00:00Et le problème, Yves Tréhard, c'est que quand il neige en France, c'est très vite, et on l'a encore vu ces dernières heures, ça devient très vite une affaire d'État.
00:07Et oui, le général d'hiver, quand il frappe, eh bien évidemment, tout de suite, on se défend, et il peut y avoir des aléas météorologiques contre lesquels on ne peut rien,
00:16mais ça provoque toujours, toujours, toujours des polémiques dans notre pays, et on est là, mais que fait la police ? Que fait l'État ?
00:24Tout de suite, on cherche des coupables, on cherche des responsables. Alors c'est vrai que quand la France est paralysée par un épisode neigeux,
00:33où il fait très froid, eh bien c'est des écoles qui sont obligées de fermer, ce sont des emplois, des entreprises au ralenti, des transports qui ne marchent plus,
00:43et tout de suite, on dit, ah oui, mais la croissance est en perte de vitesse. Bon, malheureusement, il y a aussi l'aspect tragique, et c'est vrai que là, 5 morts, absolument.
00:52C'est quand même, il faut le dire. Alors comment ça s'est passé ces dernières heures ? Le ministre des Transports, Philippe Tabarro,
00:59eh bien a allumé d'une certaine façon l'étincelle ce matin, mais sans être agressif. Regardez, on va l'écouter.
01:06On l'écoute.
01:08Par rapport à cet événement, par rapport à un événement qui a peut-être été un petit peu sous-évalué, je dirais, au niveau de Météo France,
01:15qui a annoncé, par exemple, 3 cm de neige, et on sait que ça a été 8 en Petite Couronne, et à Paris-Intramuros, il a fallu revoir le dispositif.
01:27L'événement a été un peu sous-évalué par Météo France.
01:30Oui, un peu, mais c'est pas méchant. Et qu'est-ce qui se passe ?
01:32Météo France, évidemment, les ingénieurs de Météo France se sont tout de suite cabrés,
01:37ont répondu dans la minute qui suivait. L'épisode de neige du lundi 5 janvier a été annoncé dès samedi.
01:44Eh oui ! Son intensité a été précisée progressivement, y compris dans la journée de lundi,
01:50en raison de la complexité de prévoir ce type de phénomène.
01:53Alors, tout de suite après ça, le ministre des Transports, qu'est-ce qu'il a fait ?
01:59Il a organisé une conférence de presse. Il est revenu sur un ton, qui est d'ailleurs un ton tout à fait sympathique,
02:06mais il a baissé un peu d'infos.
02:08Qu'est-ce qu'il fait ? Lui, c'est un ancien LR, le principe de précaution.
02:14Vous savez, ça a été un principe constitutionnel qui a été créé par...
02:19Attendez, petite pause. Anthony Ferry est avec nous.
02:22Est-ce que Météo France s'est planté hier, oui ou non, sur ce que Météo France avait prévu ?
02:28Sur la neige, non. Météo France, comme on l'a rappelé effectivement avec Yves,
02:32avait particulièrement bien anticipé le phénomène.
02:34Dès samedi, la localisation était connue et la fourchette d'écumul était connue.
02:40Alors certes, on était sur une fourchette haute et on l'a légèrement dépassée.
02:43Là où Météo France, et plus précisément les modèles de Météo France,
02:47ont sous-estimé, voire ont loupé quelque chose hier,
02:50c'est au niveau notamment des Landes, où l'on n'attendait ni de neige,
02:53ni de pluie verglaçante.
02:55Et on a vu le drame qui s'est produit.
02:57Est-ce qu'on peut effectivement accuser, Yves, l'état d'insuffisance ?
03:01Alors, non, on ne peut pas l'accuser d'insuffisance,
03:03mais il y a des politiques qui ont été conduites ces dernières années,
03:07et Philippe Thébarraud n'y est absolument pour rien,
03:10qui ont baissé le budget, et c'est ça le sujet, semble-t-il,
03:14de Météo France, puisque Météo France, en 10 ans,
03:18eh bien, ces subventions ont baissé de 20% avant 2020,
03:23parce qu'il y a un rapport sénatorial qui précise tout ça,
03:27qui a été remis en 2021, et ce rapport sénatorial,
03:31donc, dit que les subventions ont baissé de 20% en 10 ans,
03:35que les effectifs ont été réduits d'un quart,
03:37Météo France, pour ceux que ça intéresse,
03:39c'était ces 3 600 salariés, ce ne sont plus que 2 500 salariés,
03:43et les 2 tiers des centres locaux qui mesurent la Météo,
03:49eh bien, ont été fermés.
03:51Donc, eh bien, d'après une sénatrice qui a participé,
03:55justement, à ces travaux, communiste...
03:57On a fait le choix de dire que, puisqu'on a la technique,
03:59on réduit le personnel, mais on en revient.
04:01Oui, alors, c'est ça, mais ça, c'est tout le sujet,
04:04qui est valable dans d'autres secteurs, d'ailleurs,
04:07c'est qu'on s'est équipé de super calculateurs,
04:10c'est un peu comme dans les renseignements généraux, vous savez,
04:13on s'est dit, mais c'est plus la peine de faire du terrain,
04:16on va faire du renseignement généraux sur les réseaux sociaux,
04:19sur le numérique, mais on a vu que ce n'était pas suffisant.
04:22Donc là, on a beaucoup investi sur les super calculateurs,
04:26on a un peu baissé la garde sur l'affinement des analyses humaines
04:31à partir des données qui étaient données sur les super calculateurs,
04:35et du coup, eh bien, on est arrivé peut-être
04:37à des approximations un peu trop flagrantes.
04:39Du coup, on est revenu en arrière.
04:41En 2023, un budget plus conséquent a été engagé,
04:47et on a essayé de trouver un équilibre,
04:50le bon équilibre entre des super calculateurs,
04:52on a encore investi dedans il n'y a pas très longtemps,
04:54et puis le travail d'ingénieur, le travail humain.
04:57Mais Yves, on en revient à la question que pose Amélie,
04:59d'une certaine manière, tout à l'heure,
05:00est-ce qu'on peut tout demander à l'État ?
05:01Eh bien non, on ne peut pas tout demander à l'État,
05:03parce que d'abord, il y a la responsabilité individuelle,
05:05et on est, c'est vrai, dans un pays qui est biberonné à l'État.
05:10Eh bien non, il faut que chacun soit responsable un petit peu
05:12de ce qui fait de ses actes.
05:15Et il y en a ras-le-bol aussi de l'infantilisation,
05:18qu'on demande à la société, une société qui est super assistée.
05:22Eh bien non, comme on faisait dans le temps,
05:24quand il n'y avait pas les chaînes d'info continue,
05:26quand il n'y avait pas Mathéo France qui était sans arrêt
05:28à toutes les sauces, la météo, il faut le dire,
05:34n'est pas une science exacte, absolument pas.
05:37Et la preuve, c'est qu'en 2023, on n'en a pas parlé,
05:40vous êtes sans doute au courant, mais en 2023,
05:43le 9 janvier 2023 précisément, il y a eu un épisode neigeux
05:47avec beaucoup de glace en Normandie, dans les Yvelines, dans l'Essonne.
05:54Ça n'avait pas été prévu par Météo France,
05:55et pourtant Météo France est un institut compétent,
05:58eh bien la vigilance orange n'a été déclenchée que le lundi matin,
06:03mais eh bien il y a des gens qui ont dormi dans leur voiture,
06:06sur les autoroutes, du dimanche soir au lundi matin,
06:10parce que justement, Météo France était passée à travers.
06:12Mais on sentait aujourd'hui, ce matin,
06:14chez Météo France, cet après-midi en conférence de presse,
06:16que c'était la hantise du ministre des Transports,
06:18d'avoir ces scènes-là, Arnaud Aimé,
06:21vraiment on fait tout pour éviter ça,
06:23et c'est notamment pour ça qu'on dit et on redit
06:25aux téléspectateurs qui nous regardent,
06:27et c'est le message du gouvernement,
06:27si vous le pouvez, demain, si vous êtes dans les départements
06:30concernés par la vigilance,
06:32ne prenez pas la route demain matin.
06:33Oui, les naufragés de la route, c'est vraiment ce qu'il y a de pire,
06:37alors vous me direz, les accidents, c'est ce qu'il y a de pire,
06:39sauf que les naufragés de la route, ça peut concerner
06:41beaucoup plus de monde, il peut y avoir des milliers
06:43d'automobilistes bloqués sur une route,
06:45vous parliez de 2023, il faut savoir,
06:46il y a aussi 2018, sur la N118,
06:49qui est une route en banlieue parisienne,
06:51qui est en pente,
06:52et les pentes, c'est pas très bien quand on manque
06:55d'adhérence, où il y a eu beaucoup de naufragés de la route,
06:57là c'est des milliers d'automobilistes concernés,
06:59et puisque ces automobilistes
07:01ne prévoient à peu près jamais
07:03de l'eau à bord, de la nourriture,
07:05des couvertures, un téléphone chargé,
07:08il n'y a plus grande difficulté pour eux
07:09à supporter cette nuit-là,
07:11donc là, des risques beaucoup plus forts,
07:12avec beaucoup de difficulté des pouvoirs publics
07:14à pouvoir récupérer ces personnes-là
07:16quand toute la route est bloquée.
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