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Dans son édito du 24/03/2026, Paul Sugy revient sur les potentiels prétendants pour succéder à Emmanuel Macron à la présidence de la République.

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Transcription
00:00Bonjour Paul, journaliste au Figaro, les élections municipales ont été vite enjambées,
00:04tout le monde à présent a les yeux tournés vers 2027, vers l'élection présidentielle
00:09et dans le bloc central, un chantier brûlant commence,
00:13celui de la désignation d'un candidat pour succéder à Emmanuel Macron.
00:17Oui, il faut dire qu'en quelque sorte, les élections municipales étaient pratiquement une formalité
00:21qu'il fallait vite passer pour se préciser dans l'après.
00:23Alors, une formalité importante pour le président Philippe,
00:25qui avait conditionné ses ambitions présidentielles au fait d'être réélu au Havre,
00:30malgré quelques frissons que lui ont donné les sondages pendant la campagne,
00:33il a été largement réélu, c'est maintenant chose faite.
00:36Il consolide en plus un petit peu l'ancrage territorial de son parti,
00:38Horizon, qui se targue d'être un parti de maire et qui, de fait, a permis de réélire la plupart
00:43de ses ténors.
00:44Christophe Béchuet à Angers, Arnaud Robinet à Reims, Patrick de Carolis à Arles.
00:48Évidemment, le couac majeur, c'est Christian Estrosi qui perd bien sûr la ville de Nice.
00:52Gabriel Attal, lui, était sommé de ne pas aller trop vite.
00:54On se rappelle qu'Elisabeth Borne le lui avait reproché avant les élections municipales
00:58en disant, en clair, pas très vite mon coco, d'abord il y a les élections municipales
01:02et ensuite on pourra parler de l'après.
01:04Mais il peut se féliciter depuis dimanche soir de la victoire de Thomas Cazenave à Bordeaux
01:09et d'Antoine Armand à Annecy, qui font qu'en définitive,
01:12ces élections ne sont pas si mauvaises pour le parti Renaissance.
01:14Et Gérald Darmanin, bien sûr, a vu sa liste reconduite à Tourcoing.
01:17Pour le moment, c'est Édouard Philippe qui sort renforcé par sa réélection au Havre.
01:20Disons qu'il tire son épingle du jeu.
01:23Il confirme qu'il a effectivement un ancrage local personnel au Havre
01:27et un maillage territorial avec plusieurs centaines de villes
01:30qui sont donc aux mains de Mers-Horizon, essentiellement quand même des petites villes.
01:34Et bien sûr, ses rivaux peuvent le lui envier.
01:37Mais c'est évidemment le fait d'être réélu chez soi dans son fief
01:40ne préjuge pas de l'ensemble du territoire national.
01:43Et c'est bien la principale difficulté de ces élections.
01:45On l'a suffisamment répété, c'est qu'il est très difficile
01:48de tirer des conclusions nationales sur la force ou la faiblesse d'un parti
01:53ou même d'un candidat au sein d'un camp.
01:56Gérald Darmanin, lui, montre qu'il arrive à rassembler des voix à droite,
02:00mais il peine à élargir son électorat.
02:03Et Gabriel Attal, lui, évidemment, reste le grand inconnu
02:05puisqu'il ne s'est pas lui-même testé.
02:07Ce que l'on sait, c'est qu'il a prévu d'accélérer.
02:10Un livre sera publié très prochainement.
02:13Il multiplie les rencontres à l'international.
02:15En clair, il va miser aussi sur la force de personnalité.
02:17Et c'est vrai qu'aussi, c'est une course de vitesse.
02:19Plus on commence tôt, Edouard Philippe le sait bien,
02:21et plus on a de chances d'être ensuite sur la ligne d'arrivée.
02:24Comment vont-ils être départagés, Paul ?
02:26C'est toute la difficulté de l'entreprise, effectivement.
02:29Parce que le camp macroniste est explosé en termes de parti, déjà.
02:32Donc, organiser une primaire, pourquoi pas,
02:34mais dans ces cas-là, avec quel parti et dans quel périmètre ?
02:36Gérald Darmanin, par exemple, a plaidé dimanche soir
02:38pour qu'il y ait un candidat unique à droite, au centre
02:41et fait nouveau au sein de la gauche républicaine.
02:43En pensant qu'au fond, le front républicain pourrait présenter un candidat
02:46comme si c'était une force politique homogène.
02:48Évidemment, la question ne se posera de toute façon pas à l'arrivée.
02:51On n'imagine déjà pas, ou très peu,
02:54que l'ère où le Parti socialiste puisse soutenir un candidat centriste
02:57au terme de cette primaire.
02:58Mais ensuite, imaginer seulement qu'en définitive,
03:01ce soit un socialiste ou un républicain qui soit désigné,
03:03pensez bien que les socialistes ne soutiendraient pas le premier,
03:06ni les républicains le second.
03:07Donc l'idée, en réalité, est très saugrenue.
03:09Alors, on pourrait imaginer une primaire restreinte
03:11au seul parti du bloc central.
03:12Ça semble, au fond, la moins mauvaise des solutions.
03:14Mais encore faut-il que les plus ambitieux y consentent.
03:17Il n'est pas certain à ce stade qu'Édouard Philippe l'accepte.
03:19Lui qui considère qu'il est de toute façon le candidat naturel
03:21et désigné, en plus adoubé par des sondages,
03:23qu'il y montre qu'il serait le mieux à même à ce stade
03:26de vaincre le Rassemblement national au second tour,
03:29voire même de se qualifier pour ce second tour.
03:31Donc il faudrait les y contraindre,
03:32tous ces candidats ambitieux du bloc central.
03:34Et on ne voit que le président de la République
03:36pour avoir assez d'autorité pour le faire.
03:39Mais enfin, ça supposerait qu'Emmanuel Macron,
03:40d'une part, veuille s'aventurer sur ce terrain
03:42très hasardeux de sa succession.
03:45Jusqu'à maintenant, il semble ne même pas être effleuré
03:48par cette question.
03:49Et par ailleurs, s'il venait à peser sur le processus
03:51de départage des candidats,
03:53alors ce serait peut-être aussi entaché
03:55de l'ombre présidentielle un peu trop collante
03:57ce mode de désignation.

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