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  • il y a 9 heures
Tous les jours dans Culture Médias, Thomas Isle dresse le portrait sonore de l'invité. Ce mercredi, c’est Valérie Bonneton et Akim Isker, pour la série "L’affaire Laura Stern" sur HBO Max.

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Transcription
00:00Europe 1
00:01Vous écoutez Culture Média sur Europe 1
00:0310h-11h30 tous les jours avec
00:05Thomas Hilde et ce matin Thomas vous recevez la comédienne
00:07Valérie Bonneton et le réalisateur
00:09à Kim Isker pour la série L'Affaire
00:11Laura Stern, vraiment une série qu'on a adoré, qu'on vous recommande
00:13qui sera disponible dès demain sur
00:15HBO Max, alors c'est disponible à Canal Plus
00:18si vous avez l'appli Canal
00:19et dès le 19 février sur
00:21France.tv. Et je voulais qu'on continue à en parler
00:23j'avais prévu plein d'autres choses pour tout vous dire mais je voulais
00:25qu'on continue à parler de cette série parce que vraiment
00:27elle pose énormément de questions
00:29aussi. D'abord parce qu'on se
00:31rend compte, et je trouve que ça c'est bien fait
00:33à travers les différents cas que vous avez choisis
00:35que cette violence envers les femmes
00:37elle touche toutes les strates de la société
00:39c'est ça aussi ce que vous avez voulu
00:41montrer à Kim Isker. C'est assez clairement
00:43une volonté du départ
00:45du projet et des auteurs
00:47
00:48on voulait absolument installer
00:51ce débat sur les violences dans
00:53toutes les strates de la société, qu'elles soient
00:55économiques, et puis aussi
00:57toutes les formes de violences, les violences physiques
00:59et psychologiques aussi. C'est à un moment donné
01:02la série prend un virage où on a un personnage
01:05qui va nourrir ce débat-là et qui souffre de violences psychologiques
01:10dans un milieu assez bourgeois d'ailleurs.
01:12C'est sans doute les pires. C'est comme les enfants battus en fait.
01:16Quand il y a des coups on sait mais quand il n'y a pas de coups et quand c'est insidieux et quand ça grignote le cerveau sur un nombre d'années, j'ai l'impression que c'est ce qu'il y a de pire.
01:25Et ce qui est vraiment intéressant c'est qu'on suit cette histoire sous le point de vue d'une femme
01:30qui elle-même n'est pas victime.
01:33Et ça aussi c'est intéressant parce que du coup on se met à votre place finalement en tant que téléspectateur et on se pose la question mais moi-même qu'est-ce que j'aurais fait dans cette situation-là si j'avais un proche, une amie qui était victime de violences et puis que je voyais que finalement la police ne peut rien faire pour elle.
01:48Qu'est-ce que je ferais moi-même ?
01:50Bah oui elle constate que les mesures d'éloignement ne sont pas respectées, elle constate plusieurs choses donc d'un seul coup elle bascule et on se pose la question.
01:59On ne sait pas en fait, on ne sait pas si on touchait un de nos enfants ce qui se passerait si...
02:04Et oui c'est des questions qu'on peut se poser, c'est sûr.
02:07Comment vous vous êtes préparée pour ce rôle tellement particulier Valérie Bonneton ? Est-ce que vous avez rencontré...
02:12Je crois qu'on ne se prépare pas à un rôle comme celui-là, je ne sais pas.
02:15Je ne sais pas si on se prépare.
02:16D'abord ça a été merveilleux de rencontrer Akim parce que c'est pas toujours comme ça mais il est venu chez moi, on a beaucoup parlé et ça c'est très agréable parce que c'est pas toujours comme ça.
02:28Et puis surtout on est allé rencontrer les femmes dans les associations alors je me suis dit bon bah oui mais pas d'a priori, je ne savais pas.
02:37Ça a été un vrai choc en fait de rencontrer ces femmes comme en jouant dans la série d'écouter ces femmes, d'être avec elles.
02:44Ça a été un choc de voir concrètement ces douleurs, ces femmes qui ne s'en sortent pas et le courage de porter plainte et le courage d'aller dans ces associations.
02:55Et mon dieu mais heureusement il y a ces associations qui sont extraordinaires, qui sont fabuleuses parce qu'on se dit bah la justice malheureusement avance tellement peu.
03:05L'état, les budgets sont coupés, c'est très compliqué.
03:11Donc quand il y a ces associations, ces femmes, cette solidarité, où est-ce qu'elles iraient ces femmes ? Qu'est-ce qu'elles feraient ?
03:16Il y aurait beaucoup plus de morts, beaucoup plus de suicides.
03:19Donc j'ai eu beaucoup d'admiration en rencontrant ces femmes.
03:25Le personnage de Laura Stern il est assez impressionnant parce qu'elle ne bascule jamais dans la colère, dans la rage.
03:30Elle reste toujours à un niveau du côté de la douceur.
03:34Et pour autant ce combat il va avoir beaucoup d'incidence sur sa vie privée, sur sa vie personnelle avec ses enfants et son mari.
03:39Est-ce que ça c'est des choses qu'on vous a rapportées quand vous avez rencontré les gens des associations ?
03:43Est-ce que ces femmes-là elles ramènent toutes ces douleurs à la maison dans leur vie privée ?
03:47Ça c'est une question qu'on a, c'est marrant que vous posez cette question, elle est très intéressante.
03:51Ce qu'on a posé hier parce que moi je rentre de Metz et Nancy où on a tourné la série.
03:57On leur a montré la série hier et avant-hier avec des salles pleines de ces femmes, de ces associations.
04:03C'était fabuleux et on a posé cette question-là.
04:05Et en fait ça rejoint un peu ce que je disais tout à l'heure, c'est qu'il y a quelques années, il y a 20 ans,
04:10beaucoup de personnes faisaient ce que fait le personnage de Laura.
04:13Et donc du coup empiétaient sur leur vie privée.
04:16Et aujourd'hui elles sont mieux préparées, mais il y a une éducatrice hier qui disait
04:20il est 18h, on doit rentrer à la maison, on finit notre service.
04:24Et à 17h50 il y a une femme qui se présente à l'association, qui appuie sur le bouton,
04:30qui arrive, tous les voyants sont au rouge, on sent que ça va être compliqué.
04:33Et la fille hésite à rentrer ou pas rentrer.
04:36Et puis finalement elle demande de rentrer chez elle, mais on sait qu'au moment où on la laisse partir chez elle,
04:39elle ne va peut-être pas revenir le lendemain, peut-être pas revenir du tout.
04:42Et donc elle dit voilà on rentre à la maison et on vit avec cette chose-là.
04:46Mais je pense que pour les personnes préparées, c'est déjà lourd.
04:50Mais alors pour un personnage comme Laura qui le fait de manière épidermique,
04:54tout paraît évident le fait que sa vie personnelle passe au second plan,
04:58parce qu'à ce moment-là c'est un sacrifice devant l'urgence.
05:01Vous nous disiez Valérie Bonteau en rentaine que vous n'aviez jamais vécu un tournage comme ça ?
05:07Non, jamais, non, non.
05:10C'est-à-dire que je ne savais pas comment j'allais jouer, je ne savais pas,
05:13mais il suffisait d'être là avec elle, j'avais l'impression d'être complètement en immersion.
05:17C'est-à-dire quand on a des femmes comme Catherine Amé,
05:23qui joue Aminata, ou Eva Huo,
05:26qu'on est face à elle, il n'y a pas besoin de faire grand-chose.
05:30On vit la situation, on la vit.
05:33Donc je l'ai vécu, j'ai vécu,
05:36j'ai vécu ces histoires-là pendant deux mois,
05:39et c'était très intense et ça m'a beaucoup, beaucoup remuée.
05:42Parce qu'obligatoirement, quand on regarde cette série, on est très remué,
05:45mais quand on la vit, ça remue beaucoup de choses.
05:48On rappelle quand même qu'il y a une femme sur deux qui a vécu des violences.
05:52Voilà.
05:53C'est très important de nous interpeller sur tout ça.
05:56Moi j'avais un regret en regardant cette série,
05:58c'est que j'ai l'impression que tous les personnages masculins
06:01sont soit des monstres, soit des lâches,
06:05soit ils ont un certain manque de courage.
06:08Même le policier finalement, qui est le personnage le plus positif,
06:12et qui vous aime dans cette série,
06:13finalement il ne fait pas grand-chose.
06:16Alors que les femmes sont toutes globalement plutôt des héroïnes dans cette série.
06:21Est-ce que c'est un retour que vous avez déjà eu sur cette série, Akimis Kher ?
06:24Non, on n'a pas eu ce retour encore,
06:26mais pour vous dire, en vérité, c'est évidemment une question que je me suis posée
06:31quand on me propose le projet, je pense à toutes ces choses-là.
06:34Mais là, clairement, il s'agit de parler de la souffrance des femmes
06:36et de ce qu'elles vivent.
06:38Ce que vous avez dit, qui est extrêmement juste,
06:40c'est que le personnage de Laura, le point de vue de la série,
06:43et c'est un monopoint de vue, Valérie, je pense qu'elle est dans tous les plans de la série quasiment,
06:47enfin en tout cas elle était là tous les jours, à tous les instants,
06:49c'est le parti pris, c'est d'être dans le point de vue d'une femme qui n'est pas victime de violence
06:53pour impacter le spectateur.
06:55C'est vraiment le but, c'est-à-dire que moi quand je regarde la série,
06:58mais quand je regarde ma série,
06:59je me dis qu'elle parle de nous, elle parle de moi, elle parle de vous,
07:02donc elle s'adresse à nous.
07:03Et en fait, elle, ce qu'elle imprègne,
07:06elle s'imprègne de la souffrance des femmes.
07:08Donc la série, c'était la souffrance des femmes,
07:10et le contrepoids,
07:11comment dire, masculin,
07:13c'est pas quelque chose qui a été recherché dans le scénario.
07:16Maintenant, c'est vrai que...
07:17Mais même à la fin, elle n'est pas défendue par un homme, finalement.
07:20Elle est défendue par une femme.
07:22Et jamais les hommes,
07:24on a l'impression qu'ils ne sont jamais du bon côté.
07:27Et ça, je trouve ça un peu dur,
07:29parce que je pense qu'il y a énormément d'hommes
07:31qui sont en soutien aussi de cette cause-là.
07:35Bien sûr, moi, je ne ressens pas ça,
07:36pour le coup, sur le personnage du policier,
07:37parce que lui, il est complètement...
07:40Il amène de la douceur.
07:41Il est là, il amène la douceur, il est là.
07:43Il est là, il ne fait pas grand-chose.
07:45Non, mais il tombe amoureux, il y a quelque chose,
07:46il y a une histoire,
07:47et il ne fait pas grand-chose.
07:49Non, il est présent, il est là,
07:50il apporte cette douceur.
07:52Non, justement, je ne trouve pas.
07:54Je ne trouve pas que ce soit, par exemple,
07:56une histoire de féminisme radical,
07:58ou je trouve qu'il y a un souhait de respect,
08:01de l'autre,
08:02et qui n'est pas respecté par la justice, etc.
08:05Donc, on fait avancer les choses.
08:06Justement, c'est ce qui me plaisait aussi.
08:09Et ça va même plus loin que ça,
08:10parce que les toutes premières phrases,
08:12il y a une phrase qui me marque,
08:14toutes premières phrases de la série,
08:15c'est le récit d'Audrey.
08:18Elle dit, ce qui me fait le plus mal,
08:21c'est que mon histoire d'amour avec mon homme,
08:24je dois la ranger dans une boîte.
08:26Et puis, tu en as une autre qui dit,
08:28c'est vrai que si on ne les avait pas aimés,
08:29c'est qu'on l'a,
08:30ce serait plus simple.
08:31Mais ça prouve qu'en fait,
08:33il y a une histoire d'amour,
08:35sauf que la souffrance,
08:36la violence,
08:37efface tout ça.
08:38Et il s'agit de parler de ça à ce moment-là.
08:40L'affaire Laura Stern,
08:42vraiment,
08:42allez voir cette série
08:43qui est disponible demain
08:44sur HBO Max
08:45avec Canal+,
08:46et puis bientôt aussi sur France.tv.
08:49Elle sera diffusée aussi sur France.tv.
08:5019 février.
08:51Cette série,
08:52on vous la recommande
08:53vraiment, vraiment chaudement.
08:54Allez, dans un instant,
08:55on va parler sport
08:55avec Sacha Nokovic.
08:57A tout de suite sur Europe 1.
08:58Sous-titrage Société Radio-Canada
08:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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