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  • il y a 9 heures
Dr Vincent Rouyer, pédopsychiatre et praticien hospitalier, sur le climat inquiétant dans les écoles : «L’absence de décision politique a aggravé ce climat».

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Transcription
00:00On n'en arrive pas là du jour au lendemain, c'est sûr. Je crois qu'il y a un certain nombre de causes, d'abord structurelles, celles dont a parlé Anne Coffinier, l'éclatement des structures familiales, j'ajouterais des références éducatives aussi qui ont changé, évolué, on a beaucoup parlé à un moment de l'éducation positive,
00:26ce n'est pas forcément ce qu'il faut, pas forcément toujours ce qu'il faut. Les cadres éducatifs ont changé, ont évolué. L'autorité aussi a évolué, c'est-à-dire qu'actuellement, l'autorité ne peut se reposer sur la seule autorité parentale, c'est compliqué.
00:48Il y a aussi tout ce qui relève de la société, de l'environnement, etc. Donc ça, ce sont, je dirais, les cadres structurels. Il y a des cadres qui sont plus conjoncturels, comme, je dirais par exemple, l'immigration,
01:09qui fait que la plupart des populations immigrées ont des références éducatives qui sont très éloignées des nôtres, et que lorsque, par exemple, on fait passer des lois qui sont justes en elles-mêmes,
01:26comme l'interdiction de la fessée, des choses comme ça, des châtiments corporels, ces gens-là ne s'y retrouvent plus. Et du coup, lorsqu'ils se retrouvent en but aux services sociaux,
01:37ils ne savent plus comment réagir avec leurs enfants.
01:43Il n'y a pas d'alternative, c'est-à-dire qu'on interdit sans dire non, la solution, eh bien, maintenant, éduquer un enfant, on fait comme ça, comme ça, et comme ça,
01:52il n'y a pas de solution concrète en réponse, finalement, à ces lois.
01:56C'est ça, c'est-à-dire qu'on leur dit ce qu'il ne faut pas faire, mais on ne leur dit pas ce qu'il faut faire.
02:01Et ils sont parfois dans une grande détresse, parce que, du coup, effectivement, ils ne savent plus comment contrôler et poser des limites.
02:15C'est le climat, effectivement, familial, vous le disiez, qui a évolué, population aussi qui a évolué.
02:21Geoffroy Lejeune évoquait tout à l'heure l'aspect politique.
02:25– Les décisions politiques, est-ce qu'elles ont aggravé, vous qui avez, avec votre regard de pédopsychiatre, la situation actuelle, par exemple ?
02:35– Alors, il y a eu assez peu de décisions politiques.
02:42Ce n'est pas tellement les décisions politiques qui ont aggravé, je dirais que c'est l'absence de décisions politiques.
02:47– Ou l'idéologie, peut-être, pour être plus précis.
02:49– Est-ce qu'il y a eu l'idéologie, finalement, qui a impacté, aujourd'hui, qui a impacté, finalement, l'aspect éducationnel de notre société et qui fait que nous sommes dans cette situation ?
02:58– Oui, bon, vous savez que les politiques, aussi, sont très tributaires, effectivement, des mouvements idéologiques et des pressions idéologiques.
03:09– Je faisais allusion, il n'y a pas très très longtemps, à un rapport de l'Inserm, qui avait été publié en 2005, sous la direction, entre autres, du professeur Richard Tremblay,
03:22qui est un Canadien, qui s'est intéressé, justement, à la violence des tout-petits-enfants.
03:29– C'est-à-dire qu'il a pu démontrer que, dès l'âge de 3 ans, on pouvait repérer qu'il y avait des enfants qui étaient plus violents que d'autres,
03:41qu'il y avait une propension à la violence plus importante.
03:46Et, à la suite de ce rapport, en 2005, il avait été proposé que les enfants qui étaient détectés comme étant plus violents,
03:54on pouvait proposer aux parents des programmes éducatifs parentaux, donc de façon à enrayer l'évolution,
04:01parce qu'on avait démontré que ces enfants qui étaient repérés à 3 ans,
04:07lorsqu'on les suivait dans des études longitudinales de cohorte sur 10 ou 20 ans,
04:13on voyait que c'était ces enfants qui étaient le plus impliqués dans des phénomènes de délinquance.
04:17– Mais on vous dira qu'il ne faut pas stigmatiser, docteur, vous connaissez bien notre société, c'est ça ?
04:22– Je ne sais pas si vous vous souvenez à l'époque, il y a eu un collectif de professionnels de l'enfance,
04:30entre autres mené par beaucoup de mes confrères psychanalystes,
04:33qui s'appelaient « Pas de zéro de conduite » pour les enfants,
04:37parce qu'il ne fallait effectivement pas les stigmatiser.
04:42Alors que ce qui était proposé, et ce n'était même pas imposé,
04:45c'était « On détecte, on propose des programmes éducatifs ».
04:49– Merci beaucoup docteur, alors c'était très intéressant d'avoir votre point de vue, ça va…
04:54– Sous-titrage Société Radio-Canada
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