- il y a 21 heures
Avec Marguerite Stern, Auteur de “Les rives contraires : histoire d’une transition politique” aux éditions Magnus
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NewsTranscription
00:00C'est le parcours d'une femme, alors certes, parfois critiquée, parfois adulée,
00:04mais toujours, en tout cas, respectée pour les combats qu'elle a menés ou qu'elle mène encore.
00:08Bonjour Marguerite Stern.
00:09Bonjour, merci de me recevoir.
00:11Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:12Vous êtes essayiste et vous sortez un livre, c'est une grande première pour vous,
00:16auteur de « Les riffs contraires, histoire d'une transition politique »,
00:19c'est aux éditions Manus.
00:20Dans « Les riffs contraires », vous parlez d'une histoire, d'une transition politique.
00:23C'est comme ça que vous le sous-titrez.
00:25C'est un livre d'excuses, quoi, par rapport à ce que vous étiez,
00:27ou c'est un livre de justification vis-à-vis de ce que vous êtes devenu ?
00:31Ni l'un ni l'autre, c'est plutôt une tentative d'explication.
00:35Je remarque actuellement qu'il y a vraiment un mouvement de personnes
00:39qui passent de plus en plus de la gauche vers la droite,
00:42soit par une adhésion vraiment totale envers les valeurs de droite,
00:45soit parce qu'elles sont déçues par la gauche.
00:47Et c'est un parcours que moi-même j'ai suivi,
00:49qui est peut-être un peu exceptionnel par rapport à celui de plein d'autres personnes.
00:53J'ai été activiste fémen, j'ai fait de la prison en Tunisie,
00:56j'ai créé un mouvement de collage contre les féminicides,
00:59je suis allée loin dans mon militantisme,
01:01mais je considère que ce mouvement de droitisation de la société française,
01:05il est quelque part général, pas juste résumable à mon cas.
01:09Et donc j'ai eu envie d'expliquer le mien personnel,
01:12pour peut-être, dans l'espoir de tendre vers un récit un peu plus universel,
01:16et d'essayer d'aider la droite à comprendre pourquoi est-ce qu'on est de gauche,
01:21et d'essayer d'aider la gauche à comprendre pourquoi est-ce qu'on passe à droite.
01:25Mais est-ce que ça veut dire que vous, aujourd'hui, vous êtes en capacité d'assumer,
01:28que vous êtes plutôt une femme de droite, voire autre chose, mais de droite assumée ?
01:33Bien sûr.
01:34Est-ce que vous trouvez qu'aujourd'hui, dans l'espace public,
01:36c'est quelque chose qui est parfois difficile,
01:38c'est une étiquette qui n'est pas, on va dire, facile à porter ?
01:41Oui, et je pense que c'est une des raisons qui fait que je suis restée si longtemps que ça à gauche,
01:45c'est pas l'unique raison,
01:47mais évidemment il y a ce poids social qui fait qu'aujourd'hui, en France,
01:50quand vous êtes à droite, quand vous exprimez des idées parfois étiquetées d'extrême droite,
01:55aujourd'hui, uniquement se positionner contre l'immigration,
01:58ça fait qu'on qualifie tout de suite d'extrême droite.
02:01Et donc il y a ce poids social qui est extrêmement fort,
02:05qui peut vous faire perdre des emplois, des amis, affecter votre vie sociale,
02:10et donc c'est dur à assumer,
02:12mais en même temps il faut le faire de plus en plus,
02:15y compris dans les urnes prochainement.
02:17Vous, c'est ce que vous revendiquez,
02:20et vous expliquez aussi dans ce livre, on va dire,
02:22toute une partie aussi très intime de votre vie,
02:24des choses qu'on ne raconte pas forcément,
02:27ou pour lesquelles il faut forcément du courage pour prendre la plume,
02:30des relations qui vous ont fait souffrir,
02:32des prises de poids excessives, des maltraitances corporelles,
02:35des passages parfois par l'hôpital,
02:37tout cela est raconté vraiment sans filtre.
02:39Vous qui avez l'habitude aussi de raconter à quel point il est difficile
02:43de vivre avec le harcèlement sur les réseaux sociaux,
02:45les attaques dont on peut faire preuve et autres,
02:47pourquoi avoir choisi dans ce livre-là d'exposer tout ça,
02:50alors que vous êtes déjà largement sous le feu des critiques ?
02:53J'ai donc subi un harcèlement massif à partir du moment où j'ai commencé en tant que féministe,
02:58alors que j'étais encore ancrée à gauche,
03:00quand j'ai commencé à m'exprimer contre l'idéologie transgenre.
03:04En 2023, avec Dora Mouto,
03:06nous avons publié un livre qui s'appelle Transmania,
03:08qui s'est rendu à plus de 30 000 exemplaires,
03:10critiquant l'idéologie transgenre.
03:13Et ça a été tout un parcours, effectivement,
03:15de harcèlement extrêmement dur sur les réseaux sociaux,
03:19des menaces de mort extrêmement graves,
03:21qui ont toutes été classées sans suite par la justice.
03:24Et donc, c'est une situation que beaucoup d'entre nous,
03:28disons personnalités de droite,
03:31lanceurs d'alerte de droite,
03:34nous vivons.
03:36Et j'ai eu aussi envie de témoigner de ça,
03:38parce que c'est une réalité,
03:40pour les personnes qui nous écoutent,
03:42vous voyez peut-être plus souvent dans les médias,
03:45sur les réseaux sociaux,
03:46des figures politiques qui ont plus d'audience.
03:49Je ne vais pas en citer,
03:50mais il faut savoir que ces figures politiques-là,
03:53elles sont aussi aidées sur les réseaux sociaux
03:55par plein de comptes d'influenceurs,
03:58d'écrivains, des séistes,
03:59de lanceurs d'alerte,
04:00qui participent à cet écosystème,
04:02et qui, eux, n'ont pas autour d'eux,
04:04disons toute une structure pour les protéger
04:06de ce harcèlement en ligne.
04:07Et donc, nous sommes isolés, quelque part.
04:10Et j'ai voulu témoigner de cette forme de harcèlement,
04:13parce qu'il me semble que c'est un phénomène contemporain,
04:16qu'on voit de plus en plus,
04:18qui abîme réellement,
04:19qui est réellement une forme de violence,
04:21et dont il faut parler, il me semble.
04:23Et puis, on l'a vu notamment chez les plus jeunes,
04:25avec le réseau social TikTok,
04:27qui provoque de véritables ravages,
04:29notamment auprès des jeunes femmes.
04:31On avait les mères,
04:32qui sont à la une du journal Libération ce matin.
04:34Vous décrivez aussi dans votre livre,
04:35et c'est assez facilement de lire sous votre plume
04:37une véritable addiction, en réalité,
04:39à l'adrénaline quand on est engagé,
04:41comme vous avez pu l'être,
04:42notamment, vous parlez de votre parcours de fémin,
04:44notamment à la prison en Tunisie,
04:45puis à l'adrénaline qu'on peut avoir
04:46quand on crée des collages,
04:48avec les poursuites qui peuvent s'en suivre.
04:50Est-ce que cette intensité-là,
04:51désormais, cette violence aussi,
04:52qu'on peut ressentir quand on est engagé,
04:54aujourd'hui, dans une telle cause,
04:56est-ce que ce n'est pas, aujourd'hui,
04:57la base de l'engagement militant,
04:59beaucoup plus que la cause qu'on défend ?
05:01Pour certaines personnes, oui.
05:02Après, moi, j'ai toujours vraiment quand même
05:04fait les choses avec le cœur.
05:07Mes convictions ont quand même
05:08toujours été au centre de mon combat politique.
05:11Mais aujourd'hui, quand on voit
05:12le nombre d'engagements qui se multiplient,
05:15est-ce qu'il n'y a pas la volonté de radicalité
05:17plutôt que la volonté d'exprimer une cause ?
05:20En tous les cas, vous parliez d'addiction,
05:23d'adrénaline, et c'est les termes
05:25que j'emploie dans mon livre.
05:27Moi, je pense qu'on peut réellement parler
05:28d'une forme d'addiction à l'adrénaline,
05:30en tous les cas, dans mon cas,
05:31et je suis sûre que c'est le cas
05:32de plein d'autres personnes.
05:34Et c'est une des raisons aussi qui expliquent
05:35pourquoi est-ce que je suis restée
05:37si longtemps que ça à gauche.
05:38C'est parce que quand vous vivez des actions
05:40d'une telle intensité,
05:41où vous allez, par exemple, mener une action,
05:44enfin, je ne sais pas,
05:45nous, on est allé en Crimée,
05:46la veille de l'annexion,
05:47par Vladimir Poutine,
05:50vous arrivez dans un territoire,
05:51vous avez l'impression que c'est un territoire en guerre,
05:53il y a des hommes en uniforme,
05:54comme ça, c'est extrêmement impressionnant.
05:57En fait, plus vous faites des actions,
05:58comme ça, je fais de la prison en Tunisie aussi,
06:00je fais une action au Maroc,
06:02enfin, c'est assez impressionnant
06:04quand vous vous retrouvez dans un commissariat au Maroc,
06:06un interrogatoire face à des policiers marocains,
06:09ils ne sont pas exactement aussi sympas
06:11que les policiers français.
06:12En effet, vous avez ce truc
06:14où vous avez besoin parfois d'aller toujours
06:17de plus en plus loin pour ressentir des choses,
06:19et c'est un peu au fondement, je pense,
06:21de certaines formes d'activisme.
06:24On parlait de l'adrénaline,
06:26de l'addiction que cela peut provoquer,
06:28est-ce qu'il y a la même chose,
06:29on va dire, du côté de la radicalité de l'engagement ?
06:32Est-ce qu'aujourd'hui, pour se sentir engagé,
06:33on ne doit pas avoir presque une logique
06:35jusqu'au boutiste,
06:36peu importe l'engagement ?
06:38Je ne sais pas trop quoi vous répondre là-dessus.
06:42Ce que je dis dans mon livre,
06:43c'est que j'ai développé cette addiction à l'adrénaline,
06:47et puis aujourd'hui, elle me manque,
06:48aujourd'hui, je ne la ressens plus.
06:49Et pourtant, l'acte le plus radical
06:51que j'aurais pu faire après être allée si loin que ça,
06:54à gauche, ce serait d'aller, disons,
06:56assez loin sur le spectre de droite.
06:58Et je crois que j'y suis arrivée,
07:00et donc, ça pourrait me procurer une forme d'adrénaline,
07:06peut-être parce que c'est un acte radical,
07:07et finalement, je ne la trouve pas, cette adrénaline,
07:11et elle me manque, et je m'ennuie désespérément.
07:14Donc, je ne sais pas si la radicalité
07:17emmène toujours de l'adrénaline.
07:19Mais est-ce que, justement,
07:19sur cette forme de radicalité
07:22que vous reprochez aussi au camp
07:23que vous avez pu quitter dans votre livre,
07:25vous exprimez les excès,
07:26parfois l'aspect sectarisme de certains combats
07:28que certains voient,
07:30notamment dans les derniers que vous avez pu mener,
07:31est-ce que vous comprenez aussi
07:32que ça peut être ce qu'on vous reproche aussi
07:35à vous, désormais, aujourd'hui ?
07:36Parce que, quand on s'exprime beaucoup
07:38dans certains médias, sur les réseaux sociaux,
07:40on peut se dire,
07:40c'est aussi une forme de radicalité,
07:42c'est aussi une forme de voir le monde
07:44d'une certaine façon,
07:45parce que le combat y contribue,
07:47et les fameuses sphères que vous évoquez aussi,
07:49peuvent porter les mêmes idées.
07:51Est-ce que la radicalité n'est pas aussi,
07:53aujourd'hui, on va dire,
07:55quelque chose de fort chez vous ?
07:57Je ne me sens pas radicale aujourd'hui
08:00quand je dis qu'il faut cesser complètement
08:02à l'immigration,
08:03qu'il faut même prôner la remigration,
08:05parce que trop de cultures différentes
08:09cohabitent sur notre sol,
08:11et qu'on voit que ça mène à des violences
08:14qui sont délétères pour notre pays.
08:17Vous savez que même pour certains politiques,
08:19le terme de remigration,
08:20et pour beaucoup de Français,
08:21ça fait penser,
08:22alors je ne vais pas faire le fameux coup
08:24des heures sombres,
08:25mais ça fait penser à des périodes sales de l'histoire,
08:27ça fait penser, on va dire,
08:28à des comportements que beaucoup de gens
08:30n'ont pas du tout envie de se voir reproduire,
08:32surtout parce que la plupart se disent,
08:33on est ici chez nous aussi.
08:34Mais c'est justement ça le problème,
08:36c'est que ça fait penser,
08:37c'est que c'est une histoire d'étiquette,
08:39c'est une histoire d'imaginaire sombre.
08:41Moi, j'ai abandonné la gauche aussi
08:43parce que pour tout ce qu'elle comportait
08:45de mauvais en termes de concepts, en fait.
08:49On ne pense que par des concepts,
08:50par des idées qui sont parfois
08:53un peu déconnectées du réel.
08:55Moi, quand je parle de remigration,
08:56c'est juste parce que j'observe
08:58matériellement, très simplement,
08:59dans la réalité que trop d'immigration,
09:02ça ne marche pas.
09:04Ni eux, ni nous ne sommes contents.
09:06Enfin, je veux dire,
09:07les personnes immigrées disent
09:09qu'elles subissent trop de racisme en France.
09:11Les Français se plaignent de l'insécurité.
09:13En fait, personne n'est content.
09:15Je n'ai pas l'impression
09:15que ce soit si radical que ça
09:18et que ça rappelle spécialement
09:21des heures sombres.
09:22C'est quoi ?
09:23C'est des accusations souvent infondées ?
09:24C'est, on va dire,
09:26de la paresse intellectuelle
09:27quand on essaie de battre vos arguments ?
09:28Oui, et une forme de propagande,
09:30j'ai l'impression.
09:31Vis-à-vis quoi ?
09:32De vos idées ?
09:32Contre vos idées ?
09:33Oui.
09:34Propagande qui viendrait quoi ?
09:36Que des gens de gauche ?
09:36Ou, on va dire,
09:37il ne peut pas avoir une indignation
09:38normale vis-à-vis des idées
09:40qu'on prône d'une partie de la droite ?
09:42Peut-être que des gens de gauche
09:42sont sincèrement choqués
09:44du terme remigration,
09:45que ça fait personnellement appel
09:47à certaines périodes
09:47et que pour eux,
09:48l'idée que ce soit
09:50certaines personnes
09:51venues d'autres pays
09:51qui s'installent en France,
09:52pour eux,
09:53c'est la suite logique des choses.
09:54Il y a des personnalités politiques
09:56qui arrivent parfois
09:57troisième à l'élection présidentielle,
09:58je pense à Jean-Luc Mélenchon,
10:00qui arrivent aujourd'hui
10:00à prener une nouvelle France.
10:02Donc, il y a des gens
10:02qui adhèrent aussi à cette thèse.
10:04Mais moi,
10:04je n'ai pas envie
10:05de cette nouvelle France
10:06et je pense que,
10:07vous savez,
10:07la gauche parle souvent,
10:09brandit souvent
10:10le ressenti
10:11comme argument politique,
10:13les émotions.
10:14Moi, je ne considère pas
10:15que les émotions
10:16doivent être
10:18un argument politique.
10:21Néanmoins,
10:22j'aimerais que,
10:23si on écoute
10:24les ressentis
10:24des personnes de gauche,
10:25j'aimerais bien
10:26qu'on écoute aussi
10:26les ressentis
10:27des personnes de droite
10:28quand elles disent
10:28qu'elles souffrent
10:29de l'immigration,
10:30qu'elles souffrent
10:30de l'insécurité
10:31que cette immigration amène
10:33et qu'elles souffrent aussi
10:34du bouleversement culturel,
10:36de la destruction
10:38de leur civilisation,
10:39en tous les cas,
10:40du changement
10:40de leur civilisation,
10:42qu'elles n'ont pas envie
10:43que la France
10:44se transforme totalement
10:45parce qu'elles ont besoin
10:46d'une continuité,
10:48que quelque chose perdure.
10:50Et je pense que
10:50c'est une souffrance légitime
10:52qu'il faut écouter
10:53et ne pas renvoyer
10:55ces personnes-là
10:55à la cave
10:56en les insultant
10:57parce qu'elles tiennent
10:58à leur pays,
10:58à leur culture.
10:59Sur, justement,
11:00ce débat-là,
11:01on avait hier
11:02Céline Hervieux
11:03qui est une députée de TPS,
11:04on avait Amory Brelet,
11:05un journaliste de Valeurs Actuelles,
11:06et on avait un débat
11:07sur cette une de Marianne
11:08qui, les dernières heures,
11:09a provoqué beaucoup de débats.
11:10C'est une une
11:11qui qualifie la France,
11:12en réalité,
11:12de terre d'asile
11:13pour les déséquilibrer.
11:14Ils prennent l'exemple
11:15du meurtrier de Lola,
11:17de la Petite Philippine.
11:17Ça choquait énormément de gens.
11:19Certains ont trouvé
11:20cette une indigne.
11:21Est-ce que vous trouvez
11:22que quand un journaliste,
11:23un hebdomadaire,
11:24qui plus est plutôt de gauche
11:25comme Marianne,
11:26va sur ce terrain,
11:27c'est quoi ?
11:27C'est un début de victoire
11:28pour vos idées ?
11:30Je ne sais pas.
11:31C'est plutôt un retour
11:33vers le réel.
11:34Et si je me permets de dire ça,
11:35et si je me permets aussi
11:36de m'exprimer, moi,
11:38sur l'immigration,
11:39c'est parce que
11:39je l'ai énormément côtoyée
11:41et plein de types
11:42d'immigration différentes
11:44à différents moments de ma vie.
11:46J'ai été bénévole
11:47dans la jungle de Calais.
11:48J'ai donné des cours de français,
11:49notamment à la communauté soudanaise.
11:51J'ai travaillé pendant deux ans
11:52avec des mineurs isolés
11:53et des demandeurs d'asile.
11:55Et donc,
11:56j'ai pu observer
11:56parmi ces populations-là
11:58qui viennent d'Afrique,
12:00du Moyen-Orient,
12:02d'Afghanistan, du Maghreb,
12:04que ce sont des personnes
12:05qui, en effet,
12:05souvent souffrent
12:06de troubles psychiatriques
12:08dus sûrement,
12:09souvent aux...
12:11Aux conditions de leur migration ?
12:12Voilà.
12:13Et qui créent
12:14de véritables traumatismes.
12:15Et j'y suis sensible.
12:16Et dans mon livre,
12:17je parle de ces personnes-là
12:18avec beaucoup de tendresse.
12:20Et réellement,
12:21je garde de la tendresse
12:22pour eux.
12:22Simplement,
12:23ils n'ont pas le même rapport
12:24que nous à l'autorité.
12:25Ils n'ont pas la même culture.
12:26Ils n'ont rien à faire ici.
12:27Marguerite Stern,
12:27c'est un auteur de
12:28« Les rives contraires
12:29histoire d'une transition politique ».
12:30C'est deux éditions Manus.
12:31Dans votre livre aussi,
12:32vous parlez de votre combat judiciaire
12:34face à SOS Racisme.
12:35Vous dites avoir enfin senti,
12:36je cite,
12:37un cadre étatique.
12:38Est-ce que cela veut dire
12:39que vous,
12:40qui êtes considéré,
12:41une fois de plus,
12:41comme radical,
12:42qui vous battez sur des sphères,
12:43les réseaux sociaux,
12:44on va dire,
12:45dans des sphères parallèles,
12:47parfois,
12:47à ce qui peut être conçu
12:49comme des voies
12:50légales et traditionnelles,
12:51est-ce que vous pensez
12:52quand même que certaines personnes
12:53qui pensent comme vous
12:54peuvent encore se tourner
12:56vers l'État
12:56pour apporter des solutions concrètes ?
12:59C'est-à-dire,
13:00désolée,
13:00je n'ai pas bien compris la question.
13:01Vous dites avoir senti
13:02le cadre étatique
13:03quand vous avez eu
13:04enfin le combat.
13:05Est-ce que cela veut dire
13:05qu'on peut,
13:06en réalité,
13:06quand on partage votre combat,
13:07attendre encore des choses
13:08de l'État ?
13:10Pour moi,
13:10c'est difficile.
13:11Vous savez,
13:12j'ai vécu ce procès
13:13contre SOS Racisme
13:15dans un cadre
13:16où j'étais moi-même l'accusée,
13:18accusée pour des trucs
13:20franchement pas très graves,
13:21enfin trois citations
13:22dans une interview
13:22que j'ai donnée en 2023.
13:24Bon,
13:26toujours est-il
13:26qu'entre-temps,
13:28moi,
13:28il y a des personnes
13:28qui ont publié,
13:29notamment sur le site
13:30Paris Lutte Info,
13:31par exemple,
13:32voilà,
13:32je vais prendre juste
13:33cet exemple-là,
13:34un communiqué
13:35extrêmement bien construit
13:36appelant à nous tuer,
13:38littéralement,
13:39Dora Mouto et moi.
13:41C'est écrit littéralement
13:42noir sur blanc
13:43à plusieurs reprises
13:44de cette façon-là.
13:44Je ne traversis pas
13:46les termes de ces personnes.
13:48Des menaces de mort
13:48et des menaces de mort graves.
13:50Il y en a eu à plusieurs reprises
13:52comme ça.
13:53Jamais la justice
13:54ne nous a écoutés.
13:55Donc,
13:56le cadre étatique,
13:58enfin,
13:58l'État,
13:58en tous les cas,
13:59en ce moment,
14:00je...
14:01la justice française,
14:03disons plutôt,
14:03j'ai du mal à lui faire confiance.
14:06En tous les cas,
14:07elle ne me protège pas.
14:09Elle ne vous protège pas.
14:10Si une jeune femme vous voit,
14:12vous entend ce matin,
14:13fascinée, je ne sais pas moi,
14:14par ce monde d'engagement,
14:16par le monde des fémenes,
14:17par le monde du collage,
14:19et vous demanderez aujourd'hui,
14:21si elle vous demandait aujourd'hui,
14:23cette personne,
14:24si elle devait elle-même s'engager,
14:25suivre un peu votre parcours,
14:27qu'est-ce que vous lui recommanderiez ?
14:29Non,
14:29je ne suis vraiment pas là
14:30pour donner des conseils.
14:32La seule chose que j'aimerais
14:33dire aux gens qui nous écoutent,
14:36c'est plutôt de...
14:37Enfin,
14:38je ne veux pas dire aux gens,
14:41je ne veux pas faire une injonction
14:42à s'engager absolument.
14:43Il se trouve que moi,
14:44la chose publique est quelque chose
14:46qui me passionne,
14:48qui me fascine,
14:48et que je trouve extrêmement importante.
14:50Mais la seule chose que j'aimerais dire
14:51aux personnes qui nous écoutent,
14:53c'est, s'il vous plaît,
14:53ne vous fermez pas.
14:55Comme moi,
14:55je l'ai fait à une époque.
14:56Moi,
14:57quand j'étais à gauche,
14:58je combattais la droite
14:58sans même savoir ce que c'était.
15:00Je n'avais jamais lu un papier
15:02de Valeurs Actuelles,
15:03par exemple.
15:04Je n'avais jamais écouté
15:05un entretien de Julien Rochedi
15:07ou de Damien Rieux.
15:09Et en fait,
15:10ça m'a beaucoup enrichie
15:11d'aller voir
15:12ce que disaient des personnes
15:14avec qui,
15:14a priori,
15:15je n'étais pas d'accord.
15:16Il se trouve que
15:16quand je les ai écoutées,
15:17finalement,
15:18j'étais d'accord.
15:18Et c'est ce que je continue à faire
15:19maintenant que je suis à droite.
15:21J'écoute beaucoup
15:21ce que dit la gauche.
15:23Et donc,
15:23j'invite simplement plus
15:24les personnes à ça.
15:26Enfin,
15:26pas juste à l'action,
15:27mais à écouter.
15:28Marguerite Stern,
15:29auteure de
15:29Les Rives Contraires,
15:30histoire d'une transition politique.
15:32C'est donc aux éditions Magnus
15:33qu'on peut se procurer ce livre.
15:34Merci beaucoup d'être passé
15:35par le studio de Sud Radio
15:36ce matin.
15:36Dans un instant,
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