- il y a 21 minutes
DB - 24-01-2026
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00:10:50Je veux dire autre chose qu'une thèse ?
00:10:53Ça ne m'étonnerait pas.
00:10:58Appelez-moi le journal.
00:11:00On va voir ce qu'on peut faire.
00:11:02M. Muller, s'il vous plaît.
00:11:06Muller, ici Schaudelaire.
00:11:08Tu vois, on a été maigre, hein, ce matin,
00:11:11pour la mort de la monoeil.
00:11:12Hum ?
00:11:13Ben, on va y revenir, hein.
00:11:17N'oubliez pas que nous sommes alliés.
00:11:18Il était le père de ma belle-fille.
00:11:21Alors, après-demain, pour les obsèques,
00:11:23vous devriez demander un article
00:11:25à un jeune critique qui a étudié son oeuvre.
00:11:29Pardon ?
00:11:29La Chaume.
00:11:31Simon La Chaume.
00:11:32Simon La Chaume.
00:11:33Comment vous ne connaissez pas ?
00:11:35Ben, vous devriez.
00:11:38Bon, alors, écoutez.
00:11:39Vous lui demandez de faire le récit des derniers moments, hein,
00:11:43et qu'il n'oublie pas de parler du professeur Lartois.
00:11:45D'ailleurs, il n'oubliera pas son adresse.
00:11:48La nièce la connaît sûrement.
00:11:50J'ai l'impression qu'ils ne sont pas insensibles l'un à l'autre.
00:11:53Vous demandez à Mademoiselle Duyne,
00:11:56chez Madame de la Monnerie, voyons.
00:11:58Bon, et...
00:11:59Bon, l'attaque de l'article à la première page, n'est-ce pas ?
00:12:01Bon, allez, réveillez-vous, vous l'air, hein.
00:12:03Réveillez-vous !
00:12:04Alors, l'abbé, ce sont mes péchés qui vous font fuir ?
00:12:15Oh, pour moi, vous savez, plus il y a de péchés, plus il y a de travail.
00:12:19Non, je ne voulais pas vous déranger.
00:12:21Venez dire bonjour à mon père.
00:12:22Vous lui levez bien ça ?
00:12:23Ah, tout juste.
00:12:24Un catholique converti en vaut deux.
00:12:26Quelques fois plus.
00:12:28Vous lui devez toute la maisonnée.
00:12:29Les voies de la Providence, mon cher Baron.
00:12:31Les voies de la Passion, vous voulez dire.
00:12:33Ma mère était catholique, comme on peut l'être à Vienne,
00:12:35et mon père était fou d'elle.
00:12:37À bientôt, Émile.
00:12:38À bientôt, mon père.
00:12:39Donc, oui.
00:12:40Papa, le père Boudray, désirerait vous saluer.
00:12:48C'est moi qui le salue.
00:12:50Vous avez besoin de quelque chose pour votre couvent, monsieur l'abbé ?
00:12:55Demandez.
00:12:57Vous savez que j'aime faire le bien raisonnablement.
00:13:02Noël, combien comptent les mines des OAS aujourd'hui ?
00:13:05Un changement.
00:13:06Quand elles prendront un point de plus, il faudra faire un don à monsieur l'abbé.
00:13:15Je ne manquerai pas de prier pour les mines des OAS, monsieur le Baron.
00:13:23Monsieur la Chambre.
00:13:28Madame.
00:13:30L'Artois m'a téléphoné.
00:13:32Et surtout, Jean m'a parlé de vous plusieurs fois.
00:13:36J'ai l'impression de vous connaître.
00:13:39Il m'a demandé de vous remettre ceci.
00:13:47C'était juste avant la fin.
00:13:55Je vais vous laisser, madame.
00:13:56Non, ne partez pas, je vous en prie.
00:13:58Sa vie était ici.
00:14:01Asseyez-vous, je vous prie.
00:14:03Merci.
00:14:06Tous les jours.
00:14:17Ils venaient tous les jours.
00:14:20Même pendant la guerre, les soirs de bombardement.
00:14:24Ils commençaient toujours par s'asseoir sur ce fauteuil, là où vous êtes.
00:14:28Vous êtes bien telles que Jean, vous avez des pains.
00:14:41Sensibles.
00:14:43Intelligents.
00:14:44C'est la dernière ligne écrite pour moi.
00:14:53Un témoignage sans prix.
00:14:54C'est la dernière ligne écrite pour moi.
00:14:55Merci.
00:14:56Merci.
00:15:06J'ai tout quitté, pour lui.
00:15:10Mon mari, l'architecte était à l'un.
00:15:13Mes enfants.
00:15:14Mes amis se sont écartés de moi.
00:15:20Je me suis retrouvée presque ruinée.
00:15:23Mais je suis sûre que vous me comprenez.
00:15:26Le génie a droit à tous les sacrifices.
00:15:29Non, ne bougez pas.
00:15:31Je vous en supplie.
00:15:32Il me semble que Jean est encore là.
00:15:34Vous me ramenez un peu de sa présence.
00:15:39Comme nous aurions pu être heureux si sa femme n'avait pas été si méchante.
00:15:44On ne va même pas laisser aller le voir pendant sa maladie.
00:16:03Pardonnez-moi.
00:16:04Mais les êtres devant lesquels on peut se laisser aller comme cela sont trop rares.
00:16:09J'ai encore eu des mois avec la concierge ce matin.
00:16:34Elle ne veut pas qu'on descend des ordures après huit heures.
00:16:38Yvonne, je t'en prie.
00:16:40Je dois remettre cet article avant minuit.
00:16:42C'est peut-être ma carrière qui se joue en ce moment.
00:16:45Je ne comprends pas que ça te demande tant de mal.
00:16:46On t'a dit 150 lignes.
00:16:48Ce n'est pas très long.
00:16:49Mais justement,
00:16:51tu ne comprends pas qu'il faut tout faire tenir là-dedans ?
00:16:53Je n'ai pas l'habitude, moi.
00:16:55Puis là, tout de suite, comme ça, si vite.
00:16:57C'est vrai que ta thèse,
00:16:59tu es un militant.
00:17:00Tu es comme inspiratrice, toi.
00:17:03Écoute, si tu continues de parler,
00:17:04je descends téléphoner que je ne fais pas cet article.
00:17:06Parce que j'ai à côté de moi une emmerdeuse
00:17:08qui tue la pensée, qui tue tout.
00:17:10Moi, trouve-t-on une autre ?
00:17:11Mais tu ne crois pas s'y bien dire.
00:17:13Allez, va, coute dans la chambre.
00:17:15Quand tu voudras bien m'acheter une lampe.
00:17:18La lumière est mauvaise.
00:17:20Mais fous-moi la paix !
00:17:22Fous-moi la paix.
00:17:36Vivement qu'ils soient enterrés, ton poète.
00:17:38On sera peut-être enfin tranquille.
00:17:39Bonsoir, mon petit.
00:17:46Bonsoir, M. Maublan.
00:17:47Bonsoir, M. Lucien.
00:17:49Bonsoir, ma belle.
00:17:50La table de M. Maublan.
00:17:52Champagne, pour M. Maublan.
00:17:56C'est lui ?
00:17:57Ah, là, est-ce qu'il est moche.
00:18:00Ah, ben, ma tée Sylvaine,
00:18:01il faut savoir ce qu'on veut dans la vie.
00:18:03Ce ne sont jamais les mêmes
00:18:04qui sont jeunes, beaux et riches en même temps.
00:18:05Annie, j'ai faim.
00:18:11Plus tard.
00:18:16Regarde de notre côté.
00:18:17Lucien M. Maublan.
00:18:23Pas chevalier de l'ordre de Malte
00:18:25et pas commandeur.
00:18:27Ben, dis-toi, il n'est pas dans un bonjour,
00:18:29ça ne va pas de commode, hein.
00:18:35Bon, je vais voir ce que je peux faire.
00:18:37Alors, mon Lulu,
00:18:50on ne dit plus bonsoir ?
00:18:51Je ne vous connais pas, mademoiselle.
00:18:54Et même si je vous connaissais,
00:18:56je ne vous dirai pas bonsoir.
00:18:58Qu'est-ce qu'il y a, mon Lulu ?
00:18:59Qu'est-ce que je t'ai fait, hein ?
00:19:00Vous vous êtes très mal conduite avec moi, mademoiselle.
00:19:03Très mal.
00:19:04Voilà. L'autre matin, je suis passé chez vous,
00:19:06vous ne m'avez pas ouvert.
00:19:08Il y avait un homme chez vous.
00:19:10Il n'y avait personne, mon Lulu.
00:19:11Je n'étais pas là.
00:19:13Encore pire.
00:19:14Vous aviez découché.
00:19:15Où étiez-vous ?
00:19:17Chez la petite, là.
00:19:20Je la consolais.
00:19:22Elle s'est fâchée avec ses parents.
00:19:24Pourquoi ?
00:19:25Ils ne veulent pas qu'elle fasse du théâtre.
00:19:27Ils lui ont coupé les vivres.
00:19:27J'avais peur qu'elle fasse une bêtise.
00:19:32Elle a du talent.
00:19:34Elle débute, mais là, il faut ça créer.
00:19:40Elle s'appelle comment ?
00:19:42Sylvaine.
00:19:43Sylvaine Duhal.
00:19:44C'est son homme-péâtre.
00:19:46Duhal.
00:19:47Elle s'appelle Duval.
00:19:49Bon, allez, va me la chercher.
00:19:50C'est pas de gaffe.
00:19:59J'étais chez toi l'autre nuit.
00:20:00Je t'étais désespérée à cause de tes parents.
00:20:02Et surtout, rappelle-toi tout ce que je t'ai dit.
00:20:04Viens.
00:20:13Asseyez-vous, mademoiselle.
00:20:16Monsieur ?
00:20:17Elle ne voulait pas venir.
00:20:18Elle est timide.
00:20:18Mais il ne faut pas être timide quand on fait du théâtre.
00:20:23Alors, qu'est-ce que vous voulez prendre ?
00:20:25J'aimerais bien des petites saucisses.
00:20:28À la fin.
00:20:31Garçon, apportez du caviar, mademoiselle.
00:20:34Des saucisses ?
00:20:36Qu'est-ce qu'il ferait plaisir à mademoiselle d'entendre ?
00:20:39C'est rien.
00:20:41Alors, ce sera balsangroise très spécial.
00:20:48Farouche.
00:20:59J'aime bien ça, moi.
00:21:02Oh, c'est maigre.
00:21:06C'est maigre.
00:21:07Faut manger, mon petit.
00:21:08Bah, oui.
00:21:31Veuillez m'excuser.
00:21:32Monsieur Mulaire.
00:21:32Oui ?
00:21:35Ce monsieur est là depuis minuit.
00:21:38Qu'est-ce qu'il veut ?
00:21:39C'est pour un article que vous attendez, il paraît.
00:21:41Simon Lachaume.
00:21:42Vous allez faire porter son papier à la rédaction.
00:21:44Il tenait absolument à vous le remettre en main propre.
00:21:46Quel emmerdeur.
00:21:49Monsieur Lachaume.
00:21:51Mulaire, rédacteur en chef.
00:21:53Le baron Chaudelaire m'appareil de vous.
00:21:54Alors, cet article ?
00:21:57Voilà, je pense qu'il a la longueur indiquée.
00:22:09Mais non, s'il est trop long, on raccourcira.
00:22:12Hum, les leçons d'un trépas.
00:22:15Eh bien, dites-donc.
00:22:17Une leçon, c'est déjà ambitieux, mais alors plusieurs.
00:22:20Parfait.
00:22:21J'envoie ça à la composition.
00:22:23Nous vous ferons parvenir vos honoraires.
00:22:26Bonne nuit, monsieur Lachaume.
00:22:27Sous-titrage Société Radio-Canada
00:22:57Afin de pleurer en douceur.
00:23:04Tenez, mon petit.
00:23:14Laissez-moi votre adresse, là.
00:23:16Je vais vous faire une petite visite, un de ces matins.
00:23:20Bon, mon Lulu, t'as un drôle de carnet d'adresses.
00:23:23Pour moi, c'est le meilleur.
00:23:24Écoute-moi ça, ça vaut la peine.
00:23:25La comtesse Jean de la Monnerie, son épouse.
00:23:30Paronne et parons François Schutler.
00:23:32Les Schutler, je les ai là.
00:23:34C'est Noël, le banquier qui m'a pris ma femme, elle a réussi à obtenir l'annulation de mon mariage en prétendant que j'étais impuissant.
00:23:41Non, mais impuissant, moi, c'est elle qui était pareil, oui.
00:23:44Est-ce que les gens peuvent être méchants ?
00:23:46Le marquis de la Monnerie, chef d'escadron en horaire, chevalier de l'ordre sous-merin de Malte, chevalier de la Légion d'honneur, évidemment.
00:23:56Le général de brigade, comte Fauvel de la Monnerie, commandeur, il n'est plus officier, il est commandeur, commandeur de la Légion d'honneur, commandeur de l'étoile noire du Benin.
00:24:07Alors, Lucien Maublan, ses frères, Lucien Maublan, tout court, bien sûr, Lucien Maublan, pas chevalier de l'ordre de Malte, pas commandeur du Benin, et pas leur frère, pas leur frère, leur demi-frère.
00:24:20Lui, lui, Maublan, le bon à rien, la honte de la famille.
00:24:24Pendant qu'ils travaillent, moi, je joue.
00:24:25Je joue aux cours, je joue en bourse, je joue au casino, je joue au cercle, je joue avec les petits amis bien sages, les petits des filles bien sages.
00:24:35Bon, allez, c'est entendu, je m'occupe de ta carrière, je vais te lancer.
00:24:40Je joue Sylvain Duhal.
00:24:44Ah, ah, ah, ah, tout va bien, hein, j'aime pas ?
00:24:49Oh, non, vous parlez, monsieur Maublan, non, c'est trop, c'est... je voudrais jamais.
00:24:53Ah, ben, moi, je croyais que t'aimais les perles, hein, tant pis.
00:24:56Garçon, j'aimerais te faire une petite visite, un de ces matins.
00:25:00Mais sage, un petit, tu es bien sage.
00:25:03Hein ?
00:25:04Allez, revoir.
00:25:21Quel salaud !
00:25:22C'est tout ce qu'il aime qu'on lui demande, qu'on soit gêné de lui demander.
00:25:26Et toi aussi, mais quelle gourde !
00:25:28Oh, non, ça fait rien, ça se retrouvera, va.
00:25:30Attends-toi à le voir arriver un de six jours, je le connais, tu sais.
00:25:34Fais attention, hein, personne chez toi le matin.
00:25:37Pourquoi le matin ?
00:25:38C'est son heure.
00:25:39Les vieux, ça dort pas beaucoup.
00:25:41Mais t'inquiète pas, ça fera pas grand mal.
00:25:47Tu sais, les hommes...
00:25:48Je commence à en avoir marre.
00:26:10Les derniers instants, qu'est-ce que c'est que ça ?
00:26:12Tu as eu de changer un titre sans demander l'avis de l'auteur, non ?
00:26:21Pardon ?
00:26:22Non, non, non.
00:26:23Le deuil se porte aussi bien en blanc, n'est-ce pas, Miss ma belle ?
00:26:46Papa !
00:26:53Comme tu es belle, ma fille.
00:27:02Alors, un interment, c'est comme une fête, papa ?
00:27:05C'est ça, mon chéri, une grande fête triste.
00:27:07Et maman ?
00:27:09Ta maman est déjà chez ton pauvre grand-père.
00:27:11Papa, je vous rentre à l'interment.
00:27:13J'aime beaucoup grand-père.
00:27:15C'est bien.
00:27:16Il faut aimer très fort le souvenir de ton grand-père.
00:27:21C'est bien l'article de ce petit monsieur, Simon Lachaume.
00:27:25C'est un malin.
00:27:27Écoutez ça, Adèle.
00:27:29À l'éminent praticien qui l'assistait,
00:27:33le grand poète a murmuré dans un souffle
00:27:35« Présentez-vous à mon fauteuil. »
00:27:39Vous êtes content, là, toi ?
00:27:40Vous êtes prête ?
00:27:42Enfin, Noël, le service funèbre ne commence qu'à dix heures et demie.
00:27:46Je tiens à ce que les choudelais arrivent à l'église avant les lamonneries.
00:27:49Est-ce bien nécessaire de faire figurer l'humour blanc ?
00:28:03J'espère que votre ex-mari a la bonne idée d'oublier la cérémonie.
00:28:07Noël, pourquoi dites-vous toujours « mon ex-mari » ?
00:28:10Vous savez bien qu'il n'a jamais été qu'un étranger pour moi.
00:28:13Vous êtes-vous m'épousée ?
00:28:14On ne m'a pas demandé mon avis.
00:28:16C'est vrai, mon frère, ce chimpanzé n'a pas cessé de nous empoisonner la vie.
00:28:21Qu'est-ce que c'est ?
00:28:22C'est Lulu !
00:28:24Lucien Montblanc !
00:28:26Voilà !
00:28:32Vous perdez pas de temps, hein ?
00:28:37Je suis venu vous faire une fine visite, comme promis.
00:28:39Ça ne vous fait pas plaisir ?
00:28:41Si, si, si, bien sûr.
00:28:47Recouchez-vous vite, vous allez prendre le froid.
00:28:57C'est gentil chez vous.
00:29:01Je faisais le modèle avant, mais je n'étais plus...
00:29:04Ah, du talent, hein !
00:29:05Du talent !
00:29:07On s'est bien amusés hier soir, hein !
00:29:10Ah oui, très bien.
00:29:12J'étais un peu pompette, non ?
00:29:15Vous vous mettez toujours beau, comme ça, dès le matin ?
00:29:18Non, aujourd'hui, je suis habillé sérieux, je vais à un enterrement.
00:29:21Mon demi-frère, je vous en ai parlé déjà.
00:29:26J'aime beaucoup les petites filles sages.
00:29:29Et j'ai eu tout de suite confiance en vous.
00:29:32C'est petit, ça.
00:29:34C'est encore tout petit.
00:29:36Sage.
00:29:37Vous aussi.
00:29:37Sage.
00:29:39Vous voyez comme je suis sage.
00:29:41Vous voyez comme je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis sage, je suis
00:30:11ce que je peux faire pour vous.
00:30:13Vous avez sûrement besoin de quelque chose.
00:30:17Alors, franchement, camarade,
00:30:21combien ?
00:30:25Je ne suis pas dans une très bonne période en ce moment.
00:30:29Ils sont...
00:30:30Ils sont 50.
00:30:32Enfin, je veux dire 25 louis.
00:30:34Eh bien, voilà, comme ça, c'est franc.
00:30:37J'aime ça.
00:30:41Je voudrais vous faire une petite visite de temps en temps.
00:30:47Et désormais,
00:30:50c'est Sylvain
00:30:51et Lulu.
00:30:54Sache.
00:30:56Il aurait,
00:30:57selon les témoins de cet instant cruel,
00:31:01murmuré dans son dernier souffle,
00:31:04je n'aurais pas le temps de finir.
00:31:08Admirable parole.
00:31:11Qui résume à la fois une vie,
00:31:13une vocation,
00:31:14un destin.
00:31:16Et témoigne de ce souci d'achever la tâche entreprise,
00:31:20qui est en notre orage.
00:31:23Cette tâche,
00:31:25Jean de la Monnaie l'a commencé au printemps
00:31:27de l'année 1860,
00:31:30avec l'apparition de son premier poème,
00:31:33terre des larmes.
00:31:37Se fut tout de suite planté
00:31:38dans le cercle restain du monde de la culture et des belles laisses.
00:31:45Le succès populaire,
00:31:46mon cher,
00:31:46le ministre de l'instruction publique vient de vous citer,
00:31:51j'ai bien fait de vous recommander le Hélèche de l'air.
00:31:56Je croyais que les médecins n'assistaient jamais aux obsèques de leurs patients.
00:31:59Mon cher maître,
00:32:00je suis ici qu'un titre d'ami,
00:32:03le candidat peut-être.
00:32:05Nous avons lu.
00:32:05Mes pauvres gens.
00:32:12Même mon chagrin,
00:32:13je dois le cacher.
00:32:14Je me suis amusé pendant la messe à compter ses anciennes maîtresses.
00:32:17J'en ai trouvé six.
00:32:19Autrement dit,
00:32:20il y a sept veuves à cet enterrement.
00:32:26Mais Nuret a le droit d'être là, lui.
00:32:28Oui, le bel Olivier.
00:32:31L'éternel soupirant de la veuve légitime.
00:32:35C'est une réflexion profonde
00:32:38sur la fragilité de la nature humaine
00:32:40et l'inadaptation de l'être.
00:32:43Que restera-t-il de la monnerie ?
00:32:46De vos trois sonnets dans les anthologies scolaires.
00:32:50Ce n'est pas de la poésie, c'est du sirop.
00:32:52Mais qui se vend bien ?
00:32:54Évidemment.
00:32:56Tout leur réussir, c'est la monnerie.
00:32:58Même leurs enterrements.
00:32:59Il est un de jeunes auteurs à entrer dans la carrière
00:33:02et à y faire leur chemin.
00:33:03Mais cette générosité
00:33:06contre-internelle
00:33:07ne lui suffisait pas.
00:33:09C'est ainsi qu'il fut le créateur de la fondation
00:33:12Le Verbe et la Chaire
00:33:14qui apporte encore aujourd'hui
00:33:17son réconfort et son soutien matériel
00:33:19aux écrivains dans le bout de poing
00:33:21et à ceux...
00:33:23T'as cette heure-ci que tu arrives ?
00:33:24Une affaire urgente.
00:33:25Mais je n'aurais voulu manquer aucun prix
00:33:27vouloir dans le chagrin.
00:33:28Tu aurais pu au moins te mettre en habit.
00:33:31Mais gros, je ne suis pas correct.
00:33:33Vraiment, notre pauvre mère nous a fait un joli cadeau
00:33:36le jour où il a eu l'idée de se remarier.
00:33:38Il faut la comprendre.
00:33:40Mon papa avait beaucoup d'argent.
00:33:42Dont l'oeuvre vivra éternellement
00:33:44dans nos mémoires.
00:33:46Ma chère Juliette.
00:34:11Ma pauvre amie.
00:34:13Oui, mon cher Olivier,
00:34:14mais 20 ans trop tard.
00:34:25Et qu'on va aller en ce moment ?
00:34:2620 ans trop tard.
00:34:35Monsieur le ministre.
00:34:36Pas bon de vous appartenir, monsieur le ministre.
00:34:38J'ai eu l'honneur de vous être présenté à la Sorbonne
00:34:40à la cérémonie des universitaires combattants.
00:34:43Ciment la Chauve.
00:34:43Et la Chauve,
00:34:48la Chauve,
00:34:49vous écrivez, n'est-ce pas ?
00:34:51Mais oui, l'article sur la monnaie ce matin.
00:34:54Oui, ce frère, oui.
00:34:55Dans l'écho.
00:34:57Vous m'avez permis de compléter mon discours.
00:35:00Je vous en remercie.
00:35:02Que puis-je pour vous ?
00:35:03Rien, monsieur le ministre.
00:35:04Rien d'autre que de me permettre de vous présenter mes devoirs et de vous dire que j'étais sincèrement touché par vos paroles.
00:35:09Vous avez une voiture ?
00:35:12Non.
00:35:13Où habitez-vous ?
00:35:15Rue Lomont, quartier latin.
00:35:16Je vous envie de fréquenter des poètes.
00:35:21D'écrire une thèse.
00:35:23Un renseignement demande de l'abnégation, mais les éloisir.
00:35:27Moi aussi, dans le temps, j'ai écrivé.
00:35:29Et puis, un cabinet d'avocats.
00:35:32Et puis la politique.
00:35:34Je crois que chacun de nous porte en soi, au départ, plusieurs destins possibles.
00:35:38Et que l'on ne sait jamais si la vie vous a fait suivre le bon.
00:35:43À moins que nous n'ayons qu'un seul destin.
00:35:46Et que nous finissions obligatoirement par le rejoindre.
00:36:00Oh, ne bougez pas.
00:36:01Portoie va vous déposer sur moi.
00:36:04Que faites-vous, vendredi prochain ?
00:36:05Je reçois des écrivains roumains.
00:36:07Venez après le dîner vers douleur.
00:36:08Prendez ça.
00:36:11Merci, monsieur le ministre.
00:36:16Deliquet, on tient à rencontrer un garçon intéressant.
00:36:19Il est professeur de lettres à Louis-le-Gand.
00:36:22Vous n'avez toujours pas trouvé l'attaché dont nous avons besoin ?
00:36:25Beaucoup voudraient l'être, monsieur le ministre,
00:36:27mais aucun ne répond à ce que vous cherchez.
00:36:28Quelqu'un qui sache rédiger...
00:36:29Eh bien, faites-moi sortir le dossier de ce garçon-là.
00:36:32Simon, lâche-au.
00:36:35En tout cas, il a une plume.
00:36:38Un retard de quatre semaines, me dites-vous.
00:37:05Ça vous est-il déjà arrivé ?
00:37:08Vous êtes sujette à des irrégularités ?
00:37:11Eh bien, nous allons regarder ça tout de suite, cher petit ami.
00:37:14Si vous voulez me suivre...
00:37:15Veuillez-vous déshabiller.
00:37:28Vous avez su de coups ignables qu'ils m'ont fait à l'académie ?
00:37:32Puis combien de temps ne nous sommes-nous pas vus ?
00:37:33Six mois au moins.
00:37:35Oui, déshabillez-vous complètement.
00:37:37Allongez-vous et placez le drap sur vous.
00:37:39Un mois avant, tout se me disait que mon élection était assurée.
00:37:42Je donnais plus de 18 voix.
00:37:44Voilà qu'à la dernière minute,
00:37:46mes adversaires lancent ce doyen d'Aumière en prétextant qu'il a un cancer.
00:37:50Il faut lui accorder cette dernière joie.
00:37:53Vous pouvez garder vos bas.
00:37:54Alors, une voix pour ce pauvre D'Aumière.
00:37:57Un coup de chapeau à ce pauvre D'Aumière.
00:38:00Résultat, ce pauvre D'Aumière est élu.
00:38:03Ah !
00:38:04C'est un étrange milieu.
00:38:07Je n'aime pas respecter le vœu de votre oncle.
00:38:10Je me demande vraiment si je me représenterais.
00:38:15Il est sans douloureux, non ?
00:38:19Ah, si, un petit peu.
00:38:24Vous savez que vous avez un corps très gentiment fait.
00:38:29Détendez-vous.
00:38:29Eh bien, ma chère petite,
00:38:54je vous annonce que vous êtes enceinte.
00:38:56Vous vous en doutiez un peu, n'est-ce pas ?
00:39:00C'est épouvantable, professeur.
00:39:02Évidemment, évidemment.
00:39:05Mais t'es bien dans un sens ?
00:39:06Je ne suis pas trop mécontent.
00:39:09Disons, cette petite Isabelle est en train de se dessécher.
00:39:11Elle tourne à la vieille fille.
00:39:13Mais vous avez commencé à vivre.
00:39:14C'est pas si mal.
00:39:16Habillez-vous, habillez-vous.
00:39:19Comment est-il ?
00:39:20Quelqu'un de notre milieu ?
00:39:22Marié ?
00:39:23Ah, cela ne simplifie pas les choses, bien sûr.
00:39:28Qui est-ce, je le connais.
00:39:30Ne serait-ce pas ce jeune professeur
00:39:31qui a fait sa thèse sur votre oncle Jean
00:39:33et qu'Anatole Rousseau a pris dans son cabinet
00:39:35on m'a dit que c'était lui qui préparait les discours.
00:39:38C'est ça, j'ai deviné ?
00:39:40Ah, il est très bien, ce garçon.
00:39:42Remarquablement intelligent.
00:39:43Si je me représente,
00:39:47est-ce que Rousseau ne pourrait pas m'appuyer un peu ?
00:39:49Depuis le remaniement,
00:39:50il n'est plus l'instruction publique,
00:39:51il est passé à la guerre,
00:39:52mais il dispose d'autant d'influence.
00:39:56Et même,
00:39:57il peut parler aux maréchaux.
00:39:59Vous me feriez plaisir
00:40:00si vous demandiez à votre...
00:40:02ami de la chaume
00:40:03de lui en parler.
00:40:07Mais qu'est-ce que je vais faire ?
00:40:09Qu'est-ce que je vais devenir ?
00:40:10Vous avez commencé par ne pas vous affoler.
00:40:13N'entreprenez rien sans revenir me voir.
00:40:16Je voudrais surtout vous éviter
00:40:17de tomber dans n'importe quelle main.
00:40:21Ah, l'homme, tiens, l'homme,
00:40:23c'est bien, voyez-vous.
00:40:25Vous savez bien,
00:40:26vous pouvez compter sur moi.
00:40:28Comme je compte sur vous.
00:40:37Il n'y a aucun doute, Simon.
00:40:38Il était formel.
00:40:45Mais qu'est-ce qu'on va faire ?
00:40:49Qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:40:51Sans argent.
00:40:58L'argent ne pose aucun problème.
00:41:01Je n'en aurais pas besoin.
00:41:16Si j'étais libre,
00:41:20vous seriez si heureux
00:41:20et si fière de vous épouser.
00:41:23Moi aussi.
00:41:28Je vais parler à Ivan,
00:41:28lui dire la vérité.
00:41:29Mais sans argent lui donner,
00:41:34il ne consentira jamais à divorcer.
00:41:40Non, Simon.
00:41:42Ces choses-là,
00:41:43quand elles arrivent,
00:41:43c'est aux femmes
00:41:44à en assumer la responsabilité.
00:41:48Je suis la seule coupable.
00:41:51Je vais aller trouver ma tante
00:41:52à Bagnol de Lorne.
00:41:52Vous m'avez toujours dit
00:41:57qu'elle n'avait pas de cœur.
00:41:59Elle n'a pas de cœur,
00:42:00mais elle a de la tête.
00:42:11Vous avez froid, Juliette.
00:42:13Mais non, je n'ai pas froid.
00:42:14C'est le vent qui soulève
00:42:17les fleurs des parterces
00:42:18et le pollen.
00:42:19Les fleurs d'arrière-saison
00:42:20en ont aussi.
00:42:24Il y a un concert ce soir au casino.
00:42:27Vous plairait-il d'y assister ?
00:42:29Vous oubliez que je suis encore en deuil.
00:42:33Enfin, pour une fois,
00:42:34foin des convenances.
00:42:35À ma condition
00:42:36qu'il n'y ait pas
00:42:38des instruments trop aigus.
00:42:40Vous savez que les sangs aigus
00:42:41me font souffrir.
00:42:42C'est du chopin.
00:42:45Alors, si c'est du chopin.
00:42:47Qu'est-ce que tu fais ici ?
00:42:49Tu aurais pu prévenir.
00:42:51Mais quand il faut que je vous parle ?
00:42:52Ça, je m'en doute.
00:42:53Alors, où sont tes bagages ?
00:42:55Ma valise est à la réception.
00:42:57La raison de cette arrivée soudaine.
00:42:59Je t'écoute.
00:43:01J'attends un enfant.
00:43:02Ah.
00:43:04Ah, ben ça, on peut dire
00:43:05que pour gâcher
00:43:06les vacances des gens,
00:43:07tu t'y entends.
00:43:10Et...
00:43:10Avec qui as-tu accompli
00:43:12cet exploit ?
00:43:13Simon Lachaume.
00:43:14De mieux en mieux.
00:43:16Un misérable petit professeur
00:43:18sans un souveillant.
00:43:19Encore un cadeau
00:43:20de ton oncle, celui-là.
00:43:22C'est arrivé, je pense,
00:43:23pendant que vous passiez
00:43:24vos soirées
00:43:25à trier les papiers
00:43:26de Jean.
00:43:28Ce misérable petit professeur,
00:43:29comme vous dites ma tante,
00:43:30est tout de même attaché
00:43:31au cabinet d'un ministre.
00:43:32Et dans la politique en plus.
00:43:34Un homme sans aucun scrupule.
00:43:36Entrez !
00:43:36Personne n'a frappé.
00:43:37On faille les marier,
00:43:39pas de questions à ce sujet,
00:43:41c'est déjà ça.
00:43:43Et...
00:43:44Depuis combien de temps
00:43:45es-tu dans cet état ?
00:43:46Cela doit faire
00:43:47à peine de moins.
00:43:48Alors,
00:43:49rien n'est perdu.
00:43:51Qui as-tu vu ?
00:43:52Alors, toi.
00:43:54Parfait.
00:43:56Comme ça, demain,
00:43:56tout Paris sera au courant.
00:43:57Ma tante,
00:43:58il y a le secret professionnel,
00:43:59c'est un médecin.
00:44:00C'est un médecin,
00:44:01mais c'est aussi un mondain.
00:44:02De toute manière,
00:44:02c'est sans importance
00:44:03puisqu'il y aura l'enfant.
00:44:06Hein ?
00:44:07Parce que tu as l'intention
00:44:17de le garder.
00:44:20Je n'avais pas compris ça.
00:44:22Je croyais que tu devais revoir
00:44:24l'Artoile en quelques jours.
00:44:27Alors, ces conditions,
00:44:28tout est changé.
00:44:30Tu ne te caches pas
00:44:30ma réprobation ?
00:44:31Comment, ma tante ?
00:44:33C'est vous,
00:44:34si pratiquante.
00:44:35Mais tu ne vas pas me donner
00:44:36des leçons de conduite chrétienne ?
00:44:39Je n'ai pas trompé
00:44:39une seule fois mon mari
00:44:40que je détestais
00:44:41et qui m'a cocufiée
00:44:42par-delà l'illustre.
00:44:43Alors, je t'en prie,
00:44:44aucune comparaison entre nous,
00:44:45n'est-ce pas ?
00:44:45Entrez !
00:44:46Mais il n'y a personne, ma tante.
00:44:47Mais si, mais si.
00:44:48Allez, va voir.
00:44:55J'avais cru.
00:44:59Maintenant, retiens bien ceci.
00:45:01Un premier péché
00:45:02en entraîne toujours
00:45:03une série d'autres.
00:45:05Tu t'es unie hors mariage,
00:45:06première faute,
00:45:07avec un homme marié,
00:45:08ce qui t'a fait participer
00:45:09à un adultère,
00:45:10deuxième faute.
00:45:12Pour cela, tu t'es caché,
00:45:13tu as menti à tout le monde,
00:45:14troisième faute.
00:45:17Attends, dis-moi,
00:45:19quand tu as décidé de,
00:45:21fois de m'enchant pas nos mots,
00:45:23de coucher avec ton monsieur,
00:45:26était-ce pour faire un enfant ?
00:45:28Non.
00:45:29Alors,
00:45:30quelle différence y a-t-il
00:45:31entre refuser un enfant
00:45:32au moment où on pourrait le concevoir
00:45:34et le refuser huit semaines après ?
00:45:36Mais c'est monstrueux, ma tante.
00:45:38Vous savez bien que c'est pas la même chose.
00:45:40Alors, tu préfères le scandale ?
00:45:43Toutes les filles, sans fortune,
00:45:44n'ont pas la chance d'être stériles.
00:45:56Qu'est-ce que je vais faire ?
00:45:58Bon.
00:46:02Je ne veux pas la mort du pécheur.
00:46:07Pardon.
00:46:07Qu'est-ce que tu veux absolument conserver
00:46:11ce rejeton ridicule ?
00:46:15Je vais voir.
00:46:18Je vais chier.
00:46:37Marquis de la mauderie.
00:46:41Ça, c'est le Pépin.
00:46:42Bien, laissez-nous.
00:46:43Merci.
00:47:04J'ai le maïs.
00:47:07Si vous, je vous prie.
00:47:19Merci.
00:47:26Monsieur,
00:47:28voici l'objet de ma visite.
00:47:31Oui, je le devine, monsieur.
00:47:34Ah.
00:47:35Voilà qui va faciliter ma tâche.
00:47:37C'est en qualité d'aîné de la famille, monsieur,
00:47:42que je viens m'adresser à vous.
00:47:46Je m'acquitte à devoir.
00:47:48Oui, je l'entends ainsi.
00:47:50Je trouve assez injuste, monsieur,
00:47:52la mesure qui frappe mon jeune frère.
00:47:58De votre...
00:47:59jeune frère ?
00:48:02Oui, mon frère,
00:48:03le général Robert de la Monnerie.
00:48:06Nous parlons bien de la même personne, n'est-ce pas ?
00:48:08Oui, oui, bien sûr.
00:48:10Mon frère Robert a le même âge
00:48:11que nombre d'officiers généraux qu'on maintient en activité.
00:48:14Et il a les mêmes états de service,
00:48:18sinon plus.
00:48:18Or,
00:48:19on lui fend l'oreille
00:48:20à la fin de l'année.
00:48:22Je ne crois pas que la mesure soit particulière.
00:48:24Ce sont les mises à la retraite.
00:48:25Non,
00:48:26je sais ce qui pèse sur lui.
00:48:28Il a démissionné
00:48:29au moment des inventaires des biens de l'église.
00:48:32La République s'est mal conduite
00:48:35à ce moment-là.
00:48:37Oui,
00:48:37oui,
00:48:38ça je...
00:48:38oui, je vous l'accorde.
00:48:39J'ai cru pouvoir,
00:48:41sachant votre position,
00:48:43m'autoriser des liens
00:48:44qui vous unissaient
00:48:45à mon frère, Jean.
00:48:46Mais vous avez bien fait.
00:48:48Je vous avoue
00:48:49que je suis venu à Paris
00:48:50pour m'occuper de cette affaire.
00:48:52Oh,
00:48:52et pour ma cataracte.
00:48:55Eh bien,
00:48:55vous pouvez compter sur moi, monsieur.
00:48:56Je...
00:48:57je ferai une note au ministre,
00:48:59ou plutôt non.
00:48:59Non,
00:49:00je lui parlerai directement,
00:49:01cela vaudra mieux.
00:49:02Je vous en remercie,
00:49:03je suis sensible
00:49:04à votre obligeance.
00:49:06Si un jour,
00:49:07il vous plaisait
00:49:08de suivre une chasse à coups,
00:49:11vous seriez le bienvenu
00:49:12à Mauglaire.
00:49:14Et
00:49:14cela vous changerait
00:49:16de cette caserne.
00:49:18Ce serait avec plaisir, monsieur.
00:49:20Pardon pour le temps
00:49:21que je vous ai pris.
00:49:22Mais je vous en prie.
00:49:29Olivier.
00:49:30Oui?
00:49:30Voilà près de 30 ans
00:49:32que vous me faites la cour,
00:49:33n'est-ce pas?
00:49:34Eh.
00:49:37Beaucoup de gens
00:49:37sont persuadés
00:49:38que vous avez été
00:49:39et que vous êtes encore
00:49:40mon amant.
00:49:41Vous savez très bien,
00:49:43ma chère Juliette
00:49:43qui n'a tenu qu'à vous.
00:49:46Si Jean était mort
00:49:4620 ans plus tôt,
00:49:47cela aurait changé
00:49:48bien des choses.
00:49:49Ça.
00:49:52Eh bien,
00:49:53vous allez avoir l'occasion
00:49:56de me prouver
00:49:56votre affection.
00:49:59Juliette.
00:50:00Non, non,
00:50:01il ne s'agit pas de cela.
00:50:02Pourquoi irais-je
00:50:03me remariée
00:50:04à notre âge?
00:50:06Regardez-nous.
00:50:08Évidemment,
00:50:08c'est un peu tard.
00:50:09Alors,
00:50:11qu'est-ce que je peux faire
00:50:13pour vous?
00:50:16Eh bien,
00:50:17voilà,
00:50:19la nièce a fait
00:50:20une bêtise,
00:50:21elle s'est laissée séduire
00:50:22par une espèce
00:50:23d'aventurier
00:50:23et
00:50:24elle est enceinte.
00:50:27Quoi?
00:50:28Vous ne vous arrêtez
00:50:29pas tous les deux,
00:50:30pas?
00:50:30Non, mais...
00:50:32Je ne voudrais
00:50:32surtout pas
00:50:32de condoléances.
00:50:35Le garçon est marié,
00:50:37naturellement.
00:50:39Et la petite
00:50:39veut garder l'enfant.
00:50:42En quoi je l'approuve?
00:50:44Moi aussi,
00:50:45moi aussi,
00:50:45bien sûr.
00:50:46Mais
00:50:47c'est le scandale
00:50:49que je redoute
00:50:49la honte
00:50:51est allée dans Paris.
00:50:55Mes vieux jours
00:50:55ne s'annonçaient pas
00:50:56déjà si gays.
00:50:58Puis malgré tout,
00:50:59malgré tout,
00:51:00je pense à la vie
00:51:01de cette petite imbécile.
00:51:03Quel avenir
00:51:04va-t-elle avoir?
00:51:06Ma pauvre.
00:51:07Qu'allez-vous faire?
00:51:11Je voulais vous demander
00:51:12un service.
00:51:16Celui
00:51:16d'épouser Isabelle.
00:51:21C'est la seule solution
00:51:22qui puisse à peu près
00:51:23arranger tout le monde.
00:51:25Si vous avez la générosité
00:51:26d'y consentir.
00:51:27Or,
00:51:28je vous sais très généreux.
00:51:31Je voudrais m'asseoir.
00:51:33Ah.
00:51:50De quoi aurais-je l'air?
00:51:51à mon âge,
00:51:55une jeune femme
00:51:56qui tue un enfant
00:51:59tout de suite
00:52:00ce serait cousu
00:52:02de fil blanc.
00:52:03Peut-être,
00:52:04mais ce serait recousu.
00:52:05il paraît que c'est notre
00:52:19dîner de fiançailles.
00:52:22Lorsque je vous ai sauté
00:52:23sur mes genoux
00:52:24chez votre tante,
00:52:25il n'y a pas tellement d'années,
00:52:27je ne me doutais pas
00:52:28que nous en viendrions
00:52:29à unir votre destinée
00:52:32à ce qui reste
00:52:32de la mienne.
00:52:34Je...
00:52:35je suppose que vous souhaitez
00:52:38un mariage blanc.
00:52:42Soyez rassurés.
00:52:43À mon âge,
00:52:43il serait difficile
00:52:44qu'il en fût autrement.
00:52:46Non.
00:52:48Tout ce que je vous demande,
00:52:49le nom que je porte
00:52:52n'est pas particulièrement
00:52:53éclatant.
00:52:55Mais veuillez me promettre
00:52:56de le respecter
00:52:57afin
00:52:58d'agir discrètement.
00:53:09Je disais à Isabelle
00:53:10que j'essaierais
00:53:11de ne pas l'encombrer
00:53:12trop longtemps.
00:53:13Enfin,
00:53:14je ferais de mon mieux.
00:53:15Vous m'accorderez bien
00:53:16quelques années d'existence.
00:53:18Olivier...
00:53:19Après,
00:53:20vous pourrez refaire
00:53:20votre vie
00:53:21avec un plus agréable
00:53:23compagnon.
00:53:25Olivier,
00:53:25j'ai envie
00:53:25de vous embrasser.
00:53:30Je vous remercie.
00:53:32Vous voyez,
00:53:34elle se jette
00:53:34à la tête
00:53:35de tous les hommes.
00:53:37Ah,
00:53:37ça,
00:53:37c'est pas votre vieux
00:53:38crabe de général.
00:53:41En croyez-vous vraiment
00:53:41que je vais repêcher
00:53:42cette balerne ?
00:53:44Il a 64 ans.
00:53:45Oui,
00:53:45c'est ce que vous allez me dire.
00:53:47J'en ai 67.
00:53:48Non,
00:53:48M. le ministre,
00:53:48je ne me permettrai pas.
00:53:49Non,
00:53:49je tiens qu'à 60 ans
00:53:50et même à 50,
00:53:51un militaire est fini.
00:53:52Il est garnison,
00:53:53je suis de deux chevaux
00:53:54et c'est le top piquage.
00:53:56Ils peuvent garder
00:53:56belle apparence
00:53:57mais ils ont la servile
00:53:58en granit.
00:53:58Et la preuve,
00:53:59c'est que jamais
00:54:00un militaire n'était fichu
00:54:01de faire un ministre
00:54:01de la guerre.
00:54:03Non.
00:54:03Ce qu'il conserve,
00:54:05voyez-vous,
00:54:06c'est le gouvernement.
00:54:08C'est la lutte politique.
00:54:09Ça,
00:54:09c'est la vraie bataille.
00:54:10Dites-moi à votre
00:54:13la monaille,
00:54:16est-ce qu'il n'a pas
00:54:16une histoire
00:54:17au moment des inventaires ?
00:54:18Oui,
00:54:19j'en ai peur.
00:54:20Et Antidré Fusard,
00:54:21bien évidemment.
00:54:23Dites-moi,
00:54:23mon petit Lachon,
00:54:24vous voulez me faire avoir
00:54:25des drames avec les radicaux ?
00:54:28À vos affaires de cœur
00:54:29dans le Faubourg Saint-Germain,
00:54:30vous perdrons.
00:54:33Bon,
00:54:33et qu'est-ce qu'il est ?
00:54:35Votre vieux cave,
00:54:36général de brigade ?
00:54:38Bon,
00:54:39on peut-être le consoler
00:54:40en lui donnant sa tête
00:54:41comme général de division.
00:54:44Les beaux yeux de sa nièce
00:54:45lui auront valu une étoile.
00:54:46Ma tante a tout arrangé.
00:54:51Et vous serez absente
00:54:52combien de temps ?
00:54:54Un an.
00:54:58Pour que personne
00:54:59ne puisse déterminer
00:55:00la date exacte
00:55:02de la naissance.
00:55:04Mais qui croira
00:55:04cette histoire ?
00:55:07Ça n'a pas l'air
00:55:09d'inquiéter ma tante.
00:55:13Au moment que
00:55:13les apparences sont sauvées.
00:55:16Je vous attendrai, Isabelle.
00:55:26Je vous attendrai toujours.
00:55:29Ce monsieur m'a ignorée...
00:55:30Et d'une extraordinaire délicatesse.
00:55:36Bien au moins,
00:55:36aujourd'hui,
00:55:37j'ai pu faire une chose
00:55:37qui vous fera plaisir,
00:55:39je pense.
00:55:41J'ai obtenu une troisième étoile
00:55:42pour votre oncle,
00:55:44le général.
00:55:44Je vous en remercie, Simon.
00:55:47Toute la famille
00:55:48vous en sera très reconnaissante.
00:55:52Tu n'es rien,
00:55:52tu sais,
00:55:52mais je vois clair.
00:55:56Tu ne me racontes rien.
00:55:58Tu ne sors jamais avec moi.
00:56:01Tu n'amènes personne
00:56:01à la maison
00:56:02directement de me montrer.
00:56:03tu as peur qu'on sache
00:56:06que j'existe.
00:56:11À quoi ça servait alors
00:56:12de changer d'appartement ?
00:56:13Au moins,
00:56:13au Lomont,
00:56:14quelquefois,
00:56:14il y avait du soleil.
00:56:16Ici,
00:56:16c'est la rue de Verneuil,
00:56:17Yvonne.
00:56:18C'est une adresse normale
00:56:19pour un attaché de cabinet.
00:56:21La différence,
00:56:21c'est moi qui la vois
00:56:22quand je fais les commissions.
00:56:23C'était plus cher au quartier.
00:56:24Si tu as des ennuis
00:56:25avec les autres dames,
00:56:26ce n'est pas de ma faute.
00:56:31Ça ne sert à rien
00:56:32de te cacher,
00:56:32tu sais,
00:56:32je ne suis pas dupe.
00:56:35Ton ministre,
00:56:35il ne te retient pas
00:56:36à dîner tous les soirs.
00:56:38Quand tu chuchotes au téléphone,
00:56:41ce n'est pas pour
00:56:41des secrets d'État.
00:56:45Elle va bien,
00:56:46ta demoiselle Duyne ?
00:56:50Votre travail avance.
00:56:54Moi,
00:56:55j'ai eu le pire de toi.
00:56:56Toutes les années dure.
00:56:57Les autres,
00:56:57elles sont de meilleures.
00:56:59Tu voudrais bien
00:57:00te débarrasser de moi.
00:57:02Je te laisse le champ libre.
00:57:05Je t'encombre.
00:57:08Qu'est-ce qu'il me reste à moi ?
00:57:09D'être mariée,
00:57:09c'est tout.
00:57:11Moi aussi,
00:57:11je pourrais avoir des hommes,
00:57:12c'est facile.
00:57:12Je ne suis pas plus mal
00:57:13qu'une autre.
00:57:16Ça ne m'intéresse pas.
00:57:19Je suis ta femme, Simon.
00:57:21Tu devras toujours
00:57:22compter avec moi.
00:57:24Tu ne pourrais pas
00:57:27acheter autre chose
00:57:28que ces fleurs de concierge.
00:57:29Ma mère n'était pas concierge.
00:57:31Elle était mercière.
00:57:33Vous ne pouvez savoir
00:57:33à quel point ces roses
00:57:35me font plaisir.
00:57:37Et comment avez-vous pu
00:57:37trouver un fleuriste
00:57:38ouvert à cette heure ?
00:57:42Et votre coup de téléphone,
00:57:43un vrai rayon de lumière.
00:57:46Et puis,
00:57:46votre manière de me demander
00:57:47si j'étais libre ce soir.
00:57:51Je suis toujours libre.
00:57:52Sachez-le.
00:57:54Ces fleurs,
00:57:56on est heureuse.
00:57:57Pourquoi sortir ?
00:57:59J'ai demandé
00:58:01à ma femme de chambre
00:58:02de nous préparer
00:58:02une collation
00:58:03avec ce qu'il y avait
00:58:04dans la maison.
00:58:06Et puis,
00:58:07je sors de moins en moins
00:58:09de ma coquille de cristal.
00:58:15C'est Jean qui a eu l'idée
00:58:17de monter cette mosaïque ainsi.
00:58:18Elle est très belle.
00:58:20Oui, mais un peu inconfortable,
00:58:22je le reconnais.
00:58:25Vous savez pourquoi
00:58:26votre coup de téléphone
00:58:27m'a si profondément touchée ?
00:58:28C'est mon anniversaire aujourd'hui.
00:58:32Oh, si j'avais su...
00:58:34Vous avez su ?
00:58:35Puisque vous m'avez appelée
00:58:36et puisque vous êtes venue.
00:58:41Sans vous,
00:58:41je serais seule.
00:58:45C'est triste,
00:58:46vous savez,
00:58:46quand arrive le moment
00:58:47où une femme
00:58:48se commande ses fleurs elle-même.
00:58:49Vous souffrez trop
00:58:56derrière cette table.
00:58:57Je vais chercher
00:58:57les poèmes de Jean
00:58:58dont je vous ai parlé.
00:59:03Comment trouvez-vous
00:59:04ce vin de Chypre ?
00:59:05Délicieux.
00:59:08Les vignes en furent plantées
00:59:09par les chevaliers
00:59:10de Saint-Jean de Jérusalem
00:59:11avant qu'ils ne deviennent
00:59:13les chevaliers de Malte.
00:59:17Et comment trouvez-vous
00:59:18ces poèmes ?
00:59:19C'est surprenant.
00:59:23C'est pas.
00:59:26Lui qui semblait
00:59:26si réservé,
00:59:27si hautain,
00:59:29si compassé.
00:59:31Un faune.
00:59:32Un faune.
00:59:36Personne ne sait,
00:59:37vous savez.
00:59:38Personne ne connaît
00:59:39ces vers-là.
00:59:43Il n'est pas donné
00:59:44à tous les poètes
00:59:45d'écrire des érotiques.
00:59:49Celui-ci est extraordinaire.
00:59:56C'est moi
00:59:57qui l'ai inspiré.
01:00:01Dans le site,
01:00:02onbrageux
01:00:03de tes pudeurs
01:00:05secrètes.
01:00:05tu te rappelles
01:00:18ce verre de joie.
01:00:21La jeune fille,
01:00:22en toi,
01:00:23qui ne veut pas
01:00:24mourir.
01:00:26Dès que tu porteras
01:00:27jusque dans les enfers.
01:00:28où est mon passeport ?
01:00:46Ici, oui.
01:00:48Voilà.
01:00:48Mes lettres de change.
01:00:50Laissez-là ?
01:00:51Non, laissez-moi.
01:00:52Merci.
01:00:53Dis donc, François,
01:00:54s'il arrive quelque chose
01:00:55de très grave
01:00:55ou très important,
01:00:56tu peux m'envoyer en mer
01:00:57un message
01:00:57dans le transmis par TSF.
01:00:59Il a fait d'énormes congrès.
01:01:01Ah, dis donc.
01:01:03Il montre des dispositions
01:01:04pour le métier de banquier,
01:01:05ce petit gaillard.
01:01:07Viens, Jonel.
01:01:08Allez.
01:01:09Dis-moi, Jonel.
01:01:09Qu'est-ce que tu voudrais
01:01:11que je te rapporte
01:01:12du Nouveau Monde ?
01:01:14C'est loin,
01:01:15grand-père,
01:01:15de l'Autre Monde.
01:01:16Le Nouveau Monde,
01:01:17Jonel.
01:01:18Je pars pour le Nouveau Monde.
01:01:19J'espère que
01:01:20l'Autre Monde
01:01:21patientera encore un peu.
01:01:22Dis quelle heure ?
01:01:23Il est trois heures et quart.
01:01:26Fais voir.
01:01:28Quand il part,
01:01:29il est toujours près
01:01:30une heure de retour.
01:01:31C'est beau, hein ?
01:01:32Quatre générations
01:01:33de Schudler.
01:01:33Il y a aussi les femmes,
01:01:35Noël.
01:01:36Vous ne comptez que les hommes.
01:01:38Mais les générations
01:01:39de Schudler,
01:01:39c'est nous qui les faisons.
01:01:41Tu crois
01:01:42que c'est vraiment nécessaire,
01:01:45ce grand voyage ?
01:01:47Je ne vous fais pas
01:01:47pas plaisir.
01:01:50Je vous l'ai dit,
01:01:50papa,
01:01:51je veux étudier
01:01:52les nouvelles méthodes
01:01:53de production
01:01:53qu'ils ont là-bas.
01:01:56Il y a le système
01:01:56dès lors.
01:01:57Notre journal
01:01:57ne cesse pas d'en parler.
01:01:59Qui va s'occuper
01:02:00de nos affaires
01:02:00avec moi ?
01:02:02Le François ?
01:02:04Tu crois qu'il est
01:02:04assez sérieux ?
01:02:07Ce gamin ?
01:02:08Papa,
01:02:08ce gamin a 32 ans
01:02:10et il ne prendra
01:02:12aucune décision
01:02:12sans vous en parler.
01:02:14Naturellement,
01:02:14mon papa.
01:02:15Et de ce point de vue-là aussi,
01:02:16mon voyage est utile.
01:02:18Il faut qu'on s'habitue
01:02:18à toi,
01:02:19à la banque
01:02:19et surtout au journal,
01:02:20qu'on sache
01:02:20ce que tu commandes.
01:02:22Quand on a amené
01:02:23des hommes
01:02:23et risqué sa peau
01:02:24pendant quatre ans,
01:02:25il faut tout de même
01:02:25que ce soit avec quelque chose.
01:02:26ça me fait penser.
01:02:32S'il vous plaît,
01:02:32appelez-moi
01:02:33le ministre de la guerre.
01:02:34Le ministre !
01:02:37François.
01:02:42Veuillez bien sur papa.
01:02:44S'il lui avait quelque chose
01:02:45pendant mon absence,
01:02:46je ne pardonnerai pas.
01:02:48Il est ce que j'ai de plus cher.
01:02:49ici Schudler.
01:02:52Qui répond ?
01:02:53Ah, monsieur Lachaume.
01:02:55Vous allez bien.
01:02:55Votre ministre est là.
01:02:57J'aimerais lui parler
01:02:58s'il n'est pas
01:02:59en conférence d'état-major
01:03:00et puis même s'il l'était.
01:03:03Allô !
01:03:04Anatole !
01:03:06Ce soir,
01:03:08bateau pour l'Amérique.
01:03:10Voyage d'études
01:03:10depuis qu'on clore quelques accords.
01:03:12Moi, je voulais vous demander
01:03:13qu'en est-il
01:03:14de la croix de François ?
01:03:16C'est difficile
01:03:17que mon fils et moi
01:03:18sont dans la même promotion ?
01:03:20Mais la croix de François,
01:03:21d'abord, je vous le demande.
01:03:22J'y tiens plus
01:03:23que ma cravate de commandeur.
01:03:26Elle attendra.
01:03:28Au revoir.
01:03:30Souhaitez-moi bon vent.
01:03:33Ne vous remercie pas.
01:03:37C'est toi qui as fait la guerre.
01:03:38Pas moi.
01:03:40Il y a une chose importante
01:03:40encore, François.
01:03:42Surveille-moi bien
01:03:43au blanc.
01:03:44Chaque fois que je m'absente,
01:03:45il essaie de nous faire une crasse.
01:03:46Puis,
01:03:47il a un bon paquet de son chêne.
01:03:49Je te fais confiance, François.
01:03:52Je compte sur toi, mon petit.
01:03:53Si tu as des idées,
01:03:54va de l'avant.
01:03:56Hein ?
01:03:57Alors,
01:03:57qu'est-ce que t'en penses ?
01:03:58C'est moi qui ai tout choisi.
01:04:00Ben, dis donc,
01:04:01mon petit,
01:04:01t'as de la veine.
01:04:02À moi,
01:04:02il m'en a jamais donné le quart.
01:04:04Mais comment tu sais ?
01:04:04J'improvise.
01:04:05Je comprends pas.
01:04:06C'est pas que je me débrouille
01:04:07mieux qu'une autre,
01:04:08mais je l'emmerde un peu plus.
01:04:09Je fais des scènes.
01:04:10Il aime ça.
01:04:11Il a l'impression
01:04:12de vivre une histoire d'amour.
01:04:13Oh !
01:04:13Oh !
01:04:15Et puis,
01:04:15tu sais bien,
01:04:16il aime bien qu'on lui raconte
01:04:17un certain genre d'histoire.
01:04:18alors je laisse ses mains
01:04:21se balader
01:04:21et j'invente.
01:04:23Ça le met dans des états.
01:04:25Moi aussi,
01:04:26j'aime bien ça.
01:04:27Ça me sert d'entraînement
01:04:27pour le théâtre.
01:04:28Il t'oblige à le toucher.
01:04:31Ça, je peux pas.
01:04:32Et tes histoires,
01:04:33ça lui suffit ?
01:04:33Pas complètement.
01:04:35Ce qu'il aime aussi,
01:04:36c'est regarder.
01:04:38Oui,
01:04:38ça, je sais.
01:04:39Alors,
01:04:40je laisse regarder.
01:04:41Là aussi,
01:04:42j'improvise.
01:04:43C'est pas bien compliqué.
01:04:44C'est fini toujours pareil.
01:04:46Je connaissais pas
01:04:47tes talents de mimes.
01:04:49C'est comme au Palladium.
01:04:51C'est le public
01:04:51qui te fait faire des progrès.
01:04:53Tu gagnes bien ta vie là-bas ?
01:04:54Ça commence.
01:04:56Enfin,
01:04:56je peux pas en demander trop non plus.
01:04:58Lulu vient déjà
01:04:58d'acheter le théâtre.
01:05:00Tu penses pas beaucoup
01:05:01à ta vieille Annie.
01:05:04C'est ce qui te trompe.
01:05:05Oui.
01:05:18Oh,
01:05:24Sullivan.
01:05:24Sullivan.
01:05:26Je te dois
01:05:27beaucoup plus.
01:05:31Ah,
01:05:31t'as quand même
01:05:31pas pu éviter son portrait.
01:05:33Il voulait me laisser
01:05:33sa photographie,
01:05:34j'ai préféré le dessin.
01:05:36Il est quand même
01:05:36moins moche.
01:05:37Non.
01:05:38Bonsoir.
01:05:40Bonsoir mon petit.
01:05:42Bon monsieur mon blanc.
01:05:44Tenez mon évole.
01:05:46Vous avez frappé non ?
01:05:48J'ai frappé mon petit cœur.
01:05:49Je ne parle pas
01:05:50quand tu rentres comme ça.
01:05:51Tu vois pas que je suis toute nue ?
01:05:52Ça me gêne.
01:05:53Oh,
01:05:53ça me gêne.
01:05:54Ça c'est nouveau ma beauté.
01:05:55J'aimerais bien
01:05:56que t'ailles dans la salle.
01:05:57Je crois que je suis mieux
01:05:57depuis deux ou trois jours.
01:05:58Dis-moi ce que t'en penses.
01:05:59Ce que je pense t'intéresse
01:06:00mon petit cœur.
01:06:02Ah,
01:06:02je suis très ému.
01:06:03Je ne sais pas
01:06:03qu'on me touche
01:06:04quand je ne le prépare.
01:06:07Va dans la salle
01:06:08s'il te plaît.
01:06:08Je te jure
01:06:09que c'est important.
01:06:10J'ai déjà vu la pièce
01:06:11dix fois
01:06:12sans compter les répétitions.
01:06:14Ça me fait de la peine.
01:06:15T'aimes pas le théâtre.
01:06:16Ah,
01:06:16erreur.
01:06:17Je l'adore.
01:06:17Elle me coûte assez cher.
01:06:18T'as lu l'écho du maître ?
01:06:20Cette nouvelle venue
01:06:21par son charne égrelé
01:06:22et sa jeunesse authentique
01:06:24a sauvé la soirée.
01:06:25Ah,
01:06:25citation incomplète,
01:06:26mon amour.
01:06:27Dans le journal de Schudler,
01:06:28il y a trois mois en plus
01:06:29a sauvé la soirée
01:06:31d'un ennui total.
01:06:32Bah,
01:06:32c'est encore mieux.
01:06:33Pour toi peut-être,
01:06:34mais pas pour moi.
01:06:34Moi,
01:06:35ça me fait les trois derniers mots
01:06:35à un prix exorbitant.
01:06:37Parce que je peux payer le théâtre,
01:06:37je peux payer les costumes,
01:06:38mais je ne peux quand même
01:06:39pas payer le public.
01:06:40C'est moi,
01:06:40je cherche le cercle.
01:06:41Allez,
01:06:41sauve-toi,
01:06:42sauve-toi !
01:06:42Je rentre en scène
01:06:43dans cinq minutes.
01:06:46Je te vois,
01:06:51sur le pouce avec Annie.
01:07:03Je dois remercier
01:07:04tout particulièrement
01:07:05Mme Olivier Ménioret,
01:07:08la nièce du poète,
01:07:09qui a bien voulu m'apporter
01:07:10dans l'accomplissement
01:07:11de cette tâche
01:07:11l'aide constante
01:07:12de sa diligence éclairée.
01:07:15Simon Lachaume.
01:07:20Abre posthume,
01:07:21le titre convient doublement.
01:07:26C'est la seule chose
01:07:27qui reste
01:07:27de ce que nous aurons fait
01:07:28ensemble.
01:07:29Vous avez souffert.
01:07:31Pardon ?
01:07:33Je veux dire
01:07:36quand vous avez perdu l'enfant.
01:07:37Physiquement ?
01:07:39Non.
01:07:41Très peu.
01:07:44Et puis Olivier a été parfait.
01:07:47Mais vous semblez l'aimer.
01:07:49J'ai de l'affection
01:07:50et même de l'affection,
01:07:51et même de la tendresse
01:07:52pour lui.
01:07:54Heureusement d'ailleurs,
01:07:57parce que ce mariage
01:07:57n'a trompé personne.
01:08:01Alors sans
01:08:02aucune joie de femme
01:08:04ni de mère
01:08:06et sans espoir
01:08:09de les éprouver un jour,
01:08:12si je n'avais pas de tendresse
01:08:12pour Olivier,
01:08:13ce serait trop affreux.
01:08:15La vie n'est pas finie,
01:08:16vous êtes jeune.
01:08:16Jeune ?
01:08:18Jeune,
01:08:19mais pour qui ?
01:08:21Jeune,
01:08:21pour quoi faire ?
01:08:23Pour toi,
01:08:25Simon.
01:08:29Au fond,
01:08:29j'aimais mieux
01:08:30comme vous étiez avant.
01:08:31Vous croyez que j'ai changé
01:08:32parce que vous me
01:08:33voyez avec d'autres sentiments.
01:08:36Et vos sentiments ?
01:08:37Est-ce que ce ne sont pas
01:08:39eux qui vont changer ?
01:08:40Mais je respecte
01:08:41le pacte
01:08:42que vous m'avez imposé.
01:08:47Vous êtes heureux ?
01:08:48Bon,
01:08:49le bonheur existe-t-il.
01:08:52C'est ce que disent
01:08:52ordinairement
01:08:53les gens heureux
01:08:53en face de ceux
01:08:54qu'ils ne sont pas.
01:08:55qu'il n'y a pas de temps.
01:09:00Eh, Louis ?
01:09:03Oui,
01:09:03très bien,
01:09:04monsieur le ministre.
01:09:05Immédiatement.
01:09:08Bien,
01:09:08le ministre m'appelle.
01:09:10Vous voulez dire
01:09:10qu'il vous sonne ?
01:09:13Ça vous inquiète
01:09:14quand on sort du cabinet.
01:09:16Oh,
01:09:17je suis désolée.
01:09:17Mais ça ne se voit pas.
01:09:19Bon.
01:09:19Bon.
01:09:25Je vous abandonne.
01:09:29En effet.
01:09:36Alors,
01:09:37vous l'avez revue ?
01:09:38Oui,
01:09:38je l'ai revue.
01:09:39Je pense que
01:09:40ça a dû vous émouvoir.
01:09:43Ah,
01:09:43ne croyez pas ça ?
01:09:45Non,
01:09:45j'y étais un peu obligée
01:09:46à cause de la parution
01:09:46du livre.
01:09:48Et puis,
01:09:48je n'ai pas de raison
01:09:48de lui marquer de l'hostilité.
01:09:50Vous voulez venir ?
01:09:50Je pense que fini.
01:09:52Non,
01:09:52je vous assure,
01:09:53ça a été sans aucun plaisir.
01:09:54C'est vraiment du passé.
01:09:56Vous n'avez pas
01:09:56à en prendre ombrage.
01:09:58Pourquoi le frais-je ?
01:09:59Je n'en ai ni raison
01:10:00ni motif.
01:10:02Non.
01:10:03C'est plutôt vous
01:10:04qui pourriez m'en vouloir.
01:10:06Je n'ai plus de raison d'être.
01:10:08Je gâche votre vie,
01:10:09je m'en rends bien compte.
01:10:11Olivier,
01:10:11je vous interdis
01:10:11de dire cela.
01:10:14Je vous dis de moi
01:10:14de partout.
01:10:16Mais non,
01:10:17c'est de ma faute.
01:10:18Je parlais,
01:10:18je ne faisais pas attention.
01:10:20Ah,
01:10:21vous aussi,
01:10:21qu'avez-vous
01:10:22à me dire
01:10:22ce genre de sottise ?
01:10:24Je vous interdis
01:10:24de recommencer.
01:10:26Vous faites de la peine.
01:10:28C'est vrai,
01:10:28ce mensonge ?
01:10:30Ne dites pas ça
01:10:31pour me faire plaisir.
01:10:33Je vous aime
01:10:33beaucoup,
01:10:33Olivier.
01:10:37Isabelle.
01:10:39Ma petite Isabelle.
01:10:42C'est peut-être
01:10:42par charité,
01:10:43mais
01:10:43je n'en suis plus
01:10:45à ces subtilités.
01:10:46Vous me faites
01:10:48un grand cadeau.
01:10:49Olivier.
01:10:51Ah,
01:10:52Olivier.
01:10:59Pardon,
01:11:00quel est-vous ?
01:11:00Bonjour,
01:11:02Olivier.
01:11:03C'est stupide,
01:11:04Serge.
01:11:05Je n'aurais jamais pensé
01:11:06qu'une chose pareille
01:11:07puisse encore Marie.
01:11:09Une réminiscence.
01:11:11Et voilà !
01:11:11Bon petit Simon,
01:11:13nous plions bagage.
01:11:15La République
01:11:15ne nous laisse jamais
01:11:16nous endormir longtemps
01:11:17sur nos portefeuilles.
01:11:20Qu'allez-vous faire
01:11:20dans l'immédiat,
01:11:21Monsieur le Ministre ?
01:11:22Moi ?
01:11:23Un tas de choses.
01:11:24D'abord,
01:11:25le tour de ma circonscription.
01:11:27Aller réchauffer
01:11:28mes électeurs,
01:11:29préparer les prochaines
01:11:30consultations municipales,
01:11:31cantonales,
01:11:32sénatoriales,
01:11:34et puis,
01:11:35et puis reprendre
01:11:36mon siège à la Chambre.
01:11:37Ne plus être
01:11:38à celui sur lequel
01:11:39tout le monde tire,
01:11:39mais celui qui fait
01:11:40dégringoler les autres.
01:11:41Et cela aussi,
01:11:42c'est très sport.
01:11:43Croyez-moi.
01:11:44Et qui tient alerte,
01:11:46vous allez voir,
01:11:47c'est de vous,
01:11:48plutôt que je ne me préoccupe.
01:11:50Qu'est-ce que vous
01:11:50ventez faire ?
01:11:52Oh, moi,
01:11:52je vais retourner
01:11:53à l'enseignement.
01:11:54Je suis agrégé,
01:11:55j'ai passé ma thèse.
01:11:56Ben, vous êtes
01:11:56trop jeune encore
01:11:57pour être nommé
01:11:58professeur d'université,
01:12:01même en province.
01:12:03Et le secondaire,
01:12:05Rosa Larose,
01:12:07quand on a goûté
01:12:08à ça.
01:12:10Je vous remercie
01:12:11de vous préoccuper
01:12:12ainsi de mon sort,
01:12:12Monsieur le Ministre.
01:12:13Ah, ça a monté,
01:12:14si moi je considère
01:12:15que c'est un devoir
01:12:15grâce à ses collaborateurs.
01:12:17Les bons,
01:12:17j'entends,
01:12:17un devoir moral d'abord,
01:12:18et j'ajouterais,
01:12:19un bon placement.
01:12:21C'est ainsi
01:12:21qu'on s'attache
01:12:22des fidélités.
01:12:23Sous-préfait.
01:12:24Je pourrais vous faire
01:12:26de mes soupes à feuilles.
01:12:29Ah, c'est bien
01:12:30la préfectorale.
01:12:31C'est même là-dessus
01:12:32que tient la France.
01:12:34Mais vous n'avez pas
01:12:35l'esprit fonctionnaire
01:12:36et le journalisme.
01:12:42Vous aimeriez mieux.
01:12:46Eh bien, on va tâcher
01:12:47de vous trouver
01:12:47une situation dans la presse.
01:12:49Je vais voir du côté
01:12:49des choulières.
01:12:50Mademoiselle,
01:12:53demandez-moi
01:12:54M. François
01:12:54Chaudelaire
01:12:55à l'écho du matin.
01:12:57C'est important
01:12:58les journaux.
01:12:59Nous sommes le pouvoir,
01:12:59mais les journaux,
01:13:00c'est la puissance
01:13:00avec la finance,
01:13:01bien sûr.
01:13:02Et lorsque,
01:13:03comme nos amis,
01:13:03on a les deux...
01:13:06Allô, François?
01:13:08Comment allez-vous?
01:13:10Tu vois ton père?
01:13:11Il va très bien,
01:13:12M. le ministre,
01:13:12très bien.
01:13:14En ce moment,
01:13:15il est à Chicago.
01:13:16Oui?
01:13:16Ben, moi,
01:13:18je vais vous donner
01:13:18une nouvelle.
01:13:20Le gouvernement
01:13:20sera renversé
01:13:21demain soir.
01:13:22Au Sénat?
01:13:23Ah non,
01:13:23pas au Sénat,
01:13:24à la Chambre.
01:13:26Mais le président
01:13:26prend les devant.
01:13:27Il veut tomber à gauche
01:13:27en posant la question
01:13:28de confiance
01:13:28sur les pensions
01:13:29des veuves de guerre.
01:13:30Je peux l'annoncer
01:13:30ou pas?
01:13:31Ah oui,
01:13:31vous pouvez l'annoncer
01:13:32avec les prudences
01:13:34d'usage.
01:13:35Vous allez griller
01:13:36tous vos concurrents.
01:13:40François,
01:13:42viendriez-vous
01:13:42déjeuner avec moi
01:13:43un de ces jours?
01:13:44Il y aura
01:13:44Simon Lachaume.
01:13:46Mais qui écrit
01:13:47chez vous
01:13:47de temps en temps?
01:13:49Assez de lui
01:13:50que je voudrais
01:13:50que nous parlions.
01:13:53Muller,
01:13:54Millebois,
01:13:54venez s'il vous plaît.
01:14:04Monsieur François?
01:14:06La une de demain
01:14:07ne sera pas du tout
01:14:07ce que nous avions prévu.
01:14:08Le titre,
01:14:09sur les deux colonnes
01:14:10de gauche,
01:14:11sera
01:14:11Le gouvernement
01:14:12devrait tomber
01:14:12cette nuit.
01:14:14Vous êtes sûr,
01:14:15Monsieur François?
01:14:15Notre chef de rubrique
01:14:17est formel.
01:14:17Notre chef de rubrique
01:14:18Muller a 100 ans.
01:14:19Il prévoit toujours
01:14:20ce qui s'est passé la veille.
01:14:21Moi,
01:14:22j'ai des informations
01:14:22toutes fraîches.
01:14:24Villebois,
01:14:24vous prévoyez
01:14:25la mise en page
01:14:25d'après ce que je viens
01:14:26de vous dire?
01:14:27Bien, patron.
01:14:30Parfait.
01:14:32Parfait, patron.
01:14:33Le professeur Lartois,
01:14:41vous m'avez passé le mois.
01:14:42Bonjour, professeur.
01:14:44Domierre est mort.
01:14:45Muller, restez.
01:14:46Restez.
01:14:47Domierre est mort.
01:14:49Il n'aura même pas eu le temps
01:14:50de prononcer son discours
01:14:50de réception à l'académie.
01:14:52C'était fait élire contre moi
01:14:53en disant qu'il était mourant.
01:14:54Il a tenu parole.
01:14:55Rien n'a lui reproché.
01:14:56Non, non.
01:14:58Non, ce n'est pas moi
01:14:59qui soigne.
01:15:00J'ai dit prostate académique
01:15:01entre les mains,
01:15:02mais pas celle-là.
01:15:04Oui, oui,
01:15:04je vais prendre quelques avis.
01:15:06Mais je pense bien
01:15:07me représenter
01:15:08sur ce fauteuil.
01:15:09Après tout,
01:15:10c'est celui
01:15:10qui aurait dû me revenir.
01:15:14Oui, merci, François.
01:15:16Sans que je paraisse
01:15:16montrer aucune hâte.
01:15:19Respectons le deuil
01:15:20des familles.
01:15:21Merci, professeur.
01:15:22Au revoir.
01:15:25Muller,
01:15:25est-ce que vous avez
01:15:26une nécro sur le doyen
01:15:27d'Aumière ?
01:15:27Pour les morts,
01:15:28M. François,
01:15:28nous sommes toujours
01:15:29en avance.
01:15:33Et ajoutez un mot
01:15:34pour le professeur Lartois
01:15:34en disant qu'il semble
01:15:35le mieux placé
01:15:36pour lui succéder.
01:15:39Bien, monsieur.
01:15:42C'est gris,
01:15:43c'est vieux,
01:15:43c'est triste.
01:15:44Et encore,
01:15:45depuis un mois,
01:15:45je commence à modifier
01:15:46progressivement
01:15:47la mise en page.
01:15:48Des titres plus larges,
01:15:49plus forts.
01:15:50Et puis,
01:15:52il faut accorder
01:15:53aux nouvelles leur valeur.
01:15:54L'affaire Landru.
01:15:55Un passionné,
01:15:55l'opinion.
01:15:56Nous,
01:15:57nous avons traité cela
01:15:57avec des pincettes.
01:15:58Dix lignes dans la colonne
01:15:59des filles d'hiver,
01:15:59en quatrième page.
01:16:01Hier,
01:16:01en guillotine d'Andru,
01:16:02moi, ce matin,
01:16:03j'en fais le grand titre
01:16:03de la une.
01:16:04Il y a de grands événements
01:16:05artistiques dont vous ne parlez
01:16:06jamais.
01:16:06Par exemple,
01:16:07les ballets russes.
01:16:09Tout le monde y court,
01:16:10pas un mot.
01:16:11Ou le dernier roman
01:16:12de Marcel Proust.
01:16:12Moi,
01:16:12j'avais pensé
01:16:13qu'il y aurait eu
01:16:13quelque chose là-dessus.
01:16:14Certains disent
01:16:15que c'était lisible.
01:16:17Jacqueline,
01:16:17ma femme,
01:16:18m'affirme que c'est
01:16:19un grand roman.
01:16:20Eh bien,
01:16:20votre femme a du jugement.
01:16:22Eh bien,
01:16:22préparez donc
01:16:22un papier sur Proust.
01:16:24Et tant pis
01:16:24pour notre vieux
01:16:25chroniqueur littéraire.
01:16:27Et la boîte de l'Institut,
01:16:28il faudra bien
01:16:28s'en débarrasser un jour.
01:16:30C'est pour tout cela
01:16:31que un homme comme vous,
01:16:33un homme de ma génération,
01:16:34va mettre précieux.
01:16:35Et un homme
01:16:36au courant
01:16:36à la fois
01:16:37de la politique,
01:16:38de l'université,
01:16:39des questions militaires.
01:16:42Qu'il y aura ?
01:16:43C'est une excellente idée
01:16:43que vous avez eue,
01:16:44cher ministre,
01:16:44comme toujours.
01:16:46Conseiller de la direction,
01:16:49voilà le poste
01:16:49que je vois pour vous.
01:16:51Un poste nouveau
01:16:51où vous ne prenez
01:16:52la place de personne,
01:16:52vous ne marchez
01:16:53sur les brisées de personne.
01:16:54Haut de tout le monde.
01:16:56Haut de tout le monde.
01:16:59Venez dès lundi,
01:17:00si ça vous convient,
01:17:01ne perdons pas de temps.
01:17:03Je voudrais vous montrer
01:17:03les projets
01:17:03d'une nouvelle maquette
01:17:04qui fera de l'écho
01:17:06un vrai journal
01:17:06du XXe siècle.
01:17:08Nouveau caractère,
01:17:08nouvelle rubrique
01:17:09et de la photographie.
01:17:12La photographie existe,
01:17:13il faut s'en servir.
01:17:14Mais dites-moi, François,
01:17:15est-ce que vous êtes sûr
01:17:15que votre père
01:17:16va être d'accord
01:17:16avec tout cela ?
01:17:18Bien sûr.
01:17:19Pourquoi est-il allé en Amérique ?
01:17:21Mon père est un homme
01:17:22qui marche avec son temps.
01:17:25Elle m'a dit en partant
01:17:26qu'il faut aller de l'avant.
01:17:27J'avais de l'avant.
01:17:29Comme il me l'a demandé.
01:17:30Monsieur le ministre.
01:17:31Ah, c'est fait,
01:17:32monsieur le ministre.
01:17:33J'ai reçu des ordres.
01:17:37Je reconnais les traditions,
01:17:38mon chou de l'air.
01:17:40Merci, mon cher François.
01:17:43Eh bien,
01:17:43buvons renouvellement
01:17:44de l'écho du matin
01:17:45et à votre entrée
01:17:47dans cette grande maison.
01:17:48Simon.
01:17:49Sous-titrage Société Radio-Canada
01:17:54Sous-titrage Société Radio-Canada
01:18:00Sous-titrage Société Radio-Canada
01:18:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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