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Président de la commission des Finances de l’Assemblée et député LFI de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel était l’invité de #LaGrandeInterview de Sonia Mabrouk dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité ce matin est le président de la commission des finances à l'Assemblée Nationale, député LFI de Seine-Saint-Denis.
00:08Bonjour et bienvenue, avec l'écrel, évidemment beaucoup de sujets à vous soumettre.
00:11Et tout d'abord, le Conseil des ministres a donc validé hier le projet de loi spéciale qui vise à assurer la continuité du financement public de notre pays.
00:19Une loi spéciale qui sera examinée tout à l'heure au Parlement, faute pour le moment de compromis sur le budget de l'État.
00:24Qu'est-ce que vous dites ce matin ? C'est un parachute d'urgence ?
00:28C'est une route secours, c'est un budget de secours, mais c'est un budget quand même.
00:31Je dis ça parce qu'elle va passer, l'enjeu n'est pas là, soit les groupes vont voter pour, soit s'abstenir comme nous, mais elle passera.
00:39Mais la question c'est après à quoi elle sert.
00:40Et manifestement, c'est un texte qui est redevenu d'actualité depuis que le gouvernement est minoritaire,
00:46donc il s'en est servi l'an dernier, à nouveau cette année, et il s'en sert, j'allais dire, de manière discrétionnaire,
00:52puisque les dépenses sont décidées par décret, donc pas décidées par l'Assemblée.
00:56Et pour faire pression, en fait, en réalité, sur l'Assemblée, sur le Parlement,
01:00pour qu'il adopte au plus vite ensuite un budget qui, pour l'instant, est minoritaire.
01:04Voilà comment il l'utilise.
01:06Alors moi, hier, nous avons eu une commission avec les deux ministres,
01:10et je répète ce matin ce que je leur ai dit,
01:12c'est-à-dire qu'on peut, qu'ils ne s'amusent pas à faire pression sur l'Assemblée
01:17en ayant une version de la loi spéciale la plus minime possible, la plus restrictive possible.
01:24Pourquoi ? Parce que quand vous décidez de reproduire le budget 2025, c'est ça la loi spéciale.
01:29Enfin, vous reproduisez les crédits et les recettes du budget 2025.
01:34Rien ne vous interdit, par exemple, je ne suis pas d'accord avec leur vision,
01:37de dire que ce qui a été voté en 2025 pour ma prime rénov' soit reproduit,
01:41pas plus, mais reproduit cette année de la même manière.
01:45Bon, ça, c'est leur vision à eux, qui est une vision très minimum
01:47et qui, à mon avis, est mauvaise.
01:50Alors, à la fois, elle fait pression sur l'Assemblée, mais elle est mauvaise pour l'économie.
01:52Attendez, sur le premier point, Érico Cré, parce que je sens que si vous avez dit cela au ministre hier,
01:57je vous sens passablement énervé sur la méthode du gouvernement.
02:00Vous êtes en train de dire qu'aujourd'hui, ils n'ont pas la majorité.
02:03Vous parlez de minorité.
02:04Ils vont faire passer un budget en s'assayant sur le Parlement ?
02:09Le prochain budget, il compte essayer de le faire passer au plus vite.
02:11Et comme ils n'ont pas de majorité, la manière de le faire passer au plus vite, vous le savez,
02:15c'est d'essayer de trouver une partie de l'opposition, en l'occurrence les socialistes,
02:19pour soit voter le budget, soit ne pas censurer après un 49.3, on va y venir.
02:25Et ça, c'est une première chose, donc ils vont le tenter.
02:28Mais vous comprenez bien que pour y arriver, il faut jouer la montre.
02:31Il faut vous dire, attention, il n'y a pas de budget.
02:33Si la loi spéciale, l'année dernière, c'était, il n'y a plus carte vitale.
02:37Vous savez, Mme Borde, là, ils ne sont quand même plus modérés.
02:40Tout s'est bien passé, il y a une continuité d'État, les services fiscaux ont prélevé les impôts,
02:44les fonctionnaires ont été payés.
02:45Le texte est clair.
02:46Pourquoi ils ont joué l'affolement, selon vous ?
02:47Mais parce que, justement, ils jouent l'affolement pour faire en sorte que le Parlement se retrouve
02:52le plus vite possible devant une décision.
02:56Soit c'est la catastrophe de la loi spéciale, soit c'est un mauvais budget.
02:59Donc il vaut mieux le mauvais budget.
03:00Je ne suis pas d'accord avec ça.
03:02La loi spéciale, on est d'accord, elle est temporaire.
03:04Elle n'est pas faite pour durer toute l'année.
03:06Mais elle permet de durer le temps qu'un budget sorte de l'Assemblée.
03:10Et moi, je ne souhaite pas le budget tel qu'il est aujourd'hui, parce qu'il n'est pas bon pour le pays.
03:14Donc je dis au gouvernement, ne jouez pas la politique du pire de ce point de vue-là.
03:18C'est le gouvernement où le président de la République Emmanuel Macron a affirmé hier
03:20qu'il faut un budget à la France avant, évidemment, ou pour le mois de janvier.
03:25C'est une manière de faire pression ou tout simplement de doter le pays d'un budget ?
03:28J'ai l'impression que oui, c'est une manière de faire pression.
03:30Bon, manifestement, il veut vite régler cette question de l'Élysée,
03:34puisque j'ai cru voir à travers un article d'un de vos confrères
03:36que c'était lui qui mettait la main à la patte direction,
03:39jusqu'à par exemple imaginer que la Commission des finances va siéger dès le 5 janvier.
03:45Alors pour qu'on comprenne, ce n'est pas tant que nous demandons des vacances, etc.
03:49Il y a une trêve parlementaire, et la trêve parlementaire,
03:51ce n'est pas seulement pour les députés.
03:52Vous savez, dans l'ombre...
03:54Évidemment, les collaborateurs...
03:55Les administrateurs, on ne va pas tomber dans la démagogie ce matin.
03:58Non, non, non, mais je veux dire...
03:59Pourquoi le 5 janvier, ce n'est pas possible ?
04:00Parce que le 5 janvier, c'est la rentrée parlementaire,
04:02que quand vous faites une commission, avant, il faut déposer les amendements,
04:05les examiner, il faut 48 heures pour examiner les amendements.
04:08Donc par exemple, le 6 janvier est une date assez correcte pour déposer les amendements,
04:13dont je vous le dis aujourd'hui, et Philippe Juvin, le rapporteur général,
04:16qui est pour un compromis, donc on n'a pas tout à fait...
04:18Évidemment, ce n'est pas la même position, mais est d'accord avec moi
04:20pour faire respecter les droits de l'Assemblée.
04:22Nous n'imaginons pas une commission, par exemple, avant le 7-8 janvier,
04:26de façon à examiner ensuite en séance vers le 12,
04:28le texte, on n'est pas aux ordres d'un gouvernement.
04:31Le gouvernement fait comme si la CMP...
04:33Il n'y avait pas d'opposition ?
04:34Il fait comme si deux choses.
04:36Comme si la commission mixte paritaire, qui n'a pas été conclusive,
04:38était juste un arrangement avec le calendrier.
04:41C'est pour la trêve des confiseurs, on vous laisse tranquille,
04:43et puis on reprend.
04:43Mais non, c'est un échec.
04:45Ils ont perdu, ils n'ont pas pu faire passer leur budget.
04:47Donc à partir de là, on ne peut pas continuer comme si de rien n'était.
04:50Et il faut laisser à l'Assemblée, au Parlement,
04:52le temps de réexaminer le budget qui va venir du Sénat,
04:55puisque c'est ça le choix qui a été fait,
04:57et puis de s'y opposer.
04:57On a le droit de s'opposer aussi.
04:58Éric Ocrel, vous êtes le président de la commission des finances à l'Assemblée.
05:01Ce matin, sur CNews Europe 1, on entend ce que vous dites,
05:04et par rapport au respect du Parlement,
05:06mais comment, selon vous, les Français sont en train de voir cette séquence ?
05:08On va arriver au budget de l'État.
05:12Marasme politique, on voit des débats à n'en plus finir.
05:16Quelle image est renvoyée, selon vous ?
05:18Tout est fait pour que l'image soit mauvaise pour le Parlement.
05:22Ça, c'est clair.
05:22On laisse l'idée que le Parlement, c'est le Parlement qui bloque.
05:25Ce qui bloque, c'est qu'on a un gouvernement minoritaire.
05:28Il n'y a pas une démocratie parlementaire dans le monde
05:30où depuis plus d'un an sont imposés ceux qui ont perdu les élections.
05:34Ça, c'est la Ve République qui le permet,
05:36mais on voit bien que c'est à bout de souffle.
05:38Donc la responsabilité de ceux qui n'ont pas censuré M. Lecornu en septembre est énorme.
05:42Parce qu'il aurait fallu revenir aux urnes, ça aurait été la solution.
05:45Pourquoi ils n'ont pas voulu revenir aux urnes ? Pour garder leur siège ?
05:48Non, je crois...
05:49Alors bon, ils agitent la question de la peur du Rassemblement National,
05:52mais j'allais dire que le Rassemblement National ne sera pas moins dangereux
05:55dans un an et demi que l'est aujourd'hui.
05:58Je pense plutôt que c'est un rapport vis-à-vis de France Insoumise
06:01où ils souhaitent redistribuer les rôles à gauche,
06:04c'est-à-dire qu'ils comptent sur les présidentielles pour ça.
06:07Je pense qu'ils ont tort, je pense que ça ne sera pas le cadre.
06:09Mais je pense que c'est ça.
06:10Mais au-delà de ce qu'ils veulent, moi je regarde les conséquences.
06:13Le fait de ne pas avoir censuré M. Béroud en février dernier,
06:17le fait de ne pas avoir censuré M. Lecornu en septembre,
06:20fait qu'il n'y a pas eu de retour aux urnes.
06:22Nous, on souhaitait les présidentielles, vous le savez.
06:24Parce qu'on pense que toutes les Français de là.
06:26Anticiper, de façon à ce que les Français tranchent.
06:28Et le peuple, c'est toujours la solution quand vous êtes bloqué.
06:30Donc aujourd'hui, le Parlement hérite d'une situation compliquée
06:33parce qu'on ne peut pas nous demander, nous, opposition,
06:36d'arrêter de nous opposer sur un budget qui est mauvais.
06:39On entend, mais cette fois, l'usage du 49-3 pour faire passer le budget
06:42semble-t-il être inélectable.
06:44Ce qui est incroyable, Éric Ocrel, c'est beaucoup de parlementaires,
06:46de droite, mais aussi chez certains socialistes,
06:48il y a l'espoir inavouable publiquement,
06:50mais officieusement, d'un recours au 49-3
06:52pour cesser tout ça et donner un budget à la France.
06:55C'est ce qui est écrit et cousu de fil blanc.
06:57J'ai l'impression que ça, on y va.
06:59On y va pour une bonne raison.
07:00C'est que même quand vous êtes une opposition assez complaisante
07:04aujourd'hui avec le gouvernement,
07:07voter le budget, c'est impossible
07:09parce que c'est ce qui délimite que vous soyez dans l'opposition à la majorité.
07:12Je ne pense pas que le Parti socialiste veuille aller jusqu'à là.
07:14Mais donc, le 49-3 est pratique parce que là, le texte passe
07:17et puis c'est la censure, vous ne votez pas.
07:19C'est le remède de M. Bérou l'an dernier, je vous rappelle.
07:22Et puis, bon, j'allais dire, ce qu'on vous donne,
07:24c'est que vous pouvez accepter moins de choses
07:27dans ce qu'on met dans le budget par 49-3 que si c'était un budget.
07:31La dernière, rappelez-vous que ce qui a été accepté
07:33pour faire passer M. Bérou, pour ne pas le censurer,
07:36c'est 4 000 postes d'enseignement non supprimés
07:38qui sont dans le budget, là.
07:39Donc, vous voyez que c'était juste un sursis de quelques mois,
07:42plus le conclave des retraites qui, soi-disant,
07:44devait amener l'abrogation et bilan, on en est un simple décalage.
07:47Donc, moi, je pense, mais nous, nous le disons très clairement,
07:50je vous le dis aujourd'hui, que ce soit par 49-3, par ordonnance,
07:54dans les deux cas, on censure.
07:55Voilà, et j'espère que ce gouvernement sera alors censuré.
07:58En attendant, Éric Coquerel, les paysans, la colère paysanne,
08:01est là, on a appris qu'il y a eu un nouvel abattage
08:03dans les Pérénées-Orientales, là encore,
08:05pour une vache contaminée, c'est une partie du cheptel
08:09qui est abattue, donc on pense à eux ce matin.
08:12Alors, l'accord du Mercosur, également,
08:14n'a été que reporté pour le mois de janvier,
08:16et vous avez affirmé que s'il était signé,
08:18vous déposerez, là encore, une motion de censure,
08:20voire de destitution contre Emmanuel Macron,
08:22qui veut lui aussi changer cet accord.
08:24En l'occurrence, ce serait une motion de destitution
08:26contre Ursula von der Leyen qu'il faudrait.
08:29Oui, mais enfin, le président de la République,
08:30quand même, a un rôle, quand même, la France a un rôle.
08:33Ce qui est quand même incroyable, c'est que...
08:34Il a encore un rôle.
08:35L'Italie arrive à se faire entendre,
08:36et M. Macron ne le fait pas.
08:38Et pourquoi M. Macron ne le fait pas ?
08:39C'est qu'il dit quelque chose un jour,
08:41c'est en même temps, et le lendemain, il dit l'inverse.
08:44Il y a quelques semaines, il disait quasiment
08:45que le texte était bon et qu'on pouvait le signer.
08:47Bon, alors depuis, il y a les agriculteurs,
08:50les éleveurs, qui s'opposent à l'abattage total,
08:54et ils ont raison de le faire,
08:55on les soutient depuis juillet dernier,
08:57mais aussi au Mercosur, et ils ont raison de le faire.
08:59Bon, et puis il y a eu aussi le fait que,
09:01dans notre niche parlementaire,
09:03nous avons proposé un texte pour ne pas signer le Mercosur
09:06qui a été unanime, vous entendez bien ?
09:08Unanime.
09:09Donc, d'un point de vue démocratique,
09:11mais aussi pour le fond de ce que représente cet accord,
09:13le président de la République ne peut pas signer cet accord.
09:16Oui, mais c'est Ursula von der Leyen qui a mandat.
09:18Oui, et bien dans ces cas-là,
09:19le président de la République, non seulement,
09:21ne doit pas signer cet accord,
09:22mais il doit mettre une pression.
09:23Par exemple, dire que si cet accord est signé,
09:27la France arrêtera, par exemple,
09:28de donner des budgets à l'Union Européenne
09:30supérieurs à ce qu'elle reçoit.
09:32Vous savez que c'est au moins 9 milliards,
09:33en plus ça fera des économies.
09:35Il faut qu'on mette une pression au maximum
09:37pour que cet accord ne soit pas signé.
09:39La France est la deuxième puissance économique en Europe,
09:43bientôt le pays le plus peuplé.
09:45Il faudrait peut-être arrêter comme ça,
09:46de laisser passer les trains
09:48et de faire comme si, finalement,
09:50nous n'étions qu'un pays de deuxième rang.
09:51C'est intéressant ce que vous dites.
09:52Il faut faire pression,
09:53mais la France insoumise continue de penser,
09:55Éric Coquerel,
09:57d'abord qu'elle ne doit pas sortir de l'Union Européenne,
09:59que vous pouvez changer l'Union Européenne de l'intérieur,
10:02un peu comme, même si vous êtes opposé,
10:04évidemment, sur tout et sur le fond,
10:05comme le Rassemblement National.
10:06Vous pensez que c'est de l'intérieur
10:07que vous allez tout changer ?
10:09Par la pression, par la politique de la chaisine.
10:10Nous pensons que c'est par la rupture
10:11et la désobéissance, si nécessaire.
10:12En y étant, en désobéissant par l'Union Européenne.
10:15Oui, mais pour une bonne raison,
10:15je vais vous dire une chose.
10:16Pourquoi on ne veut pas sortir de l'Union Européenne ?
10:19C'est que, si la France sortait de l'Union Européenne,
10:21il n'y a plus de l'Union Européenne.
10:22Arrêtons avec cette idée
10:23qu'il y aurait un Frexit.
10:26Si la France sort, il n'y a plus de l'Union Européenne.
10:29Et nous, nous pensons que
10:30la question d'une coordination,
10:34la question d'une alliance en Europe,
10:37ça peut être quelque chose d'intéressant
10:38si c'est au service du progrès.
10:40force est de constater que ce n'est pas ça aujourd'hui.
10:42Et que donc, oui,
10:43on peut espérer changer, par exemple, les traités.
10:45Mais pour changer les traités,
10:46à tendance d'importance,
10:47pour changer les traités,
10:48encore faut-il, à un moment donné,
10:49si c'est nécessaire,
10:51rompre et désobéir avec les traités.
10:53Ce que fait l'Allemagne, d'ailleurs,
10:53depuis des années,
10:54avec un commerce extérieur
10:55qui est totalement excédentaire
10:57par rapport à ce que permettent les traités.
10:58Et vous voyez, ils continuent à le faire.
11:00L'Allemagne, justement,
11:01parce que vous parlez d'alliance,
11:02peut-être avec,
11:03vous allez nous dire quel pays,
11:04l'Allemagne qui se réarme
11:05et qui veut maintenant l'armée la plus importante
11:08en conventionnelle d'Europe.
11:10C'est un effort historique et inédit
11:12depuis la Seconde Guerre mondiale.
11:14Vous le comprenez dans un monde conflictuel
11:16où ça vous inquiète ?
11:16Non, non, ça m'inquiète.
11:17Déjà, globalement, de toute façon,
11:20dans l'idée que nous avons aujourd'hui,
11:21c'est-à-dire d'une montée en avant
11:23des nationalistes,
11:24de confrontations,
11:25de blocs politico-économiques
11:27qui ressemblent un peu
11:27à ce qui s'est passé avant la guerre de 14,
11:28je ne pense pas que la France
11:29doit embrayer derrière ça.
11:32Elle doit avoir les moyens de se défendre.
11:33Donc, le second porte-avions,
11:34c'est une mauvaise idée ?
11:36Elle doit être au service de la paix,
11:37mais je ne suis pas sûr
11:38qu'elle doit être cotisée
11:39dans cette espèce de course en avant.
11:41Mais l'Allemagne,
11:42vous avez raison de pointer
11:42que c'est étonnant
11:43que ce ne soit pas un sujet.
11:44Le chancelier allemand dit
11:45qu'il veut l'armée française
11:48la plus importante.
11:49Il l'assume.
11:50Ils ont mis 311 milliards de dettes
11:52cette année,
11:53522 milliards de dettes l'an prochain,
11:55on ne le dit pas assez,
11:56pour se réarmer à autant de 3,5%.
11:58Alors, ils obéissent aux Américains
11:59qui l'auront demandé.
12:00J'allais vous dire,
12:01quand vous n'êtes plus protégé,
12:04vous ne vous réarmez pas
12:05par les Etats-Unis ?
12:06Mais la question,
12:07protéger par rapport à quoi
12:08et à quel niveau ?
12:09Par rapport au risque de guerre,
12:10par rapport à la Russie,
12:12par rapport à Poutine.
12:12Mais moi, je ne pense pas,
12:14je vais vous dire très clairement,
12:15par exemple,
12:15nous sommes la France,
12:16nous avons l'arme
12:17de dissuasion nucléaire.
12:18C'est comme ça
12:18qu'est assise notre protection
12:20du territoire
12:21par rapport à des pays
12:22qui ont la dissuasion nucléaire.
12:24Donc, voilà,
12:25les gens sont prévenus.
12:26Si vous attaquez la France,
12:27vous avez ce risque-là.
12:28C'est valable pour la Russie.
12:29Mais est-ce qu'aujourd'hui,
12:30vous croyez que...
12:30Si vous attaquez la France,
12:31vous avez l'arme nucléaire ?
12:33Bien sûr, c'est ça la dissuasion.
12:35Si vous attaquez le territoire français,
12:36vous avez la dissuasion nucléaire.
12:38Vous réagissez en proportion.
12:38Et si vous attaquez un pays...
12:40Est-ce qu'on pense réellement,
12:41par exemple, aujourd'hui,
12:42que la question,
12:43c'est que M. Poutine,
12:44qui est quelqu'un de très dangereux,
12:45qui a les mêmes visiers impérialistes
12:47que M. Trump,
12:48ces gens-là sont des gens dangereux
12:49pour la paix ?
12:49Pardonnez-moi,
12:50Poutine et Trump,
12:51c'est le même risque de guerre ?
12:53M. Trump,
12:54vous trouvez que
12:55la manière dont il agit
12:56vis-à-vis de l'Amérique latine aujourd'hui,
12:58la manière dont il agit
12:58soit-disant vis-à-vis des alliés européens...
13:01C'est le même risque de menace
13:02que M. Poutine ?
13:03C'est une menace,
13:04en tout cas,
13:04c'est une menace,
13:05j'allais dire,
13:06de confrontation.
13:08M. Poutine,
13:09M. Trump,
13:09aujourd'hui,
13:10ne se comporte pas en allié.
13:11Il se comporte,
13:11il le dit très clairement,
13:12il a des phrases aujourd'hui très fortes
13:14qui rappellent celles du grand remplacement,
13:16de l'extrême droite
13:16vis-à-vis de l'Europe.
13:17Pardonnez-moi,
13:18vous reprenez le mot de créolisation
13:20qui est l'autre pendant de la remplacement.
13:22J'ai vu ce que M....
13:23Oui, oui, d'accord.
13:24Il parle d'effacement civilisationnel.
13:25C'est cela, oui.
13:26Donc,
13:27il essaie d'imposer sa vision du monde
13:28et sa vision de la société
13:30et de la démocratie
13:31qui est vraiment déloignée
13:32de la démocratie à l'Europe.
13:33Mais,
13:33donc,
13:33je ne considère pas plus un allié,
13:35si vous voulez,
13:35de la France
13:36que ne l'est M. Poutine.
13:37Et par rapport à ça,
13:38la France doit avoir
13:38une politique indépendante
13:39qui lui permet
13:40de protéger son territoire
13:41mais de ne pas être,
13:42j'allais dire,
13:43de mettre un euro
13:46dans cette espèce
13:47de course aux armements.
13:48Et moi,
13:48je m'inquiète,
13:49je le reviens pour l'Allemagne,
13:50je pense que c'est un vrai...
13:51On entend sur l'Allemagne
13:52mais c'est un vrai sujet.
13:53C'est un vrai sujet.
13:54On devrait en parler.
13:55Ils vont relancer leur industrie
13:56pendant que nous,
13:56on restera en carafe
13:57tellement on aura peu investi.
13:59Mais en plus de ça,
13:59pourquoi veulent-ils
14:00de l'armée conventionnelle
14:01la plus importante en Europe ?
14:01Vous me dites,
14:02il ne faut pas qu'on se réarme
14:03mais nous,
14:03on restera en carafe.
14:04Je pense qu'il faut
14:05une souveraineté industrielle,
14:06une relance industrielle
14:07par la surcation écologique,
14:09une partie par l'armement.
14:10Moi, je ne dis pas
14:11qu'il faut pas les armes
14:12que nous défendons.
14:13Alors, sur le deuxième porte-avions,
14:14ce n'est pas une nouveauté,
14:15il est dans la loi
14:15de programmation militaire.
14:17Déjà, il a été voté en 2018.
14:18Donc Emmanuel Macron
14:19ne nous ressorte pas
14:20des choses
14:21qui ont déjà été votées.
14:22Moi, je ne suis pas
14:22un spécialiste militaire.
14:25D'accord ?
14:25Si on pense qu'il faut
14:26un deuxième porte-avions
14:27pour, une fois de plus,
14:28défendre nos territoires,
14:29défendre nos territoires,
14:31nos intérêts,
14:32être une force
14:33en faveur de la paix,
14:34moi, je veux bien l'étudier.
14:35Si c'est pour aller
14:36exporter des conflits,
14:37je suis moins d'accord.
14:38Mais ce porte-avions,
14:39je vous rappelle
14:40qu'il a été voté.
14:40Donc M. Macron
14:41ne fasse pas comme si
14:42tout d'un coup,
14:42il décidait d'un porte-avions
14:44qui a déjà été voté
14:44dans le République.
14:45La question,
14:45je vous la pose plus directement.
14:46Une France au service de la paix
14:48n'a-t-elle pas besoin
14:49de se réarmer davantage ?
14:50Eh bien, si c'est pour
14:52protéger son territoire
14:53parce qu'il y a des preuves
14:53que c'est nécessaire,
14:55et y compris ces territoires,
14:56je vous le rappelle,
14:57sur toutes les mers du monde
14:57avec les territoires
14:59et les départements d'outre-mer,
15:00oui, si c'est pour,
15:02quelque part,
15:03nous mettre dans une ambiance
15:04de guerre,
15:05imaginer que nous allons
15:05intervenir sur des conflits extérieurs,
15:07je ne suis pas d'accord.
15:08Deux questions rapides
15:09pour conclure,
15:10Éric Coquerel,
15:11sur la commission d'enquête
15:12autour des liens avérés
15:15ou supposés
15:15entre les partis politiques
15:16et l'islamisme.
15:17Laurent Wauquiez a dit,
15:18ici même,
15:19a maintenu que Jean-Luc Mélenchon
15:20était le cheval de Troie
15:21de l'islamisme.
15:22Il a dit que,
15:23je cite sa phrase,
15:25l'objectif de cette commission
15:25était de démonter
15:26la France Insoumise.
15:27Comment réagissez-vous ?
15:29Vous connaissez le principe
15:29de l'inquisition ?
15:30Il n'y a pas de preuves,
15:31donc comme il n'y a pas de preuves,
15:32ça veut dire que c'est...
15:33C'est largement partagé
15:34dans tous les partis, d'ailleurs.
15:35Peut-être,
15:35mais c'est exactement
15:35ce qui s'est procédé
15:36avec cette commission,
15:37qui était une commission
15:38de M. Wauquiez.
15:39Dès le départ,
15:40il n'a pas pu la faire passer comme ça,
15:41parce qu'il y a eu un refus
15:42vis-à-vis de France Insoumise.
15:43On sort de la commission,
15:44il n'y a aucune preuve concrète
15:46et pour cause,
15:46parce que ça n'existe pas
15:47d'un entrisme islamiste
15:50dans France Insoumise.
15:51Et comme il n'y a pas
15:52de preuves concrètes,
15:52mais que c'est de l'entrisme,
15:53ça veut dire que ça existe.
15:54Tout ça est de la manipulation
15:56et une manière de cacher,
15:58ou pas de cacher d'ailleurs,
15:59le rapprochement
16:00entre M. Wauquiez,
16:01l'extrême droite,
16:01et ses idées,
16:02qui me semblent autrement plus
16:03dangereuses pour la démocratie.
16:05La commission d'enquête,
16:06encore une sur l'audiovisuel public,
16:08a été suspendue,
16:08on l'a appris,
16:09par son président Jérémy Patrier-Leitus
16:11du Parti Horizon,
16:12dans le but aussi
16:13de retrouver de l'apaisement,
16:14alors que le rapporteur,
16:15si vous avez suivi les auditions,
16:17Charles Aloncle,
16:18a été rappelé à l'ordre
16:18par la présidente de l'Assemblée
16:20au sujet de la tonalité
16:21des questions posées
16:22à Patrick Cohen,
16:23Thomas Legrand et d'autres.
16:25Vous pensez qu'on empêche
16:26ce député
16:26de faire son travail
16:28ou il y a un problème
16:29au sein de la commission ?
16:29C'est exactement comme la commission
16:30dont vous venez parler,
16:31qui est une instrumentalisation politique
16:32vis-à-vis d'opposants
16:34et d'adversaires politiques
16:36fait par M. Wauquiez.
16:37Là, c'est pareil.
16:38C'est-à-dire qu'on est complètement
16:40en train de déroger
16:41à des règles
16:41de ce qu'est une commission d'enquête.
16:43Une commission d'enquête,
16:44ce n'est pas un tribunal
16:47d'une partie de l'Assemblée
16:51vis-à-vis d'une autre partie
16:52de l'Assemblée
16:52ou de structures externes.
16:54C'est pour essayer
16:55de comprendre la vérité.
16:56Ce n'est pas pour,
16:57j'allais dire,
16:58l'arranger à sa sauce.
16:59Vous citez quelques chiffres,
17:00M. Coquerel.
17:0080 millions de déficits
17:01au bout de trois ans de mandat,
17:03un salaire moyen de 72 000 euros
17:04chez France Télévisions
17:05qui les situe
17:06parmi les 9% des Français
17:07les plus riches,
17:0830 directeurs
17:08qui gagnent plus
17:09que le Président de la République,
17:10400 000 euros
17:11plus de parents.
17:12Non, mais je vous demande,
17:13est-ce que le service public
17:14ressemble aux Français ?
17:15Mais attendez,
17:16c'est un peu quand même
17:18l'objectif.
17:18Bon, écoutez,
17:19j'ai cru qu'on a des reproches
17:20à faire au service public.
17:21Vous le savez,
17:22notamment,
17:23on a eu des reproches
17:24par rapport à certains journalistes
17:25récemment
17:25qui ont arrangé la vérité
17:27pour interviewer
17:28et on n'est pas vraiment,
17:29comment dire,
17:29très respecté
17:30par le service public
17:31quand, là je parle
17:32de France Insoumise,
17:33on passe dans des interviews.
17:34Pour autant,
17:35j'ai quand même cru comprendre
17:36par exemple
17:36que pour France Inter,
17:38les auditeurs continuent
17:39à suivre de manière massive
17:40donc ils doivent s'y reconnaître
17:41en partie.
17:42C'est en fonction de l'audience.
17:43Et surtout,
17:44je dirais qu'il faut faire attention
17:46à ce que des groupes privés
17:47qui ont des chaînes,
17:48notamment des chaînes
17:49avec des orientations,
17:51j'allais dire,
17:51très précises
17:52pour aller vite
17:53à l'extrême droite,
17:54ne considèrent pas
17:54que finalement
17:55le service public
17:55est à abattre
17:56pour leur laisser encore
17:56un peu plus de pouvoir.
17:57Quelle est l'orientation
17:58du service public ?
17:59Comment ?
18:00Quelle est l'orientation
18:01du service public ?
18:01En théorie,
18:02c'est une neutralité
18:03et de faire en sorte
18:04que les citoyens...
18:05Je vous dis...
18:06Non, vous me dites en théorie.
18:08Et de faire en sorte
18:08que les citoyens,
18:09j'allais dire,
18:10il y ait une mission
18:10d'éducation populaire,
18:11d'information...
18:14Et en pratique,
18:14il est neutre
18:15le service public ?
18:16Quand on est interviewé
18:17à certains moments
18:18en France Insoumise,
18:18non, je ne trouve pas...
18:19Donc quand vous,
18:20vous y allez,
18:20il n'est pas neutre,
18:20mais sinon il est neutre.
18:21Mais c'est compliqué
18:21parce que le service public,
18:22vous globalisez.
18:23Vous voyez ce que je veux dire ?
18:24C'est comme si je vous dis...
18:26C'est un peu la même chose,
18:26moi.
18:27Je réduis tous les journalistes
18:29uniquement à la couleur
18:30de la chaîne politique
18:31et de la travail.
18:32Il y a une différence
18:32malgré tout ?
18:34Théoriquement,
18:35je ne suis pas certain.
18:35Il n'y a pas une mission
18:36de service public ?
18:37Vous êtes un élu
18:37tellement attaché à ça.
18:38Le Conseil national
18:39de la résistance,
18:40après que la plupart
18:41des grands médias
18:42aient sombré
18:43dans la collaboration,
18:44a estimé que les médias
18:45appartenaient à des groupes économiques
18:47où ça, je pense
18:48que ce n'est peut-être
18:49pas inutile
18:50pour avoir un vrai pluralisme.
18:52La plupart des médias
18:54de ce pays
18:54sont aux mains
18:55de quelques milliardaires.
18:56Je ne suis pas sûr
18:56que ce soit pour l'indépendance
18:57médiatique.
18:59Merci, Éric Ucrel,
19:00de venir participer
19:01au pluralisme ce matin.
19:02Je vous dis
19:02joyeux Noël ?
19:04Oui, joyeuse fête.
19:06Joyeux Noël ?
19:06Oui, on se croit.
19:07C'est Noël ?
19:08Oui, c'est Noël,
19:09c'est la nouvelle année,
19:10c'est tout ça,
19:10c'est tout ce que souhaitent
19:11les Français.
19:12En tout cas,
19:12c'est le moment de se reposer
19:13et de faire la fête.
19:14On en a besoin.
19:15Merci à vous et à bientôt.
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