00:0011h, 13h en direct sur Europe 1.
00:03On a un fil rouge aujourd'hui.
00:05J'ai lu, et si vous ne l'avez pas fait, faites-le parce que c'était vraiment passionnant,
00:09l'enquête et le dossier du journal du dimanche
00:13avec une phrase, une citation, un avertissement de Donald Trump.
00:18L'Europe est méconnaissable.
00:20Mais aujourd'hui, on va aller plus loin
00:21parce qu'il n'y a peut-être pas que l'Europe qui est méconnaissable.
00:25Est-ce que vous reconnaissez, chers auditeurs,
00:27votre France dans laquelle vous avez grandi,
00:30dans laquelle vous avez peut-être construit une famille ?
00:32Est-ce qu'aujourd'hui, vous reconnaissez la France ?
00:35Et si vous ne la reconnaissez pas,
00:37dites-nous qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ?
00:39On voit aussi les priorités qui ont été bouleversées,
00:42les priorités des Français ces dernières années,
00:45quand on voit que la sécurité, la priorité des priorités
00:48à l'approche des élections municipales,
00:52c'est une question qui mérite d'être posée.
00:54Donc 0, 1, 80, 20, 39, 21.
00:58Écoutez, Donald Trump, c'était cette semaine à Davos,
01:02lorsqu'il parle de l'Europe.
01:03Certains endroits en Europe ne sont même plus reconnaissables aujourd'hui.
01:08Et on peut en débattre, mais il n'y a pas matière à débat.
01:10Je ne veux offenser personne,
01:12mais j'ai des amis qui reviennent de différents endroits
01:14et qui disent « je ne reconnais pas cet endroit ».
01:17Et c'est dans un sens très négatif.
01:20J'aime l'Europe, je veux voir l'Europe aller bien,
01:22mais elle ne va pas dans la bonne direction.
01:24Parce qu'au cours des dernières décennies,
01:26il est devenu communément admis à Washington
01:28et dans les capitales européennes
01:30que la seule façon de développer une économie occidentale moderne
01:33était d'augmenter sans cesse les dépenses publiques,
01:37de laisser libre cours à l'immigration massive
01:39et d'importer sans fin des produits étrangers.
01:42C'est la voie que Joe Biden
01:43et de nombreux autres gouvernements occidentaux
01:46ont très imprudemment suivi.
01:47Alors ça, c'est pour Donald Trump.
01:51François-Xavier Bellamy était l'invité du grand rendez-vous
01:53Europe 1 C News Les Echos.
01:55Vous avez pu l'entendre en direct entre 10h et 11h,
01:59interrogé par Pierre De Villeneau.
02:01Et il a parlé justement du poids de la France.
02:03Écoutez François-Xavier Bellamy.
02:05La France est d'abord abîmée par le décrochage
02:07dans lequel elle plonge depuis des années maintenant.
02:10Est-ce que ce n'est pas justement une cerise au gâteau ?
02:12A maîtriser son budget par son incapacité à peser
02:15sur le destin du monde.
02:16Parce qu'en réalité, elle est,
02:18et je le vois tous les jours dans le travail européen,
02:20la France est aujourd'hui profondément discréditée.
02:23Y compris par le fait qu'elle soit incapable
02:24de rétablir ses comptes.
02:26Un pays qui ne tient pas ses comptes,
02:27c'est un pays qui ne peut pas ensuite se faire entendre
02:29à l'échelle ni de l'Europe, ni du monde.
02:32Je rappelle la question de ce dimanche.
02:35Reconnaissez-vous votre France ?
02:37Parce qu'on a toujours un lien charnel avec notre pays.
02:41Je me tourne vers vous, Éric Revelle,
02:43l'homme d'expérience.
02:45Vous reconnaissez la France dans laquelle vous avez été ?
02:46J'ai bien du mal.
02:48J'ai bien du mal à la reconnaître.
02:49Moi, je suis issu, j'ai vécu très longtemps
02:52dans une cité HLM, à Nanterre,
02:54à l'époque où il y avait des populations différentes,
02:59une immigration différente,
03:02où le trafic de drogue ne ravageait pas nos cités,
03:07où on avait le respect de l'enseignant,
03:10où on vivait même chichement,
03:12mais de manière beaucoup plus tranquille.
03:13quand vous dites, Elliot,
03:15que la sécurité est devenue le souci numéro un pour ces municipales,
03:21vous avez raison de le souligner.
03:22Et je regardais dans un sondage, là, qui est paru aujourd'hui,
03:26que même à Paris,
03:27alors qu'aux dernières élections municipales,
03:29c'était plutôt la question de la propreté
03:30qui était en tête des demandes des administrés,
03:35aujourd'hui, c'est la sécurité.
03:36Et donc, en fait, il y a 10 ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans,
03:40on vivait dans une France qui était beaucoup plus apaisée,
03:43et qui pourtant avait connu des crises,
03:45il faut se rappeler des chocs pétroliers de 73, 79,
03:49la montée du chômage.
03:51Cette France du respect de l'autorité,
03:53elle a basculé,
03:54les policiers en sont les premières victimes,
03:57et donc, oui, on a un sentiment évident
04:00que cette insécurité grandissante nous pose des problèmes
04:04et nous fait avoir peur pour nos enfants, aussi.
04:09C'est-à-dire que quelle France va-t-on leur laisser ?
04:12Moi, la France que m'ont laissé mes parents ou mes grands-parents,
04:15ce n'est pas du tout la France que je risque de laisser à mes enfants.
04:18Et c'est intéressant d'avoir,
04:19il y a aussi un choc générationnel,
04:22avec Sébastien Ligné,
04:24qui représente la France de demain.
04:27Sébastien Ligné,
04:28c'est vrai que souvent, les nouvelles générations,
04:31d'ailleurs, se raccrochent à la France d'hier,
04:35se raccrochent aux racines françaises,
04:37à notre histoire, notre tradition,
04:39parce qu'il y a cette sensation
04:41que tout est en train d'être bouleversé.
04:44Sébastien Ligné.
04:45En effet, et surtout,
04:47on a l'impression, quand on est plus jeune,
04:49de voir l'accélération de ce changement.
04:52C'est-à-dire qu'avant, en 20-30 ans,
04:55vous ne voyez pas forcément autant de différence
04:57qu'aujourd'hui, en l'espace de 10 ans.
04:59C'est ça qui est très intéressant.
05:00Et moi, le grand changement que je constate au quotidien,
05:04c'est surtout dans les comportements
05:05que les Français ont intériorisés,
05:07notamment par rapport à l'insécurité.
05:09C'est-à-dire que je remarque des comportements
05:11qui n'existaient pas quand j'étais plus jeune.
05:13Le fait qu'on évite certaines lignes de métro le soir,
05:17qu'il y a certaines rues
05:18qu'on n'emprunte pas,
05:20surtout si on est une jeune femme toute seule le soir.
05:22Le fait qu'aujourd'hui, vous avez plus en plus de gens
05:24qui mettent dans leur sac des armes pour se défendre.
05:29Le fait qu'on a accepté, d'une certaine manière,
05:32l'insécurité avec des phrases que je n'entendais pas il y a 10 ans.
05:35Oui, c'est comme ça.
05:36Oui, il faut se protéger.
05:38Oui, il y a de moins en moins de policiers.
05:40Oui, on a de plus en plus peur le soir.
05:42Oui, on ne se donne même plus la peine d'aller porter plainte
05:45parce qu'on se dit que les procédures sont trop longues, etc.
05:47Tous ces petits comportements qui paraissent un petit peu bénins comme ça,
05:50mais qui en fait, quand on les met bout à bout,
05:53donnent une chaîne assez hallucinante de Français
05:55qui, je ne sais pas si le mot soumission est le terme vraiment approprié,
05:58mais qui ont finalement accepté l'insécurité,
06:01ont accepté le déclin.
06:02Ça, ça n'existait pas avant.
06:04Aujourd'hui, on a une génération qui a accepté le fait
06:06que la France allait à volo.
06:07Et vous avez des hommes politiques
06:08qui ont théorisé la société de vigilance.
06:12Vous, vous avez connu, Éric Revelle,
06:14la société de voisinage,
06:16où finalement, il n'y avait pas besoin
06:18de mettre des caméras de vidéosurveillance
06:20à l'entrée de votre domicile.
06:22Parfois, les portes étaient ouvertes,
06:24on s'entraidait entre voisins
06:26et on est dans une société de plus en plus individualiste
06:29et qui se protège de l'extérieur.
06:31Oui, d'ailleurs, c'est très marrant que vous parliez de voisinage
06:33parce qu'il y a une fête qui fait floresse un peu partout
06:36qui est la fête du voisinage.
06:37Maintenant, une fois par an, dans les immeubles, d'ailleurs.
06:39Mais c'est très symptomatique.
06:41Avant, on n'avait pas besoin de la fête du voisinage
06:43pour parler à son voisin.
06:44Avant, il y a quelques années, décennies,
06:48on parlait naturellement à son voisin.
06:50On tapait à sa porte quand on avait besoin,
06:52je ne sais pas, du beurre, d'œuf.
06:56Non, non, non, mais non, non, non, non, non, non,
06:57pas sur l'île de Ré, Pierre de Villeneuve.
06:59Oui, qui nous a rejoint dans le studio.
07:01Dans nos HLM à Nanterre.
07:03Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui,
07:04on a institué la fête du voisinage
07:06qui est symptomatique du fait que les voisins
07:08ne se parlent plus puisqu'ils ont besoin,
07:10une fois par an, de se retrouver
07:12pour être ensemble.
07:1411h12 sur Europe 1, on est en direct
07:16jusqu'à 13h pour Elliot de Valais-Vous.
07:18On sera en direct avec un auditeur,
07:20Laurent, qui nous appelle
07:22des Côtes d'Or et qui va nous dire
07:24si oui ou non, il reconnaît la France
07:26dans laquelle il a pu grandir.
07:29Cette notion de déclin,
07:31Pierre de Villeneuve,
07:32merci d'être avec nous.
07:33Vous étiez avec François-Xavier Bellamy
07:34il y a quelques instants
07:37et je le disais en ouverture
07:39de cette émission,
07:40la une du journal du dimanche,
07:41cet avertissement de Donald Trump,
07:43l'Europe est méconnaissable.
07:44Nous allons plus loin ce matin
07:45puisqu'on va sur le terrain
07:47de la nation, la France.
07:50La France est-elle aujourd'hui
07:52aussi méconnaissable ?
07:53Et François-Xavier Bellamy
07:54en a parlé avec vous, Pierre de Villeneuve.
07:56Oui, il en a parlé
07:57et il a parlé aussi
07:58de l'entrisme islamisme
08:01des frères musulmans
08:02et de la personnalité
08:04de Rima Hassan
08:05et à un moment donné,
08:07on lui pose la question
08:08mais Rima Hassan,
08:11est-ce que l'auditeur
08:12et le téléspectateur
08:14comprend que Rima Hassan
08:16est encore en place ?
08:17Qu'il n'y a aucune limite
08:18que malgré ses outrances,
08:19malgré tout ce qu'elle répond
08:21parce que François-Xavier Bellamy
08:22dit aujourd'hui par exemple
08:23en ce qui concerne l'Iran,
08:24elle est le porte-parole
08:25des mollas du régime iranien.
08:28Mais qu'est-ce qu'on fait
08:29dans ces cas-là ?
08:29Elle est encore eurodéputée,
08:30Rima Hassan.
08:32Il dit, mais moi j'ai porté
08:33plainte contre Rima Hassan
08:34plusieurs fois.
08:34J'ai dit, mais qu'est-ce
08:35qui se passe alors ?
08:36Elles sont où ces plaintes ?
08:37Il me dit, mais justement,
08:38j'aimerais bien savoir.
08:39C'est-à-dire qu'il y a des policiers
08:40qui sont occupés,
08:42qui l'ont interrogé,
08:43il y a eu des gardes à vue,
08:44elle a été auditionnée,
08:46elle a été interrogée
08:46par les policiers.
08:47La plainte est toujours là.
08:49Et qu'est-ce que dit
08:49François-Xavier Bellamy ?
08:50Il dit, mais la plainte
08:54est toujours là,
08:55ça va très très vite parfois
08:57pour des personnalités politiques.
08:59On a le jugement assez vite.
09:01Là, aucune nouvelle.
09:03On en parlera en longueur
09:05dans la deuxième partie
09:06de l'émission,
09:07parce qu'il est revenu
09:07évidemment sur l'islamisme,
09:09sur cette résolution
09:11votée et adoptée
09:13à l'Assemblée nationale
09:13qui va être transposée
09:15donc à Bruxelles.
09:16Et il a parlé
09:17des frères musulmans,
09:18mais notre première partie
09:19d'émission,
09:20elle est consacrée
09:21justement à cette France
09:23que peut-être
09:23les auditeurs
09:24qui nous écoutent
09:25ne reconnaissent plus.
09:27et ça sera la grande question
09:28qu'on va continuer
09:29de poser dans un instant.
09:30On reste bien sûr
09:32en direct
09:32jusqu'à 13h
09:33sur Europe 1.
09:34Cher Pierre De Villeneau,
09:35bon dimanche.
09:36Merci.
09:36Merci d'être passé
09:38nous voir
09:39et débriefer rapidement
09:40la grande interview
09:42Europe 1 C News,
09:43les échos.
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