Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 heures
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00A la une, bien sûr, c'est l'Iran, le régime iranien toujours sous pression.
00:04Hier, les forces armées iraniennes disaient d'être en état d'alerte maximale
00:09face à une éventuelle attaque américaine.
00:11Et dans ce contexte, l'Iran doit débuter ce dimanche un exercice naval d'envergure.
00:16Une véritable démonstration de force, dit le régime.
00:21Soyons prudents, on connaît la propagande du régime iranien,
00:25alors que le guide suprême iranien, l'Ayatollah Khamenei,
00:28a assuré ce dimanche que toute attaque américaine contre son pays
00:32déclencherait une guerre régionale,
00:35au moment où le président américain Donald Trump menace de recourir à la force.
00:38Je vous propose d'écouter le sujet de Matisse Lang.
00:41C'est dans cette zone commerciale stratégique,
00:43où un cinquième du pétrole mondial transite,
00:45que ces opérations militaires doivent avoir lieu.
00:48Plusieurs bâtiments de la marine iranienne doivent donc s'y déployer,
00:51explique David Rigulero, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique.
00:55Ce sont essentiellement des vedettes rapides, lance-missiles.
00:58Il n'y a pas de bateau de grand gabarit.
01:00Ce sont des exercices supposés à tir réel.
01:02C'est ça qui confère évidemment le caractère particulièrement sensible de la situation,
01:07pour s'entraîner dans la perspective d'une confrontation éventuelle.
01:11En tout cas, ce sont des exercices qui sont toujours très sensibles.
01:14Ces manœuvres, elles ont été autorisées par les Etats-Unis,
01:17ce qui n'est pas étonnant pour celui qui est également rédacteur en chef de la revue Orient Stratégique.
01:21Il y a une concentration de satellites sur le Golfe qui est très importante,
01:25il y a les drones et donc c'est aussi une opportunité, bien sûr,
01:29pour les forces américaines d'évaluer le périmètre et le format des forces adverses.
01:33De son côté, l'US Navy a déployé une dizaine de navires ces derniers jours dans la région,
01:37dont le porte-avions Abraham Lincoln, l'un des plus grands au monde.
01:41Et hier, toutes les chaînes d'information, dont c'est News, nous étions en édition spéciale,
01:46parce qu'il y a eu ces bombardements, du moins ces explosions, un peu partout sur le sol iranien.
01:56Avec énormément de prudence, nous traitions ce sujet,
01:58puisque un monde sépare les interventions des autorités locales
02:04ou du chef des pompiers iraniens qui vous expliquent que c'est une fuite de gaz
02:07et la réalité du terrain, sauf que cette réalité, les informations, nous ne les avions pas.
02:15Et il faut être transparent, honnête avec les auditeurs ou les téléspectateurs,
02:20c'est de dire, il se passe quelque chose,
02:22mais bien malin celui qui peut dire hier soir ce qu'il se passe exactement.
02:29Donc plutôt que d'aller sur la géostratégie fiction
02:31et de faire de la géopolitique fiction, il faut parler du réel.
02:36Et le réel, en revanche, qu'est-ce que c'est ?
02:38C'est un peuple qui est réprimé.
02:40Et plus les jours passent, plus les témoignages se succèdent,
02:44et plus l'horreur se dessine, notamment sur cette répression
02:49par le sang et les larmes d'une population iranienne ô combien courageuse.
02:54Et je vous remercie, maître Degani Hazard, d'être avec nous.
02:58Vous êtes un avocat franco-iranien et vous recensez justement les massacres
03:04qu'il y a pu avoir ces dernières semaines.
03:07Et le régime iranien a promis qu'il y avait eu une répression
03:12contre des terroristes, contre des insurgés.
03:15La réalité, maître, elle est tout autre.
03:17Bonjour.
03:21Bonjour.
03:22Oui, bonjour, maître. Vous m'entendez ?
03:24Oui, très, très bien. Merci beaucoup.
03:25Bonjour et merci de donner la parole pour traiter de la réalité,
03:29comme vous le dites, avec des éléments objectifs.
03:31Oui, en effet, nous recensons avec l'association Nourouse
03:34les exactions depuis un certain nombre d'années.
03:37Et nous avons même mis en place un outil numérique avec un partenaire français.
03:41Elle est tout autre, ce qu'on appelle les émeutiers.
03:43Ce sont des enfants, des femmes, des pères de familles
03:48qui partaient simplement faire entendre leur voix
03:51et qui ont été assassinés à balle réelle.
03:54Ce sont des crimes contre l'humanité, des massacres de masse
03:57et même des crimes de guerre, puisque des forces extérieures sont venues,
04:00sont en force, assister les gardiens de la révolution
04:04pour faire taire cette contestation.
04:10Cette contestation.
04:11Et vous prenez la parole des armées publiquement
04:14et j'ai entendu un entretien absolument passionnant
04:18que vous avez pu avoir avec nos confrères du Figaro
04:21et vous égrainez des prénoms.
04:24Et c'est vrai que cette séquence-là est bouleversante.
04:29Je vous propose d'en écouter une partie.
04:31J'ai fait exprès de prendre des noms de soi-disant terroristes et émeutiers
04:50pour bien montrer le décalage entre le récit et le narratif du régime iranien
04:55et la réalité du terrain.
04:56Mais je vais m'apprendre quelques instants sur le cas particulier
04:59de Mélina Assadi qui avait trois ans.
05:02Il faut savoir que le 28 décembre, vous aviez des manifestations familiales.
05:07Il n'y avait pas une répression à armes réelles.
05:10Donc les gens y allaient en famille.
05:11Ils manifestaient pour dire leur ras-le-bol du régime
05:14et demandaient le changement.
05:18Et en mettant des noms, en racontant ces histoires absolument dramatiques,
05:24j'imagine, maître, que vous souhaitez éveiller les consciences
05:27et réveiller aussi un Occident bien silencieux aujourd'hui.
05:31Oui, en effet, les chiffres sont tellement énormes qu'ils ne parlent plus.
05:35On est tous devant une sidération et puis on se rend compte
05:38qu'il y a une sorte de combat de chiffres entre les uns et les autres.
05:44Et je pense qu'on est bien, je suis même sûr qu'on est bien
05:47en deçà de la réalité qu'on va découvrir au fur et à mesure.
05:50Donc ça touche notre humanité parce que ce n'est plus une question de chiffres.
05:54C'est vraiment l'humanité que ça doit toucher.
05:57Est-ce que c'est normal ?
05:58Je ne dis pas que plus de chiffres grandissent, plus c'est déshumanisant.
06:01Mais c'est tellement sidérant qu'il faut redonner un tout petit peu d'humanité
06:06à ce que nous faisons et faire prendre conscience aux gens.
06:10Il y a de quoi faire, on peut encore agir.
06:12Il n'est pas trop tard.
06:13Et les gens dans la rue en Iran se battent encore.
06:18Est-ce que vous pouvez raconter aux auditeurs, aux Français
06:22qui écoutent attentivement Europe 1 ce dimanche,
06:28comment la répression se traduit dans les faits aujourd'hui
06:34et comment la République islamique des Mollahs
06:36a finalement tué au sens propre comme au sens figuré
06:40cette révolte de la population iranienne ?
06:43Je pense que la manière la plus rapide de le dire,
06:47c'est son discernement.
06:49Avec une brutalité, une cruauté inimaginable.
06:55Quand on parle des chiffres en dizaines de milliers de morts
06:58d'une manière complètement, sans aucune relation entre la personne qui est assassinée
07:05que le fait d'être simplement dans la rue, parfois même de simples passants,
07:11c'est cruel.
07:13C'est inhumain.
07:14Et cette logique de terreur qui enferme la population iranienne,
07:20qui est quasiment otage d'un groupe, d'une groupuscule de personnes,
07:25c'est-à-dire un nombre limité de personnes qui s'enrichit.
07:28Je prenais dans le Figaro que vous citiez tout à l'heure,
07:30l'exemple de l'ogre qui a besoin de sang pour conserver sa stature
07:34et pour élargir son intervention, faire peur.
07:40Et donc pour se protéger quelque part, il monte dans l'escalade.
07:44Il y a d'autres personnes aussi.
07:46Hier, on a été alerté par exemple par des avocats.
07:48J'ai eu des avocats en ligne qui étaient en larmes en disant
07:51qu'on voit les prisons qui sont remplies de personnes,
07:55ils vont les tuer tous.
07:56Faites en sorte que les gens agissent, faites en sorte qu'ils interviennent
07:59parce qu'il n'y a plus de procès, il n'y a plus d'avocats
08:01et quand on va essayer de défendre quelqu'un,
08:03y compris les avocats qui ont été emprisonnés,
08:05on nous met nous-mêmes en prison.
08:07C'est-à-dire qu'il y a une escalade dans la folie,
08:10dans la... je ne sais même pas comment dire.
08:13C'est vraiment...
08:14Vous avez résumé, vous avez parlé de cruauté, d'inhumanité
08:17et de terreur et d'une action sans discernement.
08:20On sait à quel point le quotidien des femmes en Iran
08:23depuis 47 ans est ô combien compliqué
08:28et que ces dernières années,
08:30une femme qui portait mal son voile dans les rues de Téhéran
08:36pouvait, à minima, terminer derrière les barreaux
08:40et au pire, perdre la vie.
08:42Et je pense bien évidemment à Massa Amini.
08:45Aujourd'hui, parmi les révoltés,
08:48parmi cette population courageuse,
08:51il y a eu un soulèvement aussi des femmes iraniennes,
08:55une population qui est extrêmement jeune.
08:57On parle d'une population iranienne
08:59qui a entre moyennes 30 à 35 ans.
09:02Est-ce que cette répression,
09:03elle a aussi touché les femmes ?
09:05Je recevais Sarah Safari ce matin,
09:07qui est une membre de l'association Femmes Azadi,
09:11qui disait qu'elle avait eu des témoignages
09:15de proches de femmes qui ont été tuées, violées
09:19et même il y a eu des sévices corporels.
09:22Est-ce que vous nous confirmez ça, maître ?
09:25À 100% et en Iran, nous vivons un système
09:29de discrimination des femmes
09:31que moi j'assimile à l'apartide sexuelle,
09:34c'est-à-dire une discrimination systémique
09:36du fait du sexe de la personne.
09:38Et cette terrible période que vit aujourd'hui
09:44toute la population iranienne
09:48n'épargne surtout pas encore les femmes
09:51qui non seulement sont arrêtées,
09:53il y a des images terribles qui sont violées.
09:56Et puis il y a un autre fait
09:57qui vous devrez vous marquer,
10:00c'est que toutes les photos qu'on voit
10:02des corps amassés,
10:03on voit très peu de femmes.
10:04Et donc on s'interroge où sont ces corps
10:07et puis on s'imagine et on pense,
10:10et moi je pense sincèrement que
10:11c'est pour pouvoir les ressortir le jour
10:14ou s'il y a un jour, il y a un bombardement
10:16pour pouvoir culpabiliser encore plus les gens
10:19et créer la dissimulation et de la désinformation.
10:23La taqia est institutionnalisée aujourd'hui
10:26dans le pouvoir iranien
10:28et les femmes sont aussi un instrument
10:30de communication
10:31en plus d'être les premières victimes.
10:36Maître Degani Hazard
10:37est notre invité sur Europe 1
10:40pour Elliot de Valais-Vous,
10:4111h-13h en direct sur Europe 1.
10:43Je rappelle que vous êtes avocat franco-iranien
10:45que vous recensez depuis plusieurs semaines,
10:49plusieurs mois,
10:50les exactions et plusieurs années,
10:53pardonnez-moi,
10:54les exactions et la répression
10:56du régime iranien contre son peuple.
10:59Maître, comment vous,
11:01si ça fait plusieurs années que vous le faites,
11:04comment expliquez-vous l'inaction
11:06des cours pénales internationales,
11:09des grandes organisations comme l'ONU ?
11:12Comment expliquez-vous ce silence
11:14pour ne pas dire cette indifférence,
11:17pour ne pas dire peut-être cette peur ?
11:18Vous l'avez dit,
11:21c'est une peur.
11:22Comment je l'explique ?
11:24Je ne l'explique pas.
11:25C'est un manque de courage.
11:27C'est un manque de connaissance de la zone.
11:29C'est un déni de réalité
11:32par rapport à des éléments objectifs
11:34qui font qu'on sait
11:35que dans la constitution iranienne,
11:37dans le préambule,
11:37la notion de djihad totale existe,
11:40djihad international,
11:40et qu'on continue à négocier
11:45avec des personnes
11:45dont le seul objectif
11:49est de détruire notre société.
11:51C'est clairement écrit dans la constitution,
11:53dans le préambule.
11:55Ce fardeau, comme il est décrit,
11:57appartient aux gardiens de la révolution,
11:59qui d'ailleurs,
12:00pour pouvoir mener leurs méfaits,
12:03leurs actions,
12:04sont dotés,
12:05c'est l'article 150 de la constitution,
12:07de moyens économiques personnels
12:10et de moyens spécifiques
12:12pour pouvoir,
12:13d'une manière assez autonome,
12:14avec une armée autonome,
12:15une force de renseignement autonome,
12:17des relais autonomes,
12:19pouvoir non seulement
12:20créer cette terreur en Iran,
12:22mais l'exporter.
12:23On l'a vu à travers ses proxys.
12:24Donc comment je le...
12:26Je ne sais pas comment je le définis.
12:28Pour moi, autre que coupable.
12:30C'est le fait de ne pas agir,
12:32nous emmène quelque part
12:33à être complice quelque part.
12:34On est face à des crimes
12:35contre l'humanité, vraiment.
12:36Je ne vois pas tous ces gens
12:38qui criaient dans la rue
12:39et qui venaient crier
12:42« halte » au massacre,
12:43malheureusement,
12:45se soulever.
12:46Et vraiment,
12:46en général,
12:47moi je ne m'entendrai jamais
12:48faire de la politique,
12:49mais je trouve ça très injuste,
12:52très déshumanisant,
12:52y compris pour ces personnes
12:54qui aujourd'hui ne se soulèvent pas
12:55et se posent la question
12:57de faut-il qu'on agisse ou pas.
12:58On est à quelques mois
12:59des élections.
13:01Je pense que c'est déshumanisant
13:02y compris pour eux.
13:03Maître Degagneza est notre invité
13:06dans ce 11h-13h sur Europe 1.
Commentaires

Recommandations

BFM
il y a 3 heures
Europe 1
il y a 2 semaines