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  • il y a 2 jours

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00:00Europe 1, 10h-11h30, Culture Média, Thomas Hill.
00:05Merci beaucoup d'être avec nous pour la suite de Culture Média.
00:08On est toujours en ligne avec Clémentine Scellarié, Guillaume Labbé là aussi pour le diplôme, la nouvelle série de TF1.
00:15Et alors je voulais que vous restiez pour accueillir mon nouvel invité, un grand homme de théâtre et de cinéma qui a fêté l'an dernier ses 50 ans de carrière, imaginez-vous.
00:24Bonjour Michel Bougenard.
00:25Bonjour, c'est bien, c'est agréable.
00:27Vous me rappelez que je suis très vieux.
00:29Non, mais je vais vous taper dans pas longtemps, ne vous inquiétez pas.
00:32Vous avez commencé très jeune Michel Bougenard.
00:33Oui, très très jeune, il y a deux ans.
00:35Mais c'est ça.
00:36Et vous remontez bientôt sur scène.
00:38Est-ce que je peux embrasser Clémentine d'abord ?
00:40Bah allez-y.
00:41Clémentine, je t'embrasse fort fort fort.
00:44Alors moi aussi Michel, moi aussi, moi aussi.
00:46Vous connaissez bien les...
00:48Est-ce que vous connaissez Guillaume Labbé ou pas encore ?
00:50Non, non, non, non, découvert.
00:51On n'a pas une envie énorme de se connaître, on sent bien là.
00:54Il y a eu un bel échange sur votre pull, Guillaume, pendant les infos.
00:57J'avais une serpillère sur le dos.
01:00Alors que vraiment Clémentine, c'est un mec super, bon.
01:03Non, mais attendez, il est grand, il est beau.
01:05Il est beau gosse.
01:06Il est bien habillé, j'ai envie de le taper lui aussi.
01:08Oui, c'est normal.
01:11Bon, trois comédiens réunis.
01:13L'occasion est assez belle pour évoquer quelques souvenirs.
01:16Vous me direz à chaque fois qui est concerné par les sons que l'on va écouter.
01:20Et voici le premier.
01:29Vous l'avez ?
01:29Ah ouais, ça me fait frisson.
01:32C'est la voix de Patricia Cass qui chante sur la bande originale.
01:35Des misérables.
01:36Oui, absolument.
01:37Avec Jean-Paul Belmondo.
01:39Et deux d'entre vous.
01:39Ah oui, oh là là.
01:41Clémentine.
01:41Oui, Clémentine et Michel.
01:43Clémentine et moi, on est dans le film.
01:44Vous avez joué ensemble dans ce film ou pas ?
01:47Est-ce que vous avez des scènes ensemble ?
01:48Non, on n'a pas de scènes.
01:50On n'a jamais joué ensemble.
01:51On n'a jamais.
01:52Parce que vous avez été dans deux films de Claude Lelouch,
01:56Ensemble et Misérables en 1995,
01:58finalement en 2024.
01:59Oui.
02:00Mais vous ne vous croisez pas en fait.
02:02Non, non, non.
02:03Je le regrette parce que j'adore croiser Clémentine.
02:08Mais ça me fout des frissons moi cette musique et ses souvenirs
02:13parce que je pense à Annie Girardot.
02:15Oui.
02:16Et à cette fameuse scène qu'on a tournée ensemble.
02:21Qui était une très belle scène d'ailleurs.
02:22Moi, je m'en souviens très bien.
02:24C'était bouleversant, bouleversant.
02:25Ce moment était bouleversant.
02:28Il y a tellement de choses à raconter sur cette scène.
02:30Tout ce que j'ai vécu cette matinée-là avec Annie
02:33et la veille et le lendemain.
02:36Avec Claude Lelouch.
02:38Il y a tellement de choses complexes dans cette scène.
02:43Pendant le tournage.
02:44Et à l'écran, on voit bien qu'il se passe un truc.
02:48Je veux dire, elle est bouleversante.
02:50D'ailleurs, elle a le César largement mérité.
02:53Bien sûr.
02:54Pas pour ce film, mais pour elle.
02:57Parce que bon...
02:58Sa carrière, oui.
02:59Oui, parce que c'est Annie Girardot.
03:01Et moi, j'ai eu le privilège d'être là à ce moment-là.
03:05Mais c'est tout.
03:06D'ailleurs, Claude, à un moment donné, m'a dit
03:07arrête de la regarder.
03:11Avec admiration.
03:12Oui, et je me disais, mais tu vas applaudir à la fin ?
03:15N'hésite pas à jouer, comment ?
03:17Parce que c'était fascinant.
03:21Quels souvenirs vous ont regardé, vous, de ce tournage, Clémentine ?
03:24Lequel ?
03:25Des Misérables.
03:27Oh ben, génial.
03:28Mais moi, j'étais pas du tout...
03:30Oui, je me souviens de cette scène.
03:31Je me souviens très bien de cette scène de Michel, avec Annie Girardot,
03:34que j'ai eu la chance de rencontrer dans un autre film,
03:36Les Braqueuses,
03:37à qui j'ai écrit une lettre d'amour de six pages.
03:39Bon, bref, parce que j'étais incroyablement impressionné,
03:43et pour les raisons qu'a évoquées Michel.
03:46Et moi, j'ai un souvenir extraordinaire,
03:49d'abord d'avoir rencontré Claude Lelouch,
03:51dont j'étais totalement amoureuse, évidemment,
03:54parce que c'est un homme passionné,
03:56c'est un homme...
03:58Et j'en suis toujours amoureuse de Claude,
03:59je trouve que c'est un homme hors du commun.
04:01Et je suis aussi amoureuse de sa femme,
04:04Valérie Périn,
04:04qui écrit des romans extraordinaires.
04:08Et je me souviens,
04:09si vous voulez, c'est la vie,
04:11c'est la passion en permanence,
04:13c'est toujours la recherche,
04:14c'est l'écoute des acteurs incroyable,
04:16c'est la...
04:17Je ne sais pas comment dire,
04:18c'est la vie...
04:19Il y a une vibration chez Lelouch
04:21qui est incroyable.
04:22Et puis, je jouais cette enfantine,
04:26je me souviens d'une scène
04:27avec Belmondo,
04:28voilà, mon Dieu,
04:29où on était dans le studio de Lelouch,
04:33dans son studio,
04:33c'est-à-dire Avenue Hodge,
04:34dans le cinéma,
04:35il avait reconstitué
04:37l'endroit où...
04:40Une île, vous savez,
04:41excusez-moi,
04:42parce que j'ai des excuses,
04:43je suis complètement dans les choses,
04:45mais il avait reconstitué
04:46une prison.
04:49Oui, je me souviens de cette scène,
04:50bien sûr.
04:51Voilà.
04:51Et donc,
04:52on était là.
04:53Donc moi,
04:53j'étais hyper appréciée par lui,
04:56mais comme je ne savais pas
04:57ce qu'il allait me dire,
04:58comme souvent fait Claude,
04:59on ne sait pas ce que va dire l'autre,
05:01et nous, on le sait au dernier moment,
05:02donc j'ai réussi,
05:04enfin, j'ai réussi,
05:04j'ai tenté d'oublier
05:05que c'était Belmondo.
05:06Vous êtes formidable dans cette scène,
05:06très ému,
05:07je me souviens.
05:08Et c'était génial.
05:09Et puis,
05:10et puis Lelouch,
05:11si vous voulez,
05:12c'est un,
05:12comment dire,
05:14c'est un provocateur
05:15d'émotions sublimes,
05:18incroyables.
05:19Il n'aime que ça,
05:20il a raison,
05:21et il a fait des trucs
05:22d'aimer,
05:22vivement son prochain film.
05:24C'est un voleur.
05:26C'est un voleur,
05:26c'est ça,
05:27c'est un voleur d'émotions,
05:29un voleur de mots.
05:29Oui, c'est ça.
05:30Et nous, on arrive en disant,
05:32bon,
05:33vole-moi.
05:35Tellement c'est agréable.
05:37Allez, un autre extrait sonore,
05:38écoutez ça.
05:39C'est vrai que Braille 12,
05:40t'es pas très.
05:42Tu cherches du travail,
05:43tu dis,
05:43bonjour monsieur,
05:44je m'appelle Braille 12,
05:45pas très.
05:47Mais de là,
05:47je choisirais maintenant
05:48le France.
05:50Mon fils,
05:51tu t'es trompé.
05:53Tu crois,
05:53il suffit de prendre
05:54le nom des Français
05:55pour que le sang
05:56qui coule dans tes veines,
05:57c'est le sang de la France.
05:59Mon fils,
06:00tu n'as que l'enveloppe,
06:02tu n'auras jamais
06:02la lettre qui est dedans.
06:05À la limite,
06:06c'est timbré,
06:07c'est tout.
06:08C'est Albert,
06:09votre tout premier spectacle.
06:11Non, c'est Les Magnifiques, ça.
06:12Ah bon, c'est Les Magnifiques ?
06:12Oui, c'est mon.
06:13Oui, oui,
06:14mais on pense souvent
06:15que c'est mon premier
06:16parce que
06:17Les Magnifiques
06:17a été un spectacle
06:18complètement dingue
06:19dans ma vie
06:20puisque j'en ai fait
06:21trois versions différentes
06:22avec le temps qui passait
06:23comme un feuilleton.
06:26Moi, ce que je voulais savoir,
06:27c'est qu'est-ce qui vous a poussé,
06:28et qu'est-ce qui vous a décidé un jour
06:30à monter sur scène seul ?
06:33Parce que vous étiez déjà comédien.
06:35Oui,
06:35j'ai travaillé dans une troupe.
06:38C'est deux choses.
06:40D'abord,
06:40les enfants
06:40avec qui je travaillais,
06:42qui étaient des enfants
06:42à la limite de l'hôpital de jour.
06:45Les autres disaient
06:46que j'étais un peu fou.
06:47Moi, je trouvais
06:47qu'ils étaient plus normaux
06:48que les gens dont on dit
06:49qu'ils sont normaux.
06:50j'ai adoré
06:51et j'étais jaloux
06:52de ce qu'ils faisaient.
06:54Jaloux.
06:54Je trouvais tellement beau
06:55ce qu'ils faisaient
06:56et j'ai fait comme eux.
06:58Ils m'ont appris, en fait.
07:00Ça,
07:00et puis,
07:01quand j'ai voulu travailler
07:02sur mes origines,
07:03mes racines
07:04et tout ça,
07:06il se trouvait que dans la troupe,
07:07j'étais le seul
07:07à vivre ça.
07:10Et la troisième chose,
07:11c'est Dario Faux,
07:12qui maintenant est au paradis
07:13des acteurs
07:14et des créateurs,
07:15que j'ai vu
07:16à la salle Gémié
07:17faire une conférence
07:18sur comment jouer seul.
07:20Et j'ai regardé,
07:22j'ai dit,
07:22mais alors c'est possible.
07:24Et je dois dire que
07:26la troisième chose,
07:30c'est que je voulais sortir
07:31de l'image folklorique
07:32des gens de chez moi,
07:34de mon petit peuple.
07:36Ça veut dire
07:37le sentier,
07:38les pantalons,
07:39les chemises,
07:39le couscous,
07:40les boulettes.
07:42On est bien autre chose
07:43que ça.
07:44On est ça aussi.
07:45On a cet humour,
07:47on a cette faconde,
07:48on a tout ça.
07:49mais il y a une tragédie derrière,
07:52il y a des émotions derrière.
07:54Ce garçon qui change de nom
07:55parce qu'il veut ressembler aux autres,
07:58c'est bouleversant pour ce garçon
08:00et c'est bouleversant pour son père.
08:02Imaginez un mec de la campagne
08:03qui monte à Paris
08:05et qui vient voir son fils
08:06et qui découvre que son fils,
08:08il ne veut pas être agriculteur,
08:10c'est dans l'actualité,
08:12parce que c'est la merde.
08:13Il ne veut pas...
08:15Il a changé de nom,
08:16il renie son père,
08:18c'est valable dans tous les milieux.
08:21Moi, je voulais parler aussi de ça.
08:23Je voulais rire, évidemment,
08:24parce que si on ne rit plus,
08:25on est foutus.
08:26Oui, bien sûr.
08:26Et puis, l'humour,
08:28c'est tellement...
08:30Ça appartient tellement aux êtres humains.
08:32Et alors vous, Guillaume Labbé,
08:34parce que vous aussi,
08:34comme Michel Bougenat,
08:35à vos débuts,
08:36vous avez écrit et joué
08:37un seul en scène
08:38qui s'appelait Guillaume Bois-du-Lay,
08:40c'était en 2012.
08:41Quel souvenir vous en gardez ?
08:42Et là aussi,
08:43pourquoi vous vous êtes décidé
08:44un jour à monter seul sur scène ?
08:46C'était mon co-auteur.
08:48C'est marrant,
08:48ça me fait penser à mon co-auteur.
08:49Il s'appelle Inan Çiçek.
08:51Et il a perdu son père.
08:53Son père est arrivé de Turquie.
08:54Il a perdu ses cédilles.
08:56Et en fait,
08:56lui, juste les cédilles sur son nom
08:58que son père a enlevé.
09:00Et donc,
09:00il ne voulait pas qu'on l'appelle Sisek.
09:02Donc, il a ce truc
09:02et c'est une blessure pour lui.
09:04C'est-à-dire,
09:04il a remis ses cédilles.
09:05Et sur tous les scénarios,
09:06il y avait ses cédilles
09:06qui faisaient chier tout le monde.
09:07Un majuscule avec une cédille.
09:08Pour les gravis,
09:09c'est pas fini.
09:16dans l'histoire,
09:18c'était des personnages
09:18qui vivaient l'horreur.
09:19Et de se dire,
09:20en fait,
09:21au moment où on fait l'horreur,
09:22on ne se rend pas compte
09:23à quel point c'est horrible.
09:24Donc, c'était l'esclavagie,
09:25c'était les camps de concentration.
09:26Et de se dire,
09:27comment un stagiaire
09:27qui rentre dans un camp,
09:28comment on le briefe ?
09:29Et en fait,
09:30je jouais ces moments d'horreur
09:31pour dire,
09:32on l'a banalisé avec le temps,
09:33mais en fait,
09:33concrètement,
09:34voilà ce qui se passait.
09:35Et c'était de le faire
09:36toujours avec humour.
09:38Mais moi,
09:38mon expérience,
09:39elle était terrible.
09:39je joue au théâtre en troupe
09:40et d'être seul sur scène.
09:42Les soirs où ça se passe bien,
09:43tu sors,
09:44t'es à ça du sol.
09:44Mais j'étais seul.
09:45Donc, heureusement,
09:46j'avais mon co-auteur.
09:47Et quand ça se passe mal,
09:48c'est terrible.
09:49Bah, t'as envie de t'évanouir, quoi.
09:50Je me suis excusé.
09:51J'ai fait le truc de pire
09:51qu'un artiste puisse faire
09:53avec un public.
09:53À la fin,
09:53je me suis excusé
09:54à la fin de reprise de l'histoire
09:55et mon métaire en scène
09:56n'a dit plus jamais, mon vieux.
09:57J'ai arrêté.
09:58Ça, il ne faut pas dire jamais.
09:59J'avais encore beaucoup d'extraits
10:01pour vous,
10:01mais j'avais oublié
10:02que vous aviez beaucoup de choses
10:03à dire les uns les autres.
10:04Évidemment, on est bavard.
10:05Évidemment.
10:05Mais c'est surtout ma...
10:06Ça, c'est un truc contre moi.
10:07Mais je vais les mettre de côté.
10:08Ah non, pas du tout.
10:09C'est un truc contre moi.
10:10Pas du tout.
10:10Vous savez que j'aime
10:11vous avoir ici.
10:12Mais il ne faut pas m'inviter.
10:14Non, il ne faut pas inviter
10:14trop de monde d'un coup.
10:15C'est ça, mon problème.
10:16Oui, mais si vous voulez
10:16que je m'inviter
10:17pour que je ferme ma gueule,
10:18je ne peux pas.
10:19Ah non, et vous restez avec nous
10:20parce que dans un instant,
10:21on va parler de votre pièce,
10:22Michel Bougenat.
10:23Le temps de remercier
10:23Clémentine Sellerier
10:24et Guillaume Labbé
10:26d'avoir été avec nous ce matin.
10:27Merci à vous.
10:28Ça commence ce soir,
10:2921h10 sur TF1
10:31et on vous le recommande
10:32chaudement.
10:33Allez, on se retrouve
10:33dans un instant sur Europe 1.
10:35Ne bougez pas.
10:36Vous écoutez Culture Média
10:37sur Europe 1,
10:3810h-11h30
10:39avec Thomas Hille.
10:40Et nous ont rejoint
10:41dans ce studio
10:42Olivier Benkemon
10:43pour le cinéma.
10:44Eh bien non, il n'est pas là.
10:45Et Sébastien Bordonna
10:46pour la BD.
10:47Lui, il est à l'heure.
10:48Bravo.
10:49Ça va Sébastien ?
10:49Bonjour Thomas.
10:50Bon, et alors,
10:51on est toujours
10:52avec Michel Bougenat
10:53qui est bientôt sur scène
10:54avec sa pièce
10:54Toute la famille que j'aime.
11:06Et c'est l'affaire
11:07de l'héritage de Johnny
11:08qui a un peu inspiré
11:09quand même l'écriture
11:10de cette pièce
11:11à Sacha Judasco
11:12et Fabrice Donio.
11:14Oui, c'est un prétexte.
11:15C'est un prétexte
11:16de la pièce sur la famille.
11:18C'est vrai que
11:19à la suite d'un quiproquo,
11:21les deux enfants pensent
11:22que le père va les déshériter.
11:23Parce que le personnage,
11:25votre personnage
11:25est complètement dingue
11:26de Johnny, il faut le dire.
11:27Complètement dingue.
11:28Il est dingue de Johnny,
11:28il adore Johnny,
11:29il fait tout comme Johnny,
11:30il s'appelle Jean-Philippe,
11:33ses enfants s'appellent
11:34David et Laura.
11:35C'est ça.
11:38À un moment donné,
11:39il est en plein...
11:40On lui donne
11:41un hallucinogène,
11:42il parle avec Johnny.
11:43ça me fait mourir de rêve.
11:45Il y a un imitateur
11:46qui est venu évidemment
11:47et il lui parle quoi.
11:49Il fait ça va,
11:50ouais, ça va.
11:51J'ai des prêts
11:52avec mes enfants,
11:52je connais.
11:54Et en même temps,
11:57c'est une histoire terrible
11:58parce que c'est en fait,
12:00c'est l'histoire
12:01de trois escrocs,
12:02le père et les enfants.
12:03Parce que le père,
12:04il est...
12:05Et en même temps,
12:06il s'aime.
12:08Donc,
12:09voilà,
12:09c'est...
12:10Bon, la famille,
12:11vous savez,
12:12il y a des gens
12:13qui me disent parfois,
12:14mais ouais,
12:14mais la famille,
12:15tu parles beaucoup
12:16de la famille.
12:16Mais Shakespeare,
12:17il parle que de la famille.
12:19Hamlet,
12:19c'est une histoire de famille.
12:21J'ai joué l'avare.
12:22C'est quoi l'avare ?
12:23C'est pas l'histoire
12:24d'un mec
12:24qui adore son argent,
12:26c'est un mec
12:27qui est malheureux.
12:28Malheureux dans sa famille
12:29et c'est pour ça
12:30qu'il adore l'argent.
12:30Mais c'est le symptôme,
12:31l'argent,
12:32c'est pas la maladie.
12:32La maladie,
12:33c'est le manque d'amour,
12:37là, à la suite
12:38d'un quiproquo tout bête,
12:40ils montent une usine à gaz,
12:41les deux enfants,
12:42pour le faire passer
12:43pour fou.
12:44C'est ça.
12:44C'est le moment
12:45où la pièce bascule vraiment,
12:46c'est quand ils essaient
12:47de faire croire
12:48à une docteure
12:48que leur père
12:49est complètement zinzin, quoi.
12:51Ah oui, oui, oui,
12:51ils font venir
12:52à une psychiatre,
12:53qui est jouée
12:55par Raphaël Ingo Pio,
12:56qui est à mourir de rire
12:58parce que c'est
12:58un psychiatre particulier.
13:00Il faut dire aussi,
13:01avant toute chose,
13:02c'est que les acteurs
13:04avec qui je joue
13:04dans cette pièce
13:05sont Anne-Sophie,
13:07Germannaz
13:08et...
13:09Oh putain,
13:10je suis fatigué.
13:11Et Guillaume...
13:14Bouchède.
13:16Bouchède, voilà.
13:17Qui a eu deux Molières
13:19en deux ans.
13:20Oui.
13:20Pour le second rôle
13:21et après pour le premier rôle.
13:23J'ai une chance formidable.
13:25Je veux dire,
13:25je suis un enfant
13:26de quatre ans avec eux.
13:27Ils sont doués,
13:28mais c'est une honte.
13:29Alors moi,
13:30j'ai envie de les taper aussi.
13:32J'ai hâte de voir
13:32parce que j'ai lu
13:33le texte de la pièce
13:35et je me suis dit,
13:36il va y avoir des moments
13:37où vraiment,
13:38il va y avoir du grand bougenard
13:39parce que là,
13:39ce qu'ils vous font faire
13:40sur scène,
13:41ça va assez loin.
13:43J'espère qu'on va s'amuser.
13:44Je pense qu'en répète,
13:45en tout cas,
13:45vous devez vous marrer.
13:46Oui,
13:46moi j'ai accepté d'abord
13:47parce que ça me fait du bien
13:49de sortir de chez moi
13:50et d'aller dans le jardin
13:51des autres.
13:52Donc,
13:53quand ils m'ont proposé
13:53la pièce,
13:54j'ai dit,
13:54ah,
13:54c'est super.
13:55Et ensuite,
13:57on apprend
13:59quand on travaille
14:00avec les autres.
14:01Quand on sort
14:02de sa solitude
14:03et quand on trouve
14:04des acteurs.
14:05Moi,
14:05quand j'ai joué la VAR,
14:06ça a été un moment
14:06magnifique dans ma vie.
14:08J'adore jouer seul,
14:09c'est pas...
14:10Mais là,
14:11c'est tellement bien
14:11et en plus,
14:13c'est tellement fou,
14:14cette histoire.
14:15Parce que ça ressemble
14:15à Arseney
14:16qui vieille dans elle,
14:17ça ressemble
14:17à tous ces trucs-là.
14:18Ils veulent le faire passer
14:20pour fou.
14:21La psychiatre,
14:21elle lui dit,
14:22à un moment donné,
14:22vous avez de la chance,
14:23il y en a qui veulent le tuer.
14:24Tout ça,
14:26pour récupérer le pognon
14:27parce qu'ils sont sûrs
14:28qu'ils ne vont pas l'avoir.
14:29Sauf qu'à un détail près,
14:31si vous déclarez
14:32votre père fou
14:32pour prendre son pognon,
14:35eh bien,
14:35vous ne l'aurez pas,
14:35le pognon.
14:36Parce qu'il y a un tuteur
14:37qui est nommé.
14:38Et là,
14:39ils veulent revenir en arrière.
14:40Sauf que le père,
14:41il a compris la combine
14:41et il se fait encore plus
14:43passer pour fou.
14:44Ah, moi, j'adore.
14:45Il y a j'adore.
14:45L'arroseur arrosé.
14:47Et puis,
14:47c'est un thème assez universel.
14:49Alors,
14:49la famille,
14:50bien sûr,
14:50mais il faut dire
14:51que dans énormément de familles,
14:52il y a des problèmes
14:53autour de l'héritage.
14:54C'est horrible.
14:56Depuis que je répète cette pièce,
14:58je parle à des copains,
14:59il me dit,
15:00mais attends,
15:00mon cousin,
15:01tu ne peux pas savoir.
15:01Il ne parle plus à ses frères
15:02depuis des années.
15:03L'autre, là-bas, machin.
15:05C'est fou ce que ça provoque.
15:08D'abord,
15:09il y a le choc de la mort.
15:11Je connais même une famille.
15:12C'est étonnant.
15:13Le père,
15:14il a tout prévu.
15:16Avant de partir au paradis,
15:18il a fait un testament,
15:19mais au millimètre près.
15:20pour ne pas qu'il y ait d'histoire,
15:22ok ?
15:23Eh bien,
15:23les enfants se sont quand même disputés
15:25parce que celui-là,
15:26il voulait le stylo
15:26qui restait sur le bureau.
15:28L'autre,
15:28il voulait la montre.
15:29L'autre,
15:29il voulait le portefeuille.
15:30Parce qu'en fait,
15:31c'est symbolique de quelque chose.
15:34C'est symbolique d'une vraie angoisse.
15:35D'abord,
15:37la mort,
15:38et ensuite,
15:40l'appropriation
15:41de la mémoire.
15:44Au-delà de l'objet,
15:45au-delà de l'argent,
15:46au-delà de tout.
15:48Est-ce que j'étais son préféré ?
15:50Ou pas ?
15:51Et donc,
15:52comme on rit beaucoup,
15:53évidemment,
15:54dans ce spectacle-là,
15:54mais ça résonne.
15:56Ça résonne là-dessus.
15:57Ça résonne sur
15:58qu'est-ce que ça révèle
15:59chez les gens
16:00et dans une famille
16:01quand le père s'en va
16:03ou la mère s'en va
16:04et qu'on se retrouve
16:06avec un héritage
16:08dont on ne sait pas trop
16:10comment le manipuler.
16:11Moi, je connais...
16:13J'ai lu un article
16:14d'un garçon
16:15qui a gagné
16:16beaucoup d'argent
16:16dans sa vie
16:17et son frère
16:18qui en a gagné
16:19beaucoup moins.
16:21La maman
16:22ou le papa
16:23va au paradis
16:24et à ce moment-là,
16:25ce qui se passe,
16:26c'est que celui
16:27qui a gagné
16:27beaucoup d'argent,
16:28il veut exactement
16:28la même chose
16:29que son frère.
16:29Alors qu'en fait,
16:31il n'en a pas besoin.
16:33Il est beaucoup plus riche
16:34que son frère.
16:35Vous voyez ce que je veux dire ?
16:35Mais c'est au-delà du besoin
16:36parce que parfois,
16:37il y a des familles
16:37qui se disputent
16:38comme vous le disiez
16:38pour un stylo
16:39ou un paquet de post-it.
16:40Là, vos deux enfants,
16:41d'ailleurs,
16:41il y a vraiment
16:42un gagnant et un perdant.
16:43Il y a un peu de ça aussi
16:44dans la répartition.
16:45C'est-à-dire que le problème,
16:46c'est que elle,
16:47la fille,
16:48elle est extrêmement intelligente.
16:49Elle ressemble beaucoup
16:50à son père.
16:50Mais aucune empathie.
16:51Oui, parce que je joue
16:52à un garçon intelligent.
16:53Sinon, il ne saurait pas
16:54accepter le rôle.
16:55Non, mais ce n'aurait pas
16:56été possible.
16:58Et le fils
16:59qui jouait par Guillaume Boucher,
17:01c'est...
17:02Il est...
17:04Ce n'est pas le plus malin.
17:05Non, il ne l'a pas inventé.
17:06Il ne l'a pas inventé.
17:07Ni le fil à coupé le beurre,
17:08ni le beurre.
17:09Ni le tien,
17:09ni le principe,
17:11même de l'invention,
17:12il ne l'a pas inventé.
17:13Mais il est drôle.
17:14Il est drôle.
17:17Et il sème,
17:17ces gens-là,
17:18en même temps.
17:19C'est des salopards
17:21et il sème.
17:22Il dit,
17:22à un moment donné,
17:25mais oui,
17:26en plus,
17:26on a de la pudeur.
17:28C'est difficile
17:29de dire je t'aime.
17:31Quand on est grand,
17:32on pense qu'on est trop grand
17:33pour dire je t'aime.
17:35si on rencontre quelqu'un
17:37et qu'on lui dit je t'aime,
17:39elle va dire
17:40non, c'est trop tôt.
17:42Ou alors,
17:43merci, c'est gentil.
17:44Ce qui est pire.
17:47Et il dit,
17:48le père,
17:48il dit,
17:49on est manipulateur,
17:50on est voleur,
17:50on est escroc,
17:51on est machin,
17:51vous êtes comme moi,
17:52on est pareil.
17:53Voilà,
17:53on est une belle famille.
17:54Une très belle famille.
17:55C'est drôle,
17:56toute la famille que j'aime.
17:57C'est touchant,
17:59c'est complètement cinglé à jouer
18:00parce que c'est vrai que,
18:02notamment,
18:03au moment où il me drogue,
18:04c'est chaud patate,
18:08et après,
18:08quand je fais semblant,
18:10c'est encore plus drôle,
18:11parce que je fais semblant,
18:13je prends une fourchette.
18:15J'ai dit,
18:15bon,
18:15je vais le signer,
18:16le testament.
18:17Il dit,
18:17papa,
18:18tu as pris une fourchette.
18:18Ah ouais,
18:19pardon,
18:20j'ai pris un stylo.
18:20Et il prend un couteau.
18:21Ça s'appelle toute la famille
18:23que j'aime,
18:24c'est à voir au Théâtre des Variétés
18:25à partir du 23 janvier.
18:26On va citer donc Guillaume Bouchet,
18:28Anne-Sophie Germanas
18:29et Raphaëline Goupillot
18:30qui jouent à vos côtés.
18:32Et je pense que ça va être
18:33un grand,
18:34grand moment sur scène.
18:36Allez voir cette pièce.
18:38On va continuer à en parler
18:38et puis on va jouer
18:39avec un auditeur.
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