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🌍 Accord UE–Mercosur : des promesses commerciales largement surestimĂ©es ?

📉 PrĂ©sentĂ© comme un levier majeur pour les exportations europĂ©ennes, l’accord UE–Mercosur pourrait en rĂ©alitĂ© gĂ©nĂ©rer des gains Ă©conomiques bien infĂ©rieurs aux attentes, pour la France comme pour l’ensemble de l’Union europĂ©enne.

🔍 Pourquoi les bĂ©nĂ©fices sont exagĂ©rĂ©s
‱ La concurrence chinoise s’est massivement imposĂ©e en AmĂ©rique du Sud 🇹🇳
‱ Le Mercosur pĂšse encore peu dans le commerce extĂ©rieur de l’UE (≈2%)
‱ La classe moyenne sud-amĂ©ricaine n’a pas connu l’essor espĂ©rĂ©

đŸ‡«đŸ‡· Un Ă©quilibre français fragile
‱ ExcĂ©dent commercial portĂ© par quelques pays (Argentine, BrĂ©sil)
‱ FiliĂšres agricoles sensibles exposĂ©es (bƓuf, volaille, sucre) 🐄
‱ OpportunitĂ©s concentrĂ©es sur vins, spiritueux et industrie

⚠ Un accord arrivĂ© trop tard
‱ La Chine capte dĂ©jĂ  prĂšs d’un quart des importations du Mercosur
‱ Risque de contournement via des plateformes industrielles locales
‱ DĂ©calage entre le calendrier politique et la rĂ©alitĂ© Ă©conomique

🎯 Conclusion
Dans un contexte de guerre commerciale et de recomposition gĂ©oĂ©conomique, l’accord UE–Mercosur apparaĂźt comme un pari tardif aux retombĂ©es incertaines.

#UEMercosur #CommerceInternational #GĂ©opolitique #ÉconomieMondiale #UnionEuropĂ©enne #France #ConcurrenceChinoise #Agriculture #Industrie #LibreÉchange

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Transcription
00:00Les gains inspirés de l'accord entre l'UE et le Mercosur sont surestimés.
00:13C'est vrai pour la France, mais aussi pour l'ensemble des pays de l'UE, y compris l'Allemagne,
00:18car les effets stimulants attendus sur les exportations négligent deux éléments fondamentaux.
00:24Le premier tient à la montée en puissance de la concurrence chinoise en Amérique du Sud
00:29entre le début des discussions en 1999 et aujourd'hui.
00:35Le second, l'émergence puis la consolidation d'une classe moyenne dans les pays du Mercosur
00:41restent largement en deçà des attentes.
00:44Les pays de l'UE et du Mercosur regroupent 731 millions de consommateurs
00:49et génÚrent prÚs d'un cinquiÚme du PIB mondial.
00:52Sur le papier, il s'agit d'un marché considérable.
00:57Pourtant, ces deux ensembles éloignés géographiquement commercent relativement peu entre eux.
01:03Le Mercosur représente à peine plus de 2,1% des exportations de l'UE.
01:08Le traité vise précisément à intensifier ces échanges en supprimant plus de 90%
01:13des droits de douane appliqués aux produits circulant de part et d'autre de l'Atlantique.
01:17Pour la France, les échanges avec le Mercosur se traduisent par un excédent moyen
01:22proche de 640 millions d'euros sur les trois derniÚres années,
01:27principalement portés par le solde favorable avec l'Argentine
01:30et dans une moindre mesure avec le Brésil et l'Uruguay.
01:35Cette balance commerciale reste toutefois déséquilibrée
01:37entre biens non agricoles et agricultures,
01:39avec des fragilités clairement identifiées.
01:43BƓuf, volaille, porc, sucre.
01:47Certes, la concurrence sera strictement encadrée par des quotas.
01:53Mais il suffit de peu pour qu'une filiÚre déjà fragilisée vacille et soit emportée.
01:58À l'inverse, les vins, fromages et spiritueux,
02:01aujourd'hui frappés par des droits de douane compris entre 25 et 35%,
02:04devraient en bénéficier.
02:06Il en va de mĂȘme pour l'essentiel des produits industriels.
02:10Bruxelles estime qu'un investissement des barriĂšres douaniĂšres
02:12pourrait accroßtre le PIB de l'Union européenne
02:15de 77,6 milliards d'euros Ă  l'horizon 2040.
02:20C'est précisément là qu'est en partie l'illusion.
02:23La Chine a pris d'assaut l'Amérique latine en général
02:26et le Mercosur en particulier.
02:29Peu aprÚs son entrée à l'OMC,
02:30l'empire du milieu restait un fournisseur marginal,
02:33représentant à peine plus de 7% des importations de la zone.
02:3620 ans plus tard, cette part approche désormais le quart.
02:41La trajectoire est inverse pour l'Union européenne
02:44qui perd progressivement du terrain.
02:46La France n'était pas exception.
02:49Le Made in China entre de plus en plus en concurrence
02:52avec les productions européennes sur ses marchés,
02:55qu'il s'agisse des machines d'équipement,
02:57de l'électronique, des télécommunications
02:58ou de l'automobile.
03:0090% des véhicules électriques vendus au Brésil
03:04sont chinois.
03:06Au moment frontal, la concurrence se durcit également
03:09dans la pharmacie et la chimie de base.
03:12Compte tenu des écarts de compétitivité,
03:14les produits chinois resteront attractifs
03:16mĂȘme si les produits europĂ©ens sont exonĂ©rĂ©s
03:18de droits de douane.
03:20Pire encore, les industriels chinois
03:23pourraient implanter des plateformes d'assemblage industriel
03:26de sous-ensembles fabriqués en Chine,
03:29comme ils l'ont déjà fait au Mexique,
03:30afin de bĂ©nĂ©ficier d'une main-d'Ɠuvre abondante,
03:33bon marché, puis exportée vers l'Europe
03:36sans droits de douane.
03:38Le Mercosur devait également devenir
03:40un nouvel Eldorado grĂące Ă  l'essor d'une classe moyenne.
03:43Or, les deux principales économies de la zone
03:45montrent l'inverse.
03:47La progression du PIB par habitant au Brésil
03:49comme en Argentine connaĂźt des Ă -coups
03:52et leur vol d'une classe moyenne
03:53financiÚrement capable d'acheter des produits européens
03:56n'ayant rien garanti.
03:58L'accord avec le Mercosur arrive trop tard.
04:02Dans un monde qui s'accélÚre,
04:04les négociations peuvent rapidement devenir obsolÚtes.
04:07C'est pourquoi les gains inspirés par l'Europe
04:09et par la France en particulier
04:11risquent de décevoir.
04:13Sous-titrage Société Radio-Canada
04:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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