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  • il y a 2 mois
Tous les soirs, les chroniqueurs du 20h BFM font leur choix dans l'actualité.

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00:00Didier François, votre choix ce soir, c'est donc évidemment de nous reparler de la libération de Boilem.
00:06Sans ça, l'écrivain franco-algérien qui aura passé quasiment, à quelques jours près, un an en détention.
00:11Oui, puisqu'il a été chopé le 16 novembre l'année dernière.
00:13Absolument. Un an de blocage, un an de négociation et finalement une libération aujourd'hui.
00:20Il est attendu dans les minutes qui viennent du côté de l'Allemagne.
00:22C'est ça, l'avion arrive.
00:24Sur l'Allemagne. Pourquoi finalement aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a débloqué les choses ?
00:28Alors d'abord, il a fallu régler... D'abord, il a fallu une orientation.
00:31Parce que l'air de rien, le problème de Boilem sans salle, c'est qu'il était en fait prisonnier.
00:38Alors évidemment, des Algériens qui ont la responsabilité de l'avoir arrêté.
00:41Tout ce qu'on veut, enfin, on ne va pas revenir là-dessus.
00:42Ils ont décidé de l'arrêter parce que c'est un régime quand même qui est un peu particulier.
00:46Mais il était ensuite dans les négociations.
00:49Les négociations elles-mêmes étaient elles-mêmes prises en otage entre les deux politiques intérieures.
00:53On a dans nos relations entre la France et l'Algérie,
00:55alors depuis 1962, mais alors particulièrement depuis un an,
00:59une crise terrible parce que rien n'est serein.
01:03Dès qu'on veut essayer de faire quelque chose d'à peu près normal et d'à peu près équilibré,
01:09alors que ce soit en Algérie ou alors...
01:11Et vouloir discuter avec la France,
01:14on se fait unir par la moitié du régime et du pouvoir
01:16qui a toujours utilisé les attaques contre le chiffon du parti de la France,
01:24de l'influence de la France, etc.
01:26Pourquoi ? Parce que c'est un pouvoir qui est arrivé non pas par la Révolution,
01:30comme ils le disent,
01:31mais par un coup d'État dans la Révolution contre les résistants de l'intérieur.
01:35Et donc ils ont cette tare originale et leur seule façon d'exister,
01:39en fait c'est en permanence de donner toute responsabilité de leurs échecs à la France.
01:43Côté français, on a l'inverse, dès qu'on aborde l'Algérie,
01:47pareil, on a les poils qui se risquent pour la moitié des gens
01:51et on a une approche totalement déraisonnable
01:53et alors récemment, en plus extrêmement dure de la part de Bruno Rotaillot
01:58parce qu'en fait ils font de la politique intérieure,
01:59ils ne font pas de la diplomatie,
02:00ils essayent de travailler sur la question...
02:03Et les résultats ne sont pas bons.
02:05Typiquement, si on regarde les résultats sur les OQTF,
02:08depuis qu'il y a ce fameux soi-disant bras de fer,
02:10il n'y en a que 500 qui ont été reprises
02:11alors que c'est sur la même période que l'année dernière
02:14où il y en avait eu 1400.
02:16Donc par exemple, si je caricature,
02:17la libération de Bonhomme Sansal, c'est l'échec de Bruno Rotaillot ?
02:20En tout cas, la politique de Bruno Rotaillot n'a pas fonctionné.
02:24Ce qui a permis ça,
02:26c'est en fait le changement de pied
02:27qui a été pris avec l'arrivée au ministère de l'Intérieur,
02:31entre autres de Laurent Nunez,
02:34qui lui par ailleurs connaît parfaitement les relations,
02:36parce que c'est un ancien responsable des services de renseignement,
02:39des relations avec un régime ultra sécuritaire.
02:41Et sa première déclaration qu'il a faite
02:43lors d'une interview sur France Inter,
02:45c'était de dire
02:45le bras de fer ne fonctionne pas,
02:49il va falloir retrouver d'autres solutions.
02:51Et parallèlement,
02:53ce que les diplomates qui n'avaient jamais lâché l'affaire
02:55ont relancé avec les Allemands,
02:57ça c'était le premier signal un petit peu aux Algériens,
03:00qui eux-mêmes, comme l'a très bien expliqué Yves Réard,
03:03ne pouvaient pas rester bloqués sur cette affaire-là
03:05parce qu'ils ont perdu sur la question du Sahara occidental
03:07et du Maroc,
03:08parce qu'ils se sont fait plomber par les Russes et les Chimaux
03:11au Conseil de sécurité,
03:12alors que c'est leurs alliés,
03:13parce qu'ils ont des problèmes à la frontière, etc.
03:15Donc ils voulaient s'en sortir,
03:16ils ne pouvaient pas faire un cadeau à la France,
03:18il a fallu trouver.
03:21Voilà ce que viennent faire les Allemands ce soir dans cette affaire.
03:23Les Allemands nous ont rendu un fier service,
03:25mais ont aussi rendu un fier service aux Algériens.
03:27En fait, ils nous ont permis,
03:28le président a eu ce mot pour les Allemands qui est réel,
03:31ils ont servi de tiers de confiance.
03:34Ils nous ont permis en fait d'organiser pratiquement
03:39la sortie de Boilem Sansal.
03:41Alors on l'a vu, ça s'est passé vraiment lundi,
03:44quand le président allemand a appelé le président algérien.
03:47Le matin même, on avait eu une interview
03:49du directeur général de la sécurité extérieure
03:51dans les renseignements français qui disaient
03:52que la France était tout à fait prête
03:54à des négociations avec les Algériens,
03:56dès lors qu'ils libéraient nos deux prisonniers
04:00qui étaient sans salle, et ne l'oublions pas,
04:02le jeune journaliste Christophe Ghez qui est condamné.
04:05Mais là aussi, il faut mieux rester discret.
04:07On va attendre.
04:08Il y a normalement un appel le 3 décembre.
04:11Et on espère, en tout cas,
04:12sans être une condition,
04:14officiellement, c'est vraiment important
04:17pour qu'on puisse relancer des discussions
04:19qui sont finalement dans l'intérêt de tout le monde.
04:21Et on attend encore une fois
04:22d'un instant à l'autre du côté de Berlin ce soir.
04:25Réaction Yves et Amélie ?
04:26Ce que je disais, c'est que l'Allemagne
04:29a joué le psy du couple franco-algérien
04:35qui tire de confiance.
04:38C'est exactement ça.
04:39Et heureusement qu'elle est intervenue.
04:41Ce qui serait intéressant, c'est de voir la suite
04:42qui va se passer à Alger pour le régime.
04:46Parce qu'à mon avis, il va y avoir beaucoup de changements.
04:48Je ne suis pas sûr que M. Tebboune reste président.
04:51Vous, vous l'avez bien rencontré.
04:52Oui, je l'ai interviewé il y a deux ans.
04:55Ça, c'est la première des choses.
04:56Et puis la deuxième des choses,
04:57on aimerait que les relations entre la France et l'Algérie,
05:01ça pèse un peu.
05:02Mais est-ce qu'on peut imaginer ce soir précisément
05:06que ce soit une ouverture
05:08et que derrière, on puisse parler de visa, d'OQTF, etc.
05:11En tout cas, c'était le premier pas indispensable.
05:14Le deuxième, ça sera la libération de Christophe Gleize.
05:16Et ensuite, on pourra reprendre, effectivement...
05:20Alors, on ne va jamais faire des slots
05:22et se rouler des pelles.
05:23Enfin, il ne faut pas être connu.
05:25Mais pour faire simple.
05:26Vous n'avez pas imaginé ça.
05:27Mais voilà, comment on soit dans des relations normales.
05:29Les relations étaient bonnes quand j'ai interviewé M. Théboune
05:32avec Emmanuel Macron.
05:35Et à ma première question, M. Théboune me répond
05:37« De toute manière, on a un bail de 132 ans chez vous. »
05:40C'est ça, oui.
05:41Oui, et ça allait bien à l'époque.
05:43Oui, mais c'était il y a deux ans.
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