- il y a 9 mois
Avec Hélène Roger, directrice du plaidoyer du Sidaction
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-01-04##
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NewsTranscription
00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:03Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:18l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:22Aujourd'hui, je reçois Hélène Roger, directrice du plaidoyer.
00:25Elle travaille depuis 20 ans sur les enjeux de santé sexuelle, de prévention du VIH
00:31au sein de SIDAction, en France comme à l'international.
00:35Mais avant d'ouvrir notre conversation, comme chaque semaine, mon édito,
00:39et je vous propose aujourd'hui de nous engager contre les masculinistes
00:42en prenant la mesure d'une dynamique sociale qui aujourd'hui produit des effets toxiques
00:47mesurables sur la sexualité, le consentement et la santé publique.
00:52Le masculinisme n'est ni marginal ni nouveau.
00:54C'est un courant antiféministe structuré, ancien, protéiforme,
00:59qui va des groupes de pères séparés aux incels,
01:01des cauches de séduction aux enfianceurs virilistes,
01:04jusqu'au discours de l'extrême droite.
01:06Le point commun du masculinisme n'est pas la diversité de ses formes,
01:10mais la constance de son récit.
01:12Présenter l'égalité comme une injustice faite aux hommes.
01:15Les données publiques et publiées par SIDAction tout dernièrement
01:19et OpinionWay sont sans appel.
01:21Elles montrent un réel malaise masculin profondément instrumentalisé.
01:26Un homme sur deux estime que la société s'acharne contre lui
01:29et près de 58% juge que le féminisme va trop loin.
01:33Le masculinisme opère un glissement décisif.
01:37Il transforme un sentiment de perte de repère en discours de domination
01:40et une recomposition des rôles sociaux en rhétorique victimaire.
01:44Il ne dit pas aux hommes le monde change, il leur dit on vole quelque chose.
01:48Il ne parle pas d'égalité, il parle de déclassement, de dévirilisation, de menace.
01:54Et cette vision bien sûr n'est pas sans conséquence.
01:56Elle pèse directement sur la manière dont une partie des hommes vivent leur sexualité.
02:0164% d'entre eux déclarent ne plus savoir ce qu'ils ont de droit de dire ou de faire dans leur relation sexuelle.
02:0857% estiment que l'on parle tellement, tellement du consentement
02:12que cela finit par culpabiliser les hommes.
02:1538% considèrent qu'un homme ne peut être tenu responsable
02:18si une femme ne dit pas explicitement non.
02:22Et le lien avec la santé sexuelle est encore plus préoccupant.
02:25Plus d'un homme sur quatre affirme se sentir plus puissant lorsqu'il n'utilise pas de préservatif.
02:31Et un quart d'entre eux estiment que les femmes doivent respecter le choix des hommes qui refusent d'emporter.
02:36Alors ces chiffres, ils dessinent beaucoup de choses.
02:39Mais ils dessinent aussi un recul de la prévention, une prise de risque délibérée, revendiquée
02:44et une confusion dangereuse entre virilité et transgression.
02:48Et ce phénomène touche en priorité les plus jeunes.
02:5066% des 16-34 ans connaissent au moins un influenceur masculiniste.
02:5737% d'entre eux s'exposent à leur contenu, près de 20% de façon régulière
03:02et 43% déclarent y adhérer.
03:05Alors évidemment, s'engager contre le masculinisme, ce n'est bien sûr pas s'engager contre les hommes.
03:10Mais c'est refusé qu'une idéologie anti-féministe vienne fragiliser la prévention,
03:16le consentement et la sécurité des femmes, comme celle des hommes.
03:20C'est rappeler que la liberté sexuelle n'existe pas sans responsabilité
03:24et que la virilité n'est pas un permis de transgresser, ni un droit à l'irresponsabilité.
03:33Aujourd'hui dans la force de l'engagement, je donne la parole à Hélène Roger,
03:39responsable du plaidoyer de CIDAction.
03:42Merci beaucoup d'être avec nous Hélène.
03:44Nous allons parler de santé publique, de prévention, de sexualité,
03:49mais aussi de discours masculinistes toxiques qui inondent les réseaux
03:53et qui ont des conséquences très concrètes sur les comportements et la prévention.
03:57Bonjour Hélène.
03:58Bonjour, merci pour l'invitation.
04:00Alors CIDAction a commandé à l'automne 25 une étude à Opinion Nouée
04:05dans ce contexte très particulier qui est la remontée des discours masculinistes en ligne,
04:11avec une baisse du usage du préservatif sur les jeunes hommes
04:15et une inquiétante croissante par rapport au consentement.
04:18Quel a été, vous, en tant que responsable du plaidoyer,
04:22le vrai système, le premier système d'alerte en découvrant les résultats de l'étude ?
04:26Alors je dirais que l'alerte, elle a été avant même les résultats de l'étude
04:29puisqu'en fait l'étude, on l'a justement commandée à Opinion Nouée
04:32parce qu'on voyait sur le terrain une montée assez forte de ces discours.
04:36On travaille notamment avec un ensemble d'associations
04:40qui en gros se mobilisent sur les cours d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle
04:46et donc qui mènent des cours en système scolaire.
04:50Et donc en fait, on voyait ces discours qui montaient
04:53avec des jeunes hommes qui parlaient des femmes de façon extrêmement dure, voire violente,
04:59avec de la remise en question du consentement, etc.
05:01Et ça, ça a été en plus confirmé par le rapport du Haut Commissariat à l'égalité de début 2025
05:07qui a fait une alerte aussi sur la montée du sexisme et des discours masculinistes.
05:12Donc cette étude, en fait, nous, on l'a faite parce qu'on voulait comprendre un peu plus
05:16à quel point les discours masculinistes pouvaient justement influer sur les hommes en général,
05:23pas que les jeunes puisqu'on est sur les 16-59 ans dans cette étude
05:26et comprendre un peu les mécanismes.
05:29Après, les alertes, pour nous, elles sont, je dirais, à trois niveaux.
05:32Au niveau de la consommation, vous avez rappelé les chiffres,
05:35il y a quand même une consommation qui est quand même assez généralisée,
05:38alors assez inégale en fonction des hommes, des âges, etc.
05:42Mais en tout cas, les hommes connaissent ces discours masculinistes.
05:45Il y a l'adhésion aux thèses et notamment avec cette idée vraiment
05:48que c'est très compliqué d'être un homme, que les hommes sont en danger,
05:51qu'on dit enfin la vérité sur les hommes et les femmes.
05:55Et puis, le troisième, et vous l'avez rappelé aussi, c'est l'impact sur la prévention.
05:59On voit que directement, ça impacte notamment le port du préservatif.
06:03Alors, à l'étude, vous faites référence du Haut Conseil à l'égalité,
06:06c'était l'étude sur le sexisme de l'année dernière.
06:08Et cette année, parce que je fais partie de cet organisme
06:12et j'en suis d'ailleurs la coprésidente de la commission Stéréotypes,
06:15on est en train d'analyser très précisément aussi le focus sur les masculinistes.
06:22Et donc, on produira l'étude dans quelques temps et même assez rapidement.
06:25On parle de ce malaise masculin réel chez cette jeune génération,
06:31et pas que d'ailleurs.
06:33Donc, il est ce malaise qui est récupéré.
06:3464% qui disent ne plus savoir ce qu'ils ont le droit de dire ou de faire sexuellement.
06:39D'après vous, comment vous analysez ce malaise masculin ?
06:42À quel moment il bascule vers un discours idéologique et notamment masculiniste ?
06:49Alors, en fait, le principe même des discours masculinistes,
06:53c'est de s'infiltrer, en tout cas de profiter de moments de fragilité des hommes
06:57pour pouvoir distiller leur discours.
07:01Donc, ça va être des moments, par exemple, de construction, comme l'adolescence,
07:04où on est un peu en construction de soi, de son rapport aux autres,
07:08de sa masculinité, de son rapport aux hommes, aux femmes, etc.
07:10Donc, c'est un moment de questionnement très fort.
07:13Et puis après, ça va être aussi des moments comme, par exemple, les divorces,
07:16les séparations, les difficultés relationnelles.
07:19Et en fait, les discours masculinistes,
07:21vraiment, ils se positionnent sur ces moments de fragilité
07:24pour derrière dire, mais ce n'est pas de votre faute.
07:26C'est la faute de la société, c'est la faute des femmes,
07:28c'est la faute des relations entre les hommes et les femmes.
07:32Et donc, ça n'est pas vous, en tant qu'individu, qui êtes responsable.
07:36Je rajouterais quand même une deuxième chose,
07:37c'est qu'il y a aussi, effectivement, sans doute, un effet un peu sociétal,
07:42puisqu'on voit depuis quelques dizaines d'années des avancées dans les droits des femmes,
07:47qui ne sont bien évidemment pas suffisants.
07:49Mais voilà, l'accès, le droit à l'avortement,
07:52avoir un compte bancaire et ne pas dépendre de son mari,
07:55c'est des choses qui sont, dans l'histoire longue, assez récentes, finalement.
07:58Et on a vu que le démarrage de ces discours masculinistes
08:02est arrivé dans les années 70, avec toutes ces évolutions.
08:06Donc, bien évidemment, qu'il y a aussi un effet de corrélation.
08:09Mais en tout cas, c'est vrai que le discours masculiniste en soi,
08:12il se base sur ces moments de fragilité.
08:15Est-ce que vous pensez que MeToo a accéléré profondément ce mécanisme ?
08:19Alors, il a accéléré, en tout cas, il a mis la lumière sur un certain nombre de choses,
08:23ça, c'est sûr.
08:25Et il a notamment remis en question, effectivement, des pratiques
08:28qui étaient des pratiques qui étaient, on va dire, acceptées
08:32et peu remises en question, notamment des pratiques
08:36de domination des hommes sur les femmes, de rapport au corps des femmes.
08:40Et donc, il a vraiment mis l'accent là-dessus.
08:42Donc, effectivement, il a sans doute concentré des choses,
08:46mais c'est un moment dans une histoire un peu plus longue.
08:48Dans une histoire un peu longue.
08:49Alors, 66% des 16-34 ans connaissent au moins un influenceur masculiniste.
08:5537% consomment leur contenu.
08:58Et 43% de ceux qui y sont exposés adhèrent.
09:04Donc vous, vous avez fait un choix très fort avec cette nouvelle campagne de communication
09:08que j'invite tout le monde, évidemment, à regarder.
09:11Vous avez repris des codes, même de ces discours,
09:13pour faire passer un message de prévention.
09:16Pourquoi ce choix stratégique ?
09:18Et surtout, jusqu'où peut-on aller sans risquer de banaliser ces discours ?
09:22On en parle juste dans quelques instants.
09:24Vous êtes toujours sur Sud Radio, dans la force de l'engagement,
09:42l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
09:46Aujourd'hui, on s'engage contre les mouvements masculinisme
09:49avec Hélène Roger, responsable du plaidoyer de SIDAction.
09:54Alors Hélène, avant cette pause, nous évoquions ce choix très assumé de SIDAction,
09:59reprendre les codes masculinistes, la viralité, l'esthétisme, les formats courts,
10:05pour porter un message de prévention.
10:06Et vous avez un slogan que moi je trouve formidable,
10:08« Quand la masculinité toxique devient virale, rétablir l'effet devient vital ».
10:13Alors, qu'est-ce qu'on peut dire sur le fait de reprendre ces codes
10:17au cœur d'une campagne de communication ?
10:19Est-ce que c'est prendre un risque ou pas ?
10:22Alors, est-ce que c'est prendre un risque ?
10:25On le verra.
10:26En tout cas, ce qui est sûr, c'est que pour nous,
10:28c'est bien important de faire la distinction entre les codes et le discours.
10:32Et effectivement, si nous, on a repris les codes,
10:34c'est justement pour derrière pouvoir développer un contre-discours
10:37par rapport à ce qui est dit par les masculinistes.
10:40Donc on a, comme vous le disiez, cette esthétique,
10:44cette façon de parler, ces communautés aussi.
10:47Il y a le coach sportif, il y a le coach financier,
10:50il y a des hommes qui sont souvent assez virils,
10:53assez musclés, avec une voix grave,
10:55qui sont un peu dans l'incantation, etc.
10:57Donc tous ces codes, on les a repris justement pour s'infiltrer.
11:02Comme eux d'ailleurs.
11:02Exactement.
11:03Avec les codes du féminisme.
11:05Exactement.
11:05Mais on a bien évidemment des discours qui sont complètement différents
11:10des discours masculinistes.
11:12Et pourquoi on l'a fait ?
11:13C'est parce que finalement, c'est assez compliqué d'aller toucher les personnes.
11:19Et notamment, nous on défend beaucoup les cours d'éducation
11:22à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
11:23Mais quand on voit que 15% uniquement des jeunes y ont réellement accès,
11:27on voit bien qu'il faut trouver d'autres espaces et d'autres endroits
11:30pour les atteindre et pour pouvoir leur donner de l'information.
11:34Et donc, il nous a semblé que c'était un moyen,
11:37une façon finalement d'aller là où ils consomment de l'information,
11:41là où ils vont chercher en tout cas ces informations,
11:43et de pouvoir leur donner un discours qui soit un discours
11:47plus vrai et plus informé et plus réel sur la prévention.
11:52C'est un vrai sujet, ces cours d'éducation à la vie sexuelle.
11:55D'ailleurs, l'État vient d'être condamné.
11:59Le planning familial a porté plainte pour...
12:01Et nous aussi.
12:02Et vous étiez à leur côté.
12:03Voilà, tout à fait.
12:04Bravo à vous deux, parce qu'on a une condamnation là-dessus.
12:07Je ne sais pas si ça va faire changer les choses,
12:08mais il serait temps que cette loi qui a été votée il y a maintenant 18 ans ?
12:122001.
12:12Donc on est à 24 ans.
12:1424 ans.
12:15Soit enfin appliqué.
12:16Alors, ce qui frappe aussi dans cette enquête,
12:19c'est le lien direct entre ces discours et les comportements à risque.
12:24Vous vous battez, vous, depuis des années
12:26pour justement sensibiliser sur ces comportements à risque.
12:30Aujourd'hui, les chiffres sont quand même impressionnants.
12:3335% des hommes disent avoir reconsidéré l'usage du préservatif.
12:37C'est un chiffre qui monte à 45% chez les 25-34 ans
12:40et à 66% sur ceux qui ont des partenaires multiples.
12:44Mais comment est-ce possible que de tels discours aujourd'hui
12:50infusent sur cette population ?
12:54Alors, comment c'est possible ?
12:56Ça, c'est difficile de...
12:58L'enquête, en tout cas, ne le montre pas.
13:00Mais elle montre bien, effectivement,
13:02l'impact que ça a à la fois sur les croyances et sur les pratiques.
13:06C'est-à-dire qu'on voit qu'avoir quelqu'un qui va répéter
13:09qu'être un vrai homme, c'est prendre des risques.
13:12Et ça, on le voit bien dans l'étude.
13:13Prendre des risques, y compris sexuels,
13:15c'est être un homme, un vrai, c'est être viril.
13:18Et bien, directement, ça influence sur le fait
13:20de porter au pâle préservatif.
13:22Ça, c'est quelque chose qui est vraiment important.
13:25Après, on a aussi les croyances qui vont avec
13:28et les croyances autour de, par exemple,
13:31le fait que les femmes qui sont porteuses du VIH ou d'une IST
13:34sont des femmes qui ont trop de partenaires sexuels,
13:37qui ne se respectent pas, mais qui ne respectent pas les autres, etc.
13:40Et donc ça, ces croyances et cette discrimination,
13:43finalement, elle va aussi influer à la fois sur la perception qu'on a des femmes,
13:47mais aussi, sans doute, l'étude ne le montre pas,
13:49mais on peut imaginer que ça peut influer sur le dépistage,
13:53sur le fait que les gens aillent se faire dépister ou pas,
13:55puisque finalement, quand on a peur de passer pour quelqu'un
13:58qui ne serait pas quelqu'un de confiance ou quelqu'un de bien,
14:03finalement, on ne va pas aller se faire dépister.
14:04Moi, je pensais qu'on avait gagné un peu ce combat sur le préservatif,
14:08mais apparemment, vos chiffres disent que non.
14:10Non, et puis c'est quelque chose qu'on voit, nous,
14:12on fait une étude, en fait, tous les ans, au moment du site d'action,
14:16vers le mois de mars, pour essayer de voir un peu l'évolution,
14:19à la fois sur les connaissances que les jeunes ont du VIH et des IST,
14:22et sur la prévention.
14:24Et on le voit depuis plusieurs années que, finalement,
14:26le port du préservatif, et notamment dans l'entrée en sexualité,
14:29est quelque chose qui recule.
14:31Il y a moins de jeunes qui mettent des préservatifs au début des relations.
14:34Est-ce qu'il y a moins de sexualité ou ça n'a aucun rapport ?
14:36Non, ça n'a pas de rapport.
14:38Non, non, ça n'a pas de rapport.
14:39Alors, l'autre chiffre préoccupant,
14:41c'est toutes ces questions autour du consentement.
14:4338% des hommes estiment qu'un homme ne peut pas être tenu responsable
14:47si une femme ne dit pas explicitement non.
14:49Donc, j'engage ces personnes à lire la nouvelle loi sur le consentement.
14:53Déjà, peut-être que ça va faire changer un petit peu leur perception.
14:56Et un homme sur dix banalise, on vient de le dire,
14:58le retrait du préservatif.
15:00Vous, avez-vous 20 ans d'expérience dans la santé sexuelle et dans la prévention ?
15:05Comment est-ce qu'on pourrait expliquer cette confusion massive
15:08entre désir, sexualité, consentement, responsabilité ?
15:13Comment vous voyez ça sur le terrain ?
15:14En fait, je pense que c'est déjà de pouvoir comprendre
15:19quelles sont ces différentes notions
15:20et avoir du temps pour les intégrer,
15:22pour voir ce que c'est, ce que ça concerne.
15:26Et puis, vous parliez de la loi, mais aussi connaître le cadre légal.
15:29C'est quoi le cadre légal du consentement aujourd'hui ?
15:31Et où est-ce que les gens peuvent avoir cette information,
15:33qui est quand même une information indispensable ?
15:36Encore une fois, c'est les cours des Vars qui permettent d'avoir cette information
15:39et de bien comprendre.
15:40Et puis aussi de pouvoir un petit peu mieux comprendre
15:42son corps, ses droits, ceux des autres.
15:45Qu'est-ce que c'est que se respecter, respecter l'autre ?
15:48Qu'est-ce que c'est que de pouvoir justement discuter
15:50du fait de consentir ou pas ?
15:52Ça, il faut des espaces de parole pour pouvoir bien le comprendre
15:56et bien l'intégrer.
15:57Quand on est tout seul derrière son ordinateur,
15:59on ne peut pas vraiment avoir accès à cette information
16:02et à ce développement de l'esprit critique que ça nécessite.
16:06Oui, mais ça pose aussi peut-être,
16:08parce que les Vars, on voit bien un 15%,
16:09c'est complètement ridicule.
16:10Et puis en plus, les Vars, c'est deux heures de cours par an.
16:13Alors c'est trois séances par an, normalement ?
16:16Oui, c'est pas beaucoup.
16:17Non, c'est pas beaucoup.
16:18Mais déjà, si ça s'était fait,
16:20et normalement c'est tous les ans,
16:21donc au final on arrive à plus d'une trentaine de séances
16:24sur une scolarité,
16:26ce serait déjà une bonne chose.
16:28Enfin, ça présuppose que nous devrions faire
16:30des grandes campagnes de sensibilisation,
16:33notamment sur le consentement,
16:34parce que c'est vrai que c'est un sujet complexe
16:36et qu'il faut l'expliquer au grand public.
16:40On voit aussi dans votre étude
16:41que 37% des hommes exposés à ces contenus,
16:45sur ces contenus masculinistes,
16:48sur les réseaux sociaux,
16:49avec l'immense responsabilité des plateformes,
16:52trouvent une forme de réassurance identitaire.
16:56Et que 32% ont déjà tenté de mettre en pratique
16:59certains conseils pour devenir un homme meilleur.
17:01Donc j'imagine que ça fait référence à ces stages
17:03qui sont proposés,
17:05où de façon assez martiale,
17:08on propose de se baigner dans des eaux
17:10très froids,
17:13d'avoir des attitudes très virilistes,
17:17etc.
17:18Est-ce que vous pensez
17:20qu'on pourrait réinvestir cette quête de repères
17:23avec, je ne sais pas,
17:26des campagnes,
17:28une sensibilisation encore plus importante
17:30que celles qui sont menées ?
17:31Comment on combat ces discours toxiques et virilistes ?
17:36Encore une fois,
17:37ces discours toxiques et virilistes,
17:38vraiment,
17:39c'est, je pense,
17:40en pouvant discuter avec les hommes
17:42au moment de leur construction,
17:44notamment,
17:45donc d'où les cours des Vars.
17:46Mais c'est important d'avoir effectivement
17:48des espaces qui sont des espaces
17:49d'échange et de construction
17:51de cette identité masculine
17:52et de montrer que finalement,
17:54les hommes ne sont pas en danger
17:57par rapport aux femmes,
17:58que les femmes n'ont pas d'objectif
18:00par rapport aux hommes
18:02de diminuer leurs droits.
18:03Il y a un objectif d'égalité
18:05qui est fondamental,
18:06mais ça,
18:06il faut avoir des espaces
18:07pour en parler
18:08et pour pouvoir le construire ensemble,
18:10cette image de l'homme.
18:12Et donc,
18:12c'est important
18:12de pouvoir promouvoir ces espaces.
18:14Comment vous êtes inquiets,
18:15vous,
18:16ici d'action ou pas ?
18:17Comment vous voyez un peu le futur ?
18:19Alors, le futur,
18:21nous,
18:21on voit en tout cas
18:21quelque chose
18:22qui nous inquiète beaucoup,
18:24c'est tout,
18:25alors que ce soit
18:26les discours masculinistes,
18:27mais plus globalement,
18:28des discours un peu rétrogrades
18:29qui remettent en question
18:30les droits des personnes,
18:32les droits des étrangers,
18:34les droits des personnes homosexuelles.
18:37Et on voit des discours
18:38qui sont de plus en plus virulents
18:39et de plus en plus décomplexés
18:41sur cette question-là
18:43et qui sont des menaces directes,
18:44en fait,
18:45pour ces personnes,
18:46mais aussi,
18:46pour, en tout cas,
18:47ce qui nous concerne
18:48les questions de santé,
18:49parce qu'on sait très bien
18:50que les personnes,
18:51elles sont en mesure
18:52de prendre soin
18:52de leur santé
18:53quand elles ont
18:54un environnement global
18:55qui est un environnement sécurisant
18:57et un environnement
18:58où elles peuvent aller
18:59dans un centre de santé
19:00sans être stigmatisées
19:01ou discriminées,
19:02où elles peuvent afficher
19:03leur homosexualité
19:05sans être passées à tabac.
19:07Et donc, voilà,
19:08nous,
19:08c'est globalement
19:09quelque chose
19:09qui nous inquiète
19:10de voir ces discours,
19:11en fait,
19:12qui sont de plus en plus partagés,
19:14alors même qu'on pensait
19:15qu'un certain nombre
19:16d'avancées étaient
19:17plus ou moins acquises,
19:19ce qui, a priori,
19:20n'est pas le cas.
19:20Et comment vous êtes organisée
19:21l'afflite d'action ?
19:22Ça représente combien de personnes ?
19:24Vous trouvez
19:25vos sources de financement comment ?
19:27Alors, nous,
19:27à CIS d'action,
19:28on est, on va dire,
19:29entre 40 et 45 salariés.
19:33Donc, à Paris,
19:34nos sources de financement,
19:35c'est essentiellement
19:36des dons privés
19:36à plus de 80%.
19:39Maintenant,
19:40on a aussi des subventions publiques,
19:41notamment de l'Agence française
19:42de développement.
19:43Mais voilà,
19:43la très grande partie,
19:44effectivement,
19:45de nos actions,
19:46c'est des personnes
19:47qui nous soutiennent
19:48et qui nous font confiance.
19:50Avec une répartition
19:50sur l'ensemble
19:51du territoire national ?
19:52Alors,
19:53on a une répartition
19:54sur l'ensemble du territoire,
19:55mais on a aussi des actions
19:56qu'on soutient
19:57à l'international
19:58dans une vingtaine de pays
20:00en Afrique subsaharienne
20:02et un peu en Europe de l'Est aussi.
20:05Et puis,
20:05on a une partie importante
20:07de nos financements
20:07qui va au financement
20:08de la recherche
20:09pour la lutte contre le SIDA.
20:12Et est-ce que la politique
20:13de diversité et d'inclusion
20:14prônée par Donald Trump
20:16a eu une incidence
20:17sur vos actions
20:18ou pas du tout ?
20:19Alors oui,
20:19très clairement
20:20et très directement.
20:21Alors,
20:21il y a plusieurs choses.
20:23Il y a sa politique
20:23sur la diversité
20:24et l'inclusion
20:25qui a ciblé directement
20:27tous les programmes
20:28pour ce qu'on appelle
20:28les populations clés.
20:30Et donc,
20:30du coup,
20:31ces programmes
20:31qui ont été arrêtés
20:33ou qui ont été remis en question.
20:34Et puis,
20:35l'arrêt des financements
20:36qui a été décidé
20:38il y a pratiquement
20:39un an aujourd'hui
20:40sur l'aide internationale
20:41et notamment
20:42l'aide en santé
20:42qui a impacté directement
20:44les partenaires
20:46et les associations
20:46avec lesquelles on travaille
20:47sur le terrain
20:49et certaines d'entre elles
20:50qui ont dû arrêter
20:5250 à 70%
20:53de leurs activités,
20:55licencier des ressources humaines,
20:56etc.
20:57Et c'est souvent
20:58les programmes
20:59qui impactent directement
21:01les populations
21:01les plus stigmatisées,
21:02les plus discriminées
21:03qui ont été touchées.
21:06Alors,
21:06on arrive un peu
21:06à la fin
21:07de cette conversation,
21:08Hélène.
21:08Si vous aviez un message
21:09à transmettre
21:10à nos auditeurs,
21:11ce serait lequel ?
21:12Alors,
21:12c'est plusieurs choses.
21:14Déjà,
21:15aller chercher
21:15la bonne information.
21:16Ça,
21:17c'est fondamental.
21:17et du coup,
21:19ne pas hésiter
21:19à aiguiser
21:21son esprit critique,
21:22notamment sur les réseaux sociaux
21:23parce que c'est vrai
21:24que c'est compliqué
21:25parfois de comprendre
21:26et de voir
21:27qu'est-ce qui est dit
21:28et qu'est-ce qui est vrai ou pas.
21:31Mais voilà,
21:31quand un influenceur
21:32dit que
21:33les préservatifs
21:34sont bourrés
21:35de perturbateurs endocriniens,
21:36ce n'est pas forcément
21:37une vérité.
21:38Donc ça,
21:38c'est important.
21:39Ensuite,
21:40soutenir la mise en place
21:41des cours des Vars.
21:42Ça,
21:43c'est absolument fondamental
21:44et notamment les parents
21:45qui nous regardent
21:45et qui nous écoutent.
21:46ces cours sont vraiment
21:48très importants.
21:50Ils sont surtout
21:50très encadrés
21:51parce qu'on sait
21:51qu'il y a beaucoup de parents
21:52qui se questionnent un petit peu.
21:54Il y a des programmes
21:55qui sont sortis
21:56début 2025
21:57qui expliquent exactement
21:59qu'est-ce qui est fait,
22:00avec quelle classe d'âge,
22:01quels sont les discours,
22:01quels sont les principes
22:03qu'on essaie d'inculquer
22:04à chaque classe d'âge.
22:06Et ça,
22:06c'est, je pense,
22:07très rassurant
22:07pour les parents
22:08de voir que c'est
22:08extrêmement encadré
22:09et du coup,
22:10de demander
22:11que ces séances des Vars
22:12soient bien réalisées
22:13pour leurs enfants.
22:14Eh bien,
22:15merci Hélène Roger,
22:16merci d'avoir accepté
22:16mon invitation.
22:17Bravo,
22:18je trouve que c'est
22:18une formidable campagne,
22:19je vous invite
22:20à la regarder
22:21sur tous les réseaux sociaux.
22:22Là, pour le coup,
22:22allez-y,
22:23regardez les réseaux sociaux
22:24pour comprendre
22:25comment on peut contourner
22:27au service
22:28de la prévention
22:29et de la santé publique
22:30des codes toxiques.
22:31La Force de l'engagement
22:32chez chaque dimanche
22:33à 15h sur Sud Radio,
22:35en podcast aussi,
22:36bien sûr,
22:37sur sudradio.fr.
22:38Je vous donne rendez-vous
22:39dimanche prochain,
22:40même heure,
22:41même énergie,
22:42avec ceux et celles
22:43qui font bouger la société.
22:44Et tout de suite,
22:45je vous laisse avec John
22:46pour le meilleur de Sud Radio.
22:47C'était La Force de l'engagement.
22:50Avec AJP,
22:51épargne,
22:52retraite,
22:53assurance emprunteur,
22:54prévoyance,
22:55santé.
22:56AJP !
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