00:00Le spectacle que nous donnent les politiques au sens des hommes politiques, effectivement, est désespérant.
00:04Regardez l'année qui vient de s'écouler.
00:06Même l'homme d'État, qui normalement par ses fonctions aurait dû être le plus concerné, le plus captivé par la politique,
00:11je parle de François Bérou, le Premier ministre,
00:13a préféré organiser méthodiquement son exfiltration vers le Conseil municipal de Pau,
00:17plutôt que de rester à Matignon.
00:19C'est-à-dire que si même les chefs de gouvernement ne croient plus assez dans la politique,
00:22comment est-ce que vous voulez que les Français, en bas de l'échelle, eux, soient assez sots pour y croire ?
00:26Pour le reste, effectivement, je crois que la politique, la vie politique, les hommes et les femmes politiques,
00:30qui la font au quotidien, nous ont montré le plus désolant spectacle.
00:33On a vu à l'Élysée une impuissance auto-satisfaite s'installer à mesure que l'année devenait terrible pour le chef de l'État.
00:40Un brouhaha, parfois même puéril, au Parlement qui s'installe également.
00:44Des hésitations coupables à droite, des compromissions délétères à gauche,
00:47la valse des opinions et des postures, quelque chose qui me reste en travers de la gorge,
00:51si on doit faire le bilan de l'année 2025, c'est quand même cette réforme des retraites.
00:53Ceux qui réformaient hier ont s'abordé aujourd'hui le fruit de leurs efforts.
00:57Et le plus urgent pour beaucoup, pour beaucoup trop d'entre eux,
00:59semble de s'accrocher à son siège ou à ses posts Instagram.
01:03Vraiment, ce spectacle est effectivement désolant.
01:05Ah oui, les retraites, de savoir si on allait partir à 63 ans, 63 ans et 2 mois, 62 ans et demi, 65 ans.
01:11Alors tout le monde sait qu'il faut que ce soit 65, 66, ça va être 67, c'est désolant.
01:15Et les politiques le savent aussi, même ceux de gauche,
01:19qui font mine de défendre la retraite à 62 ans.
01:22Vous n'attaquez pas l'année 2026 avec énormément d'optimisme, Paul.
01:26Je vais essayer de me ressaisir, Romain.
01:29Ce que je souhaite, ce que je nous souhaite pour 2026, c'est de rencontrer,
01:32notamment aux élections municipales qui arrivent bientôt,
01:34des candidats, demain des élus et des maires,
01:36qui sachent nous redonner confiance et envie justement dans la politique.
01:39Je crois que c'est mon vœu le plus cher que les hommes et les femmes
01:41qui vont s'engager pour un mandat municipal,
01:43le fassent vraiment avec l'ardense aussi du bien commun et du service des autres,
01:46au mépris d'eux-mêmes et de leurs intérêts.
01:47Et aussi qu'il y ait une forme d'exigence à l'égard de leurs propres paroles.
01:51Car vraiment, je vois que la parole politique se vide de sens.
01:54Je crois que ça défigure la politique, ce verbe terne.
01:57Au contraire, il faudrait redonner à la politique de son éclat.
02:00Il y a un philosophe que j'aime bien, Gustave Thibon, qui avait réfléchi à ça.
02:02En démocratie, le problème, c'est que la médiocrité des élites crée aussi la défiance.
02:06Parce que si on se dit finalement, nos élites politiques sont nulles,
02:09on se dit aussi, je pourrais être à leur place,
02:11donc ils n'ont pas de légitimité pour me gouverner.
02:13Je crois que la solution à ça, c'est peut-être un peu vieux jeu,
02:15mais c'est une forme de chevalerie, d'élégance morale dans l'exercice de la politique.
02:19Gustave Thibon dit qu'un régime démocratique ne reste sain
02:22que s'il subsiste chez ses dirigeants un esprit d'immolation chevaleresque.
02:26Alors c'est un vœu qui est exigeant, mais je le formule pour nous tous
02:29et notamment pour tous nos candidats aux élections municipales.
02:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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