00:00Deux invités ce matin, deux invités de marque pour nous parler de ce festival qui bat son plein
00:05ici même dans la maison de la radio et de la musique, c'est la quatrième édition et il ne cesse de prendre de l'ampleur,
00:10de nous offrir encore et toujours plus de musiques, des artistes rares, des inédits, c'est l'Hyper Weekend Festival
00:15tous week-ends, on en parle avec son directeur et fondateur, bonjour Didier Varro !
00:19Bonjour Marion, bonjour Ali !
00:21Merci d'être avec nous parce que la soirée a dû être longue !
00:24Oui, une nuit très courte !
00:27Et puis il y a la saison de nuit qu'il crée pour l'occasion du festival, ça sera dimanche, un spectacle intime en piano-voix,
00:33ça s'appelle L'Affreuse et on a hâte de pouvoir y assister !
00:36Merci beaucoup !
00:37Bonjour !
00:38Bonjour !
00:39Un hyper ouf et un hyper love !
00:42Petit cadeau, petit magnet pour la matinale !
00:45On adore !
00:46Didier Varro, c'est vous le père de cet Hyper Weekend Festival qui est très largement consacré à la chanson francophone,
00:51il y en a beaucoup des festivals en France, alors c'est vrai qu'ils sont plus rares au mois de janvier,
00:55on vous remercie de nous réjouir avec celui-ci, mais pourquoi ce n'est pas un festival comme les autres ?
01:00Parce qu'il y avait déjà une proposition pléthorique en termes de festival et qu'il fallait marquer sa différence,
01:05« Écoutez la différence », c'était un slogan des années 80, je crois.
01:09C'est un peu la même chose, c'est-à-dire que dans cette offre pléthorique, il fallait vraiment trouver son identité
01:16et je me suis dit que ce bâtiment de la Maison de la Radio et de la Musique est tellement iconique
01:20qu'on doit pouvoir y faire des choses qui ne ressemblent à rien de ce qu'on a l'habitude de voir
01:25et donc ce festival s'est ancré sur l'idée, le paramètre de la création, sortir les artistes de leur zone de confort
01:33et leur proposer aussi de concrétiser quelques rêves qu'ils n'ont pas le temps de réaliser dans le cours de leur carrière habituellement.
01:41Avec un nombre record de créations, on va en parler, et puis des artistes qui ne sont pas les noms qu'on retrouve
01:45sur toutes les affiches de tous les festivals habituellement.
01:48Bilal Hassani, vous vous avez déjà joué une fois à l'Hyper Weekend Festival, c'était il y a deux ans un hommage collectif à Milan Farmer.
01:55Qu'est-ce qu'il a de particulier pour vous ce festival ?
01:58C'est ça, c'est que c'est très éclectique, on ne voit pas les mêmes artistes que partout ailleurs.
02:03Il y a des créations originales qui sont fabriquées pour le festival.
02:08Cette création, sans contrefaçon, il y a deux ans, autour du répertoire de Milan Farmer,
02:12c'était l'occasion pour moi, même en tant qu'artiste, de partager la scène avec plein de personnes incroyables.
02:18Il y avait Juliette Armanet, il y avait Ikea, il y avait tout le monde.
02:20Et là, cette année, de pouvoir présenter La Freuse, qui est une création piano-voix,
02:24c'est quelque chose que je n'aurais jamais imaginé faire si Didier ne l'avait pas proposé.
02:29Donc d'avoir aussi quelqu'un qui est derrière le festival, mais qui aussi s'investit créativement
02:34pour les créations, pour tous les concerts, c'est assez unique.
02:39Il faut dire que c'est hallucinant ce festival.
02:41Et je le dis vraiment très sincèrement, le bâtiment de la maison de la radio et de la musique,
02:46qui prend tout son sens, est gigantesque.
02:49Il y a des gens partout, il y a un monde, plusieurs scènes, c'est plein jusqu'à une heure, deux heures du matin.
02:57Et la singularité de ce festival, Didier Varro, c'est vraiment que là où dans un festival,
03:02en général, on demande à des artistes de monter sur scène, de jouer,
03:06ce qu'ils ont déjà très largement joué, là vous mettez des artistes en danger.
03:12Expliquez-nous ça et comment est-ce que Bilal se met en danger à travers ses créations ?
03:19Mais moi j'ai toujours aimé le déséquilibre, sinon je m'ennuie.
03:23J'aime bien mettre les artistes dans cette situation de déséquilibre
03:28pour trouver le bon équilibre au moment où ils montent sur scène.
03:31Et puis aussi le mélange des genres, le rencontre des esthétiques.
03:35Hier c'était hallucinant quand même. Dans cette maison, on croisait Renaud, Francis Cabrel,
03:40les danseurs de la battle de danse qui s'affrontaient dans un foyer.
03:45Chilly Gonzales et les rappeurs.
03:47Chilly Gonzales et les rappeurs et c'est Théodora qui a illuminé l'auditorium.
03:51Huit minutes de standing ovation hier soir pour Gonzales.
03:55Un public en larmes pour Renaud à la fin qui ne voulait plus laisser partir Noé Préchauffe qui lui rendait hommage.
04:02Et pour Bilal Hassani, ça fait des années que je suis son travail, ça fait des années que je l'admire.
04:08Mais ça fait des années aussi que je rêve de l'entendre dans le territoire musical.
04:13Finalement, proposer ce qu'il nous propose à travers ses autres moyens d'expression,
04:18que ce soit la danse, le chant.
04:20Elle est là la création.
04:21Quelque chose d'introspectif.
04:22C'est la première fois que vous vous retrouvez tout simplement avec Piano Voix,
04:26avec des titres bouleversants comme la question.
04:29On va l'écouter dans un instant.
04:30C'est justement le cadre de ce festival qui permet de se mettre à nu.
04:35Absolument.
04:36Didier vient avec l'idée, bien avant qu'on commence même à créer les chansons.
04:40Je suis partie en hiver dernier sur l'île du Levant avec Martin Dust pour écrire des chansons.
04:46J'avais ma petite cabounette et mes vêtements.
04:48On a écrit comme ça.
04:50On est venu avec des mémos vocaux.
04:52Didier nous dit vous allez faire une création en piano voix.
04:54Ça fait un an qu'on prépare, qu'on envoie et qu'on travaille sur ce répertoire de chansons françaises originales
05:00pour une création comme ça.
05:02Je suis en train de me rendre compte que ça va être la première fois de ma carrière.
05:05Ça fait cinq ans que je monte sur scène, toujours très accompagné,
05:08de plein de lumière, de plein de choc.
05:10Là, ça va être un très simple avis.
05:12C'est important aussi.
05:14C'est le résumé, l'itinéraire d'une vie avec ses fracas, ses douleurs, ses illuminations.
05:21C'est vraiment extrêmement bouleversant.
05:24Et d'ailleurs, beaucoup de gens, et c'est ça aussi que j'aime, se demandent
05:27mais qu'est-ce qu'il va faire Bilal Hassani ?
05:29Il va faire des reprises en français ? Il va chanter du Aznavour ?
05:32Non, il va chanter un répertoire de chansons originales.
05:34Il faut signaler aussi le travail de Martin Dust.
05:37Et Lilian Mill qui m'accompagnera au piano.
05:39Qui est magnifique, ce garçon de deux mètres quasiment.
05:42Qui s'installe au piano et qui pose ses accords et ses harmonies sur cette voix magnifique qui est celle de Bilal.
05:49Tout ça, c'est incroyable.
05:51Il a quand même aussi ses exigences Bilal.
05:54Puisqu'il va jouer dans un foyer qui d'habitude sert, chère Ali, chère Marion,
05:59plutôt à des réunions syndicales pour les élus.
06:01Mais il est joli !
06:03Comment ? Il est très très joli.
06:05C'est là où il y a la tapisserie Soulages.
06:08Il a voulu reconfigurer ce foyer tout en tulle blanc.
06:13C'est magnifique, c'est un écran magique.
06:16Il a dessiné ça avec Jeanne Massard.
06:18C'était une belle collaboration sur la scène.
06:20Et ça fait aussi partie du spectacle.
06:22Et ça met les spectateurs, le public dans une autre position aussi.
06:26Tout le monde doit se réinventer.
06:28Les artistes mais aussi le public qui n'est pas à l'âge juste dans une salle de spectacle.
06:31Avec ses petites habitudes, son petit confort.
06:33Et donc il y a cet écran dans lequel va retentir votre affreuse, votre part d'ombre.
06:38C'est comme ça que vous le décrivez.
06:40Et il y a ce morceau, La Question.
06:42Je ne rentrerai pas bien sage
06:46À l'intérieur de vos cases
06:49Je casserai toutes les cages
06:51Dans lesquelles vous m'enfermerez
06:57Dans lesquelles je m'enfermerai
07:05Si je devais choisir un genre
07:08Je choisirais le mauvais
07:11Je dirais c'est le cri de l'oiseau cancre
07:14Ou le vent dans l'olivet
07:16Parce qu'au final j'en sais rien
07:19J'ai appris à passer autre
07:22Et si cela ne te convient
07:25Tu peux aller te faire
07:28Je ne rentrerai pas bien sage
07:32La chanson s'appelle La Question.
07:34C'est du piano-voix.
07:36Vous disiez c'est un écran cet endroit.
07:38Dans un entretien, c'est un espace punk.
07:40Pourquoi c'est punk ?
07:41C'est punk parce qu'on fait de la chanson française
07:44mais on ne va pas se séparer des sujets
07:48qui nous font nous.
07:50Martin Dust et moi, on est queer
07:52et on a des choses à raconter.
07:54Il y a beaucoup de choses très fortes, très politiques
07:56qu'on a envie de dire dans ces chansons-là.
07:58Parce qu'il y a des messages.
07:59Bien sûr, toujours.
08:00Mais je pense qu'il y a toujours des messages dans la musique.
08:02Même quand on parle d'amour.
08:03Je parle de l'amour comme je le vis moi.
08:05Je pense que c'est assez singulier.
08:07Je parle aussi de comment je vois le monde.
08:11Il y a un moment, on parle même d'écologie dans ce spectacle.
08:13Donc en fait, on ne sait rien interdit.
08:15Et c'est ça que je pense est punk.
08:17Et je pense aussi que le punk,
08:19c'est le fait d'y aller au piano-voix
08:21avec rien d'autre.
08:22Qu'est-ce que porte comme message le festival ?
08:24Parce que vous avez des exigences
08:26comme tout dictateur, Didier Varro.
08:28Absolue sur le festival.
08:30Autant d'hommes et de femmes.
08:32Et même au sein des groupes,
08:34il y a une parité.
08:36Vous insistez, par exemple,
08:38pour qu'on voit des femmes à la batterie,
08:40à la basse, par exemple.
08:42Il n'y a pas le jeu de la promo.
08:44On doit jouer le jeu de la création.
08:46Mais jusqu'où est-ce que vous allez dans cette démarche-là ?
08:48C'est très important, cette idée de parité.
08:50Alors au départ, c'était effectivement la parité
08:52dans les groupes, dans la constitution
08:54de ce qu'on appelle les têtes d'affiches.
08:56Ou les artistes qui viennent se produire.
08:58Et la deuxième,
09:00vraiment image très forte.
09:02Hier, j'étais une montagne de larmes
09:04quand je voyais qu'effectivement, sur scène,
09:06il y avait des filles partout.
09:08Et ça, c'est assez nouveau, aussi,
09:10dans le milieu de la musique.
09:12Il y a encore des choses à faire,
09:14notamment dans le monde des techniciennes,
09:16de tous ceux qui sont autour.
09:18À Radio France, on est quand même assez bien pour vous.
09:20Et puis on défend aussi des valeurs
09:22d'inclusivité, de tolérance, d'amour,
09:24de jouissance.
09:26C'est une safe place.
09:28Avec l'or de l'auditorium que vous avez mobilisé, Didier,
09:30pour Gonzales et pour Bonnie Banane.
09:32Bonnie Banane et Joseph Scano di Lambo,
09:34qui, pendant 30 minutes,
09:36font une création unique à l'orgue,
09:38qui raconte une histoire de cul.
09:40De l'éblouissement,
09:42l'orgasme,
09:44jusqu'à la petite mort.
09:46Bilal Hassani, évidemment, on conseille
09:48d'aller vous voir, vous écouter demain.
09:50Vous, qu'est-ce que vous avez envie de voir ou d'écouter
09:52dans tout ce programme foisonnant ?
09:54Tellement de choses, évidemment. La création de Bonnie Banane, j'ai trop envie.
09:56J'adore Yoa. Je trouve qu'elle est formidable.
09:58Je n'ai pas pu
10:00voir la création autour
10:02du répertoire de Renaud, mais j'ai entendu que c'était trop bien.
10:04J'ai dit à Gonzales aussi que ça avait l'air génial.
10:06J'ai vu des vidéos Théodora, ce matin, en me réveillant,
10:08que j'ai trouvées formidables
10:10en acoustique, comme ça.
10:12C'est pas frustrant de ne pas pouvoir venir assister au concert
10:14quand on est matinalier. Il faudrait faire
10:16des concerts le matin, Didier Varro.
10:18Ça, c'est mon prochain défi.
10:20Ou des matinales en toute fin de journée.
10:22Parce que là, la maison est belle à cette heure-ci.
10:24Il faisait longtemps que je ne l'avais pas fréquentée.
10:26Merci d'avoir si peu dormi, d'ailleurs, pour être avec nous.
10:28Le directeur de la musique de Radio France
10:30et de cet hyper festival qui dure jusqu'à demain soir
10:32et qui est le remède pour sortir
10:34de la déprime du mois de janvier,
10:36du Blue January.
10:38Et ce soir, Georgia Smith en symphonique,
10:40sur France Inter. Vous vous rendez compte
10:42l'émotion dont j'ai vu Georgia arriver hier ?
10:44J'y croyais pas.
10:46Elle est magnifique, elle fait la couverture du programme.
10:48Quand elle a posé sa voix avec l'orchestre philharmonique,
10:50là encore, j'ai chialé.
10:52Et demain, on dit, c'est Bilal Hassani,
10:54l'un des artistes les plus attendus de la journée de dimanche
10:56pour cette création inédite
10:58intitulée « L'Affreuse d'Anditul Blanc ».
11:00On l'a bien compris dans un bel écran.
11:02Merci à tous les deux d'être venus.
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