00:00Et on met de la musique dans cette matinale grâce à nos deux invités ce matin qui viennent nous raconter, nous donner un petit goût dès le matin de l'Hyper Weekend Festival qui se tient en ce moment, ici même à la maison de la radio et de la musique, quelques étages en dessous.
00:13Bonjour Didier Varro, bonjour Yael Naïm.
00:15Bonjour.
00:16A tous les deux.
00:17Merci de nous recevoir.
00:19Mais avec plaisir.
00:19Président, vous êtes chez vous ici.
00:22C'est le cinquième Hyper Weekend Festival.
00:2560 concerts, 20 créations, 35 rendez-vous gratuits.
00:28Dans un monde culturel où il se multiplie ces festivals, il est un peu différent quand même l'Hyper Weekend.
00:34C'est un laboratoire de création Didier ?
00:35C'est ça, il est même carrément différent puisqu'effectivement c'est un laboratoire de création.
00:40La maison de la radio et de la musique, c'est la maison des artistes et on leur donne la possibilité de sortir un peu de leur zone de confort pour y offrir aux festivalières et aux festivaliers des moments uniques qui peut-être se reproduiront par la suite.
00:55Mais en tout cas, c'est le but de ce festival.
01:00Et effectivement, 20 créations sur 3 jours, c'est unique en Europe.
01:04C'est aussi ça, le service public.
01:06C'est une réponse aussi à celles et ceux qui doutent parfois de nos missions de service public.
01:12Et là, on les honore entièrement puisque la maison de la radio s'ouvre aux artistes, s'ouvre à l'éclectisme, s'ouvre à la diversité, à la scène française.
01:19Et aussi, montre le savoir-faire technique parce que c'est quand même vertigineux ce qui se passe pendant 3 jours ici dans ce bâtiment iconique.
01:26La preuve par l'exemple avec Yaël Naïm.
01:30Puisque Yaël, moment unique dont on parlait Didier Varro, ça vous concerne très directement.
01:34Vous allez chanter vos nouvelles chansons mais dans une configuration unique.
01:38Unique, nouvelle, tout est nouveau.
01:40C'est-à-dire avec le cœur.
01:42Oui, avec le cœur de Radio France.
01:44Le cœur de Radio France.
01:45Sur une créa spéciale, une écriture pour cet événement-là et pour ce festival-là.
01:49C'est la fête des santé, vous avez dit.
01:51C'est la fête des santé.
01:54Oui, l'album est marqué par plein de santé, des santé analogues, des prophètes, des maux et d'autres.
02:00Et j'aime bien marier ça avec le cœur et avec le monde classique.
02:02Oui, parce que vous avez une formation de musique classique.
02:06Alors expliquez-nous par exemple, Didier, cette rencontre, le mélange entre la création originale de l'Hyper Weekend Festival
02:13et le temple dans lequel on protège le patrimoine musical.
02:19La preuve par Yael Naïm.
02:21Mais oui, d'abord c'est l'histoire d'un choc amoureux avec cet album qui n'est pas encore sorti.
02:26Solaire.
02:26Voilà, solaire, mais que les gens vont découvrir pour la première fois.
02:30On a entendu quelques extraits, mais là, Yael va nous livrer pratiquement l'entièreté de cet album.
02:36Et ça, c'est déjà une performance.
02:39Et la rencontre avec le cœur, c'est magique.
02:41Ce moment où Yael rencontre le cœur, il y a un moment d'intensité dingue.
02:47Je suis rentré dans le studio de répétition à la maison de la radio et de la musique.
02:52Ils étaient en train de répéter Coward, qui est une chanson magnifique.
02:56Boum, j'ai eu les larmes.
02:57Je suis ressorti parce que ça m'a tellement saisi.
02:58Les larmes !
02:59Trop d'émotions, les larmes, oui, monsieur.
03:01Oui, parce que c'est tellement fort de voir à la fois la fragilité et déjà la force que ça sollicite dans la démarche artistique de Yael et du cœur.
03:14Et puis c'est une rencontre de femmes.
03:16C'est un projet aussi féministe avec des invités féminines.
03:20Le cœur est entièrement féminin.
03:21Et ça aussi, c'est un marqueur très important.
03:23Fort de l'hyper week-end festival.
03:25Yael Naïm, ça s'est passé.
03:26Comment le travail avec le cœur, justement ?
03:28C'est inhabituel ?
03:30C'est inhabituel.
03:33Oui, c'est inhabituel quand même.
03:34C'est ma matière préférée quand même.
03:36J'ai eu des occasions de travailler avec un cœur lors de la Philharmonie, la Créa, il y a quelques années.
03:42Puis encore une fois avec Zénée, lors de Nice Songs.
03:45Et c'est vraiment ma matière préférée.
03:47Et quand Didier m'a proposé une carte blanche, il m'a demandé qu'est-ce que je voulais faire.
03:51Je lui ai dit, je veux bien faire connaissance avec le cœur de Radio France.
03:55Et ça s'est super bien passé.
03:57On a fait quelques répètes complètement a cappella.
03:59Et ensuite, dans les studios 104.
04:03Et surtout, après, c'est vrai que le mariage, c'est toujours une surprise.
04:08Il y a toujours une part d'inconnu.
04:09De comment la musique électronique et la production et le sound design vont rencontrer le cœur.
04:14Moi, j'aime bien les prendre et les mettre aussi dans plein d'effets.
04:18Et de prendre cette matière pour croiser les mondes.
04:23Ils n'ont pas l'habitude.
04:24Ils n'ont pas l'habitude.
04:26Non, mais croiser les mondes, les rencontres, finalement, c'est une histoire d'amour.
04:30Vous, vous êtes un amoureux, Didier Varro.
04:32Vous restez amoureux.
04:34Vous êtes toujours amoureux.
04:35Je le confirme.
04:36Je suis toujours amoureux.
04:37Je suis même plus amoureux de la musique et des artistes aujourd'hui qu'il y a 20 ans ou il y a 30 ans.
04:42C'est vraiment une maladie qui ne se soigne pas chez moi.
04:45Et j'en suis assez fier, finalement.
04:47Parce qu'il faut cette passion pour motiver aussi les artistes à sortir de leur couloir de l'âge.
04:55Et vous l'avez chevillé au corps.
04:55Et quand vous parlez de passion, votre livre, La chanson française, un peu beaucoup passionnément, elle raconte ça.
05:00Elle raconte cette histoire-là.
05:02Elle raconte vos débuts de festivalier.
05:05Mais elle raconte aussi, par exemple, Balavoine.
05:08Balavoine dans une configuration qu'on n'aura jamais vue avec Youssoupha.
05:11Et Balavoine, vous lui avez consacré un chapitre avec une dimension quasiment politique.
05:17Qu'il y a de la politique dans la musique et dans la création artistique.
05:21Pour moi, c'est le projet de ce livre.
05:25C'est-à-dire de mettre en miroir ce que la musique déploie comme intensité, comme émotion.
05:30Et comme incidence sur la marche du monde.
05:34Et c'est vrai que...
05:35Ce n'est pas que du beau.
05:36Ce n'est pas que du plaisir esthétique et le divertissement.
05:39Il y a le divertissement et l'émotion.
05:40Mais ça raconte le monde et toutes les chansons.
05:43La démarche de Yaël Naïm, elle va pouvoir répondre.
05:45C'est une démarche de femme qui gère sa petite entreprise, qui est indépendante.
05:51C'est aussi un modèle économique qu'elle met en valeur.
05:54C'est tout ça, la musique.
05:55Ce n'est pas que le son et l'émotion.
05:58Et vous la revendiquez, cette dimension politique à elle ?
06:00Et c'est politique aussi.
06:01Moi, j'étais élevée en Israël.
06:04Et la musique, c'était une proposition politique différente de ce que j'ai pu voir autour de moi.
06:10Et puis souvent, ça te sort de ton milieu.
06:13On vient tous d'un milieu, que ce soit culturel, familial, avec certaines règles.
06:17Et tout d'un coup, tu es exposé à d'autres manières de faire.
06:20Mais avec un lien émotionnel tellement fort et un amour.
06:23Et ça vient en contre-pouvoir à la culture de la peur et de la haine qu'on nous donne en homéopathie, voire plus.
06:29Et quand vous faites allusion à Balavoine, justement, je raconte effectivement qu'il faisait les premières parties des meetings de Mitterrand en 80.
06:38Ça ne se passe pas très bien.
06:39Ce n'est pas lui la star.
06:40Ce n'est pas lui la star.
06:41Donc, au bout d'un moment, retour d'un meeting à Strasbourg.
06:45Il prend Mitterrand dans la cabine de l'avion et lui dit, maintenant, c'est compliqué.
06:51Mais voyez, vous nous faites chanter dans des endroits qui sont improbables.
06:56Vous-même, M. Mitterrand, on ne vous entend pas.
06:58Et d'ailleurs, les militants n'entendent que la moitié de vos discours.
07:03C'est allograin, c'est palais des sports dans lesquels vous vous produisez et dans lesquels je me produis.
07:10Nous aussi, oui.
07:11Eh bien, c'est improbable.
07:12Si vous voulez qu'on rattrape le retard sur les anglo-saxons, il faut une politique culturelle ambitieuse, notamment de construction de salles.
07:19Ce sera le programme Zénith que Jack Lang lancera quelques mois plus tard après la victoire du candidat Mitterrand.
07:25Et Yael Naïm, vous allez nous faire... On n'est pas dans une allograin, là.
07:29On est dans la maison de la radio et de la musique.
07:31C'est fait pour ça.
07:32Vous avez vous proposé de nous mettre en joie, de réveiller un peu les oreilles des auditeurs.
07:37Vous avez accepté de nous chanter un morceau en avant-première de ce concert de demain, dimanche.
07:41Oui, j'ai accepté de vous chanter quelque chose.
07:44Waouh !
07:45Alors les chœurs ne sont pas là.
07:46Ils ne sont pas là.
07:47Mais le synthétique, le synthétique, oui.
07:50J'ai juste besoin que vous dites waouh avant que je chante.
07:53Waouh !
07:53Waouh !
07:54Waouh !
07:55Waouh !
07:56Waouh !
07:56Waouh !
07:57Waouh !
07:58Waouh !
07:59Waouh !
08:00Waouh !
08:01Waouh !
08:31On est loin de la fragilité dont parlait Didier Varro tout à l'heure.
08:44Non, c'est pas vrai, je suis très fragile quand même.
08:47La voix immédiatement reconnaissable.
08:50Et d'un autre côté, vous jouez un rôle.
08:52Vous jouez à la Beyoncé, à la Queen of Pop.
08:58C'est pas un jeu.
08:59Non, c'est pas un jeu.
09:00C'est pas un personnage.
09:03Je suis aussi ce truc-là que j'ai caché pendant des années.
09:07Et révélé par Didier.
09:09Révélé à moi-même.
09:12Non, je pense qu'on est beaucoup plus complexe et divers
09:15que ce qu'on ose admettre parfois.
09:17J'ai quand même une question.
09:18Il y a Camille, la chanteuse, qui va jouer aussi lors de ce festival.
09:22Elle donnait une petite interview récemment ce soir.
09:26Avec l'orchestre philharmonique de la Radio France.
09:29En l'occurrence, elle aussi, un morceau de Radio France.
09:32Elle disait, si j'étais un dictateur, j'obligerais les gens à chanter.
09:35Vous adhérez, Yael Naïm ?
09:37Moi, je m'inscris tout de suite au régime de Camille.
09:41Et le despote éclairé qu'est Didier Varro ?
09:44La musique, elle est essentielle.
09:46Ça crée du lien.
09:47Il n'y a que le sport et la musique qui arrivent encore à créer ce truc un peu tarte à la crème
09:53qu'on appelle le vivre ensemble.
09:54Mais c'est la réalité.
09:55On l'a vu au JO 2024 à Paris.
09:57C'est le sport et la musique qui ont rassemblé au-delà des clivages
10:01dans une société qui est archipélisée.
10:03La musique arrive encore à passer au-dessus des communautés
10:07pour faire sens, pour faire lien social.
10:09C'est aussi pour ça que le divertissement, parfois, est un geste politique.
10:13Là, il y a la géniale Soko, par exemple, qui va lancer son nouvel album.
10:19Il y a une tournée qui va démarrer ici à la Maison de la Radio et de la Musique,
10:23celle de Keren Anne.
10:24C'est incroyable, en fait, comme ce festival s'est imposé comme le premier festival de l'année
10:29et dans tous les sens, d'ailleurs.
10:30Oui, parce qu'on m'avait dit que c'était une très mauvaise idée de faire un festival en janvier.
10:34Les gens sont déprimés.
10:35Les gens sont déprimés, justement.
10:36Ils n'ont plus d'argent.
10:38Ils n'ont pas envie de sortir.
10:39Et on a vu qu'effectivement, au contraire, ça donnait un peu le « là »,
10:43comme dirait le Crédit Mutuel, pour donner l'impulsion et repartir.
10:48Ils sont déprimés.
10:50Ils disent « Ah, on peut sortir. »
10:52Non, mais c'est vrai.
10:53Et on le voit parce que ce qui est le plus encourageant, finalement,
10:56c'est que quand on lance cette programmation au mois de septembre,
10:59les gens ne savent pas à quoi ils vont s'attendre.
11:01Donc, ils jouent le jeu.
11:03Ils ont répondu immédiatement, spontanément à cette offre de programmation.
11:08Et ça veut dire que les gens n'ont pas besoin de connaître et de reconnaître pour acheter des billets.
11:12Ils ont besoin aussi, parfois, d'être surpris par les propositions qu'on peut leur faire.
11:17Et vous allez y travailler demain, Yael Naïm.
11:20Merci beaucoup.
11:21Vous serez donc avec le cœur de Radio France en concert dans le cadre de cet Hyper Weekend Festival,
11:26avec des extraits, même une grande partie de votre album solaire qui sort le 20 février.
11:31Merci beaucoup, Didier Ivaro, par rapport pour cette belle programmation.
11:35Merci beaucoup, passionnément.
11:36Passionnément.
11:36C'est le mot d'ordre de l'Hyper Weekend.
11:39Et on espère vous y croiser.
11:41Évidemment.
11:42Parce qu'il y a aussi des événements gratuits.
11:44Il y a des performances.
11:45Il y a Léla K, cette chorégraphe incroyable qui a fait le final de Beyoncé,
11:48qui vient danser dans l'Agora deux fois par soir pour le public entre les concerts.
11:54C'est génial.
11:56Merci à tous les deux.
11:57Merci infiniment.
11:58Merci.
11:58Merci.
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