoigné sur cette antenne
09:50en 2022 et depuis régulièrement
09:53cette contestation qui s'est organisée.
09:55On va regarder juste quelques images
09:56parce qu'elles sont précieuses.
09:57Ces images des derniers développements connus,
10:00je précise, connus en Iran
10:02avec Etan Adji et Laura Cambou.
10:04Regardez.
10:04Ces images reçues et vérifiées
10:08par les observateurs de France 24
10:10témoignent de la répression meurtrière
10:13qui a lieu actuellement en Iran.
10:15Dans ce hangar à Karizak,
10:17au sud de Téhéran,
10:18des dizaines de dépouilles
10:19dans des sacs mortuaires
10:21et l'inquiétude des familles
10:23qui tentent de retrouver
10:24et d'identifier leurs proches.
10:27À l'extérieur du bâtiment aussi,
10:29les victimes gisent au sol par dizaines.
10:31À Fardis, à l'ouest de la capitale,
10:35ces corps de jeunes manifestants
10:37ont été rapatriés dans un immeuble.
10:39Ils sont criblés de balles.
10:49Depuis le début du soulèvement,
10:51les ONG font état
10:52de plusieurs centaines de morts.
10:55Difficile de recueillir des témoignages.
10:57Les autorités ont coupé Internet
10:58depuis plusieurs jours dans le pays.
11:00Sous couvert d'anonymat,
11:02une citoyenne a accepté
11:03de parler aux observateurs de France 24.
11:06Nous avons retranscrit ses propos.
11:09Ils ont éteint l'éclairage
11:10sur les autoroutes et dans les rues.
11:11Ils veulent empêcher
11:12les manifestants de filmer.
11:14Les membres des forces de sécurité
11:15sont armés
11:16et il y a beaucoup de drones
11:17qui nous survolent.
11:19On voit bien qu'ils nous suivent,
11:20même dans les ruelles
11:21les plus étroites.
11:23À Machad, deuxième ville du pays,
11:25les mêmes scènes de violence.
11:26Sur cette route,
11:28les manifestants ont érigé
11:29des barricades.
11:31La répression et la surveillance
11:32se sont accrues au fil des jours
11:34dans un pays secoué
11:35depuis plus de deux semaines
11:36par une contestation d'ampleur.
11:39À l'origine,
11:39contre le coût de la vie,
11:41elle a rapidement pris
11:42une tournure politique
11:43avec des manifestants
11:44qui réclament désormais
11:45la chute du régime.
11:46Sépine Farsi,
11:51vous connaissez, vous,
11:52le coup de la contestation
11:53parce que vous avez été arrêté
11:54à l'âge de 16 ans
11:55et envoyé en prison
11:57pendant de longs mois.
11:58J'imagine que vous avez décidé
11:59après de quitter votre pays
12:01pour vous exiler en France.
12:04Malgré tout, vous dites,
12:05ces Iraniens,
12:06ils connaissent le prix
12:07de la mobilisation,
12:09c'est la répression,
12:10le sang.
12:10Qui n'a pas connu un proche
12:12qui avait été soit arrêté,
12:14soit tué,
12:15dans cette mobilisation.
12:17Ils sont prêts à tout,
12:18aujourd'hui, les Iraniens ?
12:20Oui.
12:23Moi, quand je suis descendue
12:24dans la rue en 1980,
12:26je ne savais pas ce que ça...
12:28Je ne l'avais pas goûté à ça
12:30quand j'ai reçu
12:31le premier coup de matraque.
12:34Et puis la torture ensuite,
12:36enfin, mes amis perdus,
12:37tout ça,
12:38c'était un choc.
12:40Déjà parce qu'on ne pensait pas
12:41que le régime en serait capable.
12:42Aujourd'hui, les Iraniens
12:43et les Iraniennes,
12:44la jeunesse qui est dans la rue,
12:45sait de quoi le régime...
12:46Mais ils ont intégré ça,
12:47finalement, dans leur vie.
12:48Oui, et ils n'ont plus
12:49tout à perdre
12:50et plus rien à perdre.
12:51Parce qu'ils n'en peuvent plus.
12:52Ils le disent,
12:53on n'a plus rien à perdre
12:54parce qu'un Iranien sur trois,
12:56un Iranien sur deux,
12:57voire même, selon certains,
12:58deux Iraniens sur trois
12:59vivent en dessous
13:00du seuil de pauvreté.
13:02C'est-à-dire que c'est énorme
13:03la chute du pouvoir d'achat,
13:05ne serait-ce que cette année,
13:06c'est 50%
13:07pour un Iranien moyen.
13:09La classe moyenne,
13:10elle est à bout de tout.
13:13Et la jeunesse...
13:14Qui est le point de départ
13:15de cette mobilisation,
13:16celle-ci.
13:17Mais très vite,
13:18comme vous l'avez dit,
13:19immédiatement,
13:20les slogans reviennent.
13:22Alors, c'est très intéressant
13:23parce que
13:23« Ozzadi, ozzadi, ozzadi »
13:24qui est un des slogans
13:25les plus scandés,
13:26c'est quand même
13:26exactement avec le même,
13:28comment dire,
13:28le même tempo.
13:29C'est ce qu'on disait.
13:31Trois fois liberté.
13:32Et ça,
13:33c'est ce qu'on disait
13:33en 78 aussi.
13:35Et c'est ce qu'il y a été.
13:36Et puis « Femme vie, liberté revient ».
13:37Il y a beaucoup de choses
13:39historiques,
13:40de slogans historiques.
13:40Il y a une association,
13:41finalement,
13:42de sujets non réglés.
13:43Ah oui.
13:44Parce que depuis
13:45un siècle,
13:46en fait,
13:46depuis la révolution
13:47constitutionnelle
13:48d'il y a un siècle,
13:49le peuple iranien
13:50veut la démocratie,
13:51la vraie démocratie.
13:53Et il n'y arrive pas.
13:54À chaque fois,
13:54on est à deux doigts
13:55et il se passe quelque chose.
13:56Un coup d'État,
13:57une intervention,
13:58un...
13:59Voilà.
13:59L'entrée en scène
13:59des guerriers de la révolution
14:00qui réprime fortement
14:03et qui finalement
14:04réussissent à convaincre
14:05la foule de rester chez elle.
14:07Au moins une décennie
14:08que nous,
14:08activistes iraniens
14:09à l'étranger,
14:10on dit s'il vous plaît
14:11à la communauté européenne,
14:13internationale,
14:14mettez les gardiens
14:15de la révolution
14:15sur la liste
14:16des organisations terroristes.
14:17Arrêtez de converser avec eux.
14:19Personne ne nous écoute.
14:21Alors justement,
14:21Mariam me disait à l'instant
14:22que le seul narratif
14:22qu'on entend,
14:23c'est celui du régime iranien.
14:24J'ajouterais aussi
14:25et celui de la diaspora
14:26exilée à l'étranger.
14:28C'est vous,
14:30par le biais
14:30de vos tribunes,
14:31de vos interventions
14:32qui faites vivre
14:34évidemment
14:34ce mouvement de contestation
14:36à l'étranger.
14:37Est-ce que vous avez
14:38plus d'espoir
14:39que d'habitude ?
14:41Je ne sais pas encore
14:42si je peux dire
14:43que j'ai de l'espoir.
14:45Plus peut-être
14:46parce que cette fois-ci
14:47je vois quand même
14:48le peuple uni
14:48des foules
14:49beaucoup plus grandes
14:50qu'en 2022
14:51qu'à d'autres moments
14:53que ça a duré
14:54quand même plus longtemps.
14:55On est en Inde
14:55dans la troisième semaine.
14:56C'est important
14:56et les manifestants,
14:58les contestataires
14:59ont pris les rues
15:00très vite cette fois-ci.
15:01Beaucoup plus vite
15:01qu'avant.
15:02Je me souviens
15:03de Oshura 2009,
15:05décembre 2009,
15:06oui c'est ça,
15:07ça a commencé en juin
15:08et en décembre
15:10ils ont fait quelque chose
15:11qu'aujourd'hui
15:12ils ont fait
15:12en l'espace de trois jours.
15:14Alors qu'en 2019
15:16ça avait duré six mois
15:17pour obtenir,
15:18pour prendre les rues.
15:19C'est-à-dire
15:20contrôler la rue.
15:21C'est quoi ça ?
15:21C'est le fait
15:21de l'association
15:22de plusieurs facteurs.
15:23Il y a la dimension économique
15:24et la dimension politique.
15:26Et puis ça peut être
15:28une bombe terrible
15:29pour l'origine des moeurs.
15:30qui se bâtit
15:31sur la lutte précédente.
15:34Femme-vie-liberté,
15:35elle n'a peut-être
15:35pas gagné complètement
15:36mais elle n'a pas perdu non plus.
15:38Et cette contestation,
15:39cette révolte
15:39se bâtit,
15:40se construit
15:41sur la révolte
15:42de 2022
15:43qui s'est construit
15:44sur 2019,
15:45sur 2017.
15:46Donc en effet,
15:47il y a quand même aussi
15:47un effet d'entraînement
15:48et de désespoir
15:49qui va crécher.
15:51On entend
15:51de façon assez froide.
15:54Moi, c'est le sentiment
15:54que ça m'a donné
15:55quand j'ai entendu
15:55ces témoignages.
15:56La diaspora iranienne
15:57dira à distance
15:58de l'Iran,
15:59il faut passer par là,
16:00il faut passer par ses morts,
16:01c'est terrible.
16:01Mais on n'a pas le choix
16:02et ça, les Iraniens
16:03le savent.
16:05Quand on voit
16:05le nombre de sacs mortuaires
16:07de dépouilles
16:07en aussi peu de temps,
16:09Mariam,
16:09ça fait deux semaines
16:10qu'on manifeste
16:11dans le pays,
16:12ça fait quelques jours
16:13quand même
16:13qu'on voit se déverser
16:15ces images terribles,
16:16la mort de Téhéran
16:17notamment.
16:19Ça nous dit quoi ?
16:20Est-ce que le régime
16:20peut-être a encore plus peur
16:21quand il réprime
16:23aussi fort
16:24comme ça
16:24dans un laps de temps
16:25aussi court ?
16:26Vous savez,
16:27le régime iranien,
16:28je pense qu'il y a
16:28assez peu de personnes
16:29qui arrivent à le comprendre.
16:30Ce n'est pas un régime
16:31des Mollahs,
16:32on le présente
16:32comme un régime de Mollahs.
16:33C'est une dictature
16:34théocratique et militaire.
16:36Donc c'est incarné
16:37par le guide suprême,
16:37Ali Khamenei,
16:38qui est l'équivalent
16:39de Dieu sur Terre.
16:39C'est comme ça
16:40le Veilal et Tefari.
16:41C'est comme ça
16:42qu'il est théorisé
16:42dans la République islamique,
16:43qui est la première
16:44République islamique au monde,
16:45autour de lui
16:46des gardiens de la Révolution
16:47qui portent leur nom.
16:48Il faut sauvegarder
16:50la Révolution islamique
16:50de 1979.
16:52Aujourd'hui,
16:52on est en 2026,
16:54l'Iran a toujours
16:55des tribunaux révolutionnaires.
16:56On est toujours
16:57dans une optique
16:57de la Révolution islamique
16:59et de jouer sur l'héritage
17:01de la guerre Iran-Irak.
17:04Aujourd'hui,
17:05les gardiens de la Révolution,
17:06c'est une succession
17:07de mafias, en fait,
17:09qui n'est guidée
17:10que par de l'enrichissement
17:11personnel.
17:12C'est-à-dire qu'ils ont
17:13mis la main
17:14sur tous les grands pans
17:16de l'économie iranienne.
17:1670% de l'économie iranienne,
17:18vous dire ?
17:18L'Iran,
17:19c'est un pays
17:19qui est très riche.
17:20Très riche.
17:20Avant,
17:21si je me trompe,
17:22c'est pied d'édite-moi,
17:24avant la Révolution islamique,
17:25c'était la septième
17:25puissance mondiale,
17:26l'Iran.
17:26C'était une des plus grandes
17:27puissances mondiales.
17:28Il me semble.
17:29Très riche de son pétrole.
17:30Surtout depuis la flambée
17:31de l'or noir.
17:33Troisième réserve de pétrole
17:34au monde,
17:35deuxième de gaz,
17:36beaucoup de matières premières.
17:37C'est un pays
17:37qui est très riche.
17:38Ils ont mis la main bas
17:39sur tous ces pans de l'économie.
17:40Quand on parle de sanctions
17:41aujourd'hui de l'Union européenne,
17:42l'Union européenne
17:43vient de dire à l'instant
17:44qu'elle voulait sanctionner davantage.
17:46Ça enrichit les gardiens
17:46de la Révolution.
17:47Donc,
17:48ça a un effet
17:48contre-productif total.
17:50Est-ce qu'aujourd'hui,
17:51ce régime
17:52pense que sa survie
17:54est en danger ?
17:55Peut-être.
17:55Est-ce que tout le monde
17:56le pense ?
17:56Je ne suis pas sûre
17:57parce que pour eux,
17:58c'est toujours le même scénario.
18:00Blackout Internet,
18:01on ferme le pays
18:02au monde.
18:03On le met sous cloche
18:05et on réprime à huis clos
18:06et le mouvement s'éteint.
18:08Mais il y aura
18:09d'autres mouvements.
18:10Rapidement,
18:11parce que j'aimerais
18:11qu'on aborde
18:11plusieurs autres dossiers.
18:13Mais comment on a l'info ?
18:14On regarde les chaînes
18:15d'opposition iraniennes,
18:17les réseaux.
18:18Il y a certaines ONG
18:18notamment qui sont plus crédibles
18:19que d'autres
18:19qui l'ont été par le passé
18:20donc on se fielle.
18:21Notamment pour les bilans.
18:23Je répète,
18:24dans mes journaux,
18:24c'est impossible
18:25de donner des chiffres exacts.
18:27192 morts
18:27selon Human White Watch,
18:29544 selon AP et Reuters
18:31qui citent l'organisation
18:32iranienne Rana.
18:34Plus d'un millier
18:35de personnes arrêtées
18:36et là aussi
18:36qui risquent d'être jugées
18:38assez vite.
18:39Mais là,
18:39imaginez-vous,
18:40on a juste vu les images
18:41de la mort de Téhéran.
18:42Il y a plus que 192 morts,
18:43il y a plus que 500 morts.
18:44Là, c'est juste Téhéran.
18:45C'est un bain de sang à Ispahan,
18:46c'est un bain de sang à Kermansha,
18:48c'est un bain de sang
18:48dans le Kurdistan.
18:50Quand Internet va revenir,
18:51quand on va connaître
18:52l'ampleur de la répression,
18:53là, ça va être terrible
18:54pour tout le monde
18:55et en particulier
18:55pour la diaspora iranienne
18:56parce qu'il y a des personnes
18:58qui vont apprendre
18:58qu'elles ont perdu des proches
18:59parce qu'aujourd'hui,
19:00imaginez-vous,
19:01vos proches,
19:02votre famille,
19:02vos amis,
19:03vous ne savez pas
19:03s'ils sont à les manifester,
19:04vous ne savez pas
19:05s'ils sont membres,
19:05vous ne savez pas
19:06s'ils sont en vie,
19:07vous ne savez rien.
19:08Vous avez des nouvelles d'ailleurs
19:08ces pieds des farcis de proches ?
19:10Vous avez réussi
19:11Agente du Monde ce week-end ?
19:12J'ai des nouvelles
19:12par des amis d'amis
19:13mais de ma propre famille,
19:15je n'ai plus de nouvelles
19:15parce qu'ils n'ont pas
19:16Starlink.
19:17Starlink,
19:17c'est le seul moyen
19:18d'accès...
19:19Le réseau d'Elan Musk.
19:20Oui, exactement.
19:21Mais qui a là aussi
19:22été maîtrisé
19:23par le régime iranien
19:24qui a été interrompu.
19:25Qui a été en partie maîtrisé
19:26mais surtout
19:26qui est accessible,
19:27on peut acheter
19:28à 1000 dollars
19:29plus 200 dollars
19:31de frais de charge
19:32et de connexion,
19:33ce n'est pas
19:34à la portée de tout le monde
19:35mais il y a quelques personnes
19:36et donc on arrive à avoir
19:37mais ça a été affaibli.
19:39Non, moi par exemple,
19:40la ville de Tchénarán
19:41qui est une petite ville
19:42à 100 kilomètres de ma chave,
19:44il y a eu 6 morts
19:45déjà dans les premiers jours.
19:47Quand j'ai appris ça
19:48par mes proches justement,
19:49moi j'étais étonnée,
19:50je ne pensais pas du tout que...
19:51Sachant que le rythme
19:52effectivement s'accélère
19:53avec une répression
19:53qui se durcit.
19:55J'aimerais qu'on évoque
19:55évidemment l'éventuelle rencontre
19:57entre Donald Trump,
19:57celui qui le dit ce week-end
19:59et les représentants
20:00du régime iranien.
20:01Trump qui avait mis en garde
20:02déjà le régime iranien.
20:04Attention,
20:04s'il y a une répression
20:05contre les civils,
20:06on va intervenir.
20:07D'éventuelles interventions
20:08frappes militaires,
20:10vous vous dites
20:10que ce serait terrible ?
20:12Je le pense parce que...
20:12Tout le monde ne le dit pas
20:13mais il y a deux visions
20:14qui s'opposent.
20:15Vous vous dites
20:15que ce ne serait pas
20:16une bonne chose
20:16pour les Iraniens.
20:16Il y a des gens
20:17qui pensent le contraire,
20:18en effet,
20:18mais j'assume ce que je dis.
20:19Moi, je tire les conséquences
20:21de toutes les interventions
20:22américaines dans la région
20:23depuis plusieurs décennies.
20:25Ce que ça a donné en Irak,
20:26ce que ça a donné en Iran
20:27il y a six mois,
20:28s'ils n'avaient pas attaqué
20:29Israël puis les Etats-Unis,
20:31les gens seraient descendus
20:32dans la rue
20:33plus tôt que ça.
20:34L'attaque conjointe
20:36a retardé l'éruption
20:37du mouvement.
20:38J'en suis certaine
20:38et tout le monde le dit.
20:39Tous les analystes sérieux
20:40le disent.
20:41Parce que le régime
20:42a commencé à réprimer.
20:42Le régime s'est durci,
20:44s'est renforcé,
20:44a réprimé encore plus.
20:46L'année 2025 a été
20:47l'année la plus meurtrière
20:48en termes de nombre
20:49d'exécutions en Iran.
20:51Donc, à quoi servirait ?
20:52C'est-à-dire que
20:53Donald Trump
20:54ou l'armée américaine
20:54lancerait des bombes
20:55où exactement ?
20:56Est-ce qu'on sait
20:56où est Khamenei ?
20:57Est-ce qu'on sait
20:58qui ils vont éliminer exactement ?
21:00De quelle manière ?
21:00Il n'y a pas de frappe chirurgicale
21:02quand vous avez
21:03des millions de gens
21:03dans la rue.
21:04Enfin, lui, il décrète,
21:05il dit
21:06videz Téhéran.
21:07C'est ce qu'il avait dit
21:07en juin.
21:09Un mégapole de...
21:11Est-ce qu'il s'était passé
21:12malgré tout ?
21:12Il y avait de nombreux
21:14Iraniens qui avaient fui
21:14dont notre correspondant
21:15à Téhéran.
21:16Et on a eu 1500 morts
21:17quand même dans ces frappes.
21:18Les 12 jours.
21:19Je veux dire,
21:19comment est-ce qu'ils pensent
21:20pouvoir arrêter la répression
21:22en frappant militairement ?
21:23C'est complètement absurde.
21:24La question, c'est
21:25est-ce que les Iraniens
21:26eux-mêmes ont les moyens
21:26de renverser ce régime ?
21:28Ils ont échoué jusqu'ici
21:29à chaque fois.
21:30Et c'est ce que défendent
21:31évidemment les opposants
21:32à l'intervention américaine
21:33à Mariam ?
21:33Ils n'ont pas les moyens
21:34malheureusement.
21:35Effectivement,
21:36ils sont en train
21:36de se battre à main nue
21:37face à des chars.
21:39Et effectivement,
21:41si demain,
21:41le mouvement s'arrête,
21:43ça n'enlèvera pas
21:44la colère très très ancrée
21:45chez les Iraniens,
21:46très profonde
21:47contre ce régime.
21:49Et ça reviendra.
21:50Et le régime en est conscient
21:52au moment de Femmes-Vie-Liberté.
21:54Il y a eu des fuites
21:55où on a su que
21:57les gardiens de l'évolution
21:57avaient fait des audits
21:58internes, évidemment,
21:59parce qu'il n'y a aucune
22:00statistique officielle
22:01sur la cote de popularité
22:03de ce régime
22:03auprès de sa population.
22:04Le seul indice
22:05qu'il peut y avoir,
22:06c'est au moment
22:06des élections présidentielles,
22:08le taux de participation
22:09et encore,
22:10ce ne sont pas des chiffres
22:11totalement fiables.
22:12Et dans ces fuites,
22:13était inscrit que 75%
22:15de la population iranienne
22:16était contre le régime
22:17de la République islamique.
22:17Donc,
22:18ils en sont conscients
22:19totalement qu'ils ne sont
22:20pas du tout aimés
22:21par la population iranienne
22:23et que la colère,
22:24la colère dans les rues,
22:27la contestation
22:28a encore grandi.
22:29A chaque mouvement,
22:30en fait,
22:30on voit davantage
22:31de personnes se mobiliser.
22:33Imaginez-vous,
22:33là, dans la rue,
22:34là, je regardais,
22:35parce que quand vous parlez
22:36des sources fiables,
22:37il y a des activistes
22:38qui, grâce à leur contact
22:40via Starlink,
22:40arrivent à identifier
22:41quelques visages.
22:43Ils ont tué
22:43un garçon de 17 ans,
22:45là,
22:45dans une ville
22:46du nord de l'Iran.
22:49Donc,
22:50c'est très...
22:51Cette population,
22:52qui est dans la rue,
22:53elle est très jeune.
22:54Ce sont aussi des gens
22:55de la classe moyenne,
22:56de la classe pauvre,
22:57qui n'arrivent plus à manger,
22:58qui en sont à manger
22:59du yaourt avec du pain,
23:01du fromage avec du pain,
23:02qui n'arrivent plus
23:03même à acheter du riz,
23:05et donc,
23:06ils n'ont plus rien à perdre.
23:07Et les jeunes,
23:07pourquoi ils sont mobilisés
23:08aujourd'hui ?
23:09Parce qu'ils sont dans
23:10les universités,
23:11mais ils savent qu'au bout
23:11du tunnel,
23:12il n'y a rien qui les attend,
23:13il n'y a aucun avenir,
23:14c'est le chômage qui les attend,
23:15puisque les postes qualifiés
23:17sont complètement dédiés
23:18aux enfants du régime.
23:20Il y a une corruption
23:21qui est endémique,
23:22un hépotisme
23:22qui est absolument hallucinant,
23:24qui a coulé l'Iran,
23:25qui a complètement
23:26fait plonger de l'Iran.
23:27Et en fait,
23:27quand vous voyez
23:28les réactions
23:30de Massoud Pézechian,
23:31le président de la République islamique,
23:32qui ce week-end
23:32a donné des interviews
23:33en disant
23:34« On va apporter des gages
23:35sur la vie économique,
23:37sur l'inflation »,
23:37en fait,
23:38c'est trop tard.
23:39Ce n'est pas un mouvement
23:39contre la vie chère,
23:40c'est vraiment un mouvement
23:41de rejet.
23:42Et d'ailleurs,
23:42des personnes qui ont connu
23:43la révolution islamique
23:44me confiaient
23:45qu'elles ressentent
23:45la même atmosphère
23:46qu'en 1978.
23:48Vous l'avez dit,
23:49il y a les mêmes slogans,
23:51ce sont les symboles du régime
23:52qui sont attaqués,
23:52des mosquées
23:53qui sont attaquées,
23:54des mémoriaux
23:55pour les généraux.
23:55En 1979,
23:56la révolution islamique,
23:57c'est des hôtels de luxe,
23:58c'était les symboles
23:59du chat qui étaient attaqués.
24:00Donc il y a quand même
24:01des similitudes
24:01dans les moyens de...
24:03C'est pile et farci
24:03parce que cette émission
24:04touche à sa fin.
24:06Qu'est-ce que vous auriez
24:07à dire là aujourd'hui
24:08aux Iraniens,
24:10à ce peuple iranien,
24:11à votre peuple
24:11qui se mobilise ?
24:13Je leur tiens mon chapeau,
24:13je les admire
24:14pour leur courage.
24:16Je suis très, très émue.
24:18C'est extraordinaire
24:21ce qu'ils sont en train
24:22de faire.
24:23Mais j'y crois,
24:24j'y crois.
24:25Ils vont y arriver.
24:26Je pense que...
24:26Ne pas lâcher ?
24:28Oui, pas lâcher.
24:29C'est difficile pour moi
24:31d'être assise ici à Paris
24:32et de dire ça.
24:34Mais je pense
24:35qu'on peut les soutenir.
24:37À geler les avoirs,
24:38des dignitaires du régime,
24:40à ne pas commercer,
24:42à ne pas leur vendre des armes,
24:43à faire en sorte
24:44que l'Internet soit établi,
24:46à faire en sorte
24:46qu'ils sachent
24:47que nous, on les soutient,
24:49même si ce n'est pas
24:50des moyens...
24:51C'est finalement eux
24:52qui vont renverser le régime,
24:53mais ils vont y arriver.
24:54Moi, j'y crois dur.
24:55Avec l'aide des Occidentaux,
24:56là, pour le coup,
24:56c'est à eux
24:57que vous adressez ?
24:57Oui, mais un soutien
24:58démocratique et diplomatique,
25:00surtout.
25:01Et je vois Mariam qui hoche la tête.
25:02Mariam, un mot peut-être
25:02pour Chlore ?
25:04C'est compliqué.
25:06Moi, c'est un secret pour personne.
25:07Je suis franco-iranienne.
25:08J'ai toute ma famille paternelle là-bas.
25:10Voilà, c'est difficile
25:11en ce moment
25:12parce que c'est vrai
25:13que de ne pas avoir de nouvelles
25:14et de voir des visages
25:15de...
25:17On est tous parents,
25:18de voir ces parents
25:19qui vont chercher
25:20leurs enfants à la mort
25:21parce que leurs enfants
25:21ont juste demandé
25:22une vie démocratique,
25:23ont demandé la liberté.
25:25Voilà, le prix à payer
25:26en Iran aujourd'hui
25:27pour avoir la liberté,
25:28eh bien,
25:29il est très très lourd.
25:30Et donc, effectivement,
25:31ce que font les Iraniens
25:32aujourd'hui,
25:33il faut le saluer
25:34parce qu'ils le font
25:34dans un silence ressourdissant.
25:36Évidemment, chez nous,
25:36on en parle depuis
25:37le premier jour
25:37de ces manifestations
25:38et depuis tout le temps,
25:39mais c'est un courage
25:40immense, immense.
25:41Et on va continuer évidemment
25:43à faire sortir de l'ombre
25:45évidemment ces revendications
25:47et cette colère
25:47qui s'exprime.
25:49Merci à toutes les deux.
25:50C'est la fin de l'info du jour.
25:50Évidemment, on continue
25:51à vous reparler
25:51de la situation en Iran
25:54dans quelques instants.
25:54On se retrouve pour le journal.
25:55A tout de suite.
25:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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