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00:00Les représentants d'une trentaine de pays se retrouvent donc aujourd'hui à Paris pour s'emparer du sort de l'Ukraine.
00:05Presque 4 ans après le début de l'invasion en russe, Volodymyr Zelensky retrouve à l'Elysée son homologue Emmanuel Macron.
00:12Il est arrivé il y a quelques instants, vous le voyez ici, accueilli par Emmanuel Macron, le président français,
00:19qui recevait juste avant la délégation américaine Steve Witkoff, Jared Kushner, sont présents à Paris.
00:27Et c'est une première, on va évidemment y revenir dans un instant.
00:30Tous vont échanger dans le cadre de la coalition des volontaires, ce groupe créé en mars 2025 après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
00:38Alors qu'un accord de paix semble se préciser, il s'agit pour ses membres de finaliser aujourd'hui les contributions concrètes de chacun en matière de sécurité.
00:46C'est ce que nous rappelle tout de suite en images pour commencer Olivier Fessol.
00:49Le Canada, la France, mais aussi le Royaume-Uni et l'Allemagne, tous unis pour continuer à soutenir l'Ukraine, malgré les ambivalences américaines sur le dossier.
01:02Créé au printemps dernier à l'initiative de Londres et Paris, la coalition des volontaires rassemble aujourd'hui une trentaine de pays,
01:08surtout des Européens, mais aussi l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon.
01:12Les Etats-Unis ne sont pas partie prenante, mais Emmanuel Macron espère toujours une convergence avec Washington.
01:19Deux émissaires de Donald Trump seront pour la première fois présents à la réunion.
01:24Le groupe est informel, mais plusieurs participants se sont déjà engagés en décembre dernier
01:28à fournir des soldats pour occuper le terrain en cas de cesser le feu entre Kiev et Moscou, le long des 1400 kilomètres de frontières entre les deux pays.
01:36On ignore toujours quelle taille fera ce contingent.
01:39Ce mardi à l'Elysée, il sera question des modalités de cette hypothétique cesser le feu
01:44et des règles d'engagement et de riposte qu'aura cette force multinationale.
01:49Déploiement de drones et images satellites, les moyens techniques pour surveiller la zone de conflit seront aussi à l'étude.
01:55La question des garanties de sécurité est également sur la table,
01:59autrement dit un engagement juridiquement contraignant qui empêcherait Moscou d'enfreindre le cesser le feu.
02:03L'idée serait de s'inspirer de l'article 5 du traité de l'OTAN qui engage l'ensemble des Etats membres en cas d'attaque de l'un d'entre eux.
02:13Et on va aborder le sujet avec notre invité David Cadier.
02:15Bonjour, chercheur sécurité européenne à l'IRSEM, enseignant par ailleurs au Collège d'Europe et à Sciences Po Paris.
02:21Une première question sur cette séquence.
02:24Combien de réunions de la coalition des volontaires on a commenté ici, tenté de décrypter les enjeux ?
02:29Ce rendez-vous est peut-être un peu plus différent que les autres ? Les Américains sont présents ?
02:34Absolument. Ce qui va vraiment être scruté lors de cette réunion, c'est l'attitude des Etats-Unis.
02:38Parce que le positionnement de Washington pose question.
02:41L'administration Trump s'est tantôt saisie, tantôt désintéressée du dossier ukrainien,
02:46tantôt a semblé adopter les vues de Moscou sur le conflit, tantôt a soutenu l'Ukraine.
02:51Et donc il y a vraiment une question de savoir comment aujourd'hui les Américains vont se positionner,
02:55mais également en plus long terme, comment concrètement sont-ils prêts à contribuer à d'éventuelles garanties de sécurité pour l'Ukraine ?
03:02Le fait qu'on les voit juste derrière vous, Jared Kushner et Steve Witkoff soient présents à l'Elysée,
03:06là ils sont en train de participer à un déjeuner de travail avec Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky, c'est bon signe ?
03:12Oui, parce qu'ils ont l'oreille du président Trump qui prend les décisions sur ce dossier.
03:17Jusqu'à maintenant, les Européens parlaient plutôt avec le général Kellogg,
03:20qui était l'envoyé spécial du président Trump pour l'Ukraine,
03:22ou avec Marco Rubio, le secrétaire d'État américain.
03:26Là, vraiment, Steve Witkoff, c'est non seulement le conseil du président Trump,
03:30mais c'est aussi celui qui négocie avec les Russes pour essayer de trouver une base de compromis russo-américaine.
03:35Le fait qu'il soit présent souligne que les Américains sont prêts à davantage se coordonner avec les Européens
03:42dans le cadre de la coalition des volontaires.
03:44Alors, on dit les Européens, mais c'est important de préciser dans le cadre de cette coalition des volontaires
03:48parce que c'est bien plus large que l'Europe, il y a le Canada, il y a l'Australie qui prennent part.
03:54Je vais peut-être reformuler ma question.
03:56Kushner et Witkoff, qui s'assoient autour de cette table aujourd'hui,
04:00il faut quand même l'interpréter comme une réussite de cette coalition des volontaires.
04:04Ça fait des mois qu'ils essayent de convaincre les Américains de ne pas lâcher l'Ukraine.
04:08Oui, c'est un signe positif.
04:11Leur présence, effectivement, confirme que Washington prête attention
04:15et donne du crédit aux initiatives européennes en la matière,
04:20aux leaderships français en la matière.
04:22Néanmoins, il faudra quand même attendre de voir ce qu'ils y lisent autour de cette table.
04:24Leur présence est un point positif.
04:27Mais tant les Européens que les Ukrainiens attendent des engagements concrets de la part de Washington.
04:32Alors, il se trouve que nos confrères de l'agence de presse Reuters ont eu accès au projet de déclaration
04:38de cette coalition des volontaires qui nous dit que les alliés de l'Ukraine sont prêts à adopter
04:43à l'issue de cette journée un système de garantie politiquement et juridiquement contraignante
04:48en cas d'une future attaque armée de la Russie.
04:51C'est ça le principal enjeu, finalement, aujourd'hui.
04:54Alors, c'est un petit peu la nouveauté, puisque lors de la réunion en Floride
04:57entre Volodymyr Zelensky et les émissaires américains,
05:01à l'issue de cette réunion, à la surprise, honnêtement, un petit peu de tous,
05:06Volodymyr Zelensky a signifié que les Américains étaient prêts à envisager
05:10des garanties de sécurité du type de l'article 5 de l'OTAN
05:13qui serait contraignante juridiquement, qui serait ratifiée par le Congrès
05:18en cas d'une nouvelle attaque de la Russie.
05:22Puisque c'est évidemment ce qui préoccupe les Ukrainiens
05:25avant de s'engager dans une négociation, de contempler, d'imaginer des concessions possibles.
05:32Ils veulent s'assurer qu'il y ait des garanties pour que ce qu'ils donnent
05:35dans le cadre d'une négociation ne soit pas pris davantage par la force
05:38après une nouvelle attaque russe.
05:40Donc effectivement, à voir ce que ce mécanisme contraignant,
05:46quelle forme il prendra, dans quelle mesure il sera vraiment mis en œuvre
05:51et en tout cas adopté par tous les pays.
05:54Puisque, vous l'avez souvenu, la coalition des volontaires,
05:56c'est quand même un groupe de pays assez différent, pas simplement européen,
06:00mais également avec des degrés d'engagement divers.
06:02Certains soutiennent le principe de l'aide à l'Ukraine,
06:05mais dans le cadre de cette coalition, se refusent par exemple
06:09à contribuer à une éventuelle force de réassurance multinationale
06:13si elle venait à être déployée après un cessez-le-feu.
06:16Voilà. Justement, ces engagements pourraient inclure l'utilisation de capacités militaires,
06:20le soutien en matière de renseignement et de logistique,
06:22l'adoption de sanctions additionnelles indiquent ce projet.
06:27Et donc cette force multinationale, elle serait inclue aux garanties de sécurité.
06:33C'est ce que nous dit ce document qui a pu être consulté en amont
06:36afin de soutenir, je cite, la reconstruction des forces armées ukrainiennes
06:39et d'appuyer la dissuasion.
06:42Ça va quand même dans le sens des Européens, tout ça.
06:44Si c'est signé, au final, et si c'est validé par les Américains, c'est l'enjeu.
06:47Enfin, on imagine que si un projet, si un tel document comme ça
06:51fut à Reuters au moment où l'on se passe, c'est que c'est en bonne voie, non ?
06:54En général, ce genre de documents sont approuvés à l'avance.
06:57Et donc les réunions des chefs d'État sont là pour les valider et les annoncer.
07:02Donc effectivement, ça va dans le sens de ce que les Européens souhaitaient
07:05puisque depuis plusieurs mois, ils cherchent à renforcer l'Ukraine
07:10à la fois à travers l'entraînement des forces armées ukrainiennes,
07:14l'équipement des forces armées ukrainiennes
07:15puisque les Européens réaffirment que d'une certaine façon,
07:18l'armée ukrainienne sera la première ligne de défense,
07:20la première ligne de dissuasion.
07:23Mais également, ce qui était envisagé, c'est en effet
07:27le déploiement d'une force multinationale.
07:29Et là, le rôle des Américains était scruté à plusieurs égards
07:33puisque les garanties de sécurité américaines
07:36pouvaient prendre la force d'un soutien logistique.
07:38Il y a certaines capacités militaires américaines
07:40dont les Européens ont besoin en termes de renseignements,
07:43en termes de transport de troupes.
07:45Mais ce qui est également peut-être l'enjeu le plus crucial
07:47et sur lequel nous n'avons pas beaucoup d'informations,
07:51c'est l'attitude des Américains en cas d'une nouvelle attaque russe
07:54ou même en cas d'un test des forces russes sur cette force multinationale
07:59qui serait déployée en Ukraine.
08:01C'est ça dont il est question, puisque jamais aujourd'hui,
08:04et c'était l'enjeu de cette coalition des volontaires,
08:06s'assurer que les Américains ne s'éloignent pas trop,
08:09ne partent pas trop loin.
08:10Quand on parle de cette force multinationale,
08:13dans le projet de déclaration qu'on est en train de commenter ensemble,
08:17les questions d'un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu,
08:20le cessez-le-feu évidemment, il y avait, dirigé par les Etats-Unis,
08:24ça veut dire que ça lirait les Européens demain aux Américains
08:29dans cette idée de surveiller que tout va dans le bon sens.
08:32Oui, et surtout ça lirait les Américains à ce conflit,
08:34puisque quand même l'impression qu'a donnée Donald Trump
08:37depuis qu'il est arrivé à la Maison-Blanche,
08:38c'est de souhaiter se désengager de ce conflit,
08:40obtenir un deal, peu importe la forme du deal au début,
08:43c'est l'impression qu'il donnait,
08:45pour en tirer un bénéfice sur le plan symbolique et en politique intérieure,
08:50mais à terme, il semblait souhaiter se désengager de ce conflit,
08:54se désengager même de la sécurité européenne,
08:56en soulignant que c'était un problème sur le continent européen
08:59qui devait donc être géré par les Européens.
09:02Si les Américains s'impliquent dans la vérification du cessez-le-feu,
09:05effectivement, ça les contraint à en être responsable en cas de violation.
09:10Ça vous paraît crédible, David Cadier ?
09:12On commente un document qui n'est pas encore officiel.
09:15Ça vous paraît crédible, vous, que les Américains s'associent à un tel projet ?
09:21Alors, la vérification serait probablement technique.
09:23C'est-à-dire que pour vérifier les violations sur une ligne de front qui est si étendue,
09:29il ne s'agirait pas de déployer des observateurs
09:31comme ça avait été fait après 2014 sous l'égide de l'OSCE,
09:36mais plutôt à travers des moyens techniques,
09:38des caméras, des drones pour vérifier cette vérification.
09:41Ça paraît crédible si les États-Unis engagent leur parole diplomatiquement
09:48pour résoudre ce conflit.
09:49Mais au vu de tout ce qui a été dit par Donald Trump, par ses émissaires,
09:52c'est vrai qu'on n'allait pas dans ce sens-là, jusqu'ici ?
09:56La diplomatie de Donald Trump est plutôt erratique, en effet, jusqu'à maintenant.
09:59Il y a eu beaucoup de revirements.
10:01Et donc, c'est pour ça qu'il faut être prudent, à mon avis,
10:03d'essayer de voir vraiment concrètement ce que ça veut dire
10:06et ce qui peut être remis en cause ou pas.
10:09On va aller demander à Emmanuel Chaz l'avis des Ukrainiens.
10:12Emmanuel, qui est notre correspondante à Kiev d'ordinaire
10:14et qu'on retrouve sur le terrain à Kharkiv.
10:17Bonjour Emmanuel.
10:17Un mot d'abord de ce qui sort d'ores et déjà
10:22de cette réunion de la coalition,
10:25des membres de la coalition et donc de ce document,
10:27de cette déclaration commune qui pourrait être signée d'ici la fin de journée.
10:31Comment est-ce que c'est reçu, perçu en Ukraine ?
10:34Écoutez, Elisabeth, ça fait plusieurs semaines
10:39que les Ukrainiens savent de la part de leur président
10:42que 90% de l'accord est déjà accepté de part et d'autre,
10:48en tout cas sur le principe de cet accord cadre,
10:51mais qu'il reste des détails à finaliser.
10:53Ce sont ces détails, justement,
10:56sur lesquels les Ukrainiens souhaitent avoir des réponses.
11:00On parle évidemment des garanties de sécurité comme le point crucial de ces discussions.
11:06Vous le dit bien, Zelensky a dit à plusieurs reprises
11:09qu'il n'imaginait pas cet accord sans une présence physique
11:12de troupes étrangères pour assurer justement tout cessez-le-feu.
11:18Si cessez-le-feu, il y avait, et c'est un grand conditionnel,
11:21puisqu'ici, les Ukrainiens qui continuent de vivre sous le feu russe,
11:25finalement, ils n'ont pas très foi en toutes ces tractations
11:29tant qu'il n'y a pas de résultats concrets sur le terrain.
11:32Alors, les Ukrainiens à qui j'ai pu parler, évidemment,
11:34ils se réjouissent que ces discussions aient lieu,
11:38mais ce n'est pas tant les discussions avec les alliés européens
11:41qui vont poser question ici.
11:43Ça va être la relation avec Washington,
11:45puisqu'elle a été extrêmement compliquée en 2025
11:48et depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump,
11:52que finalement la réaction russe à tout accord cadre
11:56qui sera présentée à Moscou.
11:58Et de ce côté-là, la confiance des Ukrainiens,
12:00elle est au plus bas, puisqu'ils n'ont pas pour expérience
12:05que la Russie respecte les promesses, les traités,
12:09les accords qui ont été signés par le passé.
12:11Donc, il y a très peu d'espoir de ce côté-là.
12:13Il y a espoir, en revanche, que la pression qui peut être mise
12:17sur la Russie finisse par payer.
12:19Effectivement, David qui a dit, on l'évoquait déjà ensemble
12:23il y a quelques instants, la volatilité de Trump dans ce dossier
12:26et pas que dans ce dossier, laisse les Européens assez circonspects.
12:31On les voit quand même marcher sur des yeux.
12:34On a vu l'attitude des Européens ces derniers jours.
12:36On a beaucoup commenté hier la posture d'Emmanuel Macron
12:38vis-à-vis de la crise au Venezuela.
12:40On voit que les Européens attendent de voir
12:43ce qui va se passer à Washington.
12:45Absolument. Le jeu des Européens, c'est d'essayer de fixer
12:48l'administration Trump dans leur camp d'une certaine façon
12:50sur ce conflit précisément.
12:52Parce que, comme vous l'expliquez, il y a eu un peu
12:54un jeu de balancier de la diplomatie américaine sur ce conflit.
12:56Donc, l'idée, c'est d'ancrer au maximum
13:01l'administration Trump sur leur position.
13:04Mais tel que cela a été mentionné dans votre reportage,
13:07il y a quand même une variable, une inconnue assez fondamentale.
13:10C'est la Russie.
13:11Puisque là, ce qui est en train d'être négocié,
13:12c'est un accord cadre entre Américains et Ukrainiens
13:16avec une contribution européenne.
13:19Mais l'État qui fait la guerre en ce moment, c'est la Russie.
13:22Et donc, un accord de cessez-le-feu devra être adopté également par la Russie.
13:28Et donc, c'est un petit peu, d'une certaine façon,
13:30les limites de cette diplomatie de la navette
13:32conduite par l'administration Trump
13:34qui, tantôt, négocie avec la Russie.
13:37Et on se souvient du plan dit entre Wittkopf et Dimitrieff
13:41qui avait beaucoup inquiété les Européens
13:42puisqu'il semblait faire sienne certaines des positions de longue date de la Russie
13:46qui a été rejetée par les Ukrainiens.
13:48On a même dit écrit par les Russes.
13:50Oui, alors ça avait été un peu exagéré
13:51parce qu'il y a certains aspects de ce plan
13:53qui, en réalité, ne reflétaient pas complètement les positions russes.
13:56Mais ça a été repris suite à l'intervention des Ukrainiens
14:00et des Européens.
14:02Mais ce qui peut arriver maintenant,
14:04c'est que le plan qui va être négocié entre Américains et Ukrainiens
14:08sera rejeté par la Russie
14:09et on reviendra au point de départ.
14:11C'est pour ça que les dynamiques aussi militaires sur le terrain
14:13vont être assez cruciales
14:15pour déterminer les positions des différentes parties
14:18et leur volonté à véritablement s'engager
14:20dans un processus de négociation ou non.
14:22Voilà, l'état d'esprit des Russes, on le connaît pour le moment.
14:26Malgré des pourparlers et des progrès
14:27dans les échanges qu'on vient d'aborder,
14:28Moscou reste évidemment dans une logique de guerre.
14:32C'est ce que nous témoignent de nouveau ces frappes
14:35menées ces dernières heures,
14:37notamment sur la capitale ukrainienne
14:40et un centre hospitalier.
14:42Résumé, regardez.
14:44Deux jours de suite, cet hôpital a été la cible de frappes russes.
14:49A Kersone, le directeur de l'établissement
14:51minimise l'impact de ces attaques
14:53et se veut rassurant sur le fonctionnement du service.
14:58Comme vous pouvez le voir, les fenêtres brisées
15:01ont simplement été recouvertes de panneaux
15:03composés de couches, de lamelles de bois.
15:07Mais tout fonctionne et il fait chaud dans l'hôpital.
15:10Nous avons notre propre chaudière,
15:12donc Dieu merci, tout va bien.
15:16Deux personnes ont été blessées.
15:18Alors qu'à Kiev, ce lundi aussi,
15:20des frappes sur un hôpital ont fait encore plus de dégâts.
15:24Elles ont provoqué un incendie qui a tué une personne
15:26et en a blessé trois autres.
15:27La région de Soumy n'a pas été épargnée non plus
15:31par les attaques de drones.
15:33Pour préserver le moral de sa population,
15:35le président ukrainien lui a dévoilé quelques chiffres.
15:39De nombreuses mesures ont été prises
15:41et elles se montrent très efficaces.
15:44En décembre, 35 000 occupants ont été éliminés
15:46et cela s'est vérifié par des enregistrements vidéo.
15:50En novembre, 30 000 ont été tués
15:51et en octobre, 26 000.
15:53L'augmentation de ce chiffre, chaque mois,
15:56montre que nous avons pris les bonnes décisions.
15:59Près de quatre ans après le début de la guerre,
16:01les habitants gardent toujours l'espoir
16:03que le conflit prenne fin dans les prochaines semaines.
16:06Voilà cette logique de guerre côté russe
16:10dont vous pouvez nous témoigner, Emmanuel Chasse,
16:13vous qui êtes à Kharkiv, à l'est de l'Ukraine.
16:17Pendant qu'on parle, pendant qu'on négocie
16:19et pendant que cette réunion de la coalition des volontaires
16:21va avoir lieu cet après-midi à Paris,
16:23la guerre, elle continue.
16:24Il n'y a pas de répit.
16:25Absolument, il y a quelques jours à peine,
16:30le 2 janvier, ici, en plein centre-ville de Kharkiv,
16:34il y avait un missile qui s'est écrasé
16:36contre un bâtiment résidentiel et un centre commercial.
16:39Il y a eu au moins cinq morts.
16:41Une personne est toujours portée disparue.
16:44C'est pour vous dire qu'ici, les frappes ne s'arrêtent pas.
16:47Hier, elles ont touché des infrastructures énergétiques de la ville.
16:51Je rappelle que Kharkiv, c'est la deuxième plus grande ville d'Ukraine.
16:531,3 million d'habitants, dont beaucoup,
16:56des dizaines de milliers de déplacés internes
16:59qui ont quitté la région, parce que la région,
17:01elle est encore plus exposée.
17:02Autant cette ville, cette grande ville de Kharkiv,
17:05elle vit encore en relative autonomie énergétique,
17:08ce qui permet aux gens d'aller travailler,
17:10d'être au chaud chez eux,
17:11d'avoir de l'électricité la plupart du temps.
17:13Mais il faut s'imaginer que toute la région autour,
17:15elle subit le sort de beaucoup de régions ukrainiennes.
17:18Elle est plongée dans le noir, dans le froid,
17:20suite aux frappes répétées.
17:21Donc, c'est vrai que, depuis le terrain,
17:25pour les Ukrainiens, il est très difficile
17:27de voir une fin à la guerre,
17:31même si, évidemment, personne plus que les Ukrainiens
17:33ne souhaiterait vivre en paix.
17:34En tout cas, ils ne le ressentent pas.
17:36Ils sont en danger permanent,
17:37même lorsqu'ils sont chez eux,
17:38puisque les bâtiments résidentiels
17:40sont également sous le feu russe.
17:44Donc, évidemment, ils suivent ce qui se passe
17:47sur le plan diplomatique,
17:49mais, concrètement, pour l'instant,
17:50pour la population ukrainienne, rien ne change.
17:53Merci beaucoup, Emmanuel, en direct de Kharkiv
17:55pour France 24, où vous êtes mobilisé quotidiennement.
17:59David Cadier, il n'y a pas un décalage
18:00entre ce qui se passe à Paris aujourd'hui
18:02et ce qui se passe sur le terrain en Ukraine ?
18:05C'est un peu le propre, en fait,
18:07des négociations pour mettre fin à des guerres.
18:09Par exemple, la guerre de Corée,
18:10les négociations ont duré pendant deux ans,
18:12alors que les combats continuaient.
18:14Donc, ça arrive, malheureusement, parfois,
18:16effectivement, qu'un processus diplomatique soit enclenché
18:18et que les combats continuent sur le terrain.
18:21Il y a même un risque de surenchères, parfois,
18:22pour faire monter les arguments, les enchères
18:26des uns et des autres.
18:27Ça peut être une tactique de négociation, absolument.
18:29C'est pour ça qu'il est assez difficile
18:30de percer les intentions de la Russie,
18:32puisque, d'un côté, on peut se dire
18:34les demandes de Moscou sont maximalistes
18:36et Moscou continue à bombarder de façon massive l'Ukraine.
18:39Ça peut être vu comme un signe d'un refus de négocier,
18:43le signe que la Russie n'a aucune intention de négocier.
18:45Mais, en fait, ça peut aussi être vu
18:46comme une tactique de négociation,
18:48commencer par des demandes maximalistes
18:49et bombarder l'Ukraine pour mettre la pression sur l'Ukraine.
18:53C'est pour ça qu'il est très difficile
18:54de prédire l'issue de ce processus
18:56tant qu'il n'est pas véritablement enclenché.
18:58On est encore en train de se demander,
18:59à l'heure où l'on se parle,
19:00ce que veulent les Russes, aujourd'hui, vraiment,
19:03après tous ces échanges, ces rendez-vous de proximité,
19:05notamment avec les Américains,
19:06qui sont aujourd'hui à Paris.
19:08Les Américains, ils croient avoir la clé, eux ?
19:10On sait ce que les Russes veulent subjuguer l'Ukraine
19:12et contrôler ses choix politiques et géopolitiques.
19:16La question est de savoir jusqu'où ils sont prêts à aller
19:19et où ils sont prêts à s'arrêter dans ces objectifs
19:23et dans quelle mesure les Européens et les Américains
19:26parviennent à contraindre, à mettre la pression sur la Russie
19:29pour lui signifier que le temps ne joue pas en la faveur de Moscou
19:33et qu'il est donc nécessaire d'engager une négociation en bonne foi.
19:38J'aimerais qu'on commence ce qui s'est passé au Venezuela ce week-end.
19:41La capture, l'enlèvement, la destitution, on l'appelle comme on veut,
19:45de Nicolas Maduro qui a été amené devant un juge hier menotté à New York.
19:52Tout cela, de l'avis de certains, donne des idées à d'autres pays.
19:55La Chine, la Russie notamment,
19:57est-ce que le Venezuela pourrait modifier le cours de la guerre en Ukraine ?
20:01C'est évidemment un événement assez important
20:04mais il est difficile, à mon avis, de tirer une conclusion claire
20:07sur son implication pour la guerre en Ukraine.
20:09D'un côté, effectivement, d'aucuns ont pu s'inquiéter
20:12du fait que cette intervention de puissance désinhibée
20:16en dehors des clous du droit international
20:17semble valider une vision du monde organisée autour de sphères d'influence.
20:22L'hémisphère américain et l'arrière-cours des Etats-Unis,
20:26c'est un peu ce que les Etats-Unis ont dit presque de façon explicite ces derniers jours,
20:30et donc on pourrait penser que cette attitude américaine
20:33pourrait conduire l'administration Trump à valider la vision de Poutine
20:38qui, elle, est de considérer que l'espace post-soviétique
20:41est la sphère d'influence et l'arrière-cours de la Russie.
20:43Vous n'y croyez pas ?
20:44Mais d'un autre côté, le Venezuela était quand même également un allié de la Russie.
20:48Lors des différents votes à l'Assemblée générale de l'ONU
20:52sur la légitimité de l'invasion russe,
20:55la poignée de pays qui soutenaient la position russe,
20:58le Venezuela en faisait partie.
21:00Il y avait un accord stratégique entre le Venezuela et la Russie.
21:03Donc je pense que la Russie a quand même aussi pris note
21:05de cet acte de puissance des Etats-Unis.
21:10Et aujourd'hui même, un compte américain lié à l'État américain,
21:14en russe, a publié une photo de Donald Trump en disant
21:17« Le président américain est prêt à utiliser la force,
21:23le président américain est sérieux, prenez-en note ».
21:26Donc ça peut également, je pense, inciter à une certaine prudence à Moscou.
21:31D'ailleurs, il est assez notable que Vladimir Poutine ne s'est pas encore exprimé
21:35trois jours après sur le Venezuela.
21:37Et ça peut être aussi une façon pour les Etats-Unis
21:40de mettre la pression, en tout cas d'utiliser cette opération
21:44qui a été décidée, à mon avis, sur d'autres considérations,
21:48de mettre la pression sur la Russie.
21:50Ça a toujours été la tactique de négociation de Donald Trump.
21:52Déjà quand il faisait des affaires dans l'immobilier,
21:54commencer par mettre un coup de poing à l'interlocuteur
21:57pour lui couper le souffle et ensuite commencer à négocier.
21:59J'ai envie de modifier à l'interlocuteur, c'est plutôt aux interlocuteurs
22:02parce qu'on a vu la réaction des Européens.
22:04Et j'y reviens, on l'évoquait rapidement tout à l'heure.
22:06Les Européens, les premiers, ont marché sur les oeufs.
22:08Ils ont laissé leur chef de diplomatie condamner la méthode américaine.
22:14Le chef de l'ONU aussi, un Emmanuel Macron
22:16et d'autres dirigeants européens qui sont restés quand même
22:18assez silencieux de peur de braquer Trump
22:21dans cette séquence si importante pour l'Ukraine finalement.
22:24Tout le monde est conscient de l'impétuosité du président américain
22:26et en fait de la personnalisation de la politique étrangère américaine.
22:30C'est un peu ce qui se passe sous Trump.
22:32C'est un peu ce qui se passe d'ailleurs sous beaucoup de leaders populistes
22:35qui centralisent et qui personnalisent la politique étrangère
22:38qui n'est plus vraiment laissé à des diplomates.
22:40On le voit, ce n'est pas des diplomates de carrière
22:43que Donald Trump a envoyés aujourd'hui à Paris.
22:45C'est son gendre.
22:46Ce n'est pas Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine par exemple,
22:48qui est à l'Elysée notamment.
22:49Voilà, alors lui c'est parce qu'il est vraiment concentré en ce moment
22:52sur le Venezuela je pense et sur...
22:53Mais on l'a vu absente d'autres réunions tout aussi importantes
22:56notamment quand il s'agit de discuter avec les Russes.
22:58Il a été plus présent Marco Rubio à partir du moment où il a occupé
23:00les fonctions de conseiller national pour la sécurité adjoint
23:03et donc à la Maison-Blanche et donc proche de Donald Trump.
23:06Et effectivement personnalisation est mise à l'écart des outils diplomatiques
23:12et plutôt en s'appuyant sur des amis, même sur des membres de sa famille.
23:18Donc effectivement de ce point de vue-là,
23:22les Européens sont prudents vis-à-vis de Trump
23:25ne sachant pas quelle va être son humeur du jour
23:29et quelle annonce il va pouvoir faire.
23:30Quoi qu'il se passe d'ailleurs en fin de journée
23:32parce qu'il va y avoir des déclarations, une conférence de presse
23:34qu'on va suivre en direct ici.
23:36Quoi qu'il se passe, quoi que l'on signe, y compris les Américains,
23:41tout pourrait se retourner le lendemain.
23:44Vous vous souvenez peut-être d'une visite de Donald Trump
23:46durant son premier mandat à Paris
23:48qui s'était mal terminée
23:50puisque quelque chose l'avait agacé
23:52et dans l'avion du retour
23:54il s'était fendu d'une série de tweets incendiaires
23:56contre la France et le président français.
23:58Donc il faut être prudent effectivement avec ce président.
24:02Merci beaucoup David Cadi
24:03d'avoir été l'invité de l'info du jour.
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