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00:00Vous êtes sur France 24 et vous avez raison, bienvenue dans votre journal de l'Afrique.
00:07A la une ce soir, un remaniement pour la continuité en Côte d'Ivoire.
00:11Le Premier ministre est reconduit et le frère du Président qui devient vice-premier ministre en ce jour du premier Conseil des ministres.
00:19Les explications sont à suivre, nous irons sur place.
00:23La crise scolaire qui s'enlise au Gabon alors que les enseignants sont en grève depuis le début de l'année.
00:30Et que le dialogue est bloqué, un événement a jeté de l'huile sur le feu.
00:33L'arrestation de deux figures historiques du syndicalisme étudiant.
00:38Explication à suivre.
00:41Et notre focus de ce samedi soir s'intéresse à la migration.
00:45Sur les traces de ceux qui partent, huit auteurs dont des sans-papiers africains signent une bande dessinée collective intitulée Idées Noires, publiée chez Frémoc.
00:54Elle raconte l'immigration depuis l'intérieur, exil, attente, contrôle mais aussi solidarité.
01:01Nous en donnerons deux des auteurs de la bande dessinée.
01:05On ouvre ce journal par la politique ivoirienne.
01:12Robert Beugré-Mabé a été reconduit au poste de Premier ministre.
01:16La Côte d'Ivoire dévoile son nouveau gouvernement.
01:18Peu de changements, mais quelques nouvelles figures, dont le frère du président, Tenei Brahma Ouattara, dit photocopie pour sa ressemblance avec son frère.
01:26Le premier conseil des ministres s'est donc tenu aujourd'hui et le président prévient qu'aucune dérive ne sera tolérée.
01:34Les détails avec ma camarade Abidjan.
01:37Le président Alassane Ouattara reste fidèle à la même équipe.
01:41S'il y a peu de nouveaux visages pour ce nouveau gouvernement, le changement majeur vient de la création du poste de vice-premier ministre
01:49qui sera occupé par le frère du président Tenei Brahma Ouattara, qui garde le portefeuille de la défense pour certains observateurs.
01:57C'est un poste taillé sur mesure, une sorte de tutelle royale.
02:00Autre changement remarqué, le départ du ministre d'État à la tête de l'agriculture Kobéna Kwasi à Djoumani.
02:07Le porte-parole du RHGP était dans tous les gouvernements depuis l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir en 2011.
02:16Pour le reste, il s'appuie sur ses fidèles, comme le général Vagondo Diomande, discret mais influent,
02:22qui reste à la sécurité et à l'intérieur.
02:25Mamadou Touré est maintenu à la promotion de la jeunesse et Jean Sansan Cambié à la justice.
02:31De nouveaux visages apparaissent également issus du public et du privé,
02:35comme le directeur du port d'Abidjan, Ien Yacoubassi, ou l'ancien patron de MTN, Djibril Ouattara,
02:42selon des diplomates avec qui nous avons pu échanger.
02:46C'est le signe que le pouvoir se prépare à un renouvellement progressif.
02:51On passe au Gabon, où la crise scolaire s'enlise.
02:54Pas de cours dans les établissements publics depuis le début de l'année.
02:57Les enseignants revendiquent de meilleures conditions de vie et de travail.
03:01Le mouvement est néanmoins fracturé et le dialogue bloqué.
03:05Et un nouvel élément jette de l'huile sur le feu l'incarcération de deux figures historiques du syndicalisme enseignant.
03:11Leur sort judiciaire reste déterminant pour la suite de la crise et précision de l'autre correspondant à Libreville, Ismaël Obiangzé.
03:19A l'initiative de cette grève qui paralyse les écoles au Gabon, le mouvement SOS Éducation,
03:27cette crise qui dure depuis le début de l'année, connaît aujourd'hui un tournant majeur.
03:31Une frange du mouvement négocie la reprise des cours avec les autorités,
03:35mais une base plus radicale campe sur ses positions.
03:37Elle réclame la satisfaction intégrale de cette doléance avant toute reprise du travail.
03:41Lors d'une assemblée générale à Libreville, elle a réitéré ses préalables.
03:45Nous avons des enseignants précarisés qui ont été enfermés par solidarité.
03:51Nous ne pouvons pas regagner les cours tant qu'ils sont dans les jôles.
03:55Nous avons des enseignants qui sont bénévoles depuis pratiquement plus de 12 ans
03:58et qui n'ont pas la possibilité de se rendre dans leur lieu de travail puisqu'ils n'ont pas d'argent.
04:04Donc c'est important de regarder tous ces pans-là afin que nous puissions retourner dans les salles de classe.
04:12Parmi les priorités affichées, la régularisation des situations administratives et financières de nouveaux enseignants
04:17et le rappel solde.
04:19De son côté, le gouvernement estime avoir satisfait plusieurs revendications.
04:23La ministre de l'Éducation nationale, Camélia Antetoum-Leclerc, rappelle l'urgence de sauver l'année scolaire.
04:28Il y a eu des avancées sur tout ce qui est titularisation, régularisation des situations administratives
04:34dans l'ensemble, avancement, reclassement à prestage.
04:37Tout le monde a fait un pas en avant.
04:39Nous comprenons la colère des enseignants.
04:41Ce sont des revendications qui sont légitimes et qui datent.
04:44Mais cette fois-ci, le gouvernement et le président de la République lui-même s'est engagé.
04:48Donc il faut que les uns et les autres regagnent ça.
04:50Chaque jour perdu hypothèque un peu plus l'avenir des milliers d'élèves gabonais
04:54dont l'espoir de débloquer la situation.
04:56L'Assemblée nationale ouvrira des discussions dès la semaine prochaine
04:59avec un comité désigné par SOS Éducation.
05:03L'objectif de cette rencontre bipartite, envisager la signature d'un protocole d'accord
05:07pour sortir de la crise.
05:10En Centrafrique, l'insécurité persistante dans le sud-est du pays
05:15entrave gravement l'accès à l'aide humanitaire.
05:18Plus de 23 000 personnes se retrouvent privées de toute assistance
05:21en raison d'affrontements entre un groupe armé local et des forces gouvernementales
05:25appuyées par leurs alliés russes du groupe Wagner.
05:28Les précisions de notre correspondant à Bangui, Cyril Jefferson-Yapande.
05:31Depuis plusieurs mois, l'axe Zemio-Rafail dans le sud-est de la Centrafrique
05:39est totalement coupé du reste du pays.
05:42La zone est le théâtre de violents affrontements
05:45opposant les miliciens armés à Zandé Anikpigbé
05:48aux forces armées centrafricaines soutenues par leurs alliés russes du groupe Wagner.
05:53Cette situation rend impossible l'acheminement de l'aide humanitaire
05:58vers les populations de Zemio et de Rafail fortement.
06:02Dépendant de cette assistance, si des milliers de personnes se sont réfugiées
06:06au-delà des frontières, notamment en République démocratique du Congo
06:10et au Soudan du Sud, près de 2 000 déplacés, faute de moyens
06:14ou de familles d'accueil, ont trouvé refuge sur les sites de l'église catholique
06:18et de l'hôpital de Zemio.
06:20Selon des sources religieuses locales, les conditions de vie sur cette site
06:25sont extrêmement précaires.
06:27Les déplacés font face à de graves pénuries de vivres, l'eau et de médicaments
06:33dans un contexte sanitaire de plus en plus alarmant.
06:36Dans un communiqué publié le 14 janvier dernier,
06:40le Comité international de la Croix-Rouge souligne que la crise humanitaire
06:44est aggravée par l'enclavement de la région.
06:46Les organisations humanitaires doivent recourir exclusivement à la voie aérienne
06:51pour acheminer les sécours.
06:53Face à cette situation, plusieurs observateurs appellent les autorités centrafricaines
06:58à aller au-delà de la seule réponse militaire.
07:01Ils plaident pour une approche globale s'attaquant aux causes profondes du conflit,
07:05notamment le sentiment d'abandon exprimé par les populations locales
07:10vis-à-vis du pouvoir central de Bangui.
07:12Et notre focus de ce samedi soir s'intéresse à ceux qui partent,
07:17à ces hommes, ces femmes, africains pour la plupart,
07:21qui quittent leur pays dans l'espoir d'un avenir meilleur
07:24et se retrouvent confrontés aux réalités brutales des frontières
07:27et de l'administration.
07:29Des parcours invisibles, faits d'attente, de silence, de lutte pour exister.
07:33Une bande dessinée collective Idées Noires donne la parole
07:36à ceux qu'on entend rarement des sans-papiers africains
07:38qui racontent eux-mêmes leur exil.
07:41C'est une autre façon d'aborder l'immigration ce soir.
07:44Et pour en parler, on reçoit deux membres du collectif Baraka Graphica.
07:49Merci à vous d'être avec nous.
07:51Margot Perham et Alberto Isifin-Chama.
07:57Merci à vous deux.
07:58Je voudrais commencer par Margot Perham.
08:02Dites-nous comment est née, tout simplement, cette bande dessinée.
08:05Alors, cette bande dessinée est née à la faveur d'ateliers de dessin
08:15qui ont lieu dans cette pièce là où nous sommes maintenant,
08:22qui est une pièce de l'occupation de la voie des sans-papiers,
08:25donc le collectif de militants dont Alberto fait partie.
08:29Donc, ça a commencé par des ateliers de dessin sans vraiment de but très précis,
08:39il y a quatre ans, un peu plus de quatre ans.
08:43Et puis, progressivement, et avec l'aide de Thierry Bonnacelte,
08:48qui nous suit depuis le début sur le projet,
08:50après quelques magazines de plus petits formats,
08:56ça s'est concrétisé par l'édition de cette bande dessinée.
09:02Pardon ?
09:03Oui, allez-y, allez-y.
09:05Oui, non, désolé, il y a eu un petit décalage de son.
09:09J'ai terminé.
09:10OK.
09:11Alors, j'aimerais entendre Alberto Isifin-Chama à présent
09:14parce que souvent, effectivement, les sans-papiers,
09:18on ne les entend pas parler directement.
09:20Là, c'est ce qui change dans cette bande dessinée.
09:23Qu'est-ce que ça change pour vous, justement,
09:26quand ce sont les sans-papiers eux-mêmes qui écrivent
09:29et qui dessinent leur récit ?
09:33Justement, comme vous le dites,
09:36en tant que personne sans-papiers,
09:38et ici en Belgique,
09:42ça fait des années qu'on a avec notre collectif,
09:45donc, le fait d'avoir participé aussi
09:48et créé notre listoire
09:50et le fait de s'aimer aussi
09:53en tant que personne concernée
09:55et de s'impapiers,
09:56c'est une fierté
09:58à savoir
10:00qu'il y a cette listoire
10:02qu'on peut laisser la trace aussi
10:03quelle que soit la situation administrative
10:06qu'on a ici en Belgique.
10:09Mais on a continué à lutter,
10:12à savoir quand même,
10:14à montrer notre compétence
10:17et la capacité aussi
10:18qu'on a
10:19sur place
10:20dans ces pays-là.
10:23Et mais surtout,
10:24c'est l'exemple aussi
10:25pour tous les pays européens.
10:27Il y a d'autres migrants aussi
10:29qui se trouvent dans d'autres pays.
10:31Et pourquoi pas
10:32d'avoir montré cet exemplaire aussi
10:34à d'autres étrangers
10:36qui se trouvent en Europe ici ?
10:39On vous entend très bien.
10:41Une chose qui frappe,
10:42moi je vais vous dire par exemple
10:43ce qui m'a plu dans la bande dessinée
10:46au départ,
10:47c'est vraiment
10:48au début de chaque histoire,
10:51il y a
10:51il y a un passeport
10:55qui est dessiné
10:56de chaque personnage.
10:58Et j'ai beaucoup aimé ça
11:00parce que finalement,
11:01on parle de 100 papiers,
11:02mais ils ont des papiers.
11:04Ils n'ont pas peut-être
11:05des papiers européens pour...
11:07Mais ils existent.
11:08C'est comme si en faisant ça,
11:09vous leur rendez
11:10une part de leur humanité.
11:12est-ce que ça aussi
11:13c'était important pour vous ?
11:17Ben oui,
11:18si on parle des passeports,
11:20donc on a déjà
11:21notre passeport
11:22de notre pays.
11:23Mais ici,
11:24un système mis en place
11:25et c'est juste ça aussi
11:28qu'avec un nom,
11:29nommé ici
11:30une personne étrangère,
11:32on le considère,
11:33on le nomme un nom
11:35qui soit disant
11:36que vous êtes sans papiers,
11:37mais nous sommes tous
11:38des personnes
11:39avec le papier.
11:40Et c'est pour ça aussi
11:42qu'on amène notre passeport
11:44et ça montre aussi
11:45que si vous nous dites
11:46qu'on n'a pas de papiers,
11:48mais nous,
11:48on a notre papier.
11:49Voilà.
11:49Vous avez des papiers,
11:50peut-être pas les papiers
11:52estampillés européens
11:54ou autres,
11:54mais en tout cas,
11:55vous avez des papiers.
11:57Margot Perham,
11:58j'aimerais vous entendre
11:59sur...
12:00Visuellement,
12:01la bande dessinée
12:02est néanmoins variée,
12:04même si on voit une unité
12:05grâce au noir et blanc.
12:08Comment vous avez travaillé
12:09à plusieurs mains ?
12:10Il y a huit auteurs.
12:11Est-ce que cette diversité
12:12de styles,
12:13c'était aussi fait exprès
12:15pour refléter quelque part
12:16la diversité des parcours ?
12:18Oui,
12:21comme je disais,
12:22la bande dessinée
12:23n'est pas tout à fait
12:25notre premier travail
12:27tous ensemble.
12:29Donc,
12:29on a eu le temps
12:30de trouver notre style,
12:33je vais dire,
12:35par le pied
12:36et d'autres publications
12:38plus artisanales.
12:42Et effectivement,
12:44quasiment sur chaque page,
12:47les huit personnes
12:48ont dessiné.
12:49c'est assez
12:52naturel
12:54entre nous,
12:56on ne décide pas
12:58forcément
12:58à l'avance
12:59de qui va dessiner quoi,
13:01c'est un peu
13:02sur le moment
13:03avec les envies
13:05de chacun.
13:07Et effectivement,
13:08le crayon
13:08permet d'avoir
13:09une unité
13:10quand les éléments
13:11pourraient être
13:15un peu contrastés
13:16des uns des autres.
13:19L'ajout des volumes,
13:21des ombres,
13:21etc.
13:22crée l'unité
13:23des différents éléments.
13:26Alors,
13:26comment ce livre
13:27circule aujourd'hui ?
13:29Est-ce que vous imaginez
13:30une suite,
13:31que ce soit
13:31d'autres bandes dessinées,
13:33des ateliers
13:33ou même une adaptation
13:35à travers un autre médium
13:37comme une pièce de théâtre,
13:38quelque chose ?
13:42Alors,
13:44effectivement,
13:44on a des contacts
13:45un peu dans le théâtre,
13:47mais pour l'instant,
13:47ce n'est pas d'actualité.
13:50Là,
13:51pour l'instant,
13:51effectivement,
13:52on va animer
13:52des ateliers,
13:53je crois,
13:54en mars
13:54à la fête
13:55du livre
13:56de Bruxelles
13:57avec plutôt
13:59jeune public.
14:01Et on va aussi,
14:02normalement,
14:03en 2027,
14:04participer
14:04à une exposition
14:06dans un centre
14:08d'art contemporain
14:09ici à Bruxelles.
14:10Donc,
14:10ce n'est pas tout à fait
14:13le même médium
14:14que la bande dessinée
14:16qui est plutôt éditoriale.
14:18On nous a invités,
14:20donc on ne sait pas encore
14:20exactement
14:21ce qu'on va faire,
14:23mais voilà,
14:23on va être plutôt
14:24dans des œuvres plastiques
14:27qui s'accrochent au mur.
14:29Très bien.
14:29On doit encore réfléchir
14:30à tout ça.
14:31On le note.
14:32Alberto,
14:34Tiama,
14:35rapidement,
14:35qu'est-ce qu'on peut
14:36vous souhaiter
14:37pour la suite ?
14:39Et juste pour donner
14:45la visibilité aussi
14:46à la continuité
14:47et d'avoir notre...
14:51Appuyer pour notre motivation
14:53aussi à ces exemplaires-là
14:55qu'on a laissés aussi,
14:57qu'on a donnés
14:58et pourquoi pas
15:01de vraiment avoir réussi
15:02beaucoup plus
15:03par rapport à celui-là
15:05et qu'on a sorti de ça
15:07et ce qu'on est en train
15:08de penser à obtenir.
15:11OK, on vous entend.
15:12Merci.
15:13On vous souhaite le meilleur.
15:14De toute façon,
15:14Idée Noire,
15:15justement,
15:16la bande dessinée,
15:17Baraka,
15:18Grafica.
15:18Merci beaucoup.
15:20Merci d'être venu
15:21sur le journal
15:22de France 24.
15:23C'est ainsi que nous fermons
15:24cette édition.
15:25Merci à tous ceux
15:26qui nous ont suivis
15:27partout dans le monde.
15:28Dabidjan à Bangui
15:29en passant par Bruxelles.
15:31Restez avec nous
15:31car l'actualité continue
15:32sur France 24.
15:33Merci.
15:37Vos histoires
15:41inspirent l'avenir.
15:43Votre quotidien
15:44suscite l'actualité.
15:46Vos cultures,
15:47vos combats,
15:48vos réussites
15:49sont au cœur
15:50de nos programmes.
15:51Nous racontons
15:51ceux qui ont fait
15:52notre planète
15:53et ceux qui la construisent.
15:55Nous racontons
15:55le monde
15:56façonné par le quotidien
15:58de ceux qui y vivent.
16:00Liberté,
16:01égalité,
16:02actualité.
16:02et ceux qui y vivent.
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